LA VOIE DES NOMBRES

TOME I


XIV

Un plan tordu

« La tendresse est l'abat-jour de la passion »

P. Bourgault


ooooo

Edward Cullen ne la vit pas venir, celle-là. Mais alors, pas du tout. Pourtant, il la reçut violemment, tournant la tête sur le côté tellement l'impact était mordant. Relevant une main sur sa joue, Edward regarda sa plus jeune sœur avec surprise et consternation. Tout le café n'en avait pas perdu une miette et les regardait avidement.

-C'est en quel honneur, cette gifle magistrale ? Demanda-t-il avec flemme, bien que son visage devînt rouge de colère. Je ne crois pas l'avoir mérité.

-C'est ça, continue de mentir, hurla Alice Cullen en empoignant son frère par le bras. Continue ton petit jeu, Edward ! Et vous, déguerpissez !

Alice chassa les employer de son café en leur hurlant dessus, heureuse qu'aucun client ne soit présent dans l'établissement. Elle ferma ensuite la porte avec fracas, se retournant brusquement vers son frère, furibonde.

-Alors c'est ça ! Tu fais partie d'un gang ? De la mafia ?

Alice était devenue complètement hystérique, gardant ses distances en serrant les poings, les yeux flamboyant de haine. Jamais Edward ne l'avait vu comme ça. Et pour cause; Alice était toujours rieuse et souriante, d'habitude. Or, là, elle serrait les dents. Edward soupira avant de s'appuyer lentement sur le bord d'une des tables, posant ses mains de pars et d'autres de ses hanches. Son regard parlait pour lui. Alice poussa un cri de rage en s'avançant vers lui.

-Réponds, non de Dieu, Edward ! Réponds à ma question !

-Je...

-Sais-tu qu'un agent du FBI est venue me voir, aujourd'hui ? Continua-t-elle de crier, se plantant devant lui avec hargne. Il m'a posé des questions sur toi, figures-toi ! Il paraîtrait que tu t'amuses à utiliser un faux nom. Edward Massen... c'est quoi, cette histoire ? J'avais l'air de quoi, moi, ce matin, quand je me suis faite interroger ! Tu ne peux pas savoir comment j'ai eu peur... qu'on me présente mon frère comme Edward Massen, un suspect dans l'affaire d'un meurtre. Tu entends, Edward, un meurtre ! Alors quoi, tu appartiens à la mafia et on t'oblige à liquider des gens de sang-froid ?! C'est quoi cette merde, Edward ? Faut me le dire ! Tu sais que j'en parlerais à Rosalie, alors répond à ma putain de question ! Rassure-moi ! Je sais que tout est faux ! Tu ne peux pas être un tueur ! Tu es mon grand frère, tu...

Alice détourna les yeux avant de fondre en larmes, reculant brusquement quand son frère tenta de s'approcher en tendant les bras.

-Je suis désolé, Alice, murmura-t-il en lui embrassant les cheveux tendrement. Je ne veux pas te faire souffrir à cause de mon travail.

Sa jeune sœur releva des yeux larmoyant, fronçant les sourcils tout en l'enlaçant.

-Tu ne démens pas ce que je viens de te dire, pleura-t-elle en hoquetant. Comment... tu peux faire ça ! Ce n'est pas possible, pas toi !

-Chut, Alice, chut, lui souffla-t-il en la berçant doucement. Tout va bien. Tu es en sécurité.

-Encore heureux, aboya-t-elle. Mais toi, l'es-tu ? Je t'en supplie, dis-moi que tout est faux, Edward ! Tu ne peux pas faire ça...

-Je n'ai pas tué les personnes dont on m'accuse, dit-il simplement en détournant les yeux. Je te le jure.

-Mais tu as déjà tué, c'est ça ? Gémit-elle faiblement. Mon Dieu, comment en es-tu arrivé là ?

Edward caressa tendrement la joue de sa sœur, l'embrassant sur le front. Elle pleura encore plus.

