Bon alors... Etant donné que j'ai de légers problèmes avec le module de design, le texte n'est pas correctement découpé. Ne vous étonnez donc pas si des parties différentes sont collées les unes aux autres... Je n'arrive pas encore à régler le problème. Et en plus ça ne me fait pas ça sur toutes mes fanfics. Le cauchemar !
Sinon, merci pour vos lecture, et merci pour les reviews ! ;)
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Maudit !
Maudit fut-il !
Dans quel pétrin s'était-il fourré ?
Pourquoi était-il allé confié ses doutes à Lex ? C'était son ami, pas le mieux placé dans sa situation.
Et pourtant... Il avait fait preuve d'une réelle abnégation, il était allé au-delà de ce que l'amitié pouvait exiger de compréhension et de sacrifice.
Clark jeta sa chemise sur son lit. Il était très tard, et personne ne l'avait entendu rentrer. Las, le jeune homme ouvrit sa fenêtre pour s'asseoir sur le rebord, et regarda les étoiles en ressassant ses pensées.
« Je resterai avec toi. Va de l'avant, découvre-toi. Si tu as besoin de moi je serai là. Si tu veux que je t'accompagne quelque part, que je reste ou que je m'efface, je serai là. Si tu veux tout foutre en l'air ou revenir en arrière, je serai là. »
Des paroles ! Rien que des paroles ! Tant de personnes pourraient lui dire la même chose. Et pourtant il savait... Il aurait tant aimé que ce soit vrai.
« La folie des jeunes. L'aventure, les frissons ». Était-ce ça sa motivation ? Aimait-il les hommes ou l'excitation de la nouveauté ? Était-il comme tous les autres, un humain assoiffé de sensations ?
Pourtant il y avait bien quelque chose. Le sentiment qui l'avait traversé à la vue de son ami, le souvenir de ses lèvres sur les siennes, court instant de bonheur ineffable... Il ne le nierait pas, il avait aimé cela.
Du suicide !
C'était du suicide !
Quel imbroglio avait-il encore inventé ?
Lex expira la fumée de sa cigarette et la regarda s'élever dans la nuit noire. Il s'était remis à fumer depuis quelques mois, depuis qu'il était devenu incapable de gérer correctement sa vie. C'était son auto-flagellation à lui. Se tuer à petit feu en repensant à tout ce qu'il avait fait de conneries tout au long de sa vie. Et ce qui s'était passé ce soir-là n'allait pas le pousser à arrêter.
« Qu'est-ce qui t'a pris ? »
« Je ne sais pas. Je voulais juste l'aider, je ne pensais pas mal faire. »
« Résultat, tu vas souffrir, souffrir comme jamais tu n'as souffert. »
« Quelle importance ? C'est déjà le cas de toute façon. »
Ses yeux se fixèrent sur les ronds de fumée volant dans l'air.
« Et que feras-tu lorsqu'il sera amoureux ? Que feras-tu lorsque tu l'auras aidé à en aimer un autre que toi ? »
« Ce serait égoïste de vouloir le garder. »
« Depuis quand n'es-tu plus égoïste ? »
« Depuis que je ne t'écoute plus. »
Lex jeta son mégot au-dessus du balcon, puis regarda la nuit.
« J'étais schizophrène mais nous allons mieux » pensa-t-il en souriant à cette blague, avant de refermer la baie vitrée.
Quelques jours plus tard, alors que Lex était en train de travailler...
« Lex !
Le jeun homme releva les yeux et vit Clark qui venait d'entrer dans le salon. Il le regarda en souriant.
- Ça va ?
- Oui, très bien.
Il restait debout, presque indécis, ne sachant comment le dire.
- Écoute Lex, pour l'autre soir...
Devant le regard gris-noir de son ami, il se décida.
- Merci.
- De rien, fit Lex en se levant.
Les mains dans les poches, il contourna son bureau et s'assit sur le rebord.
- Tu sais ce que tu vas faire maintenant ?
- Je crois.
Il hésita. Du regard, Lex le poussa à se confier.
- Je retourne à Metropolis demain. Je me suis dit que là-bas je pourrais peut-être enfin mettre les choses au point.
- C'est quoi ton plan ?
Clark hésita soudain. Lex était son ami avant tout. Et il était hétéro. Il lui en demandait peut-être trop en venant ici.
- N'aie pas peur, je suis difficile à choquer.
- Si tu passes sur Metropolis, est-ce que tu pourrais venir me voir ?
- Bien sûr. A quoi tu penses ?
