Chapitre 2, L'arrivée de Severus et le début de l'entraînement
Severus Snape connaissait le manoir des Dumbledore. Le vieil homme le lui avait fait visiter quelques temps plus tôt, mais il n'avait jamais pensé que le Directeur les désignerait lui et Potter comme héritiers. Surtout après ce qu'il avait fait. Mais comme Albus, Sorka avait été très compréhensive. Apparemment le vieil homme n'avait que très peu de secrets pour sa sœur.
Il grogna. Même dans la mort, Albus Dumbledore arrivait encore à contrôler sa vie. Il s'arrêta devant un portrait et murmura, « Vous êtes vraiment le plus grand imbécile que le monde ait connu. »
Le portrait rit gaiement. « Severus. Vous savez que je vous ai toujours considéré comme un fils alors ne jouez pas les durs avec moi. » La tendresse qui se lisait dans les yeux du Directeur réduisit le Serpentard au silence.
Dans un sanglot, il lui répondit. « Vous m'avez abandonné et j'en suis le seul coupable. » Severus s'éloigna, n'attendant pas la réponse du portrait. Son visage dur et sévère n'était que le reflet du chagrin qui le tenaillait. Il avait tué la seule personne qu'il considérait comme un membre de sa famille.
Rien n'avait changé en cinq ans. La maison paraissait toujours aussi moldue dans sa construction et dans sa décoration intérieure, mais Severus savait que ce n'était pas le cas et c'était assez perturbant. Finalement, la maison ressemblait bien au vieux fou.
Sorka, qui l'avait laissé faire le tour du salon, s'approcha finalement de lui. Elle posa une main sur son épaule qu'elle retira lorsqu'elle rencontra le regard venimeux de Severus.
Elle reprit son rôle et assuma sa fonction de notaire, lui signifiant qu'il pourrait jouir de la maison avec Harry Potter à condition qu'il protége le jeune homme et lui enseigne tout ce qu'il savait.
Les yeux noirs se figèrent un instant. Cette promesse ne serait pas facile à tenir. Il n'était pas un homme patient et Potter était certainement l'une des personnes qu'il supportait le moins au monde. Mais il avait fait une promesse à Albus et il comptait la tenir, quoi qu'il lui en coûte.
Il acquiesça en silence et suivit la jeune femme à l'étage. Arrivé devant la porte fermée, Sorka lui fit ses adieux. Elle avait à présent rempli sa fonction et pouvait partir.
Severus frappa. Personne ne répondit. Il entra.
Il aperçut Potter au premier coup d'œil. L'idiot avait laissé la lumière allumée et s'était endormi sur la table. Il soupira et s'approcha de la forme endormie.
Il lui jeta un sort pour éviter qu'il ne se réveille. Potter avait la tête posée entre ses bras sur la table qui était légèrement mouillée. Severus toucha les joues du garçon et constata qu'il avait pleuré.
Son cœur se serra. Quelque part, il l'enviait. Lui aussi aurait aimé pleurer la mort de ce père adoptif.
Potter était encore un enfant et pourtant, Severus devait l'endurcir et le faire devenir homme en peu de temps. Il n'aimait pas cette tâche. Un enfant devait avoir le temps de grandir. Les horreurs que l'on rencontre dans le monde ne devaient pas être du ressort d'un enfant… et pourtant.
Il soupira, prit la forme inconsciente dans ses bras, le conduisit dans la chambre, le posa sur le lit, lui enleva chaussures et lunettes et tira les draps sur lui. Il fut surpris par son poids. Il avait eu l'impression de soulever un sac de plumes. Il fronça les sourcils et dévisagea quelques instants le jeune homme de dix-sept ans.
Il se demandait si sa vie avait été aussi angélique qu'il l'avait toujours pensé. .
A le voir ainsi, Severus n'avait pas envie de le haïr. Potter avait l'air d'un garçon tout à fait ordinaire, et c'est ce qu'il serait sans cette cicatrice si particulière. Il dégagea gentiment les mèches qui couvraient le front du jeune garçon dans une caresse fugace. Dans son sommeil, Harry appuya sur la main qui avait gentiment glissé sur sa joue. Ce geste surprit Severus. C'était comme si Potter recherchait de l'affection, même dans son sommeil.
