LE CHOUCHOU DU PROF (teatcher's pet)

Bonjour tout le monde. Quelqu'un est intéressé par le chapitre 9 ? bon ben à tout hasard je l'ai posté.

Sinon, pour ceux et celles qui suivent l'histoire originale, vous avez dû voir que Cobaltviolet vient de publier le chapitre 13 ! et ce qui ne gâche rien il est excellent et avec des revirements très intéressants. Bon là vous avez compris que je fais aussi une petite pub pour la suite de ma traduction !

Sinon, si vous aimez comme moi les persos de Sinn et Mars, vous pouvez les retrouver sur le LJ de Cobalt où elle a commencé une série d'histoires les concernant. On les retrouve à Poudlard avec Dumbledore et McGonagall mais sans les maraudeurs. Petit détail, évidemment ces histoires sont en anglais.

Encore bizoux et merci à Aurélie pour prendre le temps de relire.

Bonne lecture.

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Précautions d'usage de l'auteur :

Avertissement : léger AU (univers alternatif). Techniquement, si c'était dans l'univers HP, ce serait situé à l'époque des maraudeurs. Soyez également avertis qu'il s'agit d' un slash qui implique une relation entre deux hommes.

James, Peter et Sirius ont environ 18 ans.

Pairings : Sirius Black/Remus lupin

disclaimer : je jure solennellement que je suis prête à beaucoup de choses avec ces personnages, mais je les rendrai à Mme Rowling dès que j'en aurai terminé.

Résumé : quand le professeur Lupin arrive à Hogwarts, Sirius Black est déterminé à tout pour le faire virer suite à un pari avec James. Et il est prêt à N'IMPORTE QUOI pour gagner ...

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CHAPITRE NEUF

« Snape n'arrête pas de me dévisager. » Articula lentement Sirius d'un ton acide. Il grinça des dents et martela sauvagement son bureau de sa plume, maculant au passage le bois d'encre noire.

James haussa les épaules. « Ben fais-en autant, » répondit-il conciliant. « Peut-être qu'il essaye simplement de te prendre en défaut – pas que ce soit très compliqué, je dois l'admettre. »

Sirius leva les yeux au ciel et abandonna la plume qui venait de se casser net en deux. « C'est pas ça, il n'arrête pas de me fixer. Et de ricaner. On dirait qu'il est au courant de quelque chose que je ne sais pas et qu'il veut voir ma tête quand je l'apprendrai. » Il décocha un regard sombre à l'autre bout de la pièce, là où se trouvait le Serpentard, enfoncé dans son siège, un sourire moqueur sur les lèvres.

« Tu deviens parano maintenant, » s'exclama James tout en donnant des coups de coude dans les côtes de Peter. « Pete, dis lui qu'il est parano. »

Peter ouvrit la bouche pour s'exécuter puis vit l'expression de Sirius, hésita, et se dit qu'il valait mieux s'abstenir. Il referma la bouche avec un claquement sec, et se renfonça dans son siège, essayant de ne pas attirer sur lui l'attention du brun. Dire de Sirius qu'il avait un regard meurtrier était un euphémisme, et Peter pensa soudain qu'il serait plus prudent de faire semblant d'être très occupé, très rapidement. Il vaudrait mieux, se dit-il, se retrouver loin, très loin s'il voulait éviter la mort quand Sirius exploserait.

« Ce cours ne sert à rien. » James venait apparemment de remarquer la mauvaise humeur de Sirius et changeait de sujet avec son manque de tact habituel . « Tout ce qu'on fait c'est recopier les notes de Lupin au tableau pour l'instant. Pourquoi est-ce qu'on ne peut jamais faire des choses plus excitantes, comme des duels par exemple ? » Il renifla et se pencha en arrière dans sa chaise, la maintenant en équilibre sur deux pieds.

« Peut-être parce qu'ils ne veulent pas que les septième année s'entretuent pendant les heures de cours ? » suggéra Peter sèchement tout en esquissant machinalement un petit Sirius en train de bouder dans un coin de son parchemin. « On a été mélangé aux Serpentard après tout. »

« En parlant de Serpentard, » dit soudain Sirius, mettant de côté sa mauvaise humeur et se redressant dans sa chaise, « Lestrange a essayé de me jeter un sort hier ! » Il claqua la langue d'un air désapprobateur. « Apparemment quelqu'un lui a glissé que j'allais être opposé à lui lors de la compétition de musique. » Il ricana et jeta ce qui restait de la plume brisée. « J'ai entendu dire que tu étais le suivant sur sa liste Potter. »

« Moi ! » James cligna des yeux puis repoussa sur son nez, ses verres qui avaient glissé. « On sait tous que j'avais l'air d'une chorale de crapauds, pourquoi aurait-il même besoin de me saboter ? »

« Tu es bon, » dit Sirius solennellement. »

« Trop bon, » ajouta Peter, un petit sourire redressant le coin de sa bouche. « Trop bon pour son monde en fait. Donc les Serpentard ne vont pas se gêner pour t'éliminer du concours. »

« Bah, » grommela James en martelant le bureau de ses doigts et il décocha un regard noir à plusieurs Serpentard assis à l'autre bout de la pièce. « Je voudrais bien voir ça »

« Et moi donc ! » dit Sirius avec ferveur. « Ce serait parfait pour te faire chanter de te voir pendu par tes sous-vêtements, la tête en bas, au sommet de la Tour d'Astronomie. »

James pâlit. « Ils ne feraient pas ça. »

« Bien sûr que si, » l'assura Peter.

« Peter a raison, » acquiesça joyeusement Sirius.

« Bon et comment tu t'en es sorti alors ? » demanda James. « Lestrange est plus rapide que toi, donc tu n'as pas pu le battre, et il est meilleur que toi en sorts, donc tu n'aurais pas eu la moindre chance dans un duel contre lui. »

« Je suis tombé à genoux et j'ai pleuré comme une fille, » dit Sirius sans une once de remord dans la voix. « Je l'ai même supplié et je lui ai promis de lui donner mes vingt prochains gallions s'il m'épargnait. » Il sourit joyeusement à ce souvenir.

« T'as fait ça ? » Peter le fixait avec surprise.

« Mmmm. Et alors comme il hésitait, je lui ai mordu les rotules. » Le visage de Sirius passa de l'amusement à la méchanceté pure. « Bien sûr il a crié un peu, mais rien d'anormal. Malheureusement il a eu la présence d'esprit de me donner un coup de pied – après avoir récupéré de la douleur, bien sûr. C'est à ce moment là que je me suis enfui, après l'avoir mis hors course, si bien qu'il ne pouvait pas me poursuivre. » Il fit une grimace. « Laissez moi vous dire que le sang des Serpentard à très mauvais goût. »

« Tu l'as mordu à travers sa robe ? » demanda James incrédule.

« Ouais. C'était l'une de ces robes ordinaires dont le tissu n'est pas très épais. »

« Et une fois encore, l'étrange savoir de Sirius en matière de mode, le sauve d'une mort certaine. » dit Peter en secouant la tête. « De toutes les personnes que je connais, je ne croirais cette histoire que venant de toi Sir. »

« J'ai choisi de prendre ce - »

« ASSEYEZ-VOUS ET FERMEZ LA ! »

La porte de la classe s'était ouverte à la volée, heurtant le mur d'en face avec un grand bruit avant de rebondir sur le professeur qui venait d'entrer. Trente trois paires d'yeux estomaqués se tournèrent vers lui, et il sourit, charmeur, puis resserra son catogan avant de parcourir la pièce jusqu'au bureau et de s'asseoir sur le rebord.

