Posté le 15 oct. 2006
Par Selann Yui.
Avant de vous laisser lire cette fic, je tenais à vous dire que j'étais DESOLEEEEEEEEEEEEEEE de ne pas avoir mis la suite plus tôt!!! Mais rassurez-vous, j'ai eu le temps de finir la fic! Non non, c'est pas une blague! Vous aurez donc chaque partie de cette fic à intervalle de temps régulier ( toutes les 2 semaines? tous les mois? tout dépendra de mon sadisme: pas de reviews, pas de suite! Non, je plaisante! Dis donc, j'suis une sacré fanfaronne aujourd'hui!.. humhum, pardon... )
C'est sur, elle peut fanfaronner ! C'est moi qui met en ligne… Lol Donc je vous metterais cette fic en ligne tous les week end… Ca vous va ? De toute façon, à moins de tout mettre en même temps et Célia ne serait pas contente, je ne peux pas faire autrement…
C'est promis: quoiqu'il arrive, vous aurez la suite... Normalement, c'est Selann Yui qui s'occupe de la mise en ligne, pas vrai Selann? Viiii !!!! Fidèle au poste ! Et comme ça peut lire en avant première !!! C'est pas une chouette copine ça? Siiiiii !!!! Donc, si la suite ne vient pas, vous avez le droit de boycotter ses fics! lol ( Je suis pas sure qu'elle soit en train d'apprécier mon humour... C'est méchant ça !!!!) Enfin bref, sans attendre...
A la semaine prochaine !!!!
Partie IV
La salle est immense... Je me sens tout petit. Déjà que je suis pas bien grand... De larges piliers soutiennent un plafond inaccessible... Je suis sûr que si je criais, ma voix se propagerait et innonderait toute la pièce. Elle fera un très bon terrain de combat... Un frisson me parcourt l'échine.
Chaque pas m'est difficile. C'est la première fois que je m'inquiète pour un affrontement. J'en ai l'estomac nouée... Tss... Moi qui ai toujours aimé me battre...
... Mais jamais l'enjeu n'a été aussi grand. Il y a tellement à perdre si je ne réussis pas...
Je précipite mes pas vers Sanzo.
Je me laisse porter par ma conviction et dépasse Sanzo. Je me sens bien près de lui. Sa présence me rassure... mais aujourd'hui, être à ses côtés ne fait que renforcer la vague glacée qui s'insinue en moi... J'ai tellement peur... peur de le perdre... Je ne sais pas ce que je deviendrais sans lui, lui qui avait su donner un sens à ma vie. Par trois fois j'ai cru le voir mourir... Je ne pourrais pas supporter à nouveau la crainte de sa perte...
Je suis ici pour lui.
Plus on se rapproche, plus je réalise la taille de Gyumao: ce type est immense... et nous sommes que deux contre lui... Le combat sera dur, mais je dois réussir. Pour lui.
Ce dernier, mécontent, ralentit ma course en me saisissant par l'épaule et se place devant moi. A son passage, il s'est penché à mon oreille pour me chuchoter quelque chose.
- Ferme-là et laisse-moi faire...
Je ne sais pas ce qu'il a en tête, mais il n'a aucun soucis à se faire: la seule chose que j'ai à dire à Gyumao s'exprime avec les poings... C'est la seule chose que mérite ce connard.
Je comprend pas comment on peut en arriver à tuer pour le plaisir...
...hahaha... Cette phrase est vraiment mal choisi pour quelqu'un comme moi... Il n'y a rien qui puisse distinguer Son Goku et Gyumao. Ma 2è nature correspond parfaitement au portrait que je me fais de lui...
Me battre contre lui serait comme me battre contre moi-même...
Ca m'effraie. J'ai peur de me découvrir tel que je suis réellement. Malgré moi, j'ai toujours été soulagé de ne pas pouvoir me souvenir de mes combats sans diadème. C'est une parfaite fuite en avant.
Je sens mes poings se serrer. J'ai beaucoup à prouver lors de ce combat; pas seulement à Sanzo et aux autres, mais aussi à moi-même. Si j'arrivais à le tuer... alors je démontrerais qu'il reste encore une part d'humanité en moi.
Cet affrontement est mon combat.
Sanzo me fait signe de m'arrêter. En fâce de nous, assis sur un trône gigantesque, Gyumao notre ennemi. Son corps monstrueux nous surplombe du haut de ses quatre mètres. La taille est le seul détail qui le différencie de nous: il ressemble à n'importe quel monstre. Un point vient cependant confirmer le titre qu'il porte: il se dégage de lui une odeur de mort.
Cette femme, qui se tient près de lui, doit être celle qui a conduit à sa ressurrection. Je n'aime pas son sourire narquois.
Gyokumen Hoshu.
- Nous vous attendions...
La voix rauque de Gyumao fait écho dans l'immensité de la salle.
