LA VOIE DES NOMBRES

TOME I


VII

Un allié inapproprié

« Un auteur doit être dans un livre comme la police dans la ville: partout et nulle part. »

Edmond et Jules de Goncourt


OOOOO

Un verre de bourbon glacé à la main, Edward Cullen se frottait distraitement la lèvre inférieure de son index, buvant par la suite une gorgée d'alcool avant de reprendre la feuille sous ses yeux, ayant déjà passé plus de quatre heures dessus. Mais quelque chose le fascinait dans ses quelques informations. Le document qu'il tenait de trois doigts en la faisant tenir à la verticale lui avait été octroyer par son ami Jasper Hall, un spécialiste pour trouver des informations personnelles et confidentielles. Le document ci-joint disait ceci :

Identité de la personne demandée :

Isabella Marie Swan, 25 ans

Date de naissance : 13 Septembre 1989

Adresse complète : comté de Riley, État de Kansas, New York

1452 Poyntz Ave Madisson, Manhattan, KS 66502

Téléphone portable : 567 371 2943

Compte bancaire : Bankamerica International Foreign Currency, Mahantan, KS

N° de compte : 248964, créditeur $ 571,09

Profession : profiler au BAU, FBI, Manhattan, KS

Études antérieures : Licence en psychologie et criminologie

Relation amoureuse: inconnu

Autre relation : Jacob Abraham Black

Père : Charlie Swan

Date de naissance : 16 Août 1964

Profession : Directeur FBI du comté de Riley

Mère : Renée Swan

Date de naissance : 12 janvier 1968

Date de décès : 24 mars 1996

Profession : Artiste peintre / portraitiste

..

Identité de la personne demandée :

Jacob Abraham Black, 25 ans

Date de naissance : 14 janvier 1989

Adresse complète : comté de Riley, État de Kansas, New York

York Av/E 91 St, Manhattan, KS 66502

Téléphone portable : 468 738 1860

Compte bancaire : Chase Bank, Mahantan, KS

N° de compte : 731980, créditeur $ 1520,41

Profession : profiler au BAU, FBI, Manhattan, KS

Études antérieures : Licence en psychologie et criminologie

Relation amoureuse: inconnu

Autre relation : Isabella Marie Swan

Père : Billy Abraham Black

Date de naissance : 26 juillet 1961

Date de décès : 15 juin 2013

Profession : agent FBI du comté de Riley

Mère : Sarah Black

Date de naissance : 30 janvier 1965

Date de décès : 1 Décembre 2005

Profession : agent FBI du comté de Riley

Sœurs : Rachel et Rebecca Black

Profession : Mécaniciennes, York Av/E 91 St, Manhattan, KS 66502

..

Edward lisait et relisait ces quelques informations depuis des heures, accoudé à son bureau de travail en bois de chêne massif, la pièce éclairée seulement grâce à une lampe poser sur le bureau. Ainsi de dos, la fumée de sa cigarette s'envolant par-dessus ses épaules, le jeune homme donnait une allure peu amène à la conversation. Son Beretta 92 poser près de lui confirmait le danger de le déranger.

Si ces quelques informations l'intéressaient, ce n'était pas par pure curiosité. Edward avait une mission et devait être menée à bien. Toute information successible de servir ne devait donc pas être évitée. Après tout... le danger était toujours là où on ne l'attendait pas, et le jeune homme ne voulait absolument pas être devancé.

L'enquête piétinait et on avait fait appel à lui. À lui désormais de débusquer un suspect.

Tirant sa dernière bouffée de cigarette, Edward plaqua la feuille sur le bureau avant de se lever lentement, écrasant par la même occasion son mégot dans le cendrier. Ses gestes mesurés et calmes ne pouvait tromper : à l'intérieur, la colère faisait rage.

Comment n'avait-il pas flairé le coup avant !? Putain, il s'était bien fait avoir !

New York n'était probablement pas assez grand, tout compte fait.

