LA VOIE DES NOMBRES

TOME I


VIII

On adore se détester

« L'amour et la haine dépassent toujours les bornes »

Le Talmud


ooooo

Vous savez, cette sensation d'engourdissement, quand l'alcool coule dans votre gorge et vous brûle les poumons. Cet étourdissement quand, dans un endroit clos et sombre, la musique cogne durement dans les tympans. Ce sentiment oppressant mais tellement agréable quand un homme séduisant impose sa présence. Toutes ses perceptions paradoxales entre malaise et désir se bousculent alors, chamboulant plus que de raison des pensées cohérentes. Bella vivait cela en ce moment même. Elle se sentait oppressée et confinée, la gorge engourdie et les sens décuplés, avide malgré elle de sensations charnelles. Elle désirait ardemment que monsieur sexy / connard l'effleure de ses lèvres et la possède avidement.

Bella vit alors Edward se pencher vers elle progressivement, enfiévrer, tandis que l'alcool de ces deux cocktails commençait à lui monter méchamment à la tête. C'était bien la première fois que Bella adorait un cocktail alcoolisé ! Et cela la rendait tellement euphorique et fier, que dans le feu de l'action, elle osa recommander un autre verre, sans se rendre compte du regard amusé de son partenaire !

Edward s'était décalé entre-temps, se trouvant désormais quasiment à ses côtés, la frôlant presque de ses épaules larges et musclées. Son visage n'était plus qu'à quelques centimètres du sien, ses yeux plongée dans les siens. De vert à marron. Des couleurs qui se mariaient plutôt bien, dans la nature. Telle l'écorce et les feuilles.

-Vous... vous empiétez sur mon espace personnel, bredouilla Bella sans amorcer pour autant un seul mouvement pour s'échapper.

Edward sourit. La jeune femme eut du mal à déglutir pour reprendre la parole, trop concentrer sur le regard de l'homme, à quelque centimètre d'elle. Elle voulut se détourner de son regard, sans succès. Le désir commençait à prendre une part plus imposante dans son esprit et son corps.

Les lèvres d'Edward s'entrouvrirent légèrement, faisant haleter Bella sous le coup de la convoitise. Sa langue sortie alors pour s'humecter la partie inférieure de la bouche. La jeune femme n'arrivait pas à s'extraire de ce spectacle, ce qui fit sourire l'homme d'un air espiègle. Il s'avança encore, cette fois pour lever une main et toucher le visage de Bella. Elle tenta de détourner la tête, malgré le geste doux, en apparence.

-Je... je préfère pas que vous fassiez ça, murmura-t-elle, tandis qu'Edward continuait de caresser sa joue des bouts des doigts, comme s'il touchait une texture fragile. Je n'aime pas que l'on me touche.

Elle lui agrippa la main pour la repousser doucement, ayant enfin le courage de réagir et d'ainsi reculer légèrement. Mais Bella comprit que c'était une erreur quand elle leva les yeux vers Edward. Ce dernier la regardait, les lèvres pincé, le regard dur et froid. Bella tressaillis face à sa colère.

-Pourquoi me repousses-tu ? S'énerva-t-il en fronçant les sourcils. Je le vois bien que je t'attire !

-Vous vous demandez pourquoi je vous repousse ? S'exclama-t-elle en écarquillant les yeux, étonné. Et les bonnes manières, vous les avez oublié ?!

-Je dois vraiment te demander « s'il te plaît » pour t'embrasser, maintenant ?! Tes incroyables !

Il se moquait très clairement d'elle, affirmant qu'un homme n'avait pas à demander la permission pour embrasser une femme. Bella n'en fut que plus indignée, commençant à son tour à être agacé par son comportement.

L'alcool n'aidant en rien ses réflexions, elle préféra se lever et rejoindre son ami Jacob, sans plus tarder, avant qu'elle ne lui succombe définitivement. Il était vrai qu'elle était attirée par lui, il était donc urgent de s'enfuir avant de le regretter amèrement. Mais une fois debout, la tête lui tourna et elle chancela vers le coin de la table. Heureusement, Edward fut plus rapide dans ses réflexes, et la retint solidement en agrippant ses bras. Bella voulut se dégager mais n'en eût pas la force, trop sonnée pour réagir consciemment.