- Le comité d'accueil était tout à fait charmant. Deux de nos amis ont tenu à honorer comme il se doit la qualité de vos services.
Sanzo et son éternelle ironie... je pouffe de rire. Sanzo me dévisage d'un air mécontent avant de se tourner de nouveau vers Gyumao.
- Je n'ai pas l'intention de vous faire un discours, je suis pas du genre baratineur. Nous sommes venus pour récupérer les sutras. Si vous accepter de coopérer , nous vous promettons une mort rapide, sans douleur.
Gyumao le dévisage d'un air méprisant avant d'éclater de rire, suivi par sa femme. Aucune faille, aucun sentiment ne transparait sur le visage du bonze. Droit, froid, Sanzo attend.
Je surveille les moindres mouvements de Gyumao. Je n'aime pas sa façon de l'observer, de le scruter comme s'il faisait fâce à un nuisible, un vulgaire rampant.
Il transpire de haîne pour les humains. Il faut être idiot pour ne pas comprendre que les hommes ne sont pour lui qu'une race inférieure. Il est celui qui a empoisonné la vision des monstres envers leurs semblables, et a fait ce qu'est devenu le monde d'aujourd'hui.
Un univers de fureur et de sang.
Mais il n'a pas à sous-estimer Sanzo: il a dépassé sa condition humaine depuis bien longtemps.
Un silence pesant s'installe. On sent soudain un souffle s'élever tandis que les lèvres de Gyumao s'entrouvrent pour murmurer quelques mots.
- Quel dommage que les monstres envoyés par ma femme pour récupérer le sutra n'aient pas eu le cran de tuer le gamin arrogant qui se cachait derrière les jupons de son maître... Ils auraient pu mettre fin à ce sentiment qui vous dévore aujourd'hui: la honte de ne pas avoir eu le courage de le protéger ce jour-là...
J'ai l'impression de recevoir un coup de poing en pleine figure. Sanzo, que j'ai toujours admiré pour sa maîtrise et sa détermination, lui, insensible, si froid... Est-ce bien lui que je vois souffrir devant moi, les traits tirés, émacié? J'ai l'impression de découvrir son vrai visage pour la première fois... Mon regard passe du bonze à Gyumao, incrédule.
- Sanzo?
Explique-moi! Est-ce que c'est vrai? J'ai besoin de comprendre!
Mais il me répond pas. Ma voix se perd dans le silence oppressant qui suit mon intervention. Ses yeux évitent les miens, fixant le sol immaculé dans l'espoir de dissimuler les sentiments qui l'assaillent. Ramassé sur lui-même, il semble inerte, à l'exception de ses poings tremblant dans le vide.
La pluie se met à tomber, tambourinant contre les vitres en un rythme incessant.
Pourquoi?.. Pourquoi ne m'en a-t-il jamais parlé? Cest un poids trop lourd à porter seul... J'aurais pu l'aider à le supporter... Rien qu'un peu... Pourquoi a-t-il préféré la distance, pourquoi a-t-il fallu qu'il ait peur de revivre la même chose!.. Ca fait mal... Ca fait mal de le voir souffrir... alors qu'on est impuissant...
Je sais au plus profond de mon être ce qu'il ressent... la douleur qui accompagne la perte d'un être cher... C'est un sentiment qui me semble si palpable... et si lointain...
Mais tout est de l'ordre du passé. Je ne peux rien y changer et Sanzo non plus. La seul chose que l'on puisse faire c'est vivre avec... Cependant, Sanzo ne peut pas rester sans rien faire. Il doit réagir, le renvoyer chier comme il sait si bien le faire! Où est le Sanzo que je connais? Il n'a pas le droit de le laisse l'insulter et le rabaisser! Où sont passé son sens de la répartie et son allure provocatrice?! Cet air fragile et vaincu, ce n'est pas toi!
Regarde Gyumao se satisfaire du spectacle que tu donne!
- Oui... vous êtes lâche...Vous êtes peut-être une grande gueule mais vous ne serez jamais capable de vous protéger seul.
Gyokumen rit à gorge déployée.
- Il n'avait fait qu'observer le cadavre de son maître en gémissant son nom tandis qu'un de mes serviteurs volait le sutra! Son maître est mort pour empêcher le vol et tout ce que le mioche trouve à faire s'est pleurer son sacrifice! On nomme bonze sanzo un gosse incapable de savoir où sont ses priorités! Avouez qu'il y a de quoi rire!
Ce mépris envers la vie-même me donne envie de vomir. Pour la première fois depuis ma libération, Sanzo m'apparait comme un être immensément humain.
Il ne mérite pas ses insultes, après tout ce qu'il a eu à subir... Si ce n'est pas Sanzo qui réplique, ce sera moi.
- Il a été incapable de défendre son maître de quelques monstres et on m l'envoie en espérant qu'il va me tuer?!
Gyumao et son épouse éclatent de rire... Qu'ils se la ferme... Je ne sais pas ce qui me retient de...
