LE CHOUCHOU DU PROF (teatcher's pet)
Et voilà, un nouveau chapitre. J'ai un peu plus tardé pour ce chapitre. J'espère que mes fidèles lecteurs me pardonneront ! Lol ! Et un gros merci à ma gentille correctrice Orély(sans e) qui va à la vitesse de l'éclair pour ses corrections.
Alors tout d'abord petites réponses aux reviews :
SoRN DeMoN666 : Allez ! Encore une lectrice qui va aller lire la VO ! Mais il va me rester qui à moi ? Nan je rigole. C'est bien mieux d'aller lire la VO si vous le pouvez. Comme pour les films quoi ! Mais depuis que tu as déposé la review, tu as dû terminer ta lecture, tu en as pensé quoi ?
Gred : Ah ! Bonne nouvelle, tu aimes toujours ! Le contraire m'aurait fait beaucoup de peine ! Lol !
Tu as raison, le Sirius de Cobalt est très réussi je trouve, un gryffondor ascendant Serpentard en somme ! Quant à Peter, c'est vrai qu'il est plus sympathique qu'habituellement dans les fics. Je ne sais pas ce que nous concocte Cobalt pour la suite mais comme c'est un AU, on n'est pas obligés de tomber dans l'enchaînement, trahison de Peter, mort de James et Lily ... etc ...
Et tu as encore raison, je n'y avais pas pensé mais dans le trio, Peter joue effectivement un peu le rôle de Remus (en moins respecté, il me semble tout de même).
Faut pas trop en vouloir à Sirius, le pauvre chéri, il est maltraité chez lui ! Alors s'il fait un peu de mal à Mumus il a quelques excuses ! (Mais faudra pas qu'il exagère non plus ! Y'a des limites à ce qu'on peut tolérer tout de même !)
Miss Zabini : Aaah la miss ! Allez pour ta pénitence, tu nous réciteras 3 Merlins et 2 Viviane ! Alors sinon pour tes questions ... nan nan rassure toi, je ne l'avais pas mis dans mes notes ... de début. Nan c'était dans ma petite note de fin de chapitre 1 ... ahem ... et 3 Merlin de plus ! Lol !
Alors petit rappel : la fic est actuellement en cours d'écriture, et elle en est au chapitre 11. L'auteur, CobaltViolet m'a parlé d'une vingtaine de chapitres.
Et c'est quoi ces questions ? Un lemon bien juteux ! tssss, ces gamines ! Bon pour ta gouverne, il y a une scène un peu chaude dans le prochain chapitre, sinon la suite est assez sage il me semble (mais t'as le droit de la lire quand même ! ), en attendant les prochains chapitres dont je ne connais bien sûr, pas encore le contenu.
Miss Jad mais non t'étais pas en retard, c'est plutôt moi qui ne suis pas en avance sur ce chapitre. J'espère que le prochain sera plus facile à traduire, je me suis un peu arraché les cheveux sur certains passages, et ma petite bêta m'est bien utile crois moi.
Et en ce qui te concerne on attend avec impatience ton chapitre 3 maintenant !
Orély : AAAAaah ! Honte à moi qui avais mal orthographié ton nom la dernière fois ! Bon je vais me joindre à la Miss du dessus pour réciter des Merlins ! Mdr ! Merci pour ta review petite correctrice ! (j'espère que leur rendez vous ne t'a pas déçue)
Alana chantelune : hé oui pauvre Mumus, je ne sais pas où il met les pieds (ou plutôt le coeur !). lol. Sinon j'ignore quand cobalt nous livrera le prochain chapitre, c'est vrai que sa dernière mise à jour commence à dater maintenant. Mais une chose est sûre, elle continue à écrire régulièrement et elle n'a pas abandonné la fic : elle m'a parlé d'une vingtaine de chapitres au total. Croisons les doigts pour avoir le chapitre 12 rapidement !
Oxaline : marci marci pour la gentille appréciation ! Et oui il me semble que ça ressemblait à un rendez vous à moi aussi !
Je suis contente que tu aies aimé le passage sous la pluie parce que je l'aimais beaucoup aussi et que je me suis efforcée (sans être sûre d'y être parvenue) de retranscrire un peu de la poésie que Cobalt met dans son écriture. C'est très intéressant à faire mais aussi très compliqué !
Et Collectivement : tout plein de gros gros poutoux et de mercis, parce que vos encouragements m'aident beaucoup à continuer quand quelquefois j'ai un peu envie de baisser les bras devant la tâche ! Encore mille mercis à vous.
Précautions d'usage de l'auteur :
Avertissement : léger AU (univers alternatif). Techniquement, si c'était dans l'univers HP, ce serait situé à l'époque des maraudeurs. Soyez également avertis qu'il s'agit d' un slash qui implique une relation entre deux hommes.
James, Peter et Sirius ont environ 18 ans.
Pairings : Sirius Black/Remus lupin
disclaimer : je jure solennellement que je suis prête à beaucoup de choses avec ces personnages, mais je les rendrai à Mme Rowling dès que j'en aurai terminé.
