Auteur: Flo-de-Miel
Base: Gundam Wing
Disclamers : Gundam Wing est une série de bandaï/setsu agecy et ne m'appartient donc nullement.
Genre: humour, romance.
Rating: T pour ce chapitre (car lime à tendance lemon…zêtes prévenus !)
Réponses aux reviews:
Je remercie tous les reviewers mais je ne peux pas leur répondre personnellement pour des raisons purement techniques : ma connexion Internet à tendance à foirer ces derniers temps et peut à tout moment se couper :-P
Je veux pas prendre le risque de ne pas pouvoir mettre un « new chapter » avant de partir en vacances, vous m'en voudriez encore plus, pas vrai ? Bonne lecture à tous et merci ! Vos encouragements me vont droit au cœur, ne les arrêtez pas.
IMPORTANT:
1) La chanson que vous trouverez dans ce chapitre s'intitule YOU ONLY LIVE TWICE de Nancy Sinatra (ou Björk, selon vos préférences, qui elle aussi a fait sa propre version). Je vous conseille de vous la procurer pour vous mettre dans l'ambiance quand °X° la chantera ! (Je veux pas gâcher la surprise XD)
Chapitre 7 : Nous ne sommes plus des enfants.
Sibille conduisit Heero au premier étage et le fit avancer à travers de nombreux couloirs, jusqu'à atteindre la porte du petit boudoir de Réléna. La main de la jeune fille se leva pour toquer à la porte mais elle se ravisa soudain. Elle baissa alors la tête, trahissant une fois de plus sa profonde timidité, puis osa s'adresser à Heero. Celui-ci la regardait avec son regard froid et indifférent, que seul ses amis les plus intimes auraient qualifié de « normal ».
- Je… je me demandais juste monsieur Yuy, comment s'appel votre ami au long cheveux ?
Heero ne répondit d'abord rien, fort surpris par cette question insolite, même si sa face sévère ne contracta aucune ride d'étonnement. Il articula alors, la gorge étrangement sèche :
- Duo Maxwell.
- Oh ! S'exclama t'elle d'une voix reconnaissante comme si on venait de lui offrir la plus belle chose au monde. Je..! Merci beaucoup!
Tout homme poli lui aurait alors répondu : «Mais de rien mon enfant ! Pourquoi cette question ? Voudriez vous mieux connaître Duo ? Je vous le présenterais volontiers… ! Je suis certain qu'il serait ravi de faire votre connaissance ! ». Seulement voila : Heero demeurait encore un soldat, pas un homme, et il n'était certainement pas d'un naturel poli ! Ce fut donc Sibille, soudainement emportée par l'impétuosité de son coeur qui entreprit de poursuivre la conversation:
- Et… euh..., demanda t'elle à nouveau d'une voix fragile et hésitante, vous le connaissez depuis longtemps ?
Cette fois ci, Heero ne put s'empêcher de lever un sourcil. Il se demandait qui diable était cette petite cruche, qui se mêlait de ce qui ne la regardait pas. Et puis, pourquoi Duo l'intéressait-il à ce point ? Serait-elle une ennemie, une ancienne soldate toujours fidèle à Treize ou à Mariemaia?
-°Oui, c'est sûrement ça !° Songea t'il. °elle aurait reconnu Duo en tant que pilote de Deatscythe Hell… Dans ce cas, il faudrait que je l'élimine afin que nos couvertures ne soient pas révélées...°
Pour ne pas faire monter plus les soupçons, il répondit :
- Oui, je le connais depuis toujours. Nous avons grandit dans des familles voisines et nous avons fait les mêmes études… en droit.
Bien sur, tout cela n'était que pures fabulations destinées à fournir un alibi sur la vie passée de Duo.
- Ho ! Fit à nouveau Sibille.
Toute personne « normales » aurait tout de suite décelé dans l'attitude de la jeune fille un sentiment amoureux mal caché ! Mais Heero n'était pas « monsieur-tout-le-monde » et jugeait la soubrette comme une ennemie potentielle aux anciens services de Oz et non comme une rêveuse romantique !
Heureusement, tout s'éclaira (enfin !) pour lui quand elle le questionna d'une voix étrangement étranglée :
- Et...euh... Savez-vous si monsieur Maxwell… est… fiancé ?
Les joues de Sibille passèrent du rose bonbon au rouge tomate.
Plus surpris que soulagé d'enfin comprendre qu'elle n'était nullement une antagoniste malfaisante, Heero Yuy écarquilla ses yeux de façon effroyable. (Heureusement que Sibille ne remarqua pas ce changement d'expression, sinon se serait-elle sans doute aussitôt enfuie de honte!)
- Non. Répondit Heero d'une voix dure. Est-ce que vous avez fini de me poser des questions ?