« Au moins comme ça j'ai votre attention, » Poursuivit-il aimablement.

Dans le silence pétrifié qui suivit, on entendit des pas vifs dans le couloir, et Sinn pénétra à son tour dans la pièce, un livre sous le bras. Il fit une pause près de la porte, et parcourut la classe du regard, avant de hocher la tête et de placer le livre sur le bureau à la droite de Mars.

« Bonjour à vous tous. Je vais assurer ce cours ce matin puisque le professeur Lupin est malade. Le professeur Fogarty a gentiment accepté de m'assister car mes connaissances en Défense contre les Forces du Mal ne sont pas aussi bonnes qu'elles devraient l'être. Heureusement nous serons capables d'y remédier à l'occasion de ces cours matinaux. » Il sourit brièvement puis se percha sur le rebord de son bureau, à côté de Mars, lequel se poussa légèrement pour lui faire un peu plus de place.

« Bien, » continua joyeusement le professeur d'éducation physique, en poursuivant là où Sinn s'était arrêté. « Où en étiez-vous de ces cours récemment ? »

Il y eut un petit bourdonnement occasionné par les élèves murmurant entre eux et Sinn martela l'un de ses genoux avec ses doigts, son jeune visage trahissant un soupçon d'impatience. « Allez allez, ce n'est pourtant pas difficile, » S'écria-t-il. « Vous devez bien vous souvenir de quelque chose. »

Mars roula des yeux et se pencha pour chuchoter quelque chose à son collègue, ses lèvres frôlant au passage l'oreille de Sinn. James, Sirius et Peter, qui étaient tous trois assis à deux rangs du fond, observaient Sinn avec curiosité , tandis que, les lèvres serrées et les joues rouges, celui-ci s'agitait, mal à l'aise.

« Deux gallions que Mars est en train de l'engueuler, » murmura James.

« Il ne gueule pas, il chuchote, » rétablit Peter avec raison.

« Ouais ? Hé bien pourtant je parie qu'il lui a fait un reproche. Le Professeur Sinn a toujours été un impatient n'est-ce pas ? »

« Je crois que c'est ce qui arrive quand on est capable de lire l'avenir, » répliqua Peter en se réinstallant confortablement tandis que Lily commençait à exposer ce qu'ils avaient déjà vu en cours.

Sirius ignora ses deux amis, préférant plutôt fixer le dessus de son bureau pour réfléchir. Le professeur Lupin était malade. Encore. Écartant sans ménagement l'éclair d'inquiétude qui l'avait envahi, Sirius se demanda brièvement si la maladie était la même que la dernière fois. Il se rembrunit et frappa sciemment l'extrémité de sa plume brisée contre sa lèvre inférieure, oubliant à cet instant qu'il l'avait cassée en deux.

En fait, s'il avait bonne mémoire, Lupin avait été malade à peu près à cette même période le mois dernier. Quelque chose dans l'esprit de Sirius commença à prendre corps, mais avant qu'il ne puisse mettre les morceaux bout à bout pour comprendre ce dont il s'agissait, James lui donna un coup de coude dans les côtes.

« Snape te fixe encore, » souffla-t-il.

Sirius jeta un coup d'oeil acéré à sa droite, juste à temps pour saisir le regard de Snape. Le Serpentard le fixa sans bouger pendant un moment, avant qu'un sourire mauvais n'étire ses lèvres et qu'il ne se détourne. Sirius fronça à nouveau les sourcils. Snape était au courant de quelque chose, il en était sûr, et à l'évidence, cela le concernait d'une manière ou d'une autre. L'expression de suffisance que l'autre élève arborait impliquait que, quelle que soit la chose en question, Sirius n'allait pas être à la fête.

Reniflant de dégoût il retourna son attention au cours, juste à temps pour se rendre compte que Mars l'observait d'un air suspicieux.

Sirius soupira. Ça n'allait pas être son jour, il le sentait.

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Un mois et demi plus tard, alors qu'il était assis à son bureau, Remus Lupin réalisa qu'il n'avait pas acheté de cadeau de Noël pour sa mère.

Il jura entre ses dents, repoussa quelques livres sur le côté et laissa reposer son menton dans ses mains en jetant des coups d'oeil mélancoliques par la fenêtre. Il lui semblait que l'enseignement avait totalement envahi sa vie, et avec la fin du trimestre dans deux semaines de là seulement, il était évident qu'il devrait avoir une idée très rapidement s'il ne voulait pas que son unique famille soit horriblement désappointée le matin de Noël.

Remus soupira en jouant négligemment avec un fil égaré sur sa robe. Peut-être qu'il pourrait demander de l'aide à Sinn et Mars – tous les deux semblaient avoir à peu près les mêmes goûts que lui, et s'ils allaient ensemble faire des achats, cela pourrait lui faciliter la tâche. Cela voudrait dire également, commenta une petite voix à l'arrière de son esprit, que si jamais il rencontrait Sirius, il serait bien entouré, ce qui éviterait toute conversation embarrassante.

Non pas que Sirius lui ait parlé récemment, en réalité. En fait, l'élève semblait se tenir remarquablement à l'écart, ce qui ne pouvait que signifier – d'après ce que le professeur Maple lui avait assuré – qu'il était en train de tramer quelque chose. Remus en doutait cependant. Le garçon avait été distant, presque froid quand Remus lui avait parlé, et il avait refusé de rencontrer son regard en classe. Peut-être, pensa-t-il avec espoir, que Sirius s'est finalement lassé de son ... penchant. Il évita soigneusement de s'interroger sur la petite étincelle de ce qui ressemblait à de la douleur à cette pensée.

Résolu à ne pas penser à Sirius plus longtemps, il repoussa sa chaise et sortit pour chercher Sinn et Mars dans la salle des professeurs. Ne les trouvant pas là, il suivit la suggestion de Flitwick et essaya le bureau de Sinn, situé tout en haut de l'une des nombreuses tours de l'école. Perdu dans ses propres pensées de cadeaux de Noël, il oublia de frapper à la porte du bureau ; au lieu de quoi, il la poussa et pénétra à l'intérieur.

Pendant un moment, il pensa qu'il n'y avait personne, et il était sur le point de rebrousser chemin quand le bruit léger provoqué par quelqu'un qui se tourne le fit regarder de plus près.

Seule était visible au dessus du canapé, une tête sombre dont les cheveux noirs luisaient dans la lumière des flammes. Remus reconnut Sinn et il avança de quelques pas en hésitant pour voir s'il ne le dérangeait pas. Tandis qu'il avançait, dos à la cheminée, vers la face du canapé, il nota que Sinn se tenait la tête penchée en avant et regardait quelque chose reposant sur ses genoux. Remus suivit son regard et écarquilla les yeux de surprise.

Mars était allongé, profondément endormi, la tête appuyée sur Sinn. Sa bouche était légèrement entrouverte et son long corps souple était bizarrement lové dans l'espace restant sur le canapé. Ses longs cheveux blonds tombaient à l'extérieur de son habituel catogan pour pendre en désordre autour de son visage et il ne portait pas de robe, seulement un pantalon fatigué et un t-shirt chiffonné.

Tandis que Remus observait, il nota que les doigts de Sinn parcouraient doucement l'épaisse chevelure blonde de son ami, et il commença à se sentir gêné. Sinn se mit à parler sans relever la tête.

« Il fait ça quelquefois, ce crétin sans coeur. »

« Il fait quoi ? » la voix de Remus était calme – il se sentait comme un intrus dans une scène dont il n'avait pas à être témoin.

