Huhuhu, yep, je crois que Grant va devoir venir sur Atlantis … mais pour le moment : ACTION !
oOo
Enfin ! John regarda sa montre. Le dernier coup de ciseaux avait été donné et la jeune coiffeuse, Laura – John avait fini par jeter un coup d'œil à son petit badge d'identification – époussetait avec soin la nuque de Grant à l'aide d'un petit plumeau. Grant ne pouvait s'empêcher de rire et de gigoter ne facilitant pas le travail de la jeune femme.
« Et voilà, alors qu'en pensez vous ? » s'exclama Laura.
Elle venait de lui enlever la blouse de protection et Grant, debout devant la glace, était en train de s'admirer. Wow, pensa John, la ressemblance avec Rodney était encore plus frappante … sauf pour les yeux. Il y avait dans les yeux de Grant quelque chose de constamment sur le qui vive, pas forcément apeuré, juste interrogateur, comme s'ils cherchaient sans cesse quelque chose. Si différent du regard de Rodney, toujours concentré, parfois indigné souvent dédaigneux. Rodney quoi.
Yep, parfaitement identique – encore heureux que Grant avait gardé son petit bouc – et parfaitement différent.
Grant récupéra Saliéri sur la petite table. Le chat se glissa automatiquement sous son cardigan, ne laissant dépasser qu'une paire de moustaches. Incroyable pensa John. Ce chat se prend peut-être réellement pour un chien après tout … avec Rodney Mckay pour maître, il fallait s'attendre à tout, non ?
« Alors ? » demanda Grant sur un ton inquiet.
John leva le pouce. « Superbe ! Vous allez faire des ravages Grant … il faut que je vous présente à une de mes, disons, collègue, Samantha Carter, je suis sûre qu'elle va vous adorer. »
Grant sourit et se tourna une fois encore vers la glace, caressant ses cheveux désormais proches de la coupe militaire réglementaire que, Oh Grand Dieu, John n'arborerait jamais.
« Elle est jolie ? »
La question surprit presque John. Yep, définitivement identique à Rodney …
« Huhu, une superbe blonde aux yeux bleus … »
Grant secoua la tête.
« J'aime les brunes. »
Ah, peut-être pas si identiques …
« Je dois aller aux toilettes. »
Et avec ça, Grant passa devant John, tout en lançant un dernier petit sourire à Laura. John se tourna vers cette dernière. « Merci Mademoiselle, je vais régler … ? »
« Oh, désolée Monsieur, c'est là-bas, au comptoir. »
« Merci. »
oOo
Grant se trouvait … pareil. Il avait beau s'examiner dans le miroir qui se trouvait devant lui, il voyait toujours la même feuille de papier froissée. Il était bien coiffé, bien rasé mais pas défroissé. C'était toujours lui à l'intérieur. Les gens croient toujours que pour changer, il leur suffit d'adopter une autre ligne vestimentaire, de se teindre les cheveux … mais ils se mentent à eux-mêmes. Grant n'aimait pas le mensonge.
« Miaaaaaooow … »
Grant pencha la tête vers Saliéri et lui caressa les oreilles. Il avait sans doute faim. Le grand air ça donne faim. Il fallait qu'ils rentrent. Rodney devait avoir faim lui aussi et il n'y avait rien à manger chez lui. C'était son frère, il avait une responsabilité vis-à-vis de lui : un bon frère ne vous laisse pas mourir de faim.
Grant se lava les mains, donna une autre caresse à Saliéri et posa la main sur la poignée de la porte des toilettes.
Une main gantée s'abattit sur sa bouche au moment où il ouvrait la porte, une autre lui releva le bras dans le dos, une troisième lui enfonça une seringue dans le bras … des mains partout, lui faisant mal, le soulevant de terre, le … tout devint noir.
oOo
John avait réglé la coupe : 20 dollars canadiens, pas donné … mais rien que pour voir la tête de McKay lorsqu'il reviendrait avec son sosie. Il demanderait peut-être à Grant de passer l'uniforme du scientifique, nannn, Grant n'était pas une poupée. Mais bon, ça aurait pu être drôle.
John regarda sa montre – et dire que sur Atlantis, il pensait à peine à la mettre à son poignet, ici, il la regardait toutes les cinq minutes – que faisait Grant. Pitié, faites qu'il n'apprenne pas au chat à pisser comme un chien !
John passa devant le personnel, Laura lui fit un petit signe de la tête, puis se dirigea vers les toilettes et … tomba nez à nez avec trois hommes fort occupés à enlever le frère jumeau de son meilleur ami.
L'instinct de soldat de John ne fit qu'un tour. Il porta la main à son holster … et poussa un juron sonore. Bien sûr, il n'était par armé, ils étaient sur Terre nondenon et rien de grave n'était censé leur y arriver. Il se décida pour une tactique plus ancienne mais tout aussi efficace.
Il se lança sur l'un des hommes.
