Merci pour les review! Voici un nouveau chapitre. Le prochain est prévu dans deux semaines.
J'espère qu'il vous plaira J
Les Gboys ne sont pas à moi…
Je ne suis pas retourné les voir pendant deux ans, prétextant mon travail et l'amélioration de l'état de santé de Wufei. Seule la deuxième raison aurait pu être vrai. Wu Fei était un valeureux combattant mais c'est à présent qu'il a démontré sa force et son courage. Petit à petit, jour après jour, il est revenu du pays des ombres vers nous vers sa famille. Je lui ai rendu plusieurs fois visites. Les calmants et anti-dépresseurs lui on permis dans une premier temps de se reposer émotionnellement. Puis est venue la thérapie elle même avec son lot de souffrances. Nous avons parlé, plus que durant toute la guerre. Lui aussi s'était persuadé qu'il ne survivrait pas, c'était ainsi qu'il pensait expier le fait d'avoir été le seul épargné de sa colonie. Je l'ai compris en même temps que lui quand un jour, au bout d'une heure de conversation assez banale, il a dit, sans même changer de ton :
- même la mort n'a pas voulu de moi, même de ça je n'ai pas été digne…
- Wu fei, tu as survécu en te battant, tu as survécu parce que tu as été assez fort, il faut que tu le sois encore, assez pour ne pas laisser les gens que tu aimes, ton clan vit à travers toi Wu fei, et tu l'as reconstruit, il te reste à transmettre ton savoir et leur mémoire…
- Yui…
C'est la première fois qu'il a pleuré devant moi, la première fois qu'il a compris que sa douleur n'avait rien d'indigne.
Et le fier dragon s'est relevé petit à petit. Il m'a demandé d'attendre un peu avant d'en parler à Sally. Il ne voulait pas la décevoir encore, la faire souffrir à nouveau…Il m'a parlé de ses filles, de ces années perdues à jamais.
C'est Quatre et moi qui l'avons conduite à lui. Il l'attendait dans la salle d'attente. Assis devant la baie vitrée donnant sur le parc, il faisait si jeune, si vivant. Il a sourit timidement quand elle est entrée. Après, après, je ne le sais pas, nous les avons laissé. Quatre était ému, tout comme moi. Lui on avait pu le sauver, c'est ce que l'on a pensé, même si nous ne l'avons pas dit.
Sally est ressortie, rayonnante, elle l'aime tant. Il faut du temps encore et du courage, mais je pense qu'ils y arriveront, ils sont si forts. Sally m'a toujours fait penser à une fée, Wu fei a de la chance de l'avoir. Je suis heureux aussi pour Mei, Lan et Song, elles auront à nouveau leur père.
Sur le chemin vers le Spacioport, Quatre a insisté pour que je vienne passer quelques semaines durant les fêtes. J'ai prétexté encore mon travail. Je ne pense pas le tromper, qui le pourrait?. Il n'a rien dit. Dans la navette de retour vers le satellite relais où nous devions nous quitter, il m'a dit qu'ils m'attendaient vraiment avec beaucoup d'impatience. J'ai encore l'impression, des heures d'après que cette simple phrase révélait mes sentiments cachés.
J'ai retrouvé ma maison, avec déjà deux messages, qui m'ont chacun bouleversé
Le premier était de WuFei :
- merci, mon ami
Quelques mots, simples, précis, sans fioritures. Essentiels.
Le deuxième était de Solo, il me disait qu'il venait d'apprendre de la bouche de son père que je serais là pour les prochaines vacances de fin d'année, il me demandait si je connaissais un logiciel lambda.
Derrière ce message anodin, il y avait comme un pardon que je lui aurais accordé; mon Dieu Solo, si tu savais, le seul qui devrait être pardonné c'est moi, pour tant t'aimer et pourquoi se voiler la face plus longtemps? Pour te vouloir pour moi seul.
Ils m'attendent sur le tarmac, toujours présents, comme ils m'ont manqués! Ils m'accueil à bras ouverts et me serrent dans leurs bras, je suis heureux mais pas totalement puisque seule Iria est là. Je ne pose pas la question. C'est comme une trêve, une chance qu'ils me donnent.
