-Voilà un nouveau et court chapitre, l'avant dernier.
J'espère qu'il vous plaira, et encore merci pour vos encouragements!!!
Tes lèvres sur les miennes si douces, si douces. Ta chaleur m'envahit; me brûle, c'est un incendie. Mon cœur manque un battement, le temps s'arrête.
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Des pas se font entendre. Le temps recommence à s'écouler. Je m'écarte de toi. Au moment de me retourner je sais déjà que c'est Quatre, qu'il n'a rien vu mais qu'il a tout senti. Je le regarde mais il ne dit rien. Il demande à Solo de le suivre pour une raison quelconque. Il me demande enfin si je vais bien. Je lui répond que oui. Solo passe devant moi un peu hagard.
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Je suis seul dans cette pièce, et cette solitude m'oppresse soudainement. Je m'enfuit du théâtre de mes émotions sans un regard en arrière, le cœur battant fort comme lors des combats, mais je n'ai pas d'armes.
Je regagne ma chambre et machinalement je prépare ma valise. C'est une tentative désespérée pour regagner le contrôle de ma raison, de mes émotions.
Il faut que fasse quelque chose.
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Le repas est triste. Je suis ailleurs. Quatre vient de m'annoncer que tu ne peux me souhaiter au revoir puisque tu avais une soirée chez la fille du gouverneur L4. Quatre croit devoir me préciser que c'est avec elle que tu es parti faire du ski. C'est ses 18 ans, tu avais promis.
Quatre, quatre, pourquoi tu ne dis rien, pourquoi tu ne dis pas ce que tu as ressenti, rien n'est le fruit du hasard en ta présence.
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Je remonte me coucher, je dois partir tôt le lendemain. Je sais qu'ils ne me laisseront pas le voir. Je reconnaît la main de quatre dans tout cela, douce et froide.
Douce car je suis ton ami, froide car c'est ton fils.
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L4 s'éloigne dans l'espace pendant que la navette fonce vers le Terre. Une nouvelle fois ma vie vient de basculer. Une nouvelle fois je n'est rien choisi, rien décidé.
C'est la dernière fois.
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Solo est rentré le lendemain matin. En ouvrant la porte de sa chambre, il a compris. Sur son bureau, le si subtil dérangement de ces logiciels.
Un mot, un seul mot : pourquoi.
Écrit d'une main tremblante, sur un bout de papier.
Solo le prend et le met en sécurité dans son portefeuille.
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Demander pourquoi ce n'est pas condamner.
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La nuit est tombée, limpide et glaciale. Je m'installe prêt du feu, mon corps se réchauffe mais je me sens vide.
Le visio-phone sonne. J'arrive à peine à avancer vers lui tant mon cœur bat. J'ai du mal à récupérer mon souffle. Tu apparais à l'écran. Tu as l'air soucieux, déstabilisé. J'ai sans doute l'air impassible.
Tu n'est pas chez toi.
Tu me regardes, tu cherches sans doute tes mots.
Mais à cet instant je décide que plus personne ne choisira pour moi-même, même pas toi, mon aimé, même si je dois te perdre. Aujourd'hui la guerre est finie, le perfect soldier n'est plus.
- tu avais raison Solo, je suis un menteur. Je t'aime Solo, c'est la raison.
Tu pleures, tu pleures silencieusement.
- je t'aime aussi…
J'aimerais tellement que tout soit facile comme dans les films, dans les contes de fée, mais nous ne sommes pas ces gens…
- Je veux être avec toi…
- Moi aussi Solo, mais tu n'as que 18 ans, je suis plus vieux…
- je veux être avec toi, si tu m'aimes Heero alors pourquoi pas…
- Il faut du temps, es tu sur?
- oui…
Instinctivement je touche l'écran comme pour essuyer les larmes, si près, si loin. Tu es déjà obligé de partir.
