LA VOIE DES NOMBRES

TOME I


XXII

Erreur fatale

« La passion est une hypertrophie du sentiments de la propriété »

Etienne Rey


ooooo

Jacob Black fixait l'homme derrière la vitre d'une façon très effrayante.

Ce n'était pas de la haine. Ni même de la colère. C'était du mépris pur. Une animosité viscérale. Et une colère monstrueuse vint compléter son humeur meurtrière quand Tyler releva des yeux perdus sur la pièce où il se trouvait. Quelques minutes avant, il vrillait pourtant un regard malsain et amusé sur la vitre sans tain.

Le petit jeu n'amusait vraiment pas Jacob. S'il voulait vraiment s'amuser à cela, il allait en pâtir. Son jeu d'acteur ne prenait plus.

-N'oubliez pas que Tyler est malade, agent Black. Sa perception de son environnement peut changer du tout au tout.

-Vous me dites que son attitude est excusable ? S'énerva Jacob en haussant la voix.

Carlisle Cullen secoua la tête tout en continuant à observer minutieusement le suspect. Son expression restait stoïque.

-Je dis simplement que votre... ami, est victime du trouble de la personnalité schizotypique, bien que nous l'ayons pas encore totalement diagnostiqué.

-En clair... la schizophrénie, conclut Jacob en soupirant gravement.

-C'est très similaire, en effet. Mais toutefois, des paramètres différents lui ont permis de garder une certaines normalité, depuis tout ce temps. On soupçonne même que son trouble ne soit apparu qu'il y a un an, à la mort de ses proches. Statistiquement, tout apparaît à l'adolescence, mais pour Tyler, le traumatisme s'est produit peu après.

-J'ai perdu mes parents aussi... comme beaucoup d'agents, monsieur Cullen. Bella a vu mourir sa mère sous ses yeux, à seulement sept ans. Nous ne sommes pas devenus des sociopathes pour autant.

Carlisle se tourna vers Jacob, la mine sévère.

-Cette maladie apparaît suivant la personnalité de la personne. Certains sont plus faibles que d'autres. Regardez Tyler, agent Black. Il est issu d'une famille mafieuse... ne doutez pas d'une enfance rude et solitaire. Vous et Isabella aviez été élevés dans des familles complètement différentes. Et j'ai veillé personnellement à ce que Isabella bénéficie du meilleur soutien, à la mort de sa mère. Elle a été parfaitement entourée pour éviter ce genre de... problème.

-Elle reste encore trop fragile, pourtant.

-Elle vient de demander sa démission, agent Black. Monsieur Newton n'a pas encore accepté, mais ça ne saurait tarder. J'en ai longuement parlé avec lui.

L'agent Black, longuement appuyé sur la table derrière lui, se redressa vivement, vrillant des yeux affolés sur Carlisle. Ce dernier soupira.

-C'est à réfléchir, agent Black. Isabella Swan est excellente en analyse, en tant que profiler, elle est parfaite. Regardez, elle a trouvé toute seule la culpabilité de Tyler. Mais son manque de discernement peut lui coûter très cher. Voilà à deux reprises qu'elle se met en danger. Alors que mon fils était censé la protégée...

-Ouais, à ce propos, il craint ! Grogna Jacob, tandis que la porte s'ouvrit brusquement sur son chef. Éric était plus compétent, au final.

-Et nous lui seront redevables, pour avoir agi en véritable héros, soupira Mike Newton en venant rejoindre les deux hommes devant la vitre sans tain. C'est lui qui fera l'interrogatoire, Black. Avec vous à ses côtés. On espère que votre présence sera positive. Allez-y.

ooooo

Bella prit une douche express et s'enroula dans une serviette noire avant de rejoindre sa chambre rapidement. Un sentiment de déjà-vu l'assaillait depuis quelques minutes, la faisant rougir violemment en observant son lit défait. Des images fugaces de sa nuit avec Edward surgissent dans son esprit, alourdissant ses sens. Elle n'entendit que trop tard la porte de sa chambre grincé.

-Les placards sont toujours vides, informa Edward en débarquant dans la chambre sans prévenir, nullement gêné de la découvrir aussi peu vêtue.

-On frappe, avant d'entrée ! Cria-t-elle en faisant un bond en arrière. Arrête de me regarder !

Edward leva les yeux au ciel, gardant la position.

-Vachement pratique pour parler, dit-il en grimaçant. Bon, grouille de t'habiller. Je n'ai pas de temps à perdre.

