LE CHOUCHOU DU PROF (teatcher's pet)
Bonjour tout le monde ! Aie, je ne suis pas en avance ce mois-ci avec ce chapitre ! J'espère que vous ne m'en voudrez pas trop et je vais essayer de faire plus vite avec le suivant !
Merci à tous ceux qui suivent cette histoire et n'oubliez pas de laisser un petit mot à Cobalt-Violet sur la version originale si vous l'appréciez. Elle m'a dit avoir appris le Français à l'école alors elle sera sans doute capable de comprendre quelques mots même s'ils ne sont pas en Anglais !
Sinon un grand merci tout particulièrement à mes tites revieweuses (ben oui c'est surtout des filles apparemment !) fidèles ou accasionnelles. Réponses à la fin pour ceux qui n'ont pas laissé d'adresse mail.
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Précautions d'usage de l'auteur :
Avertissement : léger AU (univers alternatif). Techniquement, si c'était dans l'univers HP, ce serait situé à l'époque des maraudeurs. Soyez également avertis qu'il s'agit d' un slash qui implique une relation entre deux hommes.
James, Peter et Sirius ont environ 18 ans.
Pairings : Sirius Black/Remus lupin
disclaimer : je jure solennellement que je suis prête à beaucoup de choses avec ces personnages, mais je les rendrai à Mme Rowling dès que j'en aurai terminé.
Résumé : quand le professeur Lupin arrive à Hogwarts, Sirius Black est déterminé à tout pour le faire virer suite à un pari avec James. Et il est prêt à N'IMPORTE QUOI pour gagner ...
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CHAPITRE SEPT
« C'est l'histoire d'un p'tit pot brun, p'tit pot brun, p'tit pot brun ... »
Peter cacha son visage dans ses mains en gémissant tandis que James continuait à chanter, à demi suspendu la tête en bas sur l'un des sofas de la Salle Commune des Gryffondor. Le garçon repoussa son devoir de Métamorphoses et jeta un regard noir au capitaine de Quidditch improvisé chanteur qui, après s'être essayé à une interprétation (horriblement fausse) d'une chanson Moldue au rythme rapide, s'était ensuite lancé dans 'Un magicien et sa baguette', chanson qui avait été interdite quelque trois années auparavant à la suite de la conjugaison malheureuse d'un bal, de plusieurs gobelets de punch corsé, et de McGonagall ; (Peter n'était pas allé au bal cette année là, mais il avait entendu parler de l'incident par Sirius, avec en prime des exclamations du genre 'et c'était cet énorme ...' ou 'Aussi rouge que nos rideaux de lit' – 'absolument furieuse ... ' - et à sa plus grande consternation, Sirius avait agrémenté le tout par des gestes de la main.)
« Troiiiiiiiis ... » Commença James tandis que les Gryffondor de troisième années encore présents, abandonnaient leurs devoirs, ramassaient leurs livres et se ruaient à l'extérieur de la Salle Commune, lançant des regards furieux à l'assommant rossignol , toujours perché de façon précaire sur le canapé.
« James ? »
« 'La baguette du magicien possède une' ... pardon, quoi ? » Se remettant debout, James passa une main dans ses cheveux et ajusta ses lunettes. « Oui Pete ? »
« Tu ne pourrais pas LA BOUCLER ? » La voix de Peter résonna dans la pièce à présent vide et son ami grimaça, surpris de l'éclat soudain.
« Désolé, je m'entraînais. »
Peter leva les yeux au ciel. « Pour quoi exactement ? »
« Ahem. » James sortit de sa poche un morceau de papier enroulé d'un ruban et le regarda avec solennité. « Avis à tous les élèves, » Lut-il en élevant la voix dans une pâle imitation du professeur McGonagall. « Un concours musical inter-Maisons va être organisée à la fin du trimestre. L'idée est de célébrer les différences culturelles entre les univers musicaux des mondes Moldu et Magique. Tous les élèves intéressés pour participer au concours devront venir me voir avant la fin de la semaine pour une audition. »Il laissa tomber le papier et haussa un sourcil. « Tu vois ? Je pense que je pourrais y participer. »
« James, » Peter avait pris soin d'employer un ton neutre, « Quoi qu'il en soit, je ne pense pas que le professeur McGonagall appréciera une réédition de, heu ... 'un magicien et sa baguette'. Appelle ça une intuition, mais hum, il vaudrait mieux ne pas raviver quelques ... mauvais souvenirs ? » Il grimaça en voyant James se redresser plein d'une vertueuse indignation.
« Erreur, Peter, erreur ! Et tu me condamnes pour ça ! Le professeur McGonagall aura sûrement oublié cet incident à présent. D'ailleurs, c'est une chanson traditionnelle, chantée par des générations entières d'élèves de Poudlard. » Il renifla d'un air désapprobateur. « Elle ne peut pas m'empêcher de chanter mon morceau – je suis tout à fait dans l'esprit Gryffondor ! »
« Qu'est-ce qui est dans l'esprit Gryffondor ? » demanda Sirius alors qu'il poussait l'ouverture du portrait en s'essuyant distraitement les mains sur un bout de tissu. « Quelques troisième années parlaient justement de toi, » Ajouta-t-il en s'affalant sur le sofa près de James. « Tu n'es pas exactement populaire en ce moment – quelque chose à voir avec le fait que tu produis beaucoup de bruit ? Genre miaulements en fait ? » Il sourit en voyant James prendre un air furieux, puis balança le morceau de tissu sale à Peter.
« Comment s'est passée ta retenue ? » Demanda suavement Peter après s'être débarrassé du tissu tombé sur son livre en le mettant ostensiblement de côté.
« A-ffreuse. Maple m'a surveillé jusqu'à la fin, et elle m'a fait aussi récurer les toilettes. » Sirius retroussa ses lèvres de dégoût. « Honnêtement, il devrait y avoir une loi contre ce genre de retenues ! »
« Hé bien, tu as tout de même frappé Snape, » fit Peter avec philosophie. « Et pour le coup, il y a effectivement une loi contre ça. »
Sirius se tourna vers James. « Tu lui as raconté ? »
James haussa les épaules. « Bien sûr. Il l'aurait appris demain de toutes façons, quand McGonagall va débouler à notre table et te trucider dans un bain de sang, de saucisses et de haricots. » Il soupira. « J'espère qu'elle ne va pas t'éjecter de l'équipe de Quidditch. C'est ce qu'elle avait menacé de faire si elle apprenait qu'on avait causé un nouvel incident.
« J'avais oublié ça ! » gémit Sirius en se passant une main dans les cheveux. « Tu crois que je pourrais l'épouser ? »
« Je crois pas mon pote. A moins que tu ne gagnes assez d'argent pour acheter Poudlard, les terrains alentour et Pré-au-lard en prime. J'ai entendu dire qu'elle était à ce prix. »
« En parlant de terrains, » interrompit Peter, « est-ce que l'un d'entre vous a vu ce nouvel arbre dont le professeur Maple a parlé hier en cours d'herbologie ? »
« Lequel ? » James tourna la tête, paraissant intéressé. Sirius se contenta de hausser les épaules.
