LE CHOUCHOU DU PROF (teatcher's pet)
Chapitre corrigé grâce aux bons soins d'Orély à qui je fais de gros bizzoux !
Sinon j'ai lu une nouvelle sur le blog de Cobalt qui fera plaisir à tous ceux qui suivent teatcher's pet : elle est en train d'écrire le chapitre 12 et prévoit sa parution aux alentours de Noël !
Mouais, enfin moi je n'en suis pas encore là !
Bonjour tout le monde ! Bon, on dirait qu'il se confirme que je peux difficilement faire mieux que le délai d'un mois entre deux parutions. Il faut aller vous plaindre auprès de l'auteur qui écrit des chapitres aussi longs ! Lol ! Mais je suis bien sûre que ceux qui apprécient l'histoire, ne vont pas se plaindre de la longueur des chapitres !
Je voulais remercier cette fois ci encore mes sympathiques revieweuses, parce que j'ai été gâtée avec ce dernier chapitre ! avec une mention spéciale pour deux petites nouvelles, Leagatha et Enora que je remercie pour leur belle participation !
Léa, je suis contente que Jenny t'ait parlé de cette histoire et j'espère que tu continueras à être aussi fidèle. En tout cas, merci de ton enthousiasme, ça me fait très plaisir. Bizzoux.
Enora : Dis donc toi ! Tu m'as traité de flemmarde je te signale ! Je voudrais t'y voir moi ! Continue plutôt ta fic que j'aime vraiment. D'ailleurs je voulais te dire que je trouve qu'une fic aussi bien écrite, drôle et avec une histoire traitée de façon originale sur nos petits diablotins de maraudeurs devrait recueillir plus de reviews mais persévère et je suis sûre que ça viendra ,bizzoux
SoRN DeMoN666 : Ah, tu n'as pas fini la lecture, tu auras donc quelques surprises ! Et si le chapitre 4 est l'un de tes préférés, celui-ci devrait te plaire aussi (je ne sais toujours pas pourquoi, Ahem !). et quant au Sirius violonneux, tu as dû voir qu'on le retrouve plus tard !
J'ai vu que tu t'étais lancée aussi dans une traduction. J'ai lu I'm not jealous il y a quelques temps mais je ne m'en souviens plus beaucoup, alors ta traduciton me donnera l'occasion de m'y replonger. Pour l'instant, je n'ai pas encore eu le temps de la lire (c'est quand même un gros boulot la traduc ) mais je vais le faire, promis !
Un gros poutoux.
Mikki : Tout d'abord merci de cette longue review, surtout si tu n'étais pas emballée au départ. C'est vrai que dans les UA, il faut accepter le changement de règles du jeu. Au passage, il n'est jamais dit que Remus est allé à Hogwarts. Comme manifestement les trois autres ne le connaissent pas et vu leur peu de différence d'âge, on peut en conclure qu'il a fait ses études ailleurs (Je te rappelle qu'Hogwarts n'est pas la seule école dans le monde de la sorcellerie).
Là on ne retrouve plus nos quatre maraudeurs, mais seulement trois. D'ailleurs, ils ne s'appellent pas les 'maraudeurs'. Et Remus est un professeur. Mais le changement permet justement une nouvelle vision dans la relation Sirius/Remus qui n'est plus d'égal à égal, mais de professeur à élève.
Je sais que je n'ai pas toujours soigné la forme (les majuscules par exemple) et avec l'aide de Orely, on va corriger les premiers chapitres. J'espère en tout cas, que la suite de l'histoire te plaira et que tu continueras à la lire. Bizz à toi.
Gred : merci merci merci merci merci ! Lol ! Yep, tu vas voir que le piège dans lequel Sirius s'est enfermé tout seul est en train de se refermer ! Un gros bizou pour toi.
Miss Zabini (la seule, l'unique, parfaitement) : tu sais que je suis très contente que ton anglais laisse à désirer parce que comme ça je suis sûre qu'une lectrice au moins n'aura pas lu la fic dans sa version originale avant que j'aie terminé de tout traduire ! Chuis pas très sympa moi j'ai l'impression ! Lol ! Hé non, Remus n'a pas fait le rapprochememnt avec ce que lui avait dit Sirius mais peut-être plus tard qui sait ? Gros poutoux!
Orely : ma petite relectrice ! Oui moi aussi quand j'ai lu l'histoire pour la première fois, j'ai eu peur que Sirius ne joue un très mauvais tour à Remus ! le Pauv petit choupinet, il ne mérite pas ça ! Et Sirius a l'air tellement machiavélique ! Mais ne compte pas sur moi pour révéler s'il l'a fait ou non ! Hé hé hé ... bizzzzzz !
Miss Jad : Ooooh ! Merci pour le compliment ! Venant de quelqu'un qui traduit aussi bien, ça me fait vraiment très plaisir !
C'est vrai que Sirius aurait mérité de connaître Remus plus tôt ! Il aurait sans doute été moins imbu de sa persone et un peu moins égoïste ! Mais qui sait, il a encore le temps de changer ... avec les bonnes influences ! Plein de gros bizzzoux.
Oxaline : Aah ! Le baiser sous l'arbre, la pluie, les petits oiseaux, tout ça ... très romantique n'est-ce pas ? Ce chapitre est dirons nous ... plus direct ! Merci à toi pour le compliment et pour la fidélité, trop gentille ! Poutoux.
Précautions d'usage de l'auteur :
Avertissement : léger AU (univers alternatif). Techniquement, si c'était dans l'univers HP, ce serait situé à l'époque des maraudeurs. Soyez également avertis qu'il s'agit d' un slash qui implique une relation entre deux hommes.
James, Peter et Sirius ont environ 18 ans.
Pairings : Sirius Black/Remus lupin
disclaimer : je jure solennellement que je suis prête à beaucoup de choses avec ces personnages, mais je les rendrai à Mme Rowling dès que j'en aurai terminé.
Résumé : quand le professeur Lupin arrive à Hogwarts, Sirius Black est déterminé à tout pour le faire virer suite à un pari avec James. Et il est prêt à N'IMPORTE QUOI pour gagner ...
'Le but de l'éducation devrait être de nous enseigner comment penser plutôt que ce qu'il faut penser – devrait plutôt nous entraîner l'esprit pour que l'on soit capables de penser par nous mêmes, plutôt que de charger nos mémoires avec les pensées des autres hommes.'