- Oh, oui, monsieur, pardon vraiment ! Je n'ai pas voulu vous importuner par mes sots bavardages. Excusez-moi encore et merci beaucoup.
Elle toqua ensuite rapidement à la porte et la voix de Réléna s'éleva à l'intérieure de la pièce.
- Entrez.
Sibille poussa la poignée et le panneau de bois s'ouvrit sans grincer.
- Monsieur Heero Yuy est là, mademoiselle.
- Merci Sibille. Vous pouvez disposer.
Heero entra dans la pièce et découvrit la princesse dans une magnifique robe de bal. Son costume était celui d'un cygne, recouvert de plumes et de perles argentées qui embellissaient la jeune femme d'une manière éblouissante.
Voyant que le soldat parfait la dévisageait de haut en bas, Réléna lui demanda :
- Ma robe te plait ?
- Tu es superbe. Déclara t'il.
- Merci, Heero. Toi aussi ton costume de chapelier fou te va très bien.
Le boudoir était une pièce carrée, bien éclairée et confortable. Un secrétaire de bois au centre du mur faisait office de bureau ou s'entassait des dizaines de lettres et autres papiers administratifs. C'était ici la pièce de travail où la princesse envoyait ses directives.
- Je suis vraiment heureuse de te revoir ! Après avoir couru au quatre coins des colonies, il est bon de se retrouver chez soi, parmi des êtres qui nous sont chers !
Il y avait aussi un fauteuil à deux places en tissu beige. Réléna s'y assit et invita Heero à la rejoindre. Côte à côté, ils laissèrent un moment de silence puis Réléna reprit la parole :
- Quel dommage que tu aies dû stopper ton ancienne activité. J'espère néanmoins que ça se passe bien dans ta nouvelle école ?
- Pour le mieux. Répondit l'intéressé. Bien sur, c'est assez frustrant de s'enfermer dans un collège mais nous devons nous plier aux ordres. Une fois diplômés, nous pourrons entamer la carrière qui nous plaira. Je crois que je vais suivre Wu Feï et intégrer une équipe de preventers.
- Mais… mais ! Vous avez déjà tant combattu ! Surtout toi, Heero. Te reposer et prendre du bon temps avec les personnes que tu aimes : ça te fait donc si peur ?
- Que voudrais-tu que je fasse d'autre, Réléna? Ma meilleure formation et mon seul talent reste les métiers d'armes.
La princesse le regarda dans les yeux, un léger sourire aux lèvres et répondit d'une voix gorgée d'espoir :
- Pourquoi ne travaillerais-tu pas avec moi en tant qu'ambassadeur de la Paix ou vice-premier ministre des affaires étrangères?
C'était évidement là une offre des plus gracieuse ! Cette place était convoitée par tous les bons partis de la terre et des colonies. Tout le monde s'était d'ailleurs déjà fait à l'idée que celui qui obtiendrait le poste serait le nouveau mari de la grande Réléna Darlian Peacecraft et, depuis, bon nombre de sots prétentieux courtisaient la jeune femme.
Quel jeune homme ne rêverait pas d'épouser la magnifique princesse et devenir par la même occasion ambassadeur ?
- Tu restes silencieux, Heero. Fit remarquer la jeune fille.
- Tu… m'as mit au pied du mur. Se justifia t'il. Je n'y avais jamais pensé, et ça m'étonne beaucoup. Il y a sûrement un homme, bien mieux qualifié que moi, qui remplirait ce poste à merveilles.
- Peut-être, mais c'est toi que je veux ! S'enquit elle de compléter.
- Réléna, je suis un soldat, pas un homme politique. Je me sentirai dans un costume comme un lion en cage… Ce n'est pas un métier qui me convient. Mais si tu le veux, je veux bien travailler pour ta sécurité en dirigeant ton service de surveillance.
- Ce serait dévaloriser ta propre valeur! Je veux… plus pour toi !
Il la fixa de ses yeux bleus ténébreux et demanda sans plus de cérémonie:
- Pourquoi ?
Réléna avala sa salive d'un air contrait, ses lèvres soudain crispées. Elle rassembla son courage et déclara:
- Je t'aime.
C'était si brut, si clair, si vrai, que Heero n'en tressaillit même pas.
Il était soldat, il était habitué à ce genre de déclaration sans détour. Il arriva sans peine à sourire, comme pour lui dire que c'était « mission acceptée ». Réléna sembla soudain soulagée et émit pour réponse un petit rire timide.
- C'est…si rare que tu me souries !
- Je t'ai fais rire. Ca aussi c'est rare. D'habitude, je te fais pleurer.
- Oui, mais aujourd'hui j'ai 18 ans, et je suis la plus comblée des femmes.
Elle approcha ses lèvres de celles de Heero, et sans que celui-ci ne puisse réagir, le souffle chaud de Réléna se mêla au sien.
