Chapitre 22, une nouvelle vie
Harry quitta le monde sorcier dès le lendemain, le cœur en peine. Il n'avait pas pu partir plus tôt tant ses réserves de magie étaient basses. Sa confrontation avec Severus l'avait vidé du peu d'énergie qui lui restait. Sa tristesse et sa rancœur irradiaient toutes les personnes qui l'approchaient tel un flux qu'il était incapable de contenir. Son empathie prenait de l'ampleur et il ne parvenait pas à l'arrêter. Une fois de plus, il échappa de peu au coma. Drago l'aida à réaménager son appartement, supprimant tout objet magique pendant que le Gryffondor dormait d'un sommeil agité : sans le vouloir, il attirait les objets et les enflammait… sa magie paraissait indépendante de sa volonté.
Ginny avait passé deux nuits à le surveiller après sa rechute, mais son sommeil était hanté par des rêves dont elle ne parvenait pas à se souvenir mais qui lui laissaient un goût amer. Sans le vouloir, le Survivant lui communiquait ses peurs, sa rancœur et sa mélancolie.
Drago vibrait d'une colère à peine contenue. Il fulminait contre son mentor qu'il jugeait responsable de l'état d'apathie du Survivant et attendait de pouvoir lui parler pour tirer les choses au clair. Il savait que Severus n'avait pas voulu faire de mal à Harry, mais c'est ce qu'il avait fait. Parce qu'il avait refusé de lui parler, qu'il s'était caché et qu'il avait fermé leur lien, Harry avait fait des efforts qui lui étaient interdits et s'était épuisé.
Hormis ses deux amis, Harry recevait de fréquentes visite des Weasley. Arthur en profitait pour poser des questions, essayer les appareils électroménagers, provoquer des courts-circuits, démonter les stylos et avait failli casser la télévision en l'étudiant. Molly mit un terme à ses expériences en lui interdisant de revenir tant que celui qu'ils considéraient comme leur septième enfant n'était pas sur pied. Si bien que Ginny fut déclaré rapporteur de la famille Weasley. En tant que médicomage, on lui avait assigné la tache de consigner Harry au lit et de l'empêcher de se surmener.
Tache difficile.
Les deux premières semaines, sa fatigue le contraignit au repos. Mais Ginny lui avait assigné deux mois de tranquillité : pas de magie, pas de sport ni d'émotions vives. Elle détournait tous les journaux. S'il le demandait, elle lui donnait les nouvelles du jour, modérées et sans conséquences.
Harry essayait de passer outre ses recommandations, d'abord parce qu'il ne supportait pas cette interdiction, ensuite parce qu'il considérait ses restrictions comme un défi à surmonter.
Mais jamais, il ne parvint à détourner sa vigilance.
Elle prenait avec le sourire ses grognements intempestifs. Il ne pouvait s'empêcher de ronchonner à chaque examen médical ou à chaque potion ingurgitée. Elle savait comment agir avec lui et il lui en était, malgré tout, reconnaissant.
La jeune fille savait le maîtriser d'une main, ou plutôt d'une parole, de fer et le jeune homme s'exécutait en riant, grognant ou la taquinant tout en cherchant un moyen de fuir sa 'nounou'.
Drago essaya de parler à Severus, mais celui-ci était plus buté qu'un roc et se fermait dès que l'on prononçait le prénom du Survivant. Drago en était peiné, mais avait compris les nobles intentions de l'ancien espion. Il savait ce qui s'était passé entre lui et Harry, mais ne dirait rien. Ils n'avaient pas besoin qu'un trouble-fête se mêle de leurs affaires. Drago était persuadé qu'ils régleraient leurs différents en leur temps. D'ici là, lui et Ginny garderaient contact avec chacun d'eux.
Ron accepta la situation sans grand enthousiasme. Il vint voir Harry une ou deux fois pendant sa convalescence mais ses visites étaient ponctuées de silence et de malaise. Il ne restait jamais longtemps.
Cette immobilité forcée obligea Harry à réfléchir à ce qu'il voulait faire et lui permit de se forger une nouvelle vie dans le monde moldu. Ses qualités de chimiste et de pédagogue l'aidèrent à trouver un poste de professeur de physique chimie dans un petit lycée. L'ironie du sort le fit sourire : c'étaient les cours privés dispensés par le professeur Snape lors de son entraînement qui lui permettaient d'enseigner cette matière qu'il avait apprise à aimer. Il était conscient qu'une fois de plus, il était redevable au bâtard égoïste.
En tant que professeur, il avait du temps de libre. Pédagogue et généreux, il aimait enseigner.
Son énergie et sa magie se reconstituèrent petit à petit.
Le monde sorcier avait beaucoup souffert de la guerre.
Les rues n'étaient plus sûres et les responsables étaient ceux-là mêmes qui avaient lutté pendant des années contre l'obscurantisme et le fanatisme. Habitués à vivre dans la peur, les sorciers devaient rapprendre à se faire confiance, à être tolérants et à accepter les péchés des autres. Pour l'instant le maître-mot était la vengeance et les autorités fermaient les yeux sur les exécutions et les actes de tortures répertoriées.
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Harry rentrait chez lui, après l'une de ses premières journées de cours, six mois après sa sortie de l'hôpital, épuisé mais content. Les élèves étaient avides de connaissances et malgré ses craintes, les cours de chimie n'étaient pas si différents de ceux de potions. Il devait sans cesse se rappeler de ne pas utiliser la magie puisqu'il enseignait dans une école moldue, mais l'expérience était intéressante.
Harry aimait se promener le soir, quand le soleil était entre chien et loup. Il pouvait respirer l'air frais et observer la tranquillité du lieu, les gens rentrer chez eux avec leurs enfants, les oiseaux pépier… Tout cela était vivifiant.
Il passa près d'une maison sorcière et sourit. Elle était dissimulée derrière un sort de répulsion. A travers la fenêtre ouverte, il pouvait voir une petite créature aller et venir : un elfe de maison, se dit-il.
Il ne parvenait pas à détacher son regard de cette maison qui pour lui, était synonyme de paix. A l'intérieur, il entendait chantonner une berceuse. Il secoua la tête et s'apprêtait à partir lorsqu'il aperçut trois silhouettes dissimulées dans l'ombre. La première entra, baguette en main.
« Avada Kedavra ! »
Harry se précipita mais il arriva trop tard. L'homme était mort. Furieux, il stupéfixia les deux personnes qui le dévisageaient, une expression abasourdie sur le visage. Un cri. Un bébé hurlait. Il se dépêcha de monter à l'étage : un homme avait sa baguette pointée sur l'enfant. Un rapide Stupefix suffit à immobiliser l'homme. La femme gisait à terre, elle tenait dans ses bras son enfant qu'elle essayait de protéger. Cette scène lui rappelait beaucoup trop sa propre histoire.
