Le lendemain matin au petit-déjeuner, Harry et Severus avaient tous les deux l'air fatigué. Il n'était pas question de commencer l'entraînement. Severus devait donner son emploi du temps à Harry. Il ne pourrait pas s'ennuyer pendant son absence. Et le Gryffondor avait une dernière révélation à faire à Severus.
Il attendit la fin du petit-déjeuner pour aborder le sujet.
« Severus, hier soir, je ne vous ai pas tout révélé. Je ne sais pas ce que Dumbledore vous a dit alors je préfère vider mon sac pour que vous sachiez tout. »
L'air grave de Harry inquiéta quelque peu le maître des potions qui acquiesça néanmoins.
« Venez, allons dans le petit salon et discutons devant une partie d'échec. Je vous parlerai de vos occupations après. » Ajouta-t-il pour détendre un peu son élève. Ce qui fonctionna puisqu'il le vit grimacer.
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Ils s'assirent tous deux sur leur fauteuil et commencèrent gentiment leur partie. « Alors, que se passe-t-il ? »
« Je voulais vous parler de la prophétie. Je sais que vous avez entendu le début, mais je ne pense pas que Dumbledore vous ait parlé de la fin ? » Il regarda Severus avec hésitation, espérant ne pas avoir à aborder le sujet.
« Non, la vieille chouette ne m'a jamais fait suffisamment confiance et je le comprends. Il avait peur que je ne parvienne pas à Lui cacher cela. Il a préféré se taire. Pourquoi ? Avez-vous des informations à partager ? » Demanda-t-il en haussant un sourcil.
Harry le regarda dans les yeux. « Cela dépend de vous, Severus, voulez-vous savoir ou non ? Le directeur avait raison. C'est une information qu'Il aimerait connaître. Je ne voudrais pas vous placer dans une situation compromettante. »
« Je pensais que l'on avait dépassé ce stade Potter. Les informations que vous avez partagées avec moi hier soir étaient tout aussi compromettantes. Qui plus est, je sais où est la personne qu'il cherche le plus. Non, je crois que rien ne peut empirer ma situation, si le Seigneur Noir venait à apprendre une des choses que je lui cache, alors allez-y, je vous écoute. »
« Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche… il naîtra de ceux qui l'ont par trois fois défié, il sera né lorsque mourra le septième mois… et le Seigneur des Ténèbres le marquera comme son égal mais il aura un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore…et l'un devra mourir de la main de l'autre car aucun des deux ne peut vivre tant que l'autre survit… Celui qui détient le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres sera né lorsque mourra le septième mois. Ainsi vous voyez Severus, soit je le tue soit il me tue. »
« Potter, cessez de jouer les martyrs ! Vous savez par qui cette prophétie a été faite ! Ce n'est pas parce que le Seigneur Noir est un grand idiot qu'il faut que vous suiviez son chemin. » L'expression aurait pu faire sourire Harry, s'il ne prenait pas aussi sérieusement la prophétie. Severus poursuivit, « Aucune prédiction de Trewlaney ne s'est réalisée. Il s'avère simplement que le Seigneur Noir l'a crue. Et ce fut son erreur. »
« Mais -»
Harry ne put terminer. « Ecoutez-moi Potter. Vous savez comme moi que cette prophétie est peut-être vraie, peut-être fausse, mais nous savons que dans une guerre, il y a forcément un vainqueur et un vaincu. Dans une guerre, des gens meurent. Vous n'allez pas mourir. Vous avez un avenir qui vous attend. Ne le gâchez pas en pensant trop. »
« Mais je devrai le tuer. » Dit-il à voix basse.
« Et vous le savez depuis déjà pas mal de temps. Si ce n'est pas vous qui le faites, ce sera quelqu'un d'autre, moi peut-être. Mais il doit mourir sans quoi beaucoup seront tuées de ses mains. Oui, cette prophétie vous désigne comme meurtrier, oui, Dumbledore et le monde sorcier pensent que vous le tuerez ! Et il est après vous. Vous devez donc survivre si vous vous retrouvez un jour face à face, et je pense que le jour où ça arrivera, l'un de vous devra mourir, mais j'espère que ce sera lui.»
« Je sais mais ça ne me facilite pas la tâche. » Dit Harry à voix basse sans le regarder.
Severus se leva et s'approcha de Harry. Il posa une main sur son épaule. « Je sais que ce n'est peut-être pas réconfortant mais depuis le début, je vous entraîne à survivre et à tuer. »
« Je sais. » Harry leva les yeux vers lui. « Mais je ne me suis pas encore fait une raison. »
« Et vous ne vous en ferez probablement jamais. N'y pensez plus pour l'instant. Nous en reparlerons le jour où vous devrez vous battre sur le terrain. » Severus retourna s'asseoir et avança un pion.
Harry acquiesça simplement et pour réduire la tension, dit, « Vous savez, Tom a choisi de me marquer, mais il avait un autre choix, une personne qui correspondait aussi à la prophétie. » Il le regarda avec un petit sourire, « Celui Qui a Survécu aurait pu être Neville Longdubat. »
Severus renifla. Il fut content de ne rien avoir dans la bouche sans quoi, il se serait étouffé. « Le Seigneur Noir n'aurait fait qu'une bouchée de Longdubat. Dieu merci, il vous a choisi. »
« Oh professeur, vous commencez donc à croire en moi et en mes chances ? » Lui demanda-t-il avec malice.
Severus le regarda dans les yeux et répondit sérieusement, « Mais je n'ai jamais douté de vous Harry. »
Le Gryffondor allait rétorquer, un petit sourire en coin sur les lèvres, quand son professeur l'interrompit, « Poudlard ne compte pas. Je vous voyais alors comme la copie conforme de votre père. Mais depuis que nous sommes ici, mon opinion a légèrement changé. Cependant, je pense toujours que vous êtes un Gryffondor emmerdant qui cherche à rendre ma vie plus compliquée qu'elle ne l'est. » Il avança un pion et lui fit signe de jouer, « C'est à vous. »
« Vous allez finir par me faire rougir Severus. »
« Aucunement, je peux aussi vous dire que vous êtes un petit imbécile, ignorant des règles et des lois qui régissent notre monde. Vous ne réfléchissez pas plus loin que le bout de votre nez alors que vous êtes intelligent -»
« Merci Severus, je crois que j'ai compris. » Remarqua-t-il en grimaçant.
