Chapitre 9 : visite au Terrier

Harry disparut immédiatement après le petit-déjeuner. Sous l'œil vigilent de Severus, il s'était jeté un léger sort de dissimulation. Il n'avait pas encore bu la potion qui corrigerait sa vue mais avait mis des lentilles noires afin qu'on ne le reconnaisse pas trop.

Il avait immédiatement été charmé par le franc parler et la gentillesse de Stephan Steins. Moins excentrique qu'Albus, il avait sa passion des bonbons aux citrons. Il lui trouva tout de suite l'appartement dont il avait besoin. Ni trop petit ni trop grand, il correspondait parfaitement à ses besoins. Déjà meublé, Harry n'aurait pas besoin de repasser pour le remplir et appuyer son mensonge : il habitait là depuis déjà un certain temps.

Il jeta un léger charme de protection autour de l'immeuble ainsi qu'un sort pour attirer les hiboux cherchant Harry Potter. Il avait décidé que le petit bureau serait le lieu de réception du courrier. Il ne doutait pas du fait que les lettres allaient rapidement s'empiler. Il jeta un sort dans la pièce pour que le courrier soit trié selon le destinataire : amis, Ministère, Poudlard, déclaration d'amour. Une réponse type serait directement envoyée à toutes les lettres inutiles sans qu'il ait besoin de les lire ; les beuglantes seraient immédiatement jetées dans un sac insonorisé et toutes les lettres de menace seraient automatiquement brûlées.

Ceci devrait lui épargner pas mal de temps et lui permettre de se concentrer sur le courrier réellement important.

Le plus important était fait, il pouvait donc retrouver ses amis. Il décida d'aller directement au Terrier. Si ses amis n'y étaient pas, Mme Weasley pourrait lui dire où les trouver.

Il transplana et apparut devant le Terrier.

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Il enleva le sort de dissimulation. Il avait laissé ses lentilles dans son nouvel appartement et avait donc ses lunettes sur le nez.

Il n'eut pas besoin de frapper, dès qu'il arriva près de la maison, une tête brune se jeta dans ses bras, suivie de près par une tête rousse, toutes deux beaucoup plus petites que lui.

« Her- Hermione ! Lâ-lâche-moi, je ne peux plus respirer! »

« Pardon Harry. » Répondit-elle en sanglotant.

« Harry, où étais-tu ? » Lui demanda Ginny. Elle avait l'air en colère, mais refusait de le lâcher, ce qui dérangeait quelque peu le jeune homme.

« Je- Est-ce que Ron est là ? »

« Oui, il est à l'intérieur avec les Weasley. Tout le monde est là. On était si inquiet. » Hermione avait maintenant l'air aussi fâché que Ginny.

« Venez, allons à l'intérieur, je vais tout vous raconter. »

Ils entrèrent, Ginny au bras de Harry. Maintenant qu'elle le tenait, elle refusait de le lâcher de peur qu'il ne reparte.

Harry ne vit rien d'autre qu'un poing. Il eut juste le temps de l'esquiver et de voir Ron perdre l'équilibre et tomber. « Oups, désolé mon vieux. » Il se libéra de Ginny et tendit une main vers Ron qui ne l'accepta pas. « Comment as-tu fait ça ? »

« Je- Est-ce que l'on peut s'asseoir ? » Demanda-t-il en voyant la mer de regards posés sur lui. Tous les Weasley étaient réunis, avec en plus Remus et Tonks.

Mme Weasley se précipita sur lui et le prit dans ses bras, « Mon chéri, nous étions tous si inquiets. Comment vas-tu ? »

Elle le regarda d'un œil critique avant de conclure, « Tu as l'air d'aller bien, tu as même pris du poids et des muscles. Et qu'est-ce que tu as grandi ! Tu es aussi grand que Ron. »

Harry essaya de ne pas rougir, mais il eut du mal quand Ginny ajouta, « Oui, mais Harry a des muscles lui ! »

« Qu'est-ce que tu entends par là ? » demanda Ron à sa sœur avec agressivité.

« Ca suffit les enfants ! Venez au salon, nous serons plus tranquilles pour discuter. »

Ron, Hermione, Molly, Arthur, Fred, George, Charlie, Bill, Fleur et Tonks entrèrent, laissant Remus et Harry derrière. Le meilleur ami de son père s'approcha de lui et lui demanda, « Où étais-tu Harry ? J'étais très inquiet. »

« Je suis désolé Remus. Tout s'est passé très vite. » Il regarda l'expression inquiète de son second parrain et lui dit, « Je t'assure que tout va bien. Viens, rejoignons les autres. Je vous dois une explication. » Il s'avança, suivi de Remus.