Le bébé pleurait. C'était une petite fille. De ses petites mains, elle tirait sur les cheveux de sa maman, mais la jeune femme ne bougerait plus jamais.
Harry tendit les bras vers l'enfant et le souleva. L'enlaçant doucement, il la berça pour essayer de la consoler, mais ses pleurs étaient intarissables comme si elle avait compris que les deux personnes les plus importantes de sa vie avaient disparu. Elle finit par s'endormir dans ses bras. Il la reposa dans son lit. « Ma pauvre petite puce, sans même que tu le saches, cette soirée a changé le cours de ton existence. »
Via la cheminée, il prévint les Aurors dont l'attitude plus qu'indifférente le mit en colère. Ils prirent sa déposition et interrogèrent immédiatement le sorcier qui était apparemment le leader du petit groupe.
« Avez-vous tué ces deux personnes ? »
« Oui. »
« Etait-ce prémédité ? »
« Oui. »
« Pourquoi vouloir leur mort ? »
« Ils étaient des mangemorts. »
« Comment le savez-vous ? »
« Je travaille avec lui » Il désigna du doigt l'homme autour duquel les Aurors s'étaient regroupés, « depuis trois ans. J'ai vu la marque sur son bras et il s'en vantait. Il montrait son tatouage à qui le voulait. Il était très fier de son statut de mangemort. Et il nous détestait nous autres qui sommes d'origine moldue. Toujours un mot pour nous rabaisser ! Il faisait son malin, se croyait supérieur à nous, mais il n'était pas plus intelligent que nous autres !»
Les Aurors se regardèrent. L'un d'eux souleva la manche de l'homme mort. « Il n'a pas la marque noire sur le bras, ce n'est que le tatouage de l'emblème des Serpentards. »
L'homme, sous l'effet du veritaserum, se mit à bégayer, « Non, non- je suis sûr- je l'ai vu -»
Les yeux de Harry flamboyaient. Sous l'effet de la colère, il fit éclater un vase. Les Aurors le dévisagèrent, mais eurent la grâce de ne pas faire de commentaire, « S'il avait vraiment été un mangemort, aujourd'hui il serait mort ou à l'hôpital. Très peu ont échappé à la mort lorsque j'ai tué Voldemort ! »
Les Aurors tressaillirent en entendant le nom du Seigneur Noir et l'assassin le regardait les yeux écarquillés, « Je ne savais pas ! » Geignit-il.
Le Survivant serrait les dents, « Il est trop tard maintenant pour vous repentir. Vous ne valez pas mieux que les mangemorts. Un enfant ! Vous vouliez tuer un enfant ! »
« Je- je -»
« Emmenez-le !» S'écria le chef Auror.
Le Gryffondor les regarda emmener l'homme gémissant. « Nous voyons beaucoup ce genre de choses ces derniers temps. »
Harry acquiesça. « Et l'enfant, que va-t-elle devenir ? »
« Nous allons faire des recherches pour savoir s'il lui reste de la famille, en attendant, elle ira à l'orphelinat. Les victimes de guerre sont très nombreuses et souvent très jeunes. Personne ne veut d'enfants dont les parents étaient ou sont soupçonnés d'avoir été des mangemorts. » Il s'arrêta. « Pauvre petite. »
« En attendant que vous retrouviez sa famille, est-ce que je peux la garder avec moi ? » Lui demanda Harry.
L'Auror le dévisagea. « Faites comme bon vous semble, mais ne vous attachez pas trop, ils sont des dizaines comme elle. »
Les Aurors repartirent, laissant Harry avec la petite Eva.
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Harry apprit rapidement que s'occuper d'un enfant n'était pas facile, surtout sans magie. Ses performances de la veille avaient laissé des séquelles.
Il savait que Ginny devait venir le voir pour contrôler son état de santé et savoir comment s'était passé sa première journée de classe. Il avait hâte de la voir. Il avait besoin de ses services pour organiser la chambre de l'enfant. Il ne savait pas combien de temps il devrait la garder, mais il préférait qu'elle ait sa propre chambre en attendant.
En partant, il avait pris ses couches, ses biberons, ses affaires et tout ce qui était susceptible de lui appartenir.
Lorsque la jeune fille arriva accompagnée de son mari, le Survivant, terreur des mangemorts était en train de changer un bébé qui riait et se tortillait pour rendre sa tache plus difficile encore. Harry grognait et essayait de laver les fesses sales de l'enfant.
Un rire franc le fit se retourner. Drago était tordu de rire et Ginny le dévisageait ouvertement.
« Si on m'avait dit que Celui-Qui-A-Tué-Vous-Savez-Qui serait un jour ridiculisé par un môme, je ne l'aurais jamais cru. » Malgré ses paroles, les yeux de Drago reflétaient de la tendresse.
Le Gryffondor le regarda avec des yeux noirs.
« Harry, qu'est-ce que c'est que ça ? Ne me dis pas qu'elle est à toi ! »
Le Survivant rougit et ses mains devinrent plus maladroites encore. « Non- non, que vas-tu chercher ! C'est une longue histoire. »
« Laisse-moi terminer, tu nous raconteras après. » Ginny le poussa et prit sa place.
« Viens voir ma puce, tonton Harry n'est pas très doué hein ? » La petite fille gazouilla d'un air amusé.
« C'est ça, moquez-vous de moi toutes les deux ! » Dit le Gryffondor d'un air boudeur mais une lueur malicieuse illuminait son regard.
« Voilà qui est fait. » Ginny prit Eva dans ses bras et trouva un biberon qu'elle réchauffa magiquement.
« Bien, tu vas pouvoir nous expliquer qui est cette charmante demoiselle maintenant. »
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« … Voilà vous savez tout. »
Ginny regarda la petite fille qui s'était endormie dans ses bras. « Pauvre petite. Perdre ses parents si jeune. »
Harry acquiesça simplement.
« Comment comptes-tu concilier ton travail et cet enfant ? » Lui demanda Drago gravement.
« Et bien, en fait, j'espérais vous en parler -»
« Oh non, Harry James Potter, je connais ce regard-là. Il n'en est pas question. Je ne pourrai pas m'en occuper. Moi aussi je travaille. » Ginny s'était redressée pour paraître plus imposante, mais le fait qu'elle donne son biberon à Eva gâchait l'effet de sévérité recherché.
Il lui fit un clin d'œil, « Je savais que tu serais d'accord Gin ! Merci. »
« Mais, je n'ai jamais -»
« Et puis, je ne travaille que trois jours dans la semaine, entre nous trois, nous devrions pouvoir consacrer du temps à Eva. »
« Drago ne s'est jamais occupé d'un enfant, Harry. »
« Moi non plus et alors ? Il faut bien apprendre. Viens, donne-la-moi, je vais aller la coucher. » Il la prit avec précaution et sortit de la pièce.