Le maître des potions quitta la chambre, ferma la porte derrière lui et laissa un petit mot à Potter sur la table du salon, lui faisant savoir qu'il l'attendait pour le petit-déjeuner le lendemain à neuf heures précises. Ils devaient discuter de certains arrangements.
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Harry se réveilla perdu. Il ne se souvenait pas être allé se coucher. Il se leva, mit ses lunettes et se dirigea dans le salon où il trouva le petit mot de Snape. Sa simple présence, ce simple mot le mirent dans une rage folle. Dans un accès de colère, il mit feu à la feuille de papier.
Bien entendu, Snape entra à ce moment-là.
« Très mature comme comportement Potter. On voit que vous n'avez plus cinq ans. Habillez-vous et venez me rejoindre en bas pour le petit-déjeuner. » Lui ordonna-t-il.
« Je n'ai pas d'ordre à recevoir de vous ! » Dit-il les dents serrées. « Vous l'avez tué. Vous êtes un meurtrier ! Il a été beaucoup trop généreux avec vous ! »
Les mots de Potter atteignirent leur cible. Severus blêmit. « Potter, ça suffit. Ne vous mêlez pas de cela. » Répondit Severus sur un ton tout aussi tranchant et menaçant qu'était noir le regard de son élève. « Habillez-vous et venez me rejoindre en bas. Je crois que nous avons un emploi du temps à préparer. »
Harry bouillait de colère. « Je ne travaillerai pas avec vous ! Mieux, je ne resterai pas dans la même pièce que vous. Vous l'avez tué ! Il était sans défense et vous l'avez tué ! »
Severus lui lança un rapide sort pour le ligoter. « Ce que j'ai fait, je l'ai fait sur son ordre, Potter. Et si je suis là aujourd'hui, c'est aussi sur son ordre. Alors si vous voulez partir, jouer les lâches et les martyrs, partez, mais ne venez pas vous plaindre de ne pas avoir reçu d'entraînement pour vous défendre et ne venez pas pleurer si vous êtes enlevé ou torturé par le Seigneur Noir et que vous n'êtes pas capable de protéger vos amis. »
Il le libéra du sort et partit. Harry serra les poings. Comment ce salaud osait-il le traiter de lâche ? Non, il ne pourrait pas le supporter.
Il s'exécuta donc : il prit une douche, s'habilla et descendit.
Lorsqu'il arriva, Snape lisait le journal. Le maître des potions ne leva pas les yeux vers lui mais Harry le vit sourire d'un air satisfait, ce qui accentua sa rage.
« Mangez, Potter. Vous en aurez besoin. »
Harry ne répondit pas. Il se servit et mangea rapidement. Il était déjà debout pour retourner dans ses appartements quand Snape l'arrêta.
« Potter ! » Harry se figea, « Je vous attends dans une demi-heure dans la salle d'exercice. Venez avec une tenue appropriée. Nous allons voir ce que vous savez faire. »
Harry serra les dents et les poings mais répondit, « Oui, Monsieur. »
« Ah et Potter, si vous ne savez pas où se trouve la salle en question, je vous conseille de prendre une carte. »
Ce sarcasme était plus qu'il ne pouvait en supporter et il quitta la salle rapidement avant d'attaquer son aîné.
Il retourna dans sa chambre, enfila le seul survêtement qu'il pensait approprié et chercha la fameuse salle d'entraînement.
Il comprit bientôt pourquoi Snape lui avait dit de prendre une carte. Cette maison était un vrai labyrinthe et il avait l'impression de prendre sans cesse le même chemin. Au final, il retourna dans sa chambre et prit le parchemin que Dumbledore lui avait laissé et qui ressemblait à une carte.
En possession de la carte, il trouva la fameuse salle d'entraînement rapidement. Enfin, avec une demi-heure de retard, ce qui allait sûrement mettre Snape de très mauvaise humeur.
Hpsshpss
Snape était déjà là quand il arriva. Quand son regard se posa sur son aîné, Harry se figea. Le maître des potions portait une robe de combat noir qui lui seyait parfaitement. Elle mettait en valeur son visage et ses yeux. Snape était l'image même du sorcier ténébreux. Ses yeux noirs brillaient de colère, mais Harry vit derrière une profondeur qu'il n'avait jamais soupçonnée jusque là. Il ne voyait rien d'autre que ses yeux.