Avec la musique de fond, l'obscurité et le confinement que donnait l'impression des danseurs devant eux, en forme d'arc, Bella ne se sentait pas bien, regrettant amèrement de s'être laissé manipuler par cet homme en acceptant de boire de l'alcool à plein régime. C'était la première fois qu'elle faisait cette erreur, et il fallait que ce soit au même moment où Edward débarquait dans sa vie. Elle ne croyait pas au destin, mais pour cette soirée, elle était prête à croire que le karma la punissait de sa naïveté.

-Vous m'avez saoulé ! Cria-t-elle en se retournant dans les bras d'Edward, essayant de le repousser avec ses mains.

Edward haussa les épaules d'un air innocent, l'entraînant déjà de force sur la piste de danse. La jeune femme le suivit sans résister, pas très sûr d'elle pour marcher toute seule. C'est elle ou tout tournait autour d'eux ?

-Détends-toi, chuchota-t-il à son oreille, lui caressant distraitement la joue. Tu vas être malade, si tu t'énerves.

-Lâchez-moi ! Je vous ai déjà dit que je n'aimais pas que l'on me touche !

-Si je te lâche, tu vas t'effondrer, Ria-t-il en ignorant la jeune femme et sa véhémence.

Ils ne dansaient pas vraiment, Bella le savait très bien. Mais hélas, c'était comme si Edward la faisait tournoyer sans arrêt. Elle allait vomir dans peu de temps s'il n'arrêtait pas maintenant ses coups de balancier.

-C'est quoi, votre problème, monsieur Massen ? Demanda-t-elle ensuite, pendant qu'une musique douce passait dans le bar, rendant la conversation plus agréable au son des notes de piano. Vous êtes grossier alors que je tente de vous aider, vous me repousser sans cesse puis m'inviter à dîner. Là encore, vous êtes mauvais tout le long de la soirée, dominateur et méchant. Pis vous débarquez ici, disant vouloir m'embrasser et m'accusant de vous repousser. Pour être honnête, je lis facilement les personnes que je côtoie... mais vous... vous êtes insondable, monsieur Massen. Je n'arrive pas à lire en vous. Vous êtes trop énigmatique.

-Je prends tout cela pour un compliment, Isabella, souffla-t-il en souriant malicieusement. Mais croîs-moi, mieux vaut pas essayer de me cerner. Tu m'as déjà avoué que je te terrifiais.

Bella se recula pour le regarder dans les yeux, approuvant ses dires en hochant la tête. Son tournis s'accentuant davantage, elle serra plus fort les bras d'Edward, se maintenant debout grâce à lui.

Oui, il la terrifiait, par moments. Edward Massen était un homme sombre et dominateur, et Bella connaissait très bien ce genre d'homme ; coléreux, agressif, violent, possessif... Pourtant, bien qu'elle dût fuir depuis le premier jour, Edward l'attirait. Elle ne se l'expliquait pas, étant normalement repoussé par ce type de personne. Mais cet homme-là l'obsédait plus qu'il ne le devrait. Et c'était ça, qui la terrifiait. Elle avait peur de ce qu'elle ressentait à chaque fois qu'elle le rencontrait. Elle avait peur de perdre pied et d'avoir le cœur brisé.

Jetant un regard autour d'elle, alors qu'Edward la tenait par les hanches avec fermeté, Bella aperçut ses collègues. Ils étaient tous retournés à leur table, et avaient les yeux braqués sur eux, l'air sidéré par ce qu'ils voyaient. Les filles semblaient néanmoins ravies que l'agent Swan s'intéresse enfin à quelqu'un – un homme, qui plus est. Les garçons exprimèrent par contre tout le contraire, braquant des regards noirs sur Edward. Même l'agent Black semblait disposé à venir les séparer.

Bella se détourna d'eux rapidement, enfouissant son visage contre le torse du jeune homme. Le rouge lui monta aux joues en même temps que les nausées. L'homme contre elle le compris rapidement au vu du teint de la jeune femme et sans plus attendre, la dirigea dehors, lui faisant prendre un bon bol d'air.

ooooo

Bella s'appuya contre le mur attenant au café, dans la rue d'à côté. Elle mourait d'envie de s'asseoir mais savait que ce serait pire quand elle tenterait de ce relevé. Elle attendit donc que les nausées passent, priant pour ne pas vomir devant Edward.