°°°
Au même moment, à quelques centaines de mètres de là, une souffrance passionnelle envahit le cœur de Duo Maxwell, comme un de ces vents qui s'engouffrent parfois violemment dans un corridor trop étroit.
Sans comprendre pourquoi, il avait mal…
°°°
Heero avait eu aussitôt l'étrange réflexe d'interposer sa main entre leurs deux visages. Réléna adopta un air surpris, tandis que lui-même ne comprenait pas vraiment sa réaction.
Pourtant les doigts étaient bien là, tendus, infranchissables.
La jeune princesse de Sank fut envahie par une foule de questions : « se serait-elle trompée ? Heero ne l'aimait-il donc pas ? Ou alors la trouvait-il carrément ridicule ? Ou bien avait-il juste peur de l'embrasser? ». Elle se torturait l'esprit autant que ses mains se tortillaient entre elles.
Heero eut l'étrange impression d'avoir déjà vécu cette scène.
- Désolée, Réléna. Mais, je ne peux pas.
Le regard de la jeune fille s'égara sur sa robe de plumes, tandis que des larmes naissaient au coin de ses yeux. Heero ne voulait pourtant pas la faire pleurer… car oui, il l'aimait, il l'aimait si fort ! Mais pas… pas « comme ça ».
- Heero. Pou… pourquoi ? Est-ce que... je ne te plais pas ? Bégaya difficilement la belle en sanglotant.
Heero lui prit une de ses mains avec une tendresse infinie et essaya de lui expliquer :
- Tu es très jolie, ce n'est pas ça. Et je reconnais avoir beaucoup d'affection pour toi. Mais je ne suis pas quelqu'un qui te conviens. Il te faut une personne plus fiable, plus sentimentale, qui puisse t'aider dans les affaires. Moi, tout ce que je sais faire, c'est la guerre.
Les pleurs de Réléna redoublèrent et Heero s'en voulu terriblement.
- Tu vois ! Dit-il sur un ton dégoûté en se levant. Je ne suis bon qu'à te faire pleurer !
Il quitta ensuite la pièce, sans se retourner, laissant la pauvre jeune fille épancher son cœur brisé.
- Heero, attends ! Supplia t'elle en direction de celui-ci.
Il s'arrêta net et attendit. La jeune princesse demanda alors :
- Est-ce que… est ce que tu voudras bien me faire danser quand même ? Juste une fois, comme ça… entre amis?
Heero se retourna, se força à lui sourire en espérant la réconforter et répondit :
- Bien sur. J'ai toujours aimé danser avec toi.
°°°
Quand Heero atteignit le petit salon du premier étage, il n'osa pas y entrer. Il ne voulait plus assister à cette stupide fête, ni rencontrer tout une foule de gens imbus d'eux-mêmes et hypocrites. Il aurait voulu prendre son manteau et se barrer, se retirer sur le toit de l'Highlander School, avec juste lui, le paysage et le vent, pour ne plus penser à toutes ses futilités.
Quatre lui avait dit qu'évoluer, ce n'était pas perdre son passé. Et pourtant… pourtant tout était si différent à présent !
Mais aujourd'hui, il avait vraiment eu l'impression de faire un bond dans son existence, un pas de géant. Et il songea...
Je ne suis plus un enfant.
Alors qu'il était perdu dans ses remords, ses regrets, ses souvenirs, la porte du salon s'ouvrit et Duo apparut devant lui. L'Américain ne fit pas un pas de plus. Il dévisagea la mine dépitée du soldat parfait et s'exclama :
- Et bien, Heero ! T'en fais une tête… mais... Et où est Réléna ?
Il lui suffit de lancer un de ses regards « mêle toi de ce qui te regardes » pour que Duo comprenne que son entretien avec miss Darlian Peacecraft s'était mal passé.
Le soldat parfait ne voulait pas répondre, il voulait disparaître. Il en avait assez de tout, même de son meilleur ami, de ce baka natté qui ne comprendrait de toute façon rien à ses problèmes !
Duo soupira en croisant les bras, bien au contraire de fuir la pseudo colère de son compagnon.
- T'es donc pas foutu d'accéder au bonheur, Heero, hein ? Lança t'il sur un ton contraint.
- Hn ?
Duo saisit la main du soldat et l'emporta à l'écart, histoire que Quatre et Trowa ne soit pas dérangé dans leur concert en Ré Majeur. (ben vi, les deux choupinets avaient trouvés un violon et une flûte, alors ils s'étaient pas privé de jouer.)