Ronon lui avait appris un ou deux petits trucs mais le type était du genre coriace et John avait le nez en sang et une côte hurlant à l'agonie moins de deux minutes après avoir engagé le combat. Ok, il était temps de lui régler son compte une fois pour toute. Leur petit engagement les avait mené, lui et Brutus, dans les toilettes. John attrapa la corbeille contenant des petites serviettes parfumées – une superbe corbeille en fer ouvragé, très fashion mais surtout très lourde – et en asséna un coup à son assaillant. Brutus s'affala comme une masse. Yep, un de moins plus que deux !
Les deux autres en question n'avaient pas attendu leur reste. Ils avaient disparu dans l'allée et avaient chargé leur victime dans le van. John poussa un cri de rage en voyant ce dernier s'éloigner dans un crissement de pneu. Il se mit à courir, espérant pouvoir faire quelque chose, n'importe quoi … mais il faudrait un miracle pour qu'il rejoigne le véhicule, désormais lançé à belle allure, alors l'arrêter.
Et c'est alors que le miracle se produisit.
oOo
John vit le van faire une embardée vers la gauche. Il pensa d'abord qu'il voulait doubler la file des véhicules qui attendaient patiemment que le feu passe au vert mais il ne ralentit pas. Il monta sur le trottoir, percutant les poubelles, slalomant entre les passants puis, toujours à pleine vitesse, il heurta une voiture stationnée sur le bas côté et se renversa. Dévié de sa course par le choc, le van se retrouva à nouveau sur la chaussée, fit encore quelques mètres avant de venir s'écraser contre le plot d'un panneau indicateur.
John assista à toute la scène comme un spectateur, hypnotisé par chacun des rebonds du van. Il lui fallut les crissements de frein et les hurlements des passants et des klaxons, pour réagir et courir vers le van couché sur le côté, au beau milieu de la route.
Deux flics en uniforme arrivèrent devant le véhicule au même moment que John.
« Ces hommes ont tenté d'enlever un ami ! » leur hurla-t-il tout en essayant d'ouvrir la porte latérale et en leur balançant littéralement à la figure sa carte de membre de l'US Air Force. Il entendit le plus jeune des flics appeler du renfort par radio et prévenir le central de ce qui venait de se passer. L'autre, un homme d'une cinquantaine d'années, visiblement aguerri, fit un signe de tête à John. Il ne questionna pas son identité et lui tendit une arme. John hocha la tête pour le remercier.
Les deux hommes se placèrent l'un chaque extrémité de la porte. John compta jusqu'à trois, et tira la porte, le flic et lui, prêts, armes pointées vers l'intérieur du van.
Seule leur expérience et une bonne dose de sang froid les empêchèrent de tirer lorsque quelque chose leur sauta au visage.
oOo
« Scriiiiiiiiiiiiiiichhhhhsssss ! »
John rattrapa la chose qui les avait attaqués.
Saliéri avait doublé de volume, la queue plus fournie que celle d'un écureuil, le dos hérissé. Yep, un monstre.
« Mais … qu'est-ce que c'est que ça ? »
Le flic regardait le chat que John venait de poser par terre près de la voiture se demandant s'il devait tirer dessus ou pas.
« Euh, c'est mon chat, enfin, pas mon chat celui de Grant, ou plutôt celui de -- » John laissa tomber les explications en voyant les sourcils du flic se froncer imperceptiblement. Toute cette histoire était déjà assez compliquée comme ça, pas la peine d'en rajouter.
Les deux hommes laissèrent Saliéri devant le van. John pensa que l'animal avait tout d'un chien de garde. Grant avait peut-être raison … bienvenue dans la quatrième dimension !
« Celui-ci est mort … » prononça le flic, penché sur l'homme qui était au volant. Ouais, pas besoin de Carson pour faire le diagnostic : le pare-brise avait explosé sous l'impact et une des branches du panneau indicateur s'était fichée dans le torse de l'homme.
John retourna, sans grand ménagement, l'homme qui était étendu derrière, sur une sorte de longue banquette. Son arcade sourcilière était en sang. Il prit son pouls. En vie … dommage.
« Celui devrait pouvoir répondre à nos questions. »
Le flic hocha la tête puis son regard balaya le van.
« Et la victime ? »
Au mot de victime, John sursauta. Merde, où était Grant ? Le van était vide à l'exception des deux hommes et de … Saliéri ?
Le chat grattait furieusement sur la banquette. John haussa les sourcils. Ce chat était décidément plus taré que toute une bande de géniis et … nondendieu ! La banquette ! Il se jeta sur le plaid, l'arrachant et découvrant une longue caisse en bois.
Le flic avait passé les menottes à l'homme à terre et avait rejoint John.
« Vous ne croyez quand même pas que … »
Malheureusement, John hocha la tête. L'envie de finir le type qui était assis le long du van, menotté et inconscient, surgit comme la vague qui avait bien faillit détruire Atlantis deux ans plus tôt mais il se força à se calmer.
« Grant ! Grant ! »
Pas de réponse. Il fallait qu'il ouvre cette foutue boîte ! Comme par enchantement, un pied de biche apparu sous ses yeux.
