LA VOIE DES NOMBRES
TOME I
XXI
Amour refoulé
« À force de plaisirs notre bonheur s'abîme »
Jean Cocteau
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Tyler perdait son sang-froid et montrait dorénavant son vrai visage; la haine transformait de manière effrayante le personnage qu'il s'était construit au sein du FBI. Bella se sentit trahie, même si elle s'y était préparée.
Malgré la situation critique dans lequel elle se trouvait, Bella imaginait déjà la réaction de son ami, face à la découverte de cette trahison. Car finalement, si l'agent Swan était en colère contre Tyler, c'était bien pour cette raison.
-Tu t'en sortiras pas comme ça ! Cria Bella en se démenant à se libérer de sa poigne.
-J'ai bien peur que si, sourit méchamment Tyler en traînant l'agent Swan vers un 4x4 noir, lui tirant les cheveux violemment.
-J'ai bien peur que non ! Cria soudain une voix derrière eux, faisant enrager Tyler.
Bella et lui se retournèrent vers le nouveau venu. Ce dernier braquait déjà une arme sur Tyler et dardait un regard aussi noir que meurtrier. Ses yeux plissés étaient déterminés. Au moindre geste de Tyler, il n'hésiterait pas à tirer.
-Écartes-toi d'elle immédiatement, les mains en l'air ! Pas de gestes brusques.
Tyler le fusilla du regard avant d'empoigner Bella par le cou et la placer devant lui en signe de bouclier. La jeune femme échangea un regard entendu avec l'agent devant elle.
-Si tu crois qu'un petit flic comme toi me fait peur, Éric, tu te fourvoies ! Fait encore un pas et je lui brise la nuque. Alors dégage.
L'agent Yorkie ne bougea pas d'un cil, les mains tendu vers l'avant, l'arme maintenue avec dextérité. Il fit un pas en avant, provoquant.
-Je n'hésiterais pas à tirer deux fois, Tyler, le prévint Éric. Lâche là immédiatement.
Son ton était calme, mesuré. Bella accorda son attitude à la sienne, déplaçant légèrement une jambe.
-Ose faire le moindre geste...
Tyler tira sur les cheveux de Bella, la faisant gémir de douleur. Elle lui envoya un coup de coude dans l'estomac mais il parut à peine s'en apercevoir.
-... et je vous descends tous les deux.
-Tu ne feras rien, ricana Éric. Il te faut Bella vivante, sinon pourquoi vouloir l'enlever ? Alors arrête tes conneries tout de suite et rends-toi, Tyler ! Je ne me répéterais pas !
L'agent échangea un regard avec la jeune femme, celle-ci hochant la tête quand il baissa imperceptiblement son arme. Bella retint son souffle tout en écartant ses jambes de celles du médecin légiste.
-Va au diable ! Hurla Tyler tout en reculant vers la voiture.
Bella regardait ce qui se passait tout autour d'eux; la rue déserte il y a quelques minutes contenaient désormais quelques passants et voitures. La situation devenait critique et la sécurité des passants devint primordiale. Les civils peu attentifs sur l'autre trottoir passèrent leurs chemins sans prendre conscience du danger. Les autres, New-yorkais dans l'âme, s'arrêtèrent à une distance raisonnable, curieux et passablement inquiets. Ils en avaient vu sûrement d'autres.
Ni une ni deux, au moment où Éric fronça le nez, l'agent Swan balança sa tête en arrière, frappant de plein fouet la mâchoire de Tyler, avant qu'elle ne s'écarte brusquement de lui. L'autre agent ouvrit le feu au même instant, visant stratégiquement le mollet du médecin.
Celui-ci cria en posant genou au sol, rejetant la tête en arrière. Bella voulut approcher pour le mettre à terre, quand Éric hurla:
-attention, tout le monde à terre !
Des cris retentirent dans la rue, provoquant la cohue partout autour d'elle. Bella fut distraite un moment avant qu'Éric ne vienne la plaquer au sol. Des coups de feu retendirent alors au-dessus de sa tête, une seconde avant d'avoir atterri parterre.