« Un saule-quelque-chose. Il a été planté cette année. » Les yeux de Peter brillèrent. « Apparemment il te frappe si tu t'approches de trop près. »
« Ils l'utilisent sans doute pour punir les élèves, » murmura Sirius sombrement. « Je parie qu'ils les attachent au tronc et qu'ils laissent l'arbre les battre à mort. »
Pete écarquilla les yeux. « V...vraiment ? »
« Il plaisante Pete, » dit James d'une voix apaisante. « Es-tu sûr qu'ils en ont planté un ici ? C'est pas un petit peu ... heu ... dangereux ? Qu'est ce qu'il se passera si quelqu'un se cogne dedans par accident ? » Il fronça les sourcils, pensif. « Une terrible tragédie est survenue à l'un des Serpentard ... »
«Tout particulièrement Snape, » murmura Sirius, de l'extrémité du sofa où il s'était réfugié avec l'un des livres de texte de Peter. « Une tragédie si elle se conjugue avec un accident fatal. Crois moi, ça ne serait pas une grosse perte. » Renfrogné, il plongea le nez dans le livre, tandis que Peter et James échangeaient un regard entendu.
« Peu importe, » dit Peter, rompant le silence qui commençait à devenir embarrassant, « Je me demandais simplement si l'un de vous deux savait pourquoi il était là – je ne l'ai pas vu et je me disais qu'il devait être horrible à voir. Ça pourrait être utile pour nos épreuves d'ASPICS. On pourrait le mentionner dans les réponses ou ... je sais pas. »
« Perso je ne l'ai pas vu, » dit James, balançant ses jambes, « mais Joanna m'a dit qu'elle l'avait aperçu. Il est presque en bordure de la Forêt Interdite – apparemment, ils poussent dans les endroits sombres comme ça ... enfin je crois. » Il haussa les épaules et fit une grimace quand Sirius se tourna et , accidentellement, heurta son genou. « Regarde où tu mets ces choses Sir, » se plaignit-il, puis se retournant vers Peter. « Tu veux qu'on aille y jeter un coup d'oeil ? »
Peter approuva et se leva après avoir fermé son livre et rangé ses devoirs. « OK. Après tout ça va nous passer le temps. D'ailleurs, » Il jeta un regard sournois à James , « Ça te tiendra éloigné de ces troisième année. J'ai l'impression qu'ils t'assassineraient avec plaisir. »
« Hey ! J'étais pas si mauvais ! » protesta James en levant les mains en signe de défense, « D'ailleurs je m'entraînais, on ne peut pas être parfait du premier coup, n'est-ce pas ? »
« T'entraîner pour quoi exactement ? » Sirius tourna négligemment une page, puis regarda par dessus son livre .
« Un concours de musique inter-Maisons . » James lança le papier à son ami, qui l'attrapa et examina le message de plus près. « Je pensais que ça pourrait être une bonne façon de se remettre dans les petits papiers de McGonagall. » Ajouta-t-il d'un air moqueur tandis que Peter murmurait d'un air dégoûté 'tu pensais ... ' « D'ailleurs, avec cent cinquante points pour la Maison gagnante, je pense que celui qui gagnera, fera remporter la coupe à sa Maison cette année. »
« Un ... concours de musique, » répéta Sirius, rangeant le papier entre les pages de son livre. « Mmm, ça ressemble à une partie de rigolade, en tout cas. » Il sourit soudain. « Peut-être que je vais y participer. »
« En faisant quoi ? » Peter le regardait d'un air sceptique.
« Oh, j'ai quelque chose en tête » Sirius haussa les épaules, puis retourna à son livre d'études.
« Bon alors on va le voir cet arbre oui ou non ? » demanda James en se tournant vers le passage du portrait. « Un peu d'air frais nous fera du bien Pete. Tu viens Sir ? » Demanda-t-il par dessus son épaule et Peter se dépêcha de le suivre.
« Non, je pense que je vais rester ici et lire ceci. » Sirius éleva le livre et fit un signe de la tête en direction de la porte. « Mais vous les gars allez-y – je ne suis pas très intéressé par les plantes de toutes façons. Même si ça cogne les gens. »
Il sourit tandis que James levait les yeux au plafond, puis attendit impatiemment que ses amis sortent de la Salle Commune. Aussitôt qu'ils furent partis, il sortit la notice concernant le concours et ses yeux gris prirent un air pensif en l'examinant.
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« Je ne comprends pas, mais alors pas du tout ce garçon ! » Mars but le reste de son thé et reposa sa tasse sur la table. « Mais enfin, se battre ! Avec un camarade ! Et alors qu'il savait qu'il serait pris. Je veux dire, j'aurais pu comprendre si ça avait été une bagarre personnelle dans un passage sombre quelque part, mais au vu et au su de tout le monde ? » Il soupira et se rassit, se frottant le front d'un air las. « C'est tout simplement ... bon, s'il avait été question de quelqu'un d'autre, j'aurais dit que c'était de la stupidité. »
Flitwick émit un grognement de sympathie. « Le drame c'est qu'il est intelligent, » Dit-il de sa voix haut perchée tout en grignotant un biscuit au chocolat. « Simplement il semble consacrer toute son énergie à semer la pagaille autant que possible. »
« Même Potter s'améliore au fur des années, » Ajouta le professeur Maple, trempant avec précaution un petit pain au gingembre en forme d'humain dans sa tasse de thé. « Mais Black ... » Elle se tut et mordit dans la tête de l'infortuné biscuit, coupant court à un dernier cri de protestation.
Remus gémit et s'enfonça un peu plus dans son propre fauteuil près de la cheminée de la Salle des professeurs. Le sujet de conversation depuis son arrivée n'avait été autre que celui qu'il désirait éviter : Sirius Black. Les autres professeurs n'avaient pas perdu de temps pour exprimer leur opinion ('encore' pensa-t-il amèrement) sur l'élève récalcitrant, mais jusqu'à présent il était demeuré silencieux – il ne se sentait pas en position de juger.
La seule bonne chose était que McGonagall n'ait pas encore entendu parler des derniers exploits de Sirius.
Tandis qu'il était plongé dans ses pensées, la porte s'ouvrit et le professeur McGonagall y pénétra, portant une brassée de livres. Elle sourit avec reconnaissance tandis que Mars se levait pour l'en débarrasser, les déposant sur un guéridon, puis elle s'enfonça lourdement dans l'un des fauteuils près de Remus. Le professeur d'éducation physique se rassit également, juste au moment où Dumbledore pénétrait tranquillement dans la pièce et la conversation reprit.
