Attention!(roulements de tambours) voici l'un de mes plus longs chapitres... Désolée pour leur disproportion!
Posté le 28 octobre 2006
Par Selann Yui.
Bonjour bonjour !
C'est encore moi… Voici le chapitre suivant de la fic de Célia-san… Comme promis !
Alors ne palabrons pas plus longtemps, de toute façon, je n'ai pas grand-chose à dire autre que…
BONNE LECTURE !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Partie VI
Je suis désolé Sanzo. Tu ne m'as pas laissé le choix. C'est à mon tour de te protéger.
Je sais que tu me comprendras...
Un spasme m'assaille. Merde. Je sais pas comment je vais faire pour m'en sortir.
Tant pis. Je dois y aller... Au moins pour ne pas mourir dans la honte... Je me redresse et saisis Nyoîbo à deux mains.
A nous deux Gyumao...
Je me précipite sur lui. Il me sourit.
Je sais que la chance n'est pas de mon côté, mais s'il croit que je vais me laisser faire, il se trompe. Tu ne m'oublieras pas facilement...
Meurs Gyumao!
Rassemblant toutes mes forces, je vise son coeur, prêt à en découdre...
Bien vite je lâche un hurlement de douleur... je n'ai pas su éviter son coup de poing.
Il s'approche de moi. Je tente de me relever. Sans succès. Mes membres refusent d'obéir.
Mon corps est secoué de convulsions. Et merde... j'ai plus de force...
Deux pieds s'alignent devant moi. Je sens son dédain peser sur moi. Sa jambe se soulève et me percute. J'ai plus assez d'énergie pour crier.
Je me replie sur moi-même, Nyoîbo contre mon corps douloureux. La haine monte en moi, s'embrase...
Il ne m'aura pas...
Je me retourne et lui plante Nyoîbo dans la jambe. Son hurlement se répercute dans toute la salle. Gyumao s'accroupit, serrant contre lui sa jambe ensanglantée. Je profite de cet instant pour me relever à l'aide de Nyoîbo et m'y appuie pour me maintenir debout.
Il ne fallait pas me sous-estimer.
Son regard me transperce avec fureur.
Il semble l'avoir enfin compris.
« - Fini de s'amuser. Tu vas regretter qu'on t'ait libéré de ta prison...
Je me mords les lèvres jusqu'au sang. Ce ... connard! Je me redresse, bombant le torse en signe de provocation.
« - Approche... Tu vas payer pour ces paroles!
Il sourit avant de disparaître.
Je suis dans une impasse: il est impossible de prévoir ses attaques. Le seul moyen de m'en sortir est d'attendre...
De toute façon, je n'avais pas d'autre choix: mes mouvements sont limités.
Je ferme les yeux et attend. Si je ne peux pas jouer sur la vitesse, je peux au moins tenter de repérer ses mouvements. Je tends l'oreille, prêt à bouger au moindre bruit.
Pourtant, c'est sans compter sur ma concentration: je ne perçois que ma propre douleur.
Elle dérègle mes sens.
Dans cette situation, je ne peux qu'espérer.
Un léger souffle me caresse la joue.
A gauche.
Prenant appui sur Nyoîbo, je me projette en arrière.
Une ombre passe devant moi.
Je l'ai échappé de peu. Ma peau à vif à force de coup a quand même un avantage: je ressens le moindre souffle, le moindre mouvement dans l'espace qui m'entoure.
Un appel d'air venant de derrière. Je pivote sur la droite. Un pan de son vêtement me caresse la joue. A gauche. Je recule.
J'en oublie peu à peu la douleur. Pas le temps d'y penser. Mais c'est sans compter la fatigue qui me gagne.
Il faut que je mette un terme à ce combat, ou du moins que je freine Gyumao avant que ce ne soit lui qui le fasse. Cette fois-ci j'attaque!
Je resserre ma prise sur Nyoîbo.
Un silence anormal s'instaure... Gyumao a compris mon attention. Cependant, il n'a pas d'autre choix que d'attaquer. La réussite de mon plan dépend de sa tactique.
... Derrière moi! Je me retourne et frappe en avant...
... Je... je l'ai touché!..
... Craquement sinistre... celui de mes os... Nyoîbo a été entraîné dans la course, me faisant brusquement pivoter malgré moi.
La douleur éclate comme une bulle de savon. Je me replie convulsivement sur moi-même pour atténuer ma souffrance.
Je dois avoir le bras cassé...
Tout à ma douleur, je ne prends conscience que trop tard de mon inattention. L'ombre de Gyumao s'étend déjà sur moi
Son poing me percute de plein fouet. Extenué, je n'ai plus la force de lutter. Mon corps devient pour lui un jouet qu'il prend plaisir à frapper.
Je perd peu à peu la notion du temps.
La seule chance de m'en sortir est d'attendre qu'il se lasse. Faut se rendre à l'évidence: je n'ai que très peu de chance de survivre... Je souris.
Tant pis...
Petit à petit, sa rage m'entoure. " Enfin", par dépit, il me projette contre un mur, me coupant le souffle. Vainement, je tente de reprendre ma respiration. Mon corps, lourd, glisse contre la pierre.
Je lutte pour que mes jambes maintiennent debout. Accidentellement, mon pied frôle un corps chaud.
Sanzo.
Malgré moi, mon regard s'attarde sur son visage...Mon coeur se serre.
Je ne peux pas rester sans rien faire. Je dois le vaincre, pour lui...
Je me redresse et avance à tâtons, frappant dans le vide. Je dois y arriver...
« - Pitoyable...
Son haleine fétide frôle mon visage. Je frappe devant moi sans l'atteindre.
« - Tu es pitoyable...
Il me frappe d'un revers de la main. Je vacille. Gyumao me saisit par le col et me relève sans effort. Je sens la chaleur de son visage près du mien. Son souffle est une caresse à mon oreille, portant quelques mots.
« - Tu es minable.
Un minable?..
... hahaha...
... moi, un minable... quel enfoiré... putain mais quel enfoiré!!!
C'en est trop... c'en est trop!!!
La colère m'envenime. Je me contracte sous ses doigts. La pression monte... L'envie de le tuer imprègne chaque parcelle de mon corps.