« Ça ... » De sa main libre, Sinn fit un geste élégant englobant Mars. « Il s'endort, sans me laisser le droit de bouger. C'est généralement après qu'il se soit disputé avec quelqu'un. » Il soupira, triturant sans y penser une mèche de cheveux blonds entre deux doigts. « Je suppose qu'il a besoin d'etre rassuré, de savoir qu'au moins quelqu'un, l'aime. Quel idiot, » Ajouta-t-il presque comme s'il venait seulement d'y penser.

« Il s'est donc disputé avec quelqu'un ? » demanda Remus, toujours partagé entre l'envie de rester et celle de s'en aller. Sinn avait levé les yeux sur lui.

« Non, et c'est ça le pire. Je joue les nounous sans aucune bonne raison. » Il n'y avait aucune méchanceté dans cette affirmation – malgré les mots cruels – seulement une sorte de contentement douillet. « Au moins ça l'oblige à se taire pendant un petit moment. C'est incroyable ce qu'il peut parler. »

Il apparut tout à coup à Remus que, malgré son amitié naissante avec eux, il savait très peu de choses sur Sinn et Mars. Dansant d'un pied sur l'autre, Remus résista à l'envie de se mordre les lèvres et fit son possible pour ne pas se sentir comme un petit élève. « Les étudiants l'apprécient, pourtant » finit-il par dire, brossant une poussière imaginaire sur sa robe. «Tu ne peux tout de même pas critiquer sa faculté de se mettre en empathie avec eux. »

« Oh bien au contraire, mais je crois qu'ils l'aiment seulement parce qu'il est aussi immature qu'ils le sont. » Malgré le commentaire, Remus nota que les doigts de Sinn n'avaient pas arrêté de caresser la tête de Mars.

Tandis qu'il l'observait, le blond professeur d'éducation physique grommela quelque chose d'inintelligible dans son sommeil et se tourna en s'arrangeant pour entourer la taille de Sinn de ses bras, malgré l'évident inconfort de la position. Laissant échapper un soupir ensommeillé, il tourna la tête et nicha son visage contre Sinn.

« Heu ... » dit Sinn, et Remus aurait juré qu'il avait rougi de la plus surprenante des façons. Puis il réalisa que c'était probablement la lueur des flammes qui rendaient luisantes les joues de Sinn. Il secoua la tête avec amusement et sourit en voyant Sinn le regarder, ses yeux bruns soudain écarquillés et un peu vagues dans son visage pâle.

« Pourquoi est-ce que tu ne t'assois pas ? » demanda poliment le professeur de divination, désignant de la tête un fauteuil. « J'ai besoin de compagnie en attendant que la belle au bois dormant se réveille. » Sa voix était sèche, mais Remus saisit la sincérité de l'invitation. « Qu'est-ce qui t'amène ici quoiqu'il en soit ? » continua Sinn sans attendre que Remus ne soit assis. « Ça doit être quelque chose d'important pour t'amener aussi loin de tes marques. » Ses lèvres se tordirent en un sourire fugitif, rendant son jeune visage soudain beaucoup plus amical.

« Mes cadeaux de Noël » dit Remus platement qui s'assit avec joie dans le fauteuil et essaya d'ignorer Mars dont les chaussettes pendaient sur le bras du sofa, à quelques centimètres de son genou. Un de ses pieds s'agitait de temps en temps.

« Oh ? » Sinn leva un sourcil inquisiteur.

« J'ai besoin d'aide pour en trouver quelques uns, » continua Remus en s'enfonçant dans son fauteuil. « Je me suis aperçu que nous étions à peine à deux semaines de la fin du trimestre et je n'ai rien acheté pour ma mère ou pour Mrs Fogarty-Davies. »

« Annie ? » l'autre sourcil de sin se leva. « Pourquoi veux tu acheter quelque chose pour Annie ? »

« Hé bien, elle s'est montrée gentille en m'invitant à diner chaque samedi avec sa famille et avec toi ... » Remus coupa court et haussa les épaules. « Ça m'a changé les idées, et j'ai pensé que je pourrais lui acheter quelque chose pour la remercier. Raison pour laquelle je suis venu te voir. Ou plutôt, » corrigea-t-il en jetant un coup d'oeil à Mars, toujours inconscient, « vous voir »

« Une idée de cadeaux, » dit Sinn moitié amusé, moitié incrédule. « ma foi, je suppose qu'on pourrait t'aider, ça me donnerait quelque chose à faire au moins ; et je sais que Mars n'a encore rien acheté pour ses neveux, donc il devra aller faire des achats. Ah oui, on a besoin de costumes également. »

« De costumes ? » répéta Remus sans comprendre.

« Oui » Sinn roula des yeux et son genou se mit à tressauter jusqu'à ce qu'un murmure de mécontentement à peine audible le fasse cesser. « Le professeur Dumbledore a eu une de ses Idées. » la façon dont il disait 'idées ' et l'expression qui l'accompagnait, acheva de convaincre Remus que quand Dumbledore avait une 'Idée' c'était habituellement à la fois embarrassant quoique distrayant et pas vraiment sain, mais tout de même génial. En bref, ça ressemblait à la plupart des plans de Dumbledore.

Remus pouvait en témoigner ; il lui avait collé la charge de Sirius après tout.

« L'idée, » continua Sinn, inconscient de la tournure que les pensées de Remus avaient prises, « Consiste à humilier autant de membres du personnel que possible au moment de Noël. » Il soupira, pinçant les lèvres. « Apparemment nous allons participer au dîner de Noël déguisés. Parce que ce sera ... drôle. » On aurait dit que les derniers mots lui avaient causé une douleur physique réelle, ou tout au moins l'avaient rendu plus ou moins malade. « Chaque élève qui restera à Poudlard pour les fêtes pourra également porter un costume s'il le désire, mais pour le personnel, c'est obligatoire. Apparemment il n'y a pas eu assez d'activités divertissantes cette année. » Il renifla d'un air désapprobateur, qui rappela très fortement McGonagall à Remus.

« Hé bien, ça ne paraît pas trop mal - » commença Remus, mais il fut coupé par Sinn qui secouait la tête;

« Ça le sera, » prédit-il en grimaçant, « parce que la plupart des élèves restent pour Noël. La liste a été affichée dans la salle des profs hier, et en tant qu'enseignant, il est de notre devoir solennel d'instiller un esprit de bonne volonté à nos élèves. » Il fixa les flammes d'un air mélancolique pendant un moment. « Pour être honnête, si jamais je dois souffrir, je m'assurerai que mes élèves souffrent avec moi. » Clairement requinqué par cette pensée, il jeta un coup d'oeil à Remus. « Les retenues sont une chose merveilleuse, » ajouta-t-il d'un ton allègre.

« Tu es trop cruel, » une voix étouffée, ensommeillée, sortit du giron du professeur de Divination. « Pas étonnant que les élèves te détestent. »

« Tiens tu es réveillé on dirait ? » dit Sinn d'un ton irrité, un doigt donnant des petits coups dans la tête de Mars. « Et tu peux nous dire depuis combien de temps tu es revenu sur terre ? »

« A peu près trois minutes. »

S'ensuivit une petite bagarre et Mars s'arrangea pour rouler sur le dos sans tomber du canapé ni enlever sa tête de celui qui lui servait d'oreiller. Deux yeux bleus ensommeillés clignèrent en regardant Sinn, qui pinça les lèvres. Remus observait la scène avec beaucoup d'amusement, jusqu'à ce qu'une main ne se lève en l'air et ne fasse un geste dans sa direction.