« Tenez, essayez avec ça. »
John remercia le flic de la tête et saisit le pied de biche, prenant juste une micro seconde pour se demander d'où il le sortait. Il inséra le pied de biche entre le couvercle et la boîte et il poussa de toutes ses forces. Il dut s'y reprendre à deux fois, mais aidé des deux flics, le jeune les ayant rejoint avec la promesse de l'arrivée de renforts et d'une ambulance, il parvint à ouvrir la boîte.
Grant reposait dans la boîte, inconscient. On aurait dit qu'il était dans son cercueil, mort.
Sauf que lorsque vous êtes dans un cercueil et mort vous n'avez pas une canula dans le nez, une petite bouteille d'oxygène à vos côtés, ainsi qu'une perfusion à un bras.
oOo
Driiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiing.
Non.
Drrrrriiiiiiiiiiiiiiiiing. Drrrrrrrrrrrrrriinng.
Rodney saisit son oreiller et le posa sur sa tête. Non, non et non. Pas question. Il était en vacances, il dormait. Que Sheppard se lève. Après tout, il dormait dans le salon à moins d'un mètre de la porte, alors que lui aurait du se lever, quitter son lit douillet, sa couette chaude et moelleuse huuuuuuuu …
Drrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrriiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnngggg.
Argh ! Il allait tuer le type qui s'amusait à ça. Juste après avoir tué Sheppard pour avoir refusé de se lever.
oOo
C'est un Rodney hagard et de fort mauvaise humeur qui descendit les escaliers et se dirigea, après avoir heurté la table au passage et s'être très certainement cassé le doigt de pied, vers la porte d'entrée. Il jeta un coup d'œil distrait au canapé. Les couvertures y formaient un amas bosselé. Sheppard devait savourer un sommeil bien mérité quelque part sous les dites bosses. Il allait lui payer ça au centuple ! Il ouvrit la porte d'entrée.
« Bouh ! »
Rodney porta la main à son cœur pour en calmer les battements.
« Aaaaaaaaaaah ! »
La chose devant lui portait de longs cheveux blancs coiffés en dreads locks, un tatouage ethnique sur la joue, des yeux verdâtres et un sourire tout en dents.
« Bonjour Rodney ! » chantonna la chose.
Rodney ferma les yeux.
« Carson … » parvint-il à prononcer, les dents serrées. « Est-ce que je peux savoir pourquoi vous vous promenez avec un masque wraith sur la tête ? »
« Arh Rodney, c'est Halloween ! Je pense le donner à Madison (6), qu'en pensez vous ? Il est pas mal hein ! J'ai demandé à Siler du SGC de m'aider à le faire. Réaliste, non ? »
Rodney se passa la main devant les yeux et soupira.
Et dire que Carson Beckett était un spécialiste de renommée mondiale, le numéro un dans sa spécialité. Si tant est que la médecine soit une spécialité scientifique, ce qui était encore à prouver bien sûr. Bref, Rodney regardait le soi disant spécialiste gigoter et retenir un gloussement, visiblement ravi de l'effet de sa petite farce. Et là, Rodney eu un sourire. Ooooooooooooh oui, il voyait très bien quel usage il pourrait faire de ce masque …
« Carson, je crois que le colonel serait ravi de vous voir. »
Il fit entrer son ami et allait lui montrer l'endroit où Sheppard dormait du sommeil du juste lorsque son téléphone retentit. Il répondit dans un grognement.
« McKay. Colonel ? »
Il se tourna vers le canapé. Carson tenait dans ses mains une couverture. Pas de Sheppard.
« Mais où diable êtes --» puis il se tut, concentré sur ce qui se disait à l'autre bout du fil. Carson vit son visage se décomposer. Il laissa tomber couvertures et masque et fut à ses côtés en un instant.
« Rodney, que se passe t-il ? »
Rodney lâcha le combiné.
« Oh mon Dieu ! Il est à l'hôpital … il faut que … je dois … m'habiller, oui, c'est ça … m'habiler. »
Carson récupéra le téléphone et vit Rodney disparaître à l'étage.
//Allo ! Allo ! Rodney ?//
Carson fronça les sourcils et porta le combiné à son oreille.
« Euh, Colonel, c'est vous ? Vous allez bien ? Rodney m'a dit que vous aviez été hospitalisé ! »
Carson avait laissé de côté l'ami pour le médecin et était déjà en mode professionnel.
//Oh, euh, non Doc', ce n'est pas moi, c'est Grant. //
Grant ?
« Colonel, mais de qui parlez vous ? »
//Ecoutez Doc, accompagnez Rodney au Mémorial Hospital, je vous y attends. Je vous expliquerais tout sur place, ok ?//
« Bien, Colonel, nous arrivons. »
TBC … (Ah, je vous offre Nounours, je suis gentille, hein ? Sinon, kicé ces méchantspasbô ? Huhu, vous saurez ça au prochain chapitre, qui devrait être le dernier mais promis, il y aura une suite : Grant dans l'espace ! LOL)
(6) Madison est la nièce de Rodney, l'adorable petite fille de quatre ans de Jeannie.