Dans la salle, ils étaient tous assis, Hermione sur les genoux de Ron- Harry sourit intérieurement, ça y est, ils se sont enfin avoués leur amour, il était temps- Bill et Fleur côte à côte- Bill avait repris une apparence totalement humaine- Molly, Arthur et Charlie sur le canapé, Fred et George sur des chaises, Remus à côté de Tonks.

Harry se mit devant eux, préférant rester debout, et s'appuya contre une table. « Je sais que vous vous êtes tous inquiétés et je vous demande pardon de ce long silence. Je n'avais pas prévu de partir ainsi. Je pensais être là pour le mariage. D'ailleurs toutes mes félicitations Bill, Fleur. »

« Merci Harry. » Répondit simplement Bill en prenant la main de sa femme.

« Harry, où étais-tu ? » Lui demanda une nouvelle fois Ginny.

« Je- je m'entraînais. Dumbledore m'a laissé des instructions que j'ai reçues le jour de mon anniversaire. A partir de là, il a fallu que je suive ses ordres. Même au-delà de la mort la vieille chouette continue à régir ma vie. » Dit-il avec bonne humeur.

L'expression fit lever plus d'un sourcil.

« Qui t'entraîne, Harry ? » Exigea de savoir Remus.

« Je suis désolé, je ne peux pas le dire. J'ai promis de garder le secret. Mais c'est un ami. Je lui fais entièrement confiance. »

Le loup-garou le regarda avec scepticisme. Il devait cependant bien avouer que son filleul avait beaucoup mûri. Il se tenait devant eux, sans avoir l'air mal à l'aise alors que le jeune homme savait qu'ils exigeraient des réponses à leurs questions.

« Où t'entraînes-tu ? Y'a-t-il un endroit où l'on puisse te contacter ? » Lui demanda-t-il à nouveau.

« J'ai une adresse à Londres. Je vous la donnerai tout à l'heure. »

« Pourquoi nous avoir abandonnés ? Tu aurais pu nous dire où tu étais ? On serait venu te voir ! »

« Ron, je ne vous ai pas abandonnés. Loin de moi vous êtes plus en sécurité que près de moi. Et j'ai juré de ne pas dire où j'étais, je ne le dirai pas alors n'insistes pas ! » Son ton était dur et froid. Harry n'était plus un enfant. Le reconnaître était difficile pour l'ancien professeur, mais il devait admettre que le jeune Gryffondor était maintenant plus adulte qu'adolescent. Il était fier de lui.

« Harry, vivre tout seul n'est pas sain pour un jeune homme tel que toi. Tu es poursuivi par des mangemorts, par Tu Sais Qui. Dumbledore n'est plus là pour te protéger, tu as besoin de nous. »

« Non Molly. La seule chose dont j'avais besoin était de m'endurcir, d'apprendre à contrôler mes pouvoirs et à trouver un moyen de tuer Tom. »

« Es-tu parvenu à ton but ? » Lui demanda gentiment Hermione.

« Non, pas encore. Je- il me faut du temps. »

« Harry, mon garçon, est-ce que nous pouvons faire quelque chose pour te venir en aide ? »

« Non, merci monsieur Weasley. Je suis simplement venu vous dire que tout allait bien. Je ne pensais pas voir autant de monde. »

Ginny partit en courant.

« Excusez-moi. » Il la suivit et la retrouva dans sa chambre.

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« Ginny ? » Demanda-t-il doucement.

« Tu repars encore une fois. »

« Oui. » Répondit-il simplement. La jeune fille était allongée sur son lit, la tête dans l'oreiller. Il lui caressa gentiment les cheveux. Elle se redressa, envoya balader sa main et le regarda avec des yeux noirs.

« Sais-tu le nombre de jours où je t'ai attendu encore et encore. Le nombre de nuits que j'ai passé à pleurer parce que je te croyais mort ? »

« Ginny -»

« Non ! Ne commence pas ! Toutes les nuits depuis quatre mois, j'espère avoir de tes nouvelles. J'espère que tu vas écrire et me dire que tout va bien. Mais rien ! Pas un mot. Jamais ! »

« Je suis désolé ! »

« Non tu ne l'es pas. Je le vois dans tes yeux. »

Harry détourna le regard. « Tu as raison. Je ne le suis pas. Je sais que je vous ai fait souffrir, mais j'ai fait ce que je devais faire. Si c'était à refaire, je ferais la même chose. Je vais repartir et je vous laisserai derrière. J'ai des choses à faire et je ne peux pas les faire en sachant que je mets votre vie en danger. » Son regard était glacial, comme l'était sa détermination.

