LA VOIE DES NOMBRES

TOME I


I

Les dix coups de la peur

" Savoir que l'on sait ce que l'on sait, et savoir que l'on ne sait pas ce que l'on ne sait pas: voilà la véritable intelligence "

Confucius


15 mars 2014

ooooo

-Agent Isabella Swan, à l'appareil. Matricule 1307. On vient de retrouver un corps au croisement de Riverside et Broadway. J'ai besoin de renfort.

L'agent Swan jeta un coup d'œil distrait à son coéquipier, penché sur ledit corps, en train de le photographier méticuleusement, se concentrant sur les blessures les plus visibles. Il mitraillait comme un fanatique de mode, totalement absorbé par l'objet de son attention. Les images chocs, il ne les boudaient pas. La jeune femme ne le savait que trop bien, au vu des photos dérangeantes stockées un peu partout chez lui comme chez elle.

Bella finit par ranger son téléphone dans sa veste en cuir, et rejoignit son coéquipier, s'accroupissant près de lui sans mot dire, les mains croisées sur ses genoux. L'herbe où se trouvait le corps était immaculé de tache de sang. Bella conclut très vite que la mise à mort s'était faite ailleurs – c'était prévisible - d'autant que le corps était parfaitement droit, oubliant tout de suite l'hypothèse que l'homme soit tombé mort à cet endroit, les membres passablement désarticulés. En fait, la jeune femme trouvait plutôt que cela ressemblait à une mise en scène morbide et malsaine. Comme toutes celles qu'elle avait découvertes avant elle... Le corps avait été placé près d'un sentier de promeneurs, le laissant choir dans l'herbe fraîchement coupée, à la vue des passants. Sa parfaite immobilité, imitant une statue de marbre renversée sur le sol, prouvait une volonté superficielle. Tout dans la posture du corps montrait une mise en scène parfaitement orchestrée. Si bien que, d'un œil innocent, le corps passait aisément pour statue de cire, en omettant évidemment le teint livide, les lèvres bleues et la blessure au front, suite à une balle à bout portant. Et les yeux, toujours grand ouvert, fixant le ciel sous son voile blanc. En se penchant, Bella put ainsi en déduire allègrement que le délai post mortem était d'au moins huit heures, au vu de la perte de transparence des cornées, des lividités constantes et de sa rigidité au touché.

Bien que profiler dans le département des sciences du comportement au FBI, l'attention assidue qu'elle avait portée aux cours médico-légal l'avait aidée plus que de raison dans ses observations, étant ainsi quelquefois plus rapide que les légistes eux-mêmes, ralenti par toutes leurs paperasses et protocoles juridictionnelles.

Isabella Swan ne faisait jamais dans l'attente. Tout devait être clair dans la seconde. L'attente lui était totalement inconnue.

-Arrête de me regarder comme ça, Bella, soupira son coéquipier en photographiant de plus près la blessure que la balle avait causée à la tête – toujours la même depuis dix mois. Tu sais très bien que quand les autres vont se pointer, on aura plus l'accès au corps. Ils vont débarquer et saccager la scène de crime, nous renvoyant avec une bonne tape dans le dos, d'un air de dire «Bon boulot ! On s'occupe du reste». Alors ne vient pas me critiquer avec ces photos. Je compte bien trouver le meurtrier de mon côté, avant Mike Newton. Parce que tu sais quoi, je veux ma putain de vengeance ! Ce n'est pas lui qui m'en empêchera.

L'agent Swan ne fit que sourire tristement en regardant son coéquipier s'énerver contre leur chef, s'emportant toujours plus que nécessaire, bien que pour cette fois, ce soit entièrement justifier.

-En attendant, Newton fait ce qu'il peut et te paie chaque mois. Alors s'il te plaît Jake, ne fait pas le con, cette fois. Tu es un bon agent, pas un de ces justiciers qui crie vengeance ! Tu dois respecter les...

