Light the way ( Eclaire le chemin )

Bande-son : Agaetis byrjun par Sigur Ros, Les trésors Celtes, Mozart l'égyptien 2

Toujours rien à moi. Si c'est chelou, c'est le plus beau compliment que l'on puisse me faire. Warning : le chelou va continuer… comme les trucs déprimants ( faut que j'arrête la musique islandaise…)


Il demanda donc, quand il donna, autour de trois heures plus tard, le document déplié taché de sang à un Hokage apparemment épuisé, au-dessus de ce qui semblait avoir été, bien longtemps avant, avant l'invasion des papiers, son bureau. Elle ne répondit pas, l'envoyant à un des chuunins qui lui servait d'assistants.

Le type – il le connaissait de vue, mais n'avait jamais réussi ou pris la peine de se rappeler son nom – semblait étrangement… concerné ? quand Kakashi lui demanda où était Umino. Le type fronça les sourcils, jeta un regard au type aux cheveux en piques avec lequel il semblait toujours être, qui haussa une épaule en réponse, avant qu'il ne dise une seule phrase.

-Il est à l'hosto.

Kakashi fit une face derrière son masque, un mouvement qui passa inaperçu. Les deux chuunins étaient déjà en train de porter d'énormes piles de papiers au bureau des missions. Hors des murs du bâtiment, la pluie se déversait à flot, cachant Konoha à la vue entre des rideaux d'eau et d'épaisses écharpes de brumes.

°O°

Quand il entra dans le bâtiment blanc, Kakashi était plus trempé que s'il avait nagé avec ses vêtements sur le dos. Il fit le tour du hall d'entré du regard, juste pour être sûr que Tsunade ne s'était pas soudainement téléportée dans le coin, avant d'utiliser une variation d'un petit jutsu de feu pour se sécher. Il ne souhaitait encourir la colère ni du Hokage, ni du personnel de l'hôpital.

Puis il marcha calmement jusqu'au bureau d'accueil, et demanda la chambre du chuunin à la femme qui l'avait regardé faire une mare en entrant avec un regard meurtrier.

°O°

Le chuunin était seul dans une chambre blanche du sol au plafond, éclairée seulement par le peu de lumière qui filtrait de la porte entrouverte et de la fenêtre aux stores remontés – par le peu de lumière du jour qui venait de dehors.

Kakashi s'arrêta dans le chambranle de la porte. Il monta lentement une main pour taper doucement à la porte.

- Iruka-sensei ? Je peux entrer ?

Kakashi s'attendait à ce qu'il réponde quelque chose du genre ' même si je te répondais non, tu rentrerais quand même' le genre de phrases qu'ils se lançaient à la tête sans trop y réfléchir, quand ils se parlaient sans témoins au moins. Ou peut-être qu'il s'attendait à un sourire.

Umino ne répondit pas, ne fit pas un seul son ou mouvement pour montrer qu'il l'avait entendu. Il resta là, allongé, la tête tournée vers la droite, vers la fenêtre. Kakashi ne voyait pas son visage d'où il était.

- Iruka-sensei ? essaya à nouveau Kakashi. Peut-être que le type dormait.

Il ouvrit la porte totalement, entrant dans la pièce. Alors qu'il se rapprochait, il étudia la chambre et son occupant presque mécaniquement.

La chambre était plutôt nue. Un lit, un meuble qui pouvait passer pour une table de chevet, un autre pour une étagère ; tout, à part un tas de vêtements pliés sur l'étagère et une bouteille d'eau sur le chevet, étaient dépourvus de toutes les choses auxquelles pouvait penser Kakashi qu'il avait déjà vu dans des chambres d'hôpital. Des choses comme des cartes de bon rétablissement. Des fleurs. Des livres. Des petits présents. Même des peluches.

Kakashi fronça les sourcils, se reconcentrant sur Umino. Son œil droit glissa cliniquement, presque froidement, sur le corps dissimulé sous les couvertures gris-vert, sauf pour le torse et les bras. Bras gauche – plâtré de l'épaule aux doigts, jambe gauche – probablement cassée aussi, trop raide sous les couvertures, le peu qu'il voyait du visage et de la peau – des ecchymoses qui commençaient à s'effacer, bras droit – abandonné au côté de l'homme, relié à de multiples sacs plastiques emplis de liquides.

Kakashi fit un dernier pas vers Umino. Les yeux de l'homme étaient ouverts, et regardaient à travers la fenêtre sans voir.

Il nota avec une part de son cerveau la peau pâle là où il aurait dû voir une peau hâlée par le soleil, les cheveux encadrant le visage tiré là où il aurait dû les voir attachés, le regard absent quand il aurait dû voir des yeux chaleureux couleur chocolat, avec une teinte de malice pour qui savait regarder.

- Iruka ? Kakashi essaya encore.

Pas un mouvement, juste la légère montée et descente d'une poitrine étroitement bandée et le petit bruit régulier d'un sac en plastique dans un tube en plastique.

Par la part plus fine du mur qu'était la fenêtre venait les sons étouffés de la pluie sur les toits de Konoha.

Kakashi se rendit soudainement compte qu'il n'aimait pas cet Iruka.

Cet Iruka qui semblait vide. Cet Iruka qui ne souriait pas, qui ne criait pas sous la colère, qui ne répondait pas à ses taquineries. Cet Iruka qui était juste allongé là, regardant les kami seuls savait quoi par la fenêtre.

La fenêtre qui montrait seulement du gris qui bougeait, et les bijoux transparents qui tombaient régulièrement sur le verre.


Ce chapitre a été écrit dans le train sur le chemin de mon exam d'entrée à l'école sup. d'art de Grenoble ( exam que j'ai loupé d'ailleurs…), avec un petit dessin de Kakashi et Iruka pour aller avec. Faudrait que je finisse par les mettre quelque part pour que vous les voyez ces dessins.