« Je me demande parfois si ça a quelque chose à voir avec ses origines, » dit Mars, jouant négligemment avec une mèche de cheveux dorés échappés du catogan qu'il avait l'habitude de porter. « Je veux dire par là que peut-être on lui demande d'agir ainsi. »
Le professeur Sinn, qui enseignait la Divination et qui était connu sous son seul nom de famille, fronça les sourcils. « Difficile à croire, on n'a pas la moitié autant d'ennuis de la part des autres sang-pur. »
« Je présume, » McGonagall le coupa d'un air las, « Que vous parlez d'un certain M. Black ? »
Sinn et Mars échangèrent de brefs regards tandis que le professeur Maple semblait soudain fascinée par son café. Flitwick fixa le plafond et Remus, sentant le danger, s'enfonça encore plus profondément dans son siège, notant la façon dont les lèvres de McGonagall se serraient. Dumbledore soupira et leva un blanc sourcil.
« Je parie que vous parlez de la bagarre qu'il a eue avec le jeune M. Snape ? » Demanda-t-il d'une voix douce.
Un cri parvint du côté du fauteuil du professeur McGonagall. « Vraiment, Albus ! Est-ce que vous êtes obligé de vous montrer aussi ... calme à propos de cette affaire ? Êtes vous vraiment en train de dire qu'un membre de ma propre Maison a attaqué un autre élève ? » Elle soupira, malgré son irritation évidente et attirant la boite de biscuits, mordit dans l'un d'entre eux avec férocité. « Ce garçon est désespérant, désespérant ! C'est une cause perdue. Je devrais le bannir de l'équipe de Quidditch et me passer de lui. »
« Je ne pense pas que ça soit une idée judicieuse. Qu'est ce que vous en pensez Remus ?
L'attention générale se tourna soudain vers le loup garou, qui s'éclaircit la gorge, maudissant Dumbledore en son for intérieur dans toutes les langues qu'il connaissait.
« Heu .. hé bien. Je ne dirais pas que Sirius soit une cause perdue ... » commença-t-il avec hésitation.
« Foutaises. » Le professeur Sinn se pencha en avant, ses yeux habituellement joyeux, brillaient d'indignation. « Black n'a jamais causé que des problèmes dans mes cours depuis ses onze ans ! » Son visage se rembrunit et il se croisa les bras, sans se préoccuper de balayer la mèche de cheveux noirs qui était tombée devant ses yeux à la suite de son mouvement brusque.
« Vraiment professeur, je me permets d'insister pour que vous laissiez Remus exposer son point de vue. » Dumbledore leva une main, anticipant la réplique de Sinn, qui se mordit les lèvres et se rassit, gagnant une tape de consolation sur son épaule de la part de Mars.
« Et, hum, je ne pense pas que lui retirer ses privilèges de joueur de Quidditch soit la meilleure façon de s'y prendre avec lui, » continua Remus nerveusement. « Je pense que Sirius est le genre d'élève qui se rebellera contre toute punition. Je pense, » ajouta-t-il soudain inspiré, « Qu'il en reçoit déjà plus que sa part chez lui. » Il toussota, embarrassé, tandis que Dumbledore approuvait de la tête, ses yeux bleus dardés sur son visage;
« Et, hum, comme je le disais, je ne pense pas que Sirius soit délibérément mauvais. Je pense que c'est la façon dont il a été élevé et, hum, c'est son moyen de s'exprimer. Hum... » Il fit une pause et observa le reste du personnel qui le fixaient comme s'il lui était poussé une deuxième tête.
Tous sauf Dumbledore.
« Je suis heureux de vous entendre dire ça Remus, » Dit-il avec douceur. « Je pense également que Sirius possède un grand potentiel et que si nous nous y prenons mal avec lui, nous le conduirons très certainement à se mettre au ban de la société. » Il sourit soudain. « Je suis heureux de voir que mon instinct ne m'a pas trompé quand je vous ai demandé de garder un oeil sur lui. »
'Oh s'il vous plaît, Merlin s'il vous plaît, laisse moi disparaître dans un trou et mourir, ' pensa Remus. Pourtant il répondit, « Oh ... hé bien, merci. »
McGonagall fronça les sourcils. « Je continue de penser que nous ne devrions pas le laisser s'en tirer sans aucune sanction. Se battre à l'école est un sérieux délit. Il devrait au moins avoir une retenue – je refuse de permettre à un élève de s'en tirer sans aucune forme de réprimande. »
Mars leva les yeux et regarda par-dessus l'épaule du professeur Sinn tandis que celui-ci expliquait une théorie sur les univers parallèles. « Je lui ai déjà donné une retenue, » dit-il, ayant à demi suivi la conversation. « Je lui ai fait récurer les vestiaires à la main. »
« Je peux en attester, » ajouta le professeur Maple. « C'est moi qui ai surveillé sa punition. »
« Vraiment ? » Dumbledore leva un sourcil. « Je pensais que vous en étiez chargé Remus , »
« Oh .. hé bien. » Remus toussa. « J'ai commencé mais j'étais épuisé à cause de ... tout ça ... et le professeur Maple a bien voulu me remplacer. » Il crut apercevoir Maple lui faire un clin d'oeil, et il déglutit difficilement.
« Ah, » Dumbledore se rassit et parut satisfait. « Bien, la prochaine fois, ne laissez pas le vieillard excentrique que je suis vous obliger à faire quelque chose si vous êtes trop fatigué, n'est-ce pas Remus ? » Il lui sourit d'un air absent, puis se tourna pour regarder McGonagall, qui fulminait toujours. « Une partie d'échecs ma chère ? »
McGonagall approuva de la tête et pendant un moment le silence régna dans la pièce, rompu seulement par le cri d'une pièce d'échec malchanceuse, ou par le paisible murmure venant du coin où se trouvaient Mars et Sinn, qui discutaient avec passion au sujet du bouquin poussiéreux qui expliquait la théorie des univers parallèles.
La paix fut rompue quelques précieuses minutes plus tard, cependant, quand Flitwick – qui lisait le journal – se redressa tout à coup, et laissa échapper un cri horrifié. McGonagall et Dumbledore levèrent les yeux de leur échiquier, sourcils dressés ; Sinn et Mars marquèrent une pause dans leur paisible débat et même Remus se redressa, la curiosité primant sur son désir de paix et de calme. Seule le professeur Maple continua à boire son café, imperturbable.
« Je pense qu'il faut que vous écoutiez ça » La voix de Flitwick était hachée.
« Hier M. K. L. Staed a été condamné à cinq années de réclusion à la prison d'Azkaban. Cette peine a été prononcée après une audience de plusieurs jours. Staed – un professeur de Durmstrang – a été arrêté le mois dernier à la suite d'une dénonciation faite par les parents de l'une de ses élèves. L'homme âgé de trente six ans avait, apparemment, été impliqué dans une affaire de moeurs avec l'une de ses élèves les plus âgée.
«A la suite de ces accusations, une enquête a été menée et Staed a été arrêté sur les lieux mêmes. Étant donné que la jeune fille était mineure, la Cour s'est prononcée contre l'acquittement de M. Staed en raison du fait qu'une telle relation était illégale. L'avocat de M. Staed doit faire un compte rendu à la presse prochainement, concernant l'appel qui est déjà programmé pour février l'année prochaine ... »
Flitwick s'arrêta et leva des yeux écarquillés. « Ce ne serait pas de Kane qu'il est question ? » demanda-t-il .
