Rhhhoooooooooooooooo, toutes ces reviews juste pour un 'tit chapitre. Yep, c'est définitif, je vous aimeuuuuuuuuh ! Suite et fin de Family Trouble … mais promis, ce n'est pas la fin des aventures de Grant et de Rodney.

Note 1 : attention, un petit détail spoiler saison 3 zode « McKay and Miss Miller » dans cette suite (mais tout rikiki je vous jure …).

Note 2 : léger cross-over avec SG1 (genre bulle de savon …).

Note 3 : Alhennor me demande de vous passer un petit message : petit 1, elle va bien, petit 2, elle se remet tout doucement à l'écriture, petit 3, on devrait avoir la suite de Courbatures et de Juste pour vos yeux sous peu ! Coool !

oOo

La chambre d'hôpital était plongée dans une semi obscurité. Rodney tenait la main de l'homme allongé sur le lit. Une main semblable à la sienne, juste un peu plus blanche, un peu plus fine. La main de son frère.

Rodney était … il était … Il soupira. En fait, il ne savait pas très bien comment il se sentait : furieux, désolé, soulagé. Il était surtout confus.

Carson et lui étaient arrivés à l'hôpital il y avait six heures de ça maintenant. Carson avait insisté pour l'y conduire et était resté stoïque malgré les « plus vite bon sang, vous n'êtes pas en écosse, ce sont de vraies routes ici ! » et autres « c'est une Ford Carson, pas un chariot à bœufs ! Il y a des vitesses ce serait bien de les passer … ».

Bien sûr, Rodney était heureux d'avoir le médecin avec lui. Dès son arrivée, Carson avait pris les choses en main, demandant à parler à l'urgentiste responsable de Grant, pendant que Sheppard était occupé à s'expliquer avec les services de police. Oui, Rodney était heureux que ses amis soient avec lui … même s'il ne le reconnaîtrait jamais vraiment.

Grant poussa un petit gémissement dans son sommeil.

« Chhuuuuut, ça va aller Grant, ça va aller … » lui murmura Rodney.

Oui, ça allait aller, n'est-ce pas ? Ou bien … Rodney ferma les yeux.

Ou bien quoi ?

Il n'aimait pas ce sentiment d'impuissance. Il avait toujours maîtrisé sa vie sans réellement se soucier de celle des autres. Sauf de celle de Jeannie bien entendu. Il avait juste voulu qu'elle donne le meilleur d'elle-même. Elle aurait pu devenir la nouvelle Marie Curie mais elle avait fait d'autres choix qu'il avait encore un peu de mal à comprendre mais avait fini par accepter. Elle était sa petite sœur et il l'aimait. Il avait compris sur Atlantis que c'était tout ce que l'on pouvait, devait, attendre de sa famille : un amour entier, sans jugement, sans condition ni réserve.

Et maintenant, Grant débarquait dans sa vie …

Rodney avait enfin pu lire son dossier. Grant était intelligent. Très intelligent. C'était un mathématicien de génie, les probabilités n'avaient pas de secret pour lui. Oui, il était un génie. Comme Rodney, comme Jeannie. Un trait de famille sans doute … Il était né le 19 avril 1968. Rodney était né le 18 avril de la même année. Des jumeaux nés à quelques minutes d'intervalles : Rodney à 23h46 et Grant à 00h10mn.

Rodney avait lu tout le dossier, plusieurs fois, cherchant à comprendre le geste de sa mère. Pourquoi avait-elle fait ça ? Pourquoi leur avait-elle fait ça ? Elle avait condamné Grant à une vie solitaire, balloté de foyer en foyer. Il n'avait jamais été adopté. C'avait été un enfant trop bizarre avant d'être un adolescent trop étrange pour finir comme un adulte catalogué successivement comme autiste, schizophrène, bipolaire. Toujours trop ceci ou cela et en même temps jamais assez aimé.

Rodney n'avait pas davantage trouvé de réponse à ce qui c'était passé le matin même : qui avait voulu kidnapper Grant ? Sheppard avait prévenu ce Adam Cunningham, le soi-disant tuteur de Grant. Ils en sauraient peut-être un peu plus. L'un des amis de Grant, un certain Jack Larkin avait été mêlé à une histoire louche et avait été retrouvé l'an passé, exécuté. Il y avait deux ans, une autre de ses collèges, Ann Krywarick avait elle aussi été tuée dans le cadre de la même affaire. Rodney avait du mal à croire que son frère ait pu être mêlé à quoique ce soit de louche mais en revanche, il pouvait sans peine imaginer qu'il ait été manipulé. Grant était une âme innocente, un naïf. Une victime en puissance.

