Merci à Tchaye, jwulee, neny, black-sun, gryffondor,ze1letotte, Boo Sullyvan, surimigirl, nanie nouche, thealie, Edge et alinemcb54
Merci aussi à celle qui m'ont signalé mon petit problème!
Chapitre 23 : Pourquoi ?
Est-ce un doigt qui désigne
Celle ou celui qui va
Renoncer pas à pas ?
Patricia Kaas
Nathan et Severus, après avoir quitté Jade en promettant de revenir, se dirigeaient à présent vers Poudlard. L'adolescent ne cessait de jeter des regards en biais au professeur et, si celui-ci l'avait remarqué, il n'en disait rien. Ils marchaient silencieusement depuis dix minutes lorsque le gryffondor s'arrêta.
-Il y a un problème, Nathan ? demanda Snape en se retournant vers lui.
Il fronça les sourcils en voyant l'air hésitant du garçon, se demandant ce qui se passait. Harry, de son côté, se demandait comment formuler ce qu'il voulait dire. Finalement, il se remit en marche en soupirant. Il lançait régulièrement des regards anxieux sur la silhouette du maître des potions qui le précédait. Il finit par s'arrêter une nouvelle fois.
-Pè… Père ? appela-t-il, hésitant à l'appeler ainsi ou Séverus, ne sachant comment régirait l'homme dans les deux cas. L'emploi du mot 'père' était étrange, trouvait Harry, mais appeler Snape 'Severus' lui semblait encore plus familier…
Le professeur se retourna vers lui, et fronça les sourcils en le voyant danser d'un pied à l'autre, mal à l'aise.
-Oui, Nathan ?
-Je… commença le jeune homme en rougissant. Jvoudrèvouremerciépourskevouzavéfè
-Pardon ? demanda Séverus, n'ayant pas compris les mots prononcés à une vitesse ahurissante.
-Je voudrais vous remercier pour ce que vous avez fait. Je veux dire… Vous n'étiez pas obligé de me faire rencontrer Jade, en fait, ajouta-t-il en rougissant, vous n'étiez même pas obligé de m'emmener à Pré-au-Lard.
Le professeur observa un moment le visage cramoisi du garçon avant de soupirer et de lui faire signe de le suivre. Ils s'écartèrent du chemin et Snape s'assit dans l'herbe d'un pré, où ils pouvaient parler sans être entendu. D'un geste, il indiqua à Harry de l'imiter.
-Je crois que nous devrions parler sérieusement, Nathan… Tu n'as pas à me remercier pour ce que j'ai fait aujourd'hui. Si je l'ai fait, c'est que cela me faisait plaisir. Et cela a rendu Jade heureuse. Ma sœur est très importante pour moi.
-Mais quand elle va découvrir que…
-Je suis certain que le jour où elle le découvrira, elle me passera un savon, puis elle te serrera dans ses bras. Ne t'inquiète pas pour ça !
Harry hésita un moment puis hocha la tête.
-Je… hésita le professeur.
Le fait était assez rare pour retenir l'attention de l'adolescent. Snape n'hésitait jamais ! Il releva les yeux et croisa le regard tourmenté de l'adulte et s'y perdit. Ce dernier prit une profonde inspiration et commença à parler.
-Nathan, j'ai bien conscience que nous sommes partis du mauvais pied.
Harry se raidit.
-Et je reconnais que c'est ma faute (cet aveu parut coûter énormément au maître des potions.) Et pas seulement en ce qui concerne les évènements de l'été... Je me suis permis de te juger sur la seule base de ta ressemblance physique avec quelqu'un d'autre. J'en suis désolé.
Comme l'adolescent ne disait rien, il poursuivit :
-Je… Ma seule excuse est la conduite qu'avait eu cette personne envers moi. Tu… Tu as vu une partie de mes souvenirs dans ma pensine, l'année passée,…
A ce moment, Harry, pris d'une impulsion, interrompit l'homme.
-Je… pour la pensine, je ne savais pas que… qu'elle contenait des souvenirs personnels, je voulais en savoir plus sur ce que faisait l'Ordre et… Je m'excuse.
Snape le considéra un moment.
-Excuses acceptées, mais ne recommence pas !
Le garçon hocha la tête.
-Je voudrais te faire comprendre à quel point mon… ressentiment envers James Potter est énorme… Quand tu es arrivé, en première année, tu étais son portrait craché, et je n'ai pas cherché à voir au-delà. Et même plus tard, quand je me suis rendu compte que tu étais différent de lui, je n'ai pas cherché à voir par-delà mes préjugés…
Nathan regardait l'adulte pensivement.