Dumbledore tendit la main pour avoir le journal et étudia la photo à côté de l'article. « Je crois bien que vous avez raison, » dit-il d'un air légèrement surpris. « Vraiment, c'est la dernière personne que j'aurais pensé finir comme ça. » Il cligna des yeux, examinant le journal à travers ses verres demi-lune. « Comme c'est étrange, » Il méditait dans le silence profond de la salle des professeurs. « J'ai toujours pensé que kane était un jeune homme remarquablement sensible. » Il soupira et rendit le journal à Flitwick. « Ainsi va le monde. »
Le professeur Maple reposa sa tasse de café sur la table avec une légère exclamation. « J'ai lu cet article ce matin, » dit-elle paisiblement. « Il m'a un peu choquée. Je suis surprise que kane ait pu faire quelque chose d'aussi ... stupide. » Ses lèvres se relevèrent en un léger sourire. « C'était un garçon si brillant – j'étais fière de l'avoir eu comme élève et plus tard comme collègue. » Elle soupira. « Et maintenant de voir jusqu'où il est tombé ... »
« C'est entièrement de sa faute, » Mars se tenait toujours négligemment sur le sofa à côté de Sinn, lequel évitait soigneusement de regarder qui que ce soit dans la pièce. « S'il est assez stupide pour se retrouver impliqué dans une affaire avec une élève, il mérite tout ce qui lui arrive. »
« Est-ce que ce n'est pas là une opinion quelque peu basée sur des préjugés ? Interrogea le professeur Maple d'un air pensif tandis que plusieurs autres membres du personnel, dont le professeur Tone, le vieux professeur de Rhunes anciennes, sursautaient légèrement.
« Pas vraiment non. » Mars se croisa les bras et haussa un sourcil. « C'est incroyablement stupide de se retrouver embarqué dans une histoire avec une élève – les lois sont assez claires à ce sujet. Si Staed a été assez imprudent pour être découvert .. hé bien, tant pis pour lui. »
« Sinn, qu'est-ce que vous en pensez , » Le professeur Maple interpellait son collègue.
Le jeune visage de Sinn afficha une expression de prudence neutre. « Hé bien .. » commença-t-il avec hésitation « Il m'est un peu difficile de juger, n'ayant pas eu l'expérience de me trouver dans la même situation que notre infortuné ex-collègue. Cependant, bien que je reconnais qu'il était stupide de sa part de se retrouver mêlé à cette histoire avec cette jeune fille, je trouve que c'est loin de mériter cinq années à Azkaban. » Il soupira en voyant Mars lui décocher un regard furieux et il haussa les épaules. « Mais je suppose que la punition est là pour dissuader quiconque de faire la même chose que Kane.
Remus détourna le visage pour regarder le feu, les joues brûlantes. La crainte et le remords soufflaient tour à tour le feu et la glace le long de sa colonne vertébrale. Quelqu'un d'autre ... quelqu'un d'autre s'était trouvé exactement dans la même situation que lui, et il avait succombé à la tentation. Le poids de ce qu'il avait fait retomba lourdement sur son esprit et il croisa ses doigts nerveusement. Il avait l'impression que si l'un des autres professeurs le regardait, il pourrait aussitôt voir sa faute. Ça devait être écrit sur son visage, pour que tout le monde puisse le voir, le juger et le condamner. Tout le monde allait remarquer inévitablement la panique dans ses yeux ...
« Remus ? » Mars s'était levé du sofa et lui secouait doucement l'épaule. Il fit presque un bond en arrière de surprise quand Remus sursauta si violemment que le fauteuil trembla. « Bon sang, qu'est ce qui vous préoccupe tant ? »
« Oh ... rien. » Remus se mordit la lèvre, priant que ses nerfs ne le trahissent pas.
Mars haussa les épaules. « Sinn et moi étions sur le point de descendre aux cuisines pour chercher quelque chose à grignoter, et ensuite remonter pour faire un peu de corrections dans coin tranquille. » Il sourit et désigna les autres enseignants qui, pour la plupart discutaient toujours au sujet du procès de l'infortuné Kane. « J'imagine que vous ne voulez pas réellement rester ici avec eux, alors pourquoi ne pas venir avec nous ? Je sais que ce n'est pas l'offre la plus excitante au monde mais ... »
« Merci, j'apprécierais beaucoup. » L'interrompit Remus en se levant brusquement, incapable de supporter plus longtemps l'atmosphère suffocante de la pièce.
«Splendide, » Sinn l'observait par dessus l'épaule de Mars de ses yeux bruns empreints de gentillesse. « Peut-être pourriez vous nous montrer cet épouvantard que vous avez reçu aujourd'hui ? »
Remus pâlit. « heu, non ... heu. J'ai bien peur ... hum ... » murmura-t-il, cherchant désespérément une excuse. « Désolé. » finit-il par dire, n'en ayant trouvé aucune. »
Sinn et Mars se regardèrent et haussèrent les épaules.
« Venez et prenez vos affaires , » dit le professeur d'éducation physique.
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La plupart des élèves prenaient leur déjeuner dans le Grand Hall quand Sirius émergea finalement de la Salle Commune, le livre de texte de Peter coincé sous un bras. James était revenu brièvement pour voir s'il voulait descendre déjeuner avec eux, mais Sirius l'avait chassé, promettant qu'il descendrait plus tard, mais qu'il avait quelque chose d'important à faire avant. Puis, aussi vite que possible, il s'était mis à la recherche du professeur McGonagall dans le but de s'inscrire au concours de musique inter-Maisons.
Elle l'avait regardé, lèvres pincées, avec une expression aigre et il avait compris immédiatement qu'elle était au courant de ce qu'on appelait désormais 'l'affaire Snape'. Pourtant, de façon étonnante, elle n'avait pas fait de commentaires, lui avait à peine demandé de mettre son nom sur la feuille d'inscription et l'avait informé que l'audition aurait lieu ce vendredi. S'il était en retard, avait-elle dit froidement, il serait automatiquement éliminé, et il devrait bien s'assurer d'apporter tout ce dont il avait besoin. L'école ne pourrait pas lui donner de fourniture.
Il avait approuvé comme un bon garçon et s'était précipité dehors en direction de la Salle Commune avant qu'elle ne puisse changer d'avis.
Perdu dans ses pensées, il cheminait le long du couloir, et faillit se heurter à la sombre silhouette qui avait émergé d'un passage latéral. Il y eut une exclamation de surprise, et il se retrouva, fixant les yeux gris et froids de Lucius Malfoy.