Après tout, quelles étaient les chances pour tomber sur cette femme ? Cette gamine tout droit sortit d'école qui l'exaspérait au plus au point ! Isabella Swan, évidemment !

Une Swan, en plus ! Juste la fille unique du directeur du FBI ! Et fallait que ça tombe sur lui. Comme par hasard ! Le destin se foutait bien de lui, parfois.

Dire qu'il ne comprenait pas pourquoi elle l'avait tout de suite attiré ! Maintenant que les choses étaient claires, Edward se rendait bien compte que son attirance pour le danger dépassait de loin son travail ; les relations humaines s'y mettaient, désormais. Et avec la fille de Charlie Swan ! Du suicide pur et dur.

Malgré lui, Edward éprouvait une étrange attirance pour cette fille. Et ceux, depuis leur première rencontrent. Il s'était dit que ce n'était que physique, que ça lui passerait. Mais non, ça n'était pas passé. Et il s'était senti obliger de l'invité à dîner ! Un véritable fiasco, d'ailleurs. Mais ça, ça ne l'étonnait guère. Sa relation avec les femmes s'était toujours mal passée.

Edward n'était pas un romantique, encore moins quelqu'un de gentil ou d'attentionner, comme le recherchaient les femmes. Et son passé avec l'une d'entre-elles expliquait sûrement sa rancœur pour le sexe opposé.

Mais c'était comme ça. Il était macho, brutal, autoritaire. Ça ne changerait pas. Même pour la fille Swan. Et surtout pas pour elle.

Edward sourit à cette réflexion, accrochant rapidement son holster avec son Beretta 92 sur son flanc gauche. Il mit ensuite sa veste en cuir noire sur son t-shirt blanc et quitta son bureau, refermant soigneusement à clé derrière lui.

-Oh ! Si tu sors, Eddy, ramène du vin ! On n'a plus rien à la cave et je n'ai rien à servir demain soir. Tu penses que du rosé serait bien pour accompagner mon agneau aux carottes ?

-J'ai la tête d'un œnologue, peut-être ? Je n'en sais rien, moi ! Fulmina le jeune homme en passant à coté de sa sœur pour sortir.

-Mais enfin, tu bois du Rothschild ! Bien sûr que tu t'y connais en vin ! S'écria sa sœur en le retenant par le bras avec brusquerie. Allez, s'il te plaît !

-C'est encore le même, je parie ? Comment il s'appelle, déjà, Emric ?

-Emmett ! Eh oui, c'est le même ! Et le dernier. Emmett McCarty est l'homme de ma vie, je le pressent.

-Ouais, on en reparlera quand il t'aura sauté une bonne fois pour toutes. Après ça, tu peux être sûr de retrouver simplement un mot sur l'oreiller... et encore, je suis optimiste.

-Tu es simplement jaloux ! Claironna-t-elle en le fusillant du regard. J'ai quelqu'un dans ma vie, au moins. Toi, il n'y a que ton travail qui compte ! Bouges-toi, Edward ! Où sinon, tu vas te retrouver à trente-cinq ans sans personnes ! Et faudra pas venir pleurer chez moi. Car je te préviens, un jour ou l'autre, tu vivras seul.

-Merci, Rose, pour ta sollicitude. Et pour ta gouverne, je me bouge. Je vais où, à ton avis ! Je sors, ce soir, si tu veux tout savoir.

Sa sœur arqua un sourcil, peu impressionné par les dires de son frère. Il faut dire qu'elle avait tellement l'habitude, aussi, qu'il trouve ce genre d'excuse pour en fait, aller bosser. Elle ne comprenait même pas pourquoi il était si secret dans son travail. Il était tellement renfermé !

-Tu sors voir une fille. Toi ? S'exclama Rosalie en croissant les bras, l'air suspicieuse. Comment elle s'appelle ?

-Isabella Swan.