-Je dois partir, souffla-t-il en la lâchant lentement. Je repasserais bientôt, d'accords ?

-Tu dois tuer quelqu'un, c'est ça ? Lâcha-t-elle avec sarcasme, faisant la grimace quand son frère la regarda sans ciller. Tu sais quoi, me dis rien. Si la police revient m'interroger, je serais... je pourrais pas mentir. Je ne veux pas te trahir mais...

-Je ne t'en voudrais jamais, même si tu le faisais, Alice, dit-il en prenant son visage en coupe. Tu es ma petite sœur, et je te fais confiance. Je ne te dis rien pour ta sécurité. Celle de Rose et celle de maman et papa. Tu ne sais rien de mon activité. C'est pour ton bien.

-Mais, Edward... je... j'ai déjà dit quelque chose à la police.

Il se figea, ouvrant la bouche pour la refermer, inspirant profondément.

-Il voulait connaître ton emploi du temps pour fouiller ton appartement et...

-Qui ça ? L'interrompit-il en s'écartant d'elle, la tenant à bout de bras. De qui tu parle, Alice ?

-Un flic... éluda sœur en déglutissant, le regardant avec appréhension. Je ne me rappelle plus son nom.

Elle mentait et Edward le sus immédiatement. Il savait pertinemment qui était venu.

Merde, il aurait dû s'en douter, putain ! À la minute où il était tombé sur cette gamine, il savait qu'elle allait lui poser de gros problèmes. Autant pour son faible caractère que pour son putain de regard chocolat.

Il l'avait détesté à la seconde même où elle s'était approché de lui, braquant des yeux de biche sur lui d'un air inquiet. Mais il l'avait haï quand elle avait sorti sa ventoline d'entre ses seins. Ah oui, ce moment-là, il ne l'oublierait pas.

Qui coinçait un médicament entre ses deux seins, aussi ! Putain, c'était trop tordu...

Edward embrassa une dernière fois sa sœur avant de sortir rapidement du café, encore légèrement contrarié par la gifle – mais hautement mérité – que lui avait administrée sa sœur. Mais la colère remplaça bien vite sa préoccupation, et il se dirigea rapidement jusqu'à sa voiture, ruminant sa fureur contre cette Isabella de malheur. Sa destination était déjà toute trouvée... Œil pour œil, dent pour dent.

ooooo

L'agent Swan sortit du taxi au moment où une voiture démarra en trombe pour tournée dans le virage. Elle ne la remarqua même pas, se dirigeant déjà dans le café, cherchant des yeux monsieur sexy / connard. Ce fut la sœur qui l'accueillit pour la deuxième fois de la journée, les yeux écarquillés et gonflés. Bella fronça le front en constatant l'absence totale de clients dans le café, ainsi que des employés. Il était pourtant midi passé.

-Alice, où est votre frère ? Demanda-t-elle d'emblée d'un ton froid et mesuré. Je dois lui parler sur-le-champ.

L'intéressé ouvrit la bouche mais aucun son en sortit, se contentant alors de baisser les yeux sur ses mains. Elle semblait dévastée et ennuyée.

-Il sait, dit-elle platement, sans laisser de doute sur son humeur. J'ai... j'ai craquée et je lui ai crié dessus pour qu'il me parle. Mais il n'a rien fait. Et je vous jure que je n'ai pas parlé de vous à Edward. Il sait juste que la police est venue m'interroger et qu'ils ont fouillé l'appartement.

-C'est mieux comme ça, répondit Bella avec douceur, tentant de garder une attitude professionnelle mais confiante. S'il vous avait révélé quoique se soit, vous seriez devenu un témoin à interroger. Ce n'est jamais agréable d'en faire partie, croyez-moi. Maintenant, dites-moi où il est parti et depuis combien de temps. Ne vous inquiétez pas, je n'ai rien trouvée chez lui qui puisse justifier son arrestation. Je dois simplement lui parler. C'est important...