Sonnée, sa tête frappant durement le sol, l'agent Swan vit trouble, ne distinguant alors plus que de simples ombres tournées autour d'elle, la frôlant ou la survolant. Son ouïe lui fit aussi défaut, ayant l'impression d'être sous l'eau. Des douleurs vinrent la vriller de partout, ne pouvant cibler réellement le problème.
Des cris retentirent encore, mais Bella ne s'en préoccupa pas, trop nauséeuse pour saisir son environnement. En relevant la tête du trottoir, elle ne vit que deux ombres à terre, non loin d'elle, près du 4X4 noir. Une main se posa soudain sur son épaule, la faisant sursauter légèrement. Une voix s'éleva doucement, mais elle ne comprit rien, si ce n'est qu'un tumulte de cris et de sirènes.
-Tu m'entends ? Bella...
C'était brouillé. Elle ne comprenait pas tout. Et une drôle d'odeur venait accentuer son malaise. Un mélange de rouille et de sel... Bella gémit doucement, alarmant l'ombre au-dessus d'elle.
-... l'ambulance... arrive vite... tiens le coup...
Elle fronça les sourcils, reconnaissant Éric. Il lui serrait les bras, la regardant avec inquiétude. Elle ne comprenait pas tant de sollicitude. Quelque chose de grave s'était produit.
Bientôt, d'autres agents déboulèrent autour d'elle, et ce n'est qu'à ce moment-là qu'elle se demanda pourquoi elle était toujours au sol. Se relevant légèrement sur les coudes, une main vint l'empêcher de bouger plus. Relevant les yeux, l'agent Swan découvrit l'agent Cullen père.
Que faisait-il là, au juste ?
-Tout va bien Bella, reste calme...
Ça irait bien si elle était sûre que Tyler était hors d'état de nuire ! Le reste lui importait peu. Alors pourquoi tout le monde se trouvait autour d'elle ? Et pourquoi Carlisle était-il là ?
-Tu sais ce qui se passe ?
Il la prenait pour une demeurer ou quoi ?! Bien sur qu'elle savait ce qui se passait. Sans Éric, Tyler l'aurait kidnappée ! Et elle aurait sûrement été virée pour incompétence. Si ce n'est pas déjà fait...
-Tyler... croassa-t-elle difficilement.
Mais pourquoi ? Que se passait-il ?
-Il est neutralisé, répondit Éric, un brin fier de lui. Il ne te fera plus rien.
Bon, eh bien, pourquoi tous ces regards sur elle ?!
-Bella... tu as été touché, lui expliqua Carlisle en voyant la confusion sur le visage de la jeune femme. Ce n'est rien, juste le bras. Tout va bien se passer. C'est l'adrénaline qui t'empêche d'avoir mal.
Ah, voilà pourquoi elle avait un peu mal, malgré tout ! C'était confus, avec le coup pris à la tête.
Baissant les yeux, elle distingua une grosse tache rouge sur son bras nu. Et un petit trou. La nausée reprit instantanément. Elle détestait la vue du sang. Pour une flic, c'était vraiment nul.
-Ne lutte pas, Bella, lui souffla Carlisle tout bas. L'ambulance arrive.
Puis le trou noir.
Sa dernière pensée fut dirigée vers Edward. À cause d'elle, il allait probablement avoir de gros ennuis.
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Quelque chose de désagréable et irritant vint la gratter au niveau du nez. Levant une main pour s'en débarrasser, Bella sentit quelque chose en plastique sous ses doigts, enfoncé dans son nez. Tentant de l'arracher, une main tiède vint l'arrêter dans son geste. La jeune femme s'énerva en réinitialisant son geste. La main vint encore l'interrompre, un grognement étouffé ponctuant le geste. Elle ouvrit aussitôt les yeux. Son meilleur ami se tenait au-dessus d'elle, la mine renfrognée, les yeux soucieux, un pli nerveux barrant son front.
Bella lui sourit immédiatement.
-Il faut que je frôle la mort pour que tu daignes me revoir ? Plaisanta-t-elle avant d'effacer son sourire niais. Je t'en prie Jake, souris-moi.
Ce dernier ne cilla pas, posant une main sur la joue de Bella.
-J'ai été le pire des idiots, commença-t-il, la voix tremblante.
Bella le vit fermer les yeux, retenant ses larmes. Elle se mit à pleurer à son tour, agrippant sa main fermement.