« Potter ! Encore en retard je vois. Vous vous êtes perdu je suppose ? » Lui demanda son professeur d'une voix sarcastique. « Et quelle est cette tenue ? Vous ne voulez certainement pas vous battre ainsi ? » Il haussa un sourcil.
« Que vouliez-vous que je mette, monsieur ? » Dit Harry en accentuant ironiquement le 'monsieur'.
Severus ne sourcilla pas devant l'insolence du gamin. Il le connaissait suffisamment pour savoir que son tempérament sulfureux devait s'extérioriser et il n'avait jamais douté être la cible du petit vaurien.
Il était l'enseignant et Potter lui devait le respect. Severus comptait bien lui apprendre ces quelques règles le jour-même.
« Gardez cette tenue pour ce matin Potter. Nous irons en chercher d'autres dans l'après-midi. » Dit-il simplement. « Vous voyez ces appareils ? »
Harry fit rapidement le tour de la pièce des yeux et vit effectivement de nombreux appareils. « Cette salle est semblable à la salle sur Demande de Poudlard, mais c'est une salle d'exercice, d'entraînement. Elle réagit en fonction du niveau et de ce que veut apprendre la personne qui y vient. Vous êtes un débutant. Il vous faut donc apprendre la rapidité, les réflexes, l'agilité…. Ce sera votre échauffement dans les jours à venir. Allez-y. »
Harry s'avança vers la machine. Elle n'avait pas l'air si terrible. Il monta sur le tapis roulant et l'exercice commença.
Le sol se mit à trembler et il chancela. Il écarquilla des yeux en voyant la boule de feu se jeter sur lui. Il se mit à terre et grimaça en sentant l'aiguillon d'une flèche dans son dos. Il grimaça et l'arracha rapidement avant de se mettre à courir pour éviter les attaques qui arrivaient de tous les côtés.
« Ah j'oubliais Potter, vous avez le droit d'utiliser la magie. »
Harry le regarda avec des yeux noirs et cria « Protego » pour créer un bouclier autour de lui. Il avait beaucoup de mal à rester debout à cause du sol qui continuait à se dérober sous lui. Cependant quand il cria le sort, une nuée d'oiseau se jeta sur lui pour l'attaquer par derrière.
« Oh Potter, j'avais oublié. » Severus avait un sourire satisfait plaqué sur son visage et sa voix était mielleuse, « A chaque fois que vous prononcerez un sort à haute voix, vous serez attaqué. Plus vous crierez fort et plus l'attaque sera puissante. Vous devez simplement atteindre le bout de la pièce. Même vous, vous êtes capables de ça, non ? »
Severus avait sciemment omis de lui dire qu'il ne pourrait atteindre l'autre bout de la salle que lorsqu'il serait épuisé. L'exercice testait donc aussi sa combativité, sa résistance.
Rien n'était vraiment dangereux. Les boules de feu laisseraient quelques brûlures, mais rien de bien sérieux, les attaques avaient seulement pour but de l'obliger à se concentrer et à jeter les sorts sans parler, les fléchettes étaient légèrement empoisonnées pour tester sa résistance aux poisons et lui provoquer des hallucinations. Ainsi, il se sentirait encerclé et serait obligé de faire appel à toutes ses ressources.
Severus croisa les bras et sourit en regardant le gamin passer ses nerfs sur la machine. Les attaques étaient de plus en plus nombreuses, mais Potter ne faiblissait pas, montrant une certaine ténacité. S'il pouvait se battre contre ses ennemis avec autant d'énergie, ils avaient une chance de survivre à cette guerre.
Au bout de deux heures, Snape arrêta l'exercice. Potter n'avait toujours pas atteint l'autre bout de la salle, mais il était satisfait. Dumbledore ne lui avait pas confié une tache impossible à réaliser. Le garçon avait du talent. Il pourrait apprendre et même rapidement. Mais il n'allait pas le lui dire, si ?
Il prit un visage sévère. « Potter, ça suffit pour aujourd'hui. Il y a encore du travail, mais vous n'êtes pas un cas aussi désespéré que je le croyais. Dorénavant, tous les matins, vous ferez cet exercice. Bien entendu, ce ne sera jamais exactement le même. Il s'attaquera toujours à vos points faibles. »
Harry le regarda avec des yeux noirs, mais il n'avait plus la force de le défier ouvertement. Cet exercice l'avait épuisé et il n'avait pas réussi à le terminer puisqu'il n'avait pas pu à aller au bout. Il acquiesça simplement.