« A votre service. »
Harry se concentra sur le jeu et avança une pièce.
« Maintenant, passons à vos cours. Le Seigneur Noir m'a demandé de lui préparer quelques potions. Je vous demande de les faire et de les modifier légèrement. Par exemple, il trouve que son cher Nagini n'est pas en grande forme récemment. Il me semble que vous connaissez une potion qui l'aidera à retrouver la santé. » Un petit sourire jouait sur ses lèvres.
« Severus, vous ne pensez tout de même pas à -»
« Si ! La petite bête aura l'air en parfaite santé. L'air seulement puisqu'un petit sort suffira à la terrasser. »
« Très rusé, vraiment très rusé ! »
« Et je vous fais confiance pour améliorer les autres potions comme vous l'entendez. Je vérifierai chacune d'elles en fin de semaine. »
« Pourquoi faut-il que vous me donniez toujours plus de potions à faire ? » Demanda Harry en se prenant la tête.
« Peut-être parce que vous n'êtes plus un élève médiocre. » Le maître des potions s'amusait de la réaction du jeune homme.
« Merci beaucoup. Je savais que j'aurai dû rester l'élève moyen que j'étais. Ah dans quelle galère me suis-je fourré ? Des potions et toujours des potions… »
« Voyons Harry, il y a pire. Vous pourriez par exemple, avoir à faire des réserves de potions. Vous savez, des potions curatives, des poisons, des contre-poisons, des potions contre la migraine, des potions de Sommeil sans Rêve… dont nous pourrions avoir besoin ici… Il me semble que je vous en ai parlé hier soir- »
« Non ! »
« J'en suis désolé monsieur Potter. » Severus réprimait un sourire.
« Je ne vous crois pas. Vous êtes sadique, vous l'avez fait exprès. » Harry le regardait maintenant avec des yeux noirs.
« Allons allons ! N'oubliez pas de faire vos exercices journaliers du matin. Ils devront reprendre tout ce que nous avons fait jusqu'à présent. Je vous conseille aussi vivement d'aller fouiller cette très belle bibliothèque que nous a laissée Dumbledore. »
« Et je suppose que c'est un ordre. »
Severus acquiesça.
« Et moi qui me plaignais des exercices physiques que vous me faisiez faire. Vous allez me tuer professeur. »
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Severus partit. Il faisait confiance à Harry pour travailler par lui-même. Le jeune homme décida donc d'aller à la bibliothèque pour faire quelques recherches. En arrivant, il fut attiré par un miroir, qui ne reflétait pas la bibliothèque actuelle. Elle ressemblait à une porte.
« Ah je vois que vous avez trouvé la Section Interdite. Elle regroupe tous les livres de magie noire. Très peu de Dumbledore y ont mis les pieds. On dit même que l'un de mes ancêtres l'aurait ensorcelé pour éviter que d'autres commettent l'erreur d'entrer dans cette pièce. »
« Vraiment ? »
« C'est ce que l'on dit ! Je n'ai jamais vérifié par moi-même. Je sais par contre qu'il peut s'y produire des faits étranges. »
Harry prit une expression intriguée et c'est avec la curiosité d'un Gryffondor qu'il demanda, « Comme quoi par exemple ? »
L'homme à la moustache le regarda un long moment avec intérêt avant de répondre, « Vous êtes un Gryffondor, un vrai Gryffondor. Merlin, cela faisait des générations qu'on n'en avait pas eu ici. Alors mon enfant, souhaite simplement quelque chose très fort, un objet par exemple. »
Harry regarda dans le miroir et souhaita avoir des bracelets de protection, semblables à ceux que lui et Severus portaient au poignet. Il voulait être prévenu lorsque son possesseur serait en danger.
« Passez maintenant votre main dans le miroir. » Harry se retourna vers lui pour le regarder. « N'ayez crainte, allez-y. »
Harry passa la main dans le miroir et fut traversé par une sensation de froid. Il commençait à trembler et ne pouvait plus bouger tant le froid était vif. Il retira sa main rapidement et vit qu'il avait autour du poignet une dizaine de bracelets de forme et de taille différente.
Harry tourna à nouveau la tête vers le portrait et c'est avec un sourire radieux qu'il s'exclama, « Ca a marché. »
« Oui mon garçon, ça a marché, mais je vous conseillerais de demander à votre professeur de les analyser, on ne sait pas quel genre d'objets peut cracher cet engin, croyez-moi sur parole. » Il n'avait pas l'intention d'en dire plus et il quitta son tableau.
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Quand Severus revint dans la soirée, Harry était encore dans la bibliothèque enfoui sous les livres.
« Voilà une vision dont je ne pensais jamais être témoin : Harry Potter si immergé dans sa lecture qu'il ne voit pas l'heure passer. »
Effectivement, la voix grave le fit sursauter. Il vit tout de suite que l'autre homme était fatigué. Ses yeux habituellement vifs étaient ternes, ses épaules étaient légèrement affaissées, mais il regardait Harry avec une expression amusée. « L'après-midi a été dure ? »
« Plus que vous ne pouvez l'imaginer. Ce gamin est un petit imbécile, arrogant et bien trop gâté par ses parents -»
« Euh Severus, sans vouloir vous vexer, j'ai déjà entendu ce discours quelque part, mais vous ne parliez pas de lui. » Répondit-il avec une lueur d'amusement dans les yeux.
« Potter, taisez-vous ! Alors avez-vous trouvé des choses intéressantes dans ces reliques ? » Demanda son aîné avec intérêt.