-Excuse-moi, mais en quoi c'est mon problème ! Je ne suis pas en état de sortir, je te signale.

-Tu préfères mourir de faim, peut-être ? Je t'emmène prendre le petit déjeuné, idiote ! Allez, grouille !

-Je n'ai pas faim ! Répliqua-t-elle de mauvaise grâce. Tu n'as qu'à y aller tout seul comme un grand !

Edward souffla d'exaspération avant de baisser les yeux sur elle, l'air mauvais. Il perdait vite patience, ses temps-ci. Il commença alors à faire un pas vers elle.

-Tu comptes réellement faire ta chieuse dès le matin, c'est ça ?! Pourquoi ?

-Je ne vois pas pourquoi on changerait les habitudes, siffla-t-elle. Tu tiens à garder tes distances avec moi, soit ! Je t'aide au mieux dans cet objectif. Tu devrais plutôt me remercier, en fait.

-Isabella, tu vas t'habiller immédiatement et me suivre, c'est clair .! Il n'est pas question que je te laisse ici toute seule. Avec ta chance, je risque de revenir dans un appartement saccagé et vide.

Bella ricana sous la menace, croisant les bras de manière provocante. Elle n'allait pas le laisser gagner, cette fois.

Edward la regarda, ahurie. La colère monta en lui.

-Dois-je te rappeler ta démission, peut-être ! Cria-t-il en s'avançant encore d'un pas. À partir de maintenant, tu n'es qu'une simple civile. Je suis en droit de t'ordonner tout ce que je veux. Garde du corps ne rime pas avec baby-sitting ! Alors fait ce que je dis !

Il se planta devant elle, les yeux noirs de colère. Bella lui renvoya la même expression, ajoutant à cela une gifle monumentale. Edward ne cilla même pas, la fixant dans le blanc des yeux.

-Outrage sur agent fédéral, la prévint-il en étirant un large sourire. Ça coûte cher.

-Ce qui coûte cher, c'est ton attitude ! Tu es peut-être le fils de Carlisle, un mec travaillant pour la CIA, ça n'empêche que tu es là au nom de mon père.

-Qu'est-ce que mon père à avoir là-dedans !?

-Ça ne te regarde pas, soupira Bella, désireuse de calmer le jeu avant qu'ils n'aillent plus loin. Dégage de ma chambre, Edward !

-Non, attends, on n'a pas fini, rétorqua Edward en venant lui agripper subitement le bras. D'où connais-tu mon père ? Par le biais de ton père ou par son travail ?

-Je ne le connais pas ! Se défendit-elle vainement. Je... je l'ai vu qu'une seule fois et s'était il y a très longtemps. Ce n'est que de vague souvenir d'enfance. Rien à voir avec toi !

Elle tenta de se libérer mais Edward s'était figé, la regardant sans la voire. Bella déglutit difficilement en tirant sur son bras, craignant le pire.

Edward était intelligent... il allait comprendre tout seul comme un grand.

-Laisse tomber, Edward. Je t'en prie...

ooooo

Si l'agent Black savait une chose, c'était qu'il devait toujours se fier à son instinct.

Or, alors que le suspect se trouvait en face de lui, assis sur une chaise en fer, Jacob sentit son instinct se contredire perpétuellement.

Relevant les yeux du dossier qu'il tenait dans les mains, il regarda silencieusement, en retrait, Éric s'asseoir en face de Tyler, poussant devant lui un verre remplit d'eau.

Son regard noir vrillait Tyler comme un laser fumant. Il tentait vraiment de contrôler sa colère et son envie meurtrière, bien partagé avec Jacob.

Tyler, quant à lui, avait retrouvé son attitude de tueur sociopathe. Fini le regard apeuré et perdu. Le regard de tueur avait repris sa place.

-Autant être clair maintenant, Tyler... si c'est ton vrai prénom... Je jouerais pas au gentil flic. Et tu te doutes bien que Jacob non plus. Alors tu as intérêt à coopérer avec nous, si tu veux un minimum t'en sortir. Si tu parles, on sera indulgent. Le procureur se montrera compréhensible face à ta maladie et tu éviteras la peine capitale. Si tu reste muet, attends-toi à moisir derrière des barreaux ou dans un asile pour le restant de tes jours, c'est clair ?! Je te laisse réfléchir...

Éric se leva bruyamment de sa chaise et rejoignit Jacob, ne quittant pas Tyler des yeux.

