Chapitre 7 : La fin de l'entraînement

Harry avait cru qu'il lui serait très difficile de gérer cet entraînement. Il était fatigué après un simple exercice et Snape le poussait encore et encore, jusqu'à ce qu'il ne soit plus capable de se relever. Mais alors, son mentor lui tendait la main, l'aidait à se relever puis terminait la séance.

La première fois que c'était arrivé, Harry et Severus se battaient en duel. Comme à son habitude, le maître des potions l'insultait. Mais il ne s'en formalisait plus. Il savait que c'était pour le mettre en colère, pour lui permettre de dépenser toute son énergie dans le combat. En fait, il n'avait plus peur de son professeur depuis déjà un certain temps. Mais après tout, comment détester quelqu'un qui revient toutes les deux semaines en sang et battu, tout cela parce qu'il veut vous protéger.

« Alors Potter, déjà fatigué ! Le célèbre Gryffondor n'est pas capable de repousser une petite attaque ? » Railla Snape en l'attaquant de plus belle.

« Si vous faisiez les mêmes exercices que moi, espèce de bâtard graisseux, peut-être que nous serions à égalité. »

Severus sourit d'un air satisfait. C'était la première fois que Harry répliquait à l'une de ses piques. « Vous osez m'insulter, petit idiot, vous allez voir ! » Il fondit sur son adversaire qui réussit à l'éviter mais tomba tout de suite après. Quand il essaya de se relever, Harry se rendit compte qu'il ne pouvait pas.

Le maître d'armes s'assit à côté de lui, lui tendit une barre de chocolat, attendit un peu et lui dit, « Alors Potter, prêt à recommencer ? » Severus souriait légèrement, comme s'il doutait que son élève serait effectivement capable de continuer.

Harry le regarda avec défiance. Il n'avait jamais vu Severus aussi détendu. Ses cheveux ne brillaient pas de graisse et son presque sourire illuminait ses yeux. « Oui, bien sûr que je me relève ! » Mais ses jambes ne le portaient plus et il grimaça quand il retomba. Severus se leva et lui tendit la main. « Allez, levez-vous ! Nous arrêtons là pour aujourd'hui. »

Quand il vit l'air soulagé sur le visage du jeune homme, il eut un sourire en coin. « Ne croyez pas que nous ayons terminé. Vous avez encore suffisamment de temps pour étudier vos potions. Après tout, vous allez bientôt être livré à vous-même et je voudrais que vous en sachiez le plus possible. »

Harry prit un air grave et acquiesça. Il n'aimait pas savoir son aîné avec les Malfoy. Il n'aimait pas le savoir aux mains de l'ennemi. Et il avait peur de voir dans quel état il reviendrait la prochaine fois. Mais il ne donna pas voix à ses craintes. Il les lui exprimerait plus tard. Quand il aurait la force de défendre son point de vue. Il savait que l'autre homme n'aimait pas que l'on s'inquiète pour lui et que l'on se mêle de ses affaires.

Hpsshpss

Harry était souvent frustré par son peu de réussite en potions. Les seules qu'il avait réussies à faire sans problème dès le premier essai étaient les potions curatives. Il parvenait à les concocter et à les reconnaître sans aucun problème alors que toutes les autres lui donnaient du fil à retordre si bien que Snape commençait à croire qu'il le faisait exprès.

« Potter ! Ca suffit. Combien de fois allez-vous faire exploser ce chaudron avant d'y arriver ? » Severus le regardait de toute sa hauteur, les bras croisés et les yeux noirs. Mais Harry n'avait plus peur de lui. Après presque trois mois en sa compagnie il avait compris que la peur ne devait pas faire partie des émotions qu'il avait le droit de ressentir en sa présence.

Il osa donc le regarder dans les yeux. « Je ne sais pas. Jusqu'à ce que vous me disiez ce qui ne va pas peut-être ? » Répondit-il avec insolence.