Résumé : quand le professeur Lupin arrive à Hogwarts, Sirius Black est déterminé à tout pour le faire virer suite à un pari avec James. Et il est prêt à N'IMPORTE QUOI pour gagner ...
« l'éducation c'est le pouvoir de penser clairement, le pouvoir d'agir correctement dans le monde du travail, et le pouvoir d'apprécier la vie. »
Brigham Young
CHAPITRE 4
Le pub des trois balais était bourré de monde. Des élèves comme des professeurs qui, appuyés au bar, discutaient avec excitation et s'interpellaient les uns les autres au milieu des tables bondées, tous conscients du temps exécrable qu'il faisait dehors, mais rassurés par la chaleur crépitante du foyer central.
Remus fixait lugubrement sa choppe de Bièraubeurre tout en essayant de se dissimuler dans un coin sombre et en priant pour que personne – et surtout pas un autre professeur – ne remarque sa présence. Il s'enfonça un peu plus dans son siège avant de parcourir la pièce des yeux à la recherche de quelque visage familier, et gémit en apercevant McGonagall et Flitwick qui discutaient aimablement avec Dumbledore à l'autre bout de la pièce. Si quelqu'un devait remarquer celui qu'il allait rencontrer dans cet endroit, ce serait bien Dumbledore.
Il se mordit la lèvre et se demanda s'il ne serait pas plus sage d'attendre à l'extérieur, de dire à Sirius que tout compte fait, il lui était impossible de lui parler, et de s'en retourner vers le château. L'idée faisait son chemin tout doucement. Cependant, les trois professeurs migrèrent vers une table située juste à côté de la porte lui coupant ainsi toute tentative de retraite. Sombrement, Remus avala une grande gorgée de sa choppe et s'enfonça un peu plus dans son siège, réalisant qu'il n'avait dès lors, plus aucun espoir de fuite .
« Vous ne devriez pas boire aussi vite, » commenta une voix amusée quelque part derrière lui, « la Bièraubeurre est faite pour être ... savourée. »
Remus soupira. « Bonjour Sirius »
Le jeune homme sourit ironiquement, ses yeux luisant dans la pénombre du recoin. « Bonjour professeur. Ça vous ennuie si je m'assois ? »
Remus désigna une chaise en face de lui. « Je vous en prie »
« Merci. » Cependant, au lieu de prendre le siège indiqué, Sirius, une lueur malveillante flottant sur son visage, s'assit sur l'une des deux chaises proches de son professeur, faisant sursauter Remus qui, inconsciemment se recula le plus loin possible.
« Donc, au sujet de ces sortilèges ... »
Le jeune homme aux cheveux sombres pouffa. « Vous pensez vraiment que je suis venu ici pour vous parler de ces sorts ? » Il eut un sourire moqueur et secoua la tête en agitant ses cheveux un peu trop longs, rassemblés dans le dos en une queue de cheval.
« Non, cher professeur. En fait, je me suis dit que vous paraissiez quelque peu ... solitaire, et j'ai pensé que vous aimeriez peut-être avoir un peu de compagnie en ce magnifique samedi après-midi. »
Remus tiqua, se demandant si chaque phrase que Sirius prononçait, était teintée de sous entendus, ou si, - tout à coup il ne savait plus quoi penser – il s'imaginait des choses. 'C'est un élève', se remémora-t-il avec fermeté, les poings crispés sous la table tandis que Sirius se penchait et s'emparait nonchalamment de sa choppe pour la vider de son contenu. 'C'est ton élève.'
« Bon, » Sirius reposa la choppe et s'essuya la bouche d'un revers de main, « Vous voulez une autre Bièraubeurre professeur ? » il sourit et sans attendre de réponse, sortit de l'argent de sa poche. « Je paierai celle-ci si vous voulez. »
« Non, je dois vraiment .. » mais Remus ne put en dire plus, Sirius avait déjà glissé de son siège et sauté par dessus le bar, s'arrêtant au passage pour parler à plusieurs autres élèves et adresser un signe de tête à McGonagall, qui avait levé un sourcil avant de se retourner pour parler avec Flitwick.
Resté seul, Remus se sentit à nouveau envahi par ses pressentiments.
Soyez son mentor, songea-t-il avec ironie, se moquant silencieusement des paroles de Dumbledore. Soyez son putain de mentor. Le garçon est une menace, McGonagall avait raison, il prépare quelque chose. Qui donc tiendrait à passer son samedi après midi avec un professeur ?
Il n'alla cependant pas plus loin dans ses réflexions, Sirius revenait et plaçait deux choppes sur la table dans un claquement sonore.
« A nous deux, » déclara-t-il en se rasseyant, « Parlez moi donc un peu de vous »
Remus haussa les épaules et prit docilement sa Bièraubeurre. « Il n'y a pas grand chose à dire, » répondit-il avec douceur.
Sirius leva les yeux au ciel et se pencha un peu plus. « Ok, comme vous voulez, mais alors dites moi, qu'est ce que vous vouliez réellement faire après avoir quitté l'école ? »
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« Tu peux les voir ? » James frotta la vitre pour essayer de dissiper la buée qui l'avait envahie et se rapprocha pour mieux voir.