Ginny se recula, « Tu as changé ! »

Harry acquiesça et répondit doucement. « J'ai changé ! On est en guerre Ginny et je dois vous protéger que vous le vouliez ou non. »

« Je ne veux pas de ta protection Harry Potter. Je te veux toi ! »

« Tu ne pourras pas m'avoir Ginny. Nous ne vivons plus dans le même univers. A la fin de cette guerre, soit je serai un meurtrier soit je serai mort. Je n'ai pas le droit d'imposer cette vie, ce destin à qui que ce soit. »

« Que racontes-tu ? » Lui demanda-t-elle inquiète.

« La prophétie. Je le tue ou il me tue. Il n'y a pas d'alternative. Demande à Hermione et à Ron. » Il ne la regardait toujours pas. « Vis ta vie, petite Ginny, mais ne m'attends pas. Je ne serai jamais là pour toi. » Il l'embrassa sur le front et se leva. « Je suis sûr que tu rencontreras quelqu'un d'autre que tu aimeras et qui t'aimera comme tu le mérites. »

Il allait sortir quand elle le rappela. « Harry ? »

Il se retourna, « Pourquoi ? »

Il se rapprocha d'elle et essuya ses larmes. « Je vous aime tous trop pour risquer vos vies. Je ne veux pas être responsable de plus de morts. Je veux vous voir heureux, tous. Toi. Hermione, Ron. Tes parents… Et pour ce faire, il faut tuer ce monstre. »

« Tu es déterminé ! » Ce n'était pas une question mais il répondit quand même, « Oui. »

« Si tu as besoin de moi, n'importe quand, tu sais où tu peux me trouver. » Il acquiesça.

« Mais je ne veux pas t'impliquer dans cette guerre. »

Elle éclata de rire. « Ca Harry Potter, c'est trop tard. »

Il la regarda avec surprise.

« J'ai demandé à Madame Pomfresh si elle pouvait me prendre comme disciple et elle a accepté. Depuis début septembre, je suis des cours intensifs pour être médicomage. Je serai donc forcément impliquée dans cette guerre. »

Harry lui prit gentiment la main et fit passer de la chaleur dedans. « Je suis fier de toi, Gin. »

Elle regarda sa main puis son ami et lui demanda surprise, « Comment as-tu fait ça ? »

A son tour il éclata de rire. « Ca ? Je croyais que c'était l'une des premières choses que l'on apprenait quand on guérissait quelqu'un ? »

« Harry Potter ! C'est l'une des dernières choses que l'on apprend. C'est un des sorts les plus difficiles à réaliser ! Ce simple geste, que tu fais Sans Baguette, redonne de l'énergie et de la force à un patient trop épuisé pour vouloir survivre. Je travaille dessus depuis des mois, mais je n'y suis pas encore parvenue. »

Le jeune homme murmura quelque chose au sujet d'un Serpentard trop rusé et sortit un objet de sa poche. « Regarde Gin, ceci est un bracelet de protection. J'aimerais que tu le portes. Comme ça s'il t'arrive quelque chose ou si tu as besoin de moi, je le saurai immédiatement. »

Ginny lui prit la main et vit le sien, « Toi aussi tu en as un ? »

« Oui, il est lié à mon mentor. Lui aussi en porte un qui est relié à moi. » Répondit-il chaleureusement.

« Tu l'aimes beaucoup, non ? »

Harry acquiesça. « Il m'a beaucoup appris et je le respecte énormément. » D'un geste de la main son propre bracelet devint invisible.

« Comment fais-tu cela ? » Elle allait de surprise en surprise.

« Entraînement. Mais c'est un secret alors ne le dis à personne. »

Elle prit le bracelet qu'il lui tendait, le mit et il jeta le sort, Protego. Son bracelet se transforma et prit l'apparence d'une petite fouine. Harry releva la tête, visiblement surpris mais ne dit rien. Il lui tendit la main, « Allez viens, tout le monde va nous attendre. »

Elle prit sa main et lui demanda, « Pour nous, il n'y a aucune chance, n'est-ce pas ? »

Il la regarda dans les yeux un moment avant de répondre. « Non. Pour moi, tu seras toujours comme une sœur que j'adore mais je ne pourrai pas t'aimer comme tu le souhaites. Je suis désolé Gin. »

« Ne le sois pas. On ne contrôle pas ses sentiments. Et je préfère que tu sois franc. Je parviendrai plus vite à passer à autre chose. » Il y avait des sanglots dans sa voix.