Harry eut un petit sourire satisfait. « Je dois dire que ces livres sont vraiment très bien écrits et très pédagogiques. J'ai essayé quelques-uns de ces sorts et j'avoue avoir été surpris par la rapidité que j'ai eue à les réussir. Mais ce serait un peu long de vous faire un compte-rendu ce soir. Je vous propose d'aller dîner et je vous montrerai l'une de mes découvertes. »
« Vous m'intéressez Harry. » Il avait dans ses yeux une certaine curiosité.
« Je sais. » Harry se leva le prit par le bras et l'emmena vers la salle à manger. « Mais je vous en parlerai après le dîner. » Severus ne protesta pas. Ce geste était étrangement familier et pourtant immensément réconfortant. Et du réconfort, il en avait besoin.
Il avait eu une journée épouvantable. Il avait eu le malheur de faire face à Lucius Malfoy. Apparemment, leur Maître l'aurait aidé à s'échapper pour qu'il puisse reprendre sa place en tant que favori. Il lui aurait apporté des informations capitales, mais Severus ne put en savoir plus.
Son vieil ami et amant avait insisté pour assister au cours en tant que simple observateur.
Observateur, oui. Lucius l'avait effectivement regardé, détaillé sur toutes les coutures, appréciant la vue qui s'offrait à lui s'il devait en juger par la manière dont il se léchait les lèvres de temps à autres et le regardait de façon suggestive.
Il avait vu son regard s'attarder sur ses cuisses, son entrejambe avant de remonter jusqu'à ses lèvres puis le regarder dans les yeux, avec envie.
Severus avait alors réprimé un frisson de dégoût, essayant de demeurer aussi impassible que possible et s'était défoulé sur le pauvre Drago qui décidément n'arrivait à rien.
Drago n'était pas plus concentré que Severus. La présence de son père les gênait tous les deux et le maître des potions était décidé à ce que Lucius soit banni de son cours.
A la fin de la leçon, Drago n'avait rien appris, il s'était montré arrogant en présence de son père qui l'avait soutenu et avait demandé à Severus d'être patient et de se montrer plus compétent s'il ne voulait pas avoir à répondre de ses actes.
« Mon fils a certainement été excellent Severus. Tes critères ont toujours été trop élevés. » Et il avait souri à son fils pour lui montrer qu'il était fier de lui.
« C'est à moi d'en juger, Lucius, mais je peux t'assurer que Drago était bien meilleur à Poudlard. Il a beaucoup perdu ! » Répondit-il sèchement. « Le cours est terminé pour aujourd'hui. J'ai encore des choses à faire puisque le Seigneur Noir attend ses potions. » Il allait partir quand une main se posa sur son épaule, il fit un geste pour le repousser, mais la main se resserra.
« Drago, laisse-nous maintenant ! »
« Oui Père. A demain professeur. » Severus lui fit simplement un signe de tête.
Quand la porte se fut refermée, Lucius reprit la parole. « Pourquoi es-tu si dur avec lui, Severus ? »
« Lucius, as-tu oublié qu'on est en guerre. Il doit savoir plus que se défendre. S'il fait ce qu'il a fait aujourd'hui dans un combat, il mourra et tu le sais aussi bien que moi. »
Son ami répondit froidement. « Mon fils est puissant quoi que tu en dises. Dans un combat contre les amoureux des sangs de bourbe, il vaincra. »
« Si tu le dis ! Maintenant lâche-moi, je dois partir ! »
« Tu es bien pressé mon cher ami. Narcissa n'est pas là ce soir. Tu pourrais profiter d'un bon lit chaud. Je sais que tu n'as jamais apprécié le manoir des Snape. »
« Je te remercie Lucius, mais comme je l'ai déjà dit, mon Seigneur attend ses potions et je ne dois pas le faire attendre n'est-ce pas ? » Lui demanda-t-il en le regardant dans les yeux.
L'autre homme enleva sa main et répondit, « Bien sûr que non, mais tu peux profiter de quelques heures de plaisir. »
Severus grimaça intérieurement. « Je te remercie de ta proposition, mais je ne remplis pas le vide laissé par une femme et je doute que tu puisses m'apporter le moindre plaisir, comme tu le dis. » Lui répondit Severus, un sourire mauvais sur le visage.
« Tu n'as pas toujours dit ça, rappelle-toi. » Lucius se rapprocha de l'ancien professeur.
« Il y a longtemps Lucius ! »
« Beaucoup trop ! Je peux te rappeler le bon vieux temps. » Dit-il d'une voix basse et grave.
Severus frissonna mais il ne put dire si c'était de dégoût ou de désir. « Je suis désolé Lucius, je ne mange plus de ce pain-là. »
« Voyons mon cher ami -»
« Lucius, demain je ne veux pas que tu assistes au cours. Tu nous déranges. Et si je te vois encore, j'irai en parler au Maître et si c'est nécessaire, j'emmènerai ton fils s'entraîner ailleurs. »
« Tu le regretteras Severus, tu regretteras de m'avoir tourné le dos. »
« Bonsoir Lucius. »
Il était parti par cheminée, passant par le manoir des Snape avant de transplaner pour arriver au 'Refuge'. Il avait été surpris de ne pas trouver Harry en arrivant. Ce sont les tableaux qui l'avaient orienté vers la bibliothèque. Voir le jeune homme si détendu derrière une pile de livres, ses yeux verts dansant derrière ses lunettes rondes, ses cheveux devenus trop longs tomber sur ses épaules et sur ses yeux eut un effet relaxant. Il ne put s'empêcher de sourire sachant que l'objet de ses pensées ne le voyait pas.
En l'observant, il s'aperçut que l'enfant qu'il avait commencé à entraîner s'était transformé en adulte. Son regard s'était assombri, ses épaules s'étaient redressées. Il avait une confiance en lui qu'il n'avait pas quelques mois plus tôt. Ses gestes étaient également plus posés et il avait un air déterminé, sérieux, voire grave, qui changeait de celui curieux et farouche de l'enfant qu'il était. Ces changements lui firent de la peine. C'était ceux d'une personne forcée à grandir trop vite.