La haine nourrit mes forces. Je me débat, frappe ce que je peux atteindre. Mon acharnement paie: j'arrive avec nombres de coup à échapper à son emprise. Je brandis Nyoîbo, suant de rage.
« - Tu vas mourir!
Je lâche un hurlement vengeur et me jette sur Gyumao. Je vais le tuer! Le tuer!!
Pourtant... Ma colère se transforme soudain une terreur viscérale: un ongle aiguisé caresse ma nuque.
C'est pas... vrai!..
Il est... derrière... moi...
« - C'est fini.
m...erde...
Le monde devient terne et froid... aussi froid que ses ongles transperçant la chair de mon dos...
... S... S-an...z-o...
Un hoquet de douleur me secoue tandis que ces lames s'enfoncent un peu plus en moi, perforant tout obstacle.
Ma tête s'affaisse sur mon torse. Fatalement, j'attends que ses ongles finissent de me transpercer de part en part. Ironie du sort. Ils décident de remonter le long de ma colonne vertébrale. Ma bouche tord, laissant échapper un filet de sang.
Leur retrait est brutal. Epuisé, sans force, je lâche un dernier cri de souffrance avant de m'écrouler.
Le monde se met à tournoyer autour de moi. Peu à peu, une vague de douleur s'étend dans mon corps au rythme de ma respiration saccadée.
Je vais mourir... je vais mourir...
Tout n'est que souffrance.
Gyumao se penche au-dessus de moi. Malgré moi, l'image de ses ongles rougis parvient à mon regard restreint. Sa voix m'atteint, trouble et lointaine.
« - Tu n'es qu'un moins-que-rien. Tu croyais vraiment pouvoir me battre? Tu m'as fait perdre mon temps... Je vais maintenant te laisser mourir. Tu ne mérites pas que j'abrège tes souffrances.
Mon sang s'écoule lentement sur le dallage froid... Les ténèbres se referment sur moi.
Je sens la vie me fuir...
...Gyumao... la salle... tout cela me semble si loin...
J'voulais pas que ça se termine comme ça... Je voulais... j'ai encore tellement de choses à faire... Je me sens glisser dans le vide... Ce serait si simple de me laisser aller... plus de douleur... plus d'humiliation...
...plus rien...
Et pourtant... pourtant une vision persiste: celle d'un homme, celle de Sanzo allongé sur le sol, inconscient.
Mais qu'est que je suis en train de faire... Je m'étais promis de ne pas l'abandonner... de le protéger... je peux pas mourir maintenant... non... JE DOIS LE PROTEGER!!!
Dans un ultime sursaut d'énergie nourrie par le désespoir, je me redresse, saisis Nyoîbo et transperce l'oeil de Gyumao qui me regardait agoniser. Un râle chaud et fétide s'échappe de sa bouche déformée.
... C'était si simple... Le cerveau est atteint. Gyumao s'effondre en un vacarme retentissant.
... c'est fini...
Je me dirige d'un pas hésitant vers son cadavre et retire mon arme encastrée dans le globe oculaire... D'un faible revers de la main, j'essuie le sang coulant de mes lèvres.
Un cri retentit. Gyokumen se jette sur le corps de son mari en une effusion de larmes.
... c'est fini...
Je me retourne et regarde Sanzo endormi. Un sourire s'étend sur mes lèvres.
Sanzo... j'ai réussi...
.oOo.
Gojo... Gojo!
« - Frangin! Répond!
Cette... voix... J'ai l'impression de sortir d'un sommeil sans fin. Mes pensées me reviennent, confuses.
« - Ji...en...
Sa main se contracte à ma voix. La lumière, crue, s'insinue sournoisement entre mes paupières. Entouré d'un halo de ténèbres, son visage m'apparaît, marqué. Est-ce que le frangin se serait inquiété pour moi?..
« - 'Lut... P'tain... mal au crâne...
Contre toute attente, Jien pousse une gueulante, enfonçant ses doigts dans mon visage.
« - Non mais t'as pas fini tes conneries! Putain mais tu sais pas te débrouiller sans moi!
Je suis complètement largué.
« - Qu'est-ce qu...
« - Me dis pas qu'tu pleures encore cette putain de mère qui te tabassait à t'en faire crever! Laisse-là moisir dans sa tombe...
Tout me revient en mémoire. J'ai rêvé d'elle... J'ai rêvé de ma propre mort... mais...
« - Tu es venu me chercher.
J'ai dit le trois quarts des mots mais je crois qu'il a compris. Un air triste assombrit son visage.
« - Et je retournerais t'chercher s'il le faut. Tu crois quand même pas que j'allais laisser tomber mon p'tit frère...
Comment il a su ce dont j'ai rêvé?.. Peu importe...
Je le regarde dans les yeux. Il a l'air sérieux ce con.
Putain... dire qu'il a tué pour moi... qu'il a tué maman...
Ma vue s'embrouille... mes pensées... J'me sens piquer du nez.
« - Eh! Ressaisis-toi! Ca va aller...
Ca va aller... hahaha...C'est drôle... c'est ce qu'il disait quand j'étais gosse, après qu'elle m'aie frappé...
Une larme coule le long de mes cicatrices.
Merde... quel con... voilà qu'je chiale comme une gonzesse... putain... j'suis minable...
« - T'mets pas dans cet état...
La douleur se soulève. Je me crispe de douleur. On m'secoue.
« - Arrête! Ca suffit!
J'sens qu'j'vais dégobiller. Si je pouvais échapper quelques mots avant de vomir mes tripes...
« - Dé... so... lé...
Jien prend un air interdit.
« - Désolé? Mais de quoi bordel ?! La seule chose pour laquelle tu devrais t'excuser, c'est d'nous avoir foutu une trouille pareille à moi et à Hakkaï! J'ai jamais regretté mon geste tu m'entends?! Jamais! J'savais très bien ce que je faisais! C'était la vie d'une tortionnaire contre celle d'un pov' gosse. Tu vois, le choix était pas difficile... Elle n'a jamais été une mère pour toi...
A ces mots, je me contracte sous la douleur et la colère.
« - Putain!.. Même si... je... c'était quand... même la seule qu'on av...
Il me colle un pain. Il ne s'gène pas pour frapper un blessé ce con!..