« Salut Remus, désolé de ne pas t'avoir salué plus tôt. Malheureusement mon oreiller était si confortable que je dormais du sommeil du juste. »

L'oreiller grinça des dents et visiblement dut se retenir pour ne pas repousser le professeur d'éducation physique du sofa.

Les lèvres de Remus se tordirent en essayant de dissimuler un sourire. Sinn et Mars recommencèrent à se chamailler ; leur attention fut momentanément distraite de sa personne, aussi en profita-t-il pour s'enfoncer un peu plus dans le fauteuil et fixer le plafond pensivement. La vue des deux professeurs tellement à l'aise en leur mutuelle compagnie, avait déclenché quelque chose en lui. Ce n'était pas de la jalousie, pensa-t-il, en analysant ses sentiments, mais ce n'était pas non plus un sentiment de camaraderie. Malgré le fait qu'ils le considéraient à l'évidence comme un ami, ils se connaissaient tous les deux depuis beaucoup plus longtemps, et ils ne partageaient pas la même familiarité avec lui que l'un envers l'autre. Tandis qu'il réfléchissait, il réalisa que ce qu'il ressentait, assez bizarrement, c'était de l'isolement.

Chacun des deux avait l'autre. Et le moins que l'on pouvait dire, était que malgré leurs querelles, ils présentaient ensemble un front uni. Si lui Remus, quittait l'équation, il doutait que cela les heurterait beaucoup parce qu'ils auraient l'autre. Il était un ami oui, mais il ne faisait pas partie intimement de l' amitié qu'ils partageaient. Aussi pathétique que cela sonnait, les voir tous les deux discuter lui fit désirer de connaître la même chose avec quelqu'un.

Il soupira, et repoussa le sujet au fond de son esprit. juste à ce moment, la querelle en vint à une conclusion définitive quand Sinn poussa Mars délibérément hors du sofa, avec pour résultat une chute bruyante et un cri de douleur de la part du professeur de sports, qui se retrouva sans nul doute, jura-t-il, avec une fracture du coccyx.

Trente secondes plus tard, les professeurs Maple et McGonagall firent irruption en haut des escaliers pour leur demander de faire moins de bruit, car elles essayaient de travailler.

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« Qu'est ce que tu dirais d'un magnétophone ? »

Une voix forte et quelque part familière, se fit entendre dans le coin poussiéreux de 'Aux symphonies de Salome', obligeant Sirius à lever le nez des vieilles partitions qu'il feuilletait d'un air absent. Il scruta le coin et vit de dos, un homme grand, blond et qui tenait un petit magnétophone dans la main gauche.

« Je n'ai pas l'impression que ce soit le cadeau de Noël idéal ma foi » commenta une autre voix familière et le professeur Sinn sortit du recoin dans lequel il était, avec un air d'ennui bien imité. « Je suis sûr que la mère de Remus ne se sert pas de magnétophone, et si elle le fait, elle doit déjà en avoir un. Alors repose ça, c'est sans intérêt. » Il prit l'appareil des mains du blond – que Sirius venait d'identifier comme étant le professeur Fogarty – et se mit sur la pointe des pieds pour chercher à voir sur l'une des étagères de la rangée.

« Remus ? Est-ce que ta mère se sert d'un magnétophone ? »

« Non ... » la réplique arriva faiblement, des profondeurs de la boutique, et fut suivie par un bruit violent.

Remus ... Sirius se retira derrière sa propre étagère et garda pendant un moment, les yeux fixés sur les partitions. C'était la première fois qu'il se retrouvait près du jeune professeur en dehors de l'école depuis la nuit où il l'avait observé chez lui. Et depuis lors, il s'était persuadé qu'il avait imaginé ou tout au moins qu'il s'était trompé sur le regard que Remus avait eu quand il l'avait surpris.

À présent que James avait décrété la fin du pari, Sirius n'avait plus le moindre prétexte pour continuer à penser à Remus mais il avait constaté, à sa grande surprise et légère irritation, que ses pensées se dirigeaient de temps en temps dans la mauvaise direction et finissaient en rêverie sur le professeur.

« Et que penserais tu – oh, bonjour Mr Black. » Mars, qui avait à l'évidence abandonné l'idée du magnétophone, avait fait le tour des étagères et s'était presque heurté à Sirius. « Qu'est-ce que vous faites ici ? » il cligna des yeux au moment où Sinn émergeait du côté opposé avec Remus sur ses talons.

« Je cherche un morceau pour le concours. » Sirius s'éclaircit la gorge, embarrassé, essayant péniblement de ne pas regarder Remus. « J'ai pensé que je pourrais peut-être trouver quelque chose ici. »

« Je ne vois pas Mr Pettigrew ou Mr Potter, » Commenta Sinn en regardant autour d'eux comme s'il s'attendait à ce que Peter et James ne fassent irruption de derrière une étagère regorgeant de vieux instruments. « C'est un jour de sortie non ? »

« Oh oui, » assura Sirius avec hâte. « Mais ils ne voulaient pas venir ici alors je leur ai dit que je les retrouverais aux Trois Balais plus tard. » Il sourit faiblement, très loin de son attitude habituelle tandis qu'il observait du coin de l'oeil, Remus se passer une main dans les cheveux.

« Je pense que je devrais bien finir par trouver quelque chose, » dit soudain le jeune professeur , frôlant Sirius comme s'il était l'une des partitions décrépies. Pointant du doigt une petite flûte en argent sur l'une des étagères, il se pencha en avant. « Ma mère joue de la flûte, » expliqua-t-il. « Je suis sûr qu'elle aimerait un instrument comme celui-ci, tout particulièrement s'il est ancien. L'un de ses passe-temps favoris est de dénicher de jolis instruments magiques. » Il tendit la main pour s'en saisir.

« Hé oh ! » s'exclama Mars abruptement, sa voix montant dans les aigus comme s'il paniquait. « Ne touche pas à ça ! » Trois paires d'yeux confus se tournèrent vers lui et il toussa, embarrassé. Il attacha son regard à Remus et continua : « Cet objet est ensorcelé. Il serait préférable de laisser le propriétaire s'en occuper tu ne crois pas ? Aucun d'entre nous ne devrait le toucher – et toi moins qu'un autre. Pas avec ton manque de ... d'immunité à la magie. »

Sirius ouvrit de grands yeux, certain que Mars avait définitivement perdu les quelques bribes de raison qui lui restaient après avoir enseigné le sport pendant cinq ans à Poudlard. « Il n'est pas ensorcelé, » commença-t-il. « regardez, il n'y a même pas de signe d'avertissement. Dans une boutique comme celle-ci, ils auraient mis une petite notice dessus pour dire aux clients de ne pas le toucher parce qu'il pourrait leur occasionner de terribles brûlures ou autre chose. » Il fronça les sourcils et se pencha un peu.

« Il est bien ensorcelé, » S'écria Sinn, d'accord avec Mars qui approuvait et retournait déjà vers l'entrée du magasin. « Remus, tu restes là. Mars et moi nous allons chercher le vendeur. » Sans attendre de réponse, il pivota brusquement sur ses talons et s'en alla, suivant l'autre homme vers le devant de la boutique.

Un silence embarrassé s'installa, et Sirius vit Remus se mordre les lèvres.