Chapitre
Cinq
« Toi » s'exclama James en pointant un doigt accusateur vers Sirius qui rentrait tout juste dans leur dortoir, les cheveux en bataille, « Tu as décidé de le séduire, c'est bien ça ? »
« Je ne vois pas de quoi tu veux parler. » Le visage de Sirius reflétait l'image même de l'innocence tandis qu'il déposait négligemment l'écrin du violon sous son lit, peu désireux d'entendre James ou Peter le questionner sur le sujet.
James croisa les bras.
« Ne mens pas, on t'a vu cet après-midi ! »
« Oui, enfin pas moi , » Corrigea Peter, « Mais James m'a affirmé qu'il vous avait vu tous les deux vous ... heu .. »
« Vous embrasser » James fronça les sourcils. « Pourquoi au nom de Merlin, étiez-vous en train de vous embrasser ? »
« Je ne vois pas de quoi tu veux parler, » répéta Sirius qui se lissa les cheveux d'un air détaché, puis se pencha pour extraire un pyjama de son casier.
« Tu as dû te tromper Jamie. Enfin quoi, si tu penses vraiment que j'aurais pu embrasser le professeur Lupin ... » Il se retourna et commença à déboutonner sa chemise. « Franchement, tu as besoin de te faire examiner la tête. »
« Très bien dans ce cas, si tu ne l'embrassais pas et si tu n'as pas décidé de le séduire, comment comptes tu donc t'y prendre pour le faire virer ? » James ignora le hoquet désapprobateur de Peter et commença à pousser ses livres de classe en tas sous son lit, évitant délibérément le regard de son meilleur ami.
« Ça, ça ne te regarde pas, Potter. Je refuse de dévoiler mes petits secrets. » Sirius avait adopté une expression hautaine, tandis qu'il retirait son pantalon, et renifla avec mépris quand James murmura quelque chose de – très certainement – peu flatteur dans sa barbe. « D'ailleurs, si je te le disais, tu ferais tout pour faire rater mes plans, et je perdrais mes cinquante gallions. » Il sourit benoîtement en entendant James jurer, à haute voix cette fois, et balancer par terre une boule de parchemin froissé.
Peter se rembrunit mais ne dit rien tandis qu'il regardait les deux autres commenter comme si de rien n'était, la destruction annoncée de la carrière d'un honnête homme. Il se mordit la lèvre et ravala la sévère réprimande qu'il était sur le point d'émettre, sachant que ça n'avancerait à rien. S'il avait appris quelque chose, c'est que les deux autres étaient d'un caractère obstiné, et en admettant même qu'ils écoutent ses protestations, ils n'en tiendraient aucun compte pour autant. Une des choses qu'il avait le plus de mal à supporter dans sa vie à Poudlard, était le fait que James Potter et Sirius Black, aimaient façonner le monde à leur propre idée.
« Au risque de ressembler à un mari jaloux sorti d'un film des années 5O, » Poursuivait James en repoussant ses lunettes sur son nez d'un geste impatient « J'aimerais savoir où tu étais passé ce soir ? »
Sirius haussa les épaules d'un air évasif. Il grimpa dans son lit et remonta le duvet jusqu'à son menton. « Nulle part qui pourrait t'intéresser. »
« Tu étais avec Lupin non ? » Ce n'était pas une question, mais plutôt une accusation.
« Non. » Sirius sourit, avec l'assurance que, pour une fois, il disait la vérité.
« Si-ir ... »
« Ja-ames ... »
James, vexé, sauta à son tour dans son lit puis tira la langue à Sirius comme l'aurait fait un gamin. « Bon, à ta guise Black, mais rappelle toi que je t'ai à l'oeil ... » Il sourit, une lueur sinistre dans l'oeil devant la mimique de Sirius, tremblant d'une terreur feinte, et s'empressa de refermer les rideaux de son lit d'un geste décidé. Peu de temps après, Peter grimpait lui aussi dans son lit, et les chandelles du dortoir furent soufflées, plongeant la chambre dans le noir.
Sirius reposait sur le dos et respirait lentement, régulièrement. Au loin, il pouvait entendre, assourdi par l'épaisseur de la pierre, le bavardage de quelques Gryffondors qui s'étaient attardés dans la pièce Commune. Le vent murmurait doucement au dehors et il se retourna, enfouissant son visage dans son oreiller en sentant déjà les brumes du sommeil s'emparer de lui.
J'aimerais avoir le temps de faire ça plus souvent, pensa-t-il en se remémorant la musique que le violon avait créée quand il avait joué au sommet de la tour. Ce n'est pas souvent que je m'accorde un peu de temps, sourit-il, sachant parfaitement qu'il n'était pas vraiment un solitaire – loin de là en fait – mais que parfois il appréciait le calme et la tranquillité quand il arrivait que James et Peter ne soient pas dans les parages. Quand il pouvait être lui tout simplement.
Un loup solitaire, pensa-t-il avec une pointe d'ironie, soupirant de contentement tandis qu'il entortillait ses orteils en les enroulant dans les draps. Je me demande si c'est une régression vers mon enfance traumatisée. Il renifla tranquillement et entendit une réponse en forme de ronflement venant du côté de James. Ça doit être ça, décida-t-il en se retournant sur le dos, ses pensées virevoltant d'un sujet à l'autre Je me demande ce qu'il est arrivé à Andromeda en fin de compte. Il trembla et se renfonça encore plus sous les couvertures au souvenir du jour où sa cousine était partie – les hurlements et les malédictions qui pleuvaient quand sa mère avait effacé son nom de l'arbre généalogique. 'Je pense que je préférerais récolter un millier de retenues plutôt que d'avoir à affronter ça.'
Dans le lit à côté de lui, Peter commença à ronfler et le léger bruit cadencé commença à l'endormir tout doucement.
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Dans la vie, il y avait plusieurs choses que Severus Snape haïssait. Il haïssait l'odeur de l'herbe fraîchement coupée ( qui occasionnait chez lui des accès d'éternuements) ; le goût des saucisses ; avoir parfois à disséquer de petites créatures pour certaines potions, et il haïssait les robes d'école.
Il haïssait aussi Sirius Black.
Pas simplement un aspect du garçon – il haïssait absolument tout chez lui. Il haïssait la façon dont Sirius obtenait toujours des notes élevées dans toutes les matières, sans même les rechercher ; le fait que Sirius soit l'auteur d'un nombre incalculable de troubles et s'en sorte toujours sans aucun dommage, le faisait enrager. Il haïssait sa personnalité, son allure, et il haïssait la pensée que, sous bien des aspects, leur caractère était exactement similaire. Sirius Black, Snape s'en faisait souvent la réflexion, était comme une autre version de lui-même en plus séduisante.