- A moins qu'il ne soit venu pour venger l'ancien sanzo? Il est trop tard pour réparer vos bévues... Vous l'avez laissé pour mort et ce n'est pas aujourd'hui que vous pourrez sauver le peu d'estime qu'il vous reste...
De quel droit s'en prennent-ils à Sanzo! De quel droit!!!
Je vais... Je vais exploser...
Je vais les tuer... JE VAIS LES TUER!!!
Tout mon corps bouillonne et s'embrase. Je brûle, brûle... La colère monte en moi en un poison violent, m'emprisonne...
Je le sens. LUI. Il s'empare de moi...
Il ne faut pas que je lâche prise.
Il faut que je lui résiste...
Je le dois... Je me l'étais promis! JE LE DOIS!!!
- FERMEZ-LA ENFOIRES!!! VOUS M'ENTENDEZ!!! FERMEZ-LAAAAAAAAAAAA!!!
C'est comme si ma fureur s'était volatilisée en quelques mots... je le sens m'abandonner... Mon coeur s'apaise.
Je reprend peu à peu conscience de ce qui m'entoure.
Le silence a envahi la salle. Les regards de Gyumao et Gyokumen pèse lourdement sur moi. Mais surtout, plus présent que les autres, je sens le regard de Sanzo,il me transperçe comme un poignard.
- Tu es un monstre?! Comment peux-tu prendre la défense d'un humain!
L'indignation de Gyumao me fournit un excellente raison pour éviter ses yeux de braise.
- J'ai beaucoup entendu parler de toi Son Goku. Ta puissance est sans nul doute une des plus recherchée et convoitée. Comme moi. Nous ne sommes pas si différents. Nous possédons tous deux une force qui nous dépasse. Mais contrairement à moi, tu la mutiles en la mettant au service des humains. Le diadème que tu portes n'est qu'un moyen inventé par les dieux pour séquestrer ta véritable nature. Ta puissance les effraie! Tu ne peux renier ton destin! Comme moi, tu as été conçu pour dominer! Ta place est parmi nous.
Sa déclaration me fait l'effet d'une bonne blague. J'éclate de rire.
Ce qu'il peut être con...
- Je crois que t'as pas très bien compris... Ma place, je l'ai déjà choisie depuis longtemps... et c'est sûrement pas parmi vous!
Ma place est auprès de Sanzo. Quant à ma véritable nature comme tu me l'a gentiment fait remarquer tout à l'heure je suis là pour la détruire.
Comme si elle avait lu dans mes pensées, Gyokumen me jette un regard empreint de dégoût avant de se tourner vers son mari.
- Mon coeur, vous vous battez pour une cause perdue. Il rampe aux pieds de cet humain!
Mais c'est qu'elle m'insulte! Je...
- Ce singe n'est pas mon serviteur. Faites-en ce que vous voulez, c'est pas mon problème. De toute façon, il n'est rien d'autre qu'un avorton dont le seul souci est de me pourrir la vie.
Je dévisage Sanzo, les yeux écarquillés.
Il... il a pris ma défense...
Je sais que je l'ai blessé en contrecarrant les répliques de Gyumao à sa place, je sais que je l'ai vexé et humilié... Son intervention n'en a que plus de valeur à mes yeux.
Malgré la dureté de son regard, il me semble percevoir au fin fond de ses yeux mauves de la reconnaissance... Je l'ai rendu de nouveau lui-même. Une pointe de fierté me titille.
Intervenir était pour lui une façon de me remercier...
- Comme c'est touchant! Il vous suit par loyauté!
Gyumao est franchement lourd. S'il cherche à mettre Sanzo à bout de nerf, je crois qu'il ne va pas être déçu.
Le bonze dépravé est de retour...
- Je ne lui ai jamais demandé de venir. Je n'ai pas à me justifier.
- Mais avouez que sa présence ne vous déplait pas ... Avoir quelqu'un capable de se sacrifier pour vous s'est toujours révélé utile. Vous en avez déjà fait l'expérience... Finalement peut-être espériez vous la mort de votre maître pour vous accaparer de son titre...
Deux détonations. Sanzo, les yeux exorbités, tient fermement son flingue entre ses deux mains.
- J'm'en vais faire des trous dans ta sale gueule!!!
Les deux balles envoyés par Sanzo n'ont fait que rebondir sur le visage creux de Gyumao... Un peu plus et je lui faisait goûter mes poings...
Le rire glacial de notre ennemi s'élève.
- Vous croyez vraiment pouvoir me tuer avec un simple revolver? Vous êtes pitoyable... Je ne vois pas pourquoi je perdrais mon temps avec un humain...
- Ne me sous-estime pas connard!!!
Une troisième détonation. Une odeur de chair brûlée parvient à mes narines. Sur la joue terne de Gyumao, un filet de sang qu'il essuie d'un doigt anguleux.
Son sourire est effrayant.