« Donc ... »

« Donc ... » répéta Sirius, croisant les bras et lançant à la flûte un regard suspicieux. « Cette choses est réellement ensorcelée c'est vrai ? »

« Heu ... oui. » toussa Remus. « Un sort sur de l'argent est, hum, hautement dangereux. Ce métal en particulier est extrêmement porteur quand il est chargé de magie noire. Apparemment il est incroyablement récepteur aux incantations – il est même utilisé en tant qu'amplificateur parfois ... » il s'interrompit, jouant machinalement avec la manche de sa robe. « Ainsi personne de devrait y toucher, » conclut-il faiblement. « Et moi encore moins »

« Qu'est-ce que le professeur Fogarty voulait dire par votre 'manque d'immunité à la magie ' ? » demanda Sirius.

« Oh, je ne suis pas ... très bon en renvoi de sorts. Je dois reconnaître que ce n'est pas une caractéristique très pratique pour un professeur en Défense contre les forces du mal. »

« Ah »

« Oui 'ah'. » Remus haussa les épaules. « Je ferais mieux d'aller voir où sont passés mes estimés collègues. » Il se détourna pour partir.

« Non attendez ! » la main de Sirius jaillit, se saisissant de son bras et les surprenant tous les deux. « Hum, écoutez professeur. Hum. » il toussa, embarrassé, son esprit et sa langue pourtant habituellement prompts, étaient curieusement vides pour l'heure. « Pourquoi ne viendriez vous pas boire une Bièraubeurre avec James, Peter et moi aux Trois Balais ? Je suis sûr que les autres professeurs ne diront rien. » Il y avait une étrange pointe de désespoir dans sa voix – bien qu'aucun d'entre eux n'aurait su dire pourquoi.

« Je - » Remus ouvrit la bouche, surpris ; puis la referma. « Non, je suis désolé Sirius mais non. » Refusant de rencontrer le regard de l'élève, il dégagea son bras et s'enfuit, laissant Sirius seul dans la boutique poussiéreuse, encore plus confus qu'il n'était dix minutes plus tôt.

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« Un de ces jours, » commenta James à l'intention de Peter, « Sirius va finir par glisser sur ses cheveux ridiculement longs et il en mourra. » Constatant que sa lumineuse prédiction échouait à faire sourire son ami, il fronça les sourcils et donna un coup de coude à Peter. « Tu trouves qu'il va bien ? » Il hocha la tête en désignant Sirius qui regardait fixement sa Bièraubeurre d'un air pensif.

« Tu veux une réponse franche ? »

« Oui »

« Non. Je pense que quelque chose ne va pas. » Peter se rassit et croisa les bras. « Et, ce quelque chose ne va pas depuis qu'il est revenu de cette boutique. »

« Peut-être qu'il n'a pas trouvé de bonne partition, » suggéra James en buvant une gorgée. « Hé Sirius, il n'y avait rien dans le magasin ? Je croyais que tu t'étais rendu là bas pour trouver quelque chose à jouer au violon. McGonagall veut une copie de tous les morceaux pour demain, donc si tu n'as rien trouvé tu es dans la merde mon pote. » Il fit un geste avec sa Bièraubeurre pour souligner ses dire.

« hmmm ? Quoi ? Oh ... » Sirius cligna des yeux puis haussa les épaules, se décidant à lever les yeux de sa boisson. « Je n'ai rien trouvé, » dit-il distraitement. « Mais ce n'est pas la fin du monde, je vais simplement prendre quelque chose que j'ai déjà joué. »

« Alors pourquoi es-tu si ... » James chercha le mot exact pour décrire l'humeur de son ami , ne put le trouver et à la place commença à faire des cercles de la main.

« Je ne suis pas si ... » dit Sirius en singeant le mouvement de James. « Je pensais simplement. »

« Oh Doux Merlin. Il pense ! Vite ! Que quelqu'un aille informer la 'Gazette du sorcier '. » Son ironie valut à James un léger coup de pied sous la table et il souffla d'indignation. « Bon très bien, ok » relança-t-il, « Et à quoi pensais -tu donc ? »

Sirius haussa à nouveau les épaules. « À pas grand chose. J'ai rencontré des professeurs dans le magasin – c'est assez étrange de les voir en dehors de leur habitat normal. Une classe leur va infiniment mieux. « Il porta son bock à ses lèvres et le vida d'un seul coup. James l'observait, légèrement impressionné, tandis que Peter se contentait de le fixer avec de grands yeux. Deux paires d'yeux suivirent le bock que Sirius reposait avec un bruit sec, avant de retourner à son visage.

« Quelque chose te tracasse, » Finit par dire Peter. « Personne ne boit comme ça si rien ne le tracasse. Même si la boisson n'est pas alcoolisée. » Il croisa les bras et James éprouva un respect nouveau pour lui tandis qu'il rencontrait le regard vague de Sirius. « Alors. Qu'est ce qui se passe ? »

« C'est ... » Sirius ouvrit la bouche, la referma, et soupira. « C'est Lupin, » finit-il par lâcher sans y penser.

« Lupin ? » James le fixait, ses yeux bruns visiblement perdus. « Qu'est ce qu'il vient faire la dedans ? »

« He bien ... » Sirius fixa James pendant un long moment tandis que son cerveau fonctionnait à toute allure. S'il confiait à ses amis comment le professeur avait occupé ses pensées, autant dire qu'il n'avait pas fini d'en entendre parler. Ils sauteraient sur des conclusions erronées, pensa-t-il. S'il leur disait que sa soudaine fascination pour Remus avait pour le moins empiré depuis qu'il avait décidé de ne plus avoir de contacts avec lui, Peter ou James se feraient un plaisir de souligner en plaisantant, que lui, Sirius, était attiré par Lupin. Et malgré ses tentatives d'auto persuasion du contraire, Sirius doutait sincèrement qu'il serait capable d'argumenter de façon convaincante contre ses amis.

« C'est juste qu'il semble souvent ... malade, » finit-il par dire. « Je veux dire, ça revient chaque mois. Et on nous dit toujours qu'il n'est pas bien, jamais ce qu'il a. Et pourtant l'infirmerie devrait être capable de le débarrasser de sa maladie quelle qu'elle soit non ? »

« Il a raison, » dit James qui – au grand soulagement de Sirius - ne songea pas à lui demander pourquoi cette histoire le tracassait autant .

« Et j'ai vu des cicatrices quand ... » la bouche de Sirius se referma d'un coup sec quand il réalisa, trop tard, que ni James ni Peter n'étaient supposé connaître son excursion nocturne deux mois plus tôt.

« Quand ? » attendait James qui repoussa distraitement sa Bièraubeurre et se pencha en avant, les bras croisés sur la table.

« Quand je ... heu ... je l'ai vu se changer dans ... dans les vestiaires de Quidditch, » dit Sirius un peu trop rapidement. Il grimaça en voyant Peter lever un sourcil curieux, mais fut soulagé que son ami décide de ne pas commenter. « Les cicatrices étaient partout sur son dos et sa poitrine, » Il piqua du nez précipitamment. « Et je suis prêt à parier qu'elles descendent le long de ses jambes également. Quelques unes paraissent relativement récentes tandis que d'autres semblent presque guéries. »

« Mais quelle sorte de maladie donne de telles cicatrices ? » demanda Peter pensif. « Ça ne pourrait pas être le résultat de quelque chose d'autre ?»