Et c'était ce qu'il haïssait par dessus tout.
Pour le moment, Sirius était assis au bureau situé en face de celui de lui, la tête penchée sur son travail et sa plume grattant laborieusement un parchemin. À côté de lui, Potter regardait dans le vague par la fenêtre, le menton reposant dans une main, ses yeux bruns noyés d'ennui. Du coin de l'oeil, Snape pouvait voir à la fois Lily Evans froncer les sourcils d'un air désapprobateur en direction des deux garçons, et Peter Pettigrew fixer McGonagall avec inquiétude, tandis qu'elle écrivait des notes au tableau tout en dictant.
Sirius sursauta quand elle frappa le tableau pour appuyer sa démonstration, et se hâta de fourrer dans sa poche, le parchemin qu'il était en train de griffonner. Snape fronça les sourcils – ce n'était pas la conduite typique de Black. Habituellement, l'arrogant aurait purement et simplement ignoré le professeur, même s'il était en train de planifier quelque chose de particulièrement répréhensible.
Il préparait quelque chose.
Snape étrécit les pupilles prenant une expression grimaçante. Dans tous les cas, quoi que ce soit, il était sûr que la punition qui en résulterait, n'aurait aucun effet de dissuasion sur Black et ses disciples – Pour tout dire, Severus suspectait depuis longtemps que cela avait plutôt tendance à les encourager.
Il se remémora sa première rencontre avec Sirius.
Il avait onze ans – Poudlard devenait peu à peu une excitante réalité , et sa mère l'avait emmené au Chemin de Traverse, dans l'intention de lui acheter ses fournitures scolaires. Ils avaient rencontré les Black dans une des allées secondaires, loin de l'animation de la rue principale. M. Black était d'une stature haute et imposante, et sa nature calme contrastait étrangement avec son air sévère. Mme Black était une femme petite et mince avec un joli visage assez sec et anguleux.
Sa mère s'était arrêtée, souriante, et avait commencé à leur parler – chose assez banale - et il avait ignoré la conversation avec le désintérêt d'un enfant de son âge jusqu'à ce qu'il entende les mots 'Poudlard' et 'mon enfant'.
Se détournant de l'observation du mur de briques, il avait regardé vers sa gauche où il avait aperçu un garçon pâle et mince qui se tenait silencieusement derrière les Black. Une expression boudeuse s'affichait sur ses traits aristocratiques, pourtant Snape avait pensé que c'était probablement le plus joli garçon de onze ans qu'il avait jamais vu. L'enfant l'avait dévisagé, le regard noir, un sourcil levé dans une expression dédaigneuse, et malgré le visage séduisant du garçon, Severus avait su qu'il ne l'aimerait pas du tout.
« Sirius, » avait dit Mme Black en saisissant son fils par l'épaule, « Severus va rentrer à Poudlard lui aussi. Assure toi de t'en faire un ami quand vous serez chez les Serpentards. »
Quand, pas si.
Sirius avait froncé les sourcils et repoussé en arrière ses cheveux déjà longs. Sans répondre, il s'était détourné de ses parents, et s'était éloigné dans l'allée.
Plus tard, les deux familles s'étaient à nouveau rencontrées dans la boutique de Madame Malkin, et cette fois Sirius lui avait souri. Mais ce n'était pas un sourire particulièrement plaisant, et Snape avait réalisé avec des sentiments mêlés que, quoique Sirius fût sur le point de faire, il était probable que le blâme retomberait sur ses épaules.
L'atmosphère était encore tendue quand les bombabouses avaient éclaté.
En repensant à l'incident, il se rappelait avant tout le bruit de l'explosion et la suffocation due à l'odeur et à la fumée, qui avait conduit les clients vers la sortie, les mains pressées sur leur nez et leur bouche. Mme Black avait hurlé sur Sirius et sa voix s'était élevée dans les aigus, incitant les gens qui s'étaient arrêtés, à se retourner pour regarder. Le pan de souvenirs le plus vivace cependant, était la façon dont Sirius l'avait tranquillement dévisagée de ses yeux gris, avec une expression à la fois glaciale et brûlante pour le moins indéchiffrable. Severus, malgré tout, avait assez aisément compris ce qui se dissimulait derrière cette façade de marbre.
C'était de la défiance.
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« Avance, parade ... attaque ... fente ... non, non, non et non ! Mais qu'est ce que vous fabriquez mon garçon ? J'anime un cours d'escrime, pas un club de tricot ! Si vous ne savez pas utiliser votre lame correctement, vous pouvez sortir de ma classe immédiatement ! »
Sirius soupira et décida de ne pas faire remarquer que la 'classe' était en fait l'immense Hall de la résidence d'été des Black. Hammington lui aurait probablement frotté les oreilles – Mme Black lui avait laissé le libre choix de la ' méthode ' – et lui aurait fait répéter l'exercice de toutes façons.
« En tant que Black, tu te dois d'apprendre toutes les disciplines pratiquées traditionnellement dans cette famille, » Lui avait dit sa mère trois semaines auparavant, ses yeux gris fixés sur lui par delà la table du petit déjeuner. « J'ai engagé un professeur d'escrime pour toi. » Elle avait bu une gorgée de thé avant de reposer la tasse dans la délicate soucoupe de porcelaine avec un claquement sec. « C'est un sport noble et je suis sûre qu'il te conviendra parfaitement compte tenu de tes ... penchants violents. »
« Mais je ne veux pas ... »
« Ton instructeur sera là dans une demie-heure. » L'avait-elle coupé délibérément. « Je te suggère d'aller te changer. »
Ce qui expliquait pourquoi il se tenait là, observant Hammington refaire devant lui le mouvement qu'il avait déjà exécuté trois minutes à peine auparavant.
« En garde, » S'exclama Hammington, et il prit la position de défense, ses muscles obéissant avant même que son cerveau ne comprenne les mots. « Bien Black, c'est mieux. Votre temps de réaction est beaucoup plus rapide. » il hocha la tête, approuvant presque et Sirius se sentit rougir de plaisir;
« Encore une ou deux semaines et vous serez prêt à vous mesurer à un adversaire. »
« Vraiment ? »
Hammington hocha la tête à nouveau. « Oui, j'ai un autre élève, à peu près de votre âge, vous avez dû entendre parler de lui – mais oui, certainement. » Il secoua la tête mais ne commenta pas plus avant, frappant légèrement le bout de sa lame contre le parquet ciré. « Approchez maintenant ! Avance ! parade ! Attaque ! Fente ! »
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Une éducation traditionnelle – c'était ce que sa mère avait voulu qu'il reçoive. Le visage de Sirius s'assombrit tandis qu'il griffonnait sur un nouveau morceau de parchemin. Le snobisme sous entendu dans cette seule phrase était suffisant pour lui hérisser le poil – même si son éducation aristocratique faisait partie de lui – était lui, dans un certain sens. Les bonnes manières à table ; les conversations polies et les anecdotes spirituelles ; l'acceptation inconsciente de devoir être à la hauteur - tout ceci faisait partie intégrante de lui.