- Vous aurez l'honneur d'être mes premières victimes...
Ses premières victimes! Putain!.. Je ne sais pas ce qui me retiens de lui cracher à la gueule!!! Il a la mémoire courte ce connard! Malgré le regard insistant de Sanzo, je peux m'empêcher de lui vomir la figure ce que j'ai sur le coeur.
- Ta première victime était ton propre fils enfoiré!!!
Mon souffle est soudainement coupé. Deux mains invisibles, plaquées contre ma gorge, m'entraînent dans les airs. Pédalant dans le vide, je tente désespérement de me défaire de leur emprise. Il me semble entendre Sanzo crier mon nom.
La voix de Gyumao s'élève, terrible.
- Mon fils savait ce qu'il avait à faire!Contrairement à toi, il savait où il devait placer sa fidélité!
Je me sens projeter dans les airs jusqu'au choc brutal d'un mur contre ma colonne vertébrale. La douleur me quémande d'inspirer profondément malgré la strangulation. Maintenu à plus de dix mètres au dessus du sol, je suffoque. Si le regard de Gyumao pouvait tuer, je serais mort à l'instant même.
- Kogaiji est mort en faisant ce qu'il lui semblait le plus juste! Il est mort avec mérite. Je n'ai pas à pleurer sa disparition...
La mort de son fils ne le touche même pas... Pourquoi fallait-il que ce soit lui... On devait se battre lui et moi... Même si c'était notre ennemi je l'aimais bien, il était gentil... il nous a aidé de nombeuses fois... J'avais enfin trouvé un adversaire digne de moi mais maintenant... maintenant...
Dire que Gyumao est persuadé que son fils est mort pour lui. Il ne connait même pas son propre enfant... Pour lui, Kogaiji n'était qu'un pantin agissant en son nom, un vulgaire serviteur... il ne lui a jamais ressemblé... Lui a préféré sacrifier sa vie pour éviter que sa soeur ne le fasse, son père était prêt à sacrifier l'un de ses propres enfants pour assurer sa ressurrection...
Kogaiji ne méritait pas de finir sa vie ainsi...
Ma vue commence peu à peu à décliner... que fait Sanzo...Gyumao resserre l'étreinte autour de mon cou... S'il croit que je vais me laisser faire... il faut que je le déstabilise avec Nyoîbo...
...J'ai la tête qui tourne...
- Votre vie vaudrait donc plus que celle de votre fils... Vous foutez pas de ma gueule...
J'écoute, ahuri, l'intervention de Sanzo. Gyumao, surpris, desserre son étreinte. Je savoure silencieusement ce semblant de libération en happant l'air à petite dose.
- Je devais réapparaitre. Il s'est donné la mort en connaissance de cause, par amour pour moi. Il savait que son destin était d'offrir sa vie. Mais un homme qui a laissé crever l'être qui lui était le plus cher ne peut pas comprendre...
Contre toute attente, Sanzo éclate de rire. A quoi joue-t-il? Ca ne présage rien de bon...
- Et c'est vous qui me faites un sermon! Vous avez prémédité la mort de votre fils pour votre propre survie... Vous êtes pitoyable...
Je sens soudain sous mes pieds la terre ferme, libéré de toute emprise. Mes poumons reprennent peu à peu leur fonction vitale. Gyumao a perdu toute envie de jouer avec moi. Le seul qui l'intéresse, c'est...
Merde! Mais il est fou!!! Sanzo fonce tête baissé! Il est en train de m'offrir une occasion d'agir!
- MON FILS EST MORT POUR MOI ! SA MORT ETAIT POUR MOI, IL LE SAVAIT MIEUX QUE VOUS!!!
Il est tellement en colère qu'il souffle comme un taureau prêt à charger.
- Croyez ce qui vous plaira. Quoiqu'il en soit, votre fils avait, contrairement à vous, le mérite de connaître la valeur de la vie; il a su mourir simplement, sans espoir de retour, sans regret. Vous parliez de destin , mais le vôtre s'est arrêté il y a bien longtemps. Vous vous pensiez capable de soumettre les hommes et les monstres à votre dictature mais il s'est avéré que vous n'étiez pas à la hauteur. Votre destin s'est révélé factice et vous êtes mort en perdant.
Sanzo a porté un coup de grâce magistral. Gyumao, les yeux injectés de sang,semble avoir perdu tout contrôle.
- TU VAS MOURIR!!!
C'est le moment d'agir!
- Nyoîbooo!
Effrayé, je le regarde refermer ses doigts protubérants sur lui. Si je n'interviens pas tout de suite, il n'en sortira pas vivant... Gyumao serait capable de le broyer d'une seule main...
Transporté par une énergie soudaine, je m'élance en direction du dieu taureau, prêt à le transpercer de part en part... Je me promet qu'il ne l'aura pas sans m'avoir affronter et tuer. Retenant un cri qui avertirait Gyumao de ma présence, j'adopte ma course la plus rapide afin de l'atteindre sans être vu...
