LA VOIE DES NOMBRES

TOME I


XV

Rapprochement

« Le désir de l'homme trouve son sens dans le désir de l'autre »

Jacques Lacan


OOOOO

5 mai

Central Park fourmillé de badauds en tous genres et de tout âges, occupant les pelouses et les bancs. Les enfants faisaient du roller, du skate, de la corde à sauter ou du vélo. Les adolescents se prélassaient sur l'herbe fraîchement tondue, certains bronzants, d'autres étudiants. Les adultes se délassaient sur les terrasses de cafés, consommant en cette douce journée des boissons chaudes ou fraîches. Chacun profitait pleinement du printemps. New York observait ainsi les préludes d'une saison hautement apprécier, après avoir survécu à un hiver particulièrement glacial, atteignant sans problème les – 40°c.

Pour Edward, cela voulait dire tout autre chose. Après tout, la douceur du mois de mai, prévenant des chaudes journées d'été, n'avait jamais été compatible avec les asthmatiques.

-Puis-je parlé à quelqu'un de qualifier, dans ce foutu bureau, oui ou non ?!... Non, je voudrais juste des renseignements au sujet de Charlie Swan... Non, je sais parfaitement qu'il est en voyage d'affaires mais... Bon écouté, je suis sa fille, alors passez-moi quelqu'un de susceptible de m'aider, bordel !... Justement, je n'ai plus de nouvelles depuis plus d'un mois et... Passez-moi quelqu'un d'autre ! ... je vous remercie.

Isabella soupira bruyamment en lâchant son téléphone sur la table, tapant nerveusement du pied contre sa chaise. Edward sourit face à l'agacement de la jeune femme, restant en retrait afin qu'elle ne le voit pas l'observer. Son humeur massacrante l'amusait grandement. Elle n'était pas toujours douce et docile, apparemment...

-Mademoiselle Swan ? Rugis soudain son téléphone, l'ayant mis sur haut-parleur.

Isabella sursauta légèrement avant de pousser un grognement, se concentrant rapidement sur son appel en reprenant maladroitement son téléphone. Edward se tenait assez proche d'elle pour être capable d'entendre son interlocuteur.

-Oui ?

-Bonjour, je suis l'agent Doyle, du bureau de New York où travaille votre père. C'est moi qui prends la relève durant son absence et qui commandite ses déplacements. J'ai cru comprendre que vous désiriez lui parler.

-En effet, dit-elle presque méchamment. C'est le silence radio et vu la position de mon père, j'ai toutes les raisons du monde pour m'inquiéter de cette absence d'informations.

-Je le comprends parfaitement, mademoiselle Swan, répondit l'agent avec calme et professionnalisme. Mais sachez que j'ai eu Monsieur Swan hier soir au téléphone et je peux vous assurer de sa bonne santé.

-Et le fait qu'il vous contacte vous et non sa propre fille, ce n'est pas suspect, ça ? S'emporta-t-elle en haussant la voix. J'exige des informations sur son déplacement.

Elle frappa du poing sur la table, ce qui impressionna Edward. Cette gamine avait finalement du caractère quand elle voulait.

-C'est très délicat comme requête, mademoiselle Swan. Votre père étant le directeur du bureau du FBI du comté de Riley, il devait se rendre à Paris afin d'assister à une conférence sur...

-Il m'a clairement parlé de ça, mais honnêtement, je n'y crois pas. Je veux savoir où ça en est et s'il ne risque rien !

L'agent mit du temps à répondre, et Edward en profita pour se rapprocher encore un peu.

-Mademoiselle Swan, écouter... je ne suis pas en position de vous parler de cette affaire. Sachez seulement que par mesure de précaution, tous les agents devaient laisser leurs portables auprès de notre agence. Nous ne voulons courir aucun risque et...

-Je me fous bien de vos explications, agent Doyle. Faite en sorte que mon père me contacte d'ici vingt-quatre heures. Ou je vous préviens, je ne vous lâcherais pas !

