Chapitre 31 : Sans Nom Ne ricanent pas les colombes, et le tigre ne lèche

(André Frénaud, La sorcière de Rome)

Le silence se prolongea jusqu'à ce que Dumbledore se lève et vienne murmurer quelque chose à l'oreille de Draco. Celui-ci, qui était devenu mortellement pâle, hocha légèrement la tête. Le directeur quitta la salle aussitôt après cela et les élèves se mirent à chuchoter entre eux. A la table des poufsouffles, le blond porta une nouvelle bouchée de nourriture à sa bouche, comme s'il ne s'était rien passé mais finit par lâcher son couvert avec une expression de dégoût. Il allait se lever et quitter la table lorsqu'une main le retint. Se retournant, il vit que Nathan l'avait saisi par le poignet.

-Où vas-tu ?

-Prendre l'air… J'étouffe ici.

-Tu n'as pas mangé.

-Je n'ai pas vraiment faim, Snape, répondit Draco en dégageant son poignet et en se dirigeant vers la sortie.

Après un moment d'hésitation, Nathan se leva et suivit le garçon. Il se doutait qu'il devait très mal supporter ce qui venait de se passer. Etre renier et déshérité aurait été suffisamment traumatisant pour n'importe qui, mais l'ancien serpentard avait toujours tiré une très grande fierté de son nom. De plus, sa mère l'avait relégué au rang de 'Sans Nom'. Harry ne savait pas exactement ce que cela signifiait. Il avait trouvé mention de cette 'caste' dans quelques livres moyenâgeux, mais ne s'y était jamais intéressé de plus près. Il regretta subitement ne pas avoir Hermione à ses côtés. Son cœur se serra à cette pensée : la gryffondor ne serait plus à ses côtés pour un bon moment, peut-être pour toujours…

Il retrouva le blond assis au pied d'un arbre dans le parc. Ses yeux aux paupières bouffies ne quittèrent pas le point qu'ils fixaient pendant que Nathan approchait, comme s'il ne l'avait pas entendu venir. Silencieusement, celui-ci s'assit à ses côtés, ne sachant que dire.

-Je crois que je le hais, laissa tomber l'ancien serpentard, surprenant Harry.

-Qui ?

-Mon père…

-Ah, répondit l'ancien gryffondor. Je croyais que c'était ta mère qui…

-Ce n'est pas son genre. Je suis certain que c'était la décision de mon père. J'espère que lorsque le Seigneur des Ténèbres apprendra ma trahison, il le fera souffrir.

La voix de Draco était monocorde, ne laissant filtrer aucune expression. Pas de peine, pas de colère, pas même de joie en pensant à cette possible vengeance, et cela dérangea Harry plus encore que le contenu de ses paroles. C'était comme s'il avait une enveloppe vide de toute vie à côté de lui. Il repensa à la vision qu'il avait eue cette nuit-là et se demanda quelle serait la réaction du blond s'il lui disait que son père avait déjà subi le courroux de son maître. Il se tut.

-Blaise doit exulter…

-Zabini ?

-Oui… Il a toujours voulu ma place à serpentard. A mon avis, il va devenir leur nouveau leader.

Ce disant, Draco grimaça, comme si cette simple idée lui soulevait le cœur.

-Grand bien lui fasse. Avec un peu de chance, Crabbe et Goyle lui serviront de chien de garde. Leur conversation doit être juste à son niveau…

Harry contint tant bien que mal un éclat de rire.

-Il faudra que tu me montres de qui il s'agit…

Le blond lui lança un regard étrange avant de laisser tomber :

-Rappelle-le moi quand on croisera des serpentards, Snape.

-Tu pourrais arrêter ça ?

-Arrêter quoi ? demanda l'ancien serpentard.

-De m'appeler Snape ? Tu connais mon prénom…

Draco ne répondit pas et Nathan finit par reprendre la parole.

-Je suis désolé pour ce que je t'ai dit au Chemin de Traverse. Sincèrement. J'ai réfléchi à ce que tu m'as dit depuis. Et j'aimerais qu'on essaie.

-Essayer quoi ?

-D'être amis, répondit simplement l'autre.

Puis, tendant la main vers le blond, il lui sourit.

-Bonjour, je m'appelle Nathan Snape et j'aimerais que nous devenions amis.

Celui-ci lui jeta un regard étrange que Harry ne comprit pas avant de lâcher :

-Je n'ai jamais entendu une présentation aussi ridicule, tu sais ?