« Qu'en penses-tu Drago ? Tu n'as encore rien dit. »
« Je crois qu'elle est bénie du ciel. Elle est ce dont Harry a besoin. Ensemble, ils vont se créer une raison de vivre. Il y a longtemps que je ne l'ai pas vu aussi détendu. Et je crois que jouer les nounous ne te dérangera pas vraiment, hein Gin ? »
« Non, je peux m'arranger avec Sainte Mangouste pour mes horaires et si j'accepte la proposition de Severus, je pourrais organiser mes gardes avec Pompom. »
Drago acquiesça, « Et quand vous ne serez disponibles ni l'un ni l'autre, je pourrai m'arranger pour m'en occuper. Si Harry le peut, moi aussi. Après tout, en tant que gestionnaire, j'aménage mes horaires comme je l'entends et les affaires de mon père marchent très bien. » Le jeune homme paraissait un peu inquiet mais refusait de se laisser distancer par le Gryffondor quel que soit le domaine.
Harry revint, un sourire sur le visage. « Alors, êtes-vous d'accord ? »
Ils acquiescèrent tous les deux.
« Merci. » Il leur servit un scotch et s'installa confortablement pour discuter.
« Est-ce que vous pourriez la garder une heure ou deux demain, je voudrai aller à l'orphelinat, savoir quel genre de vie elle aura là-bas et combien d'enfants ont perdu leurs parents dans cette guerre. » Ses yeux étaient devenus lointains.
« Bien sûr. Sais-tu combien de temps elle restera à ta charge ? »
« Je ne sais pas. Le temps que le Ministère retrouve sa famille. Je ne pense pas qu'ils en aient pour plus d'une semaine, mais on ne sait jamais avec eux. » Il leva les yeux au ciel.
« Je peux faire quelques recherches de mon côté si tu veux. » Lui proposa Drago. « Tu sais que mon père avait des affaires dans toutes les couches de la société. »
« Oui, je veux bien. Merci. T'en sors-tu ? »
« Oui et non. D'un côté, ses entreprises peuvent fonctionner sans moi mais j'ai des difficultés pour recenser ses activités, comptabiliser celles liées au Seigneur Noir, parvenir à obtenir la confiance de mes employés, redéfinir les priorités, je m'arrache les cheveux. »
« Tu sais, » Lui dit Harry avec un demi-sourire, « ils ne pousseront pas plus si tu leur tires dessus ! »
« C'est toi qui me dit ça ! Avec la touffe que tu as, tu pourras bientôt concourir pour Sorcier hebdo : la plus belle chevelure masculine. » Drago plaisantait, mais lorsqu'il vit la grimace de son ami, il ne put s'empêcher de sourire et de souligner avec sarcasme. « Tu es déjà parmi les concurrents et tu n'en as pas parlé à ton rival le plus proche! »
« Hé, c'est pas comme si j'avais eu le choix ! » Maugréa le jeune homme. « D'ailleurs, quel rival ? Tu sais bien que je t'ai toujours battu, Malfoy» Lui dit Harry en retenant un fou rire. Ginny avait une main devant la bouche pour cacher son expression amusée.
« Quoi ? » S'écria le blond. « Personne n'humilie un Malfoy de la sorte ! »
La jeune femme ne put se retenir davantage, « Messieurs calmez-vous ! Gardez vos forces pour la finale ! » Tous deux lui jetèrent un regard mauvais.
« Pour en revenir aux affaires de ton père, si je peux t'aider, dis-le-moi, n'hésite pas. »
« Merci Harry. Mais pour l'instant, j'essaie juste d'y voir plus clair. » Lorsqu'il vit les yeux de Harry, il rajouta, « et ne me parle plus de cheveux, ça n'a rien à voir. »
« Et toi Ginny, tout se passe bien à Sainte Mangouste ? »
« Hm hm. Mais j'ai reçu une autre proposition. Je vais certainement travailler à Poudlard avec Mme Pomfresh. Elle aimerait que je prenne sa place quand elle partira et voudrait me former à la vie de médicomage à Poudlard. Je serai là-bas à mi-temps. »
« Poudlard a rouvert ses portes alors ? »
« Oui, depuis septembre. »
« Est-ce que -»
« Oui, il est directeur adjoint, directeur de la Maison des Serpentards, professeur de potions et de Défense. On pense qu'il ne tiendra pas, mais tant qu'ils n'ont pas trouvé d'autres personnes pour prendre les postes, il n'a pas vraiment le choix. » Elle s'arrêta et un long silence tendu s'ensuivit.
Le masque de jovialité de Harry se fendit l'espace de quelques secondes. Ses yeux se noyèrent de mélancolie. Il secoua la tête et but son verre.
« Je suis content que tout aille bien pour lui. Il mérite d'être heureux. »
Le silence s'installa entre eux.
« Euh, Harry, si tu veux, je connais quelqu'un à Sainte Mangouste qui pourrait jouer le rôle de nounou pour Eva. Elle travaille au service maternité pour l'instant, mais aimerait faire autre chose. Je ne sais pas combien de temps Eva va rester avec toi, mais si tu as besoin de quelqu'un pour une longue période, je suis certaine qu'elle sera ravie. »
« Je t'en reparlerai demain quand je serai allé à l'orphelinat. La manière dont les Aurors m'en ont parlé m'inquiète un peu. »
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Harry visita un de ces établissements. Il en resta muet de stupeur. Les enfants étaient traités comme des esclaves, des différences étaient faites entre ceux dont les parents étaient des héros de guerre et ceux dont les parents étaient des mangemorts. Les premiers étaient habillés et nourris avec soin. On leur apprenait à se servir de la magie dès l'âge de huit ans. Les seconds étaient relégués à des seconds rôles, n'ayant aucun droit et que des devoirs. La matrone qui lui fit visiter le pensionnat insista bien sur ce point.
Il ne devait s'agir au départ que d'un relais. Les enfants devaient être envoyés dans des orphelinats moldus. Mais la lenteur du système et l'état de guerre les avaient obligés à accueillir toujours plus d'enfants qu'ils finissaient par garder définitivement.
Certains étaient présents depuis le début de la guerre. Les plus vieux ressentaient un fort sentiment d'injustice et ne se sentaient pas à leur place dans cette société qui les considérait comme des parias. Tom Jedusor était devenu le monstre qu'il était parce qu'il avait vécu dans un orphelinat sans amour, sans tendresse et sans affection. Ces enfants risquaient de reproduire le même schéma s'ils n'étaient pas mieux traités. Il fallait les intégrer dans la société sorcière et montrer à tous que même si leurs parents étaient des mangemorts, eux pourraient avoir une vie comme les autres.
Harry retenait difficilement sa colère. Comment pouvait-on laisser des enfants vivre dans de telles conditions ? Tous les âges étaient réunis. S'ils avaient de la chance, les plus jeunes parvenaient à entrer dans un orphelinat moldu pour être adoptés. Les plus vieux revenaient toujours. Ils passaient d'un foyer à un autre et leur don magique n'étant pas maîtrisé les personnes susceptibles de vouloir s'occuper d'eux dans le monde moldu prenaient peur.