Raccrochant, Isabella souffla un grand coup en s'effondrant sur sa chaise, l'air complètement lessivé. Les agents fédéraux n'étaient décidément que des emmerdeurs à la langue de bois ! Edward ne le savait que trop bien...

Il se décida enfin à se manifester, alors que la jeune femme était encore perdue dans ses pensées, appréciant le soleil réchauffé son visage. Edward tendit une main et lui prodigua une douce caresse sensuelle, juste dans le creux de son cou. Isabella frissonna en penchant la tête en arrière. Il continua alors en se penchant en avant, l'embrassant au creux de l'oreille. Elle émit un gémissement de plénitude qui fit rire Edward.

-Dix minutes pour deux malheureuses boissons ? Grommela-t-elle faiblement en renversant la tête en arrière pour le regarder.

Edward se contenta de hausser les épaules avant de venir s'asseoir en face d'elle, un sourire de loup au coin des lèvres. Il adorait la moue qu'elle faisait après s'être mordu les lèvres. C'était tellement sexy.

Poussant le chocolat chaud vers elle sans rien dire, il la vit lever des yeux interrogateurs. Elle fronça les sourcils avant de prendre sa boisson.

-La plupart des gens n'auraient pas réfléchi et m'auraient pris un café.

-Parce que tu aurais préféré une Tequila ?

Oh oui, il adorait la provoquer ! Le regard qu'elle lui lançait à chaque remarque déplacée le faisait sourire. Et l'excitait. Ses yeux s'assombrissaient quand elle était en colère et cela la rendait désirable à souhait. Edward adorait ce regard furieux.

-Non, pas du tout, dit-elle en fronçant le nez de dégoût. Et je t'interdis à l'avenir de me forcer à boire. Simplement... je hais le café.

-Tu détestes tout, de toute manière. Tu es bien une femme: dépendante du sucre ! Et de toute façon, je ne me serais pas levé pour te chercher autre chose.

-Waouh, quel gentleman tu fais, Edward ! Rétorqua Isabella. Tu es bien un connard, à ce que je vois.

-Mais un connard qui embrasse super bien ! Chuchota-t-il en étirant ses lèvres paresseusement.

-Un connard super-arrogant qui embrasse bien, renchéri-elle en souriant innocemment. Avoue que c'est mieux, là !

Edward renifla en réponse, détournant les yeux. OK, il l'avait mérité. Elle ne faisait que jouer en poussant la provocation. Très bien. Il adorait la provocation. Il allait jouer, lui aussi.

-Hé, cria-t-elle en lui frappant le tibia de son pied. J'ai dit que tu embrassais quand même bien ! Arrêtes de bouder, maintenant.

Putain, mais c'est qu'elle insistait, en plus ! Elle voulait vraiment le voir craquer.

-Je ne boude jamais, Isabella, gronda-t-il en retirant brusquement ses lunettes de soleil. Il me faut beaucoup plus pour m'atteindre, crois-moi. Ta puérilité me fait bien rire, en faite.

Isabella plissa les yeux en croissant les bras, l'air furieuse. En plein dans les dents !

-Voilà, tu recommences encore ! Cracha-t-elle. Il faut toujours que tu agisses comme un con ! Je ne faisais que plaisanter, bon sang ! Tu n'as vraiment pas d'humour, toi alors.

-Pas quand on m'insulte, Isabella, répondit-il durement.

-Tu ne te prive pas, toi.

-Fais ce que je dis, pas ce que je fais, cita-t-il d'un ton badin, retrouvant le sourire et faisant desserrer les dents d'Isabella.

Si, il avait de l'humour ! Il aimait juste l'effrayer. Elle marchait tellement que ça en devenait trop facile pour lui. Si elle croyait qu'il n'avait pas deviné son petit manège depuis trois jours, elle se fourvoyait !