Peine perdue. En une fraction de seconde, mon plan tombe à l'eau: son regard me dévisage , aigu, en pleine action. En un rictus il disparait de mon champ de vision.
Déstabilisé, je me retrouve à frapper dans le vide, comme un idiot, tandis que Sanzo tombe lourdement sur le sol, lâché en plein air. Inquiet, je me précipite à sa rencontre.
- Sanzo! ca va?!
Il se redresse avec difficulté. Alarmé, je lui tend la main pour l'aider mais il la repousse d'un geste brusque. Une vague de déception, que je tente désespérément de refouler, m'envahit. Du revers de la main, il entreprend de dépoussiérer ses vêtement d'un air nonchalant.
- T'es en retard le singe.
- Ne me traite pas de singe!
Toute la tension accumulé entre nous disparaît soudainement. C'est comme si, par cette simple réplique, j'avais rétabli le lien qui nous unissait lui et moi. Sur son visage, l'ombre d'un sourire. Ce simple fantôme suffit à me réchauffer. Mais il n'est qu'éphémère. Bien vite, Sanzo revêt son masque froid et impénétrable.
- Que s'est-t-il passé?
Quelques secondes s'écoulent avant que je ne m'explique: je n'aime pas la défaite.
- Il m'a vu. Je sais pas comment il a fait... Il a ensuite disparu... Seul Homura arrivait à voir mes déplac... Sanzo derrière toi!!!
Je n'attend pas sa réaction. Je me jettes sur lui et le plaque à terre. Une ombre passe au-dessus de nous.
- Espèce de con de singe, t'es taré ou quoi?! Lâche-moi!
Je me relève, sans tenir compte de la remarque lançée violemment par Sanzo. Je scrute les environs.
Gyumao...où es-tu...
Je sens une main se refermer sur mon épaule et me retourner avec force.
- Mais qu'est-ce qui t'as pris? Ma parole mais tu deviens parano!
Je dévisage Sanzo, à la fois blessé et interdit.
- Tu... tu n'as pas vu arriver Gyumao?
- Qu'est-c'que tu m'chantes?
Je suis le seul à l'avoir vu?
- J'te mens pas... il a tenté une attaque...
Je déglutis, me sentant presque coupable de ce que je m'apprête à énoncer.
- Ses mouvements sont très rapides...
Il détourne son regard du mien. Sa fierté en a pris un coup. Pour lui, cela signifie un combat inégal. Sanzo est dépendant de moi. Connaissant son caractère, c'est plus qu'il ne peut en supporter.
Il se retourne, cherche frénétiquement du regard. Un léger bruissement. Il pivote sur lui -même, scrute les environs. Ses yeux sont en alerte. Un rictus effrayant vient se loger sur ses lèvres; je ne sais pas ce qui lui passe par la tête, mais il est vraiment flippant.
Sur un coup de tête, il entreprend de nettoyer son flingue avec un pan de sa toge. Je sens son dos s'accoller au mien. Un cliquetis métallique m'indique qu'il est en train de charger son révolver. Je resserre mes doigts contre Nyoîbo. Sanzo prépare quelque chose. Je le sens. Je balaie la salle de mon regard et guette.
- Alors, on veut jouer à cache-cache? Auriez-vous peur de nous affronter?
Je tente un coup d'oeil rapide par dessus son épaule. Sanzo semble savoir ce qu'il fait. Je ne peux que lui faire confiance.
- A moins que vous ayez peur d'affronter un humain?..
Derrière moi, un bruit presque imperceptible. Des pas qui se précipitent en notre direction. je ne tourne aussi vite que possible.
- Sanzo, devant toi!!!
Ce dernier, guidé par mes faibles indications, tire à l'aveuglette. Une balle traverse le bras de Gyumao, sans que ce dernier y soit sensible. Celui-ci continue sa progression, se rapprochant dangereusement de Sanzo. Un autre projectile érafle son cou. L'espace d'un instant, déstabilisé, Gyumao nous apparait. Il n'est plus qu'à quelques mètres de Sanzo. Les yeux rougeoyant de fureur, il lève le poing, prêt à porter sur lui un coup ultime et fatal.
Le monde s'efface autour d'eux. N'apparait qu'à mes yeux les mouvement de Gyumao. Je me laisse porter par mes jambes et bondis par-dessus Sanzo. En un cri, je lève mon bras, prêt à fracasser Nyoîbo sur son torse. Mais peine perdue.
Il ne l'effleure qu'une onde semblant émaner de Gyumao me traverse en une douleur fulgurante. Je suis balayé sur plusieurs mètres. Souffrance, le craquement sinistre de mes os. Mon corps vient de percuter de plein fouet une des colonnes qui soutiennent le plafond. Alors que je glisse vers le sol, je sens se détacher sous moi... Oh non...
