Merci, merci, merci et merci ! Vous êtes des anges, des amours, des chéries, des cœurs … est-ce que je vous ai dit merci ?! MERCIIIIIIIIIIIIIIIIIII ;-)
oOo
Quelque chose le chatouillait.
La chose en question se promenait sur son nez, battait doucement ses joues, franchissait l'arête de son nez pour passer rapidement sur ses paupières, puis recommençait son petit voyage. C'était à la fois agréable et pénible. Agréable parce que c'était doux, presque comme le toucher de la soie, ou du velours … et pénible parce qu'il dormait.
John savait qu'il dormait mais il pressentait aussi que si ces chatouillis ne cessaient pas dans la minute, il allait se réveiller et il était très bien dans les bras de Morphée, merci. Il chercha à tâtons quelle pouvait être l'origine de ses tourments et … poussa un cri ! Sa main venait de rencontrer quelque chose de poilue. Un long son strident, comme un sifflement, retentit, suivi d'un grognement. Son esprit encore embué de sommeil réagit immédiatement et hurla : wraith !
John se redressa dans le canapé comme un diablotin sortant de sa boîte.
Saliéri, qui avait été tranquillement perché sur sa poitrine, lui cracha au visage avant de descendre du canapé, queue ébouriffée et droite comme un i, avec toute la dignité dont seule était capable ceux de sa race.
John avait porté la main à sa poitrine, tentant de calmer les battements de son pauvre cœur. Wow, le chat … c'avait juste été cette foutunondedieudesaloperie de chat ! Il allait se recoucher, sûr que le chat de McKay venait de lui ôter aussi efficacement qu'un wraith au moins dix bonnes années de sa vie, lorsqu'il remarqua qu'il n'était pas seul dans le salon.
Assis en tailleur sur le fauteuil, ses bras entourant ses genoux, la tête posée sur ces derniers, Grant l'observait silencieusement.
John sourit.
« Hey Grant … huhu, je devrais dire bonjour Grant en fait. »
Bon sang, quelle heure pouvait-il être ? Il faisait encore nuit dehors et --
« Je n'aime pas les chats … »
John haussa un sourcil. Ah ?! Ce devait donc être un double – diable, encore un ! John ne savait pas s'il survivrait à un troisième McKay – qui avait passé toute la soirée à jouer avec le dit chat. Comme s'il avait lu dans ses pensées, Grant termina.
« … mais Saliéri ne sait pas qu'il est un chat. Il croit qu'il est un chien : il grogne lorsque quelqu'un passe dans le couloir devant la porte d'entrée et il boit l'eau dans la cuvette des toilettes. Je l'aime bien. »
Sur ce, Grant descendit du fauteuil et se mit en devoir de récupérer le chat-chien.
John le suivit du regard un moment, ne sachant pas très bien quoi penser de cet homme-enfant, si semblable à Rodney et si fondamentalement différent. Son regard finit par se poser sur la pendule.
Argggh ! 5 :43 mn ! Il était maudit ! Il soupira. Et dire qu'il aurait pu se trouver au soleil, les pieds dans l'eau …
oOo
John se gratta la tête. Ok, où ce foutu canadien gardait-il le café ? Il commença à fouiller dans tous les placards de la cuisine. Du café, il avait besoin de CAFE, maintenant …
Il avait bien essayé de se rendormir mais le sommeil n'était pas revenu. Il faut dire que devoir répondre au feu nourri des questions de Grant n'avait pas aidé. Le pire ayant été de lui mentir en essayant de garder l'air … de ne pas mentir. Pas sûr que Grant ait gobé tout ce qu'il lui avait raconté. Bah, que Rodney se débrouille avec son frère … John sourit à cette pensée.
Rodney avait un frère … un frère jumeau. Et d'après ce qu'avait pu en voir John, c'était quelqu'un de bien. Bon, ok, il était un peu spécial, mais Rodney aussi, non ?