- Mais c'est pas vrai, nom de Dieu ! Fit le natté, dépité, une fois à l'abri dans un corridor désert. Merde, Heero ! Regarde autour de toi ! Y'a écrit en grand sur un gros panneaux clignotant "pour la vie rêvée, c'est par là --» ", et toi, tu décides de te barrer dans le sens inverse ! Réléna est une fille charmante, sympa, riche, populaire et en PLUS, elle a le béguin pour toi ! Et toi, évidement, tu laisses passer cette chance en or, juste parce que tu veux rester un petit soldat parfait !
Le poing de Heero avait alors l'irrésistible envie de transpercer le mur qui se trouvait juste derrière son ami, il avait tout faux, mais il se retint tant bien que mal. A la place, il s'exclama:
- Et tu crois quoi, Maxwell ? Que c'est juste ça le problème ! Mais t'y es pas du tout, baka! Bien sur que je pourrais me marier avec Réléna, devenir ambassadeur, être heureux et avoir beaucoup d'enfants, jusqu'à crever à l'âge de 40 ans à cause du surmenage ! Sauf que y'a une personne qui s'intercepte dans ce tableau parfait! Et cette personne, c'est TOI !
Le natté, sans voix, avait légèrement entrouvert la bouche et s'était reculé contre le mur en plâtre. Ses pupilles grande ouvertes fixaient de manière déconcertée celles du soldat parfait qui avait maintenant posé ses deux mains contre le mur, de chaque côté du visage de Duo.
- M… moi ? Demanda Duo qui, décidément, reconnaissait de moins en moins son Hee-chan adoré.
- Hn ! Laisse tomber… Conclu Heero en s'écartant du natté.
Il fit volte face et sortit du corridor.
- heeuuuuuuuuuuuuuuuuuu….. °° Fut la seule réponse du Shinigami, bien trop choqué que pour pouvoir réagir avec logique.
°°°
Quand le 7ème coup de 19H00 sonna à la grande pendule du salon, les portes principales du château s'ouvrir, et une foule d'invités masqués commencèrent à gravir les marches. Des torches avaient été allumées, créant des chemins incandescents pour guider les voitures. Quatre, le dos bien droit, se tenait à côté de la princesse et accueillait avec elle les invités. Trowa, Heero et Duo, quant à eux, regardaient d'un œil septique la foule envahir le hall, du haut des escaliers. Ils était tout trois accoudés à la rambarde et s'amusait à inspecter chaque tête masquée qui franchissait la porte.
- J'ai un peu peur. Avoua Duo. Regardez les : la moyenne d'age est d'environ 40 ans. Mais qu'est ce qu'on fout ici ?
- N'exagérons rien. Dit Trowa. Il y a plusieurs personnes de notre âge.
- Oui, mais je t'avoue que je ne suis pas motivé pour faire « copain-copain » avec des fils et filles d'ambassadeur !
Le silence revint parmi eux tandis que le grondement de la foule s'accroissait. Déjà, des serveurs passaient avec des flûtes de champagnes et des zakouskis, filant adroitement entre les invités.
- Regardez Quatre, là, en bas ! Dit soudain Duo en pointant le jeune Arabe du doigt. Il a l'air comme un poisson dans l'eau !
Le jeune blond, parfaitement vêtu dans un costume de général, baisait la main d'une nouvelle invitée tandis que Réléna saluait le mari. Placés devant la porte, ils accueillaient les nouveaux venus un par un avec tout le protocole obligatoire. Quatre avait un grand sourire aux lèvres, ne cessait de saluer les gens d'un coup de tête respectueux et parlait comme si chaque mot coulait de source. Malgré que Heero, Trowa et Duo soient trop loin que pour capter quoi que ce soit des conversations, ils devinaient facilement que le jeune blond s'en sortait comme un chef. Réléna, elle aussi, semblait ravie. Trowa tiqua, tout son corps se crispant nerveusement, quand le jeune Arabe proposa son bras à la princesse et que celle-ci l'accepta avec joie. Ils se mirent à déambuler à deux comme des fiancés, le bonheur se lisant sur leur visage.
- Ben dis donc ! Fit Duo en sifflant. On dirait que ça colle bien entre eux !
En effet, ils avaient l'air de deux âmes sœurs amoureuses parmi cette foule d'invités qui murmuraient à leur passage, un sourire aux lèvres.
- Qui sait ? Rit alors le natté. On annoncera peut être leur fiançailles en fin de soirée ! hin, hin, hin !
Trowa se redressa soudain de la rambarde, fit volte face et partit dans une direction opposée sans un mot. Duo, étonné, le regarda s'éloigner sans comprendre.
- J'ai dis quelque chose qui fallait pas ? Demanda Duo.
Heero jeta un coup d'œil au jeune homme à la mèche qui disparaissait au bout d'un couloir puis déclara :
- Il rejoint juste sa chambre.
- Oui, je sais ! Mais, tu crois que c'est à cause de la réflexion que j'ai faite sur Quatre et Réléna ?