-Il faut que je retourne à l'intérieur, marmonna-t-elle en se prenant la tête des deux mains, se courbant en deux et prenant de grandes inspirations. Mes amis y sont et vont s'inquiéter.

L'agent Swan se redressa pour prendre son portable, y découvrant un message de son coéquipier, lui disant qu'elle devrait rentrer vu son état. Toujours perspicace et observateur, celui-là !

-Plus jamais je vous écouterai ! Fulmina-t-elle en se détachant du mur, en ayant l'intention d'appeler un taxi.

-C'est toi qui ne sais pas boire, Isabella, répliqua-t-il en s'approchant d'elle. Comment es-tu venue ?

-Quoi ? Dit-elle en se massant les tempes, un mal de tête commençant à surgir de chaque côté de sa tête.

-C'est tes amis qui doivent te ramener ou tu as une voiture ?

-On est à Manhattan ! Se mit-elle à rire sans se contrôler, l'alcool commençant à lui faire effet. Je n'ai pas de voiture. Je prends toujours le taxi ou je rentre à pied.

C'était presque vrai, pour la voiture. Jacob possédait une voiture de fonction mais Bella tenait à ce qu'il la garde avec lui. Elle n'avait pas de garage, or son coéquipier vivait justement dans un garage que possédaient ses deux grandes sœurs. Autant dire qu'il pouvait très bien loger un camion de pompiers s'il le souhaitait.

-Bien, alors je te ramène, dit Edward d'un ton sans appel, prenant le bras de Bella fermement mais doucement – pour une fois. Il n'est pas question que tu rentres seule dans cet état.

-Pas question ! Je refuse que vous m'aidiez ! Je n'ai pas besoin de vous. Lâchez-moi ou vous allez le regretter !

-Je t'en prie ! S'esclaffa-t-il en la tirant derrière lui jusqu'à une voiture noire aux vitres teintée – une Alfa Romeo Guilietta sport. Tu as trois verres de tequila dans le sang. Je serrais étonner que tu puisses seulement bien visée.

Bella tentait vainement de lui résister, refusant catégoriquement de montée dans cette voiture. Mais elle savait qu'Edward pouvait se montrer très persuasif quand il était question de lui obéir.

Mince alors ! Elle était flic, non ?! Elle devrait pouvoir se défendre toute seule ! S'extraire de sa poigne et le maîtriser ! Elle avait été entraîner pour ça !

Arrivé à la voiture, Edward desserra légèrement sa prise sur son bras pour ouvrir la portière passagère. L'agent Swan attendit qu'il se penche pour l'ouvrir pour lui agripper le bras par lequel il la tenait. Elle tenta ensuite de le faire basculer au sol, faisant levier en plaçant une jambe en travers des siennes. Mais n'obtient pas le résultat estompé, se retrouvant alors plaqué durement contre terre, gémissant de douleur quand sa tête vint heurter la route violemment. Si elle faisait une commotion cérébrale, cela ne l'étonnerait pas.

Edward avait été bien plus rapide qu'elle, parant son coup en la prenant à son propre piège, ce qui le rendu furieux. Il maintenait alors un bras en travers de sa gorge et l'autre sur son ventre et ses bras, la rendant immobile de tout geste brusque. Bella se mit à crier de rage, gesticulant contre lui avec peine. Elle avait beaucoup de mal à respirer et la panique qui montait en elle n'arrangeait pas son état.

Levant les genoux, elle le lança contre son bas-ventre, y mettent toutes ses forces. Mais là encore, Edward para son geste, la faisant hurler de frustration. Le regard qu'il lui lança la fit taire sur-le-champ. Il n'était pas dur, mais cruel. Elle faillis se mettre à pleurer contre sa propre faiblesse.

-Je t'avais averti l'autre fois que tu n'avais aucune chance contre moi, petite sotte ! Cracha-t-il en resserrant sa prise sur sa trachée. Tu tiens à ce que je me mette vraiment en colère, ou quoi ! Parce que là, crois-moi, je m'échauffe juste.

Bella détourna la tête, commençant à comprendre dans quelle situation critique elle se tenait. Il était certes, plus grand et plus costaud qu'elle, mais Bella savait qu'elle aurait du pouvoir le mettre à terre facilement. Or, il semblait connaître les mêmes mouvements d'autodéfense qu'elle. À croire qu'il avait reçu un entraînement bien plus poussé que la jeune femme. Serait-ce finalement bien un militaire, comme elle l'avait déjà pensé au parc ? Ou pire... un garde du corps, un tueur à gages, un terroriste ou...