Voilà trois jours qu'Edward et Isabella se voyaient, suite au deuxième baiser. Et durant ses trois jours, ils n'avaient pas arrêté de se chercher. Avant, c'était blessant. Mais Edward avait vite compris ce qu'avait en tête la jeune flic. Hélas pour elle, la manipulation était son fort. Et il n'allait pas s'en priver avec elle, quitte à jouer un petit peu.

Étonnamment, la rencontre était calme, aujourd'hui. Pas d'insulte à proprement parler, pas de haussement de voix, pas d'obscénité... De l'extérieur, c'était un jeune couple qui jouait à chien et chat. Ou une amitié vache entre deux vieux amis de lycée, peut-être.

Qu'importe, Edward devait garder la situation sous contrôle, car il commençait à l'apprécier un peu trop, la petite flic. Apprécier la présence d'Isabella, mais aussi sa voix, ses gestes, ses goûts... cela pourrait devenir problématique à la longue. La situation lui échappait et il haïssait ça ! Il devenait trop sympa avec elle. Trop complice.

Cela allait mal finir et il le savait.

OOOOO

Aujourd'hui, le printemps semblait s'évanouir dans la nature pour laisser entrer un semblant d'été. Tout Manhattan grouillait de passant profitant du soleil et des températures atteignant bien vite les vingt-cinq degrés. Edward ne s'en plaignit pas cette fois-là, car il put admirer la flic sous un œil nouveau ; Isabella avait fait l'effort d'abandonner son éternel uniforme de guerrière. Edward glissa alors son regard sur ces courbes de femmes; OK, ce n'était pas une gamine, vu comme ça. Elle portait un short en jean tout déchirer, aux poches roses fleuries dépassants au bas du tissu, un t-shirt vert très court, lui arrivant au-dessus du nombril, et une paire de basket blanche toute simple. L'incarnation de la sportive sexy. Le chiffre 25 peint en blanc sur le t-shirt rappelait les uniformes sportifs de lycée. Edward adorait surtout voir son ventre plat et son épaule dénudée.

Ouais, ce n'était pas une gamine, attifé comme elle l'était. Et certainement pas une flic non plus. Edward l'apprécia grandement à cet instant.

Voyant qu'elle était reluquée ouvertement, Isabella le regarda fixement à son tour, buvant sa boisson sans le quitter des yeux.

-À qui parlais-tu au téléphone ? S'enquit-il soudain, jouant distraitement avec la cuillère de sa tasse. Tu semblais... contrariée. Très agitée aussi. C'était très excitant.

Il tentait juste de la faire parler. Il savait parfaitement qui était l'agent au téléphone.

-Et toi, tu n'as pas de clients à satisfaire, en matière de divorces ? Les avocats sont-ils souvent en repos ou c'est juste toi ? Ton salaire onéreux semble pouvoir te permettre beaucoup de liberté.

Edward se mit à rire en passant une main dans ses cheveux couleur bronze. Il continua de sourire en s'étirant exagérément, attirant de nombreux regards de la gent féminine.

Cette flic avait de la repartie, au moins ! Mais aussi beaucoup d'audace. Elle était en train de l'interroger comme si de rien n'était... Pauvre petite, si elle savait !

Isabella fusilla du regard toutes les femmes présentes sur la terrasse, ce qui fit éclater de rire le jeune homme. Elle le frappa une seconde fois dans le tibia, plus fort cette fois-ci. Edward gronda.

-Ne me dis pas que tu es déjà jalouse, mon cœur ! Tu n'as pas fini de repousser les femmes, dans ce cas. Elles en veulent toutes après moi.

-Je dois donc me sentir flatter que tu veux ma compagnie à la leur ? Répondit-elle en s'indignant devant son sourire.

-Exactement, mon cœur !

-Va au Diable ! Siffla-t-elle avec rage. Et arrête avec ce surnom stupide. On ne sort pas ensemble !

Edward haussa les épaules, l'air indifférent. L'enfer, il le vivait chaque jour depuis bien longtemps.