« Il n'y en a pas. »
John sursauta. Décidément, ce type avait le chic pour le surprendre. Et dire qu'il avait réussi à échapper aux cheveux blancs sur Pégase depuis plus de deux ans … Il allait vieillir avant l'âge et pas à cause d'un wraith, non Monsieur, à cause d'un McKay, chat ou homme. Télépathe, le McKay, comment savait-il qu'il cherchait du --
« Du café ? Il n'y en a pas » reprit Grant. « J'ai cherché. Pas de café. Et Rodney dort. »
Le veinard, pensa John.
« Huhu, croyez moi Grant, il y a du café ici, quelque part. Là où il y a McKay, il y a du café, c'est une règle physique élémentaire. »
Grant fronça les sourcils, réfléchissant sans aucun doute à l'étrange nature de la science physique selon John Sheppard puis un large sourire apparut sur son visage.
« Je vais lui demander où il l'a caché ! »
Et dans un mouvement plein de grâce qui aurait rendu verte de jalousie Teyla, il se propulsa dans les escaliers menant à la chambre de Rodney. John sourit en lui emboîtant le pas. Ces deux là étaient peut-être semblables mais côté souplesse et réactivité physique, Grant tenait la dragée haute à Rodney. John se demandait encore comment Grant était monté dans cet arbre et il doutait un jour de voir le grand Rodney McKay tenter une expérience de ce type.
Pour une raison que John ignorait – et il décida de ne pas poser la question – Grant monta les escaliers en évitant soigneusement de poser le pied sur le milieu des marches, préférant les côtés. Pied à gauche, puis à droite, et de nouveau à droite et … gauche, droite, droite … comme un crabe, Grant monta les escaliers puis se planta devant la porte de la chambre de Rodney. Il se tourna vers John et posa son index sur ses lèvres.
« Chuuuuuuuuut ! »
John hocha la tête, promettant ainsi de garder le silence. Grant posa ses deux mains sur la poignée et la tourna lentement puis ouvrit la porte. Les deux hommes entrèrent. Grant, imitant à la perfection ses personnages de dessin animé marchant sur la pointe des pieds, se rendit près du lit. Il se pencha au dessus de son frère et l'examina un long moment.
Rodney dormait allongé sur le ventre, tête posée sur le côté, bouche ouverte, ses bras le long de son corps, complètement rigide. S'il avait été allongé sur le dos, on aurait pu croire que le canadien reposait dans un cercueil. Même endormi, il n'avait pas l'air au repos pensa John, mais il fallait dire qu'il était difficile d'être détendu lorsque l'on avait … un chat sur le dos. Saliéri était en effet roulé en boule entre les omoplates de Rodney, le museau enfouit dans sa queue, regardant Grant d'un œil méfiant.
John attendait de voir ce qu'allait faire Grant. Allait-il réveiller son frère ? Si oui, quelle méthode allait-il utiliser ? John lui en conseillerait bien une, un sourire entendu se dessina sur ses lèvres. Oooooh que oui, il avait une petite idée … mais Grant le surprit une fois de plus.
Grant tendit la main vers son frère et se mit à lui caresser doucement les tempes. Les traits de Rodney se détendirent et John l'entendit pousser un petit soupir de contentement. Saliéri se joignit à Grant et, après avoir fait quelques pas sur le dos de Rodney, renifla ses yeux et se mit à lui lécher les sourcils.
John resta à l'écart, yeux écarquillés devant cet étonnant spectacle. Il se sentait de trop, comme s'il était le témoin d'une scène intime. Une scène de famille.
Grant finit par se relever et Saliéri, d'un petit bond, se retrouva sur ses épaules et s'enroula là, comme un serpent.
Rodney dormait toujours mais il avait l'air différent, plus serein dans son sommeil. Grant secoua la tête apparemment satisfait du résultat de son petit massage puis passa devant John et sortit. John regarda Rodney un moment et murmura en sortant.
« Oui, vous êtes un sacré veinard docteur Rodney McKay, un sacré veinard … »
TBC … (prochain chapitre : un peu d'action ! D'après vous, Rodneytorture ou Granttorture ?)