Severus eut un sourire sarcastique, « Insolent aujourd'hui monsieur Potter ? »

Harry lui retourna son regard et répondit, « Vous ne pourriez pas arrêter avec ce monsieur Potter par-ci, monsieur Potter par-là ? Je ne suis pas mon père et je ne l'ai jamais été. Je ne l'ai même pas connu alors, mettre tant de haine dans un nom, c'est perdre beaucoup d'énergie pour rien, si vous voulez mon avis. »

Severus leva un sourcil, « Alors comment voulez-vous que je vous appelle ? »

« J'ai un prénom, alors utilisez–le ou appelez-moi comme vous le souhaitez, mais pas Potter ! »

Severus eut un petit sourire. « Alors je peux vous nommer comme je le veux, idiot, imbécile, gamin ? Je peux encore en trouver d'autres. »

Harry grimaça légèrement. « Bof, ça ne vous a pas empêché de le faire auparavant alors si vous ne m'appelez pas Potter, pourquoi pas. »

Severus croisa les bras et le regarda avec attention, « Si vous parvenez à faire cette potion sans faire exploser un autre chaudron, je veillerai à vous appeler Harry quand nous ne serons pas en cours. En attendant, je continuerai à vous appeler Potter, après tout, c'est votre nom, non ? »

Harry acquiesça. « Marché conclu ! » Il sourit, reprit ses ingrédients et sous l'œil attentif du professeur Snape parvint à faire la dite potion sans problème.

Harry souriait jusqu'aux oreilles.

« Je vois Potter que vous avez triché ! Vous saviez faire cette potion depuis le début. C'est très rusé de votre part ! » Il n'avait pas l'air en colère, plutôt amusé.

« Ah mais je ne vous ai pas dit ? Le Choixpeau voulait m'envoyer à Serpentard, j'ai refusé. Je lui ai demandé de me mettre n'importe où ailleurs. »

Le maître des potions haussa un sourcil et répondit, « Mon dieu, un lion dans la maison des serpents ! Ca aurait été ma fin ! »

Harry éclata de rire. « Et la mienne ! Je ne sais pas si j'aurais supporté l'esprit Serpentard ! »

« L'esprit Serpentard monsieur Potter ? »

« On avait dit plus de monsieur Potter ! Et oui, l'esprit serpentard ! Roublard, ambitieux, prêt à tout pour parvenir à ses fins… Je ne suis pas comme ça. »

« Non, mais vous avez aussi cette capacité à vous adapter à toutes les situations, comme les Serpentards. Ce qui vous différencie le plus des autres, c'est cet esprit de sacrifice et ce courage qui sont définitivement des traits Gryffondors. » Railla-t-il. « Et maintenant, monsieur Potter, nous allons faire une autre potion et voir si vous êtes vraiment capable de faire quelque chose quand vous le voulez. On verra après pour le marché. »

Harry était vexé, mais s'exécuta. Une heure après, il avait fait sa potion sans autre explosion.

« Et bien, Harry, je vois que quand vous voulez vous pouvez ! Je m'en souviendrai pour les autres cours. Bien on a terminé pour aujourd'hui. »

Harry souriait jusqu'aux oreilles. « Et moi est-ce que je peux vous appeler Severus ? »

« N'en demandez pas trop Potter ! Allez, filez avant que je ne change d'avis. » Grogna le sévère professeur Snape.

Harry partit en courant. Il voulait prendre une douche et se changer avant d'aller dîner.

Severus le regarda partir et secoua la tête. Ce gamin prenait un peu trop de liberté et n'avait définitivement plus peur de lui. Il ne savait pas si c'était ou non une bonne chose.

En rangeant et en étiquetant la potion, il dit à haute voix, en riant de bon cœur, « Un Gryffondor chez les Serpentards ! Heureusement que j'ai échappé à une telle catastrophe ! »

Hpsshpss

Severus avait de nouveau été convoqué par Voldemort, mais fort heureusement, il était revenu sain et sauf. Le Seigneur des Ténèbres voulait qu'il commence l'entraînement du jeune Malfoy le plus tôt possible, et Severus ne pouvait plus le faire attendre. De plus, Harry avait bien progressé et était capable de se débrouiller seul dans presque tous les domaines de son apprentissage.

En revenant au Refuge, il décida de tester les facultés de son élève afin d'évaluer son niveau réel et voir ce qu'il devait lui laisser comme exercices.

« Bien, Potter, nous allons tester votre niveau. J'ai préparé des exercices pour voir ce dont vous êtes capable. Ne me décevez pas. »

Harry grimaça. « Vous devez aller entraîner Malfoy, c'est ça ? »

Severus le regarda dans les yeux, comme pour mesurer sa réaction, « Oui. Je dois commencer son entraînement demain. »

Le Gryffondor lui demanda avec hésitation, « Est-ce… Est-ce que vous croyez que Malfoy pourrait se joindre à nous dans notre lutte contre Lui ? »

Severus répondit lentement, les yeux dans le vide, « Je ne sais pas. Je verrai ses réactions. Mais si c'est le cas, je vous le ferai savoir. »

Harry acquiesça.