-Le retenir ici plus de soixante-douze heures sera un miracle, chuchota-t-il à Jacob en se penchant vers lui. Je suppose que les autres vont vite répliquer... Il va falloir se montrer prudent.

-Ne t'en fais pas, nous sommes sur le coup, avec le FBI et la CIA. Cette fois-ci, nous les tenons !

-Ne clame pas victoire trop vite, le prévint Éric gravement. La dernière fois qu'un mafieux a été jugé, il y a eu beaucoup de morts. J'ai une femme et un bébé, alors on a intérêt à ne rien laissez filtrer. Ce qu'à fait Tyler, en voulant kidnapper Bella, était un acte désespéré. La dernière carte de son jeu. Swan est toujours entre leurs mains et...

-Ce qui s'est passé l'an passé ne se reproduira plus ! Jura Jacob en veillant à baisser la voix. Le père de Bella s'en sortira vivant ! Il ne peut en être autrement. L'agent Cullen est toujours sous couverture chez eux... maintenant que l'un d'eux est à nous, il va pouvoir exécuter son plan et arrêter les autres.

-Eh bien, qu'il fasse vite, répondit Éric d'un air préoccupé. J'ai la chair de poule de savoir que Tyler est dans notre service depuis plus de trois ans. Toutes les fois ou...

-Je sais, soupira Jacob en fermant les yeux. Mais faut rester concentrés. L'erreur nous est fatale, dans cette affaire.

Sur ceux, Jacob reprit les devants et alla se poster devant Tyler, frappant la table de son poing. Ce dernier ne sourcilla même pas, gardant une posture provocante et effrayante.

Un sourire vint barrer son visage. Jacob serra la mâchoire, se gardant de se ruer sur le suspect.

-Tu penses avoir gagné, l'ami ? Demanda Tyler, sincèrement surpris. Que le dramaturge est enfin arrêté, et que donc, l'histoire se termine bien ? C'est ça, dis-moi !

-Je suis loin d'être naïf, grinça l'agent. Tu avais sans doute prévu ton coup depuis longtemps. T'arrêter maintenant est trop facile, je ne suis pas débile.

-Pour être honnête... pas vraiment. Le fait que tu te sois éloigné d'elle m'avait donné l'avantage. Mais je dois te féliciter, Éric.

Tyler leva les yeux vers l'autre agent.

-Sans toi, Dieu seul sait où aurait été emmené Bella. Et dans quel état vous l'aurez retrouvé...

Jacob enfonça son poing dans la mâchoire de Tyler, y mettant bien plus de force qu'avec Edward, un peu plus tôt dans la soirée. La tête de Tyler rebondit en arrière violemment sous l'œil mauvais des agents.

-Prends garde, Tyler, je ne fais que m'échauffer, là.

-Imbécile ! Ricana Tyler en se redressant de sa chaise. Tu sais très bien que je parlerais qu'en présence de mon avocat.

-Tellement cliché, répliqua Jacob en serrant les poings. Tu ne parlerais même pas à ce moment-là. Je connais les types dans ton genre !

-Alors tu ne seras pas surpris si je te dis avoir une bonne longueur d'avance sur vous. Voyons voir... si je commençais par Edward Massen... ou devrais-je dire, Edward Cullen ? Ah ! Voyons, faites pas ces têtes, les amis. Les taupes, je les connais bien... j'ai dû en être un.

Jacob et Éric se regardèrent, ne disant mot. La simple déclaration de Tyler suffisait amplement.

L'heure était grave.

ooooo

Petit, Edward se souvenait des nombreux enfants ayant franchi le palier de sa maison pour discuter avec son père.

À l'époque, Carlisle travaillait pour le FBI et spécialisait ses enquêtes sur les enfants. Viol, enlèvement, séquestration... Médecin avant tout, son père avait résolu de nombreuses enquêtes et aidé de bien nombreuses familles en détresses.

Ç'avait été sa passion, sa raison d'être. Proche des enfants, il faisait en sorte que les enfants victimes de traumatismes se relèves et grandissent le mieux possible.

Edward se rappelait bien des enfants, à cette époque. Peureux, craintif, violent, muet, agressif... un défilée d'enfants traumatisés. Edward était du même âge, à cette époque, et il n'avait jamais compris pourquoi ces enfants étaient constamment tristes.

Son père lui avait expliqué son métier.

Et c'est alors qu'Edward voulut être ce qu'il était aujourd'hui.