Comme l'adolescent ne réagissait pas, il finit par lui serrer la main.

-Draco Sans Nom. Enchanté.

Un sourire amer échappa à ses lèvres tandis qu'il se relevait.

-On devrait se dépêcher ou on sera en retard pour le cours de Lupin… Je n'ai pas envie de me le mettre encore plus à dos…

-Il ne t'aime pas ?demanda innocemment Nathan.

Draco grimaça :

-Pas vraiment. En troisième année, j'étais l'ennemi de son chouchou, Harry Potter, et je lui ai joué quelques tours…

-Et bien, constata Harry d'un ton neutre, cette année, il n'aura plus de chouchou…

Et en disant cela, il se rendit compte de ce que sa mort avait du faire ressentir à Rémus. Après Sirius, lui, tout cela en si peu de temps…

°°°°°

Rémus Lupin attendait ses élèves dans sa salle de cours. Il cachait mal sa nervosité à l'idée d'affronter un groupe d'adolescents qui lui seraient sans aucun doute hostiles ou qui, tout du moins, auraient peur de lui. Mais pire encore, il commençait par le groupe des sixièmes de gryffondor et de poufsouffle. Le groupe dans lequel Harry se serait trouvé s'il n'était pas mort. Et savoir cela le rendait malade. Il avait fallu à Dumbledore et à Molly Weasley toute leur force de persuasion pour le convaincre d'accepter ce poste. Trop de souvenirs douloureux… Il avait fini par se laisser convaincre lorsque Molly lui avait dit qu'il n'avait pas le droit de se laisser aller et qu'il devait apporter sa contribution à la guerre, en souvenir de Harry. C'est pourquoi il était dans cette classe, attendant l'arrivée des élèves à qui il était chargé d'apprendre à se défendre. Car ils en auraient besoin vu la guerre qui s'annonçait. Il n'avait pas le droit de laisser le désespoir le submerger.

°°°°°

Après que les deux poufsouffles aient quitté la Grande Salle, un énorme brouhaha avait éclaté. Les élèves spéculaient, se posaient de questions, s'indignaient pour quelques-uns, se réjouissaient ou tentaient de comprendre ce qui venait de se passer. Ron Weasley, lui, n'avait besoin d'aucune explication. Toute son enfance avait été bercée de légendes où les méchantes marâtres faisaient de leurs filles des Sans Nom ou encore de méchants relégués à ce rang. Un Sans Nom n'avait aucune famille, n'avait pas le droit de voter, accès à aucun travail décent, etc.… Ces parias vivaient en ghettos dans certaines villes. La plupart se livraient à la prostitution pour survivre.

Un sourire étira les lèvres de Ron. La fouine allait enfin payer. Tout d'abord, il ne pourrait rester plus longtemps à Poudlard, l'éducation étant interdite aux Sans Noms. Ensuite, sans diplôme, sans argent, sans possibilité de trouver un travail, ce serait la déchéance pour l'ancien serpentard. Il payerait enfin pour toutes ces fois où il s'était moqué de lui, d 'Hermione ou de Harry. Il souriait toujours autant, si ce n'est plus, dix minutes plus tard, en se dirigeant vers la salle de DACFM, à la grande exaspération d'Hermione qui soutenait qu'une coutume aussi archaïque n'aurait plus du être d'application dans une société civilisée. Mais c'était là la force des coutumes que de perdurer.

Il croisa Snape et Malfoy (ou plutôt Sans Nom) devant la porte de la salle de DACFM.

-Tiens ! La fouine… Je peux savoir ce que tu fais ici ? Je te rappelle que les gens comme toi n'ont pas le droit de venir à l'école !

Le blond serra les poings mais ne répondit pas, aussi Ron poursuivit-il :

-Dis-moi, comment ça fait de ne plus avoir aucun nom ? Je me demande ce que tu as pu faire pour déshonorer le nom des Malfoy… Après ton père, je croyais que rien ne pouvait le faire tomber plus bas !

-Ron ! intervint Hermione. Comment peux-tu…

-La ferme, Weasley ! grinça le nouveau poufsouffle.

-Oh ! Susceptible, en plus ? Il va falloir que tu apprennes à ravaler ta fierté dans ton futur boulot, Sans Nom !

