Voilà un autre chapitre.

Je remercie tout particulièrement Tayplayrock pour me l'avoir corrigé. Un gros bisou à toi.

Et un gros merci à celles qui reviewent. Spécialement les anonymes que je ne peux remercier personellement.


Lorsque Sirius se leva le lendemain, il n'avait pas meilleure mine. Au contraire. On voyait parfaitement que la nuit n'avait pas été réparatrice. Quant à son humeur… Elle avait aussi pâti du manque de sommeil. James s'en aperçut tout de suite : à la place du « salut » matinal, il n'y avait eu qu'un grommellement comme réponse, et Peter en fut la première victime.

James n'avait pas parlé à Sirius de sa discussion avec Remus. Il avait promis de ne pas le faire. Ca ne l'empêchait pas de se poser des questions…

James choisit la pause de midi pour essayer de discuter avec Sirius.

- tu n'as pas encore dormi cette nuit, hein ?

- tu es devin ? demanda Sirius, ironique.

- En tout cas, ce n'est pas la peine de te venger sur nous…

- Je ne me venge pas…

- Ah oui ? on dirait que tu nous en veux…

Sirius soupira et eut un geste de mauvaise humeur.

- dis moi ce qui ne va pas, Sirius…

Mais Sirius gardait des yeux sombres et regardait loin devant lui.

- ça concerne Remus, n'est-ce pas ?

- je confirme, tu es vraiment devin… De nouveau l'ironie.

- Je ne comprends pas, Sirius, je ne te comprends pas. On est arrivé à temps, Remus va bien, mais toi…

- Quoi, moi ?

- Et bien, on dirait que… En fait, je n'en sais rien. Je ne sais pas ce que tu as. Je ne sais pas pourquoi tu es comme ça. C'était choquant, mais tout va bien maintenant…

- Bien sûr, tout va bien… Notre meilleur ami tente de se suicider mais tu as raison, tout va bien… On a été incapable de voir qu'il n'allait pas bien, incapable de l'aider. On ne s'est même pas retourné quand on est parti de la cabane. On aurait du le faire… Et il ne nous fait pas confiance, on n'est rien pour lui. On n'existe même pas…La voix de Sirius s'était faite plus dure, nerveuse et agressive.

James marqua un temps d'arrêt, surpris. Ses yeux voulaient lire à travers Sirius mais il n'y arrivait pas. Le tumulte des sentiments de celui-ci, et surtout la colère qui le dominait l'en empêchait. Il avait rarement vu son ami en colère. Et celle-ci était froide, et immense.

- tu te trompes, Sirius. On compte beaucoup pour lui… Il hésita, chassa le « surtout toi » qui lui vint en tête. Il est conscient de nous devoir beaucoup. Il sait aussi qu'il a fait une bêtise… Il n'y a pas de quoi rester en colère contre lui…

- il a voulu nous abandonner, James… Comment lui pardonner ? La voix de Sirius accusait maintenant un léger tremblement.

- Sirius, est-ce que…

- Ca suffit, James, laisse moi tranquille, maintenant… Oui je suis en colère… Alors, ne viens pas me chercher, d'accord ?

Sirius s'était rapproché de James et ses yeux, qui avaient virés au gris acier, lançaient un avertissement. James soupira, serra les lèvres et haussa les épaules. Ce n'était pas le moment pour poser des questions… Tant pis.

Ce jour-là, Sirius refusa d'accompagner James et Peter à l'infirmerie.

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Un cri de terreur réveilla brutalement James. Il se leva d'un bond, et vit les rideaux de Sirius ouvert. Et son ami, assis sur son lit, la respiration haletante. Il s'approcha de lui, mit la main sur son épaule :

- Sirius, ça va ?

Celui-ci essayait de se calmer et répondit faiblement :

- ça va, ça va…

- cauchemar ?

Sirius acquiesça.

Peter arriva :

- hé, c'est toi Sirius qui a crié ?