Et c'est avec un presque sourire qu'il dit, « Voilà une vision dont je ne pensais jamais être témoin : Harry Potter si immergé dans sa lecture qu'il ne voit pas l'heure passer. »
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Après le dîner, Harry et Severus allèrent se prélasser dans le petit salon où ils purent discuter tranquillement en buvant un scotch et en jouant une partie d'échec, du moins c'est ce que pensait le Serpentard.
« Alors Potter allez-vous cesser de faire des cachotteries et me dire ce que vous avez découvert ! »
Harry ne dit rien, mais sortit de sa poche de petits objets qu'il agrandit sans un mot. Severus était fier de voir qu'il faisait maintenant de la magie Sans Baguette et Sans Parole par automatisme.
Le Gryffondor lui tendit un objet que Severus prit. « Oui, et alors, ce sont de simples bracelets de protection. »
Harry sourit, « Je le savais. » Quand il vit son aîné hausser un sourcil, il ajouta, « Vous ne devinerez jamais où je les ai trouvés. »
« Potter, les devinettes n'ont jamais été mon fort, alors dites-le-moi. » Répondit le maître des potions en soupirant.
« Vous vous souvenez du miroir dans la bibliothèque ? »
« Oui, et bien ? » Le pressa Severus qui commençait sérieusement à s'énerver.
« Et bien, c'est là que je les ai trouvés. » Répondit-il simplement. Quand il vit à nouveau un sourcil se lever, il ajouta, « Venez, je vais vous montrer. »
Ils se dirigèrent tous deux vers la bibliothèque et le fameux miroir.
« Ernest Dumbledore m'a dit de penser à quelque chose que je désirais et de passer ma main à travers. C'est ce que j'ai fait -»
« Potter, vous n'êtes qu'un imbécile ! »
« Mais -»
« Je croyais que l'aventure de votre jeune amie Weasley vous aurait fait comprendre que l'on ne doit pas jouer avec les objets magiques ! » Le regard de Severus était à la fois noir et froid. Il était déçu par le comportement puéril du jeune homme. Qui sait ce qui aurait pu lui arriver. Il avait entendu parler de personnes qui étaient entrées dans des miroirs et qui en étaient revenues vieillies de vingt ans. La vérité était qu'il s'inquiétait pour le Gryffondor, mais ça il ne le lui dirait pas.
Harry pâlit. Il n'y avait évidemment pas pensé. Il vit l'expression désapprobatrice et sentit la déception de l'autre homme. Il soupira. « Je suis désolé. J'ai fait confiance au tableau et je me suis dit que l'on était entouré par la magie blanche. Après tout, les Dumbledore ont toujours été du côté du Bien, non ? »
« C'est là que vous vous trompez jeune homme. » Les interrompit le portrait. « Les Dumbledore n'ont pas toujours été du côté du Bien. Le grand-père d'Albus était lui-même un partisan de Grindelwald. La maison est à la fois protégée par la magie blanche et par la magie noire. C'est aussi pour cette raison que mon petit neveu vous a choisis comme successeurs. Vous êtes tous les deux des sorciers lumineux et des sorciers ténébreux. »
« Oui oui ! Et ce miroir. Est-il un fait de magie blanche ou noire ? » Lui demanda Severus légèrement énervé.
« Ah, ça, je ne le sais pas ! Il était là bien avant moi ! »
« Mais alors pourquoi lui avoir dit d'essayer ? » Il avait soudain envi d'étrangler ce Dumbledore.
Les yeux du personnage scintillèrent, « Tout simplement parce qu'il voulait essayer. Je n'allais pas l'en empêcher si ? Et puis, ce miroir renferme bien d'autres secrets si vous voulez mon avis. »
« Non merci. Nous nous passerons de vos avis. » Il se tourna vers Harry, « Alors vous avez simplement passé votre main et souhaité ces objets ? » Lui demanda-t-il sévèrement.
« Oui. Quand j'ai enlevé la main j'avais les bracelets. Par contre, la sensation est assez désagréable. J'ai eu l'impression que mon bras allait geler et que je ne pourrai plus l'enlever. »
Severus jura entre ses dents quelque chose au sujet d'un Gryffondor idiot.
« Une petite chose encore, je vous conseille de faire un examen approfondi de ces objets. Comme je l'ai déjà dit, on ne connaît pas toute l'étendue du pouvoir de ce miroir. Qui sait ce qui arrivera aux pauvres malheureux qui auront le malheur de les essayer. »
« Oh vous taisez-vous ! » Lui ordonna Harry en le regardant avec des yeux noirs.
« Potter, taisez-vous. Vous en avez assez fait pour aujourd'hui. Apparemment, je ne vous donne pas assez de boulot alors ça va changer. »
Severus avait l'air furieux et le jeune homme préféra ne pas répliquer. Rien de bon ne pouvait arriver quand son mentor était dans cet état d'entêtement.
Le silence était pesant entre eux.
Au laboratoire, ils analysèrent les bracelets, les faisant réagir avec des potions afin de voir de quoi ils étaient composés. Ils travaillèrent ensemble. Harry comprenait ce dont Severus avait besoin avant même que celui-ci ne le demande. Ils ne se rendirent compte de cette promiscuité qu'à la fin de l'expérience.
Finalement, il s'agissait bien de bracelets de protection.
Harry soupira et posa une main sur le bras de son mentor, ce qui surpris Severus. « Je suis désolé. Je n'ai pas réfléchi à ce que je faisais. »
« C'est bien ce que je vous reproche. Vous ne pensez pas. Comme le Gryffondor stupide que vous êtes, vous agissez avant de réfléchir, laissant aux autres le soin de ramasser les pots cassés. »
Harry recula comme s'il venait d'être giflé. « J'ai dit que j'étais désolé. Je ne peux rien dire ni rien faire de plus. »
Il allait tourner les talons lorsque Severus le rappela, « Harry ! » Quand il entendit son prénom, son cœur s'arrêta de battre une fraction de seconde. Il se retourna.