« Sirius ? Au nom de Merlin, qu'est ce que tu fais dans ce couloir tel un démon en robe noire ? » Sirius se raidit sous le regard évaluateur qui parcourait et évaluait son corps. « Je pensais que tu étais en train de déjeuner. »
« Je n'avais pas faim. » La voix de Sirius n'était que froide politesse. « D'ailleurs, je pense que je devrais te demander ce que toi tu fais ici. N'as-tu pas quitté Poudlard l'an passé ? Ou aimes tu tellement l'endroit que tu te sentes obligé d'y revenir ? » Il sourit tandis que Malfoy haussait un élégant sourcil blond.
« Hé bien, je suis ici pour représenter mon père à l'assemblée des gouverneurs. Il est souffrant et ne pouvait malheureusement pas venir. J'ai donc été envoyé ici pour garder un oeil sur ce fou de Directeur. » Il lissa sa robe noire et replaça une mèche de cheveux blond platine derrière une oreille. « Tu es sûrement au courant de tout ça ? j'imagine que ta mère où l'une de tes cousines t'aura informé de la situation. »
« IL est dommage que les missives de Mère n'aient manqué de détails, ces derniers temps, » Répliqua froidement Sirius, les doigts crispés sur le livre de Peter. « J'ai bien peur que leur contenu tout entier ne concernait que mon propre avenir, pas celui de ses ... amis. »
« Ah, j'ai entendu parler de ça. » Le sourire de Lucius s'élargit. « Tu as des ennuis non ? Tu es en train de te faire une ... réputation chez toi ; il s'agit de ton amour pour les moldus il me semble ou quelque chose dans le genre. C'est triste, je t'aurais cru plus de goût que ça Black. Après tout, il n'y a pas si longtemps encore, nous étions amis. »
« Je n'aurais pas appelé ça comme ça. » Sirius baissa la tête, ses cheveux se répandirent autour de son visage comme un rideau noir, cachant son expression. « Peut-être que 'connaissance' serait plus approprié. »
« Hé bien dans ce cas, ta mère approuvait notre ... connaissance. » Lucius se frotta pensivement le menton d'un doigt. « Et c'était il y a seulement combien ... six mois de ça ? Comme le temps passe – tu as tellement changé en si peu de temps. » Quelque chose brilla dans ses yeux et il se pencha en avant, baissant la voix. « Tu as grandi, Sirius Black. Tu ressembles bien plus à un homme que le garçon avec lequel j'ai passé l'été. Il n'y a qu'à te voir – brûler de colère et brandir tes propres opinions. » Il rit et Sirius grinça des dents en sentant son souffle, refusant toujours de le regarder. « Mais c'est toujours aussi amusant de te mettre en colère. »
« Je ne suis pas ton jouet, Malfoy, » La voix de Sirius vibrait d'une rage à peine contenue. « Tu penses que je suis une chose que tu as créée pour ton propre amusement. Tu as pris beaucoup de plaisir à m'humilier puis à m'enseigner l'estime de soi, uniquement pour me l'enlever à nouveau. Mais tu as oublié, » Il releva la tête pour fixer Lucius de ses yeux gris brûlants, « Je ne suis pas ta chose. Je suis un Black, et en tant que tel, je mérite d'être traité avec respect. » Il s'ensuivit une longue, interminable pause, jusqu'à ce que, finalement, Lucius ne parle.
« Bien, bien, » dit-il doucement, l'air mauvais, « Il semble que le vilain petit garçon ait vraiment grandi. Ta mère sera enchantée quand je lui dirai quel bel héritier de la tradition des Black tu es devenu. Dis-moi, est-ce que tes petits amis te voient comme ça ? Je suis sûr qu'ils apprécient ton attitude. »Il eut un sourire moqueur en entendant Sirius grincer des dents et sentit qu'il avait atteint un nerf sensible. « Ça doit être si difficile pour toi Sirius, d'avoir à t'associer aux goûts de ... ces gens-là. »
« Écoute espèce de demi neurone dégénéré ... »
« Y aurait-il un problème ? » La voix douce derrière les deux hommes les fit sursauter. Lucius se raidit et Sirius pivota si rapidement qu'il tomba presque à la renverse.
Remus se tenait là, encadré derrière lui par le professeur Fogarty et le professeur Sinn qui essayaient désespérément de ne pas paraître trop intéressés. Le jeune professeur leva un sourcil et se croisa les bras tandis qu'il observait la scène devant lui. Son regard glissa de Lucius à Sirius et s'arrêta, pensif. Ses lèvres se tordirent et il avança d'un pas puis se tourna vers Lucius après s'être composé un sourire poli.
« Je suis terriblement désolé, j'espère qu'il ne vous importunait pas. »
« Non, non, » l'expression de Malfoy changea, passant de la surprise à quelque chose d'indéchiffrable. « Il m'indiquait simplement ... où je pourrais trouver le bureau du Directeur. »
« Il se trouve juste en bas, dans le hall, mais je ne connais malheureusement pas le mot-de- passe. »
« Moi si, » intervint Sinn paisiblement, en passant à côté de Remus. » Voudriez-vous me suivre ? » Il regarda par dessus son épaule sans ambiguïté. « Vous venez professeur Fogarty ? »
Sirius regarda avec inquiétude les trois hommes repartir dans le couloir, avant de se tourner pour regarder Remus, d'un air moitié coupable, moitié de défi. Il eut de la peine à déglutir en voyant l'expression sévère du professeur, et faillit reculer contre le mur mais se rappela juste à temps qu'il le dépassait d'une bonne dizaine de centimètres et qu'il n'était pas quelqu'un qu'on intimidait facilement. Pas du tout en fait - même si Remus le dévisageait à cet instant comme s'il avait envie de lui ouvrir la gorge.
« En réalité je ne l'importunais pas, » Finit-il par dire d'un air renfrogné.
« Je sais. » Le regard féroce s'adoucit légèrement et Remus s'adossa négligemment contre le mur, les mains dans les poches. « Mais je pense qu'il serait aussi bien que vous essayiez d'éviter M. Malfoy. J'ai entendu dire ... pas mal de chose sur lui. Il ne me paraît pas être l'homme le plus indulgent ou le plus agréable qui soit. » Il sourit à demi puis regarda au loin rapidement tandis que les dents de Sirius étincelaient d'un sourire prudent.
« Il ... hum .. en fait c'est lui qui m'a arrêté pour me parler. »
« J'avais compris. »
Il y eut un long silence embarrassant, jusqu'à ce que finalement Remus ne se repousse du mur en prenant une grande inspiration. « Bien, je vous reverrai en classe, M. Black. Assurez-vous d'avoir fait ce devoir voulez vous ? »
« Attendez ... »
Mais Remus s'était déjà retourné et s'éloignait dans le couloir.
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Il rêvait d'une peau douce glissant contre la sienne, sa chaleur brûlante le marquant comme un fer rouge d'un plaisir sensuel, absolu tandis que des doigts savants effleuraient sa clavicule, remontaient le long de son cou, se réfugiaient - presque sauvagement – dans ses cheveux. Il sentit un souffle d'air chaud contre sa bouche et gémit, les lèvres déjà brûlantes et sensibles, quémandant des caresses.