Il soupira et griffonna un autre petit bâtonnet sur le parchemin.
Et à présent ... il prenait conscience qu'en fait il aimait être un snob. Il appréciait le savoir-vivre en société et le raffinement que lui procurait le fait d'appartenir à la classe supérieure. Ses leçons d'escrime n'étaient qu'une part des avantages que la vie lui avait procurés. Il lui était loisible de faire tout ce qu'il voulait sans avoir à faire face aux conséquences.
« Sirius Black ! »
Sirius sursauta et leva les yeux de son morceau de parchemin couvert de gribouillis, pour s'apercevoir que le professeur McGonagall se tenait debout devant son bureau, les mains sur les hanches et les narines vibrant de la visible fureur peinte sur son visage.
Elle tapa du pied.
« C'est la troisième fois que je vous interpelle, soyez assez aimable pour faire un peu attention à présent ! Sinon je vais devoir vous retenir ce soir pour vous faire copier tout ce qu'il semble que vous ayez manqué du cours d'aujourd'hui ! »
« Désolé, je vais faire attention. »
James patienta jusqu'à ce qu'elle s'éloigne, avant de lui balancer un coup de coude dans les côtes. « Tu pensais à quelqu'un en particulier ? » persifla-t-il, les yeux luisant de moquerie derrières ses verres.
« Oui, à toi, » répliqua Sirius d'un ton sarcastique.
« Pas au professeur Lupin chéri alors ? » James rapprocha ses lèvres en une moue et produisit des petits bruits de baisers tandis que McGonagall retournait son attention vers le tableau.
A la droite de Sirius, Peter plissa le front.
« Quoi ? Préférer Lupin à toi Jamie ? Jamais ! » Sirius lui envoya un baiser et entendit le rire étouffé de Lily, dont la chevelure rouge se pencha rapidement sur son travail lorsque McGonagall dirigea un regard sévère de leur côté.
« Encore un mot de votre part Potter, et je vous garde aussi. »
James fronça les sourcils mais se tut.
Sirius soupira et regarda le verre mesurant le temps qui restait avant la fin de l'heure. Cinq minutes. Cinq minutes encore avant leur cours de Défense Contre les Forces du Mal.
Il grimaça un sourire et se pencha à nouveau sur son morceau de parchemin.
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Remus respira un grand coup, la main sur la poignée de la porte.
'Tu as déjà 5 minutes de retard,' se dit-il, 'alors vas-y, entre !'
A travers la porte, il pouvait entendre le brouhaha des élèves qui passaient le temps en attendant que leur professeur ne fasse son apparition. Une fille cria puis se tut quand un choeur de 'chuuut' se fit entendre, et un garçon se mit à rire. Il y eut le bruit d'un bureau déplacé puis, par-dessus le vacarme, Remus entendit la voix de Sirius, claire malgré l'épaisseur du bois.
« La ferme là dedans ! Y'en a qui essayent de dormir ici ! »
Ceci dit d'un ton très naturel, avec par derrière, le rire sonore de James Potter.
C'en était assez, il devait rentrer tout de suite.
Prenant à nouveau une grande respiration, et avec l'impression qu'il allait affronter une classe pour la première fois, Remus ouvrit la porte.
Immédiatement le silence se fit, et il sourit tandis qu'il posait sa serviette cabossée sur le bureau. « Bonjour tout le monde. Je suis en retard, désolé, j'avais à m'entretenir de quelque chose avec le professeur Dumbledore. » gardant les yeux obstinément fixés sur sa serviette, il défit les attaches avec des doigts raides. « Si vous voulez bien tous ouvrir vos livres à la page quatre vingt dix, nous allons commencer aujourd'hui à étudier les créatures sombres. » Ce ne fut que lorsqu'il entendit le bruissement des pages tournées, qu'il osa ouvrir les yeux.
Sirius était assis juste devant, ses yeux gris fixés sur son visage. Remus rencontra son regard et rougit avant de détourner les yeux.
« Aujourd'hui le sujet du cours portera sur les vampires, » continua-t-il, prenant un morceau de craie et en commençant à écrire au tableau. « Est-ce que quelqu'un peut me dire – sans regarder dans son livre – où on en trouve le plus communément ? »
« Dans la pièce Commune des Serpentards ! » cria quelqu'un, s'attribuant un éclat de rire général.
Remus sourit au tableau, ne voulant pas laisser paraître son propre amusement. « Non, j'ai peur que vos camarades étudiants n'hébergent pas de vampires. Quelqu'un d'autre aimerait essayer ? »
« Dans de petits villages, généralement en bordure de marais, et le plus souvent dans les pays les plus froids. » La voix basse coupa net le murmure des conversations provoqué par le commentaire initial et ramena le silence dans la classe.
Remus frissonna, déglutit, puis se retourna, la craie encore levée – presque défensivement - avec un sourire approbateur plaqué sur le visage . « Très bien M. Black. Cinq points pour Gryffondor. »
Sirius sourit, les yeux langoureux sous ses cils baissés, et Remus dut se répéter fermement que ce n'était pas une invite. « Merci, professeur Lupin. » Faisant passer une mèche derrière une oreille, Sirius se recula dans son siège, la cravate dénouée. James secoua la tête d'un air résigné et Remus, jetant un coup d'oeil au reste de la classe, lit de la surprise sur quelques visages.
« Bien. » Le jeune professeur s'éclaircit la gorge et se retourna vers le tableau. « Commençons par les caractéristiques principales voulez-vous ? Un vampire a besoin de sang pour survivre. Cependant, il n'a pas expressément besoin de sang humain, pas plus qu'il ne meurt à la lumière du soleil. Un vampire peut, en fait, survivre à une quantité relativement élevée de lumière naturelle, celle-ci ne lui occasionnant que des brûlures mineures. Cependant, il chasse la nuit en raison du fait que les humains et les autres créatures sont plus vulnérables après le coucher du soleil. »
L'une des filles dans le fond de la classe leva la main, avec un air quelque peu embarrassé. « Excusez-moi, professeur Lupin, mais pourquoi sommes nous plus vulnérables quand il fait noir ? Ça ne devrait faire aucune différence qu'il y ait de la lumière ou pas ... »
« C'est ce que vous croyez, » répondit Remus en souriant, « Mais notre vision n'est pas aussi bonne dans le noir, et nous tendons à devenir plus nerveux. Les vampires sont attirés par la peur, ainsi notre gêne leur envoie-t-elle un signal. »
En face de lui Sirius remua dans son siège d'un air ennuyé, et prit sa plume.