-Si je t'avais écouté, on en serait pas là. Tu ne serais pas ici.
-Mais Jake, tu as toi-même pris plein de balles... tu sais que ce n'était pas mortel.
-Et si ç'avait été le cas, hein Bella ?! Qu'est-ce que j'aurai fait, moi, sans toi ?!
Elle ne répondit pas, caressant doucement la main de Jacob contre sa joue. Elle la cala contre sa poitrine, s'enfonçant plus confortablement dans le lit d'hôpital. Elle n'aimait pas le voir comme ça, dévaster par le remords. Il devait se sentir atrocement mal, déjà, avec Tyler. Il ne pouvait pas penser à elle comme ça.
-Je suis désolée, pleura-t-elle contre sa main. Tout est ma faute. J'ai été irresponsable !
-Arêtes, tu...
-J'ai semé Edward volontairement, car je voulais trouver des preuves sur Tyler, pour te les apporter. Il fallait que je le fasse seule, car tu ne me croyais pas. Je n'ai pas réfléchi. Je n'avais aucune arme sur moi. Je pensais même pas qu'il serait là. J'ai été pire que stupide. Je l'ai toujours été. Je suis nulle sur le terrain, je le sais. Mais j'avais espéré que... que si je trouvais des preuves, mon père serait fier de moi, Newton et toi aussi. Mais... mais comme d'habitude, je ne suis douée que pour l'analyse... l'action n'est pas pour moi.
-Non, en effet, souffla Jacob en la couvent du regard. Je suis désolé Bella... j'aurai quand même dû t'écouter et rester près de toi. Tu n'es pas la seule fautive, dans l'histoire. Edward et moi sommes responsables tout autant.
-Non ! Cria-t-elle en voulant se redresser. Edward et toi n'y êtes pour rien !
-Newton laissera peut-être passer pour moi, mais crois-moi Bella, Edward n'y coupera pas.
-Mais...
-Il est ton garde du corps, Bella ! Et il t'a perdu de vue ! C'est inexcusable. Il se fait passer un savon au moment où je te parle.
Bella se mit à pleurer plus encore, s'énervant comme elle-même en voulant se débarrasser du tube respiratoire. Jacob la disputa un long moment, jusqu'à ce qu'elle se calme et se rendorme.
Passant le couloir, l'agent Black rejoignit son chef, entouré de fédéraux et de l'agent Cullen père et fils.
Avant, son père serait là aussi. Avant, il aurait fait des enquêtes avec lui. Maintenant, il était seul. Plus de mère, plus de père... Et il avait failli perdre Bella. Impardonnable. Cela le rongeait depuis des heures. Mais sa haine se dirigea très vite sur Cullen, et Jacob ne répondit plus de rien.
Il fonça sur lui, l'écartant des autres rapidement. Il le frappa violemment à la mâchoire, sous la surprise et la consternation générale. Cullen recula de trois pas, gémissant légèrement en crachant un filet de sang. Relevant les yeux, il fusilla Black.
-C'est quoi ton problème, Black ! Ragea-t-il en continuant à se masser la mâchoire douloureuse.
-AGENT BLACK, QU'EST-CE QUE VOUS FOUTEZ, BORDEL ? Hurla alors son chef, venant l'agripper par le bras pour le retenir. Je vous ordonne de vous calmer IMMEDIATEMENT !
-Lâchez-moi ! Gronda-t-il en se secouant le bras sèchement. Que je lui règle son compte, à ce petit con !
-Laisse tomber, tu n'as aucune chance, ricana légèrement Cullen en se redressant enfin. Tu te ferais mal.
-Espèce de connard ! Cria alors l'agent Black en serrant les poings. Bella a failli y passer aujourd'hui, par ta faute ! Tu ne devais pas la quitter des yeux une seule seconde ! Je savais que je pouvais pas me fier à un mec comme toi. Vu comment tu l'as traitée avant, ça ne m'étonne pas, de toute façon ! TU N'EST QU'UN TRAITRE !
-Tu ne sais rien, Black, alors ferme-là ! Répliqua sévèrement Cullen en s'approchant de lui. Il me semble que tu étais aux abonnés absents, toi aussi. Si tu l'avais cru, on en serait peut-être pas là. C'est aussi ta responsabilité, mec.