-Attends... C'est vrai, alors ? Tu vois une fille ? Oh mon Dieu ! Il faut absolument que je prévienne Alice.

Edward grimaça face à l'exaltation de sa sœur, soudain très pressé de s'enfuir au plus vite de cette maison. Mais sa sœur fut déjà sur lui, criant plus que de raison son enthousiasme sur la fille qu'il allait voir ce soir.

-Elle est comment ? Elle fait quoi, dans la vie ? Elle est gentille ? Elle supporte ton caractère ? Elle t'aime bien ? Tu l'as vu combien de fois ? Tu l'as rencontré où ? Vous vous êtes embrassé ? Vous l'avez fait ? C'est ta petite amie ? Mais pourquoi tu nous n'as rien dit ? Oh maman va tellement être heureuse !

-Quoi ? S'écria Edward en la coupant brusquement dans ses interrogations, les yeux écarquillés d'horreur. Il n'est pas question que maman sache, Rose ! Je t'interdis de lui en parler, OK ? Pas même à Alice, ni à Papa. Personne. Putain, c'est juste... rien. Elle n'est rien. Alors ne t'emballe pas, OK ! C'est pour mon travail. Elle fait partie de mon travail, rien d'autre.

-C'est une fille que tu dois interroger ? C'est comme ça que tu l'as rencontré ?

-À Central Park. Je l'ai rencontré là-bas, grommela-t-il de mauvaise humeur, la main déjà sur la poignée de la porte, prêt à l'actionner. Avant qu'on me refile une enquête où elle est présente. Mais va rien t'imaginer, cette fille est une peste.

-Ouais, c'est ça ! Rigola sa sœur. Dit plutôt qu'elle t'attire et ça t'énerve ! C'est bien la première. Elle doit être très spéciale. Faut absolument que tu l'emmènes à la maison. Alice et moi voudrons absolument la connaître.

-Mais putain, Rosalie ! S'énerva Edward en ouvrant la porte violemment. Je l'ai vue à peine une soirée ! Je l'ai invité au restaurant car elle voulait que je m'excuse pour une connerie, et elle s'est barré ! Fin de l'histoire. il n'y a rien de sérieux là-dedans, tu peux en être sûr. De toute manière, c'est même pas mon genre. Mais je suis obligé de la revoir, alors...

-Laisse-moi deviner : petite brune innocente ? Demanda Rosalie en levant les yeux au ciel. Elle ressemble forcément à ça, Edward. C'est toujours ce que tu préfères. Mais tu n'as pas intérêt à jouer le macho ! On connaît très bien ton côté sombre, et il craint grave. Alors soit gentil comme un agneau et elle te tombera dans les bras. Sinon, elle partira en courant.

Edward fixa sa sœur sans mot dire, crisper et les dents serrées. Rosalie comprit immédiatement la situation.

-Tu as été méchant avec elle, dit-elle d'un ton morne, soupirant face au comportement de son frère. Alors n'espère pas qu'elle veuille te revoir après ton petit numéro de dominant. C'est mort, là. Ta belle gueule d'ange n'y changera rien. Faut vraiment que tu te calmes, là-dessus, Edward ! Toutes les femmes ne sont pas profiteuse et psychopathe ! Regarde moi !

-C'est pas un bon exemple, soupira-t-il faussement.

Sa sœur tourna les talons pour rejoindre la cuisine, lançant un dernier regard noir à Edward. Ce dernier pinça les lèvres, pas du tout touché par les paroles de sa sœur. Après tout, il faisait bien ce qu'il voulait, avec qui il voulait !

-N'oublie pas mon vin ! Hurla Rosalie tandis qu'il refermait la porte derrière lui, presser de partir au plus vite de cette maison de fous.

-Compte là-dessus ! murmura-t-il.

..

6 avril 2014

..