Aussi, maintenant que Isabella faisait allusion à son enfance et Carlisle... la peur s'installait.

Serait-il possible...? Cela voulait-il dire...?

Au regard et à la supplication de la jeune femme, Edward n'eut pas besoin de confirmation. Il savait.

-Ferme la porte à clé et attends sagement ici. Je reviens très vite, souffla-t-il en la lâchant tout doucement, baissant la voix.

-Attends, dit-elle en le retenant par le bras.

Son geste semblait désespéré. Isabella s'accrochait à lui comme craignant qu'il disparaisse.

Edward la rapprocha de son corps, soupirant. Les yeux de la jeune femme l'attiraient inexorablement. Elle l'envoûtait malgré lui, et il aimait et détestait ça.

Se penchant, il leva une main pour fourrager dans les cheveux d'Isabella et tout en maintenant son visage, approcha ses lèvres jusqu'à la commissure des siennes.

Isabella se rapprocha imperceptiblement tout en ouvrant les lèvres et Edward y plongea sans hésiter.

La plaquant contre lui, il l'embrassa avec rudesse, tirant ses cheveux en arrière et palpant ses courbes à travers la serviette noire. La jeune femme se cambra quand il atteignit le bas de son dos et soupira de bien-être quand il fit lentement remonter le tissu-éponge.

Edward s'arracha à sa bouche tentatrice et se força à reculer loin d'elle, le souffle court. Isabella leva alors des yeux noirs, la poitrine se soulevant par saccades.

-On ne doit pas, dit-il sèchement.

Pourtant, Isabella ne semblait pas l'entendre. Elle s'avança même avec assurance, mordant ses lèvres roses.

-Pourquoi tu me repousses ? Se plaignit-elle d'une petite voix. Tu ne me trouve pas belle ?

Edward contracta la mâchoire, la vrillant de son regard noir.

Comment pouvait-elle seulement s'imaginer ça ?! Bien sûr qu'elle était belle ! Sexy et magnifique, même. Un brin enfantine et l'air innocente, peut-être. Mais Edward la désirait. Ça ne faisait aucun doute. Plus encore... il ne désirait pas que son corps.

Le danger était imminent.

-Isabella...

Sa voix était basse, rauque. Il n'arrivait plus à détourner les yeux de sa silhouette.

-Tu sors à peine de l'hôpital. Tu es blessée et je...

-Tu me trouves repoussante ? Insista-t-elle.

Edward se pinça l'arrête du nez, au supplice.

-Mon cœur, crois-moi, je n'ai envie que d'une chose, là. Mais je ne peux pas. Je n'ai pas le droit de te toucher. Même si j'en crève d'envie.

-Alors ne te prive pas.

Elle voulait sa mort !

-Isabella...

Edward l'agrippa par la taille, se plaquant contre elle. Il posa son front contre le sien, fermant les yeux.

-Dis-moi non et j'arrêterais.

-Continue, souffla-t-elle en promenant ses mains sur son torse. Touche-moi, Edward. Je le veux.

La jeune femme monta sur la pointe des pieds pour venir lui mordre le cou. Elle faisait glisser ses mains contre son torse tout en remontant lentement vers sa nuque. Elle lui agrippa ensuite violemment la racine des cheveux, tirant rudement en arrière.

Edward siffla tout en la poussant contre le mur, faisant expulser l'air des poumons d'Isabella. Cette dernière vint lui caresser la tempe de ses mains délicates, commençant à onduler du bassin.

-On se dispute constamment, dit suavement Edward en glissant ses mains sous la serviette. Et pourtant...

-Pourtant il se passe quelque chose, termina-t-elle doucement.

Elle gémit faiblement quand il atteint ses seins. Vite gêné, il tira sèchement sur la serviette afin de la faire disparaître. Isabella ne s'en offusqua pas, rejetant la tête en arrière, les yeux fermés.

Edward l'embrassa dans le cou avant de revenir à ses lèvres, tout en faisant glisser ses mains pourtant sur le corps de la jeune femme. Sa peau douce l'enivrait.

-Tu me fascines, dit-il en parsèment des milliers de baiser dans son cou et sur sa poitrine.

-Pourquoi ? Répondit-elle en venant agripper son épaule.

-Tu aimes la violence. Tu aimes la passion.

-C'est faux, s'offusqua-t-elle. Il n'y a rien que je déteste le plus.

-Tu te fourvoies, répliqua Edward en malaxant ses seins et venant les mordiller avec force. Ça t'excites. Tu adores être soumise, entravée, contrôlée. Tu adores qu'un homme te domine.