-Va te faire foutre ! Cria Jacob. Bella avait besoin de protection en permanence, et toi, tu te fais avoir comme un débutant ! J'y crois pas, à votre histoire. Bella n'a pas pu te semer, putain ! Tu l'as fait exprès ! Quoi, tu te sers d'elle comme d'un appât ?! Je te jure Cullen, que...
-Ferme là, cria son chef. Ça suffit maintenant ! On est dans un hôpital, alors calmez-vous. Jacob, retourne au bureau avec tes collègues pour t'occuper de l'interrogatoire de Tyler.
-Quoi ?! S'écria-t-il en se retournant vers son chef. Il n'est pas question que je laisse Bella !
-Exécution, agent Black ! Obéissez, ou je vous retire de l'enquête et vous mets à pied. J'ai été assez indulgent, ses derniers temps. Ne me poussez pas trop, sinon vous allez le regretter. Si vous voulez être à la hauteur de votre père, il va falloir retravailler son self-contrôle...
Jacob contracta la mâchoire, se forçant à revenir au calme.
Il finit par hocher la tête avant de tourner les talons, non sans lancer un regard noir vers Cullen.
-On en a pas fini !
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Les stores à la fenêtre laissaient passer de fines lueurs orangées, indiquant l'heure tardive de la journée.
Isabella triturait le bracelet en plastique à son poignet, le regard dans le vague. Sa mine fatiguée et son ecchymose à la tempe définissaient parfaitement la situation: il avait échoué.
-Encore toi, dit-elle en signe de salut, levant les yeux vers lui.
-Encore moi, répliqua-t-il, un brin amusé.
Il vint s'asseoir prêt d'elle, et le silence entre eux s'éternisa. Isabella le regardait quelques fois à travers ses longs cils. Edward la fixait continuellement, la faisant rougir malgré elle. Ça le fit sourire plus que nécessaire.
-J'ai été mise à pied, souffla-t-elle tranquillement, comme si la nouvelle n'était nullement importante. Mike est venue tout à l'heure, pour me sermonner. De toute manière, mon père a été enlevé... je suis trop impliquée.
-En effet, dit-il simplement, stoïque.
-Je crois... que je devrais même...penser à...
Elle se tenait droite, assise dans le lit, le regard fixe, la mine impassible. Mais Edward voyait bien qu'elle cachait bien son jeu, et qu'au fond d'elle, elle hurlait. Ses mains tremblaient. Ses yeux commençaient à briller.
Mu par une soudaine pulsion, Edward, sans comprendre pourquoi il faisait ça, lui prit la main de son bras valide, la serrant légèrement.
Isabella inspira profondément, comme pour se calmer.
-Je vais demander ma démission, réussi-elle à dire faiblement, les yeux noyés de larmes mais s'appliquant à ne pas pleurer devant lui. Je ne vois pas d'autre alternative. Je suis nulle comme agent, je le sais.
-Isabella... tu n'es pas nulle, arrête. Tu étais trop impliquée, voilà tout. Tu es très courageuse, en fait.
-Inconsciente, tu devrais dire ! S'énerva-t-elle. Arrête de jouer au gentil, ça te va pas du tout ! Surtout entre nous !
-Plutôt spontanée, à dire vrai, souffla Edward. Tu agis sans réfléchir...
-Et en tant qu'agent, c'est totalement irresponsable. D'autant que je n'étais pas seule, dans l'histoire. Je... je suis désolée.
Edward fronça les sourcils, ne comprenant pas ses excuses.
-Jacob m'a dit que tu as passé un sale quart d'heure, à cause de moi. C'est ma faute.
Edward sourit malgré lui, secouant la tête. Elle était vraiment incroyable ! Elle ne savait même pas toute l'histoire !
-Isabella, crois-moi, tu n'as rien à te reprocher...
-Mais enfin, Edward, tout est ma faute ! Je t'ai semée et je me suis mise en danger, alors que tu étais engagé par mon père pour me protéger et...
-Crois-tu sincèrement courir plus vite que moi, Isabella ?
La jeune femme fronça à son tour les sourcils, ni comprenant rien.
