LA VOIE DES NOMBRES
TOME I
XVIII
Se méfier des apparences
« Sur l'apparence est bien fou qui se fonde »
Proverbe Français
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-Bella, je t'en prie, décroche ce téléphone ! Écoutes, je suis désolé pour hier soir, d'accord ! On est tous à crans depuis des mois et... bon, rappelle-moi.
-Salut, bon écoutes, je sais que tu ne veux pas me parler... mais s'il te plaît Bella, donne-moi de tes nouvelles !
-Bella, arrête d'être aussi borné, merde ! J'ai trouvé d'autres éléments qui devrait t'intéresser. Rappelle-moi.
-Je suis passé chez toi et tu es introuvable. Bordel, Bella, tu commences à me faire peur ! Où es-tu passé ?! Arrête de me fuir !
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Ça n'avait pas arrêté de toute la journée ! Le téléphone d'Isabella sonnait en permanence et à chaque fois, le correspondant qui essayait de la joindre n'était nul autre que Jacob Black, son coéquipier. Edward en avait plus que marre mais au fond de lui, ces appels le rassuraient. Ce type était sans doute le seul à vraiment faire attention à cette fille. Edward coula un regard vers cette dernière.
Isabella reposait sur le lit, emmitouflée dans des draps noir et vert. Toujours inconsciente, elle exposait un visage pâle comme la mort et une immobilité inquiétante. Edward l'observait de loin, appuyer contre le mur, silencieux. Il attendait le pronostic de son père.
-Je ne comprends toujours pas comment tu en es arrivé là, Edward !
Ce dernier détourna son regard de la jeune flic, le posant sur son père, Carlisle Cullen.
-Je te l'ai déjà dit ; j'étais énervé... je me suis laissé emporter. Ça n'arrivera plus, papa.
-Tu es irresponsable et irréfléchi ! S'emporta son père. Encore heureux que tu m'aies appelé à temps ! Encore une erreur de ce genre, Edward, et tu sais ce qui va t'arriver ! La dernière fois, tu as échoué lamentablement et résultat, il y a eu des morts. Aujourd'hui, tu ne peux plus te permettre ça. Pas avec cette fille. Elle a beaucoup trop de valeur pour que tu t'amuses avec elle, c'est clair !? Réponds-moi !
-C'est parfaitement clair, papa, marmonna-t-il en baissant les yeux sur Isabella. Elle doit rester en vie et en bonne santé. J'ai compris.
Carlisle se leva du chevet de la jeune femme, rangeant ses affaires et sortant de la chambre. Il s'arrêta à la hauteur de son fils, l'observant sévèrement.
-Une seule incartade, Edward, et c'est terminé. Quelqu'un d'autre prendra le relais si tu ne te tiens pas. L'agent Doyle se porterait volontaire...
Edward serra les poings, se retenant de répliquer.
-Va-t-elle s'en sortir ? Éluda-t-il en s'approchant d'elle doucement, sous le regard vigilant de son père.
-Que s'est-il passé avant qu'elle ne fasse sa crise, Edward ? Dans quelles conditions l'a tu retrouver ? Faisait-il chaud, froid ?
-C'est probablement... l'effort et la chaleur... peu importe. Quand je me suis réveillé, j'ai clairement entendu sa respiration sifflante... et quand je l'ai rejoint, je me suis vite énervé car elle détenait des informations sur moi. Elle a paniqué et... c'est là que ça s'est aggravé. J'étais trop en rage pour vraiment comprendre ce qui se passait. J'aurai du... merde, je suis le mieux placé pour savoir ce qu'elle a enduré !
-Calmes-toi Edward ! Son pronostic vital est tout à fait stable. Il n'y a rien à craindre. J'ai lu son dossier... son asthme n'est qu'intermittent, contrairement au tien. Je lui ai fait inhaler de la ventoline et fais subir une oxygénothérapie. Tout va bien désormais, elle n'aura pas à être hospitalisée. Le stress a sécrété plus de mucus qu'il n'aurait du... Plus de peur que de mal. Je te conseille toutefois de surveiller son état, de garder ses jambes surélevées et garder sa ventoline à porter de main. Et plus de coups de ce genre, compris !?
Quand son père parti, Edward referma la porte derrière lui, allant rejoindre Isabella sur son lit.