-Bon, on arrête de se lancer des pics pendant une heure ? Demanda-t-il. Si tu y arrives, je te promets d'être moins con avec toi.

-Quoi, tes déjà fatigué ? Ironisa-t-elle en ricanant. Je croyais que c'était justement ça que tu aimais. Attends, que je me souvienne... ah oui ! La haine et le désir font la paire.

Edward arqua un sourcil avant de ce levé, lui faisant signe de le suivre.

-Tu n'es vraiment pas doué pour ces jeux, toi. Tu viens de perdre, désolé.

Il lui sourit avant d'empoigner doucement son coude et l'entraîner à travers la foule. La jeune femme reçut au même moment un appel. Isabella vérifia son téléphone, et gémit soudainement quand elle regarda le nom qui s'afficha sur l'écran. Hésitante, elle finit par décrocher.

OOOOO

-Putain, t'es où ?! Hurla son coéquipier, la faisant crier d'indignation à son tour.

Edward lui jeta un coup d'œil distrait, la tirant toujours par le coude à travers le parc.

-Jake, je suis désolé, je...

-Je t'en supplie, ne me dis pas que t'es avec lui !

Bella se mordit les lèvres violemment sous le regard d'Edward. Ce dernier la poussa à sa voiture, sous son regard courroucé. Il semblait... contrarié ?

-Putain Bella, c'est pas vrai ! Si je t'ai fait venir chez moi, c'est bien pour que je puisse veiller sur toi. Et bien non, mademoiselle s'enfuit pendant trois jours sans nouvelles et ne viens même pas s'expliquer !

-Écoute Jake, je sais que tu le fais avec toutes les bonnes attentions du monde mais je vais bien, OK !

Bella leva les yeux vers Edward et vit que celui-ci l'observait attentivement, pinçant les lèvres durement. La jeune femme souffla avant de lui tourner le dos, se mettant à chuchoter en se cachant derrière ses cheveux.

-Je t'expliquerais plus tard. Je ne peux pas parler maintenant.

-T'es avec Edward Cullen ? Demanda son ami d'un ton plus posé, se retenant visiblement de lui crier dessus.

-Oui, chuchota-t-elle doucement. Je... je tente de l'approcher pour...

-OK, je vois ce que tu veux dire. Tu crois que ça marchera ? Je veux dire, j'ai rassemblé toutes les affaires que nous avons trouvées chez lui et... j'ai trouvé des trucs vachement intéressants. Tu crois qu'il peut te lâcher les baskets ce soir pour que tu viennes me voir ?

-Si tu insinues que je passe mes nuits avec lui, Jake, tu te trompes ! Cria-t-elle faiblement. Je ne vais pas coucher avec lui.

-Ton plan est de le séduire, non ? Pas de faire ami-ami. Un homme voudra plus qu'une petite virée en ville, Bella. Fait gaffe à toi, d'accord ?

-Ce que tu as trouvé doit m'inquiéter ?

-Non... pour le moment, je pense que... tu ne risques rien avec Cullen. Mon hypothèse du flic commence à se confirmer. Mais reste sur tes gardes, OK ?

-Promis Jake, tu me connais.

-Justement, c'est pour ça que je te dis ça ! J'ai peur que tu t'investisses un peu trop.

-Je reste professionnel, Jake ! Ne vas pas t'imaginer autre chose.

-J'espère bien. Oh et... ne va pas t'imaginer que j'oublie le coup que tu m'as fait. Un tueur nous a pris comme cible et tu me laisses sans nouvelles durant trois jours. Ça va se payer cher, Bella.

En raccrochant, elle sentit un regard sur son dos.

-Jake est un copain ? Demanda-t-il en tirant de sa poche un paquet de cigarettes.

Bella poussa un cri étrangler avant d'empoigner le bras d'Edward, figeant son geste.

-Non mais je rêve ou tu fumes ? Cria-t-elle, scandalisée. Tu ne sais pas que la cigarette et l'asthme ne font pas bon ménage, ou quoi !