«Du calme. » Des yeux dorés le regardaient, adoucis, languides. « Si tu fais du bruit on va nous entendre. »
Une langue douce et râpeuse descendit pour envelopper l'un des ses mamelons durci et il cria de surprise, ses hanches ruant brusquement contre le corps chaud qui l'écartelait. Des mains fortes, élégantes le repoussèrent rudement, en même temps que des dents malmenaient doucement la peau de son épaule.
« Première leçon : toujours faire ce que dit le professeur. » Deux doigts trouvèrent son autre mamelon, le pincèrent ; le tordirent. « Deuxième leçon : ne jamais parler à moins qu'on ne vous adresse la parole. » De petites morsures martelèrent sa peau puis le corps souple au-dessus du sien se déplaça, glissant lentement vers le bas tandis que l'autre homme ronronnait au-dessus de son estomac. « Troisième leçon : vous devez être attentif. » La rape d'une langue contre sa peau brillante de sueur le fit gémir et se tordre désespérément.
« Vous m'avez bien compris ? » Le regard était perçant, dévorant, et la seule chose qu'il pouvait faire était d'éviter de gémir, de supplier désespérément pour quelque chose, n'importe quoi. N'importe quoi qui aurait mis un terme à ce désir taraudant qui ravageait son corps, qui le laissait pantelant telle la putain que sa mère lui avait toujours dit qu'il était. Il gémit d'un ton pitoyable, désespéré, qui venait du fond de la gorge, et il fut récompensé quand des lèvres descendirent sur les siennes.
La fusion sauvage de leur bouche était tellement éloignée de la douceur à laquelle il s'était attendu qu'il faillit crier de surprise, s'arquant contre ce poids si lourd et si merveilleux qui le clouait sous lui. Des lèvres frôlèrent les siennes et il soupira en sentant des dents affamées le titiller, avant qu'une langue humide ne plonge dans sa bouche pour ensuite s'infiltrer entre ses dents et glisser contre sa propre langue, la taquinant avant de s'éloigner.
« Vous apprenez vite Mr Black. »
« Je ... j'ai toujours aimé plaire ... » Sa propre voix lui parut violente, âpre – suintante de luxure et de sexe tandis que les yeux d'or qui l'observaient, emplis de désir, renvoyaient des étincelles qui descendaient le long de son épine dorsale. Un simple regard et il le désirait ... oh comme il le désirait. Il était si facile de le faire tomber après tout, si facile de le soumettre, d'être pris, de supplier jusqu'à ce qu'il n'ait plus de souffle, de gémir jusqu'à ce que ses désirs soient satisfaits.
Des doigts maigres, savants trouvèrent son sexe, faisant courir sur lui une paume calleuse qui lui arracha un gémissement venant du plus profond de sa gorge.
« Sirius ... » Le halètement déchirant était doux contre sa bouche.
« Sirius ... »
« SIRIUS»
Sirius cria et se redressa en sursaut en entendant le cri qui lui parut tout proche de son oreille. A demi enroulé dans ses draps, il s'arrêta, haletant tandis qu'il parcourait la pièce du regard, les yeux écarquillés. Sur le sol, à côté de son lit, James gémissait en se frottant la tête qu'il s'était cognée contre la table de nuit. Le brusque réveil de Sirius l'avait fait tellement sursauter qu'il avait chancelé et trébuché sur une chaussure qui traînait par terre.
« Ouch ... » Murmura-t-il encore affalé sur les genoux tout en se frottant le front. « Sir ça va ? »
Sirius cligna des yeux et sa respiration se fit plus hachée tandis qu'il luttait pour regagner le contrôle de son corps rebelle. Il sentait dans son ventre les tiraillements de la faim et il soupira, se passant une main dans les cheveux en sueur qui s'était échappés de la natte qu'il avait coutume de porter pour dormir. « Désolé James, qu'est-ce qu'il y a ? Demanda-t-il distraitement, tout en fixant un point à l'extrémité de son lit, les yeux dans le vague et légèrement désorienté.
James répéta sa question.
« Oui, ça va. » Sirius se frotta les yeux avec ardeur.
« Hé bien tu délirais et tu gémissais dans ton sommeil comme si tu avais mal quelque part. » James se leva et croisa les bras d'un air inquiet.
« Non, je me sens bien. » Sirius eut un large sourire et regarda par la fenêtre, où déjà l'on voyait poindre la lumière grise du petit matin. « On va devoir se lever dans une minute. » Il soupira et regarda James. « Désolé de t'avoir réveillé si tôt. »
« Hey, c'est pas un problème. » James lui envoya un légère bourrade sur le bras, souriant, bien que ses yeux demeuraient inquiets. « Se lever tôt est probablement bon pour moi ... dans un certain sens. » Il soupira et regarda par dessus son épaule vers le lit sombre de Peter – qui s'était rendormi rapidement. « Tu penses qu'on devrait le réveiller ? » Il grimaça et se dirigea vers le lit de Peter. « Peut-être qu'un bon petit seau d'eau glacée ferait l'affaire ? »
« Nan, l'un de nous mérite un peu de sommeil. » Sirius désigna la salle de bain de la tête. « Vas-y, sautes dans la douche et j'irai après toi. Peut-être même qu'on sera en bas à l'heure pour le déjeuner pour une fois. »
« Le ciel m'en préserve ! » James s'étrangla, portant dramatiquement une main à sa poitrine, avant de ramasser la serviette qu'il avait jetée de son lit sans cérémonie, la veille au soir. « Si on était descendus plus tôt on aurait provoqué une attaque cardiaque chez McGonagall. » Il marqua une pause et prit un air sérieux. « Tu pourrais vivre avec la mort d'un professeur sur la conscience ? Ce serait une chose horrible. »
« Non je ne supporterais pas. » Sirius força une note de gaieté dans sa voix, le visage plissé dans un sourire jusqu'à ce que James ne gagne la salle de bains fermant la porte derrière lui. Il laissa alors le sourire s'effacer et nicha sa tête entre ses mains en gémissant.