Un murmure désapprobateur parcouru les rangs des élèves qui s'étaient rassemblés autour des deux opposants en entendant le gryffondor faire une allusion aussi basse. Quelques élèves semblaient ne pas réellement comprendre de quoi il en retournait mais la plupart arboraient une mine dégoûtée. Hermione, elle, était indignée et c'est ce qui permit à Nathan de comprendre la gravité de ce que venait de dire le roux. Draco, lui, avait horriblement pâli.

-Tu ne réponds pas ? se moqua le gryffondor.

Ce qui suivit ne prit qu'une fraction de seconde. L'ancien serpentard saisit sa baguette et la pointa vers Weasley.

-Si tu dis ne serait-ce encore qu'un mot, Weaslay, un seul mot, tu le regretteras.

Nathan, qui avait regardé la dispute sans oser intervenir jusque là, s'approcha du blond et posa la main sur son bras.

-Viens. Ca ne vaut pas la peine de se battre, Draco…

Après un moment d'hésitation, celui-ci baissa le bras et, avec un dernier regard méprisant vers le roux, se retourna, fit un sourire carnassier à Nathan et lui dit d'une voix claire :

-Tu as raison, il n'en vaut pas la peine.

Il se dirigea ensuite vers la porte du local.

-Attention ! cria une voix dans la foule.

Aussitôt, Nathan saisit le bras du blond et le tira sur le côté. Ils tombèrent tous les deux sur le sol et virent un sort s'écraser sur le mur, là où, deux secondes plus tôt, Draco se tenait. A quelques pas de là, Ron grimaçait en voyant que son sortilège avait manqué sa cible. Il pivota de façon à avoir à nouveau le blond en ligne de mire. En un instant, les deux poufsouffles furent debout, baguettes brandies, en position défensive. Hermione, elle, se jeta sur Ron et tenta de le tirer en arrière.

°°°°°

Rémus Lupin entendit des cris dans le couloir. Fronçant les sourcils, il se dirigea vers la porte et l'ouvrit. La vision qui s'offrit à lui le fit grimacer. Au milieu d'un cercle d'étudiants se trouvaient quatre élèves. D'un côté, Ron qui pointait sa baguette vers Malfoy tandis que Hermione tentait de l'en empêcher, criant des paroles incompréhensibles auxquelles le garçon ne semblait porter aucune attention. De l'autre, Malfoy et le fils de Snape qui avaient tous les deux leur baguette dirigée vers le roux.

-Dix points de moins pour gryffondor, vingt en moins pour serpentard. On ne se bat pas dans les couloirs, messieurs. Puis-je savoir ce qui se passe ?

Ron sembla hésiter un moment avant de baisser sa baguette. Lorsqu'il l'eut fait, les deux autres l'imitèrent.

-Ce sont eux qui ont commencé professeur ! se plaignit Ron.

Désignant Malfoy du doigt, il dit :

-Il a insulté ma famille !

-Monsieur Mal… commença Lupin.

-C'est faux, professeur ! protestèrent à la fois Hermione, Malfoy et Snape.

Le fait que Hermione se range du côté des deux serpentards fit froncer les sourcils au loup-garou. Que se passait-il donc ici ?

-Très bien. Quelle est votre version, Miss Granger ?

-Ils n'ont rien fait ! C'est Ron qui a commencé à insulter Mal… Draco sans aucune provocation de sa part. Finalement, il a sorti sa baguette et a menacé Ron mais s'en est allé sans rien faire. Puis Ron l'a attaqué dans le dos. Draco a pu éviter l'attaque et c'est à ce moment-là que vous êtes arrivé.

-Êtes-vous d'accord avec cette version des faits, messieurs ? demanda le professeur.

Lorsque les deux garçons hochèrent la tête, Rémus se tourna vers Ron.

-Très bien, monsieur Weasley ! 20 points en moins pour gryffondor pour avoir menti à un professeur.

-Mais, prof…

-Je rends quinze points à serpentard. Vous devriez être assez intelligent pour ne pas répondre à de simples provocations, monsieur Malfoy !

-Je ne suis plus élève de serpentard, professeur, corrigea celui-ci.

Rémus Lupin resta quelques secondes bouche bée en remarquant enfin l'insigne des poufsouffles sur le torse du blond. Ce fut le sourire narquois du garçon qui le ramena à la réalité.

-Très bien, dans ce cas, 5 points en moins pour poufsouffle et je rends ses points à serpentard.

Un murmure de désapprobation se fit entendre parmi les élèves de poufsouffle.