Quand elle s'était effondrée au sol, sur le carrelage de la cuisine, Edward avait complètement paniqué. Sa colère s'était envolé et il s'était précipité sur elle. Elle respirait toujours mais avec difficulté, peinant laborieusement pour inhaler. Alors Edward avait téléphoné à son père et avait emmené Isabella chez lui, afin d'être sûr qu'elle soit entre de bonnes mains.
Le 4X4 noir qu'Edward avait déjà repéré plus tôt dans la journée était réapparu dans la soirée, et Edward n'avait donc pas voulu laisser la jeune flic chez elle, totalement vulnérable. Il savait qu'il avait dépassé les limites depuis longtemps, ce soir-là, mais il n'avait pas pu s'en empêcher. Tout ce qu'il avait pensé à ce moment-là, c'était « par elle ».
Isabella resta inconsciente pendant douze heures d'affiler, sa respiration s'améliorant nettement depuis que Carlisle était passé. Elle se réveilla le lendemain en début d'après-midi, avant de sombrer immédiatement dans le sommeil, totalement épuisé par ce qu'elle avait vécu hier soir. Edward referma donc la porte en sortant, barrant à clé afin d'être sûr que personne ne viendrait l'importuner.
À son réveil, Edward n'aurait plus le choix. Il devrait s'expliquer.
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7 mai
..
Bella promena une main sur les draps où elle reposait, appréciant la texture glissante et soyeuse. C'était vraiment agréable de dormir dans de la soie.
Quoi ? Mais...
Ouvrant les yeux subitement, Bella se redressa dans le lit, totalement désorientée. La chambre où elle se trouvait était sombre, dans des tons noirs et vert foncé. Très masculin et racé. Elle ne mit pas longtemps pour comprendre où elle se trouvait.
Se levant, elle s'aperçut de la présence de son inhalateur sur la commode noir, posé près d'elle. Le saisissant, elle parcourut la pièce du regard, s'attardant sur la porte et puis sur la psyché. Le miroir lui renvoya alors le reflet de sa pâle personne, aux cheveux tout emmêlés et à l'allure débraillée. Elle n'avait pas changé de tenue depuis qu'elle s'était levée dans la nuit, hier soir. Son t-shirt bleu ne lui arrivait alors qu'à mi-cuisses.
Tirant sur la poignée de la porte, Bella poussa un cri désespéré. Ce connard l'avait enfermé dans sa chambre, sans aucun moyen de se changer ni de sortir ! Super, vraiment super !
Elle tourna donc en rond un bon moment, ayant déjà abandonné l'idée de sauté par la fenêtre, se trouvant alors à plus de trois mètres de haut. Ce n'est que vers la fin de l'après-midi qu'elle entendit enfin du bruit dans la maison. Bella se précipita donc sur la porte et la frappa de ses poings violemment.
-Edward, ouvre cette porte immédiatement ! Hurla-t-elle. Je te jure que si tu ne viens pas me libérer dans les cinq secondes, je...
La porte s'ouvrit brusquement, découvrant une blonde sulfureuse faisant les gros yeux. Bella se recula légèrement, surprise.
-Hum... Edward n'est pas à la maison, pour le moment, débita la blonde en penchant la tête sur le côté.
Mince, ça devait être sa seconde sœur ! Elle produisait exactement les mêmes gestes que lui. Elle regarda alors Bella avec intensité, étirant un sourire sournois.
-Tu ne serais pas Isabella Swan, par hasard ? Susurra-t-elle.
OK, ce genre de question pouvait vraiment devenir flippant, là ! Comment elle savait ça, celle-là !
-Si, dit-elle avec suspicion. Comment le savez-vous ?
Son ton froid ne fit qu'accentuer le sourire de la blonde, qui la détailla des pieds à la tête, un sourcil arqué et un air étonné.
-Petite brune dans la chambre d'Edward, ce dernier me parlant de toi dernièrement... facile à deviner. Je suis étonnée de son choix, pour dire vrai. Je te croyais plus... enfin, il s'intéresse à quelqu'un, c'est déjà ça. On va pas faire la fine bouche.
Son air hautain commença à taper sur les nerfs de Bella. La jeune femme bouscula la blonde avant de sortir de la pièce.
-Hé, attends ! Je pourrais savoir pourquoi tu étais renfermée dans sa chambre ? Pis attend, il ne ramène jamais de fille à la maison ! Ça veut dire quoi, tout ça ! Vous couchez ensemble depuis longtemps ?
Bella leva les yeux au ciel, exaspérée. Cette fille n'allait pas la lâcher !