« Je ne voulais pas réagir aussi brutalement. Mais c'était un geste inconsidéré. La prochaine fois, attendez-moi pour faire ce genre d'expérience. Il vaut mieux être deux. C'est plus prudent. » Son regard était toujours noir, mais sa voix un peu plus douce.
Harry acquiesça. « Allez venez, j'ai encore une partie d'échec à gagner. »
Le vent de la discorde était passé. Tout était rentré dans l'ordre. Les yeux du Gryffondor scintillaient maintenant d'amusement et Severus ne put s'empêcher de regarder dans les profondeurs de ces yeux.
« Potter ! Ne rêvez pas ! Jamais vous ne gagnerez contre moi ! » Les yeux de Severus s'étaient eux aussi illuminés d'amusement.
Depuis qu'ils vivaient ensemble, Harry l'avait vu changer petit à petit. Son regard était moins dur, parfois scintillant comme maintenant, les coins de sa bouche se relevaient légèrement comme s'il s'interdisait de sourire sans pouvoir totalement s'en empêcher et l'expression de son visage était bien moins sévère.
Le jeune homme ne pouvait plus le voir comme le bâtard qu'il avait eu en cours de potions. Bien sûr, son professeur ne serait jamais chaleureux, mais il n'était plus l'homme froid qu'il avait connu.
« Et si je gagne, que m'offrez-vous ? » Lui demanda-t-il en riant.
« Pourquoi devrais-je vous offrir quelque chose ? » Lui demanda-t-il en croisant les bras sur la poitrine, en plaisantant.
« Auriez-vous peur, professeur ? » Pour l'imiter, il croisa lui-aussi les bras sur sa poitrine.
« Peur ? Et de quoi s'il vous plaît ? » Lui demanda-t-il en haussant les deux sourcils.
« De perdre contre un pauvre Gryffondor débutant. » Harry avança un pion avant de le regarder tranquillement.
« De vous ? Non ! Mais j'ai appris à ne pas vous sous-estimer. Qu'aurais-je à gagner moi si vous me battez ? »
« Faisons un pari, si d'ici la fin de la guerre j'ai réussi à vous battre ne serait-ce qu'une fois, hum, vous m'inviterez dans le restaurant de votre choix et si je ne gagne pas, c'est moi qui invite, ça vous va ? »
Severus sourit en coin, « Et si je ne veux pas déjeuner avec vous Potter ? »
« Et bien choisissez ! » Répondit Harry légèrement vexé.
« Vous me rangerez et nettoierez l'étude dans laquelle se trouvent mes potions. »
« Vous devez plaisanter, hein ? »
« Pas du tout monsieur Potter. Vous savez comme moi que les elfes de maison n'ont pas l'autorisation d'entrer dans la réserve et elle aurait besoin d'un bon nettoyage, alors ? » Severus haussa un sourcil, l'air satisfait.
Harry n'avait pas vraiment l'air d'accord, mais soudain, son regard s'illumina et il dit, « J'accepte Severus, mais à une condition, si je gagne, je veux avoir le droit de vous demander autre chose. »
« Oui ? Quoi donc ? »
« Je ne sais pas encore, mais vous aurez le droit de refuser, d'accord. »
« Dans ce cas, j'y gagne encore. Marché conclu Harry. »
Ils se serrèrent la main pour sceller leur accord. La main de Severus était chaude dans celle de Harry, comme si par ce simple contact, le maître des potions lui donnait des forces.
Après avoir scellé leur accord, Severus avança un pion et dit, « Ah et demain, je veux que vous fassiez une potion pour corriger votre vue. Des lunettes dans un combat, c'est dangereux. Vous risquez de les perdre ou de les casser et si j'ai bien compris, sans vous êtes aveugle comme une taupe. »
« Si j'ai bien compris, demain je suis de corvée de potions. »
« Vous avez très bien compris. »
« C'est une punition ! Severus vous êtes vraiment cruel ! »
« Vous n'êtes pas le premier à me le dire ! Maintenant jouez Potter si vous voulez terminer ce jeu ce soir. »
La partie d'échec se déroula dans la bonne humeur. Ils étaient tous les deux détendus. Severus en avait même oublié l'affaire Lucius.
Elle s'acheva par la victoire de Severus, mais ni l'un ni l'autre n'avait envie de terminer la soirée. Severus se mit au piano et joua. Les notes s'envolaient dans les airs enfermant les deux sorciers dans une bulle de sérénité, comme si le lendemain ne comptait pas, comme si la guerre n'aurait jamais lieu, comme si seul le présent existait.
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Severus passa la matinée du lendemain enfermé dans son laboratoire à préparer des potions pour le Seigneur Noir ou pour sa réserve personnelle pendant que Harry faisait son entraînement habituel.
Quand il eut terminé, le jeune homme rejoignit son mentor pour l'aider à terminer et à fignoler les potions spéciales.
Harry aimait préparer des potions. Il râlait et criait pour ne pas les faire, mais il y avait quelque chose de relaxant à inventer de nouvelles potions, essayer d'en modifier légèrement une était amusant et ravivait son esprit curieux. De plus, travailler avec un maître, une personne qui connaissait aussi bien son métier était passionnant. Il observait ses mains, longues et élégantes remuer, ajouter, couper, émincer avec précision et minutie. Harry suivait les gestes des longs doigts blancs, comme il le faisait quand ils glissaient sur le clavier du piano, oubliant où il était.