« J'en suis certain Ginny. Non, je le sais. Allez viens. »

Ils redescendirent les escaliers main dans la main.

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Le groupe s'était dispersé et chacun discutait dans un coin de la salle, lançant de temps en temps des regards vers les escaliers. Lorsqu'ils les virent descendre, le soulagement se peignit sur leur visage, jusqu'à ce que Ginny secoue la tête, pour leur faire comprendre que Harry n'avait pas changé d'avis.

Ils se regardèrent pour savoir qui allaient lui parler en premier, mais on leur retira le choix lorsque les deux amis se dirigèrent vers Hermione et Ron. Ils échangèrent quelques mots et s'éclipsèrent tous les quatre rapidement.

Dans la chambre de Ron, ils pourraient parler librement.

« Dis-nous tout ! » Lui demanda simplement Hermione.

« Je ne peux rien vous dire de plus. Je subis en ce moment un entraînement lourd. Mon mentor considère que ma formation est presque terminée, j'ai donc décidé de venir vous voir avant de me mettre à chercher les horcruxes. »

« Nous avons fait des recherches à ce sujet. Et nous pensons que Tu Sais Qui a laissé les horcruxes dans des lieux particuliers, qui lui tiennent à cœur, comme Little Hingleton, Poudlard peut-être ou encore l'orphelinat dans lequel il est né. Nous avons fait une liste. »

Ron prit la main de sa petite amie et poursuivit, « Nous voulions y aller, mais maman ne nous quitte pas des yeux. Et elle a vraiment des difficultés à accepter que nous souhaitions devenir aurors. »

« Vous souhaitez devenir aurors ? » Leur demanda Harry surpris.

Les deux jeunes gens se regardèrent et c'est Hermione qui répondit, « Nous nous sommes simplement dits que si nous voulions avoir une chance de t'aider ou de survivre, nous devions nous former. »

Harry était vraiment touché. Son cœur se serra. « Je vous remercie les gars. Je ne sais pas encore ce que je vais faire, mais je vous préviendrai. Je n'ai pas de miroir comme celui de Sirius, mais je trouverai un moyen. »

« Harry, nous voulons participer à la recherche des horcruxes. Nous voulons être une équipe comme lorsque nous étions dans l'AD. » Lui dit Hermione.

« Pour l'instant, je ne sais pas encore ce que je vais faire. Je pense savoir comment me débarrasser de Nagini, mais je n'ai aucune idée de l'endroit où se trouvent les autres et pour vous dire la vérité, je n'ai pas encore eu le temps de faire les recherches nécessaires. »

« Et si nous faisions ces recherches ? » Lui proposa Hermione.

Le Gryffondor vit son ami grimacer mais ce dernier accepta. « Si ça ne vous dérange pas, j'avoue que ça m'aiderait. Il faudrait chercher les lieux importants pour Tom, les endroits dans lesquels il a grandi et voir s'il a pu entrer en possession d'un objet appartenant à Rowena Serdaigle. J'essaierai de faire des recherches de mon côté. »

Ses trois amis acquiescèrent. « L'idéal serait de se rencontrer une fois par semaine dans un endroit sûr. »

« Mais ici -»

« Non, en venant ici au vu et au sus de tous, je vous mets en danger. Je ne peux pas faire ça. Je vais en parler à mon mentor. On pourrait peut-être créer un Portoloin pour vous permettre d'entrer dans l'une des pièces du manoir, il est très bien gardé. » Dit-il en réfléchissant à voix haute.

« Tu vis dans un manoir ? » Lui demanda Ron.

Le jeune homme grimaça intérieurement. « Oui et non. On va dire que c'est l'endroit idéal pour s'entraîner. » Pour changer de sujet, il leur demanda, « Si vous n'avez pas le temps, n'insistez pas. Faite ce que vous pouvez. Je ne pense pas que vous ayez beaucoup de temps libre désormais. »

« C'est vrai, mais on se débrouille. »

« Je suis aussi venu pour une autre raison. Je voulais vous donner ceci. » Il tendit un bracelet à Ron et à Hermione.

Pour plaisanter, son meilleur ami lui demanda, « Et Ginny n'y a pas droit ? »

« Ah mais mon cher Ron, Gin a déjà son bracelet. »

« Mais- je ne l'ai pas vu. »

« Non, moi non plus, » Répondit Hermione.