« Etes-vous prêt ? »

« Hum hum. Par quoi est-ce que je commence ? Je fais mes exercices comme d'habitude ? »

« Non, d'abord les potions. J'ai préparé plusieurs échantillons de potions. Je veux que vous les reconnaissiez, que vous me donniez leur contre-poisons puis que vous me prépareriez une potion. Allons au laboratoire. Elles vous attendent. »

Harry répondit avec sarcasme. Apparemment, l'attitude du maître des potions commençait doucement à déteindre sur lui. « J'en suis ravi professeur. Vous savez que les potions ont toujours été ma matière préférée. »

« Ne faites pas l'enfant Potter. Une fois cela fait, nous pourrons tester votre résistance physique. Allez zou ! »

Harry sourit et suivit Severus dans les dédales du manoir.

Effectivement, Severus avait bien travaillé. Une dizaine de fioles attendaient d'être analysées. Harry soupira et se plaça devant la première. Sous l'œil attentif de son mentor, il l'ouvrit et la sentit. Il l'éloigna rapidement de lui, tant elle sentait fort, « C'est un poison mortel. Il traverse les veines, mais ses effets ne sont pas immédiats. On est pris de vertige environ une heure après et on a des hallucinations. Le seul moyen de survire une fois cette potion ingurgitée est de prendre un autre poison à base de venin de serpent et de se jeter le sort « vertiium ». Je suis normalement immunisé contre ces deux poisons. »

Il regarda le professeur de potions, attendant son verdict et celui-ci acquiesça simplement.

La seconde fiole avait l'air plus facile à analyser. Peu de potions étaient en poudre, mais Harry savait qu'il ne devait pas se fier à l'apparence. Il en mit sur son doigt et lécha. Il haussa un sourcil en regardant son mentor, « la potion confundus professeur ? Vouliez-vous me faire perdre la tête ? »

Mais Severus ne répondit pas et Harry poursuivit simplement, « Il existe une potion qui annule ses effets. Elle est assez difficile à faire et assez longue. A base de sang de dragon, de poils de licorne et de poussière d'étoile pour les éléments principaux, mais elle demande plus d'une semaine de préparation. Il existe une autre solution : avoir suffisamment de volonté pour contrer les effets du poison. »

Il ne regarda pas Severus et passa à la suivante. La potion était de couleur verte, assez épaisse, presque gluante. Mais Harry reconnut là un puissant cicatrisant. Il jeta le sort « Heeltium » et la potion devint bleue. Beaucoup plus compacte, on pouvait l'étaler sur une plaie pour la guérir. Il ne dit rien mais fit l'expérience. Il prit un couteau et entailla son avant-bras. Il étala ensuite la crème et la petite plaie disparut sans qu'il n'en reste aucune trace.

Il continua ainsi, les potions devenaient de plus en plus difficile à reconnaître. Il devait identifier certaines substances qu'il n'avait même jamais rencontrées. Mais grâce aux éléments qui les composaient, il parvint à toutes les trouver, même la dernière qui était un puissant inhibiteur. Il resta longtemps à la regarder et à la sentir. Il finit par la goûter. Ce ne fut que lorsqu'il mit un doigt dans la potion qu'il comprit de quoi il s'agissait. Il ressentit en effet un léger picotement et la potion perdit sa couleur rose pour devenir presque transparente.

A la fin du test, il se tourna vers Severus, un grand sourire sur le visage, mais le maître des potions avait conservé toute sa sévérité : il était toujours aussi droit et avait croisé les bras. « Ce n'est pas trop mal Potter. Vous avez fait des progrès. Passons maintenant à la potion que vous devez préparer. »

Harry perdit un peu de sa superbe. Concocter des potions n'était toujours pas une distraction, même s'il arrivait à trouver cela de plus en plus amusant.

« Je veux que vous fassiez la potion comutatum. » Harry le regarda dans les yeux et haussa un sourcil, mais s'exécuta. Au bout d'une heure, il avait terminé.