« Allez prendre une douche et retrouvez-moi dans la salle à manger. Il est midi. Cet après-midi nous irons vous chercher une tenue convenable et nous mettrons au point votre emploi du temps. »
Harry partit lentement en direction de sa chambre. Il était tellement fatigué qu'il ne remarqua pas que Snape lui avait fait un compliment ni qu'il avait réussi à retourner dans sa chambre en un temps record.
La douche lui permit de retrouver un peu de vitalité. La journée ne faisait que de commencer et d'après Snape, il faudrait recommencer cet exercice tous les matins. Cette simple pensée était déjà épuisante.
Quand il descendit dans la salle à manger, Snape était déjà là. Il lui fit signe de s'asseoir à côté de lui et ils déjeunèrent en silence.
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A la fin du repas, Snape le conduisit dans une salle qu'il n'avait pas encore remarquée (mais il n'avait pas encore tout visité et cette maison était surprenante). Ils montaient, montaient et montaient encore. Les marches n'avaient pas de fin. Harry entendit Snape grommeler à plusieurs reprises contre 'les Maisons qui ne font pas ce qu'on leur demande.'
Quand ils s'arrêtèrent enfin, ils devaient avoir atteint les combles de la maison.
Ils entrèrent dans une grande pièce éclairée par une lucarne. Elle était remplie de caisses, de cantines, d'armoires et d'objets éparpillés un peu partout. Harry vit dans un coin un vieux cheval à bascule et il se demanda si c'était celui de Dumbledore, il ne parvenait pas à imaginer le Directeur de Poudlard enfant et encore moins en train de jouer sur un cheval à bascule moldu. Mais cette pensée lui rappela pourquoi il était là et sa colère refit rapidement surface. Mais il la repoussa : il refusait de se laisser aller à ce genre de choses.
Apparemment Snape avait trouvé ce qu'il cherchait. « Potter, venez-là ! » Snape était devant une grande armoire et sortait une robe de sorcier, serrée à la taille mais ample dans le bas. Elle permettait de faire des mouvements souples et précis. Elle avait également un col haut, qui donnait un aspect sévère à l'ensemble. En fait, cette robe ressemblait à celle de Snape. S'il la portait, il reconnaîtrait officiellement le Serpentard comme son mentor.
« Potter, essayez-ça ! » Dit-il en lui tendant la robe.
Harry la prit, regarda Snape, la robe et à nouveau Snape. « Alors qu'attendez-vous ? Vous n'êtes tout de même pas prude à ce point-là Potter, si ? »
Le Gryffondor rougit et l'enfila par-dessus ses vêtements.
« Potter, cette robe est faite pour être mise sans à même la peau ! » Soupira le maître des potions.
Une cabine d'essayage apparut soudain à côté de Harry. Ce dernier ne se fit pas prier et alla se changer derrière.
Il enfila la robe : elle lui allait parfaitement. Elle semblait avoir été faite pour lui. Un miroir à l'intérieur, le complimenta. Le noir faisait ressortir ses yeux verts qui paraissaient plus brillants qu'à l'ordinaire et lui donnait un air plus sérieux, plus âgé et plus sombre. Habillé ainsi, Harry avait, tout comme Severus, l'air d'un sorcier ténébreux.
Snape le regarda d'un air appréciateur et acquiesça. « Oui, j'étais sûr que ça vous irait. Vous mettrez cette robe à chaque fois que nous aurons cours ensemble. Vous êtes désormais sous ma protection Potter. J'ai accepté de vous prendre comme disciple, vous êtes donc tenu de me montrer le respect dû à mon rang. Vous m'appellerez donc soit Maître soit Monsieur. Entendu Potter ? »
Harry serra les dents et le poing. « Monsieur- »
Snape le coupa. L'éclat métallique qui illumina son regard contenait une menace que le jeune homme ne pouvait pas nier. « Potter, avant de dire quelque chose que vous pourriez regretter, je n'ai accepté ce rôle que parce que Dumbledore me l'a confié. Je n'ai ni l'envie ni le temps de jouer les nounous. Je suis encore un mangemort et être votre mentor est plus dangereux pour moi que pour vous. Alors que décidez-vous ? »
« Pourquoi ? » Lui demanda Harry les dents serrées.