L'agent Swan ne mentait quasiment pas. Les éléments retrouvés à l'appartement ne confirmaient rien sur l'enquête, si ce n'est la vidéo étrange où le potentiel dramaturge parlait. Mais quand bien même ça aurait été le cas, Bella et Jacob étaient conscients que sans mandat... ils ne pouvaient rien. Preuve de sa culpabilité ou non, le procureur ne les accepteraient jamais sans mandat de perquisition. Bella devait donc retrouver Edward pour tirer les choses aux clairs... sans en paraître pour autant. Le fait qu'il ignore qui elle était dans le monde professionnel tirait à son avantage, et elle comptait bien s'en servir contre lui. Elle allait donc devoir le fréquenter plus que nécessaire.

-Il est peut-être retourné à la maison, ou parti ailleurs, hasarda Alice en haussant les épaules. Je ne sais plus quoi pensé, à vrai dire.

-Pas à l'appartement, non. Il sait que nous y étions et...

-Non, je veux dire... vraiment à la maison. L'endroit où vous êtes allé n'est pas l'endroit où mon frère vit. C'est plutôt sa garçonnière. Mais en dehors de son travail... il vit avec ma sœur, Rosalie.

Bella ne se souvenait pas avoir lu ça dans son rapport. Mais après tout, la propre sœur d'Edward ne semblait pas non plus tout connaître de cet homme, alors... elle pouvait bien s'attendre à tous, désormais.

Elle prit donc en note l'adresse avant de repartir vers son propre appartement, maudissant encore une fois son coéquipier pour l'idée folle qu'il avait à l'obliger à vivre chez lui. Il en était absolument pas question et elle comptait bien le lui prouver.

Bella n'avait rien mis dans son sac de sport, quand il lui avait demandé de faire ses bagages, elle savait déjà qu'elle repartirait dès qu'il aurait le dos tourné. Jacob avait beau être son meilleur ami et son coéquipier, il n'était pas son père, et encore moins son petit ami. La jeune femme était donc libre de faire ce qu'elle voulait. Pis de toute manière, même avec son petit ami, elle resterait indépendante. Mince alors !

C'est dans cet esprit qu'elle ouvrit la porte de son appartement, totalement remonté contre son coéquipier, bien que sachant pertinemment qu'il ne voulait que la protéger. C'était sympa de sa part, mais elle en avait pas besoin.

Du moins... c'est ce qu'elle crut, jusqu'à ce qu'elle pénètre dans le salon, où une silhouette imposante l'attendait. L'agent Swan en resta pétrifié, lâchant sac et clé sur le parquet.

Mon Dieu, que faisait-il là ?!

ooooo

Edward savait que la jeune femme serait très surprise de sa présence chez elle... mais la voir pâlir jusqu'à l'extrême valait tout ce qu'il avait imaginé. C'était la réaction qu'il voulait prodiguer en elle, et il venait d'être récompensé de sa patience.

Isabella le regardait avec de grands yeux, l'air totalement décontenancé et un poil effrayé. Elle avait lâché son sac quand elle l'avait aperçu, faisant un pas brusque en arrière. Son visage était désormais pâle, ses yeux reflétaient peur et incompréhension, son corps tremblait légèrement. Edward sourit face à cette réaction, totalement ravi.

Il la détailla du regard avant de se concentrer sur ses yeux apeurés. Son éternel tenue moulante noires et cuir de sale flic le fit saliver, mais Edward se délecta bien plus de son visage blanc et de ses grands yeux marron. Ses cheveux ondulaient tout autour de son visage jusqu'au bas de sa poitrine.

Edward la trouvait de plus en plus bandante et cela l'irritait. Elle avait beau ressembler à une gamine quand elle était en tenue de jogging et quand elle lâchait ses cheveux, le jeune homme ne pouvait qu'apprécier, bien que cela l'agaçait.

Secouant la tête, il fit un pas dans la direction d'Isabella, n'oubliant pas sa motivation et sa présence ici. Et sa colère. Tout droit dirigé vers elle. Cette putain de flic fouineuse.

ooooo

-Qu'est-ce que tu fais chez moi ? Cria-t-elle une fois la surprise passée. Comment es-tu entrée, d'abord ? C'est une violation de domicile, ce que tu viens de faire !