- oh, ça va… Je vous dis que ça va, foutez-moi la paix !…

James lança un regard à Peter qui haussa les épaules et retourna se coucher. James resta un moment hésitant sur ce qu'il devait faire. Mais Sirius était comme son frère, et visiblement il n'allait pas bien depuis que Remus avait…

Il s'assit près de Sirius. Celui-ci se passa les mains sur le visage, comme pour chasser les images de son cauchemar.

- c'est difficile à oublier, hein ? demanda James, à voix basse.

- Je n'y peux rien, les images sont toujours là… murmura Sirius. Je suis fatigué, James…Je voudrais dormir, mais j'ai peur de fermer les yeux, je le revois toujours …

James regarda Sirius. C'était étrange comme Sirius était très affecté, choqué par ce qui venait de se passer, la colère, les cauchemars…Bien davantage que lui. Peut-être parce que lui était resté et avait eu le temps de parler à Remus… A moins que… qu'il n'y ait autre chose.

Après la discussion qu'il avait eu avec Remus à l'infirmerie, James ne put s'empêcher de se poser la question. Est-ce que Sirius ressentait lui aussi quelque chose pour Remus ? Quelque chose de plus que de l'amitié ? Auquel cas, cela pouvait expliquer pourquoi il était autant choqué…

- Sirius, commença-t-il …

- Ce n'est rien, ça va passer…Il faudrait que j'arrive à dormir un peu…dormir sans cauchemar…

James le regarda et retint la question qui lui brûlait les lèvres. Ce n'était pas encore le moment… Il lui demanderait plus tard.

James sourit à Sirius et se leva, lui serra l'épaule et retourna se coucher.

Sirius soupira et s'allongea, les yeux ouverts. Essayer de se détendre, essayer de penser que tout n'allait pas si mal. Remus allait bien. C'était quand même le plus important, non ?

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Au début de l'après-midi, le professeur Dumbledore était à son bureau en train de rédiger une note, quand le professeur McGonagall entra dans son bureau. Elle le regarda écrire, puis s'assit dans un fauteuil en face de lui.

Dumbledore termina sa lettre puis leva les yeux vers elle :

- Oui, Minerva ?

- Comment va Remus Lupin ?

- Aussi bien que possible, disons qu'il récupère… Mais je suppose que vous n'êtes pas venue pour me demander de ses nouvelles ?

McGonagall sourit :

- non, effectivement. Puis elle quitta son sourire : en réalité, ce sont de ses compagnons dont je voulais vous parler.

Dumbledore leva les yeux par-dessus ses lunettes Elle continua :

- les jeunes Potter et Black ont été choqués…

- je le pense, oui, certainement.

- Mais particulièrement Sirius Black.

- Ah oui ?

- Il est très pâle et son comportement en classe… Il est bien trop silencieux. Ca ne lui ressemble pas, c'est … inquiétant.

- Ils ont besoin d'un peu de temps, c'est normal. Je n'aurais pas aimé être dans leur situation.

- Mais il a l'air vraiment très choqué…

- Minerva ! Etes-vous en train de me dire que vous vous faites du souci pour ce garçon ?

- Je dois avouer que oui. Il a beau faire les pires bêtises, il ne manque pas d'humour et il a un côté très attachant, vous savez… Je vois bien qu'il est bouleversé, et je ne sais quoi faire pour l'aider.

Dumbledore posa sa plume et prit un air songeur. Il eut un soupir.

- Ce n'est pas facile d'être adolescent… Ils sont encore fragiles, et leurs émotions les dominent…Ce qu'a fait Monsieur Lupin est grave. Ca a du les frapper, bien sûr. Ce genre de chose interpelle toujours les proches… Ils doivent se sentir un peu coupables…Je ne sais que vous dire, Minerva. Il marqua une pause. Faites-lui apporter du chocolat. Et sûrement que dès que Remus Lupin sera rentré dans son dortoir ça ira mieux, ils pourront s'expliquer…

- Peut-être, oui…

- Et ne vous en faites pas, d'ici quelques jours, il recommencera à vous amuser et à mériter une détention…

Le professeur McGonagall sourit à nouveau. Dumbledore avait sans doute raison. Elle se leva et s'apprêta à sortir.