-Bon écoute, explosa Bella en se retournant brusquement vers la sœur d'Edward. Merci de m'avoir ouvert la porte. Vraiment, c'est sympa. Maintenant, si tu veux bien, faut que j'y aille. Arrêtes avec ces questions, car elles sont absurdes. On sort pas ensemble avec Edward, et je n'ai couché qu'une fois avec lui. Et pour être honnête, c'était la pire erreur de ma vie. Maintenant, ne m'en veux pas, mais je me tire d'ici. Faut que je retrouve ton frère et que je m'explique avec lui. Fini de jouer, désormais. Je ne vais plus tourner autour du pot !
Elle chercha la sortie des yeux avant que la blonde vienne encore l'interrompre.
-Heu... et tu veux sortir les fesses à l'air ? Demanda-t-elle en riant franchement.
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Bella se gara à proximité de l'appartement d'Edward – son second domicile, où Jacob et elle avait rassemblé pas mal d'éléments dernièrement. S'il se trouvait quelque part, c'était probablement ici. Sa voiture alfa Roméo était garé devant et Bella voyait de la lumière filtrer à travers une fenêtre. Elle patienta donc un peu dans la voiture, réfléchissant à la suite des événements.
Elle était passée chez elle afin d'enfiler rapidement sa tenue de flic; débardeur et pantalon noir sur veste en cuir et queue-de-cheval haute. Elle avait glissé sa plaque et son holster à sa ceinture, puis s'était emparée de son arme de poing, le chargeant.
Elle ne pouvait plus se permettre de se laisser manipuler de la sorte ! Edward était son premier suspect et il allait passer à la casserole ! Qu'ils aient couché ensemble n'avait plus d'importance désormais. Bella devra se montrer très professionnelle.
L'agent Swan repéra soudain du mouvement de l'autre côté de la rue. Elle vit Edward sortir de l'appartement, l'air pressé. Se baissant, elle l'observa monter dans sa voiture, à quelques pas de là. Il exprimait une tension évidente, jetant rageusement sa cigarette au sol avant de grimper dans la voiture. Il démarra en trompe et fila. Ni une ni deux, elle se décida à le prendre en filature, laissant quelques voitures entre eux pour qu'il ne la remarque pas. Il roulait excessivement vite et Bella se réjouit. Même sans pouvoir prouver sa culpabilité, elle avait encore un motif pour l'arrêter.
Edward se dirigea vers Brooklyn Bridge, roulant rapidement au point que Bella le perdit de vus deux fois. Mais elle le rattrapa bien vite, restant malgré tout à l'écart. Elle avait pris une voiture de fonction et était donc facilement repérable si elle le collait trop. Elle réussit toutefois à le suivre jusqu'à destination. Elle se gara plus loin, à l'abri de tout regard.
Elle atterrit devant un grand entrepôt, au bord du port, à côté de bateaux touristiques et de voiliers. Edward sortit de la voiture et s'y dirigea, refermant derrière lui la porte en taule rouillée.
L'agent Swan inspira un bon coup, pesant le pour et le contre ; Edward était suspect et se trouvait dans un entrepôt délabré, à sept heures du soir. Elle était seule mais armée. Et avait une bonne raison de l'arrêter. Elle ne devait pas flancher.
Menace sur agent, coup porté sur agent, non-assistance en personne en danger, kidnapping... Bon, elle y allait peut-être un peu fort sur certains points, ne s'étant pas vraiment défendu non plus. Mais qui pouvait la contredire à par Edward ? Personne. Ce n'était que sa parole contre la sienne.
La jeune femme descendit de voiture, levant les yeux sur le bâtiment. Rien n'indiquait que la propriété était occupée, au vu de l'état de l'entrepôt. Comptant ses options, elle choisit de faire le tour du bâtiment, espérant trouver une autre entrée. Il était inutile d'essayer celle d'Edward... c'était bien trop évident.
Elle trouva une porte un peu plus loin, un peu branlante et rouillée. Par chance, elle n'était pas verrouillée. Immédiatement, Bella sortit son arme, méfiante. Son instinct lui insufflait à la prudence. Pénétrant dans l'entrepôt, elle parcourut rapidement l'espace jusqu'à se retrouver devant un couloir peu éclairé. Elle perçut des voix non loin d'elle, étouffées par les murs environnants. Elle s'y dirigea à pas feutrés, l'arme chargée.