« Pourquoi quoi Potter ? Faites des phrases, même vous vous savez parler. » Renifla son ancien professeur.
« Pourquoi avoir accepté d'être mon mentor ? Dumbledore est mort, vous l'avez tué, alors il doit y avoir une autre raison. »
Severus serra lui aussi les dents. Si Potter continuait à le traiter de meurtrier, il n'était pas certain de pouvoir épargner au gamin sa fureur. « Les raisons sont miennes et ne regardent que moi. » Snape ne détourna pas le regard. « Mais réfléchissez bien Potter, si vous acceptez d'être mon disciple, je serai obligé de vous protéger pendant toute la durée de votre entraînement. Je ne pourrai ni vous faire de mal ni vous livrer à mes collègues mangemorts. »
Harry soutint son regard. Quand il lui avait parlé de Dumbledore, il avait vu une étincelle qui ressemblait à de la douleur, mais c'était parti très rapidement. Son professeur avait ensuite repris contenance et maintenant il n'y avait plus dans ses yeux que de l'énervement.
Harry acquiesça lentement. Un proverbe dit qu'il faut être proche de ses amis et plus proches encore de ses ennemis. En devenant son disciple, il pourrait surveiller les agissements de l'homme et comprendre ses motivations.
Snape referma alors la porte de l'armoire. « Potter, approchez. Bien. Ouvrez la porte et pensez à des robes de cérémonie. »
Harry le regarda avec scepticisme mais fit ce qui lui était demandé. Quand il l'ouvrit il y avait des robes de cérémonies de différentes couleurs et de différentes textures : des bleues, des vertes, des rouges, des noires….
« Nous n'avons pas toute la nuit. Prenez cette malle et mettez-les dedans. »
Harry obtempéra.
« Recommencez ! Maintenant je veux que vous visualisiez des robes de tous les jours. Puisque vous êtes mon disciple, je ne peux pas vous laisser vous balader dans la maison avec ces vêtements moldus. Vous êtes un sorcier bon sang ! »
Harry renouvela l'opération afin d'avoir plus de robes de combat, quelques vêtements moldus et des armes.
Apparemment, c'était une armoire magique qui donnait à celui qui l'ouvrait ce dont il avait besoin. Bien pratique.
« Maintenant Potter, emmenez cette malle dans vos quartiers et rejoignez-moi à la bibliothèque, nous devons préparer votre emploi du temps. »
Potter acquiesça, fit léviter la malle et descendit.
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Severus était assis, un verre de scotch à la main, et attendait son disciple. Il tapotait distraitement la table de ses doigts. Potter paraissait déterminer à être son élève. C'était une bonne chose. Il ne l'avait pas insulté et l'avait appelé 'Monsieur' et ce malgré sa réticence évidente.
Il sourit. Les semaines à venir ne seraient faciles ni pour l'un ni pour l'autre et Potter risquait de faire les frais de sa mauvaise humeur s'il ne faisait pas attention à ses paroles.
Il but une gorgée du liquide qui lui brûla la gorge et fronça les sourcils. Pourquoi le gamin ne portait-il que ces vieux habits trois fois trop grands pour lui ? N'avait-il pas de quoi s'acheter des vêtements décents ?
Il soupira. Potter n'avait aucun goût vestimentaire. Voilà une chose de plus qu'il devait enseigner au gamin.
Il devait admettre qu'il avait été surpris. La robe de combat lui allait vraiment très bien. Son visage juvénile lui avait paru plus mature. Ses yeux émeraude brillaient de colère et de détermination quand il s'était montré. Dans un combat, la couleur verte bien particulière de ses iris pouvaient troubler l'adversaire. C'était une tactique intéressante à étudier.
Le jeune homme arriva une demi-heure après, portant toujours sa robe d'entraînement. Il était probable qu'il ne porterait que ça pendant qu'il serait dans la maison.
« Asseyez-vous ! »
Harry obéit et prit place sur une chaise en face du maître des potions. Une table les séparait.
« Voilà ce que nous allons faire. Tous les matins, vous passerez deux heures sur la machine. Comme je vous l'ai dit, la salle évaluera par elle-même vos faiblesses et focalisera votre entraînement dessus. De mon côté, je pourrai rajouter quelques difficultés pour voir comment vous réagissez.