« Ginny ! » Lui demanda Harry. La jeune fille remonta légèrement sa manche et laissa apparaître son bracelet en forme de fouine.

« Il est invisible à ceux qui ne sont pas conscients de leur présence. Ce sont des bracelets de protection. Ils prennent une forme qui vous est chère. En cas de problème, je saurais immédiatement où vous êtes et je pourrai venir vous aider. » Dit-il sérieusement.

« Ingénieux. Ca marche dans les deux sens ? » Interrogea Ron.

« Non. Moi seul saurai ce qui se passe. »

« Mais Harry, comment saurons-nous si tu es en danger ? »

« Vous n'avez pas besoin de le savoir. Mon bracelet est lié à mon mentor. C'est lui qui m'aidera en cas de problèmes. »

« Mais enfin, qui est ce mentor dont tu nous parles sans arrêt ? » Exigea Ron.

« Désolé. Je ne peux pas divulguer cette information. Maintenant, mettez-le ! » Les deux jeunes gens s'exécutèrent et Harry dit doucement « Protego. »

Le bracelet de Ron prit la forme d'une belette, celui de Hermione d'un chat avant de disparaître aux yeux des jeunes gens.

Ses trois amis percevaient maintenant la puissance de sa magie, la douceur de son amour pour eux, sa volonté de les protéger, sa maturité nouvelle. Harry pensait même que le bracelet devait pouvoir leur permettre de communiquer, mais il ne savait pas encore comment. Il devait en parler avec Severus et c'est ce qu'il comptait faire rapidement.

« Harry, cette force, c'est- c'est toi ? » Lui demanda Hermione en le dévisageant.

« Je ne sais pas de quoi tu parles Mione. » Lui répondit-il en relevant ses défenses télépathiques. La jeune fille était peut-être capable de percevoir sa force grâce aux bracelets.

Elle continua à le regarder avant de dire, « J'ai dû me tromper. »

« Je pense que je dois maintenant aller parler aux adultes. » Leur dit-il en regardant Remus s'approcher d'eux.

Harry s'avança vers l'ami de son père.

« Remus, je peux te parler ? » Le jeune Gryffondor prit les devants. « Pouvez-vous nous laisser s'il vous plaît ? » Demanda-t-il à ses amis qui sortirent lentement de la chambre. En passant devant lui, Ginny l'embrassa et lui dit à l'oreille, « Je t'aime Harry. » A quoi il répondit doucement, « Moi aussi Gin, mais comme une sœur. » Pour qu'elle comprenne, il augmenta rapidement l'aura de son pouvoir afin qu'elle puisse ressentir par empathie ce qu'il ressentait. Elle écarquilla les yeux de surprise. Il lui donna un baiser sur le front et lui dit « Il faut vraiment que je parle à Remus. » La jeune fille acquiesça et rejoignit son frère et sa petite amie qui la dévisagèrent avant de la harceler de questions sur ce qui venait de se passer.

Harry sourit légèrement. Il aurait aimé pouvoir être avec eux et partager leur innocence et leur bonheur. Il savait que tant que Voldemort ne serait pas mort, il ne pourrait pas connaître de repos.

« Harry ? »

Le jeune homme se retourna, « Excuse-moi, Remus. Je pensais à autre chose. » Il le fit entrer dans la pièce et jeta un puissant charme de silence autour de la salle sans prononcer une parole.

« Je ne peux pas t'en dire plus. Je suis désolé. » Il le regarda avec des yeux tristes. Il regrettait vraiment de ne pas pouvoir lui en dire plus.

« Je veux simplement être sûr que tu vas bien. » Son ami était vraiment inquiet, c'est ce qui le fit lever sa manche pour lui montrer son griffon.

« Regarde, grâce à ça, je ne suis jamais vraiment seul. Si jamais je suis attaqué, mon mentor saura où je suis et pourra venir à mon aide. Je lui fais entièrement confiance. »

« Mais Harry comment peux-tu faire confiance à une personne que tu viens à peine de rencontrer ? » S'insurgea le loup-garou.

« Qui te dit que je viens de le rencontrer ? » Le contra-t-il calmement. « C'est Dumbledore qui lui a demandé de m'apprendre tout ce qu'il sait. Dumbledore avait prévu sa mort et a tout fait pour me permettre d'accomplir mon destin. Ne t'inquiète pas Remus, de là où il est, il continue à diriger ma vie. »

« J'ai l'impression d'avoir déjà entendu ce discours quelque part. » Dit Remus songeur.