-Rien à faire, Bella ! Si tu veux pas m'aider, pensant que ce n'est pas notre rôle, retourne au bureau avec ta paperasse. Moi, je veux élucider cette enquête, merde ! Ça fait dix mois que Newton tourne en rond, passant d'une hypothèse à une autre sans concrétiser réellement. Mais tu vois, en attendant, l'assassin court toujours, et aujourd'hui, on retrouve le dixième corps en dix mois. Car ne te voile pas la face, Bella, on parle bien de lui, de ce meurtrier-là, tuant déjà dix hommes de la même manière: une balle dans la tête, puis laisser à la vue de tous, en plein parc.

-La vengeance ne fera pas revenir ton père, Jake, le prévint la jeune femme en parlant doucement. Tu récolteras seulement une mise à pied, voire pire. Et je n'ai pas besoin de ça, en ce moment. J'ai besoin de toi. Du bon agent. Pas du justicier.

L'agent Swan passa une main sur l'épaule de son coéquipier d'un geste réconfortant, se relevant ensuite à l'entente des gyrophares. Deux voitures déboulèrent alors, les gyrophares bruyants, faisant obstacle aux badauds inquisiteurs et nombreux. Les lettres NYPD peintes en bleu reposaient sur l'une des voitures, les lettres FBI en jaune sur l'autre. Preuve que pour le moment, personne ne pouvait conclure à la thèse du sérial killer.

Leur chef – Mike Newton, un homme d'une cinquantaine d'années aussi arrogant et vil que tout homme se croyant supérieur par son insigne - descendit lentement de la voiture, des lunettes d'aviateur sur le nez, un café dans une main, se dirigeant vers les deux agents postés près du corps, ce dernier ayant été désormais recouvert d'une bâche. Sa mine sévère et ses lèvres pincées, en contradiction avec sa boisson chaude dans la main, montraient bien la gravité de la journée.

Aujourd'hui sonnait le 15 mars 2014. Date aléatoire pour certains, date significative pour d'autres. Pour le FBI, c'était la date d'un nouveau meurtre; le dixième. Comme tous les mois.

-J'espérais vraiment ne pas trouver de corps, cette fois, se résigna Mike en retirant ses lunettes d'aviateur. Tout concorde ?

-Même blessure, même position, même type de lieu, énuméra Jacob Black en évitant les yeux de son chef. Et nous sommes le 15 du mois. J'ai bien peur que le tueur a encore frappée. Sans surprise.

-Bien, bien, marmonna Newton en se massant une joue rugueuse. Bon boulot à vous deux, finit-il en frappant gentiment l'épaule de l'agent Swan avant de s'éloigner.

Bella coula un regard inquisiteur vers son coéquipier, qui pour ce dernier, la regardait avec un rictus aux lèvres, l'air de dire «Je te l'avais bien dit». La jeune femme ria légèrement face à son air badin.

-Nous n'avons pas touché à la disposition du corps, chef, dit-elle avec professionnalisme en rejoignant Newton. La victime a été retrouvée ainsi ce matin par un joggeur, aux alentours de six heures. Aucun témoin pour le moment. Le corps ne possédait rien d'autre que ses vêtements. Aucun papier ni téléphone. Il me semble que...

-Je vois ça, je vois ça, fit son chef d'un air distrait. Très bon boulot, Swan. On va s'occuper du reste, maintenant.

Newton la renvoya rapidement d'un geste de la main, s'entretenant déjà avec les agents chargés de l'enquête. Plus âgés, plus expérimentés, plus entraînés... Bella se répétait sans cesse ces trois caractéristiques, se rassurant. Après tout, elle n'était agent que depuis deux ans. Une Bleu parmi ses collègues. L'évidence même de ne pas obtenir l'enquête... Le légiste commençait déjà à déplacer le corps, prendre d'éventuels indices et photographier la scène de crime.