-Je te conseille vivement de retirer cette main, Isabella. Je ne vois pas en quoi c'est ton problème.

-Non, tu as raison. Pourri-toi la vie, c'est bien !

Edward se contenta de lui vriller un regard noir avant de la pousser abruptement dans la voiture, fermant la portière violemment.

Sur la route, Bella resta silencieuse, observant la circulation très dense de Manhattan. Elle était dans ses pensées, quand monsieur sexy / connard tourna brusquement à un carrefour, se détournant de sa rue de résidence. Il se gara un peu plus loin, entre deux camions de cargaisons.

-Mais qu'est-ce que tu fais ? S'écria-t-elle en se tournant vers lui brusquement.

-Silence, lâcha-t-il rudement.

Edward coupa le contact et regarda dans son rétroviseur. La jeune femme se détacha et se tourna vers lui, le front plissé.

-Expliques-toi !

Edward plissa les yeux en se passant distraitement une main sur son menton, l'air concentré. Bella commença à perdre patience et décida de descendre du véhicule. Il l'en empêcha en saisissant son biceps rapidement, serrant légèrement sa prise. Elle tira mais ne pût se défaire.

-Ne bouge pas encore, siffla l'homme en regardant toujours le rétroviseur.

-Ça suffit, Edward ! Relâche-moi immédiatement et expliques-toi !

Il tira violemment sur sa prise et Bella se retrouva couchée sur lui, la tête contre ses genoux. Edward la maintint ainsi quelques secondes avant de la lâcher complètement. Bella s'éloigna de lui en vociférant des insultes mordantes.

-Non mais c'est quoi, ton problème ! Siffla-t-elle.

Elle le fusilla du regard avant d'apercevoir un gros 4X4 tourné au coin de la rue. Le véhicule était noir et ses vitres étaient teintées. Bella tourna un regard interrogateur vers Edward.

-C'est ce véhicule, qui te perturbe ?

-Mon cœur, il n'y a rien qui me perturbe, répliqua-t-il sardoniquement.

OOOOO

Le soir même, Bella retrouva Jacob à son propre appartement, ce dernier voulant finalement qu'elle reste bien enfermée chez elle et qu'elle ne sorte pas de nuit. Il emmena avec lui tous les éléments retrouvés chez Edward Massen / Cullen et les étala un peu partout sur la table de la cuisine de Bella. La jeune femme posa une grande tasse de café près de son ami, qui l'en remercia.

-Allez, déballe tout ce que tu as sur le cœur, Jake.

-Bon, j'ai deux hypothèses sur ton petit copain friqué.

Bella le frappa à l'épaule avant de s'asseoir face à lui.

-D'une; ce n'est pas mon copain, de deux; s'il est friqué, ce n'est sûrement pas dû à son métier d'«avocat», grommela la jeune femme en mimant des guillemets. Ça fait trois jours qu'on se voit tous les après-midi et pas une fois il a dû décrocher son téléphone... Ce n'est pas normal.

-Ouais, bas justement, j'ai fait des recherches supplémentaires et devine quoi; Edward Cullen n'est dans aucun fichier... Invisible, le mec. Comme s'il n'existait pas. Ce qui n'est pourtant pas le cas d'Alice Cullen. J'ai découvert que la famille Cullen habitait tous à Forks, avant que la benjamine arrive vivre ici. Selon les fichiers, Carlisle et Esmée Cullen aurait uniquement deux filles; Alice et Rosalie Cullen. Pas de fils connu à ce jour. Aucun acte de naissance, rien. Edward Cullen n'existe pas, Bella. Mais Massen, oui.

-Il aurait été adopter par la famille Cullen, tu crois ? Demanda-t-elle en buvant un verre d'eau. Alice était pourtant catégorique quant à l'identité d'Edward. Elle m'a bien dit qu'il est son frère, et que le nom de Massen ne lui dit vraiment rien.