- N'oubliez pas le chocolat, Minerva !

- Je n'oublie pas.

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En fin d'après-midi, seuls James et Peter allèrent voir Remus, comme la veille. Sirius avait encore refusé et James avait vu son regard se durcir. Il en voulait toujours à Remus. Et comme visiblement il avait passé encore une très mauvaise nuit, pas mieux que les précédentes, la fatigue ajoutait à son ressentiment. Il se montrait nerveux, et James ne prit pas la peine d'insister. Cependant il excusa son ami :

- je crois que Sirius a un peu de mal à digérer tout ça… Il va lui falloir un peu plus de temps…

Remus acquiesça, avec un soupçon de tristesse dans le regard. Il pouvait comprendre qu'il soit fâché. Lui-même s'en voulait d'avoir eu cette réaction stupide. Il n'aurait pas du perdre ainsi le contrôle. Mais il aurait pourtant bien voulu le voir. Juste le voir…

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Sirius se coucha plus vite que d'habitude. Il était fatigué mais surtout il voulait se retrouver seul. Il trouva du chocolat sur sa table de nuit et commença à le manger, mais ses pensées, qui allaient toujours vers Remus l'empêchèrent de le terminer. En fait, manger lui soulevait le cœur. Il avait réellement du mal à se ressaisir de ce qu'avait fait, ou voulu faire Remus. Et cela faisait plusieurs nuits que les cauchemars le réveillaient. Des cauchemars effrayants. Il ne voulait pas dormir, juste se reposer. Il appréhendait ce moment où encore l'un d'eux le réveillerait.

Il en voulait à Remus d'avoir tenté de se suicider. C'était quelque chose qu'il n'acceptait pas. Et l'image de Remus sous la corde était trop vivace dans son esprit.

Il avait trop de colère. Et il y avait autre chose, quelque chose qui se mêlait à sa colère mais qu'il avait du mal à identifier. Comme une immense impression d'abandon. Un gouffre de vide à l'intérieur de lui.

Ce qu'avait fait Remus lui apparaissait comme une trahison, comme un rejet. Et de sa part, Sirius ne pouvait le supporter. Ca le rongeait de l'intérieur, ça le détruisait petit à petit. Pas Remus. Il ne pouvait pas le laisser comme ça. Il n'avait pas le droit.

Sirius prenait conscience de ce qu'il éprouvait et ça le brûlait. Une douleur comme jamais il n'avait ressenti.

Surtout ne pas fermer les yeux. Il avait mal. Tellement mal. Et ses pensées qui ne voulaient pas s'orienter vers autre chose. Et cette image qui revenait sans cesse.

Pourtant, il ne pleurait pas. La souffrance était telle que les larmes ne coulaient pas. Bien sûr Sirius avait déjà éprouvé la souffrance, son enfance n'avait pas été des plus amusantes, dans une famille trop stricte et adepte des châtiments corporels. Mais cette souffrance là était bien pire. Aucun onguent n'allait la soulager.

Pourquoi Remus avait fait ça ? Pourquoi ne leur avait-il pas parlé ? Est-ce qu'il ne comptait pas pour Remus ?

Sirius se retourna. Il fallait essayer de penser à autre chose. Il se retourna encore. Les rideaux fermés de son lit l'oppressèrent tout à coup. Il se leva, les ouvrit brutalement. James et Peter dormaient. Il entendait leurs respirations calmes.

Comment pouvaient-ils dormir ? La colère de Sirius se retourna contre eux. Est-ce qu'ils arrivaient à ne pas penser à Remus ? Est-ce qu'il ne comptait pas pour eux ?

Pour lui, Remus était beaucoup. Remus lui était indispensable. Remus était…celui qu'il aimait.


Voilà...

J'espère que ça vous plait toujours. Je vous assure que c'est toujours une petite angoisse de poster un nouveau chapitre, parce que j'ai toujours un peu peur de vous décevoir...

Bises...