Plus maintenant, pensa Rodney. Plus maintenant, parce que je suis là et que je ne te laisserais pas tomber.

La porte s'ouvrit et un petit rayon de lumière pénétra dans la chambre.

« Hey … »

Rodney leva les yeux vers la main qui lui tendait une tasse de café chaud. Il soupira et prit la tasse.

« Merci Jen. »

Jeannie s'installa sur la chaise inoccupée. Elle fixa un long moment l'homme allongé là, les sourcils froncés puis, sans lever les yeux vers Rodney, elle se mit à parler.

« Tu as toujours rêvé d'avoir un frère jumeau … je me rappelle avoir été jalouse de ce frère imaginaire. »

La tasse de café resta figée en l'air, à quelques centimètres des lèvres de Rodney. Jeannie continua.

« C'était toujours « si Peter ceci ou avec Peter cela » tu te rappelles ? Tu lui avais même donné un nom … tu disais que Peter était un vrai prénom pas comme Meredith. (7)»

La tasse était toujours immobile, comme si le temps avait suspendu son cours.

« … mais aujourd'hui … » la jeune femme releva la tête et son regard croisa celui de Rodney qui était toujours comme paralysé, sa tasse en l'air, « aujourd'hui, j'ai retrouvé deux frères : un que je croyais avoir perdu pour toujours, et Peter … ce frère que je connais depuis toujours sans jamais l'avoir rencontré. »

Jeannie caressa le front de Grant puis se pencha pour y déposer un baiser. Comme une maman pensa Rodney. Mais c'était ce qu'était Jeannie, une maman. Peut-être était-ce la raison de ses choix : ils n'avaient pas eu de vraie mère et Jeannie avait voulu en devenir une. Une bonne mère bien entendu, pas comme l'ersatz qu'ils avaient eu.

Jeannie fit le tour du lit et récupéra la tasse de café, désormais tiède, des mains de Rodney. Elle lui donna à son tour un rapide baiser sur le nez, le faisant cligner des yeux.

« Je vais te chercher une autre tasse de café. »

Elle sortit de la chambre laissant derrière elle un Rodney clignant toujours des yeux comme une chouette, la main en l'air comme s'il avait encore la tasse de café dans les mains. Il lui fallut quelques secondes pour réaliser ce qui venait de se passer. Un large sourire apparut sur son visage.

Oui, il avait de la chance : il avait une famille formidable. Jeannie, Sheppard, Carson … et maintenant Grant.

Ils étaient sa famille.

oOo

John venait de passer des heures paaaaassionnantes avec la fine fleur de la police canadienne. Eprouvant … encore que pas autant que les trente minutes qu'il avait passées au téléphone avec le Général Landry en direct du SGC. La ligne n'était pas sécurisée et le bon général lui avait parlé à mots couverts mais il lui en avait dit assez pour qu'il comprenne et maintenant, il se demandait comment il allait apprendre ça à Rodney. Il soupira. Ok, quant il faut il faut … Il allait entrer dans la chambre de Grant lorsque la porte s'ouvrit juste devant lui.

Jeannie Miller lui adressa un grand sourire et lui fit de le suivre. John haussa un sourcil mais obtempéra : mieux valait obéir à un McKay quel qu'il soit.

Arrivée près de la cafétéria, Jeannie jeta le gobelet qu'elle tenait à la main dans une poubelle, inséra quelques cents dans la machine à café et sélectionna un robusta – du moins c'était ce qu'affirmait la machine, John avait des doutes, eau chaude colorée, voilà ce que servaient ces diaboliques appareils. Elle lui tendit la tasse puis sélectionna un autre café, mocka pouvait on lire sur la petite étiquette.

« John … »

Oups, un McKay qui l'appelait par son prénom, pas bon signe ça, pas bon signe du tout, du tout : en trois ans, McKay ne l'avait pas une seule fois appelé par son prénom.

« … vous devez l'aider. Mer' est … » la jeune femme soupira et rabattit une longue mèche de cheveux blond derrière son oreille. « Je le connais bien vous savez, il joue le gros dur mais à l'intérieur, c'est un tendre

Huhu, parlait-on du bon jumeau ?

« Il se sent coupable de ce qui est arrivé. »

John soupira.