Je me recroqueville, protégeant ma tête de mes bras. Une pierre, deux pierres, puis l'ensemble s'abat sur mon corps déjà endolori.
Obscurité puis, plus rien.
Déployant toutes mes forces, je tente de m'extirper de mon tombeau. Les gravats ne résistent pas longtemps, ma tête sort des décombres. Un nuage de poussière s'élève, accompagnant une violente quinte de toux . Je déglutis avec difficulté.
Mon regard sillonne la salle en apparence déserte. Je place mes douleur sur un second plan. Il y a plus important.
Soudain, un cri de rage. Mes pupilles se dilatent et continuent leur recherche désespérée. Je me précipite en direction des hurlements.
Par pitié, pourvu qu'il ne soit pas...
Je m'arrête brusquement. Mes... mes yeux ne me trompent pas! Sanzo tient Gyumao à distance! Ma main se pose naturellement sur mon coeur, soulagé.
Cependant, c'est sans compter sur les dernières forces qui lui restent. Si je n'arrive pas à temps... Je dois intervenir. J'accélère mon allure pour arriver au plus vite près de lui... Et pourtant...
C'est tout mon monde qui semble s'écrouler tandis que le poing de Gyumao percute de plein fouet le corps de Sanzo.
Je... je n'ai pas su arriver à temps... Mes jambes se dérobent sous mon poids. Sanzo, corps sans vie, traverse l'immensité de la salle avant de s'écraser un mur.
Je suis pris de tremblement. Indifférent, un flot de larmes se met à immonder mon visage crispé.
Non...il ne peux pas... c'est impossible...
Je trouve la force de me relever. Je fais un pas. Deux. Mes pas s'accélèrent au rythme de mon angoisse grandissante. Je cours, me précipite, me rue en hurlant à la mort son nom. J'accours jusqu'à ce qui me semble n'être plus qu'un amas de chair informe.
Je m'accroupis devant son corps, finalement intact. Recroquevillé sur lui-même parmi les décombres, il semble pourtant loin du repos éternel. Seul sa peau pâle et les traces de sang sur son corps couvert d'ecchymoses me rappellent la dure réalité. A quelques mêtres derrière moi, Gyumao semble se délecter de cette image.
Je prends une de ses mains entre les miennes et l'amène contre moi dans un vain espoir de la réchauffer. Mes larmes affluent de plus belle.
- Réagis Sanzo... Je t'en supplie...
Réveille-toi... pitié... me laisse pas... C'est pas vrai... tu ne peux pas m'abandonner comme ça... Je t'en supplie...
Tu ne peux pas être mort... non! c'est impossible! tu n'as pas le dr...
- Tss...
Ma surprise est telle que je m'en mord la langue.
- Sanzo?..
Je sens soudain entre mes mains le sursaut de quelques doigts. Mon coeur bas à la chamade.. Sur son visage placide, les paupières se mettent à frémir. Douloureusement, de fines fentes se forment se forment à travers lesquelles deux yeux violets m'observent.
-... Go...ku...
Un déferlement de sentiments incontrôlables me submerge: je ris, pleure, souris, renifle, pleure...
Je résiste à l'envie de le serrer dans mes bras afin de m'assurer qu'il est bien vivant. Il retire faiblement sa main de mon étreinte et se masse les yeux. Son regard me fixe intensément.
Quelques secondes s'écoulent avant qu'il ne parlent ou ne réagisse. Il n'y a que ses yeux pour m'observer. Après un temps qui m'a paru une éternité, il se décide enfin à parler.
- Tes brailleries réveilleraient même un mort...
Je reste perplexe devant cette déclaration. Cependant, je ne peux m'empêcher de lui répondre par un sourire. S'il est de mauvaise humeur, ça signifie qu'il va à peu près bien...
- A ce que je vois, les parasites sont toujours les plus résistants...
Gyumao, un rictus méprisant aux lèvres, contemplent le spectacle que nous offrons.
En réponse à cet affront, Sanzo tente de se redresser, sans succès.
- Aide-moi à me lever.
Je m'empresse de lui obéir malgré la dureté avec laquelle il me l'a demandé. Je sais qu'il a honte de devoir faire appel à moi.
Son état est triste à voir: son arcade sourcilière est fendue, son visage en est couvert de sang; de sa toge, il n'en reste que des lambeaux.
Mais surtout, plus inquiétant, est l'angle qu'arbore son épaule gauche. Sanzo, qui a vu où se portait mes yeux, inspire soudainement. Le regard furtif qu'il me lance suffit à me faire froid dans le dos.
- Fais ce que tu as à faire.
Je déglutis avec difficulté. J'ai pas intérêt à rater mon coup. Tout doucement, je saisis son bras inerte de la main droite et pose la main gauche sur son épaule. Je sens qu'il frémit... Brr... N'y pense pas.
A trois. Un. Deux...