« Pourquoi cette potion ? »

« Le Seigneur Noir m'a demandé de lui préparer quelques fioles et je voulais être sûr que vous saviez la faire. Et maintenant, je veux que vous la transformiez pour qu'elle ne soit plus mortelle mais qu'elle plonge simplement la personne qui la boira dans un profond sommeil plusieurs heures durant, voire plusieurs semaines. »

Harry rajouta quelques ingrédients. La potion ne changea pas de couleur, mais elle s'épaissit légèrement.

Severus en donna à un rat et dit à Harry qu'il saurait s'il avait réussi dans quelques heures.

« Pourquoi m'avoir demandé de la faire ? Voulez-vous que je fasse vos potions pendant que vous entraînez Drago ? »

« J'avoue y avoir pensé. Cela me déchargerait d'une tâche. Nous aurions ainsi plus de temps pour compléter votre entraînement physique et vos facultés à faire et à comprendre l'art des potions se renforceraient. Il faudrait aussi que vous renflouiez notre stock de potions. Je suis vraiment navré de vous imposez cela aussi, mais je n'ai pas eu le temps de le faire jusqu'à présent. Il faut des potions qui détruisent les inféri, des potions curatives classiques, quelques-unes plus fortes, sans oublier les contre-poisons et -»

« Professeur, je vous en prie. A vous écouter parler potions, je vais avoir mal à la tête. C'est d'accord, je ferai toutes les potions que vous voulez, vous pourrez les vérifier en revenant. Mais pitié, ne me parlez plus de potions pour l'instant. Je viens de passer deux heures à en faire, ça suffit ! Je commence à aimer ça, mais trop c'est trop ! »

« Très bien Potter ! Passons à autre chose qui comblera votre petite nature ! » Répondit-il avec un sourire en coin.

« Pardon ? Petite nature ? »

« Vous m'avez très bien compris Potter. Allons dépêchez-vous, vous avez encore beaucoup d'exercices à faire ! » Avant que le jeune homme n'ait le temps de répondre, Severus allongea le pas et partit.

Hpsshpss

« Vous êtes bien pressé, professeur ! » Lui dit Harry quand il l'eut rejoint. « Avez-vous hâte de vous faire battre ? »

« Arrogant vraiment ! On va vite remettre les choses au point. On commence par un duel magique. Tous les coups sont permis. » Severus ne le lui dirait jamais, mais il s'amusait de cet échange.

« Entendu professeur ! Et si on faisait un pari ? » Harry eut un sourire en coin.

Severus se redressa et croisa les bras, regardant son élève de haut. « Vous pensez donc pouvoir me battre ? Alors d'accord. Quel genre de pari ? »

Harry parut hésiter.

« Alors Potter, dites-moi de quoi il s'agit! » Severus commençait à s'impatienter.

« Et bien si je gagne j'aimerais que vous me jouiez un morceau de musique. Et si je perds, et bien, c'est à vous de voir ! »

Severus parut surpris. « Vous voulez m'entendre jouer ? »

Harry baissa les yeux, honteux de sa demande. « Oui. »

Le professeur de potions sourit d'un air satisfait, « Vous auriez tout aussi bien pu tout simplement me le demander, mais puisque c'est ainsi, pari tenu. »

« Vous auriez vraiment accepté ? » Harry le regarda avec scepticisme.

« Qui sait ! » Les yeux noirs scintillaient d'amusement. « Si je gagne je veux que vous me disiez tout ce que vous savez sur les horcruxes. »

Le jeune homme parut à son tour surpris. « Je croyais que Dumbledore vous avez tout expliqué. Mais bon, ça ne me pose pas de problèmes. Je l'aurais fait avant si j'avais su que vous l'ignoriez. »

« Très bien, dans ce cas, préparez-vous, c'est parti. Expeliarimus. » Severus se jeta sur Harry avant même d'avoir terminé sa phrase, mais le Gryffondor était prêt.

« Protego ! Vous avez triché, professeur ! Rictusempra! »

Severus l'évita facilement. Il souriait. « Tous les coups sont permis Potter. Furunculus. »

Harry contra l'attaque et lui renvoya son sort. Commençant par de petits sorts, les deux hommes en vinrent rapidement à des sortilèges de plus en plus puissants, n'hésitant pas à utiliser des sorts interdits ou d'autres plus drôles. Harry fit par exemple apparaître un bouquet d'orchidées dans les bras de son professeur,

« Orchideus ! »

« Très drôle Potter ! Dentsaugmento »

Finalement Harry fut frappé par le sort de « Tarentalegra », il jeta rapidement le contre-sort, mais Snape eut le temps de lui jeter un Expeliarimus et le jeune homme perdit sa baguette. Loin de se sentir en danger, il décida qu'il était temps de mettre en pratique la Magie Sans Baguette et Sans Parole.