Coulant un regard au détour du couloir, l'agent Swan découvrir une grande salle dépouillée, aux vitres sali par le temps, sombre et mal odorante. Des chaises s'empilaient dans un coin, une carcasse de bateau s'entreposait à un autre coin, des déchets et des morceaux de métaux jonchaient le sol un peu partout. L'endroit était insalubre et totalement isolé. Personne n'aurait eu l'idée de venir s'aventurer ici. Sauf des personnes trafiquant dans des affaires douteuses, bien sûr.
Bella découvrit deux ombres à l'extrémité de la pièce, se tenant face à face. Elle reconnut Edward, légèrement penché vers un homme brun à l'allure d'homme d'affaires. Ils semblaient en désaccords, Edward regardant son interlocuteur d'un air acerbe. Bella les suivit des yeux discrètement quand ils se dirigèrent vers une gigantesque porte de hangar, ouverte à moitié. Elle repéra ensuite un escalier menant à une mezzanine et y monta, faisant attention à son ascension quand l'escalier grinça. Une fois en haut, l'agent pût avoir une vu d'ensemble sur tout l'entrepôt, ainsi que sur les deux hommes, poster l'un à côté de l'autre, tournés vers le fond de la salle où se trouvait la porte.
La mezzanine où Bella se trouvait possédait un garde-fou en métal. Elle se baissa au maximum et s'y cacha, relevant la tête du bastingage, les espionnant discrètement.
Que faisait Edward dans cet endroit ? Et qui était cet homme ? Ce n'était certainement pas un client voulant divorcer !
La jeune femme plissa les yeux à la venue de deux autres hommes, tous habillés de noir. Chacun portait une arme à feu à la taille. Leurs visages exprimaient tous un air grave et défiant, se positionnant de façon à intimé la réserve et l'intimidation. Edward et l'homme à ses côtés échangèrent des paroles, que l'agent Swan ne put entendre. Ensuite, l'un des nouveaux arrivants fit un signe de la main derrière lui, comme invitant quelqu'un à entrer.
Alors deux personnes déboulèrent dans la salle ; l'un d'entre eux portait un sac noir sur la tête, dissimulant son identité. L'autre le tenait fermement par le bras, l'obligeant alors à s'agenouiller au sol.
L'homme avait les mains attachées dans le dos et était recouvert de sang. Il n'opposa aucune résistance et s'effondra au sol, son ravisseur le maintenant par le bras et l'épaule. Bella commença à légèrement paniquer, sentant sa respiration accélérer.
Dans quel pétrin s'était-elle fourrée ? Suivre un potentiel tueur toute seule, sans renfort ! Elle n'avait même pas prévenu son coéquipier ! Jacob allait la tuer, quand il l'apprendrait.
Gardant un œil sur ce qui se passait en bas, faisant en sorte qu'on ne la voie pas, elle sortit son téléphone de sa veste, activant la caméra. En filmant la scène et essayant de partir sans être repérée, elle pourrait contacter son chef et ramener ses troupes ici.
L'homme au côté d'Edward s'avança vers le pauvre homme au sol, faisant craquer ses phalanges. Bella n'eus pas le temps de détourner les yeux que déjà, il frappa. L'inconnu envoya son poing dans l'abdomen de la victime, ce dernier poussant un râlement étranglé avant de tomber en avant, plié en deux; la violence du coup résumait une haine viscérale de son ravisseur.
Edward restait en retrait, observant la scène tranquillement. Bella ne le voyait que de dos, mais déjà, elle l'imaginait très bien le sourire en coin.
Sale connard ! Elle savait bien que ce type n'était pas clean ! Jacob croyait dur comme fer d'avoir affaire à un flic, mais Bella venait de filmer la preuve en images. Edward faisait partie d'une organisation criminelle !
L'homme semblait jouir de sa domination. Il contemplait sa victime au sol, recroquevillé de douleur. Lui administrant un coup de pied vicieux, le pauvre homme roula sur lui-même, gémissant. Sa voix étouffée par le sac n'échappa pas à Bella. Fronçant les sourcils, Bella se redressa légèrement de la rambarde, la peur au ventre. Elle avait cru reconnaître cette voix...
Déglutissant, elle arrêta l'enregistrement avant de se plaquer au sol, composant déjà le numéro de Jacob. Ce dernier ne répondit pas, ce qui fit rager la jeune femme. Elle n'avait pas de réseau.