« L'après-midi vous aurez cours de potions - Oui, de potions Potter, ne me regardez pas avec ainsi ! » Harry avait les yeux écarquillés et se serait tapé la tête contre les murs s'il l'avait pu. Rien ne pouvait être pire qu'apprendre les potions avec lui ! « Vous savez que c'est important. La guerre peut prendre un tour différent si vous êtes capable de résister au veritaserum, aux poisons et à d'autres potions mortelles. Les potions curatives, si vous savez les préparer, pourront sauver bien des vies. Y compris la vôtre.
« Je vous initierai également aux sorts qu'utilisent les médicomages. Savoir se soigner et soigner les autres est capital dans une guerre.
« Nous reprendrons également les cours d'occlumencie et de légilimencie. » Il vit Harry ouvrit la bouche pour parler, mais Severus haussa la voix pour l'en empêcher. « Non, Potter, nous travaillerons autrement, sur d'autres bases. Je pense que nous avons tous les deux tiré des leçons de ce qui s'est passé lors de votre cinquième année, n'est-ce pas ? »
Harry serra les lèvres. Severus s'attendait à ce qu'il lui fasse des excuses mais Potter acquiesça simplement. Enervé, le maître des potions continua. Ses yeux avaient pris un éclat métallique mais il essayait de contenir sa voix.
« Je considère que vous connaissez les bases, vous n'avez plus qu'à les appliquer. Je testerai vos capacités n'importe quand. J'ai bien dit n'importe quand Potter. Soyez toujours vigilant. Gardez votre esprit fermé. J'essaierai d'entrer dans votre esprit pendant que vous mangerez, pendant que vous vous entraînerez, quand vous dormirez. Vous n'aurez plus une minute de repos. Vous serez continuellement sur la sellette. »
Harry avait écarquillé les yeux en entendant cela. Il se demandait de plus en plus s'il allait survivre à Snape. Cet homme était fou et il voulait le tuer, mais il ne le laisserait pas faire et lui montrerait de quoi il était capable, qu'il pouvait résister à tous les stratagèmes qu'il avait mis en place pour le tuer. Ses yeux brillaient de détermination et il acquiesça simplement.
« En fin de semaine, nous ferons le point sur votre niveau en magie sans baguette, sorts informulés et occlumencie. Le soir ou l'après-midi, nous nous plongerons dans la magie noire et nous verrons ce qu'il vous faut savoir pour vous protéger et détruire le Seigneur Noir. »
« Croyez-vous vraiment que nous aurons le temps de voir tout ça, Snape ? » Lui demanda Harry interloqué.
Severus grogna, mais ne répliqua pas quand il l'entendit l'appeler 'Snape'. Il préféra dire, « Avez-vous prévu autre chose Potter ? »
« Non- En fait si, les Weasley m'ont invité à aller au mariage de Bill et de Fleur et- » Il s'arrêta, préférant ne pas parler à cet homme de ses projets.
« Quand se marieront-ils ? » Demanda Snape en haussant un sourcil.
« Fin août. »
« C'est impossible. Ce sera trop juste. Si vous y allez, ce sera au détriment de votre entraînement. » Il ne laissa pas Harry réagir et continua « Ah et j'oubliais, vous aurez également des cours de duel magique et d'épée. Dumbledore m'a parlé de vos prouesses contre le basilic. J'attends de voir de mes propres yeux de quoi vous êtes capable. Je voulais commencer cela aujourd'hui, mais nous n'aurons pas le temps. » Severus le provoquait et il espérait que le jeune homme relèverait le défi. Il n'y avait que de cette façon qu'ils pourraient avancer rapidement.
« Je vous donne un an pour tout apprendre. Ce sera une année intensive et vous ne pourrez pas perdre votre temps à voir vos amis. Est-ce bien compris ? » Le venin qui s'échappa de ce dernier commentaire était purement gratuit. Ils étaient ici pour travailler et il ne supporterait pas que le 'Survivant' s'amuse.
Loin de se sentir menacer, Harry le regarda dans les yeux et lui demanda, « Croyez-vous vraiment que, dans un an, je pourrais tuer Voldemort ? »
Snape le regarda un long moment avant de répondre, « Ca Potter, ça ne dépendra que de vous et de votre volonté. »
Il termina son verre et se leva, entraînant Harry derrière lui. Ils n'avaient pas une minute à perdre s'ils voulaient atteindre leur but.