« Ceci m 'amène naturellement à vous parler des façons de combattre un vampire. » Remus se retourna vers le tableau. « Premièrement, il est important de ne pas montrer sa peur. montrer sa peur c'est montrer sa faiblesse. Un vampire la détectera immédiatement et l'interprétera comme un signal d'attaque. Deuxièmement, vous devez vous rappeler que bien que les vampires ne possèdent aucun pouvoir magique en soi, ils sont capables de pratiquer des charmes, tout comme les moldus. Votre meilleure chance, si vous rencontrez un vampire, est d'avoir votre baguette prête. Au risque de ressembler à un vieil ami à moi, une vigilance constante est essentielle, particulièrement quand il s'agit de créatures des ténèbres. »
Il fit une pause et arrêta la craie tandis qu'il se retournait. Le cours se déroulait plus facilement à présent qu'il avait noté – avec quelque soulagement – que Sirius était assis tranquillement, ne cherchant pas même à rencontrer son regard.
« Un simple charme d'étourdissement les assomme généralement, » Continua-t-il, souriant en voyant la classe prendre des notes sur des pages de parchemin, « Ou ... » Il fit une pause comme Sirius relevait les yeux.
Celui-ci ne semblait pas s'ennuyer, contrairement à ce que Remus avait – stupidement – présumé. En fait, il souriait d'un air moqueur. Le genre de sourire qui dit 'je sais quelque chose que vous ne savez pas, mais que vous allez découvrir très bientôt '. Remus déglutit, le regard fixé sur celui de Sirius. « Oui ... hum ... un charme d'étourdissement, » continua-t-il, les yeux légèrement écarquillés. « Une fois qu'ils sont ... heu ... étourdis, il est généralement judicieux de les mettre hors d'état de nuire immédiatement. »
Sirius ferma les yeux, lentement, ses cils sombres dessinant une ombre sur la courbe de ses pommettes.
Remus déglutit une fois de plus. Péniblement.
« En règle générale, les ficeler est le meilleur moyen de les réduire totalement à l'impuissance. De cette façon, ils ne peuvent ni attaquer, ni s'échapper s'ils reviennent à eux trop tôt. » Un ou deux élèves le regardèrent curieusement, et il se força à détourner son regard de Sirius et à le diriger vers le fond de la classe. « Leur enfoncer un pieu dans le coeur n'est pas une mauvaise idée, » poursuivit-il presque désespérément, conscient du regard que Sirius faisait peser sur lui. « En fait, cette solution offre de nombreux avantages. Cependant, la plupart d'entre nous, n'avons pas pour habitude de transporter des pieux dans nos poches. »
Cela lui valut quelques gloussements de la part de la classe, et Remus soupira, soulagé, tout en continuant à regarder vers le fond de la pièce. « Le mieux à faire, dans ce cas, sera d'amener immédiatement le vampire au ministère. Cependant, je ne suis pas ici pour vous enseigner comment les contacter, mais pour vous enseigner quoi faire si quelque chose se passait mal. » Remus s'éclaircit la gorge, prêt à continuer et fit l'erreur de jeter un coup d'oeil aux premiers rangs.
Sirius le regardait toujours, faisant courir sa plume négligemment sur sa lèvre inférieure.
Remus sentit l'air quitter ses poumons et son visage commencer à brûler quand l'élève leva le regard, un petit sourire de défi ourlant le coin de ses lèvres. Le silence dans la classe persista jusqu'à ce que Lily ne tousse poliment, rompant brusquement l'instant.
« Oui ... dans tous les cas ... » A nouveau, Remus détacha les yeux de Sirius et regarda Peter, qui était assis près de James. « Le meilleur moyen est de .. hum ... l'étrangler. » Il attendit que les murmures de dégoût ne cessent avant de continuer, « C'est plus facile si vous connaissez la bonne méthode. Si vous tuez un vampire, le ministère ne vous blâmera certainement pas, aussi je suis autorisé à vous l'enseigner – purement à titre d'auto-défense, bien entendu. J'ai besoin d'aide, M. Pett... » Il était sur le point de se tourner vers Peter, quand Sirius se leva brusquement. « Permettez moi, professeur. » Les yeux pleins de malice, il fit face à Remus. « Je suis sûr que ça passera mieux avec moi qu'avec Peter – j'ai un air plus vampirique que lui non ? »
« Pas du tout. » Remus se passa nerveusement la langue sur les lèvres. « Très bien, merci de vous porter volontaire, M. black. »
« Où voulez-vous que je me mette ? » Sirius le regardait toujours, dos à la classe, un sourcil levé.
«Hé bien ... hum ... par ici, » Remus saisit le garçon par les épaules, et le dirigea de façon à ce qu'il se retrouve face à la classe. Il avait toujours son maintien habituel, le dos droit et les cheveux tombant sur les épaules. Remus se fit la réflexion au passage que Sirius ferait mieux d'attacher ses cheveux ridiculement longs, mais il décida de ne pas faire de remarque. Il réalisa également que Sirius était plus grand que lui, et que pour sa démonstration, il allait devoir se rapprocher, ce qui l'amènerait beaucoup plus près du garçon que ce qu'il avait prévu.
« Assurez-vous que vos doigts sont tendus, » Sa voix lui parut étonnamment posée. « S'il y a du relâchement, vous ne pourrez pas les enfoncer. » Prudemment, il s'avança et, enserrant les cheveux de Sirius dans une main, il les repoussa derrière les épaules de l'élève. « Désolé M. Black, mais vos cheveux vont gêner sinon, » murmura-t-il à l'oreille de Sirius, et il fut surpris de voir Sirius frissonner légèrement.
« C'est bon professeur. » Ce n'était rien de plus qu'un murmure, destiné à ses seules oreilles, mais Remus aurait juré que Sirius souriait en regardant le sol.
« Placez vos doigts de chaque côté de la trachée ... ». Ça y était, il allait devoir toucher Sirius.
La pluie, la sensation d'une bouche chaude et humide contre la sienne ...