Heero, qui ne songeait pas du tout de la même manière, leva un sourcil déconcerté :
- Je ne vois pas ce que tu veux dire…
- ben oui ! Expliqua Duo comme si c'était une fatalité. On dirait qu'il est jaloux. Comme si… comme si…
Heero qui comprit soudain la chose, tourna à nouveau sa tête vers les invités et déclara sans regarder l'Américain:
- Tu divagues. Trowa n'affectionne en aucune manière Réléna. Il ne la connaît même pas.
- Ca je sais… Je dirais plutôt qu'il est jaloux pour Quatre.
Ce fut au tour du japonais de tiquer. Il fronça les sourcils et regarda Duo qui le fixait aussi.. Une foule de pensées se cognaient dans sa tête. Pour finir, il déclara platement :
- Tu es quelqu'un de bizarre, Duo.
- Hoooo ! Quel gentil compliment ! Fit le natté en roulant des yeux. C'est toi qui es quelqu'un de bizarre, Heero ! Tu débarques sur terre à l'instant, on dirait. Trowa a toujours été quelqu'un de réservé, et pourtant tu vois bien comment il réagit face à notre petit Quatre. Ce ne serait pas une nouvelle exubérante que d'apprendre qu'il en pince pour lui.
- Au contraire, ce serait tout à fait étonnant.
- ha oui ? Et tu pourrais me dire pourquoi ?
- Parce que Trowa ne connaît pas sa propre identité. Quand on ne sait pas qui on est, il est impossible d'aimer quelqu'un... Cela reviendrait à connaître des sentiments dont on ignore la propre origine, ce qui les rendraient erronés et donc inqualifiables.
Duo, profondément atteint dans son cœur, sentit une bouffée de haine lui sauter à la gorge. Il répéta, complètement abasourdi :
- Alors comme ça, si on ne connaît pas sa vraie nature, on ne peut pas aimer sincèrement quelqu'un? Je trouve ce raisonnement complètement idiot !
- Non, c'est la vérité. Certifia platement le Japonais sans savoir qu'il heurtait l'âme même de son ami.
Le natté, blessé, donna une petite tape hargneuse sur la tête de Heero. Celui-ci lança un regard d'incompréhension vers l'Américain. Duo déclara alors durement, une pointe de tristesse dans la voix :
- Tu n'es qu'un crétin. Je te déteste.
Il tourna ensuite les talons et s'enfuit en courant dans la même direction que Trowa, sous les yeux étonnés de Heero. Sa natte battait contre ses hanches, dans une course effrénée. Le Japonais, malgré que son ami ait disparu, resta le regard fixé en bout du couloir tout en passant sa main à l'endroit où Duo l'avait frappé. Il murmura alors tout en sachant que personne ne pourrait lui répondre :
- J'ai dit quelque chose de mal ?
°°°
La fête commença plus vite que Heero ne l'avait prévu. Après s'être régalés d'apéritifs, les invités avaient été conduits jusqu'à la sal de danse où Quatre et Réléna avait ouvert le bal sur un air de valse. Ils s'étaient mus avec grâce, virevoltant d'un côté à l'autre de la pièce sous le regard charmé des convives qui avaient tous applaudis à la fin du morceau. D'autres couples s'étaient alors avancés et s'étaient mis à danser. Quatre, qui remarqua Heero, le rejoint en se frayant un passage parmi la foule bruyante d'invités, un sourire radieux aux lèvres.
- Heero, tu es la! Mais que fais-tu tout seul ?
- … Je ne trouve plus Duo ni Trowa. Avoua t'il. On dirait que tu t'amuses bien, Quatre.
- Cette soirée est formidable ! Confia le jeune blond. Tu n'imagines même pas le nombre de personne ici qui me connaisse. Enfin ! J'entend parlait qu'il connaissait mon père... Et puis Réléna et moi nous entendons à merveilles, c'est vraiment une jeune fille formidable.
Un stuart, vêtu d'un costume blanc à nœud papillon noir, s'approcha d'eux et proposa d'une voix grave et perçante :
- Une flûte de champagne, monsieur Raberba Winner ?
- Volontiers ! Répondit l'intéressé tout en saisissant l'un des verres sur le plateau. J'avoue que cette danse m'a quelque peu déshydraté. Et toi, Heero : tu ne prends rien à boire ?
- Jamais de l'alcool. Répondit durement celui-ci. (mode perfect soldier)
Une fois le serveur parti, sa présence fut remplacée par celle de Réléna qui avait réussit tant bien que mal à échapper aux salutations des convives. Le teint un peu rougi par l'animation mais la mine radieuse, elle déclara:
- ha ! Quatre, tu es là ! Je te remercie encore, tu as été formidable. Figure toi que tout le monde n'arrête pas faire de nous faire des éloges. Et puis la fête se passe à merveille : je suis ravie.