Le bruit émis par le réemboîtement des os est effrayant. Un filet de sueur froide rampe le long de mon dos. Sanzo se cambre de douleur, mais ne bronche pas. D'énormes perles de sueur s'amoncellent sur son visage. Je connais cette douleur... Homura n'y a fait goûter.
Gyumao sourit.
- Je vois que le combat peut reprendre. J'aurais pu abréger vos souffrances mais j'avoue que ça me répugne... J'aime que mes ennemis soient conscients lorsque leur mort arrive... C'est plus jubilatoire...
Sanzo, piqué, par cette réplique, ramasse son flingue. Je le dévisage, inquiet.
- Goku, allons-y.
- Non.
Sanzo se tourne vers moi, interdit.
Je prend soudain conscience d'une évidence. Ce combat ne lui est pas destiné. Moi seul suis capable de me confronter à Gyumao.
- Je veux me battre seul.
"Je vais vous tuer de mes propres mains": ces mots résonnent encore au creux de mon oreille. Ils prennent en moi une ampleur démesurée tandis que l'évidence s'offre à moi. Je réalise soudain mon incompétence. Nous nous sommes leurrés. Celui que l'on croyait être un homme n'en est pas un. L'expérience nous avait appris que les contrôleurs de force prenaient la forme d'un bijou. Mais s'il pouvait en être autrement?
Les battements de mon coeur se suspendent tandis qu'il laisse glisser de ses mains son infâme peluche. Tous les corps sont en attente. Effrayée, une main vient se lover dans la mienne.
Celle de Yaone. Je mêle mes doigts aux siens et referme avec douceur l'étreinte.
Mes yeux sont en alerte. Satisfait, la bouche du professeur Nî se tord en un sourire cynique d'où s'échappent trois mots qui suffisent à me glacer le sang.
- Rions un peu...
Son hurlement déchire soudain le silence angoissé que nous formons. Haletant, gémissant, son corps se recroqueville et se contracte, agité de convulsions incontrôlables. Sa veste explose, découvrant une épine dorsale disproportionnée. Le pansement qu'il avait sur la joue s'est détaché et découvre une cicatrice qui parcourt à présent son visage déformé par la douleur; Ses ongles se métamorphosent en griffes, ses dents en crocs. Tout ce qui était homme en lui a disparu...
Je sens tout près de moi trembler Yaone.
- Jamais...jamais il ne nous a révélé qu'il était un monstre...
Il avait caché une partie de son identité? Pourquoi?
Son regard fou parcourt d'un air avide notre groupe. Sur ses lèvres tordues, il laisse promener insidieusement une langue angulaire. Un élan de dégoût me traverse. Les doigts fins de Yaone se détachent des miens pour saisir son arme. Mon regard croise celui de Gojo et de Doku, tous deux paralysés par une incrédulité évidente.
Dans les bras de Doku, Ririn s'éveille. Ses paupières se contractent douloureusement et se réouvrent en un ballet incessant. Un vague de soulagement m'envahit, malgré l'angoisse sourde qui me taraude le ventre fâce à cette situation instable. Son regard se lève doucement vers celui de Doku, fixe. Surprise, les yeux de Ririn décident de suivre le même chemin que ceux de son porteur. A la vue du corps de Nî, ses pupilles se rétractent, son visage se déforme pour laisser échapper un cri de terreur et de révulsion. Mais aucun son ne sort. Lentement, sa bouche se referme, ses traits se détendent et Ririn, avec raideur, glisse des bras de Doku. Son corps vacille quelques instants mais ses pieds sont fermes. Résignée, fatiguée, elle attend, une main blottie contre son pauvre coeur.
- Grand frère...
Pourquoi a-t-il fallu que Kogaiji meure? C'était la seule personne qui lui restait. Elle se trouve orpheline, privée de tout amour... Seule, portant le sacrifice de son frère sur ses frêles épaules. Elle est un peu comme moi...
Kanan s'est tuée pour me préserver de la honte qu'elle croyait m'apporter; lui a préféré donner son sang, sa vie à Gyumao plutôt que de le voir ressusciter par le sang de sa soeur, unique objet de sa tendresse...
Nous sommes tous deux de laissés-pour-compte...
...des oubliés de la Grande Faucheuse...
Dans le désert glaciale de cette lucidité prégnante, la douce présence de Yaone m'apporte un peu de sa chaleur.
Un rire suraigu s'élève, s'amplifie, hystérique. Professeur Nî nous fixe, sa poitrine se soulève et s'abaisse comme secoué de spasmes périodiques. Un long filet de bave glisse le long de ses canines protubérantes.
Mon pouls s'accélère. Je tente d'offrir à mon adversaire un visage sûr et menaçant mais c'est nier mes propres sentiments. J'ai peur. Je ne sais pas ce que vaut mon ennemi. Nous partons en aveugle.
Qui sait ce qu'il adviendra...
Un bruissement, semblable au froissement de la soie, parvient du fond de la salle. Mon regard se tourne automatiquement dans sa direction, alerté.