Remus retint sa respiration et ses doigts glissèrent avec précaution le long de la peau douce et chaude. Sirius rejeta légèrement la tête en arrière, et le professeur choqué, réalisa qu'il pouvait sentir ses tendons bouger tandis qu'il se rapprochait, ses pouces reposant de chaque côté de la trachée de son élève. Avec précaution, il s'avança d'un pas, et se haussa légèrement sur la pointe des pieds afin de mieux voir.
« Une fois que vos mains sont dans cette position, » continua-t-il, essayant d'ignorer sa position - pressé contre le dos de Sirius - et la perception d'une forte pulsation frémissant sous ses doigts, « Vous enfoncez simplement vous pouces ainsi. Ceci a pour effets de couper l'arrivée d'air et, plus important, la capacité du vampire à boire du sang. Aussi longtemps que vous maintiendrez la pression, ne vous préoccupez pas des cris de la créature, il ne pourra ni avaler, ni par conséquent, consommer votre sang. » Il sourit légèrement à son auditoire et frissonna quand il perçut un ronflement imperceptible venant de la gorge de Sirius. Éloignant ses mains, il recula et fit un signe de tête. « Merci, M. black, vous pouvez aller vous rasseoir à présent. »
Sirius se tourna et lui sourit. « Sans problème, professeur. » Alors, au grand dam de Remus, il s'approcha plus près, et le fixa, attentif. « Pourrais-je vous parler après le cours ? » Sa voix voilée était suffisamment basse pour n'être entendue que de lui.
« Non, je ne pense pas - » Commença Remus anticipant déjà les ennuis.
« Je vous verrai ce soir alors, » Sirius passa la langue sur ses lèvres, puis se retourna pour aller s'asseoir à sa place, ses hanches bougeant dans un léger balancement qui assécha la bouche de Remus.
Il ne put réussir à se concentrer pendant tout le reste du cours.
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« Qui donc, » demanda James tandis qu'il fouillait dans le sac de Sirius à la recherche d'un livre de Transfiguration « est ce 'RL' ? »
« Hmmm ? » Sirius, affalé avec désinvolture dans une des fauteuils des Gryffondor, leva le nez de son livre.
« 'RL' ». » James se redressa et brandit un morceau de parchemin – celui là même que Sirius avait griffonné pendant le cours de McGonagall. « Y-aurait-il une fille dont nous n'ayons pas entendu parler Sir ? »
« Nope. » Sirius retourna son attention à son livre.
« Alors qui est-ce ? »
« Personne qui pourrait intéresser ta tête de dessous de bras, Potter. » Sirius tourna une page et jeta un coup d'oeil détaché à la pendule sur le manteau de la cheminée.
« Je pense que si pourtant. » James scruta le parchemin en repoussant ses verres sur son nez. « Tu as écrit ses initiales partout sur ce truc. Tu vois ? » Il brandissait le parchemin en direction de Peter, qui le repoussa simplement d'un geste irrité.
« Un RL dans le coin, un RL dans le milieu de la page, un RL avec une jolie petite étoile dessinée autour ... » James s'arrêta et se rapprocha encore du texte. « Hey, elles sont vraiment pas mal tes étoiles, Sirius. »
Il renifla avec dédain en constatant que son ami ne lui prêtait aucune attention. « ça doit être une très jolie fille, » murmura-t-il.
« C'est pas une fille, » répliqua Sirius d'un ton suave tout en refermant son livre avec un claquement sec.
« Alors qui c'est ? » s'écria James, exaspéré.
Sirius haussa les épaules et s'étira. « Comme je te l'ai déjà dit, ça ne te regarde pas. » Il se leva pour traverser la pièce et récupéra le parchemin avant de le fourrer dans son sac. « Et maintenant, si tu veux bien, tu arrêtes de fouiller dans mes affaires, ok ? »
« Ok, ok ! Je cherchais simplement un livre de textes. » James soupira et s'écroula dans la chaise vacante près de Peter. « Tu sais, tu devrais nous parler de temps en temps Sir. »
« Je suis fiancé avec Snape. »
«Beuurk ! Sirius ! je viens de manger ! »
« C'est toi qui m'a demandé de vous dire quelque chose, » grimaça Sirius.
« Je voulais parler de quelque chose de véridique et qui ne m'obligerait pas à restituer mon dîner, » se plaignit James, tandis que Peter secouait la tête avec dégoût et retournait à son livre.
Levant les yeux au ciel, le brun posa ses pieds sur la table. « Et puis où est-ce que tu vas à cette heure-ci de toutes façons ? »
« C'est pas tes oignons. »
« Tu vas rencontrer ce 'RL' ? » James sourit et fit papillonner ses cils. « Roooh, tu as une histoire d'amour secrète Siri, comme c'est excitant ! »
« Ferme la avant que je ne te la ferme, » grogna Sirius, en se dirigeant vers la sortie du portrait.
« Ouais, c'est ça Roméo, » James leva une main dans sa direction. « Vole, vole vers ta Juliette ! » Il rit en entendant le flot d'obscénités coupé par le claquement bruyant de la porte et par les sévères remontrances de la Grosse Dame.
«Alors, où est-ce qu'il va à ton avis ? » demanda Peter en posant son crayon.
« Aucune idée, mon pote, mais en tant que compagnons de farces, il est de notre devoir de le suivre. » James sauta sur ses pieds.
« Tu veux dire, avec la cape d'invisibilité ? »
« ... Ouais. »
Peter soupira. « Je n'aurais jamais du te laisser regarder la télévision » constata-t-il tristement.
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Remus se tenait dans son bureau où il corrigeait tranquillement des copies, quand on frappa à la porte. Il posa sa plume en soupirant et se frotta le front, conscient du mal de tête qui lui vrillait les tempes.
« Oui, entrez. »
Il s'était attendu à voir McGonagall ou Flitwick, aussi ressentit-il une sorte de choc en voyant Sirius pousser la porte d'entrée, puis la refermer doucement derrière lui pour s'y adosser, bras croisés. Il arborait un air calme avec une pointe de défi dans les yeux, et ses cheveux, toujours défaits, tombaient autour de son visage et sur ses épaules. Sa robe d'école avait été abandonnée, et il avait dénoué sa cravate et déboutonné les deux premiers boutons de sa chemise, laissant apparaître la pâle colonne de sa gorge .
« Que voulez-vous Sirius ? » Remus rangea prudemment les copies en une pile, refusant de regarder en direction de l'élève après cette première vision éblouissante. « Si vous avez encore besoin d'aide pour votre travail scolaire, j'ai peur d'être terriblement occupé pour le moment, vous devrez donc revenir une autre fois. »
« Ce n'est pas ça. » Sirius était demeuré adossé contre la porte, l'observant d'un regard lourd.