Lex ne mit que quelques secondes à deviner.
- Toi tu penses te rendre dans une boîte gay.
- Comment tu fais ?
Devant le regard ébahi de son ami, le jeune homme se mit à rire.
- C'est moi le vieux ici. Je devine ce qui se passe là-dedans, fit-il en touchant du doigt le front de Clark avec un sourire.
Il reprit avec un semblant de sérieux.
- Je t'ai dit que je resterai avec toi si tu avais besoin de moi. Cette promesse tient toujours. Si tu veux que je reste à proximité ce jour-là, j'y serai.
A cet instant précis, le cerveau de Lex hurlait « non, n'y va pas ! Qu'est-ce qui te prend ? Pourquoi ne pas directement le jeter dans les bras d'un homme, dans les bras d'un autre ? »
- Ceci dit, tu ne crois pas que tu y vas un peu fort pour un premier départ ?
- Je connais quelqu'un de très doué.
- Pour quoi ?
- Pour me redonner confiance en moi les soirs où je suis perdu.
Lex sourit à la dédicace.
- See me from above, pitiful with my love...
Clark sourit et rougit à l'évocation de sa chanson.
- Je serai là. Dis-moi juste où et quand... »
On était vendredi soir.
Lex gara sa Porsche le long d'une rue animée où se rassemblaient les meilleurs bars et boîtes de nuit de la mégalopole. Il arrêta le moteur et tourna son regard vers Clark qui était assis à côté de lui. Le jeune homme était habillé élégamment, et paraissait un peu tendu malgré sa décontraction apparente.
« C'est l'un des bars les plus sélects de la ville. Ici tu as peu de chances d'avoir des problèmes ou des altercations. Même s'il est réputé pour être un bar gay, on trouve aussi des hétéros. C'est un lieu de rencontres assez sympa.
Clark ouvrit sa portière et sortit. Le millionnaire l'imita et ferma les portes de la voiture.
- Tu veux m'accompagner ? Demanda son ami d'un air surpris.
- Tu ne crois quand même pas que je vais rester dans la voiture à me geler en attendant un problème quelconque ! Non. Je vais me poser dans mon coin, me commander un des meilleurs Bloody Mary de la ville et passer une soirée tranquille.
- Et si quelqu'un t'importune ?
- Je saurai gérer, ne t'inquiète pas pour moi. »
Lex laissa le jeune homme entrer le premier, seul. Il vérifia l'alarme de sa Porsche avant de franchir lui aussi le seuil du bar.
A peine entré, Lex se sentit comme un imbécile. Voilà qu'il se mettait à chaperonner Clark dans ses rencontres ! Une maman inquiète n'aurait pas fait pire. Soufflant pour évacuer son stress, il se dirigea vers une table à droite du bar, un peu surélevée: un coin d'observation parfait. Il passa commande à l'une des serveuses, une vieille connaissance, avant que son téléphone ne se mette à sonner. Reconnaissant le numéro affiché, il décrocha puis raccrocha d'un geste rageur, avant de s'enfoncer davantage dans les coussins de la banquette.
« Vous m'offrirez bien un verre monsieur Luthor.
Lex se préparait déjà à envoyer balader l'importune lorsqu'il reconnut le visage qui s'offrait à lui.
- Lili ! Comment vas-tu ?
Une jeune femme d'environ vingt-cinq ans s'assit à ses côtés.
- On ne t'as plus vu depuis une éternité ici.
- J'aime bien me faire désirer.
- Pas de moi j'espère.
- Ne t'inquiète pas mon coeur, je me suis fait une raison.
Lili était lesbienne, et ces plaisanteries les avaient toujours fait rire. Cette fois-ci encore il arracha un magnifique sourire à la jeune femme.
- Tu prends toujours un Black Russian ? Demanda Lex en hélant une serveuse.
- Toujours, mon chou.
Elle croisa les jambes avant de l'observer.
- Qu'est-ce que tu fais ici Lex ?
- Et toi ? Je croyais que tu filais le parfait amour ?
- Cynthia ? C'était une imbécile. Dommage qu'il m'ait fallu un an pour m'en rendre compte.
- Aïe !
- Ne t'inquiète pas pour moi, j'ai un coeur de pierre.
- Ce sont souvent les cœurs de verre qui disent ça.
Elle l'observa avec un regard perçant avant de reprendre.
- Enfin bref. J'ai retrouvé mes racines ici. Au moins eux prennent soin de moi, dit-elle en désignant le staff du bar.