Nous entrons dans la maison toujours aussi accueillante et chaleureuse. Elle est emplie des rires des enfants. Je surprends ce bon Rachid les tempes grisonnantes assis dans un fauteuil entouré des plus petits en train de déclamer une histoire avec force de grimaces et de gestes. Les petites ont les yeux écarquillés, les joues roses.
C'est Trowa qui m'annonce que les garçons sont au ski avec des amis, ils rentreront le 24 au matin.
Les deux se passent dans la joie et j'aide du mieux que je peux.
Nous avons la visite de Réléna et de son troisième mari…Accompagnée de son fils, une copie conforme de Zech, et d'une fille qui me fait penser à Dorothy! Elle me salue poliment, les années l'ont embellie, elle a des airs de femmes fatales, mais le pouvoir lui a fait perdre un peu de douceur. Nous avons tous ensemble une bonne conversation agréable mais j'avoue que je suis un peu déconnecté des grands arcanes du pouvoir. Je mène une vie plus simple, avec des problèmes du quotidien qu'ils ne connaissent pas vraiment.
Ils repartent vers 18 heures en personnes bien élevées. J'ai surpris bien malgré moi, le jeune Darlian donner un baiser fougueux à Iria. Ces braves Trowa et Quatre ne sont pas encore au bout de leurs peines!
Je ne peux pas dormir, demain il sera là, il me tarde tant de le voir.
Les garçons sont arrivés à 10 heures, Mark avec sa carrure de footballeur américain, et Solo grand et mince, des cheveux épais bouclant sur sa nuque.
Je regardais, surveillais, leur arrivé depuis près d'une heure dans une pièce dont la fenêtre donnait sur le perron. Et c'est là, seul, plus seul que jamais, caché derrière ce rideau rouge, j'ai vu cette fille lui sauter au cou et l'embrasser. Je ne me suis jamais senti aussi misérable, misérable de l'aimer alors que j'ai deux fois son âge, misérable d'être une aberration génétique, misérable d'être jaloux de son bonheur.
Et il a fallu donner le change, remonter la barrière pour que personne ne sente mon trouble, en particulier Quatre. Je l'ai vu sortir sur le perron, en bon père, embrasser ses fils aînés, saluer les deux filles, les accompagner à leur voiture, les regarder démarrer pour partir en leur prodiguant les dernières recommandations…Tout cela défilait comme au ralenti devant mes yeux.
Je pensait à ce doux sentiment né en moi, si imprévisible, si merveilleux, comme une plante sur les ruines, je pensais à toutes ces nuits à rêver aux moments passés ensemble, ceux du passé et ce de l'avenir, quand tu aurais 18 ans, 20ans…Je rêve de tes 20 ans…
Mais tout cela se recouvre soudainement d'un voile impur, amer, salissant mes rêves secrets, mes désirs.
Je suis sorti comme au hasard, de celui qui entend une porte s'ouvrir, et j'ai jouer mon rôle. Et j'ai découvert une nouvelle forme de torture, plus raffinée que celle que toutes celles que j'ai connu dans les cachots d'Oz. Je l'ai connu quand je t'ai serré dans mes bras, pour la première fois en plus de 2ans . Ce n'est pas possible, mon cœur ne peut-il pas s'arrêter? Tu étais si content de me voir. Je suis arrivé à mettre de la distance, je ne sais même pas ce que disait, mais avait l'air d'aller. Puis ce fut l'accolade virile et bourru de Mark, à me broyer.
Le repas fut somptueux comme d'habitude, l'ouverture des cadeaux un moment magique autant pour les enfants que pour les parents. Ils m'ont offert un nouveau cartable pour mes cours, remplis de dessins, de bouquins et autres gentillesses y compris un logiciel dernière génération.
On s'est tous embrassé de bon cœur. Puis Quatre et Trowa ont emmené les petits se coucher. Ils sont descendu et nous sommes installés dans le salon. Trowa n'a pu s'empêcher de prendre Quatre dans ses bras, ce dernier a bien protesté pour la forme, mais ils s'aiment comme un jeune couple. Les ados se moquent gentiment du manque de retenue de leurs pères mais dans leurs regards on peut facilement y voir l'émotion d'être dans cette famille aimante et soudée.
Je me sens mal, c'est étrange ce bonheur immense, cette plénitude de cette soirée particulière se mélangeant si parfaitement avec ce désespoir intérieur. Je vais finalement me coucher et curieusement je sombre dans un sommeil sans rêves, comme après une journée épuisante.
