Light the way (Eclaire le chemin )

Toujours rien ni personne à moi…

Kakashi touillait sans y penser son ramen, assis à l'Ichiraku. Il s'était réveillé tard, ne se levant pas à l'heure à laquelle il avait .l'habitude de se réveiller pour aller au monument. C'était suffisamment rare pour être noté. Il songea qu'il devait être plus fatigué qu'il ne pensait.

Le beau soleil qui brillait au-dessus de Konoha ne faisait rien pour l'aider à se réveiller correctement. Il se sentait des envies de paresse ; des pensées de lézarder au soleil et laisser libre cours à son côté animal/chien avaient traverser son esprit lorsqu'il était sortit de son appartement.

Les rues étaient encore animées. Moins que le jour d'avant, mais toujours plus que l'animation usuelle d'un jour moyen à Konoha. Pour lui toutefois, ça n'était qu'un bruit de fond.

Il pensait à ses courses. Sérieusement. Il ne savait pas quand il rentrerait de ses prochaines missions, pas vrai ? Il était donc préférable qu'il n'achète pas trop de nourriture, juste de quoi finir la semaine. Mais en même temps, il était bien souvent affamé quand il revenait – et son frigo n'était pas vide 'souvent', mais 'tout le temps'. Mais quel bien cela lui ferait donc si le contenu de son frigo décidait d'avoir une vie propre lorsqu'il reviendrait crevant de faim?

Oh oui, il devait définitivement être plus fatigué qu'il ne croyait.

Lorsque il se rendit compte de ce à quoi il pensait si sérieusement, il coupa abruptement son train de pensées. Cependant son esprit ne voulait pas rester inoccupé.

Alors il se surprit à penser à un certain Chuunin.

C'était juste de la curiosité professionnelle, il se répétait, il était juste intrigué par le jutsu dont avait parlé Umino. Le jutsu que le chuunin avait de toute évidence expérimenté par lui-même.

Dans tous les jutsu que le Copy-Nin avait copié année après année, il ne pouvait pas en trouver un ou se rappeler d'un qui produisait un tel résultat. Dans tous ceux dont il avait entendu parler, pareil.

Son ramen était maintenant très bien mélangé. Il le touilla un peu plus, regardant sans la voir la vapeur qui s'en échappait monter en paresseuses arabesques et disparaître dans les jeux de lumière créés par la vive lumière du soleil dehors et les ombres du restaurant.

Quelqu'un se posa sur le siège à côté de lui. Cette couleur de vêtement était aisément reconnaissable. Kurenai.

-Bonjour Kakashi-sempai.

Kakashi 'mhm'-a un salut en sa direction. Elle commanda un bol. Le restaurant était silencieux, si on oubliait les bruits venant du chef et des autres clients, et les bruits comme étouffés qui venaient de la rue derrière eux.

-Ca fait un bout de temps que je ne t'avais pas vu à Konoha Kakashi.

-'forcé de prendre la semaine… Asuma est rentré aussi ?

Sa commande fut placée en face d'elle. Elle défit une pair de baguettes.

-On les a croisé, lui et Shikamaru, en revenant ; ils repartaient.

Elle mélangea doucement son bol, la vapeur s'en échappant en volutes.

-Comment vont tes gosses ?

Kurenai sourit autour de ses baguettes. Kakashi remarqua qu'elle avait les yeux cernés, qu'elle était un peu déchevelée, et que ses vêtements avaient l'air d'avoir été portés un moment. Elle devait être juste revenue. Son sourire était… nostalgique ?

-Ce ne sont plus des gosses… Ils grandissent.

-Ouais, fit Kakashi en écho, ils grandissent tous…

Son ramen était désormais bien refroidi.

Kurenai cessa de manger pour le regarder.

-Tu vas bien Kakashi ? Ca ne te ressemble pas d'attendre que le ramen refroidisse.

'et de broyer du noir'. Mais cette dernière partie était sous-entendue.

Est-ce qu'elle était une amie ?

Kakashi se demanda un instant d'où venait cette pensée. Peut-être du même endroit que là où les histoires de Sakura à l'hôpital étaient apaisante et là où ses émotions avaient encore un sens.

Genma, Kurenai, Asuma, Raidou, et les autres, est-ce qu'ils étaient des amis ?

Est-ce qu'il avait été un ami pour Rin et Obito ?

Il refusa platement que ses pensées empruntent ce chemin. Il n'aimait pas penser de la sorte au passé, ni le ressasser. C'était le genre de réflexion qu'il ne s'autorisait qu'au monument. Penser comme ça n'importe où ailleurs, c'était comme signer son arrêt de mort. Il revint à la première question.

Eh bien… Ils étaient des jounin. Il n'y avait pas grand-chose d'autre à ajouter.

C'était bien connu qu'il ne fallait pas être très sain d'esprit pour passer jounin. En temps que jounin, il était bien placé pour le savoir, et être d'accord avec cette déclaration. Cependant cette déclaration n'était pas complète. Elle omettait de mentionner que les jounin étaient tellement habitués à la mort et à tuer sur une base régulière, qu'ils perdaient des petits bouts d'humanité – de plus en plus de petits bouts avec chaque mission donnée et terminée.

Elle omettait de mentionner que beaucoup de jounin étaient des ANBU 'à la retraite'. Il fallait être complètement fou pour passer ANBU. L'esprit humain ne pouvait pas plier indéfiniment sous le stress et l'inhumanité dont il était le témoin quand une vie de ninja était menée. Alors il cassait, la plupart du temps, et il n'avait plus rien d'humain. Ils étaient les outils parfaits. En temps qu'ex-ANBU, il pouvait témoigner.

Elle omettait de mentionner que certaines personnes devaient vraiment être désespérées pour confier leur vie ou les vies de leurs enfants entre les mains de gens comme lui.

Il était vraiment bien plus fatigué que ce qu'il avait cru. Il se rendit soudainement compte que Kurenai l'appellait.

-…kashi-sempai ?

-Mh ? Aa… Je dois être plus fatigué que ce que je croyais, c'est tout.

Il compléta sa déclaration en se frottant la nuque et en souriant d'un œil.

Kurenai le fixai.

-Tu en es sûr ?

Il n'était pas télépathe, mais il pouvait entendre le 'ça ne te ressemble de te perdre dans tes pensées comme ça' qu'elle pensait tellement fort. Ses yeux rouges, bien que fatigués, montraient sans détour son inquiétude.

Kakashi sourit de plus belle, et plus honnêtement. D'après son illogique et tordu 'bon' sens, Kurenai venait de lui démontrer qu'elle était son amie. Il hocha la tête, puis se hissa de son siège, laissant le prix de son repas à côté de son bol.

-Faut que j'y aille. A plus.

Il quitta l'échoppe, apparemment non conscient du regard curieux et préoccupé que lui jetait la femme aux yeux rouges, celle qui le regardait quitter l'ombre du restaurant pour disparaître dans la vive lumière de l'extérieur.

Son bol encore plein était maintenant froid.

Est-ce qu'Iruka était son ami ?

Les théories sur les jounin et ANBU sont non-canon, elles circulent et sont très connues sur le fandom ; je ne sais pas qui y a pensé en premier.

(Et oui, je pense au bac… quoique je finirai sans aucun doute par gribouiller des petits ninja et des bouts de phrases de fics sur mes brouillons…)