« - Mais tu t'écoutes pleurnicher comme un gosse! Maman, maman! T'as qu'ça dans le crâne! T'es plus un mioche!T'as plus l'âge!
Comme si j'me prenais un seau d'eau froide en plein gueule... ou un coup d'burin: ça réveille.
« - Sincèrement, soupire Jien, tu trouves qu'elle avait les qualités d'une mère? Elle t'as déjà offert un tant soit peu d'affection? Pff... tu m'fais rire... Elle méritait pas ton amour. T'étais trop bien pour elle... T'es un type bien. Pourris pas ta vie avec ça, j'en viendrais à regretter mon geste... Il se redresse et me tend la main Allez, debout.
Putain d'bordel de merde, frangin... Faut qu'je sois con pour ne pas avoir vu que t'étais l'seul à t'être préoccupé de moi... j'suis un abruti total...
Je glisse ma main dans la sienne, comme un gamin. J'me retrouve vite d'aplomb, bien planté sur mes jambes comme au p'tit matin (j'pense pas bien sûr au lendemain de beuveries royales... finalement, j'suis pas si frais qu'ça le matin). Dire qu'il y a 3 s'condes j'étais en train d'crever sur le carrelage... c'est 'zarre...
Ce moment d'égarement ne joue pas en ma faveur. J'me retrouve la tête callée sous son bras, en train d'me bouffer l'avant-bras tandis que ce con en profite le lâche! pour m'ébouriffer les cheveux de sa grosse main... J'arrive à m'en dépêtrer, en rage, peigné à la mode frangin.
« - Putain Doku!.. Tu sais que ceux qui touchent à mes ch'veux s'en sortent pas vivants!
Pour toute réponse, il me sourit. Un sourire à la Jien.
Et moi, j'me retrouve comme un con, avec les cheveux coiffés comme sur le cul d'un babouin.
« - C'était donc ça?
Un frisson me parcourt l'échine. Je replonge brutalement dans la réalité. Doku et moi échangeons un regard puis nous tournons vers Hakkaï, auteur de cette intervention énigmatique. Ce dernier, un sourire cynique sur les lèvres, fixe le barge avec dégoût. Quelle idée a-t-il en tête? Nî lui rend la pareille, dédaigneux. La voix d'Hakkaï résonne dans le silence oppressant.
« - La technique du Qi Gong n'est-ce pas? Utiliser sa propre énergie pour créer des boules d'énergie, des boucliers, refermer des blessures ou encore les réouvrir... Ces derniers points demandent à ce que le disciple soit près de la personne concernée. Mais je ne pense pas me tromper en affirmant que votre niveau vous permet d'agir à distance. Cependant... la réussite de cette technique dépend de la résistance mentale et psychologique de la personne visée... et vous nous avez sous-estimés sur ce point.
C'est quoi ces conneries?! J'ai pas rêvé alors?! C'est à cause de cette ordure que mes cicatrices se sont ouvertes... que j'ai vu ma mère..!
Je sens le regard d' Hakkaï posé sur moi.
Nî explose en un rire suraigu, de quoi foutre les j'tons...
« - Quel dommage que vous n'ayez pas succombé à mes attaques...J'espérais en avoir fini avec vous mais vous me donnez du fil à retordre... Mais j'ai de quoi me consoler. Votre ami Son Goku sera sûrement moins coriace que vous... Rester 500 ans enfermé avec pour souvenir les crimes que l'on a commis ne peut que porter préjudice...
... Qu... qu'est-ce qu'il raconte?!
.oOo.
De quoi parle-t-il? Pourquoi Goku? Et surtout... comment pourrait-il savoir ce que Goku a fait il y a 500...
A moins que... non... c'est impossible?!
« - Qui êtes-vous...
Son sourire me dit que je détiens la réponse... Alors pourquoi?.. je ne comprend rien... ça n'a aucun sens...
« - Pourquoi avoir choisi cet endroit?.. Pourquoi vous en prendre à Goku?..
Son visage se déforme en un masque terrifiant. Un étrange mélange de haine et d'exultation semble émaner de lui... comme s'il prenait déjà plaisir à l'idée de faire souffrir Goku.
« - Il n'est rien d'autre qu'un meurtrier.
« - Vous vous trompez de personne...
Goku n'est pas comme ça... pas dans le sens où il l'entend... Il ne tue jamais de façon arbitraire... Ce n'est qu'un enfant... Il aime se battre mais pas...
« - Il incite au meurtre. Il a même tué ses propres amis... sans même éprouver la moindre pitié... un vrai carnage... C'est étrange que vous ne vous en souveniez pas Maréchal Tenpô, Général Kenren...
Ten...pô... ce nom...
Un puissant mal de tête me saisit. Un flash aveuglant de lumière, des milliers d'images se mettent défiler devant mes yeux.
Des lieux ... des visages familiers... Qu'est-ce qui m'arrive...
J'ai l'impression de me réveiller d'un sommeil sans fin... c'est comme si j'ouvrais les yeux pour la première fois...
« - Il va se la fermer sa grande gueule, moi j'te l'dis!
Gojo! Que fait-il? Il est fou!!
« - Arrête!
L'interpeller ne sert à rien. Enragé, Gojo s'élance sur Nî, prêt à faire verser son sang à flot.
Il ne pourra jamais l'arrêter comme ça, c'est trop risqué!..
D'un mouvement brusque et sauvage, il pourfend l'air, plongeant Shakujo droit vers son coeur... Et Nî qui ne bouge toujours pas...
« - Gojo attention!
... non...
Mon sang ne fait qu'un tour dans mes veines. L'arme de Gojo est stoppée dans sa trajectoire. Un mur invisible s'est insinué entre elle et Nî. Ce n'est pas une barrière réalisée par ki.
Gojo tombe lourdement à genoux, les yeux écarquillés.
« - Non... c'est impossible... seul un dieu est intouchable...
Nî, dans une posture feignant l'indifférence, le dévisage de toute sa hauteur, frottant nonchalamment de son pouce l'extrémité de ses doigts tordus.
« - Oh, c'est juste un petit souvenir de ma vie antérieure...
« - Putain frangin, dégage!