Les deux jeunes gens trinquèrent. Lili but une gorgée de son cocktail avant de continuer.
- Et toi ? Que fais-tu ici ? Tes vieux démons te reprennent ?
- Et pourquoi n'aurais-je pas le droit de vouloir vous revoir tous ?
- Arrête de me prendre pour une idiote. Les visites de courtoisie c'est pas ton genre.
Lex sourit en se mordant les lèvres. Elle avait marqué un point.
- Tu es ici pour quelqu'un ?
Il hocha la tête en buvant une gorgée de Bloody Mary.
- Tu vois le jeune homme là-bas ?
- Avec les cheveux bruns ? Classe le garçon !
- C'est mon meilleur ami. La semaine dernière je l'ai trouvé en train de déprimer parce qu'il se posait de sérieuses questions sur lui-même, si tu me suis.
- Je marche dans tes pas.
- Bref... Je lui ai dit qu'il pouvait compter sur mon aide, et lorsqu'il a décidé de franchir le pas, il m'a demandé de l'accompagner, de rester en arrière en cas de problème.
Lili ne répondit pas tout de suite.
- Le coup du meilleur ami c'est vraiment petit.
- Demande-lui si tu veux.
- Si tu savais le nombre de « meilleurs amis » que j'ai rencontré au cours de ma vie ici.
- Je sais ma belle. Mais ce n'est vraiment pas une blague.
Son ton était devenu soudainement triste. Lili le regarda, surprise.
- Si tu ne me mens pas, alors ce que tu fais est vraiment admirable. Ça doit te coûter d'être ici.
- Pourquoi ça ?
- Pas à moi Lex. Tu sais très bien que nous les lesbiennes, on a un sixième sens pour ça.
Elle désigna Clark de la tête.
- Tu l'aimes, n'est-ce pas ?
Lex resta sans répondre, le regard soudain hypnotisé par la silhouette de son ami. Lili fit claquer ses doigts devant son visage.
- Allô ici la Terre ! J'appelle la Quatrième Dimension ! Tu me reçois ?
Le jeune homme la regarda.
- Pourquoi est-ce que tu ne lui dis pas carrément ce que tu as sur le coeur ?
- Et s'il se trompe ? Si ce n'est qu'une passade ? On ne pourrait plus se regarder en face lui et moi.
Il reporta son regard sur le bar.
- Et puis de toute façon il a besoin de se tester. Je n'ai pas à intervenir là-dedans. »
Clark s'était assis au bar, un peu tendu. Du haut de ses vingt deux ans, il manquait encore un peu d'assurance dans des lieux comme celui-ci. Il commanda un cocktail à une jeune serveuse qui le gratifia d'un magnifique sourire. Puis tout en dégustant sa boisson, il examina le bar.
L'endroit était sympathique, convivial. Au bout de quelques minutes, il jeta un coup d'œil en direction de Lex, et le vit en compagnie d'une jolie jeune femme. Clark tendit l'oreille; à leurs rire et leur conversation, ils semblaient se connaître depuis pas mal de temps.
« C'est la première fois que vous venez ?
Clark se tourna vers la jeune femme qui l'avait servi et qui lui parlait.
- Oui. Je suis à Metropolis depuis peu.
- Et c'est Lex Luthor qui vous as conseillé ce bar.
Il dut paraître sérieusement étonné, car elle expliqua:
- Il vous couve du regard depuis tout à l'heure. Nous connaissons bien Lex, depuis qu'il était étudiant. Il n'a toujours eu que des amis ici. Moi je m'appelle Sam.
Elle posa ses jolis yeux marrons dans les siens.
- Vous vous cherchez, n'est-ce pas ?
- Je vais finir par croire que je suis transparent, fit Clark en riant.
- Nous avons un sixième sens pour ce genre de chose.
- Qui ça ?
- Nous, les homosexuels.
- Alors c'est quelque chose qui me manque encore.
- Ça viendra.
A cet instant, l'un des barmans se joignit à leur conversation.
- Vous parlez de quoi ?
- Occupe-toi de tes verres, Mark.
- Toujours aussi adorable. Cette fille est un vrai requin, fit-il a l'attention de Clark avant de s'éloigner.
Le jeune homme sourit avant de boire une nouvelle gorgée d'alcool. Ses yeux se reportèrent sur celui qui venait de lui parler. Il était grand, les cheveux courts... Le genre d'hommes qui lui faisaient se poser des questions. La jeune serveuse suivit son regard, avant de lui lancer un regard encourageant.