-Bon, aller, relèves-toi, ragea-t-il en la tirant vers lui. Et arrête de me provoquer, où tu vas sévèrement le regretter. Ne recommence jamais ce que tu viens de faire, parce que tu y perdras bien plus que moi. Monte là-dedans.

Il la poussa dans l'habitacle de la voiture, refermant la portière rapidement derrière elle. Bella voulut la rouvrir mais sans succès, devinant très vite qu'il avait mis la sécurité enfant pour qu'elle ne réussisse pas à s'enfuir.

Mince, elle était flic et venait de se faire maîtriser par ce type ! Elle comprenait pourquoi son père ne voulait pas d'elle dans son service, et qu'elle était mieux au BAU. Elle était bien trop faible pour ça ! Flic voué aux bureaux et à la circulation, oui ! Mais pas agent de terrain !

-Vous êtes conscient que c'est du kidnapping, que vous faites-là ! S'emporta-t-elle en refusant de s'attacher, alors qu'il démarrait la voiture, un sourire aux lèvres. Ça va vous coûter cher, je vous préviens !

Edward s'était lancé dans la circulation, ignorant les cris de la jeune femme. Bella poussa un cri de rage avant de s'enfoncer dans son siège, regrettant amèrement de n'avoir rien prit comme arme avec elle. Elle n'avait même pas sa plaque ou son taser ! Et même si elle lui dévoilait son identité de profiler, elle savait pertinemment qu'il s'en ficherait. Elle n'était vraiment pas faite pour ce job...

-Arrêtez la voiture, Edward ! Cria-t-elle durement. Je veux descendre !

Son mal de tête n'étant toujours pas parti, elle commençait à voir trouble tout autour d'elle. Et son coup à la tête, quand il l'avait plaqué au sol n'arrangeait pas le moins du monde la situation. En fait, elle perdait totalement le fil des événements, ne comprenant même plus ce que lui répondait Edward. Elle savait juste que la voiture s'était enfin arrêté, après un certain temps passé à rouler. Bella ne prenait même plus en compte le temps, trop étourdie pour y faire vraiment attention. Tout ce qu'elle vu en relevant les yeux, c'était son immeuble de résidence.

-Vous pouvez... pouvez pas savoir où j'habite ! Balbutia-t-elle en se tournant vers lui, les yeux écarquillés. Ce n'est pas possible.

L'homme en face d'elle pencha la tête de coté, la regardant avec malice et sensualité. Bella ferma les yeux pour s'extraire à cette vue, le souffle coupé. Pourquoi le trouvait-elle adorable, quand il faisait ça ? Il l'avait plaqué au sol et fait monter de force dans sa voiture, bordel ! Elle ne pouvait pas le trouver attirant !

-Calme-toi, susurra-t-il en se penchant vers elle, les yeux emplis de désirs.

Bella voulu s'échapper mais une main jaillie, l'enroulant autour de sa nuque afin de la rapprocher de lui brutalement. Bella abdiqua malgré elle, bien qu'un frisson de plaisir vînt lui parcourir l'échine. Elle se pencha alors à son tour inconsciemment.

-Laisses-toi faire, pour une fois, chuchota-t-il tout bas avant de venir plaquer ses lèvres contre les siennes.

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Ce qu'Edward lui donna comme baiser n'avait rien à voir avec ce qu'elle avait vécu avec Jacob. C'était de loin plus passionnelle et plus excitante, comme si le simple fait de la toucher pouvait la faire succomber de plaisir. Il était, en soi bien que saoul et énervé, le meilleur baiser qu'elle ait reçu. Il n'était pas doux, ni romantique, ni chaste, mais au contraire sauvage, brutal et profond. Tout à fait le genre de profil que s'était faite Bella de cet homme.

Edward vint plaquer son autre main dans ses cheveux, tirant en arrière pour la maintenir comme il le désirait. Bella gémit contre ses lèvres, partagée entre le désir et la colère. Elle refusait toujours de céder en ouvrant ses lèvres, bien qu'il lui renverse la tête brutalement pour qu'elle se soumette à lui. Elle le frappa alors à l'épaule, furieuse.

