Bien sûr que je vais mettre la suite! Je ne l'ai pas écrite pour rien, n'est-ce pas?
C'était lors donc de sa cinquième année à Poudlard. Remus avait 16 ans. Et tout allait pour le mieux, tout du moins compte tenu de son problème : la lycanthropie. Remus était un loup-garou depuis l'âge de six ans, après avoir été mordu. C'était d'ailleurs ce problème qui l'avait rendu si philosophe. Il avait du apprendre à composer avec les autres et ça n'avait pas été simple.
Jusqu'au jour où il entra à Poudlard. Grâce à Dumbledore, qu'il ne remercierait jamais assez. Bien sûr, au début, il avait été un peu tendu, mais avec l'appui de Dumbledore, de certains autres professeurs, la gentillesse de Mme Pomfresh, il avait commencé à se sentir comme chez lui.
Et il y avait eu les maraudeurs. Ses trois compagnons de chambre qui étaient devenus ses amis. De véritables amis.
Oui, Remus Lupin pouvait dire que tout allait bien.
Et pour couronner tout cela, ses amis lui avaient fait la surprise de devenir animagus pour pouvoir l'accompagner dans ses terribles isolements mensuels. C'était le mois dernier, et il avait eu la surprise de découvrir un cerf, un chien et un rat prêts à passer la nuit avec lui.
Bien sûr, il avait protesté, ses amis ne se rendant certainement pas compte des risques qu'ils encouraient s'ils étaient découverts. Mais cela l'avait beaucoup touché.
Et donc, hier soir, il avait à nouveau eu la compagnie nocturne des trois animaux. Ils encadraient le loup qu'il était, l'empêchant d'être nuisible, mais surtout partageant avec lui les courses dans la forêt interdite entre autre…Remus, contrairement aux autres, ne gardait pas de souvenirs de ces virées. Juste une vague impression de vent, d'odeurs d'herbes mouillées…
Ce matin donc, lorsqu'il reprit conscience humaine, Remus vit que les trois autres étaient encore là, endormis, certainement fatigués de la nuit. Au bruit qu'il fit en se relevant, le cerf ouvrit un œil pour rapidement devenir un James Potter encore ensommeillé qui regarda les lumières de l'aurore par la fenêtre avec un « merde » sonore. Il réveilla le chien et le rat :
- Dépêchez-vous les mecs, il va faire jour !
A peine éveillés, Sirius Black et Peter Pettigrew quittèrent leurs formes animales. Remus les contempla, encore admiratif de leur travail de transformation. Ils étaient de toute évidence extrêmement brillants pour leur âge…
En se relevant, Sirius fit une grimace et porta sa main à son épaule. Remus vit alors qu'il portait la trace d'une morsure qui saignait un peu.
- Qu'est-ce que c'est que cette morsure ? demanda-t-il, tout en pâlissant.
- C'est rien, grimaça Sirius…
- On te racontera plus tard, ajouta James, poussant ses deux amis vers le tunnel.
Et les trois maraudeurs disparurent prestement, laissant Remus seul.
Mais si l'un d'entre eux s'était retourné à ce moment là, peut-être qu'ils auraient pu éviter la suite….
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Remus ne vit qu'à peine ses amis sortir.
Il resta un long moment sans aucune réaction. Il y avait comme une brume autour de son cerveau, à l'intérieur de son crâne. Et une pensée, une seule qui s'imposa à lui, d'abord floue, puis claire et précise, et enfin obsédante.
Je l'ai mordu.
Je l'ai mordu.
Je suis un monstre.
Je ne suis rien d'autre qu'un monstre. Quelque chose entre la bête et l'homme. Non, quelque chose de moins qu'un animal. Je n'ai vraiment rien d'humain.
Je l'ai mordu.
Comment ai-je pu le mordre ?
Lui.
Je n'ai rien d'humain. Je n'ai rien d'animal. Je ne suis que monstrueux.
J'ai mordu celui que j'aime.
Mes sentiments disparaissent aussi quand il revient. Tout disparaît. Il n'y a que lui, que le monstre qui reste. Et ce monstre, c'est moi. Rien d'autre que moi.
Je l'ai mordu.
Le monstre a mordu celui que j'aime…
Ils avaient tous tort. Dumbledore surtout. Il m'a fait croire que j'étais comme les autres, normal.
Mais non, je suis un loup-garou. Je suis un monstre, et je ne suis que ça.
Il entendit Mme Pomfresh arriver. Il l'entendit et la sentit. Quel être humain pouvait entendre aussi bien ? Quel être humain pouvait sentir les gens ?
Non, décidément, il n'avait rien d'humain. Il était un monstre.
Cette pensée obsédante occupait tout son esprit et il fut incapable de parler lorsque l'infirmière lui demanda si tout allait bien.
Il se laissa emmener, toujours incapable de la moindre réaction.
Arrivés à l'infirmerie, Mme Pomfresh l'installa dans un lit. Elle l'examina, constata qu'il n'avait pas beaucoup de nouvelles cicatrices, appliqua sur celles-ci une pommade cicatrisante puis lui fit boire une potion pour lui permettre de récupérer de la fatigue de la transformation.
Remus se laissait faire, insensible à tout…La seule pensée qu'il était un monstre l'habitait tout entier. Comme une prise de conscience d'une réalité morbide, comme un réveil douloureux dans une existence abjecte.
Pourquoi l'avaient-ils découverts ? Pourquoi étaient-ils devenus ses amis ? Pourquoi lui avaient-ils fait croire qu'il était normal ? Et pourquoi était-il tombé amoureux ? Comment pouvait-il s'autoriser un sentiment ?
Les monstres n'avaient pas de sentiments. Les monstres étaient juste des monstres. Ils n'avaient rien à donner, que leur monstruosité. Ils n'avaient aucune utilité, qu'être des créatures malfaisantes.
Remus sentit le dégoût se propager dans tout son corps. Son corps de monstre…
Il ne serait jamais rien d'autre que ça…
Il eut un sursaut de lucidité. Le monstre devait disparaître. Il ne voulait plus de ça à l'intérieur de lui. Il n'y avait aucun espoir que le loup disparaisse. Aucun espoir qu'il soit un jour normal. Aucun espoir qu'il soit complètement humain.
Il ne pourrait pas être comme les autres. Il serait à tout jamais cette créature répugnante. C'était à lui de remédier à cela…
Mais la potion de Mme Pomfresh faisait son effet et il sombra dans un sommeil profond.
Voilà.
Ca vous plait encore?
Je vais essayer d'aller vite pour le prochain chapitre, mais je ne vous promets rien...Il ne reste que peu de vacances!