Il entreprit de descendre plus bas, atteignant bien vite son jardin secret. S'agenouillant, il leva les yeux, étirant un sourire coquin.

-J'ai des idées bien arrêtées sur le machisme, grinça-t-elle, les joues toutes rouges.

-Tu te trompes, mon cœur... Tu adores ça, au contraire.

-Essayes-tu de me dire que j'aime qu'un homme soit violent avec moi !? S'indigna-t-elle en tentant de s'écarter de lui.

Edward l'obligea à rester immobile, caressant ses jambes lentement, hypnotique. Isabella se dandina légèrement, confuse. Elle rougissait violemment quand Edward la regardait, agenouillé devant elle.

-La passion, mon cœur. Juste la passion, la fougue... et oui, la violence. Tu aimes ça, avança-t-il avec conviction.

Aussitôt, il se baissa pour venir embrasser son aine. Isabella sursauta violemment en cherchant à s'enfuir. Il la retint en enroulant un bras autour de sa taille et de ses fesses. Puis lui écarta brusquement les cuisses.

La jeune femme poussa un cri quand il commença à explorer son antre.

ooooo

Deux jours plus tard, Bella appela Jacob pour avoir des nouvelles sur l'enquête. Malheureusement pour elle, la réponse fut brève.

-Je ne peux plus rien te dire, Bella. Newton a accepté ta démission.

Un coup de poignard ou une balle en pleine poitrine n'aurait pas été plus douloureux. Mais elle ne regrettait pas pour autant son choix. Elle, c'était Patrick Jane et Temperance Brennan à la fois. Douée pour l'analyse, parfois efficace sur le terrain, mais avant tout une tête et non des muscles. Elle ne se voyait pas abandonnée pour autant ce milieu. Elle pourrait très bien devenir consultante pour le FBI... ou la CIA. Quoi qu'il en soit, il était clair qu'elle était désormais hors-jeu, et ça... ça n'allait pas.

Bella était de nature calme et passive. Mais quand il s'agissait de sa famille et de ses amis, elle pouvait très bien avoir un tempérament de feu. Le duo qu'elle formait désormais avec Edward était donc un bon entraînement pour elle.

-Je prends la douche, prévint Edward en passant devant elle, assise sur le canapé. Cri s'il y a un problème.

Il hésita une seconde et se retourna vers elle, la pointant du doigt.

-Sauf si c'est une araignée !

-Mais elle était énorme, la dernière fois ! S'écria Bella en frissonnant de dégoût.

-Tu parles, elle était minuscule !

-On voit que tu n'as pas de bons yeux ! Je te dis qu'elle était énorme.

-Deux centimètres, c'est énorme, peut-être !

-Si elle est noire et que l'on parle juste du corps, alors OUI ! C'est ENORME !

Edward n'ajouta rien, partant déjà dans la salle de bain sous l'air scandalisé de la jeune femme.

Psss, facile à dire quand on a une arme sur soi ! Elle, elle n'avait plus rien ! Sa plaque, son taser, son arme. Tout était parti. Elle était comme nue désormais. Et donc dépendante d'Edward. C'était exaspérant.

Bien qu'une chose positive soit malgré tout présente: elle ne manquait jamais une occasion pour le solliciter... alors que bien souvent, elle pouvait le faire seule. Cela le rendait fou et elle adorait ça.

Leur rapport se rapprochait d'un frère et d'une sœur, par bien des aspects. Mais quelques fois, les regards qu'ils se lançaient à la dérober étaient très loin d'être fraternel.

Soudain, alors que l'eau coulait depuis une bonne quinzaine de minutes, Bella, toujours pensive sur le canapé, entendit du grabuge dehors.

Se relevant doucement, elle se dirigea vers la fenêtre, tirant les rideaux pour voir à l'extérieur. La nuit battait son plein et aucune voiture ne roulait dans sa rue. Tout était désert.

Pourtant, le bruit se refit entendre, plus nettement cette fois-ci.

Alors, se penchant légèrement contre la vitre, Bella distingua des ombres bougées. Elle réagit trop tard, que déjà, des projectiles inconnus vinrent fracasser toutes les vitres de son salon.

Se couchant au sol, Bella porta instinctivement sa main à sa hanche, désireuse de prendre son arme.

-Merde ! Grogna-t-elle.

Elle aurait peut-être dû garder son arme, finalement.

ooooo