- Mark n'est pas quelqu'un de farouche. Et même si je le casse, en réalité il est adorable.
Le jeune homme allait de surprise en surprise. Il expliqua à son interlocutrice:
- N'importe qui m'aurait découragé de porter les yeux sur un ou une amie.
- Ce sont deux mondes différents. Notre monde est régi par des règles différentes. On ne se tire jamais dans les pattes, car l'on sait tous qu'il est parfois très difficile de trouver la personne avec qui nous serons bien.
Elle regarda la salle bondée.
- Nous avons tous les mêmes aspirations. On vit pour ne plus être seuls, pour trouver l'amour. Je ne vois pas pourquoi nos désirs seraient différents de ceux des hétéros. Simplement, dans une minorité, on se serre plus les coudes.
Sam s'éloigna soudain pour répondre à un client. Resté seul, Clark digéra ce qu'elle venait de lui confier. Soudain une nouvelle voix lui fit relever la tête.
- Je te sers un autre verre ?
- Oui, merci.
Le barman, Mark, reprit la coupe avant de continuer.
- Sam est une fille sympa, mais elle aime bien m'en mettre plein la tête. C'est la première fois que tu viens ici ?
Clark décida de se forcer à quitter un peu sa réserve.
- Oui. C'est ma première année d'études.
- Tu es sûr que tu es assez vieux pour ça ? Fit le barman en lui tendant son verre avec un sourire en coin.
- Bien sûr que oui, fit Clark en riant. J'ai plus de vingt deux ans. Simplement, je n'ai pas pu faire ce que je voulais tout de suite.
- Ce sont des choses qui arrivent... »
Mark posa son shaker et s'accouda pour continuer la conversation.
Lili tourna soudain à nouveau les yeux vers le bar.
« On dirait que Mark a mit le grappin sur ton protégé.
Lex leva les yeux. A la vue des deux hommes, il sentit sa gorge se serrer, mais sourit malgré tout.
- Ce n'est pas plus mal. Mark est un type bien, intègre.
- Soit tu es vraiment masochiste, soit tu es bon à enfermer.
- Sans façon, merci bien, fit le jeune homme en repensant à son expérience passée.
- Non mais franchement ! Tu vas le laisser avec un autre homme ? Alors que tu crèves d'amour dans ton coin ?
- J'ai toujours adoré ta poésie Lili.
- Ma poésie elle te dit merde ! Tu es un vrai crétin, Lex Luthor. Tu as le bonheur à portée de main et tu préfères jouer les bons samaritains.
- Et si je lui dit tout maintenant, il va se sentir obligé de rester avec moi. Un espèce de sentiment de devoir complètement idiot.
- Pas faux.
Du coup la jeune femme s'était calmée.
- See me again from above, pitiful with my love...
- Très joli.
- Ce n'est pas de moi. C'est de Clark.
- Bah laisse-moi te dire que les paroles te vont très bien. »
« ... Et tu es souvent sur Metropolis ?
- Beaucoup, oui. Études obligent.
Clark et Mark discutaient depuis maintenant près d'une demi-heure.
- Tu devrais passer ici plus souvent maintenant que tu connais. Sam et moi on sera toujours ravis de te voir.
- C'est sympa, merci.
Mark sourit encore. Il lui plaisait ce petit jeune. A vrai dire il était à peine plus jeune que lui, mais maintenant qu'il venait d'avoir vingt-cinq ans, Mark avait tendance à se prendre pour un membre du club du troisième âge; douloureuse expérience.
Il détailla encore ce visage carré et masculin. Le jeune homme avait l'air d'avoir la tête sur les épaules, ce qui n'était pas pour lui déplaire. Et puis il y avait chez lui un il-ne-savait-quoi... un curieux mélange de puissance et de fragilité cachées.
Clark regarda soudain sa montre.
- Houlà ! Il faut que je file !
- Déjà ? Il n'est que minuit !
- Je bosse demain matin. J'ai un cours qui commence tôt. Désolé.
- Il n'y a pas de quoi.
Le jeune homme se leva et se prépara à payer sa consommation. Mark l'arrêta d'un geste.
- Laisse, c'est pour nous.
- Arrête !
- Comme ça tu reviendras nous voir, fit-il avec un clin d'œil amical.
- Merci.
Il saisit sa veste.
- Tu repasseras ?
- Je crois oui, répondit-il avec un sourire. Bye ! Et encore merci ! »
Lex vit son ami saluer Mark et se diriger vers la sortie. Il tourna son regard vers Lili, toujours assise à côté de lui.