Dans le monde magique, personne ne voulait d'orphelins. Les sorciers étaient très attachés au sang et préféraient avoir leurs propres enfants (avec l'aide de potions si nécessaire….Severus se moquait souvent des sorciers nés dans des chaudrons et il se demandait souvent si Neville Longdubat n'était pas lui-même une concoction ratée de ses parents- ce qui était méchant de sa part, mais faisait toujours rire Harry) et d'autre part, les sorciers ne voulaient pas d'enfants de mangemorts.
En sortant, Harry était exaspéré de constater une nouvelle fois l'individualisme latent et l'égocentrisme des gens : le monde sorcier ne se souciait pas des jeunes générations ni de ceux qui avaient le plus besoin d'aide.
Son sang ne fit qu'un tour. Il se rendit directement à Gringotts et leur exposa son idée. Ils se dirent prêt à prendre en charge une partie des frais. Il devait également en parler à Drago.
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«… Je ne lui permettrai jamais d'aller vivre dans un de ces établissements. Ce n'est fait que pour humilier les enfants et leur apprendre la soumission. Les futurs sorciers n'ont pas la possibilité d'apprendre à contrôler leur don. Le Ministère réquisitionne l'argent que possédaient leurs parents et les forment à devenir des subalternes et si possible leur faire croire qu'ils sont des cracmols. »
« Je suis d'accord avec toi Harry, c'est vraiment horrible, mais que peut-on faire ? » Lui demanda gentiment Ginny en essayant de calmer son ami qui irradiait de colère.
« Tu ne peux pas tous les inviter chez toi ! »
« Chez moi non ! A Grimmault Place oui. Je suis allé voir Gringotts, ils sont d'accord pour me soutenir. Je pourrai déjà donner à ces jeunes l'envie de vivre. Je ne dis pas que je pourrai tous les accueillir, mais au fur et à mesure, j'espère pouvoir créer d'autres foyers. J'aimerais qu'ils connaissent la vie de famille, même si c'est avec moi. Je ne serai pas toujours disponible, mais je ferai en sorte qu'il y ait toujours une personne à leur écoute. Ils apprendront la vie en société et à canaliser leur don. »
« Harry, comment comptes-tu faire ? Tu as un travail maintenant et tu ne peux pas rester à t'occuper toute la journée de ces enfants ! »
« C'est là qu'intervient mon amie Ginny. Si elle est d'accord, elle sera directrice de l'orphelinat. Elle pourra embaucher des gens pour l'aider. Et j'espère pouvoir ouvrir une école à côté de Grimmault Place où sorciers et moldus se côtoieront jusqu'à l'âge de huit ans puis les futurs sorciers seront envoyés dans une autre classe pour apprendre les rudiments de la magie. »
« Et tu crois pouvoir faire cela ? »
« Oui, je le crois, avec ton aide Drago. » Les yeux du Survivant brillaient de malice et de fierté.
« Pardon ? »
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Il ne voulait pas demander trop d'argent ni à la banque ni à Drago. Le jeune homme avait accepté de l'aider dans son projet, mais il savait que c'était un puits sans fond. Il espérait inciter le Ministère et d'autres œuvres caritatives à le soutenir. Mais en attendant, il profita de sa notoriété pour vendre son image. Les recettes financeraient l'orphelinat.
Il y avait désormais toutes sortes d'objets Harry Potter, vendus dans le monde : des poupées, des balais, des cartes de chocogrenouilles à son effigie, des bonbons, des chemises, des T-shirts, des marques… Et il avait demandé à ce que l'on parle de l'orphelinat dès que son nom était cité.
Les journaux furent donc d'une grande aide : son projet faisait la une de toute presse et un article lui était consacré tous les jours.
L'argent afflua rapidement et en peu de temps ses projets furent réalisés. Harry rencontra de nombreux volontaires, ravis de pouvoir travailler avec le héros du monde sorcier, et aider leur monde à se remettre sur pied.
Des orphelins, entre quelques mois et onze ans arrivaient.
Pour remettre les choses au point, Harry exigea que tous les enfants sorciers aient la possibilité d'apprendre la magie à Poudlard ou ailleurs. Le Ministère qui avait mis en place des mesures restrictives visant à empêcher les enfants de mangemorts d'apprendre la magie furent pris de court lorsque Minerva y mis son grain de sel.
Les deux premiers enfants à intégrer sa vie furent la petite fille qu'Harry avait sauvée et à laquelle il s'était attaché et un petit garçon qui avait assisté au suicide de sa mère. Elle venait d'apprendre que son mari avait été un mangemort. L'homme qu'elle avait aimé était un monstre torturant et tuant pour le plaisir. Sous le choc, elle s'était pendue devant son fils alors âgé de huit ans. David, le petit garçon, était devenu muet sous le choc.
Connaissant ses projets, le Ministère lui demanda de le prendre sous son aile avant la fin des opérations. Il entra donc à l'orphelinat quelques jours avant son ouverture officielle.
Harry devint rapidement très proche de ces deux enfants.
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Les semaines, les mois et les années passèrent rapidement. Harry n'avait pas un instant à lui, et c'était mieux ainsi. Après ses cours, il se rendait à l'orphelinat et restait avec les enfants aussi longtemps qu'il le pouvait sans pourtant négliger son projet d'agrandissement. Il voulait construire d'autres établissements similaires à l'orphelinat qu'il avait crée à Grimmault Place.
Le nom de Harry Potter continuait à attirer les foules. L'orphelinat recevait de nombreux visiteurs accueillis chaleureusement. Les enfants ne pouvaient s'empêcher de rire lorsque les sorciers débarquaient en kilt avec un chapeau haut de forme ou en tenue de golf.
Les sorciers, ravis de l'accueil qu'ils recevaient, repartaient souvent avec le désir d'adopter un ou plusieurs des enfants. D'une part parce qu'ils étaient élevés par Harry Potter et d'autre part parce qu'ils étaient en bonne santé, cultivés, polis et adorables. Les gens restaient difficlement indifférents au charme des bambins.
Le week-end, les enfants faisaient la cuisine et invitaient leurs hôtes à déjeuner ou dîner. La plupart d'entre eux considéraient cette tâche comme un jeu. Quitter l'orphelinat n'était pas un aboutissement. Ils espéraient avoir une famille, mais celle qu'ils avaient leur plaisait et ils n'en demandaient pas plus. Ils étaient entourés de personnes aimantes et de nombreux frères et sœurs. Que pouvaient-ils demander d'autre ?