« Potter, si vous avez terminé, vous pouvez commencer une autre potion ! Vous n'avez pas le temps de rêvasser ! »
Et Harry se remit à travailler, couper, émincer, ajouter, remuer, laisser refroidir…
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Ils déjeunèrent rapidement et Severus partit de bonne heure. Il voulait voir Voldemort avant d'aller chez les Malfoy. Il refusait d'enseigner dans ce manoir, sous l'œil vigilent de Lucius. Non, s'il voulait convaincre Drago de se rallier à sa cause, il devait le voir seul, loin de chez lui. L'idéal serait de l'emmener au 'Refuge', mais cette idée ne l'enchantait guère. Non, il avait l'intention de l'emmener au manoir des Snape où il existait une salle similaire à celle du 'Refuge', mais il lui fallait la permission de son Maître.
Severus arriva dans une salle sombre, mais immense. Il s'avança jusqu'au trône et se mit à genoux devant son Seigneur et Maître.
« Sssseverus, qu'est-ce qui t'amène auprès de moi aussi vite ? Aurais-tu terminé mes possions ? »
« Non mon seigneur. Mais j'aimerais emmener le jeune Malfoy au manoir des Snape pour l'entraîner dans un lieu plus adapté et loin de la vigilance de son père, trop doux à mon avis. S'il reste dans les jupes de son père, cet enfant ne sera jamais bon à rien. »
Voldemort sembla réfléchir quelques instants. « Loin de son père, dis-tu ? Que reproches-tu à Lucius ? »
« Il dorlote son fils maître. Lors de mon dernier cours avec cet enfant, Lucius était présent et surveillait mes faits et gestes afin de m'espionner. Peut-être avait-il peur que je ne me montre trop dur. Maître, le jeune Drago est arrogant mais c'est une lavette, incapable de tuer quand il le faut. Non, il lui faut un entraînement approprié et il ne pourra pas l'avoir si son père s'attend à ce que je sois compatissant ! » Railla-t-il.
« Je comprends ton point de vue. Et j'avais interdit à Lucius de s'immiscer dans les leçons. Emmène le jeune Malfoy au manoir Snape et fais-en un futur mangemort, un fidèle, prêt à mourir pour moi. »
« Oui mon seigneur, merci mon seigneur. »
« Oh, et Severus, Endoloris ! » Severus fut touché par le sort. La douleur disparut aussi rapidement qu'elle était venue. « Je ne t'ai pas donné la permission de juger un autre mangemort. »
« Pardonnez-moi mon Seigneur, ça n'arrivera plus. » Severus était toujours à genoux, les yeux posés à terre en signe de soumission.
« Très bien. Rapporte-moi régulièrement les progrès du jeune Malfoy et termine rapidement mes potions Severus, j'en ai un besoin urgent. »
« Très bien mon Seigneur. »
« Tu peux partir ! »
Severus ne demanda pas son reste, prit un Portoloin puis transplana au manoir des Malfoy et tomba sur le chef de maison. « Lucius ! »
« Severus ! Tu es en retard. »
« Je sais, j'avais un entretien avec le Maître. Il m'ordonne d'entraîner Drago chez moi, je suis donc venu le chercher. » Dit Severus avec satisfaction
« Pardon ? » Lucius parut surpris.
« Comment ? Le Maître ne t'a pas encore informé de sa décision. Il trouve que tu es trop doux avec ton fils. D'ailleurs, tu ferais mieux d'aller le voir, je suis sûr qu'il t'attend avec impatience. »
« Que veux-tu faire à mon fils, Severus ? »
« Ne sois pas si mélodramatique Lucius. Je ne veux rien faire à ton fils. Je veux juste l'entraîner pour qu'il soit capable de se défendre comme Il me l'a ordonné. »
« Je ne sais pas si je peux encore te faire confiance, Severus, tu as beaucoup changé. »
« Je ne sais pas ce qu'il te faut Lucius. J'ai protégé ton fils en tuant Dumbledore, non pas que je le regrette, mais sans ton fils, je serai encore confortablement au château de Poudlard. »
« Que tu dis ! »
Une porte s'ouvrit et Drago apparut, « Ah Drago te voilà. Aujourd'hui, tu vas t'entraîner au manoir des Snape avec Severus. » Le jeune homme acquiesça simplement et suivit dignement Severus à travers la cheminée.
Hpsshpss
« Monsieur Malfoy, je vais enfin pouvoir vous apprendre quelque chose. »
« Père ne semble pas approuver. »
« Votre père est un idiot. »
« Mon père est un loyal mangemort. » Répartit Drago.
« Et moi monsieur Malfoy, ne le suis-je pas ? » Demanda-t-il d'une voix doucereuse. « N'ai-je pas tué Dumbledore quand vous ne le pouviez pas ? N'ai-je pas tout risqué pour vous aider vous qui ne vouliez pas de mon aide ? »
« Je -»
« Et me voilà M. Malfoy devant un ingrat ! Vous croyez tout savoir, vous croyez pouvoir faire face à mon Maître ? Vous croyez le servir de votre mieux. Laissez-moi rire ! Vous ne pourrez que lui apporter des ennuis avec votre niveau actuel ! »
« Mon père -»
« Votre père a été dégradé ! Il n'est plus rien aujourd'hui. Une marionnette ! Est-ce cela que vous voulez devenir monsieur Malfoy ? Parce que si vous n'y prenez pas garde vous serez sacrifié pour la cause comme votre père le sera également. »
« Le Maître sait qu'il peut me faire confiance, » Murmura Drago.
« Ah oui ? Comment pourrait-il le savoir ? Vous n'avez encore rien fait pour lui ! »
« Si vous ne vous étiez pas mis devant moi, je serais son favori -»
« Et vous n'êtes qu'un sous-fifre ! Dites-moi comment le Seigneur Noir vous a puni pour votre erreur ? Est-ce cela que vous voulez subir jour après jour ? »
Les yeux de Drago s'illuminèrent de colère. « Non, je veux plaire au Maître. Je veux qu'il sache qu'il peut compter sur moi ! »
« Alors la seule chose à faire est de vous entraîner, d'apprendre à vous battre pour pouvoir le servir comme il le mérite. »
« Mais père -»
« Votre père a peur que vous preniez sa place aux côtés du Seigneur Noir. »
Severus pensait que cette affirmation déstabiliserait Drago, mais le jeune homme se redressa et lui demanda,
« Et vous ? »
« Moi ? Non, je n'ai plus rien à prouver ! Mon Seigneur sait qu'il peut compter sur moi. Et je préfère rester dans l'ombre à faire mes potions. Je n'aime pas subir sa colère. » Dit-il en grimaçant.