Bella recula quand il se décida à avancer vers elle, l'air furibond. Monsieur sexy / connard se planta alors à quelques centimètres d'elle, braquant des yeux revolver sur la jeune femme. Bella se tut, déglutissant et levant les yeux.

Mince, il faisait au moins une tête et demi de plus qu'elle !

-Tu es bien placé pour parler de ça, hein, Isabella ! Ricana-t-il méchamment.

Bella secoua la tête en reculant tandis qu'il avançait. Elle finit par buter contre le dos du canapé, et Bella releva les yeux. Elle ne voyait pas où il voulait en venir et son ton ne lui disait rien qui vaille.

-Je ne vois pas de quoi tu parles ! Cria-t-elle avec mépris, osant le défier du regard. Dégage de chez moi, Edward ! Tu n'as pas à être ici.

-Le déni, maintenant ? S'exclama le jeune homme en se penchant sur elle. Je ne partirais pas, Isabella, chuchota-t-il ensuite à son oreille, la faisant frissonner malgré elle. Je ne partirais que quand tu m'auras expliqué ce que tu faisais chez moi et pourquoi.

-Je ne vois pas...

Mince, comment il savait ça, d'abord ? Alice Cullen avait juré de ne rien dire.

Edward plaqua une main contre sa bouche, perdant visiblement patience au vu de son regard noir et de sa mâchoire contracté. Bella commença réellement à appréhender ce qui allait suivre, réfléchissant rapidement à l'attitude à adopté en cas de danger.

Edward lui voulait-il du mal ? Si oui, pouvait-elle se défendre et appeler Jacob à temps ? Car l'agent Swan n'était pas stupide; elle avait bien compris que cet homme était armé au combat à mains nues. Il aurait toujours le dessus sur elle, quoi qu'elle fasse.

Mince, même jeter son genou dans ses parties serait inutile. Il la maîtriserait bien avant que le coup parte !

-La ferme, Isabella ! Dit-il calmement en laissant sa main en place. Tu te rends encore plus idiote en niant comme tu le fais. Serais-tu tellement obsédé par la soirée où je t'ai embrassé que tu veuille rentrer chez moi pour me retrouver ?

Son arrogance ne faiblissait jamais, augmentant la colère de Bella. Cette dernière lui frappa le bras en retirant sa main brusquement, grimaçant de dégoût.

-Jamais je ne voudrais réinitier ça ! Lui cracha-t-elle à la figure, y mettant tout son cœur. Depuis que je t'ai rencontré, tu me lances sarcasmes et insultes, mépris et intolérance.

-Et pourtant, tu reviens toujours, souffla-t-il en haussant le ton, lui agrippant la nuque brutalement. Tu es aussi méprisante que moi, Isabella. Tu as l'allure d'une gamine pourrie gâtée qui s'empourpre au moindre propos salace. Tu es faible, minable et ennuyante à souhait ! Et tu veux que je te dise; le baiser que je t'ai donné, c'était certainement le meilleur de ta vie. Personne ne pourrait véritablement s'intéresser à une casse-pieds comme toi !

La jeune femme serra les dents en tentant d'échapper à sa poigne, sans succès. Edward l'empoigna plus durement avant de la rapprocher de lui, jusqu'à ce qu'elle soit quasiment collée contre lui. Elle poussa un cri de rage en gesticulant dans tous les sens. Edward pouffa face à sa faiblesse.

-Tu t'es regardé avant de parler, Edward ? Tu es constamment méprisant et violent, et tu crois que les femmes se pâment devant toi et ton physique ?! Toutes tombent probablement dans le panneau pendant cinq minutes, mais ensuite, elles regrettent tellement d'avoir croisé ta route ! Tu n'es qu'un sale connard et rien d'autre !