Les lendemains de fêtes sont particuliers, les petites gazouilles encore ensommeillés des merveilles de la veille, les grands savourent leur café noir avec une part de gâteau.
Solo me propose d'essayer le logiciel, j'ai envie de refuser mais cela serait suspect. J'ai du mal à me concentrer les heures qui suivent avec lui tout contre moi. Sa chaleur s'insinue en moi, enlaçant mon cœur.
Je te remercie et pour donner le change je te propose de te donner un cour d'escrime le lendemain. Puis je regagne ma chambre pour me reposer un peu.
Durant la soirée j'ai appris que tu étais sorti avec des amis. Nous avons dîner, légèrement, puis nous sommes passés au salon. Trowa m'a dit que tu étais avec cette fille depuis quelques semaines.
Je suis monté me coucher, je t'ai entendu rentré à 1h du matin.
Aujourd'hui comme promis je t'entraîne à l'escrime. Tu as bien progressé même si ton jeu n'est pas exceptionnel. Je suis pourtant en difficulté car je n'arrive pas vraiment à me concentrer. Tu le remarques à mon jeu et tu t'arrêtes.
- Heero, ça va?
Il faut que je lui réponde, mais c'est dur de se reconnecter à la réalité, je ne sais pas quoi lui dire.
- …
Mon silence te met mal à l'aise. Il faut que je me force.
- non tout va bien.
Même à moi cela sonne faux. Tu ne fais même pas semblant de me croire. Je me remets en position de combat. Et j'attaque, comme avant. Tu es vite débordé, sous la vitesse et la force de mes assauts, je n'arrive pas à m'arrêter, les vieux réflexes appris sous la torture ressurgissent comme des fantômes du passé. Tu tombes en arrière la pointe de mon épée sur ton cou. Je te tends la main, tu te redresses et nous recommençons encore et encore sans nous parler. Puis tu tombes une dernière fois sans pouvoir te relever. Je te quitte sans un mot, j'ai l'impression de mourir à l'intérieur. Je m'isole le plus possible, j'aimerais rentré chez moi le plus vite possible. Cette maison si accueillante aujourd'hui m'oppresse. Quatre et Trowa pense que je suis seulement nostalgique de ma tranquillité. C'est la veille de mon départ et mon dernier cours avec toi. Tu es devenu distant ces derniers temps. Nous commençons et je te bats rapidement. Nous recommençons plusieurs fois, puis tu lances ton épée sur le côté avant de lever tes yeux emplis de colère vers moi.
- pourquoi Heero? J'avais confiance en toi, je t'aime tant.
Je reste là impassible, comme avant, alors qu'à l'intérieur c'est le chaos.
Tu avances et tu jettes sur moi pour me rouer de coups, j'ai tôt fait de t'immobiliser. Mais tu ne cesses de te débattre comme un fou. Puis d'un coup tu te calmes.
- Pourquoi tu ne parles plus, j'ai fais quelque chose? Avant tu me parlais tout le temps et depuis la dernière fois ce n'est plus pareil, pourquoi, c'est pour les cheveux?
- non ! C'est sortit tout seul. Comme un murmure
- Pourquoi alors?
- je ne t'en veux de rien. Pourquoi ma voix tremble…
- tu mens, tu mens !!!
- Solo, calmes toi…
- je veux savoir!
- non! Tu peux pas exiger de moi tout ce que tu veux, arrêtes tes caprices!
- tu mens ! Tu n'est qu'un menteur…
- je 'interdis de me parler comme çà!
Je te lâche et je me redresse, raide, tous mes muscles sont contractés.
Tu te lèves et tu me fixes, je vois ta main se lever et venir vers moi comme au ralenti. J'aurai pût si facilement l'arrêter, je ne bouge même pas un sourcil quand elle frappe ma joue. Pourquoi je t'aurais empêché? Tu as raison, je ne suis qu'un menteur qui t'aime.
Tu me frappes la poitrine, je t'attrape et je t'écrase comme moi, je te serre fort, tu te mets à pleurer, pleurer silencieusement
- ne me laisses pas heero, ne me laisses pas.
Je te serre dans mes bras, je ne veux pas te laisser partir. Tu me serres fort aussi.
Tu lèves ton visage, et tes yeux plongent dans les miens. Tes lèvres se posent sur les miennes.