« Jeannie, il ne pouvait pas savoir que ces hommes allaient --»

« Non, non, je ne parle pas de … ça. Il croit que c'est de sa faute si notre mère a -- » elle s'interrompit comme pour peser les mots qu'elle allait prononcer « … a fait ce choix. Elle a abandonné Grant pour garder Mer' et ensuite … » nouveau soupir. « Ensuite, elle lui a fait payer ce choix toute son enfance, toute sa vie en fait … mais c'est ridicule ! Tante Mildred dit que sa sœur n'avait jamais voulu d'enfant, à la limite une fille, mais certainement pas de garçons alors lorsqu'elle a accouché de jumeaux … » Jeannie secoua la tête. Ses yeux étaient embués de larmes.

John ne savait pas quoi dire et avait la même envie furieuse que Rodney la veille au soir de présenter cette soi-disant mère à l'un de leurs nouveaux amis de Pégase, sauf que lui, il ne pensait pas à Kolya, non même lui ne méritait pas ça. Il penchait plutôt pour un ami d'un mètre quatre vingt dix avec des dreads locks blanches, des tatouages sur le visage et un appétit insatiable.

« Jeannie, ce n'est pas de la faute de Rodney et ce n'est pas non plus de la votre. Les enfants ne sont pas responsables des choix de leurs parents. Vous êtes, Rodney et vous, comme Grant, des victimes. »

Jeannie poussa un soupir bruyant.

« Peut-être … mais l'adulte que je suis devenue a un peu de mal à comprendre tout ça, ou bien c'est l'enfant que je suis encore au fond de moi qui est révoltée. Mer' non plus ne comprend pas, pour lui c'est encore plus dur … super les génies, hein ? »

Elle riait et pleurait en même temps. John la prit dans ses bras.

Les McKay étaient faciles à aimer : ils étaient d'un entretien High-tech – mesdames et messieurs, qui peut préciser le nombre de fois où un certain Major promu Colonel a du transporter son astrophysicien dans l'antre de Carson ? – mais une fois en mains, ils produisaient des merveilles.

John était heureux de les compter parmi ses amis.

Comme il l'avait dit à Teyla en allant chercher Ronon sur Sateda, ces gens – Rodney, Carson, Elisabeth, Teyla, Ronon – étaient devenus sa famille.

Et une famille se serre les coudes en cas de coups durs.

oOo

La porte s'ouvrit une fois encore et Rodney qui s'attendait à voir entrer Jeannie fut étonné de voir Sheppard.

« Hey, comment va-t-il ? » lui demanda Sheppard.

Rodney soupira.

« Carson dit que la drogue qui lui a été administrée est en train que quitter son système sanguin mais que vu la dose … » Rodney serra les dents. « Il faudra juste un peu de temps. Ils vont le garder 24 heures au cas où le diazépam (8) ait des effets secondaires avec ses médicaments. »

John fronça les sourcils.

« Ses médicaments ? »

« Halopéridol (9). »

« Oh. »

Un silence pesant s'installa et John décida qu'il était temps pour lui de sortir son arme secrète. Il défit sa veste (10) et l'arme secrète sauta allègrement sur le lit.

Rodney poussa une exclamation de surprise.

« SALIERI ! Mais … qu'est-ce qu'il fait ici ? Vous êtes retourné chez moi ? »

John sourit.

Saliéri était en train de faire le tour du propriétaire, reniflant chaque bosse formée par les draps et couvertures et s'arrêta juste sous le cou de Grant. Le chat lui donna quelques coups de langue et voyant que Grant ne prenait pas offuscation de sa présence, s'installa, bien en rond, juste entre son oreiller et sa nuque.

« Oh, je ne vous ai pas dit ? Il a sauvé la vie de Grant.»

Rodney regarda John comme si c'était lui qui avait besoin d'Halopéridol afin de traiter une sévère psychose. John leva les yeux au ciel.

« Le conducteur du van, celui qui est mort, il avait le visage littéralement couvert de griffures … Saliéri a du lui sauter dessus et il a perdu le contrôle du véhicule. »

Rodney se passa la main sur le front.

« Colonel, est-ce que vous pouvez me dire ce que mon chat faisait dans ce van ? »

« Euh, Grant pensait qu'il avait envie de sortir un peu. Il l'avait emmené avec lui … »

« Vous voulez dire que vous avez fait les courses avec un chat dans les bras ? »

« Pas tout à fait non. Il était dans le cardigan de Grant. »

« Oui, bien sûr, suis-je bête ! Vous venez bien de le sortir de votre veste … »

« Peu importe … ce chat est un héros ! »

Silence. Huhu, pas bon signe, normalement McKay aurait du lui dire qu'évidemment c'était le cas vu que c'était un chat et pas un de ses affreux machins de race canine et que c'était le sien et que le chat d'un génie ne pouvait avoir que des idées de génie, etc. Sauf que là rien. Rien sauf un silence un peu pesant.