Cela faisait maintenant deux semaines que le désastreux mais si intéressant rendez-vous était passé. Deux semaines qu'Edward ne pensait plus qu'à ça. Il ne comprenait vraiment pas ce qui l'attirait chez elle, finalement. Elle était trop petite, trop pâle, trop menue, trop enfantine... Il avait l'impressionnant d'avoir une mineure devant lui. C'était vraiment dérangeant. D'autant qu'elle était, en plus de tous ces défauts, très énervante !

Quoi qu'il en soit, Edward était obnubilé par cette jeune femme, autant par son travail qui l'exigeait, que part sa fascination personnelle. Il se donnait l'effet d'un maniaque du contrôle, mais il était vrai qu'il la suivait où qu'elle allait, à n'importe quelle heure de la journée. Sa mission l'y obligeait, mais malgré lui, une partie de son inconscience s'y plaisait.

Sans doute car il avait l'impression d'entretenir une sorte de relation très complice avec la fille. Qui sait !

Un jour, il l'avait suivi à Central Park en ayant la ferme intention de lui reparler pour comprendre pourquoi elle s'était enfui du restaurant. Mais il avait fallu que son coéquipier – Jacob Black - débarque, lui tenant compagnie. Edward était alors entrée dans une colère noire. Il n'avait pas compris sa réaction.

Ensuite, il avait compris que tous les samedis, Isabella et son coéquipier sortaient le soir dans un café faisant office de bar de nuit, ce dernier l'entraînant sûrement de force dans des fêtes qu'elle ne semblait pas tellement apprécier.

Alors samedi arriva, et Edward se pressa donc de se rendre au Mystique Alice, qui n'était autre que le café de sa plus jeune sœur, Alice Cullen. Edward étira d'ailleurs un sourire ironique en entrant dans le café, se disant que parfois, le monde était vraiment tout petit. Trop, peut-être.

-Bonsoir, Alice, la salua-t-il en s'installant au bar, la salle étant encore presque vide pour le moment.

-Ne soit pas si guindé, grand frère ! Rouspéta sa jeune sœur en rangeant des verres derrière elle. Ça me fait plaisir que tu viennes. Si j'avais su, j'aurai appelé Jasper ! Il ne me croirait pas si je lui disais que tu es là. Tu es tellement occupé par ton travail que c'est étonnant que tu viennes là. Pourquoi, d'ailleurs ?

Alice était encore plus petite qu'Isabella. Ce fait le frappa immédiatement. Edward gronda.

-C'est si étonnant de vouloir voir ma petite sœur travailler ? Grogna-t-il d'un air renfrogné.

-Honnêtement... oui. Tu n'étais même pas là quand j'ai fait l'ouverture ! Papa et Maman avaient pris le temps de venir, eux !

-Alice, tu sais que mon travail m'accapare tout le temps...

-Bas non, justement ! Je ne sais pas ! Tu n'en parle jamais. À croire que la CIA est un réseau top secret ou quelque chose comme ça.

-Tu veux peut-être que je te raconte les malades qui défile dans mon service ? Crois-moi, Alice, tu n'en dormirait pas.

-Oh arrête ! Je regarde assez de séries policières ! Bon allez, bois un coup, ça te décoincera... eh non, je n'ai aucun mouton Rothschild ou quoique ce soit d'aussi cher. Votre majesté, faudra se contenter d'une bonne bière et d'un cocktail.

Edward soupira d'exaspération avant de s'enterrer au fond du café, sous le regard peu amène de sa sœur. Il allait maintenant devoir attendre sagement la fille, se renfermant à nouveau sous son masque ténébreux.

OOOOO

L'agent Black ne voyait pas l'intérêt de sortir dans ce bar si ce n'était que pour regarder. Car Bella le savait très bien; Jacob adorait boire lors des soirées. Ce qui n'était pas du tout son cas. L'alcool la rebutant plus qu'autre chose, elle se contentait de juste s'asseoir avec ses collègues, danser quelques fois et simplement participer à la conversation. Son ami avait tant bien que mal essayé de lui faire comprendre, que, avec modération, elle pouvait parfaitement boire sans craindre le moindre risque. Mais comme toujours, Bella recrachait ce que Jacob lui proposait, trouvant toujours la boisson trop forte et vraiment dégoûtante. Vodka, whisky, bière... rien ne passait. Bella préférait de loin un bon coca, bien que là encore, l'acidité de la boisson la fît reculer plus d'une fois.