La jeune femme, ayant l'habitude qu'on la renvoie après service rendu, alla alors rejoindre sans un mot son coéquipier, qui l'attendait à la voiture – une Chevrolet Impala - les bras croiser sur sa veste en cuir noire et un regard assassin dirigé sur leur chef. Bella leva la main pour l'avertir qu'elle ne voulait pas en parler et s'installa dans la voiture, côté passager. Elle soupira avant de mettre ses pieds sur le tableau de bord. Son coéquipier s'installa à son tour, mais ne démarra pas. Il tourna plutôt un regard vers la jeune femme, qui se contentait de l'ignorer en regardant dehors.

-Putain, Bella, tu fait quoi, là ?! Tu m'expliques ? Cria-t-il en frappant le volant de ses poings.

-Excuse-moi ? S'emporta-t-elle en sursautant violemment.

-Mais merde, Newton te traite comme de la merde et tu ne dis rien ! Tu dis ce que tu as à dire et tu te laisses renvoyer.

-Je sais où est ma place, Jake, gronda-t-elle en attachant sa ceinture avec violence. Si mon chef ne veut pas m'écouter, c'est son droit. Tu semble oublier le concept de la hiérarchie ! Et un autre petit détail, mais bien important tout de même ; on est des Bleus !

-Non, non, non, répliqua Jacob en démarrant la voiture avec rage, faisant crisser les pneus en avançant rapidement dans la circulation de Manhattan. On a déjà fait nos preuves, avec l'affaire de Chicago. On est plus des débutants !

-Jake... l'affaire a été un fiasco.

-Mais au final, on a trouvé le coupable, non ? C'est ce qui compte, finalement !

-Oh, tu m'énerves ! Arrête de rêver, Jake. Newton ne nous donnera jamais l'enquête et tu le sais parfaitement ! Il ne veut pas. C'est une affaire trop compliquer et trop importante. De toute façon, tu veux simplement l'avoir par pure vengeance. Peut-être que le meurtrier n'est pas celui que toi, tu recherches ! Tu y as pensé, un petit peu ?

-Quoi ? S'exclama-t-il en plissant les yeux. Mais merde ! Mon père a été tué un 15 du mois. Comme tous les autres. Et tué d'une balle dans la tête. Et retrouver dans un lieu public... En quoi je me trompe, dans le diagnostic, hum ?

-Écoute, tenta de le calmer la jeune femme, se tournant vers lui pour le regarder tandis qu'il fixait la route avec virulence, la mâchoire serré. Je comprends que tu veut à tout prix retrouver l'assassin de ton père mais...

-La dernière fois que je l'ai vu, marmonna durement Jacob, mon père était sur l'enquête concernant le Dramaturge, ce même type qui a tué aujourd'hui. Et ensuite, on le retrouve mort parce qu'il en savait trop ! Mort de la même façon que les autres ! Alors excuse-moi Bella, mais je ne crois pas aux coïncidences. Pas dans mon métier.

Les deux agents ne dirent plus rien pendant tout le reste du trajet. La jeune femme se contenta de regarder défiler Manhattan sous ses yeux, un peu déprimer par ce début de journée. Ce n'était pas la première fois qu'ils se disputaient à ce sujet, après tout. Bella connaissait Jacob depuis son arrivée au FBI, il y a de ça deux ans. Mais elle avait pensé que malgré leurs caractères très opposés, ils finiraient par mettre de coté leurs passés respectifs pour travailler de manière efficace. Or Jacob Black avait l'instinct du justicier, Bella l'instinct de droiture. C'était alors surprenant qu'ils restent coéquipiers et complices.

ooooo

Quand midi sonna enfin, Bella se leva avec joie de son bureau, ayant passé toute la matinée en dehors de la découverte du corps, à faire des paperasses inutiles et ennuyeuses. Elle profita donc de sa pause pour aller se défouler dehors, dans Central Park. Jacob lui demanda si elle voulait de la compagnie pour aller courir, toujours assis à son bureau en face du sien, les pieds sur la table, un café dans la main. Mais la jeune femme fit non de la tête gentiment, attrapant son sac de sport sous son bureau et déposant son holster avec son arme dans un tiroir, accompagnée de sa plaque.