Le visage transfiguré par le plaisir, Nî lance un sourire aliéné à Gojo avant de le projeter avec fureur vers nous.
Je résiste à l'envie de me précipiter vers lui pour l'aider. Il n'attend que ça: nous voir paniquer. Gojo est assez fort pour se passer de moi.
Je me permets de réitérer ma question. Je dois savoir.
« - Qui êtes-vous?!
Il devait attendre que je le lui demande. D'un air triomphant, il écarte les bras, comme un roi assurant sa puissance.
« - Qui je suis?
Il éclate d'un rire hystérique.
« - Je suis celui qui devait acquérir le trône céleste il y a 500 ans de cela. Je suis Ritôten, celui que Son Goku a eu l'audace de confronter, celui qui a été tué par son propre fils, guidé par le Grand Saint du Ciel Pur!
Ritôten l'usurpateur, convoitant le trône céleste, sur son chemin le sang de ses victimes...
Cette voix... ce regard si froid... je le connais...
Konzen... Konzen a été tué...
Oh mon dieu... et où est passé Goku?
Goku est...
Assez! Ca suffit! J'ai l'impression que ma tête va exploser!
D'où me viennent ces souvenirs... je ne comprend pas...qu'est-ce qui m'arrive?! La voix que j'ai dans cette réminiscence est celle d'un adulte... c'est impossible! Je ne connais pas ce Konzen! Et Goku... Que fait-il dans cette partie de ma mémoire?..
Aaah! Je crois que je vais devenir fou!
« - Eh Gojo, qu'est-ce qu'il t'arrive?!
Gojo a l'air de connaître la même situation que moi. Est-ce que serait un jeu fomenté par Nî?
Non. Ce n'est pas ça... Ces souvenirs sont véritablement miens. Gojo et moi avons connu un même sort...
Ritôten... je suis sûr que nous sommes mêlé à sa chute...
Qu'aurions nous fait?
Et comment l'aurions nous fait?.. C'est impossible! C'était il y a plus de 500 ans!
La réincarnation?
Hmm... Pour quelqu'un qui a été élevé dans un cadre chrétien, c'est un peu difficile à concevoir...
Et pourtant... comment expliquer le fait que ma mémoire soit gravée de ces images?
Nî serait-il en train de nous égarer?
« - En quoi pourrions-nous croire ce que tu nous affirmes "Ritôten"? Lance Gojo.
Je me permets de le regarder. Ses yeux rouge sang croisent les miens. Il sait. Il sait comme moi que tout cela n'a rien d'irréel... Tout ce qu'il nous a exposé s'est véritablement passé.
« - Vous savez très bien que je ne vous mens pas, souligne Nî; sinon pourquoi douteriez vous?.. Mais je n'ai pas de temps à perdre en paroles inutiles... Je dois vous tuer. Tous. Je ne vous permettrais pas de vous mettre une fois de plus en travers de mon chemin. Mes mains rêvent de vous tuer depuis plus de cinq siècles...
En travers de son chemin?..
Goku, calme toi!!
C'est inutile, il n'a plus rien d'humain...
Du sang... Mon dieu, que se passe-t-il?!
C'est donc ça... cette force... que tu cachais... p'tit...frang...
Nooon!!!
« - KENREEEEEN!!!
Gojo me dévisage, pâle comme un mort. Je sens une larme couler le long de ma joue.
Je l'ai vu ... je l'ai vu mort!..
Gojo... Gojo est mort il y a 500 ans... tué par Goku!!!
.oOo.
Son cri m'a arraché les tripes... Un frisson glacé remonte le long de mon dos.
J'ai...
J'ai... l'impression que ce cri m'était destiné... Une douleur étrange se répercute dans mon abdomen. Mes pas se précipitent vers Hakkaï qui s'est ramassé sur lui-même.
« - Hakkaï!
Ses yeux écarquillés, vides de toute expression, perdent de leur éclat à force de larmes. Désemparé, je le secoue par saccade.
« - Qu'est-ce qu'il y a Hakkaï! Répond!
Bordel! Qu'est-ce qu'il lui arrive?!
Soudain, je sens ses deux mains s'agripper violemment à moi. Ses yeux, rouges, me fixent d'un air effrayé.
« - Pourquoi?! Pourquoi!!!
Son corps se met à trembler sous l'affolement. Il commence à m'foutre les j'tons. Je le secoue un peu plus fort.
« - Pourquoi quoi?! Hakkaï...
Son regard me croise. Lentement, les larmes recommencent leur chute incessante.
Je sens ses mains se resserrer sur ma chemise.
« -Pourquoi Goku... Pourquoi a-t-il fallu que tu meures de la main de Goku Kenren!!!
Mon coeur rate un battement.
Tenpô barre-toi!.. Goku reviens à toi p'tit...!
Rouge. Rouge sang... Je suis couvert de sang... le... mien...
C'est donc ça... cette force... que tu cachais... p'tit frang...
KENREEEEEN!!!
Le noir. Le néant.
Je sens mes jambes se dérober sous mon poids. J'ai l'impression de suffoquer...
Fébrilement, mes mains palpent mon corps pour m'assurer que je suis bien en vie. L'image des ongles de Goku s'enfonçant dans mon ventre traverse mon esprit encore et encore...
... j'crois que j'vais gerber...
Je tente peu à peu de soulever mon corps lourd.
Ne pas flancher. C'est tout ce qu'il attend, l'aut' con. Je sens son sourire carnassier me caresser le dos...
Quel connard...
Faut pas s'foutre de ma gueule! Goku, un sérial killer qui aime quand ça gicle? Un baffeur, oui! Un p'tit con d'singe! Même pas une terreur du bac à sable! Demandez-lui de tuer une mouche, il va chercher à l'apprivoiser! Faut pas me faire passer un lémurien pour le roi de la jungle!.. Non, sans blague... Goku n'est pas barge au point de buter tout ce qui bouge.
Goku ne devait pas être lui-même ce jour-là.
Reviens à toi p'tit...
... Il n'y a qu'un moyen de le rendre ainsi...
Soit on le lui a enlevé, soit...
Konzen... Konzen a été tué...
Oh mon dieu... et où est passé Goku?!
Goku est...