Elle jeta ensuite un regard en coin à Heero et lui dit :
- Quant à toi, Heero, n'oublie pas que tu m'avais promis une danse ! En attendant, je dois te réquisitionner ton ami…
Elle passa son bras sous celui du jeune blond et lui annonça :
- Le compte Chavegny de l'Anglois tient absolument à te parler, Quatre.
- Bien : ne le faisons pas attendre ! Déclara alors joyeusement le jeune homme en emportant Réléna.
Heero regarda partir ses deux amis et soudain une curieuse pensée l'envahit :
Nous sommes des adultes. Nous avons grandis. Il n'y a plus d'enfance. Il n'y en a jamais eu. Nous sommes grands. Nous sommes des hommes. J'ai perdu ce soir, le reste de mon ignorance.
Il jaugea la foule, une lueur vive dans ses prunelles. Tout se mit à tourner dans sa tête, comme une folle ronde trépidante qu'on ne pouvait plus arrêté. Il commença à ressentir un léger mal de tête. Il n'était pas habitué à tant de foule et à tant d'effervescence. Il n'avait pas la même aisance que Quatre et n'arrivait pas à se laisser emporter par l'ambiance. S'éloignant du vacarme de la salle de danse, il rejoignit une partie déserte de la demeure où les bruits et les rires des invités ne le dérangeraient plus.
Il marcha longuement à travers les couloirs obscurs, réfléchissant à l'endroit où Duo pouvait être, et aussi d'autres paroles, toujours les mêmes, s'entrechoquant dans sa tête. Il avait l'impression d'avoir réellement blessé son ami et se demandait si des excuses ne seraient pas la bienvenue.
Nous ne sommes plus des enfants.
Soudain, une petite mélodie de piano lui parvint. Il s'arrêta, redressa la tête et se concentra sur l'origine de cette curieuse mélopée.
Un peu plus loin, il remarqua un filet de lumière qui s'échappait d'une porte entrouverte. Attisé, il décida alors de s'en approcher.
Le bruit sec de ses pas résonnait contre les murs. L'écho se propageait au loin pour se mêler au bourdonnement sourd de la foule des invités, quelque part à l'autre bout du château.
Arrivé devant l'entrebâillement, il regarda tel un espion par la serrure. Quelle ne fut pas sa surprise quand il reconnut la longue natte du Duo qui pendait le long de sa chemise noir!
Le jeune homme était de dos, assis sur le tabouret noir d'un piano à queue. Ses doigts maigres parcouraient avec une lenteur lancinante le clavier, s'appuyant à la fois durement et à la fois lestement sur chacune des notes. Sa tête se penchait en avant avec véhémence, suivant le rythme mélodieux du morceau. En observant son ami ainsi, il eut l'impression de remarquer pour la première fois combien Duo semblait grand, âgé. Combien il était devenu beau.
Nous sommes des adultes.
Heero poussa silencieusement la porte et s'approcha sans que le natté ne s'en rende compte, le bruit de ses pas étant étouffés par un épais tapis brodé.
Le Japonais s'avançait avec une lenteur qu'on ne lui connaissait pas. Parfois même, il s'arrêtait et contemplait le dos du natté s'en oser bouger plus encore.
Cet instant était magique. Peut-être même qu'il n'avait rien à faire là, et qu'il violait par erreur le mystère de cette atmosphère. Il était partagé entre l'envie de fuir et l'envie de rester à jamais l'unique spectateur de cet étrange concerto.
Son souffle s'accélérait curieusement, il entendait chaque battement de son cœur résonné au rythme de notes obsédantes.
Oui… obsédantes…
La distance le séparant de Duo diminuait de plus en plus, et à chaque nouveau pas son cœur se retrouvait innocemment chamboulé. Puis, sans prévenir, comme le bruissement du vent à travers des branchages dans la nuit silencieuse, la voix séraphique de Duo s'éleva :
- You only live twice,
Or so it seems.
One life for yourself,
And one for your dreams.
Heero resta figé sur place, ses yeux ne pouvant étrangement plus ciller. Le natté était si beau, dans cette chemise noire en soie brillante et dans ce pantalon en cuir. Il semblait si mature, si désirable.
Quant à son chant, il se traduisait comme…inconsolable ! Son ton était triste, affligé, et ses doigts qui ondoyaient élégamment au-dessus des touches manifestaient eux aussi la profonde mélancolie dont il était épris. Pourquoi Heero était-il convaincu que cette chanson lui était adressée ? Parce que… Parce qu'elle était empreinte de vérité.