-Alors vas-y Isabella, ose me dire que le baiser ne t'a pas plu ! Hurla-t-il en lui attrapant rapidement une poignée de cheveux qu'il tira en arrière. Regarde-moi dans les yeux et dis-moi ce que tu as ressenti samedi soir. Regarde-moi !

Bella gémi face à la douleur qui lui provenait du cuir chevelu, fuyant le regard de l'homme face à elle. La situation lui échappait, mais elle savait qu'il ne lui ferait pas réellement de mal, dans le mauvais sens du terme. Certes, il était violent mais elle avait connu bien pire comme homme...

La jeune femme tenta de s'extraire de la poigne d'Edward, mais ce dernier maintient sa tête pour faire en sorte qu'elle le regarde en face. Serrant les dents, Bella leva les yeux, prenant courage.

-J'étais bourré ce soir-là, dit-elle avec mépris, souriant faiblement. J'ai peu de souvenir de ce passage, à vrai dire.

Elle n'était pas profiler pour rien, alors le mensonge passa. Mais au vu du regard de l'homme, elle su qu'il n'était pas dupe et qu'elle venait de le rendre encore plus fou de rage. Edward se rapprocha dangereusement d'elle, menaçant et sinistre. Elle prit peur et poussa un faible cri.

-Si tu me cherches, tu vas me trouver, susurra Edward avant de venir plaquer ses lèvres contre les siennes, l'écrasant contre le mur avec violence.

Il tira sur ses cheveux d'une main, agrippa sa nuque de l'autre, et l'embrassa avec empressement, la faisant gémir de douleur et d'envie. Bella tenta de le repousser quand il commença à sortir sa langue pour venir lui caresser la lèvre supérieure, mais elle frissonna malgré elle, fermant les yeux. Des frissons délicieux lui parcouru tous le corps quand, instinctivement, elle ouvrit la bouche à son tour, laissant libre cours à la passion de l'homme.

Edward sourit contre ses lèvres avant d'accentuer le baisser, lâchant ses cheveux doucement pour venir se poser sur la taille de Bella. Cette dernière le sentit à peine, totalement déconnecté de la réalité. Elle arqua le dos instinctivement.

Un instant ils se jettent les pires insultes et la seconde suivante, ils s'embrassent avec passion, aimant ça aussi bien l'un que l'autre.

Bella ne comprenait plus rien à la situation, totalement perdu dans le tourbillon de sensation qu'elle éprouvait maintenant. Même ses sentiments se bousculèrent, pour former un amas incompréhensible d'émotions. Désir et fureur devinrent alors confus pour elle.

Edward se mit soudain à glisser la main sur sa nuque autour de son cou, pour ensuite descendre sur son épaule et sur sa poitrine. Il s'écarta d'elle une seconde pour reprendre son souffle, ne laissant pas le temps à Bella de parler qu'il se jetait encore sur ses lèvres, cette fois n'hésitant pas à entrer sa langue dans la sienne. Il la fit ensuite tournoyer avec cette de Bella, la faisant gémir malgré elle.

Cette dernière sentit les mains baladeuse d'Edward s'attarder sur ses seins, pour venir ensuite glisser ses mains sur les pans de sa veste, qu'il fit glisser lentement sur ses bras, la laissant tomber par terre. Il mit ensuite ses mains sous son haut. Bella se sentit honteuse de ne penser qu'à une seule à cet instant ; heureusement qu'elle avait laissé sa plaque, son holster et son arme chez Jacob, bien que ce geste soit stupide en un sens. Elle n'avait dès lors plus d'excuse pour l'arrêter...

Edward remonta donc ses mains sous son haut, la faisant trembler violemment. Ça faisait longtemps qu'un homme ne l'avait pas touché de cette manière et surtout, c'était la première fois qu'elle embrassait un homme autre que Jacob. Et bien qu'elle soit furieuse de l'admettre, elle le préférait à son ami.

-Ose me dire que tu n'as pas aimé, murmura Edward à son oreille, venant lui mordre le lobe avec douceur.