Oui, Isabella Swan n'était pas une marrante pour beaucoup de monde. Et elle l'assumait, se prétendant ainsi unique en son genre.

Ainsi, samedi soir, quand Jacob traîna de force sa coéquipière dans le café qu'elle fréquentait depuis des années avec son père, le même manège et les mêmes moqueries fusèrent, comme chaque samedi.

-Alors, on veut deux cosmopolitain, deux passions fatales, une margarita, un bloody mary, un orgasme et...

-Juste un coca pour moi, termina Bella en fusillant Jacob du regard, ce dernier ayant un sourire moqueur plaquer sur le visage.

-Et un coca, donc, sourit Jacob en s'adressant au barman, recevant un léger coup de poing de la part de sa coéquipière.

Ils attendirent quelques minutes que le barman fasse tous les cocktails et les mettent sur un plateau argenté, avant de rejoindre tous leurs collègues dans le fond de la salle, tous attablés à une petite table ronde, pouvant loger juste le plateau. Une fois posé, tous s'écrièrent de joie et agrippèrent chacun leur boisson. Bella avait déjà englouti non sans une grimace son coca glacé.

-Oh putain, mec, t'as pris un orgasme, sérieux ! S'écria Tyler en poussant du coude Jacob. C'est un truc de fille !

-Hey ! Tu sais bien que je compte essayer tous les cocktails possibles. Pis avec ton cosmopolitain, tu peux parler !

-Bon, vous allez ensuite savoir qui pisse le plus loin, c'est ça ? Rouspéta Hannah – un agent de leur département - en buvant d'une traite sa boisson. Sérieux, les mecs !

-Laisse, Hannah, les hommes ont toujours besoin de se justifier si leur fierté est remise en doute, répliqua sournoisement Amandine – chargée d'administration au BAU - en souriant froidement. Nous, au moins, on sait boire !

-Ouais bah abuser pas, non plus, marmonna leur chef, Mike Newton, en les regardant tous comme s'il évaluer déjà leur degré d'alcool dans le sang. Je vous rappelle qu'on a une grosse affaire sur le dos, en plus des autres, alors je veux vous voir tous frais et dispos lundi à la première heure.

-Roh, voilà que tu casses l'ambiance ! Fulmina Amandine en râlant. Laisse nous respirer, merde ! On a bien le droit de se détendre. C'est bien assez déprimant comme ça notre boulot, alors n'enfonce pas le clou, Mike !

-Fait gaffe à comment tu me parles, Amandine ! Cria Mike. Je suis ton supérieur avant toute chose.

-Pas les samedis, mon cher ! Pis depuis que tu m'as mise dans ton lit, le chef n'est plus si impressionnant que ça !

Toute la table recracha sa boisson, abasourdie pour certains, hilare pour d'autres. Les garçons explosèrent de rire. Les filles s'indignèrent.

-Amandine, tu as couché avec Mike ?! S'écrièrent Bella, Hannah et Lauren en même temps. Mais enfin, c'est contre le règlement ! Continua Bella en fronçant les sourcils.

-Bah, c'est moi le chef, alors je fais ce que je veux, marmonna Mike dans son verre, apparemment vexé et gênée par ce qui se disait désormais à la table.

-Bon, qui vient danser ? Proposa Éric pour détendre l'atmosphère.

Hannah accepta immédiatement, suivit d'Amandine, de Lauren et de Tyler. Seul se retrouvait à la table Bella, Jacob et Mike. Autant dire que l'ambiance se tendit immédiatement au vu du regard que lançait son coéquipier à son supérieur. Ce n'était pourtant pas la première fois que leur chef se joignait à eux le samedi soir. Malgré cela, Jacob n'avait jamais pu l'encadrer.