-Tu oublies de préciser que tu n'es plus un Malfoy, blondinet !

Rémus fronça les sourcils en entendant la voix haineuse de Ronald Weasley derrière lui. Qu'était-il advenu du garçon chaleureux qu'il avait connu ?

-A quoi monsieur Weasley fait-il allusion ?

Le blond rougit et ce fut Hermione qui prit la parole car tout le monde se taisait (et elle avait plaqué sa main sur la bouche de Ron pour l'empêcher de parler).

-Mal… Draco n'a plus le droit d'utiliser son nom de famille, professeur.

A ce moment, Ron parvint à libérer sa bouche.

-C'est un Sans Nom, il n'a pas le droit de venir aux cours, professeur ! Il devrait déjà avoir quitté Poudlard !

Rémus se retourna et vit l'expression de plaisir de Ron. Il se demanda brièvement ce qui lui était arrivé pour le transformer ainsi. Hermione lançait au roux un regard ou le désespoir, la peur et le dégoût se mêlaient. Soupirant, il se retourna vers le nouveau poufsouffle.

-Je suis désolé, Draco, mais c'est vrai. Vous ne pouvez assister aux cours.

-Le professeur Dumbledore m'a dit que je devais suivre mes cours normalement, monsieur.

Le loup-garou hésita un instant avant de répondre :

-Très bien ! Dans ce cas, que tout le monde entre.

°°°°°

Rémus se retrouva bientôt devant une vingtaine d'adolescents assis. Il observa leurs expressions. La plupart le regardaient avec une sorte de crainte mêlée d'incertitude, ne sachant trop à quoi s'attendre. Certains, une minorité, semblaient heureux de le revoir. Nathan Snape lui jetait un regard indéfinissable mais qui, décida-t-il, ne lui était pas hostile. A ses côtés, Draco gardait une expression prudemment neutre, jetant de temps à autre un regard exaspéré vers Ron Weasley qui ne cessait de le fixer avec haine. Hermione, elle, semblait positivement ravie. Toute son expression criait : « j'ai envie d'apprendre » et Rémus faillit éclater de rire en la voyant lui sourire. Elle haussa un sourcil et articula un 'bonne chance' silencieux. Le loup-garou attendit quelques instant que Ron daigne enfin concentrer son attention sur autre chose que le blond qui était assis de l'autre côté du local, mais il ne semblait pas prêt de le faire, aussi finit-il par s'approcher de son banc et par toussoter.

-Monsieur Weasley ! Si vous acceptiez de me prêter attention, nous pourrions peut-être commencer la leçon.

Ron, rouge de honte, tourna la tête vers lui et marmonna une excuse. Sans même regarder l'ancien serpentard, le professeur poursuivit.

-Quant à vous, Draco, effacez ce sourire narquois de votre visage.

Après que les quelques rires que cet interlude avait provoqués se furent apaisés, Lupin commença :

-Très bien. La plupart d'entre vous me connaissent. Je m'appelle Rémus Lupin et je serai votre professeur de défense cette année, comme je l'ai été il y a trois ans. Mais avant de commencer les cours, je pense qu'il est essentiel que nous discutions de ma condition. Comme vous le savez tous, je suis un loup-garou.

Un frisson parcourut la salle.

-C'est la raison pour laquelle Miss Tonks me remplacera durant les périodes de pleine lune. Durant ces trois à quatre jours mensuels, je quitterai l'enceinte du château afin d'éviter tout accident. Avez-vous des questions ?

Les élèves se regardèrent sans oser dire quoi que ce soit. Seule Hermione leva la main et Rémus lui accorda la parole d'un signe de tête.

-Qu'allons-nous voir cette année, professeur ?

Le loup-garou ne put retenir un sourire.

-Je répondrai à cette question plus tard, miss Granger. Pour l'instant, je tiens à répondre à toutes les questions concernant ma lycanthropie. Bien qu'apparemment, il n'y en ait aucune…

°°°°°

Draco poussa un soupir exaspéré en voyant les autres chuchoter entre eux ou se lancer des regards inquiets sans oser poser de question. Il leva la main et attendit que le professeur le remarque.

-Monsieur Mal… Draco ?

-La potion tue-loup rend bien les loup-garous inoffensifs, professeur ?

-Elle permet à un loup-garou d'être conscient de ses actions et de les contrôler.

-Et le professeur Snape est l'un des rares maîtres de potion capable de la préparer ?

