Je pense que j'en ai encore pour un ou deux chapitres après celui-ci pour clore cette petite fic, mais je ferais certainement une suite : Grant sur Atlantis, ça vous dit ?

oOo

John retrouva Grant dans le salon. Il claqua dans ses mains.

« Bien ! Je vous propose d'aller faire quelques courses. Je crois que nous avons bien mérité un bon petit déjeuner mais pour cela, nous avons besoin --» il ouvrit la porte du réfrigérateur.

Vide.

« Ok, nous avons besoin de tout … lait, crème fraîche, jus d'orange, œufs, bacon et bien entendu -- »

« Du Café ! » lança Grant avec enthousiasme.

« Yep, du café. Vous connaissez bien Toronto Grant ?»

Hochement de tête positif de la part de ce dernier qui se trouvait allongé sur le canapé, occupé à remettre ses Converses.

« Dans ce cas, en route pour du shopping ! »

Ni l'un ni l'autre ne remarquèrent le van noir stationné à quelques mètres de la maison de Rodney. Le van démarra dès que John et Grant eurent tourné l'angle de la rue.

oOo

John était claqué … claqué mais ravi.

Il venait de passer l'heure la plus étrange de sa vie. Grant était une énigme, il avait passé l'heure, soit à se cacher derrière John, évitant soigneusement telle ou telle personne – pour des raisons connues de lui seul – soit à se jeter littéralement au cou d'autres.

John sourit.

Les choix de Grant étaient plutôt rassurants : la vieille dame qui tenait la pâtisserie avait eu droit au groscalin, ainsi que le petit italien qui tenait un commerce de café torréfié. Somme toute, des personnes que Rodney aurait certainement portées lui aussi aux nues quoique d'une manière moins démonstrative.

Il était maintenant pas loin de 7 heures 30. Temps de rentrer nourrir le fauve.

« Bien je crois que nous avons tous ce qu'il nous faut »

Grant lui arracha pratiquement les sacs des mains et se mit à y farfouiller frénétiquement sortant chaque item et le mettant sous le nez de John en commentant ses trouvailles sur un ton chantonnant :

« Bacon, mais pas trop gras, jus d'orange de Floride, le meilleur, et des œufs, frais de ce matin, et du lait et des croissants et du caaaaaaaaaaaaaaaféééééééééé ! »

Grant secoua la tête en remettant les achats dans les sacs puis tendit ces derniers à John, un large sourire sur le visage.

« Oui, nous avons tout. »

« Parfait, alors en route. »

Le van noir se glissa dans la circulation juste derrière eux.

oOo

Le retour fut moins rapide que ne l'aurait souhaité John. Les boutiques et commerces ouvraient les uns après les autres et Grant étaient attirés par leur vitrine. Il y collait littéralement le nez, un peu comme ces insectes attirés par la lumière.

« Grant, si nous tardons trop, c'est le dîner qu'il faudra préparer pas le petit déjeuner … »

« Humoui … oooooooh ! »

Et voilà, c'était tout ce qu'il parvenait à tirer de Grant depuis une demie heure, des oooh et des aaaah d'exclamation.

« Oh, je veux me faire couper les cheveux ! »

Et avec ça, Grant disparut en un clin d'œil dans la boutique d'un coiffeur. John soupira mais le suivit à l'intérieur : s'il était le frère de Rodney, il était certain qu'il ne servirait à rien de tenter de le dissuader de l'utilité d'une coupe de cheveux à 8 h du matin. Quand John avait-il réussi à convaincre Rodney d'abandonner une idée lui tenant à cœur ? John frissonna … en fait, il se souvenait parfaitement de la seule et unique fois où il avait réussi cet exploit.

Sur Doranda.

John secoua la tête. Le passé était le passé. Il y avait eu un peu de, disons, de flou, dans son amitié avec Rodney après le projet Arcturus, mais aujourd'hui, ils partageaient à nouveau une amitié solide. En fait, la seule que John ait eu depuis des années … Rodney était son meilleur ami.

Grant se trouvait à l'entrée du salon de coiffure. Appartenant à une chaîne, le salon était immense. Des coiffeuses s'affairaient en préparation de l'arrivée prochaine de clients. Aucune ne leur prêtait la moindre attention.

John faillit rentrer dans Grant qui reculait imperceptiblement vers la sortie, visiblement mal à l'aise.

« Hey Grant, ça va ? »

Grant leva les yeux vers lui et lui dit d'un ton qui aurait certainement arraché quelques larmes même à Kolya.

« Je DOIS me faire couper les cheveux … »

Bon, ok, John devait bien avouer que la chevelure de Grant était un peu, euh … ouais, non seulement les cheveux pendaient dans tous les sens, mais en plus, il ne devait pas penser à les brosser tous les jours au vue des jolies petits paquets de nœuds qu'il pouvait apercevoir ici et là. Une bonne coupe ne serait pas du luxe en effet, alors quoi ?

« …. Mais …. Mais c'est … c'est … »

Grant ne termina pas sa phrase. Il poussa un petit squeack étranglé et se cacha brusquement derrière John. Celui-ci allait lui demander ce qui lui arrivait lorsque une voix féminine retentit.

« Bonjour ! Que puis-je pour vous monsieur. »

« Euh ce serait pour une coupe de cheveux si vous pouvez prendre sans rendez vous, là maintenant par exemple. »

Il vit le visage de la jeune femme se décomposer, comme horrifié par cette idée.