Quelles options s'offraient à elle ? Elle voulait absolument connaître l'identité du martyrisée. Or, elle était seule, contre cinq hommes armés. C'était du suicide et elle le savait. Elle devait sortir d'ici immédiatement et appeler son chef.
-TU CROYAIS T'EN SORTIR, HEIN !
Bella sursauta quand l'homme se mit à crier. Reposant les yeux sur la scène en bas, elle vit le type frapper convulsivement sur sa victime, lui envoyant coup sur coup. Edward posa une main sur lui et lui glissa quelque chose à l'oreille. L'homme sembla s'apaiser immédiatement.
Il se mit ensuite à ricaner cruellement, s'approchant dangereusement du pauvre homme. Ce dernier tenta vainement de se redresser sur ses genoux, silencieux.
-J'EN AI PAS FINI AVEC TOI ! Beugla-t-il en se penchant sur le prisonnier. JE VAIS PRENDRE MON TEMPS ! TU ENTENDS ?!
Sur ceux, il tira d'un coup sec sur le sac, découvrant intégralement l'homme. Bella écarquilla les yeux d'horreur, se redressant brusquement. Elle poussa un cri monumental, faisant tourner toutes les têtes vers elle. Edward la darda de son regard noir, serrant les poings.
Bella déglutit, sentant une sueur froide coulée le long de son dos. Complètement tétanisée, elle fixait son père, agenouiller au sol, le nez en sang. Elle ne comprenait plus rien.
-Qu'est-ce que fait cette garce ici ? Occupez-vous-en !
L'agent Swan prit ses jambes à son cou, dévalant les escaliers manquant de tomber. Trois hommes coururent derrière elle, la rattrapant bien vite à l'intersection du couloir menant sur l'extérieur.
Alors Bella se retourna en tirant son arme, braquant le canon dans leur direction, le regard affolé. Elle inspira un bon coup afin de garder son calme, ne montrant pas sa peur. Les hommes s'arrêtèrent à distance raisonnable, les mines ravagés par la haine.
Edward se trouvait entre eux, une arme à la main, reposant tranquillement contre sa hanche. Il la fixait sans broncher, son regard pénétrant lui intimant de s'arrêter. La jeune femme continuait de tous les visés, son regard se durcissant au fur et à mesure. Edward ne semblait même pas surpris qu'elle détienne une arme !
-FBI ! Vous êtes en état d'arrestation pour agression et enlèvement ! Lâchez vos armes !
Les hommes ricanèrent face à elle, par le moins du monde impressionné. Edward secoua juste la tête, visiblement irrité. Il plissa les yeux, la colère durcissant ses traits. Un des hommes – celui qui venait de frapper son père - braqua alors son arme sur Bella, s'approchant dangereusement.
-Chérie, tu es toute seule contre trois, cracha-t-il en souriant machiavéliquement. Je doute que tu puisses nous donner des ordres.
Elle recula alors que l'homme avançait, les mains tremblantes. Elle posa un doigt sur la détente, prête à tirer. Elle avait vraiment été idiote, sur ce coup-là !
-Baisse ton arme, James, intima Edward en faisant un pas vers elle. Je m'en occupe. Je vais nous débarrasser d'elle. Dégager avant que les autres fédéraux rappliquent.
-Putain, pourquoi tu serais le seul à t'amuser, mec !
-J'ai dit que je m'en occupais ! Dégagez !
Edward vrilla le dénommé James d'un regard effrayant, avançant d'un pas. Les deux hommes lancèrent un dernier regard vers la jeune femme avant de tourner les talons. James étira ses lèvres d'un sourire pervers, revenant sur ses pas.
-Je vais attendre un peu et profiter du spectacle.
James sourit froidement avant de s'appuyer contre le mur, fixant Bella intensément. Alors un silence effrayant s'installa. L'agent Swan ne se dérida pas, toujours en alerte. Elle coula un regard en arrière, examinant ses chances de s'échapper. Si elle les blessaient aux jambes, elle pouvait sans doute atteindre la sortie avant que les autres arrivent.
Oui et ensuite ? Son père était ici, bordel ! On avait enlevé son père ! Edward avait enlevé son père ! Sentant un souffle chaud contre sa joue, elle releva les yeux, faisant un bond en arrière.
Edward venait de la rejoindre.
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Edward n'avait pas pu s'empêcher de l'approcher, que déjà, il le regretta. James le surveillait de prêt et il du se reprendre très vite. Faire comme si elle n'était rien.