« Rodney … vous ne pouviez pas savoir que quelque chose comme ça allait arriver. »

« Non, évidemment Colonel ! » cria Rodney, s'emportant brusquement. « Après tout, je ne savais même pas que j'avais un frère alors savoir qu'il pouvait être enlevé par d'anciens clients de cette banque --»

John l'interrompit brutalement.

« Du Trust. »

Rodney cligna des yeux.

« Pardon ? »

John soupira.

« Les trois types ont été identifiés. Ce sont d'anciens agents du NID. Rodney, il y afort à parier que ce n'est pas Grant que ces gens voulaient mais --»

« … moi » balbutia Rodney. « Oh Mon Dieu ! C'est moi qui --»

« Oui, et s'il y a des fautifs dans tout ça, c'est le SGC et … et moi aussi, j'aurais du être plus prudent, j'ai relâché ma garde et --»

Rodney lâcha un petit rire.

« Et quoi Colonel, nous sommes sur Terre pas en mission, même le Capitaine Kirk prenait un peu de repos avec son équipage que je sache ! Le Trust … je croyais qu'il avait été démantelé … »

John soupira.

« C'était ce que pensait aussi Landry mais il semblerait que la menace Ori favorise les ambitions de Goaould's appartenant à des castes inférieures. Chacun veut un morceau du gâteau et avoir à sa disposition un expert de la technologie non seulement Ancienne mais aussi Wraith peut s'avérer un plus. »

« Mais le Trust était entre les mains de Baal, non ? »

« Oui, ce qu'il en reste s'est, disons, mis à la disposition du plus offrant … »

« QUOI ! Ils allaient me … me mettre aux enchères comme … comme une vulgaire pièce de viande ! »

« Yep, mais hey, c'aurait été des enchères grand luxe, EBAY version Goaoul'd … »

John avait voulu faire de l'humour mais tomba à plat. Rodney regardait Grant.

« Ils l'auraient tué n'est-ce pas … dès qu'ils auraient découvert leur erreur. »

« Je ne sais pas Rodney, peut-être … et peut-être pas. Grant est un --»

« Un génie, oui, je sais. »

Rodney poussa un soupir et se leva. Il se planta devant la fenêtre de la chambre et tira le rideau. Le soleil brillait, le ciel était bleu. Superbe journée d'automne, superbe vraiment …

Rodney se tourna vers Sheppard.

« Je … qu'est-ce que je vais faire ? Grant … Et Oh Mon Dieu ! Jeannie ! C'est une cible elle aussi ! »

John n'avait jamais vu Rodney dans un tel état de détresse. Il se leva à son tour et le rejoignit près de la fenêtre.

« Rodney, nous trouverons une solution … ensemble. »

Rodney sembla se calmer et se rassit près de son frère.

« Oui. Ensemble … »

Fin … Devinez quelle va être LA solution ? Bon, il y aura une suite mais j'ai déjà un peu beaucoup de fics sur le feu, donc il faudra attendre les vacances de noël.

(7) Et oui, Meredith est le prénom de McKay, Rodney n'étant que son second prénom. Jeannie l'appelle Mer (faut voir la tête de Carter la première fois qu'elle fait ça LOL).

(8) Plus connu sous le nom de Valium, le diazépam est un médicament de la famille des benzodiazépines. Les benzodiazépines sont une classe de médicaments aux propriétés hypnotiques, anxiolytiques, antiépileptiques, amnésiantes et myorelaxantes (ça c'est le Trétrazepam ou mon ami le Myolastan !!!! Ca vous rend tout bizarre ce truc …).

(9) Et hop on continue dans la série médicale (c'est Sacshka qui va être contente !) : l'Halopéridol est un antipsychotique prescrit notamment pour le contrôle des symptômes des psychoses aiguës, de la schizophrénie aiguë et de l'hyperactivité. Dans la saison 4, notre Grant pète un câble et un gentil monsieur en blouse blanche lui prescrit de l'Halopéridol (qu'il prend lorsqu'il y pense …).

(10) Bande de petites perverses, je sais très bien à quoi vous penser mais NON, ceci est une fic GEN pas SLASH (Na !).