Il prit donc son professeur par surprise en lançant un Expeliarimus sans prononcer un mot. Ils étaient à égalité. Tout se joua donc sur l'expérience. Leur bulle de protection était efficace, mais les puissants sorts la traversaient, ils préférèrent donc l'abandonner. Au final, Harry fut battu grâce à la ruse de son adversaire qui jeta le sort "Serpentensoria' à voix hautependant qu'il jetait un Impedimenta informulé suivi de très près par le sort du saucisson. Ce qui vint à bout de Harry fut donc un sort de première année.

« Très bien professeur, vous avez gagné ! » Harry s'effondra par terre en riant.

« Oui Potter, je suis encore plus fort que vous. L'élève ne dépassera jamais le maître. » Le rire dans les yeux de Severus était contagieux.

« Vous croyez ça ? » Harry haussa un sourcil, imitant par là son professeur.

« Bien sûr. »

« Et si je vous disais que je vous ai laissé gagner ? »

« Je ne vous croirai pas. Vous êtes trop arrogant pour ça ! » Ce fut au tour de Severus de hausser un sourcil.

Ils se dévisageaient, un sourire en coin sur le visage.

« Très bien, vous avez raison. Vous avez gagné. Y'a-t-il d'autres exercices ? Je commence à être fatigué et à avoir faim. »

« Prenez votre épée, un petit duel s'impose. »

« Encore ! » Quand il vit le regard noir, il ne dit plus rien et prit son épée.

Ils étaient à égalité. Harry contrait les attaques de Severus et essayait d'attaquer, mais il avait du mal. Même si le jeune Gryffondor parvenait à se défendre, il était évident que le maître d'armes avait l'avantage. Aussi pour se donner un peu plus de poids, il se jeta un sort pour être plus rapide, plus souple et alléger le poids de l'épée.

Il eut l'avantage quelques instants, mais quand Severus se rendit compte de son stratagème, il fit de même et envoya un sort pour rendre l'épée de son adversaire plus lourde. Harry décida donc de rendre les jambes de Severus flageolantes, ce qui lui fit perdre l'équilibre et son mentor se retrouva à terre. Loin d'abandonner, Severus fit un croche-pied à Harry qui se retrouva sur lui. Leurs visages était à quelques centimètres l'un de l'autre. Harry avait du mal à respirer et Severus ne pouvait que regarder ces lèvres tentatrices.

Mais Severus reprit rapidement ses esprits et envoya son adversaire au tapis. Ce n'est qu'à ce moment-là que Harry reprit ses esprits. « Je crois que j'ai encore perdu. »

« Je ne le crois pas monsieur Potter, j'en suis sûr. Allez, relevez-vous ! Nous en avons terminé pour aujourd'hui. Il est déjà tard. Je pense que nous avons bien travaillé. »

Severus se releva et tendit la main à Harry qui la prit volontiers.

« Potter ! Vous puez la transpiration ! » Dit Severus avec bonne humeur.

« Avec tout le respect que je vous dois, Severus, c'est Harry car les cours sont terminés et vous aussi, vous sentez fort. »

« Ah, si je pouvais enlever des points à Gryffondor… »

« Oui, mais vous ne pouvez pas ! »

« Je peux toujours vous mettre un coup de pied dans le derrière ! »

« Encore faudrait-il que vous en ayez encore la force à votre âge. »

Et ils continuèrent ainsi à se disputer gentiment jusqu'au moment où ils se séparèrent pour retourner dans leurs quartiers respectifs.

Hpsshpss

Ils ne se retrouvèrent que pour le dîner une heure après et décidèrent de discuter dans la petite salle de l'aile centrale.

Comme à leur habitude, Severus s'assit dans son fauteuil et Harry dans le sien. Ces fauteuils étaient rapidement devenus leurs et il ne leur serait pas venu à l'idée de s'asseoir dans celui de l'autre.