« Alors qu'est ce que c'est ? » Remus se leva et prit un livre sur son bureau puis se dirigea vers l'étagère de la bibliothèque. Il s'apprêtait à le remettre à sa place quand une main chaude recouvrit la sienne, la pressant contre le cuir de la couverture tandis qu'un bras enveloppait sa taille.
« Je suis venu pour vous voir. » Les lèvres de Sirius étaient douces dans le creux de son cou tandis qu'il pressait son corps chaud contre le dos de Remus. Soudain, le loup-garou réalisa avec un coup à l'estomac, que ses cheveux frôlaient ses joues. « J'avais dit que je viendrais, n'est-ce pas ? J'ai pensé que vous pourriez apprécier ma compagnie. »
Remus frissonna en sentant son souffle chaud sur sa peau. « On ne peut pas faire ça Sirius. Samedi a été une stupide erreur. »
« Vraiment ? » Le sourire dans la voix de Sirius était manifeste tandis que ses bras chauds enveloppaient étroitement la taille de Remus et que ses mains glissaient, doigts écartés sur les hanches du loup-garou. « Vous avez répondu à mon baiser professeur, niez si vous voulez, mais votre première réaction était plus honnête. »
Remus se figea, partagé entre le désir de repousser Sirius et celui de le serrer contre lui. 'Je dois avoir l'air ridicule,' pensa-t-il, 'à me tenir là, comme ça – une main en l'air, comme un idiot. Je suis un adulte, Je devrais garder le contrôle de la situation '
Derrière lui, Sirius soupira, se pressant plus près et sa bouche déposa un baiser très doux contre la peau du cou du loup-garou. « Je ne pouvais pas m'arrêter de penser à vous. »
« Sirius »
L'autre main de Sirius se leva, pour glisser sur le ventre de Remus tandis qu'il plantait un dernier baiser avant de faire pivoter Remus pour lui faire face. « Je ne pouvais pas m'arrêter de penser à toi, » répéta-t-il.
« Soyez ... » Commença Remus avant d'être interrompu par le baiser de Sirius.
Son coeur s'emballa, envoyant des pulsations jusque dans son estomac tandis que Sirius gémissait, s'approchant plus près encore . Des doigts rêches parcoururent doucement ses cheveux et Remus s'aperçut qu'il avait fermé les yeux. Une langue chaude jouait le long de l'arrête de ses lèvres, réclamant l'accès et, sans même réfléchir, il ouvrit la bouche. Ses mains, restées le long de son corps, se levèrent, cueillant les bords du visage de Sirius tandis que ses dents titillaient doucement sa lèvre inférieure. Le baiser était doux, délicat, presque suppliant et, pensa Remus, totalement inattendu de la part de quelqu'un comme Sirius Black.
Il y eut un soupir – était-ce lui ou Sirius ? Il ne savait plus, totalement étourdi – et il se retrouva poussé contre la bibliothèque, le poids du corps de Sirius chassant l'air de ses poumons tandis que leur baiser se faisait plus féroce, plus possessif. Leurs langues se mêlèrent et Sirius gémit dans la bouche de Remus quand celui-ci, lui saisissant la main, l'attira brutalement contre lui.
Du feu parcourut les veines de Remus en entendant le gémissement et, toute trace de douceur oubliée, il grogna, ses dents trouvant et torturant la lèvre inférieure de Sirius. S'il s'était attendu à ce que l'élève crie de surprise et recule, le prenant peut-être comme une punition méritée, il aurait eu tort. Sirius émit simplement un bruit de gorge, à mi chemin entre le grognement et quelque chose de purement animal, et se pressa contre lui, un bras enveloppant le cou de Remus tandis que sa jambe manoeuvrait jusqu'à ce qu'il soit pratiquement grimpé sur Remus, son autre main nichée quelque part sur la robe de tissu noir du professeur.
Remus rompit brusquement le baiser, pantelant. « Et, M. Black, ceci est la raison pour laquelle vous allez partir. Maintenant. »
« Je ne pars pas. » Les yeux de Sirius luisaient, assombris par la convoitise tandis qu'il contemplait Remus, lèvres humides.
Remus grogna et le repoussa, à peine maître de lui, le désir rendant confus son esprit habituellement ordonné. Il se raccrochait cependant à une pensée. « Je suis votre professeur. Quand ils vont découvrir ... »
« Si, » Le coupa Sirius qui se hissa sur le bord du bureau, genoux écartés tandis qu'il tendait les bras. « Si ils découvrent, Remus. Et ils ne découvriront rien. »
Remus réalisa qu'il avait la même expression que celle qu'il avait eue en cours, et cette fois il en était sûr, c'était une invite.
« Vous êtes fou, Black. » Le murmure était rauque, et Sirius renversa la tête en riant, les bras toujours tendus.« Bien sûr, oui. » Il sourit et se pencha légèrement en arrière, « Fou autant qu'on peut l'être. »
« Fou ... » Mais Remus s'était avancé d'un pas, puis d'un autre, et Sirius captura ses mains pour l'attirer encore plus près jusqu'à ce qu'il soit coincé entre ses jambes, leurs bouches à quelques centimètres l'une de l'autre.
«Ainsi, tu as changé d'avis Remus ? » Le souffle de Sirius lui parvenait en halètements courts et hachés tandis qu'il se mouvait sur le bord du bureau pour enrouler ses jambes autour de Remus, les mains accrochées aux épaules du professeur.
« Non. » Les yeux de Remus flamboyaient en regardant Sirius. « Vous êtes un emmerdeur, Black, tout le monde sait ça. Qu'est ce que vous voulez de moi ? Qu'est ce je peux bien avoir qui vous attire ? « Il gronda et rapprocha leurs lèvres, jusqu'à ce qu'il soit complètement allongé contre Sirius, lui écrasant à demi le dos sur le bureau. « Pourquoi moi ? »Et Sirius rit et se rapprocha pour combler les quelques centimètres les séparant encore.
Des papiers s'envolèrent un peu partout, tel un brusque départ d'oiseaux, quand Sirius se rejeta en arrière sur la table, entraînant Remus avec lui. L'encrier tomba de son support et s'écrasa par terre avec le bruit caractéristique du verre brisé tandis que la pile de livres, perchée de façon précaire au bout du bureau s'écroulait avec un bruit sourd, faisant claquer les couvertures de cuir contre les dalles de pierre.