« Oui, là ! » Peter donna un coup de coude à James, le guidant vers son propre champ de vision. « Ils sont assis dans un coin, à l'autre bout de la pièce, face à face. Sirius vient juste de tendre une choppe de quelque chose à Lupin. »
« Il veut le saouler ? » James avait hurlé, mais le vent avait emporté ses paroles. Il fronça les sourcils, pas vraiment certain que la méthode soit admise par les règles du 'Pari'.
« Non, non, je pense qu'il lui tend ... » Peter loucha à travers la vitre embuée, « ... de la Bièraubeurre. Oui, je pense que c'est de la Bièraubeurre. »
James ronchonna, légèrement soulagé, et se tourna vers Peter. « T'as une idée de ce que c'est son plan à Sir ? » demanda-t-il en soufflant sur ses doigts histoire de les réchauffer.
« Aucune idée de ce que ça peut être, mais on dirait qu'il cherche à gagner l'amitié de ce prof. » Peter se mordit la lèvre et renifla, luttant encore contre le effets d'un refroidissement qu'il avait contracté la veille. « je continue de penser que ce n'est pas correct, » ajouta-t-il, déterminé à protester une dernière fois dans une tentative dérisoire pour que James fasse marche arrière et que Sirius fasse de même. « Enfin quoi, il n'est pas beaucoup plus vieux que nous et ... »
« Par la barbe de Merlin, Peter ! » James jura et pivota pour faire face à son ami. « Arrête les sermons ! t'es pas d'accord on a compris, mais tu nous l'as assez répété tu ne crois pas ? De toutes façons, quoi que tu dises, je sais que Sirius n'abandonnera pas le pari, et s'il refuse d'abandonner, alors je n'abandonne pas non plus. Je ne vais pas lui laisser tout cet argent ! J'en ai plus besoin que lui ! » Il se renfrogna et resserra sa cape autour de lui, ignorant l'air choqué de Peter. « si tu ne veux pas prendre part à tout ça, alors ne le fais pas. » ajouta-t-il, frottant à nouveau un coin de la vitre, « Mais arrête tes jugements à deux mornilles »
Peter ouvrit la bouche pour protester, puis la referma, résigné, en voyant James regarder résolument par la fenêtre affichant son air borné. Alors qu'il s'apprêtait à dire tout de même quelque chose, une excuse peut-être, James se retourna vers lui, paniqué.
« Vite, ils sortent ! »
« Quoi ? »
« Ils sortent ! Si Sirius nous surprend à l'espionner, on est morts. » Agrippant le bras de Peter, James l'entraîna rapidement loin du pub et ils traversèrent la rue. Les deux garçons tournèrent le dos au bâtiment puis se dirigèrent résolument vers la fenêtre de la poste, James priant pour que Sirius ne les remarque pas et Peter priant tout simplement.
Dans le reflet du vitrage, ils virent Sirius sortir du pub entraînant à sa suite, le professeur abasourdi.
«Dis moi Peter ? »
« Quoi ? »
« Est-ce que Sirius a dit à un moment quelconque que je ne pouvais pas intervenir de mon côté dans le pari ? »
« Qu'est-ce que tu veux dire ? »
« Hé bien ... » James fit une pause, pesant soigneusement les mots qu'il allait prononcer. « Sirius prend un tas de risques pour essayer de faire virer Lupin, et moi je ne fais rien. Peut-être que je devrais ... contrecarrer ses projets en quelque sorte. »
« Tu veux dire ruiner ses plans ? »
« Précisément. »
Peter haussa les épaules d'un air de doute. « Je ne sais pas, » dit-il, « Je ne crois pas que Sirius ait jamais dit que tu ne pouvais pas ... »
James sourit. « Dans ce cas, » dit-il d'un ton léger, « Je pense qu'il est temps de poursuivre notre petit espionnage. »
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Malgré le froid mordant et la pluie qui cinglait son visage, la Bièraubeurre continuait à réchauffer doucement l'estomac de Remus. Sirius marchait joyeusement à ses côtés, apparemment inconscient des éléments, tandis qu'il racontait une histoire au jeune professeur. Histoire qui impliquait McGonagall, une tasse qui mord et la tablée du petit déjeuner des professeurs dans le Grand Hall.
« Et alors, » poursuivait le jeune homme aux longs cheveux en bougeant ses mains avec animation pour appuyer ses explications, « Elle a pris la tasse – devant tout le monde, vous imaginez – et » Il ne put s'empêcher d'éclater de rire et Remus, incapable de résister à l'appel du rire de Sirius, sourit aussi. « ... et la tasse lui a mordu le nez. Sauf que James avait jeté un sort à la tasse pour qu'elle reste accrochée pendant vingt quatre heures, et donc ... elle a dû donner ses cours ... » son fou rire redoubla et malgré lui, Remus ne put s'empêcher de l'imiter.