Goku...Goku est... Raah! Putain! Il faut que ça m'revienne! Goku...
Goku est devenu fou... J'ai trouvé ceci près du corps de Konzen... Ce sont les débris du diadème qu'il portait...
Ouais, c'est bien ce que je pensais... C'est la mort de c'mec qui l'a rendu félé... C'est comme quand Sanzô a été blessé par...
Tout s'éclaire.
Sanzo! Konzen... ça ne peut être que lui. La trinité bouddhique ne nous a pas réuni au hasard. Nous nous connaissions bien avant cette vie...
Ca explique pourquoi Goku s'est attaché à lui... Non mais c'est vrai! Qui pourrait être réellement fondu d'un mec comme Sanzo, j'vous l'demande!( Célia san: MOI!!!... bave...)
Konzen... Konzen a été tué...
C'est Ritôten qui est à l'origine de son assassinat, j'en suis sûr...
Cependant, j'comprend toujours pas en quoi Goku intéresse Nî... Il veut se venger... ou bien il convoite son pouvoir?.. Sûrement les deux...
Il parlait tout à l'heure de son fils... Il a forcément un rapport avec le singe...
Quoiqu'il en soit, si Kenren et Konzen sont morts... Alors Tenpô...
Merde, Hakkaï! J'l'avais totalement oublié!.. Putain, avec toutes ces histoires... j'sais plus ou j'en suis...
Totalement amorphe, le visage défait, Hakkaï me fait presque l'effet d'un mort-vivant.
Lui aussi ça l'travaille.
J'm'agenouille lentement à ses côtés par respect pour mes pov'guiboles qu'l'autre con a gentiment éclaté... Je sais pas ce qu'il nous couve, mais ça commence à m'foutre les boules.
Il ne me voit pas, j'lui sortirais une connerie qu'il ferait toujours la même gueule. Je regarde mon frangin. Ses yeux croisent les miens un instant, il me sourit. Le con s'est mis dans l'crâne d'battre Nî tout seul, vu l'état d'Hakkaï.
J'peux pas le laisser faire: s'il croit que j'vais le laisser se récupérer la plus grosse part du mérite, il s'fourre l'doigt dans l'oeil! Le tout, c'est d'ramener Hakkaï sur le plancher des vaches...
« - Hé Hakkaï! Tu pionces? T'laisse pas aller vieux, ça t'ressemble pas... Le passé, c'est l'passé: on peut rien y changer.
Pas d'réaction. L'appréhension monte en moi.. Putain, j'm'en vais l'secouer moi, tu vas voir!
« - Hakkaï! Réagis putain! Tu fous les j'tons! Hakkaï réponds!.. Tenpô!
Son corps frissonne à ce nom. je crois qu'ma réplique a eu l'effet escompté! Il r'commence à prendre des couleurs. Ses pupilles sont moins dilatées. Il semble revenir de loin... très loin... mais il m'a l'air d'être en parfaite santé...
« - Putain Hakkaï! Tu peux pas savoir la trouille que tu m'as foutue...
Il se met à chialer. Qu'est-ce j'ai dit bordel! J'y comprends rien... C'est sûr, j'serais jamais psy!
« - Il faut le tuer...
Sa réponse me fait sursauter.
Mon regard croise le sien, porteur d'une douleur profonde et lointaine... Je me sens plonger avec lui.
La voix d'Hakkaï vient briser mon silence.
« - Il faut que cet homme meure... Il faut l'empêcher d'accomplir ce qu'il a tenté de faire il y a 500 ans... S'il parvient à ses fins... monstres, humains... tout ne sera que cadavres et ruines... Cette fois-ci nous devons tous les deux survivre, protéger ceux qui nous sont chers...
Son regard se pose sur le corps endormi de Yaone.
... ceux qui nous sont chers?..
Mes pensées se tournent instinctivement vers Doku, mon frère. Ma seule famille.
Oui. Ritôten doit payer. Payer pour la folie meurtrière de Goku qui l'amena à tuer ses propres amis, payer pour la mort de Konzen, pour la mort probable de Tenpô... pour ma propre mort...
Hakkaï se lève, mon intuition est de le suivre.
Je vais me battre. Pour moi. Pour protéger ceux qui me sont chers. Je brandis Shakujo et me mêle au combat. Le sang tambourine aux creux de mes tempes.
Cette fois- ci tu ne m'auras pas. Tu es plus faible. Nous sommes trois. Tu n'en sortiras pas vivant.
Allez... Approche, viens.
« - Ah! Je reçois enfin un accueil digne de ce nom...
Marre-toi autant que tu veux Nî... Tu n'en plus pour longtemps.
Mon regard recontre celui de Jien et de Hakkaï.
Oui, nous sommes prêts.
La réussite tient au travail d'équipe. Ca foire si on attaque chacun de notre côté. Tout est une question de tactique. Le seul hic dans c't'histoire: il connaît notre façon de combattre mais nous ne connaissons pas la sienne. Il a eu tout l'temps d'nous observer quand il a lâché ses putains d'araignées. Une vraie merde quoi...
Les seules caractéristiques qu'on peut lui attribuer sont: son champs de protection divin qui me semble par ailleurs assez ponctuel, et sa maîtrise du ki. Hakkaï sera le seul qui puisse rivaliser avec lui sur ce terrain; pour ce qui est de son apparente sécurité, il suffira de détourner son attention pour baisser sa garde et frapper fort. Quant au reste, il va falloir le découvrir, ce qui va nettement nous pénaliser.
Bon! Ben y'a plus qu'à lui péter la gueule!
Note à moi-même: observer son jeu pour pouvoir anticiper par la suite ses mouvements.
Qu'est-ce qu'il fout?! Il attend quoi! L'apparition du Saint-Esprit!!!
Il nous regarde avec son sourire de gros niais. Raah! Ca me donne envie d'lui foutre des gnons!
Y'a pas à chier... Il attend qu'on attaque...
Si quelqu'un n'agit pas tout de suite, on va s'regarder dans l'blanc des yeux pendant 3 heures!..
... Ca tombe bien, j'ai la bougeotte: 2 jours sans clopes et sans nanas, y'a de quoi être à cran... J'suis en manque quoi... Il m'faut quelqu'un sur qui passer mes nerfs et comme ce con d'singe est pas là... Il est le candidat idéal!