Remus ne vit rien – n'entendit rien de tout cela, excepté le gémissement rauque qui bouillonnait entre les lèvres de Sirius. Le jeune homme se tordait sous lui, dévorant sa bouche tandis que Remus laissait traîner des doigts hésitants de chaque côté de son cou et dans les creux de ses clavicules. « Oh ... oh dieux ... » Sirius avait éloigné sa bouche de celle de Remus, se reculant afin de pouvoir contempler le visage du professeur. Remus était à demi allongé sur lui, et à travers l'épaisseur de leurs vêtements, il pouvait sentir le frôlement tentant de l'autre corps, son membre érigé contre le sien. Il se demanda pendant un bref instant où était passé le paisible et timide professeur qu'il avait connu, mais ses pensées furent balayées par les lèvres de Remus descendant le long de sa gorge, éraflant doucement la peau de ses dents, et par la chaleur moite de ses baisers, bouche entrouverte.
«On serait mieux ailleurs pour faire ça .. » pensa Sirius étourdi en sentant des doigts minces s'attaquer à sa chemise pendant un moment avant de réussir à la déboutonner. Une langue mouillée parcourut le creux de sa gorge tandis que Remus le débarrassait du dernier pan de sa chemise et lui dénudait à demi les épaules. « Qui ... oh ... qui aurait dit que ce serait si bon ? » gémit-il sans honte, et il ferma les lèvres tandis que Remus faisait une pause, titillant un de ses seins. Le professeur gémit, chaviré par la réaction de Sirius, et se retourna pour un nouveau baiser.
« On ne devrait pas faire ça ... » Soupira-t-il en sentant Sirius enrouler ses jambes autour de sa taille, et enfoncer ses talons dans le creux de son dos, le pressant encore plus près contre lui. 'Mais ... il s'agit de Sirius ... '
Il eut cette dernière pensée mêlée de crainte et il s'arrêta, se redressant pour regarder son élève.
Rouge, les cheveux étalés sur le bureau, sa chemise blanche pendant à moitié et son érection visible sous son pantalon, Sirius ressemblait à l'épitomé du sexe. Il se tordait, ses mains atteignant déjà Remus, affamé de contact. Tandis qu'il se sentait attiré contre lui, Remus fut surpris de sentir des doigts rapides, précis faire glisser sa robe de ses épaules et commencer à déboutonner sa chemise.
Sous lui, Sirius gémissait ; une voix rauque, affamée, tandis que ses mains découvraient la peau tiède ...
Il fallut un moment à Remus avant de réaliser que quelqu'un frappait à la porte, et encore un autre moment pour situer la voix qui s'enquérait poliment à travers le bois épais, comme étant celle du petit professeur Flitwick. Repoussant Sirius brusquement, il ignora les grognements de protestation du jeune homme et commença à reboutonner frénétiquement sa chemise et à rajuster sa robe. Indiquant à Sirius d'en faire autant, il s'éclaircit la gorge et jeta un bref coup d'oeil à son reflet dans la fenêtre de son bureau.
Ses cheveux et sa tenue étaient froissés et son visage était rouge, mais à part ça, rien ne paraissait trop suspect. Sirius, de son côté, bataillait toujours avec sa chemise, et Remus sursauta quand Flitwick frappa à nouveau. « Remus, vous allez bien ? »
« Oui ... oui ... juste un instant ! » Se passant une main dans les cheveux, Remus lança un regard pour s'assurer que Sirius était au moins à peu près présentable, et il ouvrit la porte à la volée.
« Oh ! » Flitwick lui fit un large sourire. « Affreusement désolé de vous déranger Remus, mais j'ai entendu d'horribles craquements provenant de votre bureau, suivis par d'horribles bruits et je me suis demandé si vous n'étiez pas blessé ou quelque chose comme ça. »
« Ah mais non ! » Remus sourit, encore légèrement hébété. « M. Black et moi-même étions juste en train de ... heu ... chasser un épouvantard qui était enfermé dans ma vieille malle. Comme Sirius m'avait dit qu'il avait besoin de pratique, j'ai accepté de le laisser m'aider à m'en débarrasser. »
« Je vois, je vois. » Flitwick scruta autour de lui, les yeux élargis. « Il a mis un beau bazar on dirait ? »
« Quoi ? Oh oui. Ça. Hé bien, heu ... »
« J'ai peur des tornades, » Coupa Sirius, tout en lissant ses cheveux et en les rangeant derrière ses oreilles. « Le bureau du professeur Lupin a souffert à cause de ça. « Il sourit, tendu.
« Bien, désolé de vous avoir dérangé dans ce cas, professeur. » grimaça Flitwick. « Je vais vous laisser continuer »
« En fait, » Le coupa Remus rapidement, « Nous avions terminé. Voudriez vous escorter M. Black vers son dortoir professeur ? Je ne voudrais pas qu'il soit inquiété par ma faute. »
« Mais - » commença Sirius, - avant de soupirer. « Bon, très bien. »
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Une fois que Flitwick l'eût déposé en face de la Grosse Dame, Sirius s'écroula sur le sol, le menton reposant sur ses genoux.
Il n'avait pas prévu que la situation lui échapperait ainsi. Il avait simplement voulu irriter un peu Lupin, mais quand il l'avait embrassé ... il trembla. Et ce n'était pas tout. Quand il s'était levé en face de la classe, il brûlait – il voulait que le professeur le touche. Et puis il y avait le parchemin ...
'Mais qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez moi ?' se demanda-t-il. 'Je ne me sentais pas comme ça hier. Bon sang, je ne me sentais même pas comme ça ce matin !' Il fronça les sourcils et la Grosse Dame toussa poliment.
« Voulez-vous entrer ou pas, mon cher ? » s'enquit-elle.
Il haussa les épaules et se redressa sur ses pieds, puis donna le mot de passe et poussa la porte du portrait. Tandis qu'il la refermait, son regard croisa le regard accusateur de James Potter, assis dans un fauteuil et l'attendant visiblement. Dans une main il tenait la cape d'invisibilité, dans l'autre un morceau de parchemin griffonné. Peter se tenait derrière James, avec un air à demi coupable tandis qu'il regardait vers le sol.
« Toi, » Dit James tranquillement, « Tu nous dois pas mal d'explications. »
A suivre ...
NDT : Valàà ! Si cette histoire vous plait, vous pouvez toujours aller féliciter l'auteur sur sa page. Et puis vous pouvez toujours aussi laisser un petit mot pour la petite relayeuse que je suis, ça fait toujours énormément plaisir et ça encourage !