-J'ai appris que vous auriez trouvé une éventuelle piste ? Repris Mike en se redressant soudain, se comportant comme le supérieur qu'il était.

-On tâtonne, on tâtonne... mais Bella pense maintenant connaître le profil du tueur. Rectification: des deux tueurs. Il serait alors possible de parler de psychotique pour l'un d'entre eux. C'est une éventualité à ne pas écarter. C'est surtout tous ces nombres qui nous perturbent.

-La schizophrénie serait très probable, continua Bella en regardant tour à tour les deux hommes, essayant tant bien que mal d'ignorer cet étrange frisson qui venait de lui parcourir tout le dos. On part du principe que le Dramaturge aurait un complice. Avec les deux corps retrouvés récemment, tué de manières très différentes, on n'exclut pas un novice. Pour les nombres... on cherche encore.

-Oui, c'est envisageable, approuva leur chef. Pour ces nombres, il va sûrement falloir regarder les précédentes enquêtes.

-C'est ce que nous comptions faire, dit l'agent Black d'un ton froid.

-Parfait ! On arrivera peut-être à le coincer avant l'été. Je refuse que cela traîne jusqu'à Noël ! C'est clair ?

-Parfaitement, chef, acquit Bella en se détournant déjà de la conversation.

Depuis que le nombre de personnes autour de leur table avait nettement rétréci, Bella se sentait épier. Elle avait beau chercher dans tout le café, rien n'indiquait pourtant que quelqu'un les observait. La paranoïa faisait peut-être partie de ces instincts de flics, après tout.

S'excusant, elle se dirigea aux toilettes, toujours sur ses gardes. Le frisson de tout à l'heure était revenu en force. Elle s'empressa donc de s'enfermer dans les toilettes des femmes, refermant le loquet derrière elle. Une mauvaise intuition venait de surgir dans son esprit, lui criant de partir au plus vite. C'était totalement absurde ! Elle se passa de l'eau sur le visage et respira un bon coup, s'observant dans le miroir.

Ses cheveux formaient un chignon désordonné sur sa tête, la rendant plus adulte et plus femme. Son teint avait pris des couleurs grâce au soleil de la semaine, la rendant un peu plus radieuse que d'habitude. Ses yeux étaient légèrement maquillés et ses lèvres rosées. C'était probablement, au final, très discret comme maquillage, mais Bella approuva son apparence dans le miroir. Pour une fois, elle se sentait plutôt pas mal, sans forcer dans la vanité. Même sa tenue de flic pouvait passer, pour ce soir. Le noir était après tout sexy.

Sortant des toilettes quelques minutes plus tard, alors que son corps avait réussi à se détendre complètement, les frissons reprirent à nouveau, encore plus fort que la fois précédente. Bella commença vraiment à se sentir mal, respirant plus vite qu'elle ne le devrait.

Ses craintes devinrent alors fondées, quand, émergeant du couloir, elle tomba nez à nez avec Edward Massen, son tyran personnel. Elle recula instantanément, butant contre le mur.

-Qu'est-ce que vous faites là ?! Cria-t-elle de désespoir. Vous me suivez vraiment, ou quoi !

-Par un heureux hasard, vous et moi côtoyons le même café. Ce n'est pas si rare, vous savez.

-Quand il s'agit de vous, c'est plutôt un cauchemar ! Cracha-t-elle en tentant de le contourner.

-Allons, n'inversons pas les rôles. C'est vous qui m'agressez, je vous signale.

-Vous l'avez fait bien avant moi ! Vous et votre grossièreté ! Maintenant, laissez-moi.

Edward ne bougea pas, lui bloquant l'accès. L'agent Swan commença à ne plus trouver la situation si drôle que ça. Elle sentait la peur montée progressivement en elle, s'insinuant dans ses instincts de flics.