Allez mon gars, c'est parti! On va s'éclater!
Je lance la chaîne de mon shakujo, histoire de l'maintenir ligoter pendant qu'les autres attaquent. J'm'en vais t'saucissonner, Nî d'mes deux!
Il a l'air bien sûr de lui en tout cas. Logiquement, il devrait se décaler pour éviter mon attaque, mais non: il continue d'sourire comme un bienheureux. Soit il est con comme un manche à balai à moins qu'il soit maso?, soit y'a un truc.
La réponse ne se fait pas attendre. Le sang ne fait qu'un tour dans mes veines.
Je me suis fait totalement berner. C'était qu'du vent, un putain d'hologramme! La chaîne s'est refermée sur du vide! C'est moi qui passe pour un con...
La lumière se met brusquement à vaciller... Ca m'étonnerait qu'il y'aie des problèmes d'électricité par ici... Quelqu'un doit produire de grands champs magnétiques... et j'ai ma p'tite idée concernant le responsable...
J'ai un mauvais pressentiment.
« - Je suis là...
Mon coeur bondit à la voix du prof. J'me retourne d'une traite.
Il est là. Dans ses mains, une boule d'énergie de la taille d'un ballon d'foot.
J'peux pas faire fâce à ça...
« - Bye bye...
Tandis que mes yeux se fixent sur ce qui serait ma fin, une silhouette passe devant moi et déploie les mains.
La boule d'énergie est stoppée dans sa trajectoire. Une barrière familière se matérialise sous la forme d'un champ protecteur...
Hakkaï!! Il a réussi!!!
Perlant de sueur, Hakkaï tente tant bien que mal de maintenir la distance entre l'énergie dégagée par Nî et nous.
« - Allez Hakkaï!
Un sourire s'esquisse sur ses lèvres tandis que son visage se crispe sous l'effort, ses veines devenant plus saillantes que jamais. J'ai beau l'encourager, je n'fais que m'voiler la fâce. Il est épuisé. S'il continue, il va se tuer.
Je réalise ma connerie.
« - Arrête! Ca suffit!
Le visage d'hakkaï s'assombrit.
« - Je dois continuer. Sinon...
« - Tout se passera bien si tu nous dis à quel moment on doit s'jeter à terre!..
Il m'regarde puis, après un instant d'hésitation, acquiesce d'un léger mouvement de tête.
« - Préparez- vous!.. à mon signal...
Mes muscles se tendent dans l'attente de son commandement. Mes yeux balaient la salle et croisent ceux du frangin...
« - Couchez- vous!!!
Etalé de tout mon long sur le sol froid, je sens la chaleur dégagée par la boule d'énergie me caresser horriblement le dos. Il s'en est fallu de peu pour que l'on finisse tous rôtis à la professeur Nî...
J'me redresse. Lentement, j'entreprend de dépoussiérer mes vêtements. J'ai dû dégueulasser mes fringues à cause de c'gros con! Mes mains se figent.
Qu'est-ce que j'suis en train d'foutre! Nî est dans l'coin, prêt à attaquer, et moi j'pense à mes fripes! J'ai pas l'temps pour des trucs pareils!
Mon regard se tourne vers son dernier emplacement.
Il est plus là. Bravo Gojo! T'as bien réussi ton coup! Y'a plus qu'à attendre qu'il vienne te foutre une raclée!
Mes pensées s'interrompent.
... quelque chose ne va pas...
J'me tourne instinctivement vers Jien.
Il est en danger. J'en suis sûr.
Alors que mes pas me précipitent vers lui, j'aperçois une forme se précipiter en sa direction. Nî!!!
« - JIEEEN!!!
S'il lui touche ne serait-ce qu'un seul de ses ch'veux, j'le charcute à mort! A mort!!
Remonté à bloc, je m'élance vers Doku et m'interpose entre Nî et lui, brandissant Shakujo.
« - Gojo! Qu'est-ce que tu f..!
Nî me percute de plein fouet, s'appuyant de tout son corps sur Shakujo. Ses yeux jaunes me transpercent d'une ironie mordante.
« - Oh! Quel amour fraternel!..
J'me reçois son haleine chaude et puante en pleine tronche. J'avais pas déjà assez de son poids. Il pèse déjà son quintal et j'fais du mieux qu'je peux pour l'ret'nir.
J'ne lui permettrai pas d'approcher plus près.
« - Ferme-là, sac à merde!
Un sourire naît sur son visage décharné.
« - Oh, c'est pas très gentil...
Telle une caresse, ses ongles viennent effleurer mon visage pour s'arrêter progressivement sur mes balafres.
Putain... je sais pas ce qui me retient de... Je ne peux réprimer un frisson de dégoût.
« - Belles cicatrices... affirme-t-il d'un ton expert.
Ses doigts suivent lentement leurs sillages sensibles.
« - Mais... je trouve que ça manque un peu de... symétrie...
Mon estomac se retourne. Avant que je puisse échapper à son emprise, ses ongles se plantent férocement dans ma joue droite.
Je lâche un cri de souffrance tandis que sont tracées trois estafilades identiques à mes cicatrices.
L'image de cette mère transfigurée par la haine, qui tend vers mon visage d'enfant ces doigts anguleux me sautent à la gorge.
Dans un acte de souffrance et d'horreur je redresse Shakujo, laissant à mon "ami" une superbe entaille à l'abdomen. Nî achève aussitôt son oeuvre en échappant un grognement rauque. Son regard se pose sur moi, exprimant une haîne intarissable.
« - Tu seras le premier que je tuerai.
Une ombre s'interpose aussitôt entre Nî et moi. Le frangin.
« - Il faudra me tuer avant...
Une rage incontrôlable s'empare de moi.
Putain mais il a pas compris! Il me pique mon rôle! C'est moi, moi qui veut le protéger!
Bordel de merde...
Le sang perle le long de ma mâchoire... se mêlant doucement à mes larmes...