-Tout à fait, répondit le professeur, légèrement tendu.

-Dans ce cas, professeur, pourquoi êtes-vous obligé de quitter le château chaque mois ?

-C'est très simple. En théorie, ce ne devrait pas être nécessaire et le professeur Dumbledore pense que c'est une précaution inutile. Mais en pratique, les accidents peuvent toujours arriver.

-Merci, professeur, répondit poliment le blond.

Un autre doigt se leva dans la pièce.

-Que s'est-il passé il y a trois ans, dans ce cas, professeur ?

Le professeur ferma un instant les yeux, comme s'il rassemblait son courage, puis il répondit d'une voix neutre :

-J'ai oublié de prendre la potion. J'ai appris que plusieurs élèves étaient en compagnie de Sirius Black et je suis parti les aider sans penser que c'était la pleine lune. C'est pour éviter que ce genre de choses ne risque de se reproduire que je quitterai Poudlard à chaque pleine lune.

A partir de ce moment, les questions se multiplièrent et les deux heures de cours étaient presque terminées lorsque plus aucun doigt ne se leva. Rémus jeta un coup d'œil aux élèves. Tous semblaient rassurés. Alors que son regard se promenait dans la classe, il s'arrêta sur une tête bouclée.

-Monsieur Snape ? Vous ne m'avez posé aucune question. Vous êtes pourtant le seul à ne pas m'avoir déjà eu comme professeur.

-Je n'ai aucune question à vous poser, monsieur.

-Vraiment ? N'êtes-vous pas inquiet à l'idée d'avoir un loup-garou comme professeur ?

-Si le directeur vous a donné ce poste, c'est qu'il estime que vous ne représentez aucun danger, professeur. De plus, s'il vous a engagé à deux reprises malgré votre maladie, c'est que vous devez être excellent dans votre domaine, monsieur. Je ne vois aucune raison de m'inquiéter.

Rémus Lupin resta un moment bouche bée, comme la plupart des élèves.

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-Non, mais ! Franchement, Hermione, tu l'as entendu ? « Je ne vois aucune raison de m'inquiéter, professeur ! », « Vous devez être excellent, professeur ! », « Je peux lécher vos bottes, professeur ? », minauda Ron. Il m'énerve ! Et le pire, c'est que tout le monde se laisse prendre à son jeu… Même Lupin ! Personne ne voit que…

-Ron ! S'il te plait… Arrête de raconter des bêtises ! Si Nathan Snape a dit ça, c'est qu'il le pensait. Et il a eu bien raison… Regarde, plus personne n'est inquiet à l'idée que Rémus soit un loup-garou… J'aurais bien voulu avoir l'intelligence de dire ce qu'il a dit!

-Tu ne vas pas te mettre à admirer ce serpentard ?

-Ron… C'est un poufsouffle, tu as oublié ?

-Tu sais bien que c'est impossible, 'Mione. Ils ont du ensorceler le Choixpeau, ça crève les yeux !

-Ronald Weasley ! Il est impossible d'ensorceler le Choixpeau, c'est écrit dans l'Histoire de Poudlard ! Il serait bien temps que tu lises ce livre ! Qu'as-tu comme cours à présent ?

-Rien…

-J'ai potion. J'y vais. On se reverra à midi.

°°°°°

Nathan avait passé tout le cours de DACFM dans une sorte de brouillard. Il ne cessait de revoir le comportement de Ron, la haine qui brillait dans ses yeux. Etait-il réellement possible que tout cela soit du à sa soi-disant mort ? Cette idée le rendait malade… Lorsque le professeur Lupin lui avait demandé s'il n'avait pas peur d'avoir un loup-garou comme professeur, il lui avait donné la réponse la plus simple qui lui soit venue à l'esprit. La plus simple et la plus juste.

A présent, il se dirigeait en compagnie de Draco vers les cachots. Il pouvait sentir la tension qui émanait du corps du blond à l'idée de ce qui l'attendait. En effet, vu le petit nombre de personne ayant eu les résultats exigés pour suivre le cours de potions, les quatre maisons seraient mélangées. Il allait donc devoir faire face à certains de ses anciens camarades de serpentard.

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3440 mots ! Ca doit être l'un de mes plus longs chapitres jusqu'à présent ' J'espère que vous aimez toujours autant cette fiction. ' Que va devenir Draco ? Va-t-il devoir quitter Poudlard ? Et Ron ?