« Mais qu'est ce qui ne va pas chez moi ? » Siffla-t-il entre ses dents serrées. « Je suis en train de devenir une sorte de ... de ... monstre ! » Il gémit et repoussa ses couvertures puis grimaça en sentant l'air froid envelopper son corps. « C'était juste un rêve, » Dit-il fermement, ignorant les dalles froides sous ses pieds. « Juste un rêve, et un rêve qui n'est rien d'autre qu'une information rabâchée par ton cerveau depuis hier. Les choses se sont juste un peu mélangées la dedans, c'est tout. »
Il se mit debout, et se regarda dans le miroir qui se trouvait à l'une des extrémités du dortoir en cas d'urgence capillaire, (ce qui dans le cas de James, se produisait tous les jours). Il fronça les sourcils en avisant son reflet pâle aux yeux élargis. « Juste un rêve, » Répéta-t-il, appuyant son front contre la vitre froide. « Juste un rêve. »
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« Hé bien j'espère que les autres élèves seront meilleurs que celui-là, » murmura dans un souffle, le professeur McGonagall à Remus tandis qu'elle barrait le nom de Francis Alder de sa liste. « S'ils sont aussi mauvais, j'ai bien peu que Gryffondor n'ait aucun espoir. » Elle serra les lèvres et décocha un regard aigu au groupe de garçons qui se tenait dans l'un des coins de la classe de Métamorphoses. « Franchement, j'aurais dû préciser 'Talent obligatoire' sur le règlement. »
Remus rit doucement et lui tendit la partition suivante. « Celle-ci est pour Jeremy, » dit-il en hochant de la tête en direction d'un garçon aux cheveux clairs qui attendait nerveusement au milieu de la pièce. « Donnez lui une chance, j'ai entendu dire qu'il était bon. »
Les auditions pour le concours inter-Maisons avaient commencé tard cet après midi là avec plus de quarante candidats attendant pleins d'espoir dans la classe du professeur McGonagall. Remus avait été désigné pour l'aider et, alors que le soir venait, il avait découvert qu'il y prenait beaucoup de plaisir. Sa collègue avait sans doute des critères élevés, mais elle avait une oreille parfaite en matière de musique et jusqu'à présent, seuls trois élèves avaient été sélectionnés pour représenter les Gryffondor.
« Qui vient après Jeremy ? » s'enquit Remus tandis que McGonagall donnait une chance au petit garçon et lui souriait en l'envoyant d'un coté de la pièce.
« hum ... » l'autre professeur examina la liste et ses yeux s'élargirent de surprise. « James Potter. »
« Potter ? » Remus haussa les sourcils de surprise et il scruta la pièce jusqu 'à ce qu'il repère James, qui, tapi dans un coin, arborait un air vaguement méprisant et ignorait ostensiblement un groupe de troisième année qui ne cessaient de ricaner en le dévisageant.
« Potter ! » la voix de McGonagall claqua sèchement et James sursauta puis déglutit avant de s'avancer au centre de la pièce. « Avez vous un accompagnement ? » demanda-t-elle, frappant son crayon contre le bureau tandis que James secouait la tête. « Non ? Alors commencez je vous prie »
Tandis que James se lançait dans une interprétation du 'chant de la sorcière ', Remus se surprit à être de plus en plus étonné. Malgré le réveil matinal, James était assez bon. Il se tenait la tête redressée, le dos droit, les yeux fixés sur McGonagall d'un air de défi. Il avait une bonne voix de ténor, puissante, qui résonnait dans la classe et il s'arrangea pour rester précisément dans le ton jusqu'à la dernière note, qu'il tint remarquablement longtemps.
« Bien, » dit McGonagall lorsqu'il en eût terminé. « Je n'aurais jamais pensé que vous aviez ça en vous, Potter. » Elle fit un signe de tête en direction du coin le plus éloigné de la pièce. « Allez vous asseoir avec vos camarades s'il-vous-plait. Vous commencerez la répétition lundi prochain.
Souriant légèrement en voyant James laisser fuser un cri de joie, elle se tourna vers Remus. « Hé bien, je suis impressionnée. Honnêtement, je n'aurais jamais cru ce garçon capable d'autre chose que d'initier des coups pendables » Elle eut un petit rire presque coupable. « Maintenant si seulement Black nous offrait également un petit potentiel ... »
« Sirius ? » Le ciel tombait sur la tête de Remus. « Sirius passe l'audition ? »
« Oh oui. Il a même assez insisté. Malgré mes ... réserves, j'ai décidé de lui accorder le bénéfice du doute. En fait, » McGonagall examina sa liste, « C'est l'avant-dernier à passer. S'il se présente ... » elle laissa sa phrase en suspens et se retourna vers les élèves, faisant un signe de la tête à une jeune fille pâle, qui s'approchait du piano.
Sirius auditionnait. Remus déglutit et se demanda si ça paraîtrait bizarre qu'il quitte la classe. Très, réalisa-t-il avec l'impression de se noyer. Il n'avait plus qu'à rester assis là à prier pour que le garçon ne fasse rien de trop stupide. Peut-être que s'il s'asseyait dans le fond ... mais non, McGonagall avait besoin de lui pour faire partir la musique. Il soupira et s'enfonça un peu plus dans son siège, souhaitant disparaître dans un trou de souris.
Le temps passa beaucoup trop vite, et soudain James laissa éclater un « SIR ! » retentissant que Remus interpréta comme le fait que la plupart des élèves avaient terminé leur audition et que Sirius Black avait fini par se décider à pénétrer dans la classe.
Il était vêtu avec désinvolture d'un ample t-shirt noir et de jeans de la même couleur. Ses cheveux étaient retenus en arrière par un lien, laissant simplement les mèches les plus petites encadrer son visage. Ses yeux gris semblaient plus sombres, plus intenses tandis qu'il s'avançait, transportant une boite dans une main, et Remus réalisa d'un coup que c'était dû à la fine couche de ce qui ressemblait fort à du kohl qui soulignait ses yeux. Il pensa fugitivement que sur n'importe qui d'autre, l'effet aurait semblé ridicule. C'était injuste tout simplement. In-juste. Le kohl faisait paraître la peau de Sirius plus pâle également, il ressemblait presque à un pur esprit, dépourvu de substance, composé d'ombre et de lumière de lune.
Dieu, laisse moi mourir ici et maintenant. Remus déglutit et Sirius fit une pause, embrassant la pièce du regard . Ses yeux se posèrent sur le jeune professeur mais, étonnamment, ils ne s'attardèrent pas. Au lieu de cela ils se détournèrent presque comme si Sirius paraissait soudain embarrassé.
Remus regarda subrepticement Sirius faire un geste en direction de James et traverser la pièce, suivi de Peter qui tenait une partition à la main. Remus saisit les mots « répétition ... » et « Peter m'a aidé ... » avant qu'un crescendo de piano ne domine tout autre son et que la fille qui jouait n'en termine et se lève pour recueillir quelques applaudissements de la part de ses camarades.
« Elle a été bonne, » murmura McGonagall approuvant, mettant une croix en face du nom de la file. « Au moins nous avons une grande variété – à la différence des Serpentard. » Le sarcasme était implicite dans sa voix, même s'il ne se devinait pas sur son visage. « Ils n'ont que des chanteurs. Ils pensent que ce n'est pas digne d'eux de jouer d'un instrument inventé par un Moldu. » Elle renifla avec désapprobation, puis jeta un coup d'oeil à la liste. « Sirius Black ! »
Sirius se retourna, lui souriant alors qu'il refusa de regarder Remus. « Oui professeur ? »
« Voyons voir ce que vous avez choisi » Interrogea McGonagall.