-Je garde mon téléphone, si tu as besoin de moi, l'averti-elle en partant.

Jacob leva son café en signe d'accord, lui indiquant de l'autre bras sa montre, lui signifiant qu'elle n'avait qu'une heure de pause. Elle s'engouffra alors dans les toilettes pour se changer, mettant un leggins noir accompagné d'un débardeur rose vif et d'un brassard pour y glisser son ipod blanc.

Son lieu de prédilection pour courir était Central Park, notamment avec la piste de West Drive, qui lui permettait ainsi de parcourir pas moins de deux kilomètres dans un cadre naturelle et magnifique. Bella s'y rendait très souvent pour réfléchir, s'entraîner ou simplement se changer les idées. Le coin étant très fréquenté par les sportifs, les touristes et les enfants, elle pouvait alors en même temps veiller sur les citoyens sans que personne ne sache qui elle était. Et elle adorait cela. Ainsi, elle surveillait les enfants de personnes mal attentionnées, comme ce fut le cas un jour, où un homme avait tenté d'enlever un petit. La jeune femme avait alors réagi immédiatement pour le mettre à terre. Ce fut la seule fois que son chef la félicita. Mais Bella s'en était pas formalisé. Si elle était flic, ce n'était pas pour recevoir des remerciements. Mais pour aider et faire respecter la loi. Rien d'autre ne comptait à ses yeux. C'était après tout son père qui l'avait guidé dans cette voie, l'éduquant avec des principes d'honneurs et de vérités. Depuis, elle en avait fait à son tour son métier.

Bella se mit alors à courir, ayant attaché ses cheveux en une queue-de-cheval haute, mettant ses écouteurs et choisissant une musique dynamique.

Après plus de trente minutes de courses sans s'être accordée une seule pause, elle commença à ralentir sa course pour rejoindre un banc reculé de la piste, dans un lieu bien ombragé et entouré d'arbres et de fleurs multicolores. Elle voulait s'y asseoir quelques minutes pour souffler, enlevant ses écouteurs pour profiter du chant des oiseaux. Sauf qu'un bruit rauque l'interrompit dans ses mouvements, la faisant se retourner brusquement. Non loin de là, appuyer contre un arbre, un homme s'y trouvait, penché en deux contre le tronc, la respiration saccadée et sifflante. Bella s'approcha de lui immédiatement, reconnaissant ce son entre tous.

-Vous n'avez pas votre ventoline, Monsieur ? Demanda-t-elle doucement en se penchant sur lui.

L'homme devant elle se redressa brusquement, lui lançant un regard noir.

Bella en resta bouche bée. C'était de loin le plus bel homme qui lui était donné de voir, et pourtant, Dieu seul sait que son coéquipier était pas mal du tout. Sauf que là, cet homme passait dans une catégorie bien supérieure ; il était très grand, tout en muscles, la peau pâle et des cheveux virant aux roux. Mais Bella succomba surtout à ses yeux verts intenses, qui lui firent soudain monter la température. Son visage était lisse, la mâchoire carrée, incroyablement beau et viril. La jeune femme voyait tout de suite en lui un homme fort et dominateur, sûr de lui et de sa beauté. Et bien qu'il soit dans une mauvaise posture à cause de son asthme, Bella ne le trouva que plus sexy... Mais le charme se rompit au moment où l'homme ouvrit la bouche.

-Qu'est-ce que ça peut vous foutre ! Gronda-t-il en retour, le ton sec. De quoi je me mêle !

-Hé ! Je ne veux que vous aider ! S'indigna Bella en faisant un pas en arrière. Vous êtes de toute évidence sur le point de faire une grosse crise et je...

