Light the way (Eclaire le chemin)

Neuvième partie


Iruka attendait. Il ne savait pas ce qu'il attendait, mais il attendait quand même.

Il était assis à l'aide de nombreux oreillers, regardant fixement par la fenêtre, regardant les nuages prendre les formes d'animaux fantastiques, les regardant gonfler et gonfler dans les cieux assombris, lourds de pluie menaçant de tomber, menaçants de promesses de mauvais temps pour les jours à venir. Parfois, une feuille colorée par l'automne volait dans son champs de vision, apparaissant juste pour disparaître aussitôt, portée par des vents contraires.

L'automne s'installait solidement sur le Pays du Feu, et Iruka ne se souvenait pas d'avoir vu la fin de l'été.

Il soupira, remuant sa main droite qui faisait mal d'avoir trop écrit après une trop longue période d'inactivité.

Les rouleaux et livres étalés sur ses genoux étaient soudainement très lourds. Il en avait assez de cette recherche inutile pour un jutsu qui ressemblerait à celui qui avait été utilisé – qui avait été utilisé sur lui, et sur Megumi qui avait été promue Chuunin juste l'année d'avant, et sur cette petite fille qui n'avait pas dû avoir plus de dix ans, et sur le chef de la caravane…

Il interrompit ses pensées où elles se trouvaient. Cela prendrait longtemps avant que le temps n'efface ces souvenirs. Il n'avait pas besoin d'en plus le revoir dans sa tête – ça n'avait jamais aidé à éloigner les pires souvenirs au loin.

Son bras et sa jambe commencèrent à picoter de nouveau sous les bandages. Il avait demandé à ce que les antidouleurs soient stoppés. La douleur était supportable, et il pouvait désormais manger sans avoir à se demander s'il garderait son repas cette fois-ci. Les médics lui avaient dit qu'il pourrait sortir de l'hôpital d'ici une semaine, mais qu'il ne pourrait pas retourner en mission avant la fin de l'année.

Il était heureux de la bonne nouvelle, rester coincé ici le rendait irritable et désespéré de bouger un peu, et ne pas pouvoir retourner en mission d'ici la fin de l'année ne le gênait même pas vraiment – prendre un double poste au bureau des missions et donner un coup de main à Izumo et Kotetsu avec la paperasse du Hokage remettrait sur le circuit des ninja tout à fait capables quand lui pouvait prendre sa part de si détesté travail de 'bureau-nin' sans problèmes.

Shizune avait fait un saut une fois, pour lui dire qu'il était attendu au bureau des missions dès qu'il sentait qu'il était sur pied. Elle connaissait l'étendue des dommages faits sur sa mobilité par le jutsu, aussi bien que lui les connaissait. Il aurait des problèmes rien que pour marcher ou pour plier ses membres durant les premières semaines, si ce n'était pas les premiers mois ; sans compter que tout jutsu requérrant des sceaux étaient rigoureusement hors de question tant que les flux de chakra dans son bras et sa jambe gauche n'étaient pas revenus à la normale. Juste le temps pourrait y remédier, les medicnins avaient déjà fait tout ce qu'ils pouvaient.

Donc un job de bureau semblait parfait pour le moment.

Il remit les lourds livres et rouleaux sur la table à côté du lit, les empilant pour les faire tenir sur l'étroit meuble, rajoutant stylo et cahier en haut de la pile hasardeusement faite. Il croisa mentalement les doigts pour que la pile ne finisse pas par terre – il n'avait pour l'instant guère envie de découvrir s'il pouvait sortir du lit, marcher et s'accroupir pour récupérer des livres tombés à terre.

Il avait plutôt envie de dormir – encore - , aidé par le temps dehors. Il tira les couvertures à lui. L'hopital semblait toujours trop froid, trop propre, trop blanc. Ca lui donnait toujours l'impression d'avoir froid, surtout dans des moments comme celui-là, quand il ne pouvait pas être sûr des sensations que lui envoyait son corps.

Il tira les couvertures jusqu'à sa bouche, laissant juste le haut de son visage visible – son visage tourné vers la fenêtre. Sa main droite glissa sous la couverture chaude, passant sur sa poitrine pour se réchauffer, en faisant aux côtes cassées encore là.

Il se demanda où était Naruto maintenant, et ce qu'il faisait. Hatake n'avait rien dit à propos de Naruto lorsqu'il était venu – quand était-il venu d'ailleurs ? Trois jours auparavant ? Ou plus ? Iruka souffla doucement sous la couverture. Analgésiques ou pas, son sens du temps battait toujours la campagne. Les évènements datant d'une semaine se fondaient dans un grand flou. Donc Hatake était venu il y avait plus de trois jours, parce qu'il y avait exactement trois jours, Iruka avait vu Shizune, puis, il y avait deux jours, ç'avait été Sakura, qui était venue avec des livres de la part du Hokage ; mais il avait dû venir il y avait moins d'une semaine.

Iruka bougea légèrement, transférant la majeure partie de son bien plus léger poids sur son coté droit, faisant presque totalement face à la fenêtre.

Il aurait besoin d'aller au monument sitôt sur ses pieds, pour aller présenter ses respects à ses parents, vu qu'il n'avait pas pu le faire le dix. Il se rendit compte que son appartement serait un bazar innommable quand il sortirait, et qu'aucune nourriture présente chez lui ne serait mangeable.

Il étouffa un bâillement, lui tirant des larmes. Il cligna des yeux plusieurs fois, puis il laissa tomber, regardant l'extérieur à travers des yeux à demi-clos.

Hatake avait semblé bizarre parce que ç'avait été le dix… L'autre homme semblait toujours s'en vouloir pour Sasuke, mais il était clair qu'il s'en voulait aussi pour d'autres choses. Chaque ninja avait un placard plein de fantômes et de squelettes… Peut-être qu'Iruka essayerait de lui parler à propos de tout ça un jour.

Iruka bailla de nouveau, en essayant de s'en empêcher. Il se demanda si Kakashi avait été sérieux lorsqu'il avait dit qu'il lui payerait le ramen. Il se demanda, avec un cerveau déjà à demi endormi, si le jounin était là-bas dehors, en mission. Il se demanda s'il le verrait à nouveau avant de sortir.

Il n'essaya pas de s'empêcher de bailler cette fois – tout commençait à devenir moins net, son environnement devenait flou, la fenêtre plus qu'un grand carré gris…

Iruka s'endormit alors que les premières gouttes de pluie commencèrent à résonner sur les toits environnants.


C'est les vacances… les chapitres devraient venir plus souvent ( mais ils dépendent toujours d'abord des chapitres en anglais ). A la prochaine.