« Comme quoi ? » demanda James. « Il n'est pas professeur de Soins aux créatures magiques – c'est le seul boulot d'enseignant qui pourrait amener à être blessé. »

« He bien peut-être qu'il a eu un boulot dangereux avant de venir ici, » suggéra Peter, mais Sirius secoua la tête;

« J'en doute, » dit-il. « Il est trop jeune. D'ailleurs quelques unes de ces cicatrices ne paraissent pas avoir plus de deux semaines – plusieurs ont encore des croûtes. » Il fronça les sourcils. « D'ailleurs, je doute qu'un patron embaucherait quelqu'un d'à peine plus âgé que nous pour un boulot dangereux. »

« Et il y a autre chose, » dit soudain James. « S'il est à ce point qualifié et intelligent pour être notre professeur à cet âge, alors pourquoi n'a-t-il pas plutôt été embauché par une importante compagnie du monde magique qui lui aurait donné un travail grassement payé ? Pourquoi donc enseigne-t-il à des gamins pas beaucoup plus jeunes que lui, quand il pourrait faire tout ce qu'il veut ? » Il fronça les sourcils et jeta un coup d'oeil à Peter d'abord puis à Sirius. « Ça n'a aucun sens. »

« Non, » acquiesça Sirius, se frottant le front de frustration. « Je veux dire Lupin - »

« Lupin quoi ? » Une voix rusée, vicieuse l'interrompit, et tous les trois levèrent les yeux pour découvrir Snape s'approchant, un verre à la main. Sirius se rembrunit immédiatement, les pupilles étrécies dans un visage dangereusement assombri. Peter cligna des yeux, pas vraiment sûr de comprendre comment Snape avait pu s'approcher si près sans qu'aucun d'entre eux ne s'en aperçoive, et James pinça les lèvres, comme légèrement dégoûté.

« T'aimes ça, t'immiscer dans les conversations des autres n'est-ce pas ? » demanda-t-il d'un ton acide.

« Quand le sujet est intéressant certainement. » Snape ne paraissait avoir aucun remord tandis qu'il s'adossait négligemment au mur. « Et qu'est-ce qui pourrait être plus intéressant que notre cher et tendre professeur Lupin ? » Ses yeux noirs se mirent à luire malicieusement en entendant Sirius émettre un grondement à peine perceptible, ses lèvres se retroussant pour montrer les dents en signe d'avertissement.

« Tu n'aimes même pas Lupin, » fit remarquer Peter, croisant les bras. « Alors ça n'a aucun intérêt pour toi. Tu ferais mieux de te pousser. »

« Bien au contraire, Lupin est si ... intrigant, tu n'es pas d'accord Sirius ? »

Sirius ne répondit pas, il se tendit un peu plus, serrant ses poings aux jointures blanchies.

« Quoi ? Il t'attire ou quoi Snape ? » tenta James, repoussant à demi sa chaise de la table de façon à ce que si Sirius tentait d'étrangler le Serpentard, il puisse le repousser relativement rapidement.

« Oh pas moi. » à nouveau le regard de Snape se tourna vers Sirius. « Pas comme un certain monstre que je ne nommerai pas, je ne recherche pas les professeurs miteux, stupides et bornés. D'ailleurs, une pareille chose pourrait causer beaucoup de problèmes si quelqu'un le découvrait. Tu n'es pas d'accord Black ? »

« Mais bon sang de quoi tu parles ? » demanda Peter tandis que Sirius sifflait de colère, ses lèvres se retroussant encore plus ; il se retenait visiblement de balancer la choppe la plus proche au visage de Snape.

Snape haussa les épaules. « Rien que tu pourrais comprendre Pettigrew. Après tout, Potter ne t'a pas encore tout traduit en langage pour demeuré. » Il eut un sourire mauvais. « Je ne peux pas t'aider si tu ne comprends pas le langage ordinaire. » Il rit en voyant Peter rougir, embarrassé. James, qui avait essayé de rester raisonnablement calme, commençait à penser que Sirius n'avait pas eu une si mauvaise idée, et qu'un peu de violence physique – incluant de préférence un nez cassé – arrangerait considérablement le look de Snape.

« Attention quand tu parles de Lupin, » continua Snape en se tournant vers Sirius. « Tu ne sais jamais qui pourrait écouter. Et tu ne voudrais pas que des gens commencent à penser qu'il se passe quelque chose, n'est-ce pas ? » goguenard, il ignora James, qui à présent fronçait les sourcils de confusion, et s'éloigna, tête haute, en direction d'une table où, nota Sirius avec dégoût, attendait Lucius Malfoy.

Aussitôt qu'il fût parti, James se tourna vers Sirius;

« Qu'est ce que ça voulait dire ? » demanda-t-il.

Sirius haussa les épaules, essayant d'ignorer l'impression de noyade dans son estomac, et le soudain accès de panique au fond de son esprit.

« Aucune idée » Il mentait.

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« DEUX SEMAINES ! » La voix du professeur McGonagall jaillit dans la classe. « DEUX SEMAINES, SAMANTHA PREWETT, ET TU AS PERDU TES PARTITIONS ! »

La petite fille s'enfonça un peu plus dans son coin tandis que ses amies assisses à côté d'elle, esquissaient un mouvement de recul ne voulant pas attirer l'attention sur elles-mêmes alors que McGonagall continuait à la tancer. Tandis que Remus regardait, le professeur à présent tapait du pied, ressemblant tout à fait à une lady exaspérée de l'époque Victorienne, et pointait du doigt le pauvre visage de la petite fille, tout en continuant à hurler de toute la force de ses poumons.

Remus, assez content d'être hors de portée si jamais McGonagall devait tourner son attention ailleurs, commença paresseusement à trier les morceaux de papier sur le bureau en un semblant d'ordre, et commença la liste des musiciens, et dans quel ordre ils se présenteraient. Tandis qu'il travaillait, son regard se promenait de ci de là dans la pièce, jaugeant les élèves qui s'y entassaient et attendaient visiblement le début de la répétition.

Dans un coin, plusieurs première année se querellaient pour savoir qui utiliserait le piano et lequel d'entre eux prendrait leur morceau de musique préféré. Assis sur quelques chaises sur le côté, un couple d'élèves discutaient avidement de la dernière partie de Quidditch (Serpentard contre Poufsouffle) et se demandaient à voix haute si les Poufsouffle auraient eu la moindre chance au cas où Lestrange aurait réellement entraîné son équipe. Deux filles argumentaient à propos de musique près de Remus, et quand il jeta un coup d'oeil en-deçà d'elles, il aperçut James, Peter – venu en tant que supporter – et Sirius, tous trois nichés dans le coin le plus éloigné de la pièce, leurs têtes baissées et rapprochées.

Remus fronça les sourcils et s'apprêtait à retourner à ses papiers au moment précis où McGonagall le rejoignit, l'air toujours aussi contrarié.

« Bien, » fit-elle sèchement, « Commençons voulez vous ? Qui fait quoi ? »

« Potter chante en premier, » dit Remus doucement, « et Mr Pettigrew a gentiment offert de l'accompagner au piano. »

« Que chante-t-il ? »

« Hé bien je crois qu'il avait initialement l'intention de nous présenter une nouvelle interprétation de 'Un magicien et sa baguette ', mais il en a été dissuadé par plusieurs de ses camarades. »

« Parfait. » McGonagall prit un air sévère. « Une seule note de cette chose et j'aurais été forcée de l'assassiner - même si ça avait dû nous coûter le prix. Cette chanson ramène trop de souvenirs pénibles. Il me semble que Mr Potter avait pris part à la création de ces souvenirs d'ailleurs. » Elle souffla d'indignation et Remus dissimula sa joie en froissant quelque peu le papier qu'il lui tendait avec un sourire poli, s'empressant ensuite de regarder ailleurs.