-Tu ne m'as pas semée, je t'assure. Sans me vanter, je suis le meilleur agent de ma section, alors, encore une fois, sans vouloir te vexer, ce n'était pas une jeune flic comme toi qui allait m'avoir. J'avais compris bien avant, ton petit plan.
-Et tu m'as donc laissé faire ? S'écria-t-elle, indignée. Mais pourquoi, si tu savais que j'allais être en danger ?!
-Parce que, contrairement à ce que tu crois, le danger était plus près que tu ne le pense.
Isabella se redressa plus encore, l'écoutant attentivement.
Edward remarqua qu'elle ne lâchait pas sa main, la serrant même davantage. Il sourit un peu.
-Alors que tu t'es mise à courir, dans le parc, j'ai vite repéré James, qui nous suivait.
La jeune femme se crispa.
-J'ai préféré m'occuper de lui que de te suivre. À choisir, je t'assure que je préférais que tu tombe sur Tyler que sur James. Tyler ne t'aurait pas éliminé tout de suite, me laissant de la marge pour venir te libérer. James, lui... j'ignore encore de quoi il est capable, par moments. Et il fallait que je préserve les apparences encore un moment. James pense toujours que je suis des leurs, et que je te manipule. C'est très bien comme ça.
-Jacob pense la même chose, si ça peut te rassurer, répliqua-t-elle. En tout cas, je comprends mieux, maintenant. Je me disais aussi, que c'était trop facile.
-Je suis désolé de ne pas être arrivé à temps.
Isabella haussa les épaules, comme si ça n'avait aucune importance. Comme si elle n'avait pas frôlé le drame, aujourd'hui.
Soudain, alors qu'il était plongé dans ses pensées, il sentit sa main sur le coin de sa joue, le faisant grimacer imperceptiblement. La jeune femme l'examina attentivement en pinçant les lèvres.
-C'est Jacob, qui t'as fait ça ? Demanda-t-elle avec réserve. J'ai entendu des cris, dans le couloir, tout à l'heure... Je pensais pas que c'était vous.
Son regard le dérangeait. Pourquoi le fixait-elle ainsi ?! Il préféra détourner le regard.
-Edward...
Ce dernier se leva, lui faisant lâcher sa main.
-Tu pourras sortir ce soir, d'après les médecins. Je t'attends dans le hall, pour te ramener chez toi.
Puis il partit, ignorant difficilement la mine blessée d'Isabella et ses lèvres qui tremblaient.
Ses sentiments pour elle devenaient de plus en plus encombrants. Il ne pouvait se permettre ce genre de chose. Il devait rester professionnel. Bien que cela lui coûte beaucoup.
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Edward était, comme promis, dans le hall, quand Bella arriva, deux heures plus tard.
Elle avait mis du temps pour sortir de sa chambre. Pas à cause de sa blessure à l'épaule, ni de sa fatigue. Mais à cause d'Edward.
Tenir sa main tout à l'heure était bien plus agréable que de tenir celle de Jake. Elle avait aimé ça plus que de raison, mais quand elle avait pris son courage et tentée de se rapprocher de lui, il avait fui. Comme toujours, depuis qu'elle le savait son garde du corps.
Avant, elle le haïssait, c'est vrai. Son arrogance et sa violence l'horripilaient au plus haut point. Il était trop sur de lui et bien trop macho pour qu'elle puisse tomber dans le panneau.
Mais peu à peu, le jeu s'était métamorphosé en quelque chose d'autres.
Edward se révélait alors gentil, quelques fois, mais aussi attentionné et drôle. Doux et aimant, bien souvent. Mais aussi très fuyant. Et évidemment, maintenant que Bella éprouvait une forte attirance pour lui, il la rejetait, faignant de ne rien voir.
Peut-être à cause de son métier. Étant son garde du corps, il n'avait pas le droit de l'aimer. Ou alors, c'était sa faiblesse à elle qui le dérangeait. Après tout, c'était une flic lamentable, elle le savait. Lui faisait partie de la CIA. Il était tellement plus qu'elle. Elle n'avait aucune chance.
À la maison, Bella se renferma immédiatement dans sa chambre, fermant à clé la porte et se jetant sur son lit.
Edward, quand à lui, veilla toute la nuit, impassible, montant la garde.
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