-Vous m'avez quand même sauvé la vie en première année. Et en troisième, vous pensiez nous défendre, mes amis et moi, même si (Harry avala difficilement sa salive) Sirius était innocent. Quoique la perspective d'un Ordre de Merlin vous ait beaucoup motivé, je pense, ajouta-t-il avec un demi-sourire auquel répondit faiblement l'adulte. Et cela, malgré votre haine pour moi. Ce qui est difficile à accepter, c'est ce qui s'est passé en cinquième, et pas seulement pour ce qui concerne mon parrain.
Il hésita un moment, puis demanda :
-Les leçons d'occlumencie… Etait-ce normal que seuls mes pires souvenirs reviennent à la surface ?
Ses yeux rencontrèrent ceux de Snape, exigeant une réponse honnête, et celui-ci se résigna à la lui donner. Il ne pouvait pas se permettre de mentir en ce moment.
-L'occlumencie consiste à pénétrer dans les pensées et les souvenirs des autres pour les manipuler en exploitant leurs points faibles. J'aurais aussi bien pu choisir des moments heureux, mais cela n'aurait provoqué aucun instinct de rejet.
Harry expira, relâchant un souffle dont il ne se souvenait pas l'avoir retenu.
-Mais j'avoue que j'éprouvais du… plaisir à choisir ces moments-là…
Snape baissa les yeux vers le sol et Harry fit de même, serrant les poings et s'efforçant au calme. Il avait voulu que le professeur lui dise la vérité et il l'avait fait. Pourquoi se sentait-il trahi ? Il s'efforça à analyser la situation froidement, de manière logique.
-C'est assez difficile à accepter, finit-il par murmurer, et Snape sentit son cœur se serrer. Mais je suppose que j'ai ma part de torts… Si j'avais fait un peu plus d'efforts, j'aurais certainement mieux pu résister à vos attaques et à celles de Voldemort… Soupirant, il concéda : je pense qu'il me faudra encore du temps pour l'accepter.
Severus hocha la tête, le soulagement se mêlant à un autre sentiment moins définissable, mélange de regret et de déception. Il allait se lever quand Nathan posa une dernière question :
-Pourquoi…Pourquoi faites-vous cela ? Je veux dire… Pour les vêtements, et Jade, et cette conversation…
Le professeur réfléchit un moment avant de répondre :
-Je ne sais pas exactement… Je suppose que c'est en partie pour notre sécurité à tous les deux. Il vaut mieux que nous nous entendions… Et puis, Dumbledore compte sur moi.
Silencieusement, il choisit de ne pas examiner cette autre raison confuse qu'il sentait en lui. Il vit un éclair de déception et de douleur dans les yeux de l'adolescent et sentit son cœur se serrer, mais Nathan se releva en lui souriant comme si rien ne s'était passé. Sans doute avait-il imaginé cette lueur dans les yeux du garçon. Tout au plus y avait-il ce voile de douleur qui lui était habituel et qui avait disparu pour l'espace des quelques heures passées chez Jade. Malgré lui, Severus frissonna, ayant l'impression d'avoir perdu une occasion unique.
-Ne le décevons pas, dans ce cas, plaisanta le gryffondor en reprenant la route vers Poudlard.
°°°°°
Ils arrivèrent à Poudlard à l'heure du souper et, bien que Snape se dirigeât directement vers la Grande Salle, Nathan lui dit qu'il devait aller chercher quelque chose dans sa chambre. Severus, perdu dans ses propres pensées, ne lui posa aucune question, se contentant de lui dire de se dépêcher. Avec un sourire en coin, l'adolescent lui dit ne pas en avoir pour longtemps.
Une fois dans l'appartement, il s'enferma dans la salle de bain et sortit une petite lame de sa cachette derrière le miroir, qui protesta d'être ainsi dérangé, puis il s'assit à même le sol, relevant les manches de sa nouvelle robe. Lentement, il fit trois légères entailles sur son bras gauche, avant d'attendre que le sang ne cesse de couler, de jeter un nouveau sort de camouflage sur son bras et d'essuyer ses larmes.
Quelques minutes plus tard, il faisait une entrée souriante dans la Grande Salle, surprenant tout le monde, à la fois par son habilement (il portait sa robe bleu-gris) mais aussi par sa bonne humeur. Dumbledore haussa un sourcil en direction de Severus tout en lui souriant. Il s'assit de bonne grâce à la seule place restante, à côté de Malfoy, engageant avec celui-ci une conversation enjouée et s'attirant les regards de la plupart des adultes, étonnés de le voir agir ainsi. Pas une fois il ne fit mention des cheveux de Draco, qui bien qu'ils aient retrouvé leur taille habituelle avaient toujours une teinte rosée. Le serpentard, lui, lui jetait à de fréquentes reprises des regards soupçonneux, se demandant ce qui pouvait provoquer cette bonne humeur et excluant l'idée qu'elle provienne de ses nouveaux vêtements qu'il allait recevoir, s'il avait bien suivi le bavardage du garçon.