« Je vais devoir t'abandonner.
Elle le regarda avec un sourire narquois.
- Je m'en remettrai. Va coucher ton protégé.
- Dis donc !
- Ça va. Si on ne peut même plus rigoler.
Il sourit et se leva en saisissant son manteau.
- Tu devrais te méfier mon chou. J'en connais qui se sont brisé le coeur pour moins que ça.
- Je gère, ne t'inquiète pas pour moi.
- Bah voyons.
Lex ne se laissa pas avoir. Il savait que sous ses airs de dure, la jeune femme cachait un coeur d'or. Il déposa un baiser sur sa joue.
- A bientôt j'espère.
- Je crois oui. J'ai la vague idée qu'on va souvent te revoir ici. Au moins jusqu'à ce que tu te déclares ou te suicides. »
Une semaine plus tard Lex était revenu à Metropolis, pour son boulot. A la fin d'une après-midi, alors qu'il songeait, assis au soleil...
« Lex !
- Tu vas finir par pouvoir l'enregistrer ce mot.
Clark sourit en le rejoignant.
- Tu vois une autre façon de t'appeler ?
- Je sais pas, varie un peu, du genre « salut » ou « bonjour ». Tu peux même le dire en espagnol !
Son ami le regarda.
- Toi t'es resté un peu trop longtemps au soleil.
Le jeune homme se mit à rire.
- Laisse tomber mes bêtises. Comment m'as-tu trouvé ?
- Ta secrétaire a daigné m'indiquer où tu étais. Elle m'a dit que tu devais inspecter ce chantier cet après-midi.
Il regarda autour de lui.
- C'est désert ici.
- Il est six heures Clark. Je sais bien que nous ne sommes pas France, mais ici aussi les gens rentrent chez eux le soir. Ils ne passent quand même pas leur nuit à bosser.
Son ami s'assit à côté de lui.
- Et tu restes tout seul dans un chantier ?
- Au moins ici c'est tranquille, j'ai la paix.
Il s'allongea sur le bloc de béton.
- Au fait, comment s'est passé ta soirée la semaine dernière ? Je n'ai pas voulu t'ennuyer dans la voiture.
- Bien, bien. Tu as raison, l'endroit est sympa.
- Le staff aussi, non ?
L'allusion fit un peu rougir Clark. Mais il ne se décontenança pas.
- Aussi oui.
Il tourna la tête vers son compagnon.
- Au fait, c'était qui la jeune femme avec qui tu discutais ?
- Lili ? C'est une vieille connaissance. Elle a fréquenté le Mad World pendant un moment à l'époque où j'y allais. On avait fini par sympathiser. Ça faisait longtemps que je ne l'avait pas revue.
- C'est une amie ?
- Étant donné son goût prononcé pour les cheveux longs et les poitrines, je dirais que oui.
Clark secoua la tête.
- Je n'aurais jamais cru qu'un jour on aurait ce genre de discussion.
- Ça t'étonne que j'ai pu fréquenter un endroit comme celui-là ?
- Un peu... beaucoup.
Lex s'appuya sur ses coudes.
- Il y a un paquet de choses que tu ignores encore à mon sujet. Je n'ai rien d'un garçon sage tu sais.
- Je sais. J'ai compris ça le jour où je t'ai tiré d'une rivière parce que tu conduisais comme un dingue.
- Touché.
Ils restèrent quelques instants sans parler. Puis Lex finit par demander.
- Que comptes-tu faire maintenant ?
- Je ne sais pas. Je crois que je vais continuer sur cette voie, au moins pour l'instant. Je crois que tu as raison; c'est le seul moyen pour moi d'être fixé sur mon compte.
- Fais attention de ne pas te brûler les ailes quand même.
Il se força à regarder loin, à regarder l'horizon pour dire:
- Mais Mark est quelqu'un de clean. Il te respectera toujours, quoi que tu fasses.
- Tu n'avais pas les yeux dans ta poche toi dis donc.
Il se tut un instant, puis demanda:
- Tu ne parles pas d'expérience quand même ?
- Non. Mais comme tu viens de le dire, je n'ai pas les yeux... ni les oreilles... dans ma poche.
- Monsieur Luthor et les potins du Mad World ! Je vois ça d'ici.
- C'est ça moque-toi ! Fit Lex en lui donnant une petite bourrade sur l'épaule.
Le silence s'installa à nouveau. Les deux hommes en profitèrent un moment. Puis, en se relevant, Lex observa que son ami avait l'air songeur.
- Quelque chose ne va pas ?