Malheureusement son regard se posa sur Sirius, qui, pour la première fois en trois semaines environ, était en train de le fixer.

Remus plissa les yeux, surpris. Le garçon le regardait pensivement, ayant apparemment oublié James et Peter, qui semblaient se chamailler à propos d'un morceau de papier. Voyant que Remus l'observait, Sirius parut hésiter et se mordit les lèvres ; puis soudain, il sourit, d'un sourire hésitant au professeur surpris.

Il serra son violon un peu plus contre lui et ses doigts ondoyèrent dans un geste quasi imperceptible à moins d'être un observateur attentif.

Remus l'était.

Il déglutit avec peine, la gorge sèche, et ferma les yeux un moment. 'Qu'est-ce qui se passe , il m'ignore pendant des semaines et puis, subitement, il recommence à être amical '. Il fronça les sourcils et rouvrit les yeux pour découvrir alors que Sirius s'était détourné, et regardait pensivement par la fenêtre, ne daignant toujours pas se préoccuper de Peter et James, qui avaient abandonné leur dispute pour la confection d'avions en papier.

'C'est stupide' décida Remus. 'il joue avec moi tout simplement. Mais ... ' il hésita, abaissant un regard vide vers le bureau. 'Mais ... je veux être son ami. Rien de plus,' se remémora-t-il fermement, ' Il a besoin d'aide. Dumbledore a pensé que je pourrais peut-être l'aider, lui faire traverser une période difficile de sa vie. Peut-être .. ; peut-être que je le peux. Peut-être que l'on peut être amis. Je n'aimerais pas qu'il ne me parle plus du tout.'

Légèrement perturbé par cette révélation, il leva les yeux juste à temps pour voir James entamer un morceau – choisi par Peter - qui ne contenait rien qui aurait pu offenser les oreilles de McGonagall ou lui amener des souvenirs pénibles.

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'Il me regardait ...' sourit Sirius en sentant un petit frisson de plaisir le parcourir à cette pensée et ce, malgré sa résolution de ne plus penser à Remus. ' Il me regardait, et quand j'ai joué, il ne faisait attention qu'à moi.' La note possessive dans ses propres pensées le fit tressaillir, et il fronça les sourcils, sentant sa joie s'évaporer en même temps qu'il rangeait son violon dans son écrin et serrait le lien étroitement.

La répétition était terminée, et à part le léger désaccord du piano et un sixième année irritant, tout s'était très bien passé. Même McGonagall avait semblé contente quand elle les avait congédiés. Elle avait fait à James plusieurs remarques encourageantes tandis qu'elle et Lupin écoutaient attentivement chaque candidat, et à la fin, chacun avait commencé à penser qu'ils pourraient bien battre les autres Maisons, y compris – et peut-être surtout – les Serpentard.

Sirius secoua la tête, réprimant un nouveau sourire tandis qu'il faisait courir négligemment ses doigts sur le cuir de l'écrin du violon. McGonagall n'avait rien dit quand il en avait terminé – elle l'avait simplement fixé pendant un moment, puis hoché la tête avec approbation. Remus n'avait rien dit non plus, mais Sirius n'avait pas eu besoin de mots de félicitations. Le jeune professeur avait eu le regard rivé sur lui pendant toute la durée de son morceau, et, s'il avait eu un esprit romantique, Sirius aurait pu affirmer que le monde entier avait alors disparu autour d'eux. Le regard de Lupin avait semblé ... avide. Affamé. Il trembla en y repensant et en se remémorant comment tout le reste avait soudain semblé inconsistant, excepté le fait qu'il jouait pour Remus et uniquement pour Remus.

Il se secoua et rejeta cette pensée au fond de son esprit, furieux de s'être laissé aller à fantasmer de nouveau.

Des bruits de pas se firent entendre dans le couloir, faisant sursauter Sirius qui réalisa qu'il était resté trop longtemps dans la classe. Tous les autres élèves avaient disparu – même James et Peter. Le diner l'attendait sans nul doute dans le Grand Hall, aussi s'empressa-t-il de saisir son violon et de se tourner pour s'en aller.

Remus se tenait dans l'entrée.

« Oh ... bonjour.' Sirius était content que sa voix soit si calme. Un Black ne montre pas sa faiblesse, et il était certain que, n'eût été l'éducation reçue depuis sa naissance, il aurait fait une crise de nerfs sur le champ.

« Bonjour. » Remus s'éclaircit la gorge. « Je, hum. Je voulais vous féliciter pour la façon dont vous avez joué ce soir. » Il sourit maladroitement. « Désolé si je vous ai fait peur, je n'avais pas l'intention d'apparaître si discrètement. »

« Ça ne fait rien. » D'un mouvement rapide et précis, Sirius plaça l'écrin du violon sur le bureau et s'assit à côté de lui. « C'est gentil de votre part de revenir uniquement pour me dire ça. » Il nota avec irritation que le ton de sa voix avait quelque peu changé et, de calme et serein, était devenu légèrement intimidé. Il fronça les sourcils tandis que Remus clignait des yeux et se mordait les lèvres, visiblement surpris de son soudain changement d'attitude.

« Écoutez Sirius, » Remus marcha avec hésitation vers lui et s'adossa au bureau à côté de lui. « Je sais que les choses n'ont pas été exactement ... normales ... entre nous. Mais j'aimerais ... j'aimerais être votre ami. Si c'est possible. » Il soupira et regarda le sol pensivement. « Je me suis dit que vous pourriez avoir besoin de quelqu'un à qui parler au cas où il y aurait quelque chose que vous ne voudriez pas confier à James ou à Peter.

« Ah ... merci. » Sirius croisa les doigts, jetant des coups d'oeil furtifs au jeune professeur. « C'est vraiment gentil de votre part. » Il rejeta une mèche de cheveux derrière son épaule et joua négligemment avec.

« De rien. »

Un silence gêné tomba que Sirius était sur le point de le rompre, quand il sentit une main sur son bras. Il déglutit, la bouche soudainement sèche, son pouls faisant la course. 'Arrête ça', se commanda-t-il férocement. 'Arrête ça, arrête ça, arrête ça.' Prenant une profonde respiration, il ferma les yeux, et se lécha les lèvres inconsciemment . À côté de lui, il entendit la respiration de Remus se bloquer et sentit ses doigts accentuer presque imperceptiblement la pression sur son bras.

« Sirius ... » La voix de Remus était basse et son ton contenait un avertissement. Il pensait que Sirius se comportait de cette façon à dessein, pour le tenter à nouveau. Sirius faillit rire à voix haute, conscient que, pour la première fois de sa vie, aucunes de ses actions n'avait été préméditées. Il ouvrit les yeux et son regard rechercha celui du professeur.

« Remus ... » Sa propre voix – dieu ! Comme elle lui semblait différente. Plus basse, légèrement voilée. 'Pathétique', railla-t-il intérieurement. 'tu es pathétique, mère avait raison, je suis une petite traînée qui recherche les attentions. Il faut que ça cesse. Immédiatement.' Il frissonna, essayant de fixer ses pensées – sur tout sauf sur l'idée que Remus et lui étaient seuls dans une classe et qu'il pouvait s'il le voulait, manipuler le professeur afin de tirer avantage de la situation. Il gémit tout bas à cette pensée sans réaliser qu'il avait émis un son, jusqu'à ce qu'il se rende compte que Remus le fixait, les yeux élargis et respirant légèrement plus vite qu'à l'accoutumée.