- You drift through the years
And life seems tame,
Till one dream appears,
And love is its name
Le Japonais sentit une foule de sentiments incongrus lui rongés les entrailles sans pitié. Il ferma les yeux et essaya de ne pas tout bonnement fondre de culpabilité. Il était en effet intimement persuadé qu'il était la cause de toute cette douleur. Il plaidait coupable.
- And love is a stranger
Who'll beckon you on.
Don't think of the danger,
For the stranger is gone.
Si Duo épanchait sa peine ainsi, c'était par sa faute… à lui… Car il l'avait blessé et, le pauvre souffrait, cela se voyait, cela s'entendait… aussi clair que de l'eau de source.
Mais maintenant, ils étaient deux à endurer cette douleur.
- This dream is for you,
So pay the price.
Make one dream come true,
You only live twice.
La voix du natté mourut en même temps qu'un de ses soupirs languissant ; ses bras se laissèrent alors mollement tombés de chaque côté de son corps et il resta immobile, perdu dans ses pensés, noyé dans un tourment vandale.
Il tourna alors légèrement la tête puis sursauta. Faisant volte face, il découvrit que Heero se tenait à peine à un mètre de lui. Embarrassé, ses joues adoptèrent une adorable teinte rouge, fruitée, et ses yeux se troublèrent légèrement. Toujours assis sur son tabouret noir, il dit d'une voix confuse :
- Heero… Tu étais là ?
L'intéressé, toujours fasciné, acquiesça par un discret mouvement de tête. Duo afficha un petit sourire gêné, vraiment charmant… envoûtant. Il demanda, le ton hésitant :
- Tu… tu veux quelque chose, peut-être ?
- « La seule chose dont j'ai envie à ce moment précis, c'est de te prendre dans mes bras. » Songea Heero.
Il resta encore quelque seconde statique, puis s'approcha d'un pas décidé, ses yeux bleus s'assombrissant d'avantage. Le natté, toujours assis, resta sans rien dire et sans oser bouger, la bouche légèrement entrouverte. Cette fois devant Duo, Heero ne réprima plus son émoi et le plaqua contre lui en fermant passionnément les yeux. Seuls des discrets râles étonnés purent sortirent de la bouche du natté alors qu'il se laissait étroitement ceint par Heero, sa tête contre le ventre puissant de celui-ci. S'abaissant à sa hauteur, les yeux toujours clos et les bras entourant toujours le natté, Heero souffla amèrement :
- Pardon. Tu as raison, je ne suis qu'un crétin.
Duo, au début crispé, se sentit alors étrangement soulagé et toutes ses craintes s'évanouirent en un frisson. Un sentiment euphorique envahit alors ses entrailles et il répondit impétueusement à l'étreinte de son ami. Ils adoptèrent sans s'en rendre compte une attitude précipitée tandis que leurs joues se frôlèrent brusquement. Leurs gestes devinrent incontrôlables et hâtifs. Et quand Duo changea sa tête d'encrage, désirant l'enfouir dans le cou de Heero, leurs lèvres s'effleurèrent malencontreusement. Heero rejeta net son visage en arrière et dévisagea d'un air effaré le natté qui se confondit en excuse :
- C'était pas voulu, je l'ai pas fait exprès je l'ai pas fait exprès, je te jure, c'était un... HMMMP !
Il n'eut pas le temps d'en dire plus, Heero ayant carrément plongé dans la bouche de celui-ci.
C'était sucré, c'était leur première fois, à tous les deux.
Dieu, que c'était doux, que c'était bon.
Après un court moment, ils se séparèrent et se regardèrent comme s'ils avaient été victimes d'un maléfice. Mais déjà l'empreinte des lèvres de l'autre leur manquait à chacun.
Duo voulait encore goûter à Heero et Heero voulait encore goûter à Duo. Ils voulaient sentir à nouveau la saveur de cette bouche, cette sensation de tendresse, cette sensation d'être aimé. Ils aimaient se faire embrasser.
Alors le visage du brun s'approcha à nouveau, mais beaucoup plus doucement. Ils ne se quittaient pas du regard, et respiraient étrangement bruyamment. Leurs souffles chauds, exténués, se mêlèrent avant que leurs lèvres ne se frôlent une fois de plus.
Duo répondit aussitôt au baiser et plaça ses deux mains derrière la nuque du brun, approfondissant leur échange. Il s'adossa contre le clavier, repoussé par la vivacité de Heero, et quelques notes s'échappèrent, brisant le silence de la salle.
Soudain envahis par des vagues de désirs fiévreux, une soif incommensurable de contact s'éprit d'eux. Heero agissait avec méthode et assurance. Il avait pleine conscience de chacun de ses gestes, tout lui semblait désormais clair. Il n'était ni tourmenté ni incertain, chacune de ses contrariétés passées s'étaient soudain envolées.
Nous ne sommes plus des enfants, tu sais.