David n'aimait pas les visiteurs, trop nombreux, trop curieux et trop mielleux. Il restait en général avec Evaline, jouait avec elle ou la regardait simplement dormir. Il aimait s'occuper d'elle et il la protégeait de son mieux. Il regardait d'un œil critique toutes les personnes qui osaient s'approcher de la petite fille. Harry riait intérieurement. Il était persuadé que David pouvait déjà rivaliser avec Severus question regard noir.
David considérait Eva comme sa sœur.
Leur lien s'était forgé ce premier hiver, environ cinq mois après leur arrivée. Eva n'allait pas bien depuis plusieurs jours, mais personne ne semblait comprendre ce qu'elle avait. David essayait d'expliquer ce qui s'était passé, mais ses tentatives restaient lettre mortes. Personne ne semblait faire attention à lui. Harry et Lorallyne l'avaient trouvé dans un état d'agacement extrême et il parla pour la première fois. Sa voix était grave, il bégayait et hésitait, mais du son sortait de sa gorge, des mots étaient prononcés. Dans sa colère et son inquiétude, il ne se rendit pas compte immédiatement de l'exploit qu'il venait de réaliser. Après cela, il lui fallut du temps pour recommencer.
La petite fille avait avalé une saleté avec laquelle jouait d'autres enfants. Il avait essayé de l'en empêcher, mais il était apparemment arrivé trop tard. Elle avait simplement fait une allergie à la craie.
Harry regardait souvent les deux enfants interagir. David faisait un effort pour parler lorsqu'il voyait la petite fille apprendre à parler, bafouiller et se mettre en colère parce qu'elle n'arrivait pas à prononcer un mot.
Il fallut plus d'une année à David pour avoir vraiment confiance en Harry et commencer à lui parler de ce qu'il avait vu, de sa mère et de la vie qu'il avait menée avec ses parents. Il n'avait pas pleuré. Il avait retenu ses larmes, s'était construit un mur qui devait le protéger des souffrances. Ses barrières s'érodaient petit à petit, des failles se creusaient à mesure qu'il passait du temps auprès de Harry, d'Eva et de Lorallyne.
Malgré tout, il gardait beaucoup de choses dans son cœur et le Survivant comprenait qu'il ait besoin d'un jardin secret. David lisait beaucoup et de tout : livres de potions, défense, métamorphose, botanique, herbologie, soins aux créatures magiques, livres moldus, romans d'espionnage, littérature, magasines, … tout ce qui lui passait sous la main, il le lisait.
Très bon élève, il aidait ses camarades à faire leurs devoirs. Protecteur, il empêchait les plus forts de tyranniser les plus faibles. Calme, il restait en retrait et observait les autres plus qu'il n'interagissait avec eux. Il était ainsi respecté par tous mais ne faisait partie d'aucun groupe.
Harry passait des heures en compagnie des enfants. Ils les aimaient tous, mais était vraiment attaché à David et à Eva qui ne parvenaient pas à s'intégrer à la société sorcière. C'est lui qui avait remarqué pour la première fois à quel point David était protecteur et le Survivant en était très content.
Il avait compris que le petit garçon avait besoin de se sentir utile. Sa mère était morte sous ses yeux et cette cicatrice ne se refermerait jamais. Il fallait qu'il apprenne à avoir confiance en lui pour faire confiance aux autres.
David ne supporterait pas qu'on le traite comme un enfant alors le Survivant l'aida à avancer.
Les yeux noirs l'observaient avec méfiance. C'est tellement familier pour Harry que sa gorge se noua. Il aurait juré que cet enfant était un Snape tant la ressemblance était flagrante. Le Gryffondor se jura que celui-ci aurait l'amour dont il avait besoin, que ses barrières ne l'empêcheraient pas de vivre. Sa vie serait différente de celle de Severus.
David avait besoin de se sentir responsable, mais Harry espérait qu'un jour il laisserait les autres s'occuper de lui et l'aimer.
Le jeune garçon était assis sur un tabouret devant un piano et tapotait sur les touches de temps à autre. Harry s'approcha et s'assit à côté de lui.
« Tu aimerais apprendre à jouer ? »
David acquiesça simplement, sans que ses yeux ne quittent les touches blanches.
« Je peux essayer de te trouver un professeur, ça te plairait ? »
Le visage sévère se tourna rapidement vers lui. Il était stupéfait. « Je ne connais pas grand chose en musique, mais on devrait pouvoir s'arranger. »
Les yeux si noirs brillaient de reconnaissance. David ne parlerait jamais beaucoup mais son regard exprimait ce qu'il ne disait pas. « J'aimerais que tu me rendes un service, si tu veux bien. »
David hocha la tête d'un air circonspect. Harry sourit intérieurement. « Comme je ne suis pas toujours disponible j'aimerais que tu sois là pour tes camarades. Tu es très observateur, bien plus que moi ou que Lorallyne et ils te font confiance. Peux-tu veiller sur eux pour moi ? »
Malgré son expression suspicieuse, David accepta. Son regard se voila et Harry posa une main sur son épaule et lui fit un petit sourire. « Eva est très attachée à toi. »
« Je- je sais. » Le jeune garçon prit une profonde inspiration puis regarda son aîné dans les yeux pour accepter sa mission.
« Merci David. » Murmura Harry en ébouriffant les cheveux du jeune garçon, ce qui lui valut un regard noir.
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Il n'était pas rare que ses amis retrouvent Harry à l'orphelinat, une petite fille dans les bras et un petit garçon, endormi à côté de lui. Ou dans l'une des chambres en train de lire une histoire aux enfants. Il n'était jamais plus heureux que dans ces moments-là.
Ginny et Drago entrèrent dans la grande salle, peu surpris de trouver Harry dans le salon, une petite fille dans les bras qu'il berçait tendrement.
« Pourquoi ne les adoptes-tu pas, Harry ? » Lui demanda doucement Ginny, « Je pensais que tu l'aurais fait, il y a longtemps déjà. Tu les aimes et ils t'aiment, c'est évident et tu serais un très bon père. »
Harry leva la tête et lui sourit, « Chut, ils viennent de s'endormir. Regarde David, on ne dirait pas qu'il a déjà l'âge de rentrer à Poudlard quand il dort aussi bien, on dirait un bébé » Dit-il en repoussant des mèches du front du garçon. David ne relâchait sa garde que dans son sommeil. Il paraissait alors beaucoup plus jeune
« Pourquoi Harry ? »
« Ginny, je suis Celui-Qui-A-Survécu et de nombreuses personnes m'en veulent encore. Si je fondais une famille et les adoptais, ils pourraient être pris pour cible et ça je ne le veux pas. Qui plus est, je pense que des enfants ont besoin de stabilité et je ne pense pas pouvoir le leur apporter. Je suis sans cesse en train de courir entre deux mondes. Je passe plus de temps au Ministère qu'à l'école ou chez moi. Il y a toujours des choses à régler. »
« Et à ce sujet, » Lui demanda Drago, « Est-ce que tu t'es décidé à retourner vivre dans le monde sorcier ? Maintenant que tu n'as plus besoin de reconstituer ta magie ? »
Harry regarda ses deux monstres et dit, « Attendez, je les mets au lit. Nous en discuterons après. »
Il secoua doucement David pour le réveiller, « David, David, viens mon grand, il est l'heure d'aller se coucher. » Le petit garçon s'étira, regarda sa petite sœur et sourit légèrement. Il connaissait les Malfoy depuis presque deux ans et les considérait comme sa famille. Il se leva et les embrassa. « Oncle Drago, tante Ginny. »
« Bonsoir David ! Tu devrais aller te coucher, tu tombes de fatigue. » Lui dit Drago en ébouriffant gentiment ses cheveux.