-Même adopter, il y aurait des traces, rétorqua l'agent Black. Mais là, on n'a rien. Edward n'est pas celui qu'il prétend être. J'ai donc quelque chose à te demander.

-Qu'attends-tu de moi ?

Jacob se pencha sur la table, les poings contre le bois, regardant son amie sans ciller.

-Il me faut son ADN. Avec, Tyler pourra sans doute l'identifier. Sinon... s'il ne trouve rien... mon idée première se concrétisera.

-C'est-à-dire ? Souffla l'agent Swan.

-Tu sais à quel point ils adorent brouiller les pistes, à la CIA, non ? Sourit-il.

Bella se leva brusquement de sa chaise, visiblement agacée.

-Et la vidéo sur le dramaturge ?! S'écria-t-elle en levant les mains au ciel. La visite étrange de Newton et leurs disputes ? Le fait qu'il porte une arme !

-Justement Bella, réfléchis, bon sang ! J'ai retrouvé aussi pas mal de documents sur les victimes que nous avons retrouvées récemment...

-Et ça ne te suffit pas, c'est ça ? S'indigna l'agent Swan. Il est violent, armée, ment sur son identité, détiens des informations que seule le FBI devrait détenir et toi, tu me dis qu'Edward n'a rien de suspect ?! Mais regarde, Jake, tout est sous nos yeux ! Arrête de fantasmer sur James Bond car ça devient vraiment ridicule ! Edward n'est pas un flic, mais le suspect numéro un de l'enquête. Si tu crois me faire croire le contraire, tu n'y arriveras pas. Je te prouverais le contraire ! Je vais pousser mon plan et j'irais chez lui...

-Bella, je t'en prie, je suis sûr de moi ! On est sur de mauvaises pistes, je le pressens. Les vidéos où le tueur parle montre bien l'animosité qu'il a pour moi. C'est forcément quelqu'un que j'ai déjà connu ou arrêter ! Edward est nul doute un bouc émissaire, et le tueur veut peut-être même nous faire croire justement qu'Edward est...

-C'est débile, comme raisonnement, Jake ! Je le vois bien qu'Edward est étrange, je suis profiler, ne l'oublie pas. Il cache quelque chose et c'est certainement parce que c'est le tueur ! Mike Newton est sans doute dans le coup aussi.

-Non mais tu t'écoutes ! Cria l'agent Black en s'avançant vers elle. Tu accuses notre chef, merde ! Je sais qu'il est con mais ça va trop loin, là. Il n'est pas assez stupide pour se détourner autant de la loi. Il faut chercher ailleurs !

-Parfait ! Alors continue tes recherches de ton côté et laisses-moi enquêté sur Edward toute seule. On verra bien qui aura raison.

-OK, fait comme tu le sens, marmonna Jacob en bousculent rageusement la chaise près d'eux. Tu n'en fais toujours qu'à ta tête, de toute manière...

Quand Jacob sortis en claquant la porte violemment, Bella souffla avant de rassembler tous les documents en un gros tas, laissant tout sur la table. Elle était beaucoup trop remontée pour remettre tout ce bazar dans le carton et elle avait besoin de prendre une bonne douche pour déstresser.

Une fois douchée et apaisée, Bella s'enroula dans une serviette noire avant de se frotter les cheveux avec une autre. Observant son reflet dans la glace, elle vit son visage légèrement rosé par la chaleur de la pièce, et se frotta encore énergiquement sa chevelure d'une seule main. Des gouttes d'eau perlèrent encore jusqu'à sa poitrine quand on frappa à la porte.

Hésitante, Bella se mordit les lèvres en ouvrant la porte, ouvrant déjà la bouche pour dire à Jacob Black qu'il pouvait aller se faire...

Bouche-bée et morte de honte, Bella découvrit Edward sur le palier, le regard surpris. Ce dernier étira alors ses lèvres, promettant alors bien des ennuis.

ooooo