Personne, pas même une ombre.
Je commence à perdre mon sang-froid. Je reporte mes yeux sur notre adversaire, perdu, ne sachant plus à quoi me fier...
Mon coeur se soulève.
Vide. L'espace est vide.
Il a disparu.
Où est-il? Où est-il?!
Ma respiration s'accélère. Je me sens trembler psychologiquement. Un étau se referme sur moi.
Un pressentiment...
- Où est passé cet enfoiré?!
... je ressens...tout près... la chaleur d'un corps... je sens presque son haleine fétide effleurer ma nuque...
- Que la partie commence...
Il est trop tard pour l'éviter. Je le sais. Mais je préfère l'affronter du regard, fâce à fâce, plutôt que de lui laisser le plaisir de m'avoir par traîtrise. Je me retourne et lui offre mon plus beau sourire.
Une vague de douleur se propage en moi, partant de mon ventre. Ma cicatrice.
Je distingue juste ses yeux moqueurs avant que ma vue ne s'assombrisse. Je me sens somber malgré moi. Des cris accompagnent ma chute; parmi eux, je cherche celui de Yaone comme remède à ma souffrance. Le goût âpre du sang remonte dans ma bouche... Une vieille blessure s'est réveillée, avec elle ses souvenirs amers. Tout est noir...
Elle me semble si proche...son sourire... sa douceur... Kanan.
Mon amour.
Pourquoi? Pourquoi m'as-tu laissé? La mort nous a séparé comme les barreaux de la prison où tu as changé de monde! Cette vie semblait refuser notre union. Mais sans toi je ne suis rien...Tu es en chacun de mes gestes, chaque battement de mon coeur... Je t'en supplie... Laisse-moi te rejoindre...
Je dois devenir fou... Je te vois près de moi... Ma main peut caresser tes cheveux, je peux sentir ton parfum encore et encore...
Je t'en prie, reste avec moi... Non! Ne me quitte pas! Pourquoi t'éloignes-tu de moi! Pitié... Je suis seul sans toi!..Tout est néant...
Tout est néant...
Je te regarde me quitter à nouveau... J'entend ta voix murmurer mon nom...
Hakkai... M. Hakkai... Tu t'éloignes et tu me tiens dans tes bras...
- M. Hakkai!!!
Une douleur fulgurante traverse ma poitrine, comme si je reprenais mon souffle après une longue période d'apnée. Je reviens lentement à moi.
- Vous êtes vivant! Vous êtes vivant...
On m'étreint un peu plus fort. Un corps tremble sur le mien. Son visage baigné de larmes s'accolle à ma joue.
J'ouvre lentement les yeux. Je ne parviens à distinguer que des ombres imprécises.
- Votre coeur ne répondait plus. Nous... Je croyais vous avoir perdu...
Je reconnais cette voix...
-Y...Ya...one...
Ses mains se resserrent un peu plus contre moi, sanglotant convulsivement. Je sens les larmes monter en moi et glisser le long de mon visage. Je referme mes bras sur elle.
C'est elle qui m'appelait. C'est elle qui m'a sorti des ténèbres... Je l'ai choisi à Kanan...
C'est comme si je trahissais ces souvenirs qui me lient à celle que j'aimais... Comme si je la trompais...
J'ai l'impression de partir à nouveau...
Non. J'ai toujours vécu dans le passé à me raccrocher à ce qui n'est plus.
Kanan n'est plus.
Des larmes douloureuses voilent mes yeux.
Ma vie ne s'est pas arrêté à sa mort.
La chaleur du corps de Yaone se fait plus forte contre moi.
Oui. Trop longtemps j'ai refusé d'écouter mes sentiments. Je ne peux plus repousser cette attirance que j'éprouve pour Yaone. Je sais que ce ne sera pas facile, car Kanan sera toujours là mais...
Je...j'aimerais aller plus loin avec elle.
... Je crois que je l'aime...
A cette pensée, toute douleur a disparu, sans raison aucune; le goût du sang s'estompe. Je me dresse, sous les yeux ahuris de Yaone et passe une main sur ma cicatrice.
Elle est intacte.
- Je... je n'ai rien...
Le sourire qu'elle m'offre... Ce sourire si doux... si tendre... qui illumine son visage frèle... Son visage qui se logerait si parfaitement dans le creux de mes mains... Avide, mes doigts viennent essuyer les larmes perlant son visage.
A présent je sais. Je sais que je pourrais sacrifier ma vie pour elle, pour la garder près de moi...égoïstement.
Une ombre passe sur ses traits.
- Qu'est-ce qu'il y a?
Sans que je ne puisse agir, elle se redresse brusquement et se place devant moi, bras tendus.
- Yao...?!
Son cri me transperce comme un poignard. Indolemment, son corps glisse vers moi, déversant son sang vif...
Son sang... non... PITIE!
- YAONEEEEEEE!!!
à suivre...