« Oooh ... » il n'en pouvait plus, essuyant ses yeux, en partie à cause des larmes qui ruisselaient sur son visage, en partie à cause de la bruine qui avait commencé de tomber doucement. « J'aurais payé cher pour voir ça ! »
Sirius sourit tandis qu'ils s'arrêtaient à la sortie du village. « Hé bien ... je pourrais peut-être arranger ça. » Ses yeux étincelaient de malice, ses cheveux tombaient autour de son visage dans un désordre de mèches humides, et le rire de Remus mourut au fond de sa gorge.
« En tant que votre professeur Sirius, j'ai bien peur de devoir vous déconseiller toute tentative de plaisanterie de ce genre sur un membre du personnel, » dit-il, essayant d'ignorer la façon qu'avait Sirius de se passer une main dans les cheveux pour se recoiffer, un sourire amusé jouant sur ses lèvres. « Particulièrement aux dépends de cette pauvre professeur McGonagall. Je suis sûr qu'à vous deux, M. Potter et vous, êtes responsables des mèches grises qui commencent à strier ses cheveux. »
Sirius haussa les épaules, visiblement indifférent. « A quoi servent les profs si on ne peut pas les humilier ? » demanda-t-il d'une voix à la limite de ... Remus s'interrogeait ... l'arrogance ?
« Hé bien, à une chose au moins, ils vous enseignent leur savoir. Je suis sûr que vous serez d'accord sur l'importance d'apprendre les 'Sortilèges' par exemple. »
Il y eut un ricanement et Sirius se retourna. « Des 'Sortilèges', mais pour quoi faire ? »
« Les tâches domestiques ? Un jour Sirius, je suis sûr que vous vous marierez, et je ne pense pas que votre femme sera très contente si elle doit faire seule, tout le travail de la maison. »
« Me marier ? Moi ? » le rire de Sirius ressemblait à un aboiement rauque tandis qu'il penchait la tête en arrière vers le ciel, les yeux fermés pour profiter de la fraîcheur de la bruine. « Je vais vous révéler un petit secret professeur, le mariage n'est pas vraiment ... ma tasse de thé » Il sourit amèrement et Remus se mordit la lèvre, se demandant comment la conversation avait pu prendre un tour aussi sérieux. « Je ne suis pas exactement du genre à me marier. D'ailleurs, » un autre rire ; celui-ci dur et forcé, « je suis sûr que ma famille me trouvera une femme parfaitement convenable pourvue d'une dot parfaitement convenable et entourée d'une quantité d'elfes de maison parfaitement convenable. »
« Votre famille ? »
Sirius ouvrit de grands yeux, les traits empreints de scepticisme. « Ne me dites pas qu'on ne vous a rien dit ? »
« Dit quoi ? »
« Ma famille, » Sirius parlait lentement, « Ce sont les Black. »
Remus haussa les épaules. « Et alors ? je suis sûr qu'un tas de gens portent ce nom. »
Sirius soupira et se décida à regarder le jeune professeur.
« Non, vous n'avez pas saisi je pense, Black comme 'la Noble et Très Ancienne Maison des Black'. ».
« Oh ... » Remus cligna des paupières avec l'impression d'avoir reçu un coup à l'estomac. « Des sang pur .. »
« Tous autant qu'ils sont, » approuva Sirius. Il soupira à nouveau et se détourna de Remus. « Je suis surpris de voir que vous n'en sachiez rien, » confessa-t-il, ses doigts jouant machinalement avec l'un des boutons de sa veste de cuir. « Toute l'école est au courant. » Ses lèvres se crispèrent bien que Remus ne puisse pas les voir, « Je suppose que c'est l'une des premières choses que les gens apprennent à propos de moi. Ma réputation semble toujours me précéder. » Sa voix était aigrie.
Le ton amer surprit Remus. Apprendre la vérité à propos de la famille de Sirius lui avait fait un choc, et non des moindres, parce que ça signifiait qu'il enseignait à un membre de l'infâme famille des Black sans le savoir – ou sans l'avoir réalisé. Toutefois, à présent que le secret avait été éventé, il commençait à entrevoir plusieurs indices qui auraient pu le mettre sur la voie. Le physique de Sirius par exemple. Les cheveux noirs, lisses, et les yeux clairs étaient un trait commun à la famille, dont les Black s'enorgueillissaient. Son goût infaillible en matière vestimentaire en était un autre. Et même, pensa Remus tristement, quelques traits de son comportement le distinguaient des autres. Sa beauté, sa fierté, son arrogance parfaitement maîtrisée par exemple, et sa tendance à employer un ton sarcastique, même quand il se voulait poli.
Cependant ... Remus plissa le front. Plusieurs éléments ne collaient pas avec ce qu'il avait entendu dire, le premier et le plus évident étant que Sirius était un gryffondor et non un Serpentard. La conduite du garçon également, n'était pas entièrement à blamer. Il avait l'impression que sous ses apparences de garçon arrogant et fauteur de troubles, un cœur bon et fort battait. 'Pas étonnant que Dumbledore pense qu'il a besoin de quelqu'un pour le guider ...' songea-t-il.