Pourquoi... Pourquoi merde!!! Pourquoi a-t-il fallu qu'il double le poids de mes remords... ces cicatrices sont les marques de ma culpabilité... Les sentir sous mes doigts, les voir arborées par mon reflet me rappelle chaque jour ce que valait ma condition aux yeux de celle que j'aimais... Ne peut-on pas me foutre la paix?!! J'veux vivre avec l'illusion que ces jours n'ont jamais existé... Pourquoi faut-il que le destin s'acharne sur moi!
Mes doigts effleurent ma peau à vif...
Trois entailles de plus... mes souvenirs multipliés par deux...
Une main se mêle à mon sang... Son contact contre ma chair à vif est apaisant...
« - Laisse-moi t'aider...
Une douce chaleur se répand sur mes blessures, enveloppant ma douleur. Peu à peu la névralgie disparaît.
Hakkaï...
« - Merci.
Un sourire glisse sur son visage pâle et luisant.
« - Je sais ce que coûtent de telles blessures...
Je caresse ma joue droite, lisse et intacte...
Oui... J'en connais aussi le prix... Je sais leur goût amer...
Nî... tu vas payer... Je le jure sur ma vie... Tu mourras de mes mains!
Accompagné d'Hakkaï, je me place au côté de Jien, tenant fermement Shakujo de mon poing serré. Sur ma joue, le poids du regard soulagé du frangin. Une énergie nouvelle inonde mes veines.
« - Tu vas mourir Nî.
Ma réplique fait naître un rictus sur ses lèvres décharnées. Lentement, ses yeux glissent de Hakkaï à Jien, comme s'il s'amusait du spectacle que nous offrons.
« - Vous êtes pathétiques...
Aussitôt, une dizaine de Nî aussi semblable les uns que les autres nous encerclent.
« - Si vous voulez me tuer, venez me chercher...
Merde... Mais quelle fiotte! Il a la trouille de nous attaquer de front, c'est ça?!! Et avec ça, il s'vante d'être un ancien dieu!!!
« - Viens t'battre Nî!!! Allez, montre-toi!! Tu caches, hein?! Qu'est-c't'as? T'as peur?!! Hein salopard! Putain, t'as même pas les tripes! Et ça s'voulait Emp'reur céleste?! Mon cul ouais! T'fous pas d'not gueule! T'as même pas la carrure! T'es juste un p'tit péquenot de merde qui s'la joue!!!
J'éclate d'un rire quasi-hystérique, tous en faisant le tour des Nî qui nous dévisagent...
Qu'il se pointe ce con et il va voir... J'vais te l'dénicher c'connard!! Ce trou du cul!!!
Transporté par la haine, je lâche un cri provocateur.
On me fout une mandale. Le frangin.
« - Putain Gojo mais qu'est-ce que tu fous?! R'prends-toi!!! C'est pas l'moment de péter un cable!!! On doit combattre ensemble, pas jouer aux cons!!!
La tension accumulée en moi part en chute libre.
Il a raison. Pas l'moment d'jouer au con. J'sais pas c'qui m'a pris...
Il s'amuse avec nos nerfs.
Il faut mettre la chance de notre côté en nous battant en coordination.
J'm'allume une clope, histoire de décompresser. Faut qu'j'me détende, il attendra le professeur foldingue; de toute façon, j'ai tout mon temps, il boug'ra pas. Son but est de nous confondre, pas d'attaquer. Je ferme les yeux et laisse le calme m'envahir.
Peu à peu m'parviennent les battements de mon coeur, puis ceux de mes camarades... un autre bruit vient s'y greffer, venant de ma droite...
Tiens tiens...
Mon front se plisse ( c'est pas bon pour mon visage angélique) tandis que j'effectue la localisation de ces mouvements.
Soudain, un fin sourire s'inscrit sur mes lèvres.
Ca y est, j't'ai trouvé...
Lentement mes mains se portent vers celle de Doku et Hakkaï et y exercent une légère pression.
« - Trois mêtres à droite de Doku... murmure-je.
Leur détermination se mêle à la mienne. Les pieds me démangent... Allez...
« - Go!
A l'unisson, nous nous jetons sur Nî. Mais il n'est pas dupe.
Tous les Nî se fondent en un seul. Alors que nos lames, nos mains se préparent à frapper, une barrière s'impose, invisible. Ca n'ira pas sans représailles...
Pas manqué. Au bout de ses ongles se concentre son énergie, formant 10 projectiles gros comme des billes. J'suis sûr que les recevoir en pleine tronche reviendrait à se faire plomber par plusieurs revolver. Mieux vaut être souple pour les éviter.
Mes yeux se concentrent sur ces balles gros calibre. Je m'apprête à y faire face quand une main se retient faiblement à moi.
« - Hakkaï!!!
Je chope son bras avant qu'il ne s'effondre. Pâle et haletant, Hakkaï semble lutter contre l'évanouissement. Je commence à flipper sérieux. Il en a fait plus qu'il n'en faut: il nous a soigné, protéger, il a bousillé les araignées!.. S'il continue comme ça, il va...
« - Gojo!
Je réalise trop tard ce qu'il me coûte de m'être désintéressé de Nî. Lancés à pleine vitesse, les projectiles sont déjà à ma hauteur.
Si je dois crever, autant que ce soit en sauvant quelqu'un. Pff... moi qui voulait mourir dans les bras d'une femme... Je me vois plonger vers Hakkaï. Mes yeux se ferment, attendant la sentence.
Ca y est, j'suis mort?.. C'est zarre, j'ai rien senti... Je tente d'ouvrir un oeil.
Une barrière de protection est dressée devant moi.
Putain mais quel con!!! J'me retourne.
Hakkaï, ramassé sur lui-même, diffuse à tout bout d'champs son énergie vitale pour maintenir le champ.
Mes yeux se portent sur ses mains tremblantes: livides, tordues, elles laissent apparaître la couleur bleuté de ses veines protubérantes prêtes à lâcher.
« - Hakkaï, arrête!!!
Son visage se crispe de douleur. Dans un geste qui semble lui demander beaucoup, il affiche son refus.
« - Je ne.. te laisserais pas mourir...
« - Mais qui te dit qu'j'vais m'laisser buter par ce salopard! Pour qui tu m'prends?! Si tu fais tout à ma place, j'vais m'sentir inutile... Lâche la grappe putain!