Drago se détendit légèrement et lui demanda, « Est-ce qu'il se met souvent en colère ? »
Severus le mesura du regard et acquiesça. « Oui. Malheureusement. Est-ce que ça vous fait peur ? »
Drago se redressa, releva le menton et dit, « Non ! Je subirai sa colère si nécessaire ! »
« Vous êtes un fou ! Vous devez avoir peur de lui pour survivre sous ses ordres ! Si vous n'avez pas peur de lui, vous mourrez ! » Le jeune Serpentard tressaillit tant son ancien professeur était amer et son ton acide. Severus ne lui laissa pas le temps de répliquer. Il était temps que le cours commence.
« Maintenant préparez-vous, je dois évaluer votre niveau ! En garde ! »
Hpsshpss
Ils passèrent l'après-midi à se battre. Severus voulait savoir si Drago était résistant et s'il savait se battre, comme il le sous-entendait. Il n'était pas mauvais, mais face à Harry ou à Voldemort, il n'aurait aucune chance.
Il savait que Drago était un enfant solitaire. Ses camarades de Poudlard étaient tout sauf des amis. Il ne savait pas ce que signifiait pouvoir se confier à quelqu'un et ne connaissait pas le mot confiance. Il voulait faire du jeune homme un allié et savait que la seule façon d'y parvenir était de le respecter et d'obtenir sa confiance.
« Vous avez beaucoup de lacunes mais avec le peu de temps mis à notre disposition, j'ai peur de ne pas avoir le temps de vous enseigner tout ce que vous devez savoir alors je vais vous apprendre à survivre. Je ne vous ferai pas de cadeaux et je ne veux pas que vous m'en fassiez ! Ici, dans cette salle, je serai votre maître, vous mon élève. En dehors, nous sommes à égalité, entendu ? »
« Oui professeur. »
« Je vais vous donner un Portoloin, il s'enclenchera à 13h30 tous les jours et vous conduira ici. Si je ne suis pas là, préparez-vous et attendez-moi ! »
« Entendu professeur. »
« Drago ! »
« Oui ? »
« Le cours est terminé, vous pouvez m'appeler Severus. »
Le jeune homme le regarda avec des yeux ronds, « Mais -»
« Drago, nous devons travailler ensemble. Je ne veux pas que vous soyez mon ennemi. J'en ai suffisamment. » Le ton de Severus s'était réchauffé.
Le jeune Serpentard le regarda avec suspicion, « Pourquoi ? Pourquoi voulez-vous me faire confiance alors que j'ai presque trahi le Seigneur des Ténèbres en ne tuant pas Dumbledore ? »
« Parce que je suis passé par là. Mais contrairement à vous, j'étais seul et la route a été dure et semée d'embûches. Je ne veux pas que vous ayez à traverser les mêmes épreuves que moi ! Je veux que vous surviviez à cette guerre et seul, vous n'y parviendrez pas.»
« Vous pensez que je suis faible ? »
« Non, vous n'êtes pas faible. Vous êtes simplement associal parce qu'égocentrique. Vous croyez que l'on peut gagner une guerre seul, vous vous trompez ! Vous croyez qu'on peut survivre en se faisant des ennemis de ses alliés, vous vous trompez ! Vous êtes un allié. Dans cette guerre, je me battrai à vos côtés. Nous devons nous faire confiance ! »
« Je ne fais confiance à personne d'autre qu'à moi ! »
« Alors vous vous ferez tuer et tout ce que je vous aurais appris n'aura servi à rien ! Pensez-y Drago, pensez-y ! »
Hpsshpss
Severus retrouva Harry dans le laboratoire. Il n'avait pas l'air d'avoir bougé depuis qu'il l'avait quitté. Des potions s'entassaient dans les coins, toutes soigneusement libellées. Il était impressionné par la méticulosité du jeune homme qui avait rangé les ingrédients dont il n'avait plus besoin après chaque potion et nettoyé afin d'éviter de malheureuses interactions inattendues.
« Bonsoir professeur ! Vous tombez à pic. Vous allez pouvoir vérifier les potions. Celles sur la table du fond sont pour Tom, celles sur la table du milieu sont pour vous et les autres, pour moi. Je pense que notre stock de potions est à peu près complet, en tout cas pour tout ce qui est anti-douleur, pommade cicatrisante, potions contre la migraine et de sommeil sans rêve. Je dois terminer les potions curatives et j'aurai terminé. »
« Comment avez-vous fait pour en faire autant ? » Lui demanda le maître des potions en haussant un sourcil.
«Comment pas de bonjour ? » Harry leva les yeux et regarda le maître des potions avec un petit sourire, ses yeux verts brillants de malice.
« Potter !» Severus s'approcha des potions et se retourna vers le Gryffondor, une expression d'attente sur le visage et le regard sévère. Il croisa les bras sur la poitrine et haussa un sourcil.
Le jeune homme grimaça.
« J'ai trouvé un sort dans un livre- de magie blanche, » ajouta—t-il rapidement, « pour que le temps passé dans une pièce se dilate ou se réduise. Quand je passe 2h ici, il ne s'écoule qu'une heure dehors ! Pratique non ? »
« Potter ! »
« Quoi ? Vous vouliez que ces potions soient faites, moi aussi ! Vous devriez être content et me remercier ! » Répondit le Gryffondor en imitant la posture de son professeur.