« Je suppose que vous ne tenez plus à fréquenter quelqu'un comme moi à présent » poursuivit Sirius avec détachement, bien que sa voix comportât une légère touche de désappointement. « Je suis un Black, après tout. »
Remus prit une grande aspiration. Il tenait là une chance de revenir à des relations purement professeur/élève – quelle que soit la nature de ce qu'elles étaient devenues -. « Vous êtes peut-être un Black, » dit-il avec douceur, se surprenant lui-même, « Mais vous êtes aussi Sirius. Et je pense que 'Sirius' est quelqu'un qui mérite d'être connu. »
Il y eut une pause tandis que Sirius le regardait fixement. Seuls s'entendaient le léger bruissement de la bruine sur les feuilles des arbres proches, et au loin, les cris d'étudiants de Poudlard qui se promenaient dans le village. Tout près, un oiseau siffla une fois, deux fois, et se tut finalement tandis que Sirius ouvrait de grands yeux, arborant une expression incrédule. Remus de son côté, sourit faiblement, puis se retourna pour regarder vers l'école.
« Je pense que nous devrions rentrer à présent » comenta-t-il paisiblement tout en commençant déjà à avancer.
« Attendez ! » des mains fortes s'agrippèrent à son bras, le faisant pivoter pour faire face à Sirius à nouveau. « Est-ce que ... est-ce que vous le pensiez vraiment ? » les yeux gris de l'élève le fixaient intensément, une expression étrange de gravité sur le visage.
« Bien sûr que oui, une chose que vous apprendrez à propos de moi Mr Black, c'est que je ne dis jamais rien que je ne pense pas vraiment. »
« Professeur ... non. » Sirius secoua la tête. « Écoutez ... c'est quoi votre prénom ? Je ne peux pas continuer à vous appeler 'professeur', ou 'professeur Lupin' »
Remus hésita, se mordant la lèvre. « Remus, » finit-il par dire en relevant les yeux pour rencontrer le regard de Sirius. « Mon prénom est Remus. »
« Ecoutez Remus ... » Sirius expira brusquement. « J'apprécie ce que vous avez dit. » Son regard s'adoucit. « Merci. »
« Je vous en prie. » Remus sourit puis scruta le ciel. « Je pense vraiment qu'on ferait mieux de rentrer, « commenta-t-il, « Il va bientôt tomber des cordes. »
Sirius approuva, et tous deux commencèrent à redescendre la colline en silence. Tandis qu'ils marchaient, la bruine se mit à tomber plus fort, obscurcissant l'horizon en les entourant d'un épais rideau gris. Remus frissonna et resserra sa cape autour de son corps, se demandant brièvement pourquoi il n'avait pas pensé à retourner s'abriter dans le pub. À ses côtés, Sirius avançait péniblement, s'arrêtant régulièrement pour écarter de son visage, des mèches de cheveux trempés .
Tout à coup, sans prévenir, la pluie se transforma en trombes d'eau.
Remus crut entendre Sirius crier « courez ! » , mais il n'en était pas sûr. Il obéit cependant et se rua sous le couvert de l'arbre le plus proche, dont les branches s'étendaient tout contre l'austère ciel gris. Une fois sous sa protection, il eut l'impression d'un bref répit dans le déluge qui lui tombait dessus. Quelques secondes plus tard, Sirius le rejoignait sous son abri, et tous deux se réfugièrent contre le tronc, scrutant le rideau de pluie.
« Je pense que les éléments se sont ligués contre nous » constata tristement Sirius en rompant le silence qui s'était rapidement installé.
« Ça ne me surprendrait pas. » Remus renifla et chassa l'eau de son visage du mieux qu'il put, essayant d'ignorer les gouttes de pluie qui tombaient au travers du feuillage pour s'écraser dans son cou, le faisant frissonner. Il renifla à nouveau et fourra ses mains dans ses poches, s'efforçant obstinément de ne pas tourner le dos, embarrassé par l'atmosphère pesante qui s'était installée entre lui et Sirius sous le couvert de l'arbre.
« Donc ... je vous ai déjà tout dit à mon sujet, mais vous ne m'avez rien dit de ce que vous voudriez faire ? » Remus jeta un coup d'oeil de côté à Sirius et vit qu'il le fixait. Des gouttelettes d'eau s'accrochaient à ses mèches et sur sa peau, scintillantes sous la lumière grise. Ses cheveux trempés, tombaient sur son visage et sur son cou en une caresse intime et Remus dut détourner les yeux, sentant une chaleur se diffuser dans tout son corps sous le regard brûlant et acéré de Sirius.
Celui-ci haussa les épaules et regarda au loin lui aussi, les cheveux étirés sur sa nuque. « Je n'en suis pas entièrement sûr. Peut-être 'Auror ' mais je pense que ça rendrait ma famille encore plus dingue que le fait d'avoir atterri chez les gryffondor. » Il ricana et sa main parcourut ses cheveux trempés pour les dégager de son visage puis grimaça en constatant que ses doigts étaient devenus poisseux. « J'aimerais faire de la musique je pense, » dit-il soudain, impulsivement. « Je ... J'aime ça. La musique, je veux dire. Je sais que ce serait gaspiller mes études à Poudlard, mais je me disais ... de la musique moldue peut-être. » Il rit, l'air gêné. « Ça paraît stupide je sais, mais je n'ai jamais ... je n'en avais jamais réellement parlé à quelqu'un d'autre auparavant. »
Remus le dévisagea, attentif. « Je pense que vous devriez faire ce que vous voulez vraiment, » dit-il avec douceur. « Ça ne sert à rien d'essayer de faire carrière dans quelque chose qui ne vous passionne pas. » Il sourit. « Si vous pensez que vous voulez faire de la musique, si vous êtes déterminé Sirius, alors je suis sûr que vous réussirez.