Il se cambre soudain de douleur. Epuisé, faible, son champ de protection semble aussi fin que du papier cigarette. S'il n'arrive plus à fournir de ki, c'est que son énergie vitale est...
- HAKKAAAAÏ!!!
Ne pouvant plus lutter contre Nî, Hakkaï est balayé sur plusieurs mètres et percute de plein fouet le mur porteur.
Mon coeur se fige. A mes côtés, le cri de douleur de Jien: un projectile lui a perforé la jambe. Ma propre douleur, partant du bras gauche. Pourtant mon regard reste attaché au corps inerte de Hakkaï. Pourquoi...
Tes cheveux et tes yeux sont ma punition, Gojo.
Si tu m'avais laissé là, je serai mort comme un chien. C'était probablement mon destin.
Pourquoi, putain d'merde...
La colère monte en moi, sourde... violente... Hakkaï... cet homme que j'avais sauvé... mon ami... mon frère...
Tu n'avais pas le droit... Tu t'es permis ce que tu n'aurais jamais dû faire... T'as touché à mon pote connard!!! J'vais t'faire goûter une mort lente et douloureuse... TU CREVERAS EN ME SUPPLIANT DE T'EPARGNER ORDURE!!!
Avant que je ne puisse reprendre mes esprits, mon arme s'encastre dans la jambe de Nî. Surpris, il lâche un cri inarticulé en saisissant sa cuisse meurtrie. Je contemple, dans une joie morbide, son visage palissant à la simple vue du sang s'écoulant de la plaie. Il parvient à s'échapper de mon emprise de justesse et dans sa précipitation m'entoure de ses putains d'hologrammes.
« - Gojo, est-ce que ça va?
Je me tourne vers le frangin. Il a l'air inquiet. Mon regard se pose sur mon bras en sang.
« - Ca va... De toute façon, j'suis droitier.
Jien secoue la tête d'un air désolé.
« - J'pensais pas à ça...
Mes pensées se dirigent vers Hakkaï, inanimé sur le sol. J'essaie de le chasser de mon esprit.
Ne pas y penser. Je dois avant tout buter Nî.
Mon regard se pose sur la jambe du frangin, salement amochée. Instinctivement, je détache mon bandana et lui fait un léger garrot. Sa main vient presser mon épaule.
« - T'étais pas obligé.
Je relève la tête et lui affiche un sourire goguenard.
« - Considère ça comme une avance sur ton cadeau d'anniv'...
Et le frangin qui se met à rire.
Me sentant plus léger, je balaie du regard les Nî qui nous encerclent et m'arrête logiquement sur l'authentique. Nî a oublié une chose essentielle: il est blessé, et seul le vrai peut laisser glisser quelques gouttes de sang à ses pieds, seul le vrai peut démontrer des signes de faiblesse. Pitoyable.
Jien a aussi pigé le truc. Cependant, bien que Nî, affaibli, ne puisse plus créer de bouclier, il peut toujours éviter les coups.
Doku lance une attaque préventive afin de tester ses capacités. Nî, malgré quelques hésitations, évite son attaque en s'éjectant de la droite. Je prend aussitôt le relais en envoyant Shakujo mais le loupe de peu, ce dernier se jetant à nouveau sur la droite, afin de ne pas s'appuyer sur sa jambe douloureuse. La facilité avec laquelle nous pouvons l'avoir est déconcertante.
Lui -même doit le savoir: ne pouvant prévaloir par la force physique, son choix se porte sur la création d'une boule d'énergie. Je profite de cet instant de concentration pour me rapprocher de Jien.
« - Doku, attaque-le de front, je sais comment l'avoir!
Il me dévisage quelques secondes, intrigué mais accepte.
« - Fais attention à toi.
Je saisis son épaule et la secoue fraternellement. Il en fait trop, c'frangin! Je lui lance un clin d'oeil.
« - Toi aussi!
Il me sourit puis s'élance.
Depuis le début, Nî a tout misé sur le Qi Gong, pensant qu'il n'aurait pas besoin de plus pour nous avoir. C'blaireau s'est planté sur toute la ligne...
Nous ne sommes plus qu'à quelques mètres de lui.
Putain... pourvu qu'ça marche...
Persuadé qu'on allait l'attaquer de front, le prof nous a préparé une boule d'énergie taille XXL. J'en viens à prier pour l'frangin.
« - Fais gaffe!
Doku évite l'attaque de justesse. Alors qu'il s'apprête porter un coup fatal à Nî, je vire à droite. Nî, voulant éviter l'attaque de Jien, tombe dans mon piège.
Ce n'est que trop tard qu'il réalise son erreur. Dans un élan brusque et puissant, je lance Shakujo qui s'enfonce brutalement dans sa poitrine. Son visage haineux se transforme peu à peu en masque de douleur. Une vague incontrôlable de soulagement et de joie m'inonde.
Ca y est!.. Je t'ai eu connard!!! C'est tout c'que tu méritais fils de...
Un liquide chaud et âpre s'échappe de mes lèvres...
Non...
Mon regard croise celui de Nî. Son visage affiche à présent un rictus victorieux qui petit a petit se fige sous l'emprise d'une rigidité cadavérique précoce. Dans ce qui semble être un dernier effort, sa tête se penche mollement de façon à ce que ses lèvres effleurent mon oreille.
« - Je t'avais dit que je te tuerais...
Effrayé, mes yeux glissent lentement vers mon abdomen... Au centre, planté à hauteur d'estomac, le bras de Nî enfoncé à mi- longueur.
Comme Kenren...
« - GOJOOOOO!!!
En un râle sinistre, la tête de Nî s'effondre et roule sur mon épaule. Tremblantes, mes mains saisissent le bras et le retirent d'un coup sec.
Mon coeur se soulève et libère un flot de sang. Je sens la douleur m'immerger tandis que le monde s'assombrit.
Deux mains se referment sur moi et m'allongent délicatement sur le sol... Jien...
« - Gojo! Putain... c'est pas vrai... Tiens bon frangin!
A suivre...
Alors aujourd'hui, j'ai aussi servi de betalectrice mais il doit quand même resté des fautes parce que j'ai pas beaucoup de temps…
En attendant, j'espère que ça vous plait et envoyez des reviews… Célia-san adore ça !
Bisous
Selann.