Harry leur fit un clin d'œil et le suivit, emportant Eva.
Quand il revint, Drago lui reposa la question. « Alors Harry, qu'as-tu décidé de faire ? Je sais de source sûre qu'on t'a proposé le poste de professeur de Défense Contre les Forces du Mal à Poudlard. Vas-tu l'accepter ? »
Harry s'assit en soupirant, ses deux amis face à lui. « J'avoue que le monde magique me manque, Poudlard me manque, mais je me vois mal quitter cet endroit- Oui, je sais ne dis rien. Ils ne sont pas tout seuls. Lorallyne est là pour s'occuper d'eux, ainsi que les autres, mais -»
« Mais tu as dû mal à te séparer de Eva et de David, c'est ça, non ? Et il y a des personnes que tu es anxieux de voir. »
Une douleur fugitive traversa le regard de Harry.
« Oui et non. » Harry détourna les yeux, se leva et alla regarder par la fenêtre. Les étoiles étaient déjà hautes dans le ciel. « David doit faire sa rentrée à Poudlard en septembre. Eva va lui manquer. Ils ne se sont jamais séparés. Et je ne pense pas qu'il soit heureux de me voir là-bas. Il risque de considérer que j'empiète sur son territoire et que j'abandonne Eva. Mais -» Il s'arrêta. « Je voudrais savoir s'il y a une place pour moi là-bas. »
Drago répondit à la question implicite, « Il n'est pas encore au courant que Minerva t'a proposé le poste. Elle l'a vu se refermer en entendant ton nom et bien qu'elle ne comprenne pas la nature de son ressentiment, elle aimerait vous aider à ressouder l'amitié qui s'était formée entre vous pendant la guerre. »
Le Gryffondor se tourna vers le jeune homme blond et sourit amèrement, « Il y a peu de chance que ça se produise, mais c'est gentil à elle de vouloir essayer. »
« On dirait que quelque chose s'est brisé en lui depuis la guerre. Il dresse un mur entre lui et les autres. Il n'est plus le professeur injuste qu'il était mais -» Ginny s'arrêta un instant pour chercher les mots justes, « il est plus dur encore avec lui-même et avec ses élèves. »
Harry revint s'asseoir auprès d'eux. « Quoi qu'il en soit, je ne veux pas partir en enlevant à Eva ses repères. Chaque adulte ici est à l'écoute d'un enfant en particulier. Il est plus facile ainsi d'établir des liens et de les aider. Si je pars, Eva perdra ce soutien. Je pourrai toujours venir, mais moins souvent. Elle ne comprendra pas, elle est trop jeune. »
Drago et Ginny se regardèrent. « Mais si tu acceptais le poste à Poudlard, tu pourrais l'adopter. Tu serais beaucoup plus stable, non ? »
Harry leur sourit, « Je n'aurais pas suffisamment de temps à lui consacrer à Poudlard. Les professeurs vivent au château toute l'année. Je ne veux pas lui imposer une vie là-bas, loin des enfants de son âge. » Il but une gorgée de son verre. « Qui plus est, quand j'ai ouvert le premier orphelinat, le Ministère m'a fait signer des papiers m'interdisant d'adopter tout enfant confié à l'un de mes orphelinats. Il pensait qu'ainsi, je ne pourrais pas interférer dans les adoptions. » Dit-il amèrement, une lueur de défi dans le regard.
Ses deux amis sourirent, « Eh, mais, je n'ai jamais empêché d'adoptions ! » Dit Harry sur le ton de la défensive.
« Non, Harry, tu es sûr et certain de ne jamais t'être mis en travers d'une adoption ? » Lui demanda Drago avec un petit sourire en coin.
« Jamais ! » Dit-il avec un petit sourire. « J'ai simplement demandé à ce qu'une enquête soit faite sur chaque personne voulant adopter un enfant. Je n'y peux rien si certaines personnes semblaient vraiment avoir des motivations douteuses. Mais je n'y suis pour rien. »
« Non, tu as juste fait jouer tes relations ! » Ginny lui fit un clin d'œil. Harry était très possessif et prudent. Malgré les enquêtes menées par le Ministère concernant les demandes d'adoption, il faisait toujours faire une contre-enquête, ne parvenant pas à faire confiance au Ministre.
« En fait, il y a une autre solution. » Dit-il lentement en les regardant avec attention.
« Ouh là non, Potter ! Non ! Quand tu as ce regard-là, c'est que tu prépares un mauvais coup et je ne veux pas être impliqué. Va faire tes bêtises ailleurs, et surtout sans moi ! » Drago recula et mit les mains en avant pour se défendre contre l'idée de Harry.
« Allons, Drago ! Je suis sûr que ça va vous plaire ! » Harry avait un grand sourire sur le visage. « Pourquoi n'adopteriez-vous pas David et Eva ? »
« QUOI ? » S'exclamèrent en même temps les deux amants.
« Ben oui, les enfants vous aiment déjà, vous les aimez aussi. Où est le problème ? »
« Harry, » Lui dit lentement Ginny, « Personne ne sait que nous sommes mariés. A ton avis comment les gens réagiront quand ils apprendront que j'ai adopté deux enfants avec Drago. Comment réagira Ron ? »
« Mais ça n'a pas d'importance. Dites aux gens que ce sont mes enfants et que vous les gardez dans l'année ou -»
« Harry, tu n'y penses pas ! »
« Si, justement, je suis très sérieux. David entre à Poudlard cette année, ce ne sera donc pas un problème. Je refuse qu'Eva se retrouve toute seule ! »
« Harry, tu dramatises. Evaline ne sera pas toute seule et tu le sais. Tout le monde l'adore ! »
« Oui, oui, je sais tout le monde l'adore. C'est pour ça que la semaine dernière, je l'ai retrouvée dans une chambre fermée à clef de l'extérieur. Non, je pense sérieusement, que sans David, elle risque de se sentir perdue, surtout si je ne suis pas là! » Dit Harry tristement.
« Harry! Pourquoi nous? » Lui demanda finalement Drago très sérieusement.