« Oui professeur. » Sirius s'avança, obéissant, jusqu'au centre de la pièce, et fit un geste impatient en direction de Peter qui se précipita derrière lui, laissant presque tomber les partitions. Souriant, le garçon brun désigna le piano, puis attendit que son ami n'entame le morceau. Il se pencha et ouvrit l'écrin du violon, puis en sortit l'instrument, laissant ses doigts caresser amoureusement le bois poli, avant de pincer légèrement une corde pour s'assurer qu'il était bien accordé.
« Je ne savais pas qu'il jouait du violon, » murmura McGonagall à Remus, qui se contenta de hocher la tête et de déglutir péniblement.
Je devrais être heureux qu'il ne m'ait même pas mis au courant, pensa-t-il malheureux, après tout c'est moi qui l'ai encouragé dans cette voie, alors pourquoi est-ce que je me sens ... rejeté ? Il soupira et examina Sirius, qui, satisfait de son instrument, levait le violon et le calait sous son menton. L'élève jeta un regard à Peter qui hocha la tête, les doigts en position au-dessus des touches du piano, avant de sourire au professeur McGonagall, sourcils levés.
« Je peux commencer ? »
« Oui, oui, allez-y, » lança-t-elle impatiemment.
Sirius hocha la tête et entama son morceau.
Dès les premières notes, Remus reconnut la Sarabande, mais ça ne ressemblait à rien de ce qu'il avait pu entendre auparavant. L'accompagnement de Peter fournissait un tempo rapide sur lequel Sirius jouait avec sauvagerie. Le violon chantait littéralement sous les doigts du garçon, sa chanson s'élevait dans la pièce, forçant le silence parmi les élèves tandis qu'ils observaient Sirius se balancer au son de la musique.
L'archer volait au-dessus des cordes, produisant une suite de notes parfaites. le rythme techno fourni par le piano et, réalisa Remus, l'accompagnement à la batterie par un certain J. Potter constituaient un ensemble qui s'accordait remarquablement bien.
Sirius évoluait plus librement à présent, son corps oscillait avec le violon, ses cheveux libérés de leur lien étaient prêts à tomber en désordre autour de son visage concentré. Il était évident à tous ceux qui regardaient qu'il était totalement immergé dans son propre monde de musique, suivant le chemin des notes et que, sous ses doigts, son instrument produisait un son pur et implacable. C'était à n'en pas douter, de la poésie en mouvement, un son épique, et Remus était incapable de quitter des yeux la silhouette souple qui avait captivé le petit auditoire.
Les yeux de Sirius s'étaient fermés alors que la musique atteignait son apogée, le visage marqué d'un léger froncement de sourcils, entièrement focalisé sur les notes qu'il voulait produire. Les doigts de Peter parcouraient les touches du piano tandis que la Sarabande s'envolait, puis redescendait et s'achevait en un panache triomphant, souligné par l'archer que Sirius menait à une vitesse telle que le mouvement en devenait flou.
Quand le morceau arriva à son terme, les applaudissements des Gryffondor furent presque assourdissants. Sous l'oeil de Remus, McGonagall traça une croix ferme en face du nom de Sirius puis lui sourit.
« Très bien M. Black. Ça faisait un petit peu concert rock, mais c'était néanmoins très bon. »
« Bien joué Sir ! » James avait abandonné sa batterie ( comment avait-il pu passer à côté de cela auparavant ? Se demanda Remus) et s'était rué sur Sirius pour lui assener une claque sur l'épaule. « Je ne savais pas que tu jouais aussi bien de ce truc ! »
Moi non plus, pensa Remus, puis il se figea.
Un silhouette jouant pour les étoiles au sommet de la tour et un professeur qui avait travaillé tard. Une triste et mélancolique mélodie qui ne s'accordait pas à la beauté de la nuit, mais qui l'avait ému au plus profond de son âme ...
« Toi, c'était toi, » murmura Remus, les yeux rivés au dos de Sirius.
Presque comme s'il avait pu entendre Remus, Sirius se raidit puis se retourna. Ses yeux gris firent le tour de la pièce avant de se poser sur le jeune professeur. Remus vit une lueur passer sur le visage de Sirius avant qu'il ne hoche la tête, froidement, puis il se retourna et sortit de la classe sans un regard en arrière.
A suivre ...
Réponses aux reviews :
Gred : Comment ça t'as pas d'adresse ! tssss pas bien ça ! Lol !
Oui Sirius est très complexe je trouve. Tiraillé entre son éducation qui en fait quelqu'un de fier, son 'héritage spirituel' que voudraient lui imposer ses parents, et ses propres sentiments qui sont beaucoup plus humains et profonds.
Le pauvre, il ne sait plus très bien où il en est !
Sinon j'espère aussi que Remus aura l'occasion d'aller consoler Sirius où du moins que Sirius se 'laissera' consoler par Remus ... ahem .. faut pas que j'en dise trop moi !
Effectivement les personnages ne sont pas manichéens, que ce soit Sirius, Severus ou Regulus. C'est ce qui donne beaucoup d'intérêt à l'histoire.
Sinon BBM, je n'ose pas dire combien de fois je l'ai vu ! Je garde ça pour ma petite correctrice ! (défense de parler Orélye). Mais en relisant le chapitre, j'ai vu qu'il y était question de haricots et je suis repartie dans le film ! « no more beans ! » Complètement dingue la fille !
Orélye: Aveugle Sirius ? Sans doute oui, ou alors naïf, après tout c'est la première fois que ça lui arrive le pauvre chéri alors il ne sait pas bien reconnaître l'Amour quand il le rencontre !
Je te préviens pour Remussounet c'est part à deux, parce que je l'ai vu la première ! Non mais ! Enfin ptre pas tout à fait la première mais presque. Et faut être discrètes parce qu'il y a du monde sur le coup on dirait ! MDR !
Merci encore de ton soutien ma chère correctrice.
Oxaline : Toujours fidèle et je t'en remercie beaucoup !
Oui j'aime beaucoup le coup de l'épouvantard aussi. Belle trouvaille. J'ai eu peur qu'il ne fasse un strip-tease la première fois que je l'ai lu ! (enfin peur ... MDR !).
Pauvre Sirius effectivement ! Malmené par ses copains pas très délicats, par Séverus (m'enfin ça c'est son rôle) et par les profs qui lui font récurer les vestiaires ! Et même par mumus qui ne veut plus lui parler ! C'était pas son jour !
J'espère que tu as pu voir le film depuis : il est même passé dans ma petite ville de 5000 habitants récemment. Si tu as aimé la nouvelle, tu ne peux qu'adorer le film qui est beaucoup plus développé et émouvant.
Boby : Oh ! Un tit nouveau (nouvelle ?) alors viens par ici, tu t'installes confortablement dans un fauteuil et tu restes là ! (pas envie que tu te sauves moi !). Je suis contente que l'histoire te plaise et tu verras l'intérêt grandit encore par la suite. D'ailleurs l'auteur nous a laissé sur un cliff au chapitre 12 ! elle exagère !
Bizzoux à toi.
Valààà , bizzzoux et merci encore à tous et à bientôt pour la suite ...