« Est-ce que vous essayez de me faire la morale professeur Lupin ? » L'adolescent maladroit, légèrement intimidé, avait disparu, laissant à Remus l'impression qu'il avait perdu quelque chose de très précieux, et la créature boudeuse, sensuelle du pub était de retour. « Parce que je suis sûr que vous, ne faites pas ce que vous voudriez faire. »
Remus haussa les épaules. « J'ai toujours voulu enseigner, » répondit-il doucement « On m'a dit que ce serait une bonne expérience. »
« Mais ce n'est pas ce que vous vouliez faire réellement n'est-ce-pas ? » Sirius s'était rapproché, dardant son regard brûlant sur le visage de Remus. «Sans blague, qui donc aurait vraiment envie d'enseigner à une bande de gamins stupides ? »
« Vous vous incluez dans la bande je présume ? »
« Non, » Sirius eut un sourire mauvais, désabusé, « Il n'y a rien que vous puissiez m'enseigner que je ne sache déjà. » il sourit. « L'avantage d'avoir une famille obsédée par les Forces du Mal. »
Remus releva un sourcil. « Donc, la question était 'qu'est ce que je veux faire vraiment' ? »
« Vraiment et réellement »
Le loup garou se mordit la lèvre, pensif. « Réellement . Je dirais ... probablement écrire un livre. Créer quelque chose qui soit totalement unique et qui vienne de moi, que personne d'autre n'ait fait avant moi. « Il décocha un petit sourire à Sirius. « Ainsi vous voyez, je pense que nos ambitions à vous comme à moi, font un peu cliché et paraissent un peu stupides. »
Sirius rit. « Mais nous les réaliserons néanmoins. »
Remus rit à son tour, et le silence redescendit, gênant et pesant, comme une chape les recouvrant tous les deux. Remus réfléchit, essayant d'estimer s'ils étaient loin de Poudlard, loin du village, dans combien de temps la pluie s'arrêterait, pourquoi Sirius s'était montré si ... il se secoua et dirigea son regard vers l'herbe détrempée loin devant eux.
Seuls s'entendaient la légère caresse de la pluie et le doux clapotis qu'elle faisait sur les feuilles.
Sirius toussa et pivota dans un bruit d'aspiration provoqué par ses bottes sur le sol boueux.
Inspire... expire ... Remus se concentra sur le rythme, essayant de faire le vide dans son esprit tandis qu'il regardait droit devant lui. Inspire ... expire. Il commençait à trembler légèrement, et ce n'était pas simplement dû au froid. Mais plutôt à la pénible, froide constatation d'une émotion qui n'existait pas en lui la veille et lui transperçait les veines à la vue , du coin de l'oeil, de Sirius qui négligemment, avait commencé à se mordiller les ongles. Inspire ...
« Hey, pro – Remus ? »
« Mmm ? » Remus tourna la tête complètement, faisant face à Sirius. Quelqu'un d'aussi jeune ne devrait pas avoir l'air si ... si ... expire.
Sirius se retourna à son tour.
Inspire.
Soudain, des mains pâles s'agrippèrent à Remus par le col de sa robe, l'amenant au bord du déséquilibre. Avant qu'il ne puisse faire un geste ou émettre un mot de protestation, des lèvres s'étaient emparées des siennes, affamées, dans un geste quasi désespéré. Les doigts de Sirius s'enroulaient dans ses cheveux, l'attirant encore plus près, s'assurant qu'il ne pourrait pas s'échapper.
C'est mon élève ; c'est mon élève ... les mots ne cessaient de tourner dans la tête de Remus, alors même que Sirius se rapprochait encore. C'est mal, c'est mon élève, je ne devrais pas le laisser ... c'est compliqué ... si quelqu'un nous voit ... si quelqu'un découvre ... je ne l'aime pas, je ne suis pas attiré par lui ...
Un doux gémissement vibrait contre ses lèvres, et Sirius avait cueilli son visage entre ses mains, prolongeant le baiser. Remus pouvait goûter l'odeur piquante et métallique de l'eau de pluie mêlée à l'humidité torride de la bouche de Sirius ; la douceur épicée caractéristique du jeune homme et la saveur suave, douce-amère de la Bièraubeurre. Il haleta et Sirius se recula, à une portée de souffle, puis il l'embrassa à nouveau, avec plus de douceur cette fois-ci, entrouvrant ses lèvres avec lenteur.
Lentement, avec hésitation, Remus tendit ses mains qui s'égarèrent dans les mèches noires et trempées tombant sur les épaules de Sirius en un rideau humide. Il lui fallut un moment pour réaliser qu'il était en train d'embrasser le jeune homme, et que Sirius murmurait des mots d'encouragement contre sa bouche tandis qu'il entrelaçait ses doigts dans la longue chevelure noire, l'attirant encore plus près de lui.