« Arrêtez ça, » La voix de Remus n'était plus qu'un âpre murmure qui résonnait dans la pièce vide. « Arrêtez de faire ça. Ce n'est pas drôle Sirius. Ce n'est pas bien non plus. » On aurait dit qu'il se réprimandait lui-même en même temps. « Je suis votre professeur et vous continuez ... » Il s'interrompit et déglutit difficilement. Les yeux de Sirius suivirent le mouvement fascinant de sa pomme d'Adam, momentanément distrait des paroles du professeur.

« Je ne fais rien. » Sirius releva les yeux regardant Remus droit dans les yeux. « Je ne fais rien, » répéta-t-il tandis que Remus soupirait d'un air exaspéré et se rapprochait soudain pour lui saisir les épaules.

« Bien sûr que si ! Et je refuse d'être entraîné dans votre stupide jeu de séduction Sirius ! » La voix de Remus était empreinte de colère.

« He bien vous ne sauriez pas qu'il s'agit de séduction si vous ne pensiez pas à moi de cette façon là ! » rétorqua Sirius, sifflant défensivement. « Qui est le plus stupide professeur ? Il y avait donc dès le début quelque chance pour que cette 'séduction' fonctionne. » Il était en colère à présent, il s'en rendait compte, et le pire était qu'il n'était pas sûr de savoir pourquoi. Il avait entendu des accusations bien pires dans sa vie.

« Comment osez vous ! » La voix de Remus était froide. « Pourquoi penserais-je à vous de cette manière ? » Il mentait et tous les deux le savaient. « Je suis votre professeur. »

« Si vous le dites. » Sirius sourit d'un air mauvais, conscient au même moment qu'il ne se comportait pas mieux qu'un Serpentard. « Mais ça n'a pas semblé vous arrêter auparavant. Dites moi professeur, » Continua-t-il, repoussant Remus de quelques pas après avoir glissé du bureau. « Est-ce que ça vous fait bander de penser à moi ? » Sa façon de le dévisager était plutôt menaçante tandis qu'il s'avançait vers Remus, qui recula sans le vouloir. « Voulez vous que je vous séduise ? Aimez vous l'idée de me m'avoir en travers d'un bureau ? De me posséder jusqu'à ce que je hurle ? » Il se débarrassa de sa robe d'un mouvement de colère et la laissa tomber en vrac sur le sol.

« Ne faites pas ... » Commença Remus les yeux envahis de panique, mais Sirius avait déjà délacé sa cravate et l'avait jetée au loin. Il marcha sur Remus et, utilisant l'avantage de sa taille, il le repoussa et le cloua contre le mur. Quelques mèches de ses cheveux noirs s'étaient échappées de leur lien habituel, et tombaient autour de son visage, lui donnant une expression dangereusement animale. Il se pencha plus près de Remus, les lèvres écartées en quelque chose qui ressemblait à un grondement.

« Ceci, est de la séduction, professeur Lupin, » émit-il entre ses dents serrées. « Parce que malgré le fait que je vous vois paniquer, vous ne pourriez pas me dire non. Vous me voulez. » Il se rapprocha encore plus près, jusqu'à ce que son nez frôle celui de Remus.

« Arrêtez ... » La voix de Remus était saccadée mais encore emplie de colère. « Arrêtez ça Sirius. » Il lutta, repoussant Sirius tellement rudement que celui-ci dut reculer de quelques pas, et il se dégagea du mur, les poings serrés. Puis il se jeta en avant et saisit son élève par le col. « Assez maintenant, » aboya-t-il. « Vous avez eu votre petite démonstration. »

Les lèvres de Sirius s'incurvèrent en un sourire et ses yeux se rétrécirent tandis qu'il fixait le professeur. « Vraiment ? » demanda-t-il. « J'en doute. Vous pensez que tout ceci était calculé - préparé. Vous avez tort. « Il fit une pause, soudain, retenant son souffle tandis que la prise de Remus se resserrait, l'entraînant plus près. « Rien de tout ceci n'était planifié, professeur. Ce n'était pas délibéré et je voulais sincèrement accepter votre offre d'amitié. Mais je ne pense pas que nous puissions être amis vous et moi. »

Il se pencha et écrasa les lèvres de Remus avec les siennes, lui dévorant la bouche. Le baiser n'était ni tendre ni doux ; c'était un geste délibéré, affamé né de la colère et du désespoir. Remus se figea pendant quelques secondes avant de répondre au baiser. Cependant, avant qu'il n'ait pu entièrement y répondre, Sirius l'avait brutalement repoussé.

« Vous voyez ? » la voix du garçon était encore pleine de colère. « Vous voyez ce que vous me faites ? » Il criait de frustration. «Dès que vous êtes près de moi, d'un seul coup je ne me contrôle plus. Qu'est ce que ça veut dire ? Je suis Sirius Black, je devrais être capable de garder la tête froide dans n'importe quelle situation, mais vous, » Il insista sur le mot, entre rage et désespoir, « Vous me rendez fou, et je ne sais plus quoi penser. »

Derrière les paroles de colère, Remus détecta une note de panique, et ce fut cela plus que toute autre chose qui changea sa colère en désespoir.

Il relâcha le col de Sirius et recula, les yeux baissés. Ignorant le douleur dans sa paume là ou le badge d'argent de Sirius lui avait occasionné une brûlure circulaire, il s'arrêta et essaya de rassembler ses esprits. Pendant un moment le seul bruit dans la pièce fut la respiration désordonnée de Sirius, puis il leva la tête, regardant son élève, qui le fixait, encore tout échevelé.

« Quelle paire nous faisons, » dit-il doucement. Ses mots résonnèrent lourdement dans le silence de la pièce. « Nous sommes tous les deux si effrayés de nos propres incertitudes que nous ne pouvons même pas en parler comme des adultes. « Il rit douloureusement, tandis que Sirius continuait de le fixer de ses larges yeux gris. « Je peux comprendre votre position, Sirius. » continua-t-il à contre coeur. « Parce que je ressens la même chose et croyez moi, je donnerais tout ce que je possède pour ne pas connaître ça. Mais c'est comme ça. Nous allons donc devoir imaginer quelque chose. »

Sirius le regarda avec un air d'incompréhension évidente. Il finit par demander.

« A quoi pensez vous ? »

A suivre ...

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Réponses aux reviews :

boby : j'espère qu'Harun aime toujours ! Donne lui plein de glace de ma part surtout (nan nan c'est pas pour l'amadouer ... enfin pas que !)

Bizzouilles à tous les deux

Mong : Merci, c'est très gentil de prendre du temps pour reviewer !

En ce qui concerne les délais, je sais que c'est assez long mais considère que les chapitres sont très longs, assez compliqués pour mon niveau d'anglais qui n'est pas des meilleurs et que je relis les chapitres plusieurs fois avant de les envoyer en correction à Aurélie qui les relis à son tour ! Tout ça fait que le délai d'un mois minimum est à peu près incompressible !

Mais j'espère tout de même que je n'ai pas mis ta patience à trop rude épreuve et que tu es toujours là pour lire la suite !

bizzoux

Oxaline : ah oui moi aussi j'avais bien aimé le coup du 'constipé' ! MDR ! J'imagine bien la tête de Sinn en face de la gamine ! Et t'inquiète pas, y'a d'autres passages chez la soeur de Mars, de quoi rigoler encore un peu.

Et t'as encore raison, les choses vont se compliquer de plus en plus. En partie à cause de Snape d'ailleurs.

Gros bizzoux et merci de tes toujours gentilles review

Altiru : marci marci ! C'est gentil de ta part de reviewer ! J'espère que la suite te plaira toujours autant.

bizes