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« de mon unique joie est issue mon unique peine » (Roméo et Juliette)
C'est ce que je ressens à cet instant où j'ai envie de sauter et de crier ma joie, et de me replier sur moi sur les épreuves inéluctables qui m'empêche d'être heureux.
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Le visiophone sonne à nouveau. Quatre et Trowa apparaissent à l'écran. Ils sont graves. Quatre commence sans colère, un peu las peut-être.
- Solo nous a dit pour lui et toi. Es tu sûr Heero?
- oui.
C'est Trowa qui continue.
- il est encore très jeune et il doit commencer ses études universitaires. Il ne peut pas te rejoindre.
- je sais.
Ils ont l'air étonné de ma réponse.
- Je le sais, je l'aime sincèrement, et vous le savez, je l'aime assez pour attendre, pour le laisser grandir.
- Heero…(Quatre), je m'en doutait, et j'ai compris quand je vous ai vu dans la salle de sport. Heero, je te pose pour la dernière fois la question, tu es sûr de ne pas te tromper, Solo n'est pas Duo.
- J'aime Solo, je n'ai jamais Duo, pas de cette manière, jamais. Pour moi Solo ne ressemble pas à Duo.
- (Trowa) tu te rends compte que cela le détruirait…Il t'aime vraiment..
Mon cœur bondit à ces mots, qu'ils sont doux, qu'ils sont forts.
- Je l'attendrai, je l'aimerai et je le protègerai toute ma vie.
Quatre me sourit, il serre la main de Trowa :
- nous te confions notre enfant…
La transmission s'interrompt, pour quelques instants seulement, et tu es là à nouveau me souriant. Je te sourit, j'aimerais tant te toucher. Tu sais qu'il faudra attendre… Mais qu'importe, nous avons la vie devant nous, cette vie que j'ai gagné.
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Cette attente s'écoule, douce, doucement. Nous nous appelons chaque jour, nous découvrant autrement. Je ne peux m'empêcher de te demander qui est cette fille, tu ris de ma jalousie. Ce n'est qu'une amie, un peu collante…J'aime ton rire. Tu parles de tes journées, de tes amis, tu me poses des questions.
Ce soir, tu ne porte pas de tee-shirt et je ne peux détacher mes yeux de ta peau, elle a l'air si douce, chaude, j'aimerais la caresser de mes doigts, de mes lèvres. Tu le sens, tu souris, tu t'allonges sur le lit et tu pose la Webcam pour que je puisse te voir, ton torse, ton visage. Je m'installe à mon tour, et nous nous regardons sans parler, j'aime ces moments particuliers. Une fois encore, je ne peux m'empêcher de laisser mes doigts caresser l'écran, dessinant les courbes de ton corps, le désir brûle au creux de moi.
Ce soir nous sommes ainsi, l'un en face de l'autre, partageant ce moment d'intimité quand d'une voix rauque tu me demandes d'enlever ma chemise. Je le fais, sans cesser de te regarder, toi tu me dévores. Je te vois froncer les yeux sur mes cicatrices, sur celle si près du cœur. Mais rien de cela ne compte, il n'y a plus que toi et notre futur.
Tu me caresses à ton tour, et malgré la distance je sens comme des brûlures sur ma peau, je ne peux m'empêcher de fermer les yeux, je gémit, ton souffle me semble si prêt, quand j'ouvre à nouveau les yeux, tu me regarde intensément, les joues rouges, les lèvres entrouvertes, je devine plus que je ne vois que tu te caresses…je te souris, et me déshabille complètement.
Je n'ai pas dormi le reste de la nuit et j'ai plané littéralement le jour suivant, pensant à la prochaine nuit, car ce sera ton tour, je sourit.
Que l'on a l'air bête quand on est amoureux et je suis éperdument amoureux.
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Un printemps, un été, un automne, un noël sans toi, et l'an fait à nouveau le tour, tu viens d'avoir 20 ans, et dans quelques jours tu seras là avec moi, mon aimé.