« Quoi ! Vous couper les cheveux mais ce serait un … un crime ! Ils sont superbes et cette façon que vous avez de les arranger sans les arranger vraiment, c'est tout simplement du grand art. »

John resta un moment bouche bée. Ca alors ! Aaaaaaaaaah enfin, quelqu'un qui reconnaissait que sa manière de se coiffer était un trait de génie ! Il devrait traîner chez les coiffeurs plus souvent … tiens, la prochaine fois, il emmènera McKay : il cessera peut-être de lui faire des remarques stupides lorsqu'il saura qu'il est en fait un artiste capillaire, mais en attendant … John prépara son plus beau sourire.

« Oh, non, ce n'est pas pour moi c'est pour … »

Il fit quelques pas sur le côté, découvrant un Grant à moitié replié sur lui-même. Ce dernier adressa un petit signe timide de la main à la jeune coiffeuse.

« … lui ! »

La jeune femme jeta un coup d'œil rapide à Grant.

« Oh … oui, là, je comprends mieux en effet, il y a urgence. Suivez moi. »

John poussa Grant devant lui et les deux hommes suivirent leur hôtesse à travers le salon.

Le van noir passa devant le salon de coiffure puis tourna sur la première rue à sa droite. Il s'arrêta dans l'allée qui se trouvait directement derrière le salon.

oOo

John sirotait son capuccino. La jeune femme qui lui avait apporté – une petite brunette piquante aux yeux bleus, répondant au doux nom de Carlotta – lui vantait les mérites de Toronto et notamment de sa vie nocturne … huhu, qui avait besoin des deux « s » sea et sun, lorsqu'il pouvait avoir le « s » le plus important. John était certain qu'il ne tarderait pas à avoir un rendez vous – à tout le moins un numéro de téléphone, ce qui était déjà une victoire – jusqu'à ce qu'un cri retentisse. Un cri de femme … John lâcha son cappuccino ainsi que la jolie Carlotta pour se précipiter vers l'endroit d'où s'était élevé le cri.

« Vous … vous … » La jeune femme qui s'occupait de Grant était rouge de rage. Ciseaux et peigne à la main, elle gesticulait en direction du malheureux Grant qui gardait, curieusement, ses mains sur sa poitrine.

« Hey, qu'est-ce qui se passe ici ? »

« Il … Il … cet homme est un pervers, il se tripote pendant que je le coiffe ! »

Kikekoi ! John n'en revenait pas mais Grant avait plongé la tête dans sa poitrine et n'opposa aucune dénégation aux affirmations de la coiffeuse.

« Grant ! » s'indigna John.

Grant releva enfin la tête et offrit bien évidemment le regard de chien battu auquel John commençait à s'habituer.

« Mais … mais ce n'est pas de ma faute ! C'est l'odeur du lait qui l'a attiré … » répondit piteusement Grant en désignant sa tasse de café du menton.

Gné ?! De mieux en mieux pensa John. Il était courant de donner un nom à son petit robinet mais de là à affirmer qu'il pointait le bout de son nez à l'odeur du lait ? Et c'est à ce moment là que John le vit. Il pointait en effet son nez. Un nez rose. Et poilu.

Et garni de superbes moustaches.

« Saliéri ! »

Le chat sortit sa tête de dessous le cardigan de Grant et poussa un miaulement indigné sans doute à l'idée que l'on avait pu le confondre avec … bref, avec autre chose. John poussa un soupir et se passa la main sur la nuque.

« Grant. »

Ce dernier était en train de murmurer à l'oreille de Saliéri. Le chat arrêta de s'agiter un moment, comme s'il avait compris. Ou décidé d'obéir. Grant leva les yeux vers John et la jeune coiffeuse – qui n'avait pas lâché ses ustensiles de travail et fixait la petite tête tigrée (5) sortant du manteau.

« Oui John. »

« Est-ce que je peux savoir ce que fait Saliéri dans votre manteau. »

« Il avait envie de sortir. »

Ah, bah, oui, John avait oublié : Saliéri est un chien qui s'ignore … ou qui se découvre si l'on en croit Grant. Re soupir.

« Ok, ok … » John se tourna vers la jeune femme. « Je … nous sommes désolés de vous avoir effrayé, n'est-ce pas Grant ? » Hochement de tête timide et sourire en effet désolé du principal protagoniste. « Bien, euh, vous pouvez finir ou … »

La jeune femme secoua la tête comme si elle se réveillait d'un rêve un peu étrange. Il faut dire que Saliéri avait trouvé que l'obéissance ça allait bien deux minutes et était désormais très occupé à lécher la petite coupelle de crème posée sur la tablette devant le vaste miroir, juste à côté du café de Grant.

« Oh … non, non, il n'y a pas de problème, je vais faire, euh, les finitions. »

Les finitions ? John regarda sa montre : 8h45mn. Parfait. Le petit déjeuner pouvait encore être sauvé.

Trois hommes sortirent du van, leurs trois ombres noires se faufilant dans l'allée. Ils n'eurent aucune difficulté à pénétrer dans le salon de coiffure en empruntant la sortie de secours …

TBC … (mais qui sont ces « hommes en noir » ? Que veulent ils ? Bah, vous ne le saurez pas tout de suite : j'ai écris la suite mais cela faisait un chapitre un peu trop long. Il faudra donc attendre pour tout savoir parce que je pars en déplacement quelques jours … comment ça je pratique la lecteurtorture, meuhnon, je ne torture que les personnages de mes fics, moi !)

(5) En ce qui concerne les chats de McKay, nous avons deux références : le petit tigré fauve de Rising et le persan (ou sacré de birmanie, pas facile à dire) de Duet. Perso, je suis moi-même l'heureuse maîtresse de deux tigrés fauve (on dirait Tabby in USA) donc, je choisis le premier !