Severus fit venir à lui un verre de scotch, Harry devant se contenter de son verre de lait, qu'il changeait toujours en jus de citrouille ou en bièreaubeurre.

Et comme tous les soirs, ils commencèrent par se chamailler. « Severus, je n'ai plus l'âge de boire du lait le soir ! »

« De quel droit m'appelez-vous par mon prénom, Monsieur Potter ? » Lui demanda son professeur en levant un sourcil.

« Du même droit que vous m'appelez par mon prénom, monsieur Snape ! » Répondit Harry en imitant le ton de son aîné. « Alors, pourquoi me servez-vous un verre de lait tous les soirs ? »

« Si vous ne voulez pas d'un verre de lait vous n'avez qu'à le dire ! Je pensais qu'un jeune homme de votre âge buvait du lait avant d'aller se coucher, monsieur Potter. » Les yeux de Severus brillaient d'amusement.

« Severus, ce n'est pas drôle ! Bon, et bien puisque c'est comme ça, ce soir j'aimerais partager avec vous un bon scotch. J'en ai assez de la bièreaubeurre. »

Severus haussa un sourcil. « Je crains de ne pas pouvoir vous accorder cette requête. Vous êtes encore mineur et les mineurs n'ont pas le droit de boire de l'alcool. »

Harry sourit avec satisfaction. « C'est là que vous vous trompez. Je suis majeur depuis trois mois. J'ai donc le droit de boire de l'alcool. »

Le Gryffondor prit donc la bouteille que Severus avait fait venir à lui et s'en servi fièrement un verre, sûr de lui. Mais quand il voulut en boire, il se rendit compte qu'il buvait… du lait.

« Severus, bon sang ! Qu'as-tu fait à mon verre ? » Le jeune homme était apparemment en colère.

« Un peu de politesse s'il vous plaît ! Et je ne vous ai jamais donné la permission de me tutoyer. Quant à votre verre, je n'en suis pas responsable. Je suppose que j'ai dû vous donner un verre pour enfant. Ils sont enchantés pour que tout ce que l'on verse dedans se transforme en lait ou en jus de fruit. » Dit-il avec un sourire.

Harry grogna.

« Mais si vous voulez du scotch, prenez mon verre. Par contre, savourez-le, vous n'en aurez pas un deuxième ce soir. Pour une première fois, c'est suffisant. » Il lui tendit son verre et s'en fit venir un second.

« Alors racontez-moi ce que vous savez sur les horcruxes. »

Son élève prit une mine grave. Il fit tourner son verre dans ses mains et commença.

« Dumbledore m'a expliqué que Voldemort- » Il vit son professeur grimacer, « pardon, euh, d'après Dumbledore, Tom a fait quelque chose que personne n'avait jamais réalisé auparavant : il a divisé son âme en sept parties. C'est la raison pour laquelle il n'est pas mort quand il a essayé de me tuer quand j'étais bébé.

Il aurait transféré une partie de son âme dans le journal que Lucius Malfoy a donné à Ginny Weasley lors de ma deuxième année à Poudlard. Cet horcruxe n'existe plus depuis.

La bague qui a brûlé la main de Dumbledore et que vous avez, je crois, détruite en était également un. » Severus acquiesça simplement.

« Toujours d'après Dumbledore, Nagini, le serpent de Tom, aurait en lui une partie de l'âme de ce monstre. Les derniers horcruxes seraient la coupe de Poufsouffle, un médaillon et un objet qui aurait appartenu soit à Gryffondor soit à Serdaigle. L'épée de Gryffondor étant le dernier objet existant ayant appartenu à ce fondateur, je pense que Tom a trouvé un objet appartenant à Serdaigle. Quant à savoir où ils sont, c'est une autre histoire. Je sais que Tom a volé la coupe il y a des années, mais je n'ai pas la moindre idée de l'endroit où elle pourrait se trouver aujourd'hui. » Harry serra le poing.

Je- Nous avons cru mettre la main sur le médaillon. Nous l'avions. Nous croyions l'avoir- » Ses yeux flamboyaient de colère. Il inspira profondément. « Il a été volé par un certain R.A.B. Nous n'avions qu'un pastiche.

Le dernier serait Voldemort lui-même, mais il ne peut pas être vaincu tant que les autres ne sont pas détruits. »

« Evidemment. Que s'est-il passé dans cette caverne Harry ? » Le jeune homme tourna la tête et regarda dans le vide. Il inspira à nouveau profondément avant de répondre.