Severus eut un sourire en coin, « Potter, vous avez bien fait ! »
Harry en fut abasourdi. Il était persuadé que l'autre homme aurait trouvé à redire. « Mais… n'êtes-vous pas en colère que j'ai essayé une formule sans vous ? »
« Ceci est très différent de ce que vous avez fait hier. Vous êtes maintenant un sorcier accompli. Par contre, cette petite ruse était très Serpentard ! »
« Oh, ne m'en parlez pas ! Cette simple pensée me donne des maux d'estomac ! »
Le Serpentard haussa un sourcil en le regardant. « Bon d'accord. J'aime ce petit côté serpentard, content ? »
Severus ne répondit pas et commença à vérifier les potions. Il était satisfait. Elles étaient toutes parfaites et les altérations subtiles. Harry était un bon élève, quand il le voulait.
« Quelle est cette dernière potion que vous préparez ? »
« Celle qui permettra de corriger ma vue. »
« Bien, laissez-la, elle doit reposer quarante huit heures. Il est temps que vous sortiez d'ici. Combien de temps êtes-vous resté dans cette salle ? »
« Oh euh attendez, laissez-moi réfléchir… » Il étouffa un bâillement. « Je n'en suis pas sorti depuis que vous m'avez quitté. Mais nos stocks sont reconstitués et les potions que Tom vous réclame sont faites ! »
« Nos stocks ? »
« Ceux de la maison, oui ! »
« Un peu présomptueux Potter ! Je croyais qu'il y avait vos réserves et les miennes ? »
« Voyons Severus, nous vivons sous le même toit, ce serait idiot de diviser ce dont nous avons tous les deux besoin. Bon, trêves de discussion, j'ai une partie de dames à gagner ! » D'un geste de la main, il rangea potions et ustensiles, nettoya chaudrons et laboratoire. Il jeta un dernier coup d'œil pour vérifier que tout était en ordre et entraîna son compagnon avec lui.
« Une partie de dames ? Je croyais que le but était de gagner une partie d'échecs ? » Ils marchèrent côte à côte tout en continuant leur discussion.
« C'est du pareil au même ! Vous gagnez à chaque fois ! »
« Le maître mot est stratégie, Harry. Vous n'en connaissez même pas la définition. » Severus plaisantait et le jeune homme le savait. Il aimait voir les yeux noir charbon scintiller d'amusement, il aimait entendre la voix grave se réchauffer lorsqu'il s'amusait et perdre cet accent amer et sarcastique.
« Potter ! Si je ne vous connaissais pas mieux, je croirais que vous essayez de tricher ! Mais ce serait très Serpentard ! »
Harry le regarda avec des yeux noirs. « Je n'aurais jamais dû vous le dire ! Je suis sûr que vous m'insultez intentionnellement. Je. Ne. Suis. Pas. Un. Serpentard. Enfoncez-vous ça dans le crâne une bonne fois pour toutes. Je n'essaie pas de tricher, simplement de -»
« Tirer votre épingle du jeu ? » Demanda Severus avec un petit rire dans la voix.
« Oh taisez-vous ! »
Hpsshpsshpss
Comme à son habitude, Harry perdit la partie de dames et la partie d'échecs. Il ne s'en formalisa pas, promettant de le vaincre le lendemain.
Ils étaient tombés dans un silence amical lorsque le Gryffondor prit la parole, « J'ai décidé d'aller voir mes amis. »
« Quand ? »
« Je ne sais pas, demain peut-être. »
Severus le regarda longuement puis répondit, « Soyez prudent ! »
« Severus ? » Il se tourna finalement vers son ami pour le regarder.
« Oui ? »
« Je ne leur parlerai ni du Refuge ni de vous. Je pense aussi aller acheter un appartement en ville, histoire de leur donner une adresse où me joindre et faire taire les rumeurs qui ont certainement commencé à circuler en ville. Je vais aussi essayer de savoir s'ils une ont idée de l'endroit où se trouvent les horcruxes. »
« Pour l'appartement, déguisez-vous afin de ne pas être suivi par la suite et donnez à l'actuel propriétaire un nom qui se rapproche du vôtre sans l'être. Que diriez-vous de Harry Evans ? C'était le nom de famille de votre mère. »
« Oui, ce serait une bonne idée. A moitié caché et à la vue de tous. Très bonne idée. »
« Savez-vous où vous rendre pour chercher ? »
« Non, je n'ai pas encore réfléchi à la question. »
« Allez à cette adresse, » Severus griffonna quelque chose sur un morceau de papier et le tendit au jeune homme. « C'est une personne de confiance. Je lui ai moi-même acheté un appartement il y a quelques années. Et c'était un proche d'Albus. »
« Entendu, merci. » Il prit le papier et vit que cet homme s'appelait Stephen Steins.
« Comptez-vous rester longtemps chez vos amis ? »
« Non, pas plus que nécessaire. Si je le peux, je ne resterai que la journée, sinon, je reviendrai au petit matin. Je ne peux pas rester longtemps. Je risquerai de les mettre en danger et j'ai encore beaucoup de choses à faire ici. Entre l'entraînement, la recherche de sorts susceptibles de détruire Tom et la recherche des horcruxes restants, il ne me reste que peu de temps à consacrer à mes amis. »
« Je vais apporter certaines potions au Seigneur Noir dans la semaine. Avec un peu de chance il donnera la potion à Nagini devant moi et nous serons sûrs que nous en aurons un de moins à trouver. »
« Nous, Severus ? » Harry essaya de lever un sourcil comme le faisait son compagnon mais échoua lamentablement.
« Mais oui, nous. Il me semble que nous sommes maintenant engagés dans la même galère. Bon, nous avons une longue journée qui nous attend demain, il est temps d'aller se coucher. » Il se leva, « Bonne nuit Harry ! »
« Bonne nuit Severus ! »
Le Gryffondor ne bougea pas. Il resta à contempler le jeu d'échecs devant lui, perdu dans ses pensées. Il devait se préparer. Il devait se mettre en quête des horcruxes.