-Mais merde ! Rien à foutre, de votre aide ! Cria-t-il en se redressant face à elle, le souffle court et le visage rouge. À moins que vous ayez ce don j'ai besoin, dégager !

L'homme recommença à suffoquer, se crispant douloureusement en deux. Il la foudroya alors du regard, constatant qu'elle ne partait pas, serrant la mâchoire. Il écarquilla ensuite les yeux quand il la vit glisser sa main dans sa poitrine, ressortant de ses seins... une ventoline. L'homme éclata alors de rire, accroupi désormais devant elle. La jeune femme lui tendit alors l'appareil, l'ayant au préalable essuyé sur son débardeur à cause de sa sueur corporelle.

-Putain, vous sortez d'où, vous ? Ria-t-il pour lui-même, acceptant de très mauvaise grâce la ventoline qu'elle lui tendait toujours. Vous cachez d'autres trucs comme ça, entre vos seins ?

Il prit deux bouffées, respirant alors normalement, renversant la tête en arrière pour prendre de profonde inspiration. La jeune femme le trouva encore plus sexy, bien que très grossier et vulgaire.

-Vous allez mieux ?

-Putain, ouais ! S'exclama-t-il.

-Ce n'était vraiment pas prudent de sortir sans votre appareil, vous savez ! Rouspéta-t-elle. Si je n'avais pas été là...

-Mais vous allez pas m'emmerder encore, avec ça ! Ce n'est pas mon putain d'asthme qui va me tuer, croyez-moi. Et puis, je n'avais pas besoin de vous !

-Vous êtes vraiment grossier, vous savez ! Un merci vous arracherait la bouche ? Non mais je rêve, là !

-J'avais dit de dégager ! Alors votre merci, vous pouvez vous le mettre où je pense. Je n'ai pas besoin qu'une gamine haute comme trois pommes viennent me faire chier !

Bella ouvrit la bouche pour parler, folle de rage qu'il la traite de petite gamine alors qu'elle venait probablement de lui sauver la vie. Mais l'homme devant elle se relevait déjà, la surplombant alors de deux têtes. Il était très intimidant, pour un civil. Même elle en était consciente.

-Je vous ai sauvé la vie, dit-elle alors avec calme, ne baissant pas les yeux devant lui alors qu'il n'attendait que ça. Et j'ai vingt-cinq ans, crétin ! Et la gamine, comme vous dites, peut vous mettre à terre dans la seconde et vous privez de votre deuxième cerveau, alors ne me cherchez pas !

L'homme explosa de rire sous la menace, se moquant d'elle royalement alors que Bella serra la mâchoire face à son manque de respect. Bien que très sexy, la jeune femme finit par comprendre que c'était avant tout un vrai connard. Un connard très sexy, mais un connard tout de même.

-Si vous comptiez me faire rire, félicitations ! Reprit alors l'homme, se cantonnant soudain une expression sérieuse. Mais vous ne pourrez mettre en action aucunes de vos menaces. Donc si j'étais vous, je dégagerais, maintenant, avant que je me mette vraiment en colère !

Son ton n'était plus à la rigolade. Il était désormais cinglant et menaçant, la faisant blêmir malgré elle. L'homme émit un rictus en la voyant trembler, lui tendant ensuite sa ventoline. Bella ne le quitta pas du regard, reprenant l'objet lentement, frémissant au contact de ses mains. Un courant électrique la traversa dans tout le corps, la rendant désormais muette. L'homme face à elle frémi aussi, mais se contenta de lui tendre un regard encore plus effrayant, faisant ensuite demi-tour pour disparaître.

Bella resta encore de longues minutes immobile, tétanisée par ce qu'elle venait de ressentir en le touchant.


ooooo

Les personnages appartiennent à S. Meyer

Le choix du rating M se justifiera plus tard

Bonne lecture !