Harry passa une main dans ses cheveux. « Parce qu'il est temps que vous vous installiez vraiment ensemble et que vous fondiez une famille. Considérez que c'est un petit coup de pouce ! Eva te ressemble beaucoup Drago. Elle est aussi blonde que toi et est déjà très orgueilleuse.» Il lui fit un clin d'œil, « Bon, je suis d'accord, David a un caractère épouvantable. Il est associable, exigeant, très rigoureux mais si protecteur. » Son regard s'adoucit, « Il ressemble à Severus ! » Murmura-t-il.
« Mais -»
« Je suis certain que vous feriez d'excellents parents. Réfléchissez-y, s'il vous plaît ! » Le Survivant tenait beaucoup à ces enfants et sa supplique le montrait, bien qu'il eût pu éviter de prendre ses yeux de chien battu.
Ce qui eut néanmoins l'effet escompté, « Potter, arrête ça, tu sais que ça ne marche pas avec moi ! »
Harry éclata de rire, « Avec toi non, mais avec Ginny à tous les coups ! »
La jeune fille en question lui tira la langue.
« Nous allons y réfléchir Harry ! Laisse-nous simplement un peu de temps, d'accord ! »
« Je n'en demande pas plus, merci. Mais donnez-moi votre réponse rapidement. Tant que je ne l'aurai pas, je ne pourrai pas prendre de décisions ! »
« Mais c'est du chantage ! Allez viens Ginny, laissons-le, il est d'une humeur très serpentarde ce soir ! Faire du chantage à un Malfoy, je n'ai jamais vu ça !» Le jeune homme avait l'air outré.
Ginny riait toujours beaucoup lorsque ses deux comparses étaient réunis. Ils créaient un spectacle par leur simple présence et ce soir, ils ne jouaient que pour elle.
Harry souriait toujours quand il lui dit, « Je prendrai ça pour un compliment, venant de ta part ! » Il se pencha en avant pour les regarder dans les yeux, « Je ne mentais pas, je suis certain que vous serez de très bons parents ! » Leur dit-il un peu plus sérieusement.
« Ecoutez, je ne veux rien vous imposer. Vous êtes libres de vos décisions. Mais pensez à votre avenir, à David et à Eva. Ne laissez pas le qu'en-dira-t-on gâcher votre vie ! La guerre est terminée, vous avez le droit de vous montrer au grand jour. »
« Mais Harry, on parle de mes parents et de Ron ! » S'écria Ginny.
« Ginny, as-tu honte d'aimer Drago ? » Il la regarda dans les yeux.
« Non, mais-»
« Ecoute, s'il n'y a que ça, je peux essayer de savoir ce qu'ils pensent de ta relation avec Drago. Est-ce que ça vous va ? »
Drago et Ginny se regardèrent. Drago prit finalement la parole. « Vas-y ! Je suis moi aussi curieux de savoir ce que les Weasley penseraient s'ils savaient que j'ai épousé leur fille. Par contre, abstiens-toi de demander son avis à ton meilleur ami. » Lui conseilla Drago prudemment.
Harry s'adossa à son siège et se servit un verre de jus de citrouille au citron. « Je ne suis pas idiot, Drago. Je sais très bien ce que Ron pense de toi. »
Le jeune Malfoy grommela quelque chose qui résonnait comme « Moi aussi malheureusement. » Le reste fut perdu même pour une oreille attentive.
Le couple prit congé. « Fais ta petite enquête Harry, mais nous prendrons cette décision par nous-même. Ce que pense la famille de Ginny ne nous influencera pas. »
« Je sais ! Bonne nuit. » Il serra la main de Drago et déposa un baiser sur la joue de Ginny, ce qui provoqua son indignation. « Potter, je t'interdis de toucher à ma femme ! »
« Pourquoi donc, Malfoy ? Aurais-tu peur que je te la prenne, après tout, personne ne connaît la nature de votre lien ! » Lui dit-il avec des yeux joueurs.
Ginny prit la main de Drago. « Bien que j'apprécie de te voir jaloux, je préférerais que tu aies un peu plus confiance en moi, allez, partons. Bonsoir Harry ! »
Ils prirent tous deux une poignée de poudre de cheminette qu'ils lancèrent dans la cheminée. Drago regardait toujours Harry avec des yeux noirs.
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Fidèle à sa parole, Harry alla voir Molly Weasley, histoire de l'interroger sur les sentiments qu'elle avait envers Drago Malfoy.
Ils étaient tous les deux assis au salon, buvant une tasse de thé. « Alors, Harry, que deviens-tu ? Ca fait longtemps que tu n'es pas venu me voir ! »
« Je sais Molly et j'en suis désolé. J'ai été débordé ces derniers temps avec les enfants et mes cours. » Mme Weasley avait beaucoup vieilli pendant la guerre. Ses cheveux étaient maintenant ornés de nombreux fils gris, des rides creusaient le coin de ses lèvres et elle avait des pattes d'oies aux coins des yeux. Au cours de cette période difficile, elle était restée auprès des malades, avait aidé à soigner les âmes fatiguées et avait essayé de redonner confiance à ceux qui avaient perdu la foi. Elle avait été présente quand Harry en avait le plus besoin lorsque la tension était retombée et qu'il s'était retrouvé seul avec sa vie. Sans elle, il ne savait pas où il serait aujourd'hui.
Il la considérait comme une mère.
«Il est possible que je revienne vivre dans le monde sorcier. » Un sourire se peignit sur son visage.
« Minerva m'a proposé un poste à Poudlard qui m'intéresserait et je n'ai plus de raisons pour rester dans le monde moldu outre l'orphelinat qui est à moitié dans le monde sorcier. Non, j'hésite parce que je ne veux quitter ni David ni Eva et j'ai peur qu'on les sépare. Ces enfants ont grandi ensemble, ils sont comme frères et sœurs. La seule solution serait qu'on les adopte. » Il s'arrêta et lui dit sur le ton de la confidence, « J'ai demandé à Ginny si ça l'intéressait, elle n'est pas tout à fait contre l'idée, mais je crois qu'il faut la pousser un peu pour l'encourager. »
« Oui, il serait temps que Ginny fonde une famille. Et je ne serai pas contre le fait de devenir grand-mère. »
« Ah Molly, je savais que vous seriez de mon côté ! » Dit Harry en riant.
« Je m'inquiète un peu pour elle. Elle n'est jamais chez elle et passe beaucoup de temps avec le jeune Malfoy, est-ce que je me trompe Harry ? » Lui demanda Molly en buvant sa tasse de thé.
« Non, vous avez raison, mais elle est médicomage et en tant que telle, elle se déplace beaucoup. Quant à Drago, je puis vous assurer qu'il a beaucoup changé et est loin d'être comme son père. »
« C'est bien ce qu'il me semblait. Je ne l'ai pas beaucoup vu, mais j'ai cru comprendre qu'il était espion pour l'Ordre comme l'était Severus.»