Heero se mit à déboutonner la chemise en soie noire du natté alors qu'ils échangeaient toujours le même long baisé. Quand leurs langues affamées se séparèrent enfin, à bout de souffle, Duo laissa échapper un gémissement aigu, exalté. Heero en ressentit son excitation considérablement augmentée. Ses doigts parcoururent frénétiquement le torse du natté qui le regardait faire éberlué, soufflant par moment des « Heero » gorgé d'ivresse.
La langue du brun se mit à happer amoureusement les côtes du natté alors que ses mains saisirent fermement les fesses de celui-ci. Il le souleva pour que leurs visages soient à la même hauteur et le déposa sur le clavier du piano tout en l'embrassant à nouveau.
Et encore, des notes désordonnés s'échappèrent de la boite à résonance.
Duo, sentant sa velléité croître à une allure infrangible, perdu toute contenance. Il enserra ses jambes autour de la taille de Heero tout en enfouissant plus profondément ses mains dans la tignasse de celui-ci. Leurs bustes s'entrechoquèrent, ce qui provoqua aussitôt les gémissements extatiques du natté. Son souffle se fit bruyant et précipité, tandis que des mots incompréhensifs s'échappaient de ses lèvres. Il fixa son pantalon en cuir à la hauteur de son entrejambe, comme si s'était la première fois qu'il réagissait ainsi et qu'il ignorait la raison d'une tel renflement.
… la raison d'une telle pression. C'était bien Heero qui provoquait ça ? Ho, mon dieu…
Stoppez la chaleur
Je n'en peu plus, je vais brûler
You make me feel insane…
Stop, stop, please.
- Hee... Heero, attends ! Réussit enfin à articuler le natté antre deux baisés furieux.
Le brun stoppa aussitôt ses caresses et plongea ses yeux cobalts, troubles, dans ceux de l'Américain :
- Quoi? Souffla t'il en passant rapidement une langue humide sur ses lèvres rouges de désir.
- Je... Tu... Enfin… ! Nous ne devrions peut-être ne pas… Expliqua t'il timidement en remettant une de ses mèches caramels d'un geste nerveux derrière son oreille.
Le brun resta simplement à le regarder, le visage sévère.
Correction.
Le visage sévère et tendre. Duo lui sourit affectueusement, comme pour s'excuser, et continua d'une voix atterrée :
- C'est pas l'envie qui m'en manque, mais, nous sommes dans la maison de Réléna,… ce soir c'est son 18ème anniversaire,… et nous, on va faire l'amour sur un piano sans même avoir parlé avant ?
Le Japonais reprit un peu de contenance et avoua :
- Tu as raison. Excuse moi…
Duo quitta son siège de notes puis, debout face à Heero, il lui dit sur un ton ravi, les yeux pétillants :
- Tu n'as pas à t'excuser, c'est moi qui t'ai embrassé en premier… sans faire exprès, mais bon, c'est pareil, hein ?
Heero lui rendit son sourire et souffla doucement à son oreille:
- Aishiteru.
A la fois touché et interdit, le natté demanda :
- Ca veut dire quoi ?
- Ca veut dire que je t'aime.
Leurs yeux se perdirent l'un dans l'autre, troubles à la fois de bonheur et de désir inassouvi. Ils semblaient se promettre une éternité de bonheur… ensemble.
Duo caressa une joue de Heero et confessa :
- Il y a une heure, je n'osais pas me l'avouer à moi-même, et maintenant, je suis prêt à le crier au monde entier: je t'aime.
Le natté lui prit ensuite une main, et cette sensation de douceur que Heero ressentit pour la première fois lui plut beaucoup.
C'était ça… l'amour ?
Duo l'emporta vers la porte en disant :
- Allez, viens : c'est la première fois que je vais voir une princesse qui souffle son gâteau d'anniversaire, je ne veux surtout pas ratez ça.
Ils quittèrent la salle du musique main dans la main, yeux dans les yeux, en silence.
Et de toute cette histoire, seul le piano solitaire regrettera à jamais de n'avoir pu jouer ses plus beaux accords en hommage au couple naissant.
A suivre…
J'adore ce chapitreuuuu ! XD
Quand Duo quitte son côté « gamin qui babille tout le temps » pour renaître en adulte,
et quand Heero arrête de se la jouer « sérieux » pour vraiment devenir quelqu'un de sérieux !
Mais surtout quand ils s'avouent (enfin !) leur amour.
Au faite, avis pour la galerie d'amateurs : sur http / flo-de-miel . skyblog . com (sans les espaces, bien sur) vous pourrez découvrir mes FanArts HeeroxDuo. Je serais ravie si vous me laissiez votre avis à propos d'eux sur le blog lui-même, ou bien par une review ici.
Merci d'avance et à la prochaine !
Flo-de-Miel