Isabella braqua alors son arme sur lui, visant la tête, blêmissant à vue d'œil en le découvrant si près d'elle. Elle tremblait de partout, maintenant maladroitement son arme, les yeux écarquillés par l'appréhension. Elle semblait totalement perdue mais restait maître de ses émotions, retrouvant en une seconde un visage impassible. L'agent du FBI qu'elle était reprenait le dessus.
Cela l'impressionnait plus qu'il n'aurait du.
-Qu'est-ce que tu attends, Isabella, demanda-t-il en faisant un pas dans sa direction, mettant ses deux mains dans ses poches de pantalon, révélant ainsi une arme à feu à sa ceinture. Vas-y, tire ! Tu es là pour ça, non ?
-Arrête ! Cria-t-elle en retour, reculant légèrement tant elle semblait hésiter. Ne... n'avance pas, Edward !
Il ne l'écouta pas, se rapprochant de plus en plus d'elle, les mains dans les poches, nullement effrayé par la jeune femme qui pointait une arme sur lui. Au contraire, il incarnait l'assurance même, totalement confiant de la situation. Après tout, il la connaissait bien, désormais. Trop, peut-être. Il savait alors qu'elle ne tirerait pas, encore trop sous le choc pour réfléchir convenablement. Et trop impliquée. Oui, beaucoup trop impliquée pour oser le blesser.
Car de toute évidence, s'il n'y avait pas eu d'histoire entre eux, Isabella Swan n'aurait pas hésité une seconde. Sauf qu'il y avait bien eu une histoire entre eux.
-Baisse cette arme, mon cœur, souffla-t-il d'un ton enjôleur. Ce serait dommage que quelqu'un soit blessé, pas vrai ? Aller, baisse-la.
-Non ! S'écria Isabella en reculant davantage, échappant de près au jeune homme. Depuis combien de temps, tu savais ? Réponds, Edward ! Depuis quand tu savais, pour moi ?
Edward s'arrêta enfin, la regardant sérieusement, toute trace d'humour s'envolant de son visage. Il lui renvoya un regard dénué de toutes émotions, le rendant encore plus effrayant aux yeux de la jeune femme. Elle faillit en faire tomber son arme, tant ses tremblements devenaient incontrôlables. Il émit un rictus sinistre.
-Que quoi, Isabella ?! Répliqua-t-il d'un ton sec en frappant durement le mur près de lui. Que tu étais une saleté de flic ? Oh, mon cœur... je le savais depuis bien longtemps, déjà. Mais... tu comprends... je voulais m'amuser encore un peux. Voir jusqu'où je pourrais te manipuler. Et regardes-toi, maintenant ; si hésitante... j'ai presque entièrement réussi à te rendre docile... pour moi.
-Jamais ! Hurla-t-elle. Tu ne m'as jamais manipulé ! Si j'avais su qui tu étais, tu peux être sûr que jamais je ne t'aurais approchée ! Tu es un criminel doublé d'un meurtrier. Je sais même pas pourquoi je discute encore avec toi ; je te hais ! Ta place est derrière des barreaux !
Isabella referma plus solidement ses mains sur son arme quand Edward entreprit de l'approcher une fois encore. Mais rapidement, d'un geste très précis et habile, il réussit à la désarmer complètement, jetant l'arme par-dessus son épaule avec rage.
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Bella n'eut même pas le temps de réagir, fixant ses mains vides. Il avait été si rapide ! Déglutissant difficilement, elle releva les yeux vers lui, appréhendant la suite des événements. S'il s'avançait encore un peu, elle pourrait sans doute le frapper à l'entrejambe, l'immobilisant quelques secondes afin qu'elle puisse récupérer son arme et appeler des renforts. Pourquoi était-elle aller dans cet entrepôt toute seule, aussi ? C'était indigne d'elle-même, pourtant si prévenante à ses habitudes ! Elle recula donc contre le mur, attendant le moment propice pour frapper. Or, Edward avait vu le coup venir avant même qu'elle esquisse un mouvement.
-Doucement, ma belle, s'exclama-t-il en bloquant rapidement son genou, s'étant rapproché d'elle jusqu'à l'effleurer. Ça, j'en ai encore besoin.
Son sourire enjôleur avait fait son retour, si bien que Bella perdit quelques secondes le sens de ses priorités. Il en profita pour refermer ses mains sur ses poignets, serrant légèrement alors qu'elle se débattait.