Bella frémie sous ses caresses, penchant involontairement le cou dans l'autre sens, l'invitant à continuer. Edward ri dans son cou, resserrant sa prise sur sa taille.

-J'ai ma réponse. Ton corps parle pour toi, même si ton esprit me traite sûrement de connard à l'heure qu'il est.

-Tu ne crois pas si bien dire, répliqua-t-elle dans un murmure, les yeux clos par le plaisir. Je te déteste.

-C'est réciproque, mon cœur, souffla-t-il en embrassant rapidement ses lèvres. Mais hélas, la haine et le désir vont parfaitement bien ensemble... et là, tu vois, mon corps veut le tient.

Il appuya ses dires en venant se plaquer contre elle, pressant son bassin contre le sien. Bella blêmit en sentant son érection contre son bas-ventre. Le désir s'évapora pour elle.

-Je... non, c'est bon, on arrête-la, bafouillât-elle en se dégageant sur le côté, croisant les bras sur sa poitrine. On ira pas plus loin Edward.

Ce dernier la regarda avec envie, les yeux noirs et un sourire taquin. Il pencha la tête sur le côté en la regardant fixement.

-Pour le moment, je t'assure.

-Non, c'est non. N'oublie pas ce que tu m'as lancé à la figure tout à l'heure.

-Oh je n'oublie pas, crois-moi, répliqua-t-il avec malice. Mais là, tu vois, j'ai autre chose en tête.

Bella se retrouva allongée sur le canapé en moins d'une seconde, Edward venant sur elle et attrapant ses poignets pour les maintenir contre ses flans. Elle écarquilla des yeux effrayés avant de tenter de le frapper avec ses pieds et ses genoux. Edward l'immobilisa totalement, la faisant crier de frustration.

-Si tu dis non, je n'insisterais pas, Isabella, la prévint-il doucement en lui lâchant un poignet pour caresser sa joue. Mais arrête de te mentir; tu me désir autant que je te désir. Ne le nie pas. Pourquoi ? J'en sais rien non plus. Je te déteste tout autant, mon cœur. Mais tu as quelque chose... depuis que je t'ai embrassé, je deviens fou. Je n'arrive pas à te sortir de ma tête et ça me fais te haïr encore plus. Je déteste ressentir ça, putain ! Qu'as-tu de plus que les autres femmes, hein ?!

Bella ne répondit pas, se contentant de le regarder sans bougé, écoutant ses paroles avec étonnement et... peur. La peur, car Edward venait de décrire ce qu'elle ressentait pour lui. Les mêmes sentiments. Cela l'effraya et la rassura en même temps. Elle n'était donc pas la seule. Il ressentait la même confusion qu'elle.

Elle sourit de soulagement, laissant Edward perplexe. Elle leva alors une main hésitante, venant toucher sa mâchoire râpeuse puis ses lèvres. L'homme semblait perdu, figé sur place. Bella retira sa main comme si elle s'était brûlé.

-C'était le meilleur baiser que j'ai eu. Mais tu reste monsieur sexy / connard pour moi.

-Sexy / connard, hein ? Sourit Edward en se redressant. J'ai connu pire, tu sais !

-Gros con arrogant ? Supposa la jeune femme en se levant à son tour, rougissant quand elle le vit lorgner sur ses seins.

-J'ai vérifié, tu sais ! Souffla Edward en se penchant sur elle. Tu ne caches rien entre tes seins, aujourd'hui.

Elle le poussa du canapé en pouffant, se disant que son plan était peut-être tordu, mais si elle continuait comme ça, elle réussirait. Edward semblait vouloir l'avoir... et bien tant mieux, elle pourrait alors s'en servir pour ensuite le cuisiner.

Là, Jacob ne pourrait pas s'interposer s'il s'agit de travailler.

Le plan était bon, mais Bella doutait beaucoup sur ses propres motivations. Étais-ce pour l'enquête ou pour les sentiments qu'elle avait pour Edward ?... Aussi effrayant que cela puisse paraître, Bella risquait gros dans cette histoire. Comme se perdre totalement.

ooooo