... Tu devrais le repousser ... fut sa dernière pensée cohérente avant que Sirius n'écarte ses lèvres, l'amenant encore plus près.
Il pouvait sentir le vêtement humide contre sa peau, collant, froid, visqueux, contrastant avec l'élan de chaleur qui se répandit à travers son corps au moment où les doigts de Sirius lui caressèrent la joue. Il pouvait ressentir le désir de Sirius, et, à la fois, la sensation brûlante de sa langue qui doucement, avec précaution se mêlait à la sienne et la sensation glaciale de l'eau de pluie qui s'infiltrait dans son cou.
Lentement ils se séparèrent, les lèvres enflées et luisantes.
Expire ... se remémora Remus. Continue à respirer.
Sirius se passa la langue sur les lèvres avec un petit sourire.
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« Qu'est ce qu'ils sont en train de faire là ? » James se tortillait d'un pied sur l'autre avec impatience.
« Allez Pete, donne moi des détails. »
« Heu ... » Peter cligna des yeux et chassa la pluie de ses yeux tandis qu'il luttait pour garder le contact visuel avec les deux silhouettes au loin. « Je ne vois presque rien ... »
« T'as besoin de lunettes ou quoi ? Franchement mon pote ! » James grognant d'impatience, arracha le scopionage des mains de Peter et le porta à ses yeux. « Je ne regrette pas de t'avoir convaincu d'acheter un de ces machins, » ajouta-t-il, scrutant à travers l'oeilleton, « on aurait été marrons sans ça non ? »
« Je n'ai toujours pas compris pourquoi on devait le payer avec mon argent, » grogna Peter en se croisant les bras.
« Je te l'ai dit, je suis fauché. Je te ... »
« ... rembourserai. Ouais, c'est ça Potter. Combien de fois je l'ai déjà entendue celle là ? »
« D'accord, d'accord, mais est-ce que tu n'es pas content qu'on s'introduise dans l'intimité de Sirius et de notre cher professeur ? »
« Non je te l'ai déjà dit, je n'aime pas ça. « Peter fronça les sourcils, serrant les lèvres et délibérément regarda loin de James, qui observait toujours à travers le scopionage. Soupirant il fit un tour d'horizon de la campagne environnante tandis qu'il entendait son ami bougonner dans sa barbe.
« ... J'arrive pas à y croire ... de toute façon comment est-ce qu'il peut penser qu'être ami avec Lupin pourra l'aider ? Ça doit être ... je me demande s'il va lui jouer un tour ... bon sang ... qu'est-ce que ça tombe ! ... »
« J'avais remarqué, » commenta fraîchement Peter tout en resserrant son écharpe autour de son cou. « Est-ce qu'il serait possible de rentrer maintenant ? »
« Non, non, encore un petit ... » James s'arrêta net, les yeux élargis. « Nom d'un petit bonhomme ! »
« Quoi ? Qu'est ce qu'il y a ? » Peter sursauta et se retourna vers James dont les yeux étaient pratiquement collés au Scope.
« Ils... Sirius ... » La bouche de James s'ouvrait et se refermait.
« Quoi ? » grondant d'impatience, Peter arracha le Scope des mains de James et scruta à son tour. « Quoi ? » Je ne vois rien ! Ils sont là c'est tout ! »
« Quoi ! Donne moi ça ! » James récupéra l'objet et regarda à nouveau par la lorgnette. « Je ... Je te jure... » murmura-t-il dépité, « Je te jure qu'ils étaient en train de s'embrasser. »
« Est ce que tu serais pas un peu malade ? » demanda Peter sur le ton de la conversation, comme il aurait dit 'as-tu assez mangé ? '
« Non, sérieusement ! » James frotta la boule et scruta à nouveau. « Je n'ai pas imaginé des choses, je te promets. »
« Bien sûr James. »
« Tu ne me crois pas ! » James fourra le Scope dans sa poche et lança un regard noir à Peter.
« Non effectivement. Maintenant je vais rentrer à l'école, ok ? Je suis trempé et j'ai froid. »
« hey ! Attends moi ! »
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Le tic tac régulier de l'horloge sur le mur était le seul bruit perceptible dans le bureau de Remus. Sa cape pendait sur le dossier de son fauteuil, encore à moitié trempée et sentant le moisi, ses chaussures avaient été placées soigneusement face au feu afin de sécher, et ses livres avaient été déposés avec précaution sur le bureau et ils étaient restés là, intacts.
Remus était assis dans le fauteuil, le menton dans les mains, fixant le feu. Il était tard ; tout le monde à l'école était dans son lit, endormi. Lui seul était encore debout, inquiet tandis que le vent gémissait dehors et que les flammes du grand foyer crépitaient joyeusement, leur danse projetant des ombres mouvantes sur les murs.
Je suis son professeur.