-Va te faire voir, Edward ! Et tout ce que tu représentes. Va au diable ! Tu me dégoûtes !
Edward vrilla un regard noir suite à ses paroles, ne trouvant plus la situation si amusante que ça, désormais. Il serra alors plus fort sa prise, faisant grimacer la jeune femme devant lui. Il sourit face à sa douleur, pas le moins du monde affecté par ce qu'il faisait. Bella tressaillit en tentant de garder pour elle ses cris de souffrance, totalement consciente que cette fois, Jacob ne viendrait pas la sortir de là.
-Je vois qu'on devine très vite, mon cœur ! Mais dis-moi, si je te dégoûte, pourquoi t'être laissée faire, quand je t'ai baisée, hum ?
Bella écarquilla les yeux, commençant à le frapper, sans succès. Derrière eux, James ricanait sèchement, la clouant sur place.
-Tu te tapais une flic, Edward ? S'exclama-t-il en jetant un regard lubrique vers elle. Eh bien, y en a qui manquent pas de culot ! Oh mais je te comprends, cela dit. Cette garce m'a l'air tout à fait baisable...
-Dégage, James, avant que je me serve de mon flingue sur toi ! Menaça Edward en se retournant vers lui.
-OK, je me casse. Mais t'a intérêt à t'occuper d'elle vite fait ! On n'a pas besoin que d'autre flic se mêle de nos affaires !
Une fois seuls, Bella profita de l'inattention d'Edward pour lui flanquer un coup de genou dans les parties. Ce dernier lâcha ses poignets immédiatement. Bella posa le canon de son arme sur sa tête.
-Je devrais tirer ! Hurla-t-elle. Te faire payer pour tout ce que tu as fait !
Edward releva les yeux vers elle, levant les mains.
-Écoute Isabella...
-NE PRONONCE PLUS MON NOM ! JAMAIS !
Bella pleurait au point de ne plus voir grand-chose dans son champ de vision. Sa rage envers cet homme suffisait néanmoins à ce qu'elle tienne pieds.
Soudain, un vacarme vint troubler l'espace où ils se trouvaient, et la jeune femme vit débouler une tripoter de personnes, tous bien armés. L'agent Black apparut alors, braquant déjà son arme sur Edward.
-ON NE BOUGE PLUS ! FBI ! Crièrent les agents avant de venir plaquer l'homme au sol.
Une fois maîtrisé, Jacob baissa son arme et se jeta sur sa coéquipière, l'air affolé.
-Mon Dieu Bella, tu n'as rien ?
-Jake ! Fit-elle en se jetant dans ses bras. Mais... comment savais-tu que j'étais là ?
-Avec un tueur dans la nature, tu croyais quand même pas que j'allais te laisser seule ?! Même si tu ne voulais pas de mon aide, je ne t'ai jamais lâché ! J'ai demandé alors à Éric de te suivre où que tu ailles. Il a tout de suite compris que tu avais des ennuis.
L'agent Éric Yorkie lui fit un petit signe de tête en passant devant eux, embarquant Edward. Ce dernier se débattait pour se tourner vers elle.
-Isabella, s'il te plaît, écoute- moi ! Ce n'est pas ce que tu crois ! Cria-t-il. Je ne suis pas celui que tu penses !
-Ouais, ouais, ça on le sait déjà, mon gars ! Cracha Jacob en détournant la jeune femme de l'homme. Embarquez-moi ça au poste. Je vais l'interroger.
-Isabella !
La voix d'Edward s'étouffa au fur et à mesure qu'il s'éloignait. Sortant de l'entrepôt, elle prit Jacob par le bras.
-Mon père était ici, Jake ! On l'a enlevé !
-Quoi ? Attends, rembobine, de quoi tu parles ?!
-Dans le bâtiment. Ils étaient cinq, avec Edward. Ils détenaient mon père et l'un d'eux le frappait ! Ils se sont enfuies, il faut les retrouver à tout prix !
Jacob la prit dans ses bras quand elle fondit de nouveau en larmes.
-Voilà pourquoi je n'ai pas de nouvelles depuis plus d'un mois ! Parce que depuis tout ce temps, ce type le tenait ! Il n'est jamais parti en Europe, Jake !
-On va le retrouver, Bella, vivant. Je te le promets ! On détient l'un d'eux.
-Edward ne parlera pas.
-Je m'arrangerais pour ! Promit-il d'un air lugubre.
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