« Dumbledore voulait que je l'accompagne dans la quête de cet horcruxe J'étais excité et content de pouvoir l'aider. Il nous a fait transplaner. Nous sommes arrivés près de la mer. On est entré dans une caverne. Bien entendu, elle était piégée. » Sa voix était rauque. Une boule dans sa gorge l'empêchait de parler correctement.

« Dumbledore a utilisé son sang pour ouvrir la porte de la caverne. Une fois à l'intérieur, il a fallu traverser un lac peuplé de monstres. Mais le pire est arrivé lorsque l'on a trouvé l'horcruxe. Il était dans un verre rempli de liquide. Il a fallu le boire pour le vider et prendre le médaillon. Dumbledore a insisté pour le faire. Il m'a fait promettre de l'obliger à boire le poison jusqu'à ce qu'il ne reste rien dans la coupe.

Les larmes qu'il avait retenues jusqu'ici roulaient maintenant librement sur ses joues « Et je l'ai obligé alors qu'il me suppliait de le tuer, de lui donner de l'eau et de ne pas le faire souffrir. A la fin, il avait à peine la force de se déplacer. » Il essuya rageusement ses larmes. « Pour revenir, j'ai joué à quitte ou double et j'ai fait transplaner deux personnes sans avoir ma licence. »

La voix de Harry était de plus en plus faible à mesure qu'il parlait.

« Harry, vous n'êtes pas responsable de ce qui est arrivé. Il savait ce qui risquait de se passer et vous avez simplement tenu votre promesse. »

« Comme vous avez tenu la vôtre. »

Severus acquiesça. « Mais ce n'est pas ce qui rend notre devoir plus facile à faire, n'est-ce pas ? »

« Non, ni la culpabilité moins grande. »

Harry prit une grande gorgée de scotch. « Si vous voulez voir les souvenirs que Dumbledore m'a fait partager pour appuyer ses théories, je peux aller vous les chercher, elles sont dans ma chambre, je peux aussi vous donnez ceux de la caverne, comme ça vous verrez de vos propres yeux ce qui s'est passé. »

« Oui, s'il vous plaît. »

Pendant que Severus entrait dans la Pensine, Harry focalisa son attention sur le jardin, refusant obstinément de regarder les souvenirs qu'il venait de déverser. Les images étaient douloureuses pour lui. Il s'agissait des derniers souvenirs qu'il avait du vieil homme.

Quand Severus ressortit, il ne dit rien. Il se mit au piano et joua. Les notes graves s'envolaient tristement. Le mouvement des mains était rapide et violent comme l'étaient les émotions du pianiste. Harry détacha son regard du paysage pour les poser sur les longs doigts graciles qui dansaient encore et encore sur le clavier, semblant s'envoler avec les notes.

Il n'y avait plus aucun son dans la maison en dehors des notes. Tout s'était tu pour écouter la musique, la douleur de ce coeur.

Dans cette mélodie, il y avait aussi une compréhension qu'il n'y avait pas avant. Comme souvent, quand Severus arrêta de jouer, Harry pleurait. L'homme s'approcha lentement du Gryffondor et dans une douce caresse, essuya les larmes qui continuaient à glisser le long de ses joues.

« Vous devriez aller vous coucher Harry, il est déjà tard et une longue journée vous attend demain. »

« Est-ce que vous serez encore là demain ? »

Severus le regarda dans les yeux et répondit. « Je ne pars que demain après-midi. Nous avons encore beaucoup de choses à voir avant mon départ. Mais de toute façon, je reviendrai tous les soirs et je serai là les week-ends. Normalement, les Malfoy partent en vacances pour Noël, je serai donc à nouveau disponible à ce moment-là pour contrôler ce que vous avez fait pendant mon absence et noter vos progrès. Je vais vous donner du boulot Potter. Alors vous aurez intérêt à avoir progressé quand je vous testerai. »

« Entendu professeur. »

« Maintenant allez vous coucher Harry. Je vous verrai demain. »

« Bonne nuit Severus. »

« Bonne nuit Harry. »

Severus regarda longuement le jeune homme qui partait. Il se demanda comment ils avaient pu se rapprocher aussi vite ces dernières semaines. Il n'était pas sûr d'apprécier les sentiments qu'il commençait à ressentir pour son élève.