-Asseyez-vous avec moi le temps d'un verre, proposa-t-il en posant une main légère sur le coude de la jeune femme.

-Merci, mais non merci.

-Ce n'était pas négociable, Isabella, gronda-t-il alors, perdant soudain patience.

Il lui agrippa le bras violemment malgré ses faibles protestations et la fit asseoir sur un sofa noir, à l'exact opposé de son ami Jacob, à l'autre bout de la salle. Avec la faible luminosité, la musique et toutes les personnes dansant un peu partout, elle se savait isolé de tout, se retrouvant seule avec un homme aux manières brutales. Bella n'était pas le moins du monde rassuré.

Edward poussa sous son nez un verre d'alcool, aux couleurs rose et orange. Elle réprima une énième grimace en claquant la langue. Le jeune homme sourit froidement.

-Buvez, ordonna-t-il simplement.

-Je ne sais même pas ce que c'est !

-C'est une Tequila sunrise, c'est très bon.

-Non ! Je ne bois pas d'alcool.

-Il n'y a presque rien, là-dedans ! Buvez !

-Arrêtez de me donner des ordres ! Rugit-elle en repoussant le verre.

-Tu es exaspérante ! Soupira-t-il. La pire de toutes !

-Voilà le retour de monsieur connard, marmonna-t-elle en se mordant les lèvres. Je commençais à me dire que vous étiez malade.

-Bois, Isabella, ordonna-t-il en l'ignorant, la mâchoire serrée.

-Commandez-m'en un autre, répliqua-t-elle en croissant les bras. Rien ne me prouve que le verre n'est pas drogué.

Edward sourit face à son comportement, visiblement rassuré qu'elle abdique facilement. Bella se contenta de serrer les lèvres quand Edward commanda un autre cocktail, demandant bien au serveur de le lui servir devant eux.

-Voilà, boisson certifiée sans danger.

-Alors buvez l'autre, dans ce cas.

Bella prit son verre avec mauvaise grâce, ne le quittant pas des yeux quand Edward approcha le verre de ses lèvres, s'humectant les lèvres de sa langue avant de prendre une première gorgée. Ce geste pourtant anodin devint alors incroyablement sexy et sensuel.

Mince alors ! Voilà qu'elle recommençait à fantasmer sur monsieur sexy / connard ! Il fallait à tout prix qu'elle arrête ça !

-Parle-moi de toi, Isabella.

-Il n'y a rien à dire. Surtout pas à vous.

-C'était... complètement irresponsable de m'avoir aidé, l'autre jour, au parc.

Sa voix était dur, froide et implacable. Bella crût vraiment qu'il était en train de la gronder. Et puis quoi, encore ! Elle reposa son verre brusquement sans y avoir touché.

-Imagine que j'étais un psychopathe, hum ! Là où nous étions, ça aurait été très facile pour moi de t'agresser. Tu as été vraiment stupide, de m'approcher.

-Non mais je rêve ! Plutôt que de me dire merci, vous continuez à me reprocher mon aide ? Vous avez vraiment un sérieux problème, Edward !

Merde ! C'était la première fois qu'elle disait son prénom de vive voix. Et le sentiment de bien-être qui venait de parcourir tout son corps ne lui dit rien qui vaille.

Rougissant fortement, elle s'arrêta de parler, baissant les yeux sur sa boisson. Oh, après tout ! Elle prit le verre et avala presque tout le verre d'un coup, secouant ensuite la tête, n'ayant pas pensé que le breuvage pouvait être très... bon. En fait, c'était délicieux.

Elle continua malgré tout de boire, sous le regard appréciateur d'Edward, qui lui, l'accompagnait plus modérément.

-Je te l'avais dit que c'était bon, dit-il d'un ton fiévreux, se penchant vers elle jusqu'à atteindre son visage de ses mains.

OOOOO