« N'est-ce pas le discours de tout ceux qui connaissaient le directeur. Tu sais, il me manque, il me manque vraiment. J'avais appris à le considérer comme un grand-père… »

« Oui, je sais. Il nous manque à tous. Sans lui, l'Ordre est sans dessus dessous. Snape est toujours en fuite et avec toutes les informations qu'il a, je me demande pourquoi Voldemort ne nous a pas encore attaqués. »

« Peut-être que lui aussi faisait partie du complot du directeur. Tu sais, jusqu'à la fin il m'a demandé de lui faire confiance. De sa part, plus rien ne m'étonne. »

Remus écarquilla les yeux. « Tu veux dire que -»

« Je n'ai rien dit, je fais simplement des hypothèses. Dumbledore était bien plus fourbe que je ne le croyais. D'ailleurs en parlant de lui, il m'a laissé des bracelets de protection, je voudrais que tu en prennes un. »

Le loup-garou parut surpris, mais finalement lui fit un petit sourire. « Je n'en ai pas besoin. J'en ai déjà un. Dumbledore insistait pour que les membres de l'Ordre en porte un. Le seul qui n'ait pas eu le droit à ce privilège est Snape. Je ne sais toujours pas pourquoi. »

Cette remarque surpris Harry, mais il préféra demander, « Alors à qui es-tu lié ? »

« Tu me le demandes ? Comme tu le dis, Albus savait tout -»

« Tu veux dire que -»

« Oui, Tonks. »

« Je crois que je devrais commencer à me méfier de lui et de ce qu'il me demande. » Harry était on ne peut plus suspicieux.

Le dernier des maraudeurs eut un sourire triste. « C'est un peu tard maintenant, tu ne crois pas ? »

« Il est encore bien plus présent dans ma vie que tu ne le crois. Il m'a laissé pas mal de choses qui devraient m'aider à terrasser le petit Tom. D'ailleurs, ma présence ici a été très enrichissante. » Le jeune homme avait une expression énigmatique sur le visage.

Remus était assez perturbé par ce jeune homme qui ressemblait énormément à l'adolescent qu'il avait rencontré dans le Poudlard Express voilà maintenant cinq ans, mais en beaucoup plus renfermé, voire froid. On sentait son amour pour les autres, mais son visage était un masque impassible, semblable à celui de Severus. Il se demandait de plus en plus si son mentor n'était pas Severus Snape.

« Alors, tous les membres de l'Ordre ont leur bracelet de protection ? »

« Oui. »

« Est-ce que tu pourrais donner ça à Bill et Fleur ? Je ne pense pas qu'ils en fassent partie, du moins pas Fleur. »

« Oui bien sûr, mais tu pourrais le faire toi-même. »

« Non, il va falloir que je reparte bientôt. Le temps passe beaucoup trop vite. » Harry prit un parchemin et inscrivit sa nouvelle adresse avant de jeter un sort de confusion. Personne ne devait pouvoir lire son adresse à part ses amis. Si par hasard ce papier devait tomber entre les mains d'ennemis, ils seraient pris d'une violente crise d'acnée et seraient incapables de lire l'adresse.

« Sois prudent. »

« Je le suis, ne t'en fais pas. »

Son aîné mit une main sur son épaule et lui dit à voix basse, « Severus Snape n'est pas un homme facile. On peut avoir confiance en lui, mais il n'est pas commode. Ne te le mets pas à dos. »

Harry aurait pu être surpris, mais il ne le montra pas. « Il est comme il est, Remus. Mais c'est un homme bon. » Il passa devant lui et partit, retournant auprès de ses amis. « Je vous contacte bientôt. »

Les trois l'embrassèrent, Hermione et Ginny avaient des larmes dans les yeux et Ron lui tapota le bras gentiment. Avant de serrer la main à Arthur, il lui demanda, « Est-ce que vous me permettez de modifier légèrement vos barrières de protection ? »

Le Ministre accepta et le jeune homme les renforça sans prononcer un mot. Tous sentirent l'afflux de magie et le calme soudain, comme si ce qui se passait dans le monde extérieur ne pouvait plus les atteindre.

« Harry qu'as-tu -» Lui demanda Arthur.

« J'ai simplement renforcé les barrières. Maintenant si vous voulez bien m'excuser. » D'un geste de sa baguette et d'une petite pression sur son bracelet et il disparut, laissant derrière lui une grande confusion et beaucoup de questions.