- Si, si.
Mais Lex avait de l'instinct.
- Tu as revu Mark, c'est ça ?
- Mais comment tu fais ?
Lex repensa à l'expression de Lili.
- C'est un sixième sens.
Il regarda à nouveau son camarade.
- Ça ne s'est pas bien passé ?
- Si... Enfin, c'est nouveau pour moi. Il faut que je m'habitue.
- Tu veux m'en parler ?
Cette phrase était vendu avec le kit: cachets, corde, lames de rasoir, revolver... Lex était vraiment dingue pour demander un truc pareil à celui qu'il aurait voulu avoir à ses côtés. Autant se suicider tout de suite. Clark se tourna vers lui avec un regard inquisiteur.
- Pourquoi est-ce que tu m'aides autant ? Je ne t'ai jamais vu comme ça.
Lex déglutit discrètement.
- Tu as eu assez confiance en moi pour me confier le plus lourd des secrets. Je veux en être digne. Et puis c'est aussi pour toutes les fois où je n'ai pensé qu'à ma gueule. Et crois-moi, il y en a beaucoup.
L'explication parut convenir à Clark.
- J'ai revu Mark deux fois depuis cette soirée. La dernière fois, il ne bossait pas. On a passé la soirée à discuter. Lorsque nous nous sommes séparés à la sortie du bar, il m'a embrassé. Rien de poussé, mais on s'est bien embrassé.
Lex s'enfonça le peu d'ongles qu'il avait dans la paume de la main.
- Et alors ? Où est le problème ? Ça t'a déplu ?
- Non. Mais sur le coup j'ai vraiment eu l'impression d'être comme un gosse qui embrasse pour la première fois.
- Tu es déjà sorti avec des femmes. Pourquoi ces baisers seraient différents ?
- Je n'en sais rien. Mais j'ai le sentiment d'être lamentable lorsque j'embrasse un homme.
- Tu te compliques bien la vie.
Clark baissa la tête. Devant son air perdu, Lex eut pitié. « Je vais le regretter » pensa-t-il. Mais il sourit malgré tout.
- OK, vas-y.
- Quoi ?
- Vas-y, embrasse-moi. Je suis impartial, je te dirai comment tu t'en sors.
Clark écarquilla les yeux sous l'effet de la surprise.
- Tu es fou ?
- Je ne m'attache pas à ce genre de détail. Tu as ma permission.
Clark regarda ailleurs. Et il sut soudain qu'il avait vraiment changé, que quelque chose en lui s'était transformé. Jamais auparavant il n'aurait accepté une telle proposition, trop gêné, trop coincé. Mais maintenant... Maintenant il découvrait un monde nouveau, fait de sensations, de sentiments différents et pourtant tout aussi respectables que ceux qu'il avait connu avant.
Lex le regardait toujours de ses yeux gris, avec une douceur non feinte. Clark finit par relever la tête.
- Ta promesse ne t'oblige pas à ça, fit-il dans un dernier mouvement de recul.
Alors que son coeur et son corps lui criaient d'accepter...
- Si ça me gênait, je ne te l'aurais pas proposé. »
Et les dernières défenses de Clark cédèrent. Il se rapprocha de son compagnon, son visage plus près du sien. Lex ferma les yeux...
Lentement, Clark posa sa bouche sur la sienne. Au début, juste un effleurement. Puis il commença à goûter à ces lèvres offertes, découvrant la saveur de son ami. Sous la légère pression, Lex entrouvrit les lèvres, et le jeune homme s'en empara doucement, par de courts baisers. Un battement sourd retentit à ses oreilles. Était-ce son coeur, ou était-ce celui de son compagnon ?
Lorsque ses lèvres prirent les siennes, Lex crut qu'il allait tomber, ou fondre sur place. Malgré tous ses efforts, il ne put empêcher son coeur de s'emballer. Il espérait juste que Clark ne l'entendrait pas.
Chaque baiser était une douce torture. Chaque contact le faisait mourir à petit feu. Au jeu de se brûler les ailes, Lex toucherait bientôt la pire et la plus haute des récompenses.
Au bout de quelques secondes, ils se séparèrent. Rouvrant les yeux, ils se regardèrent un instant, sans rien dire, avant de sourire. Lex se mordit un peu les lèvres avant de dire:
« Tu n'as rien à craindre de la concurrence.
- Ce n'est pas drôle Lex.
- Je ne blague pas. Tu mérites bien un huit sur dix, facile ! »
Et lui, il méritait un zéro pointé question bon sens.