Edward gronda contre ses lèvres, la plaquant plus contre lui, fou furieux. Il commença donc à venir lui caresser doucement la gorge avant de l'enserrer subitement d'une main, la faisant haleter de panique immédiatement. Bella poussa un cri face à son assaut.

Le jeune homme sourit enfin, approfondissant alors le baiser en plongeant sa langue dans la bouche de Bella, lui lâchant la gorge. Celle-ci émit une faible protestation, qui mourut très vite quand une once de chaleur vint lui parcourir tout le corps, la détendant totalement dans les bras d'Edward.

La jeune femme arrêta donc de se débattre, subissant avec plaisir la douce torture que l'homme lui donnait. Elle le laissa prendre les commande, fatiguée de lutter contre ce bloc de pierre bien trop fort pour elle. Bella se refusa pour autant de participer de ses mains, les laissant immobiles contre ses flans. Elle se joignit néanmoins à lui pour le ballet de langue qu'il lui faisait subir depuis quelques minutes, la laissant à peine le temps de respirer.

Enfin, il s'écarta d'elle, visiblement mécontent de son inactivité et de sa passivité. Pour autant, il ne lui lâcha pas le cuire chevelu, serrant plus fort dans ses mains ses cheveux embruns. Elle le fusilla du regard, les lèvres et les jours gonflées.

-C'était pas mal, révéla-t-il finalement en la détaillant minutieusement. Tu n'as visiblement pas beaucoup d'expériences mais au moins, je n'ai pas eu l'impression d'embrasser une gamine. La prochaine fois, soit un peu plus réactive, par contre. Tu ne voudrais pas que je te compare à une poupée gonflable, si ?

Bella écarquilla les yeux, choqué par un tel manque de tact. Elle se recula de lui brusquement en lui faisant lâcher prise.

-C'est quand même dingue ça, même pour séduire une femme, vous êtes obligé de vous comporter en goujat ! Et d'abord, je n'avais pas à répondre à votre baiser. Vous m'avez forcé !

-Oh, je ne crois pas que cela t'est déplu, répliqua-t-il sèchement. Alors arrête de te comporter en coincer, où tu vas finir vieille fille !

-Je préfère finir vieille fille que d'être avec un homme comme vous ! Cracha-t-elle en hurlant à son tour. Vous êtes macho et cruel avec les femmes. C'est plutôt pour vous que vous devriez vous inquiéter ! Vous êtes peut-être un dieu du sexe, mais pour ce qui est du respect et des sentiments, il me semble que la définition de ses mots vous soit totalement inconnue ! De plus, vous connaissait mon adresse, ce qui prouve que vous me suiviez bien. Et moi j'appelle ça du harcèlement. Alors maintenant, laissez-moi sortir de cette foutue voiture !

Edward la regarda sans broncher, le regard inexpressif, ce qui le rendait beaucoup plus menaçant aux yeux de Bella. Sans arme, elle était extrêmement vulnérable, or, elle ignorait totalement ce qu'elle avait comme homme devant elle.

-Vous faites quoi, dans la vie ? la surprit-elle en le questionnant calmement d'une voix mesurée. Parce que vous l'ignorez sûrement, mais quand des gens normaux se rencontrent, ils apprennent à se connaître, avant de ce sauté dessus.

Il pinça les lèvres pendant une seconde avant de revenir à elle, amusée par le changement brutal qui s'opérait entre eux, passant de la colère au civisme.

-On ne vient pas du même monde, alors, railla-t-il en penchant la tête sur le côté, les yeux pétillant de malice.

-Répondez à la question, s'entêta Bella en ignorant son attitude enjôleuse.

-Eh bien... la question semble facile mais... je n'ai pas très envie d'y répondre, pour être honnête.

-Excusez-moi ! S'écria-t-elle en s'emportant soudainement. Ça veut dire quoi, exactement, là ! Que c'est illégal ?

-Non, dit-il sombrement.

-Cela expliquerait pourtant votre voiture et vos goûts de luxe en matière de restaurant, l'accusait-elle en haussant les épaules, suspicieuse.

-Crois-moi, mon métier est tout ce qui y a de plus honnête.

-Très bien. Admettons que je vous crois... que fait alors cette arme à feu dans votre voiture, sous votre siège ? Attaqua-t-elle sèchement, le regard braqué sur Edward.

ooooo