Remus ferma les yeux et plongea son visage dans ses mains. Sirius était son élève – mais à quoi pensait-il cet après midi ? Embrasser un élève était déjà assez moche, mais embrasser Sirius Black était dix fois pire. Le garçon était un sang pur, Remus était un loup-garou ; Sirius était un effronté, une forte tête, un semeur de désordre de dix huit ans, et lui un paisible, sobre et réservé professeur de dix neuf ans. Rien n'était possible entre eux, d'ailleurs, il n'était pas attiré par Sirius, il ...
.. si, il l'était.
Remus se mordit la lèvre, fort. Se mentir à lui même ne mènerait nulle part. Il devait faire face à la situation s'il voulait réussir à la gérer . Il était attiré par Sirius, d'accord, il pouvait l'admettre. Cependant, il lutterait contre ça. Le baiser de cet après midi avait été une erreur – une de ces erreurs causées par l'ennui et les hormones d'adolescents.
Faisant taire la petite voix dans sa tête - qui lui faisait remarquer que techniquement, il n'était encore lui-même qu'un adolescent et que douze mois de plus faisaient évidemment de lui une personne beaucoup plus mature et raisonnable - le jeune professeur se leva et se dirigea vers la fenêtre. Il l'ouvrit brusquement et inspira profondément, avalant goulûment l'air froid et humide de la nuit, et le laissa lui laver le visage tandis que le vent pénétrait dans la pièce, faisant voler différents morceaux de parchemin et lui balayant les cheveux.
Les bras croisés dans l'encadrement de la fenêtre, Remus se pencha aussi loin qu'il le put, simplement pour savourer l'odeur de l'air vif et de la terre mouillée. Le vent soufflait encore, mais plus aussi fort, et la pluie s'était calmée jusqu'à ne plus tomber qu'en fines gouttelettes. Derrière lui, la pièce semblait teintée du même or que les parchemins sous la lumière du feu, mais face à lui, l'air était pareil à du velours noir, mystérieux, et se faisait plus glacial à chaque minute.
Tandis qu'il restait là, suspendu entre deux mondes, le vent amena un faible bruit jusqu'à lui, et il cligna des yeux, étonné.
Une douce mélodie, comme murmurée montait dans la nuit, faible mais claire, ses notes sonnant comme une cloche dans le silence du souffle du vent. Elle résonnait pour le monde entier comme si quelqu'un se tenait en haut de la tour, jouant, inconscient du monde autour de lui et de quiconque pourrait l'écouter.
Sans vraiment y penser, Remus attrapa sa cape et sortit lentement de son bureau, grimpant l'escalier en spirale d'un pas silencieux. Son souffle se muait en buée devant lui, au fur et à mesure qu'il progressait pour atteindre le sommet, et la musique devenait plus forte et plus claire à chaque marche. Il s'arrêta en haut et hésita, une main tendue pour pousser la lourde porte de chêne et découvrir qui se trouvait là, au sommet de la tour à cette heure tardive.
Tandis qu'il hésitait, la mélodie changea, se fit plus lente. Elle devint plus profonde et plus sombre en une cascade de notes qui, quelque part semblait dénoter d'une douceur amère. Remus pensa reconnaître la mélodie mais ne put mettre un nom dessus.
Doucement, de façon à ne pas perturber le musicien, il poussa la porte et scruta l'intérieur.
Une silhouette mince se découpait sur le ciel sombre, se balançant lentement au rythme de la musique et le mouvement d'un archet indiquait sans nul doute un violon. Le musicien tournait le dos à Remus, et celui-ci ne parvenait pas à distinguer ses traits dans la pénombre. Il vit la silhouette se tourner légèrement, sa tête se redresser dans un angle précis et ses doigts caresser les cordes, produisant un effet douloureusement triste, chaque note semblant se prolonger, alors que la suivante vibrait déjà.
Remus hésita un moment, ne sachant s'il devait s'immiscer dans cet instant à l'évidence privé pour demander à l'élève de retourner dans son dortoir, ou s'il devait tout simplement partir.
Le morceau suivant le décida, tandis que la musique se faisait légère, douce, moins lugubre mais encore triste et que le violoniste commençait à fredonner doucement, une merveilleuse chanson sans paroles. Il se balançait toujours et le mouvement de l'archet devint incroyablement rapide, les deux sons, le violon et la voix mêlés, flottaient dans l'air de la nuit dans une parfaite et entière harmonie.
Sans faire de bruit, Remus redescendit lentement l'escalier en spirale.
Et là haut dans la tour, inconscient de tout le reste, Sirius jouait.
A suivre ...
Note de l'auteur : le prochain sera probablement un peu grivois. Vous êtes prévenus.
Note de oame : Aïe aïe aïe ! Mais dans quoi je me suis embarquée moi ! LOL.
Bon, sinon je le précise pour les lecteurs qui n'auraient pas lu les réponses aux reviews et qui se posent des questions : CobaltViolet pense que la fic comptera une vingtaine de chapitres au total, donc elle n'a pas l'intention de l'abandonner. Aux dernières nouvelles elle n'avait pas commencé à écrire le chapitre 12, mais ça remonte à plus d'un mois maintenant, donc peut-être qu'il est en cours à présent.
Valàà. Bonne lecture à vous et n'oubliez pas le guide (oups traductrice en l'occurence )