« C'est exact, » Répondit Harry franchement. « Il a pris de gros risques pour nous dans cette guerre, je ne suis pas certain qu'on aurait pu vaincre Voldemort sans lui. » Répondit Harry en se plongeant dans ses souvenirs.
Molly se redressa. « Harry, nous sommes entre nous. Ron n'est pas là, Arthur non plus. Maintenant dis-moi. Est-ce que la relation qu'entretient Ginny avec Drago est sérieuse ? » Lui demanda-t-elle en la regardant dans les yeux.
« Je- »
« Non, je veux la vérité. Je pense qu'ils sont ensemble depuis un certain temps et qu'elle vit avec lui, ce qui est la raison pour laquelle, je n'arrive jamais à la contacter chez elle. »
Harry soupira. « Oui, c'est sérieux. Ils sont vraiment très proches. Ils préfèrent garder leur relation secrète. Ils ont peur de la réaction de Ron et ne veulent pas rendre de comptes à qui que ce soit.»
Molly leva les yeux au ciel. « Les enfants sont vraiment des idiots. Je la soupçonne d'aimer Drago depuis un certain temps déjà, mais j'ai beau la cuisiner, elle est une vraie tombe. Non, qu'elle aime un Malfoy ne me dérange pas. Je veux juste qu'elle soit heureuse. Et je pense qu'elle l'est. Ecoute, dis-leur de venir me voir ! D'accord ? »
« Merci Molly. » Dit Harry en souriant.
« Et s'ils se marient, je deviens grand-mère, alors ? »
« Euh, pour le mariage, il faut leur en parler.» Lui répondit-il. Il but une gorgée de thé, se mit à l'aise dans sa chaise et dit d'un air songeur, « Ces deux enfants les adorent. Je crois que Drago a peur d'en avoir. Il ne veut pas devenir comme son père. Je suis persuadé que s'occuper de David et d'Eva lui montrerait qu'il peut être un très bon père, qu'il est capable d'avoir une famille et qu'il est capable de protéger les siens. Il ne les mettra pas en danger, jamais ! Je le sais, mais lui est bien trop protecteur pour vouloir prendre le risque. Ainsi, je les aide à fonder une famille et je résous mon problème. »
« Ah Harry, j'ai toujours su que tu étais très serpentard ! »
« Qu'est-ce que vous avez tous en ce moment à me traiter de Serpentard ! » Dit-il en levant les yeux au ciel.
« Très bien, n'en parlons plus. Et toi, où en es-tu ? As-tu rencontré quelqu'un ? »
Oh non, pensa Harry, si elle commence sur ce chemin-là, je ne suis pas sorti.
« Pas encore Molly, pas encore. »
« Ecoute, si tu veux je peux te faire rencontrer des jeunes sorcières très bien qui seraient ravies de faire la connaissance de Harry Potter- »
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Harry rentra chez lui épuisé. Il tomba lourdement dans un fauteuil et sourit, « Et d'une. J'irai voir Charlie tout à l'heure ! »
Il alluma la télévision, histoire de se détendre un peu, mais son esprit ne cessait de l'emmener vers des eaux troubles. La conversation qu'il avait eue avec Mme Weasley passait et repassait dans sa tête. Cette femme était comme une mère pour lui mais il n'avait pas pu lui avouer les projets, qui, il l'espérait, allaient bientôt se concrétiser.
A bout de patience, il décida d'éteindre la télé et de sauter dans la cheminée voir Charlie. Il irait ensuite voir Ginny ou Drago.
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Il était tard, mais Harry savait que Charlie n'était pas le type d'homme à se coucher avec les poules. De plus, s'il voulait lui parler en toute tranquillité, il devait le faire en dehors de ses heures de travail, donc tard le soir.
Quand Charlie le vit, il l'accueillit les bras grands ouverts. Harry n'eut pas le temps d'émettre un son que son aîné l'enlaçait déjà pour lui souhaiter la bienvenue. Le rouquin voulait depuis longtemps sortir avec le Survivant qui flirtait gentiment avec lui, mais rien ne s'était jamais passé entre eux, à part quelques baisers volés.
« Charlie, lâche-moi, tu vas m'étouffer ! » Dit Harry.
« Oh pardon ! J'étais tellement content de te voir ! Alors qu'est-ce qui t'amène et comment vas-tu ? Je crois que je n'ai pas eu le plaisir de te voir depuis –depuis plusieurs mois Je n'ai eu de nouvelles de toi que par maman et les journaux ! »
« Eh mais toi non plus, tu ne m'as pas donné signe de vie je te rappelle ! » Contra Harry.
Charlie leur servit à tous deux un verre de firewhisky et le fit s'asseoir sur le canapé.
« Alors Harry, dis-moi ce qui t'amène. Je sais que tu n'es pas venu ici sans raison. Tu n'aimes pas la Roumanie. Trop de mauvais souvenirs je suppose. » Dit-il tristement.
Harry resta silencieux un moment avant de répondre. « Tu as raison, j'ai une bonne raison d'être là. J'ai besoin de ton opinion sur une personne. »
« Oui, qui ? Snape ? Si c'est lui, tu sais ce que j'en pense et tu connais mes raisons. » Lui dit Charlie sur un ton malicieux qui fit légèrement rougir Harry. Il toussa pour reprendre contenance et répondit simplement
« Non, c'est Malfoy, Drago. J'aimerai savoir ce que tu penses de lui. »
Charlie éclata alors de rire. « Je vois, tu es venu défendre ma petite sœur et l'horrible Malfoy. »
Harry était bouche bée. « Comment sais-tu -»
« Mon beau-frère est déjà venu avec ma sœur pour me prévenir que tu allais passer me parler d'eux ! » Dit-il avec des yeux étincelants.
« Espèce de petits -»
« Voyons du calme Harry ! » Dit Charlie en riant, « Tu te fais prendre à ton propre piège. Tu essayes de les forcer à faire quelque chose et ils te font tourner en bourrique. Je trouve que c'est bien joué. »
Harry éclata de rire à son tour, ses yeux émeraudes s'étaient éclaircis, montrant qu'il n'était pas du tout fâché, au contraire. « Alors d'après ce que je comprends tu n'as aucune objection à ce que ta sœur devienne Mme Malfoy et qu'elle soit la mère de deux merveilleux enfants ! »
« Non, je n'ai aucune objection. En fait, je les encourage à se marier depuis un certain temps déjà, j'aurais aimé qu'ils m'en parlent quand je les taquinais. Quand ils me l'ont annoncé, j'ai eu l'air d'un idiot. » Dit-il avec un petit sourire. « Par contre, les enfants- »
Harry s'étouffa avec sa boisson. « Tu savais depuis tout ce temps ? Et qu'est-ce que tu as contre les enfants de toute façon !» Harry le regardait maintenant avec des yeux noirs.
« Oui, et je te remercie d'avoir mis ton nez là-dedans parce que je crois qu'ils n'auraient jamais avancé. Quant aux enfants, je les trouve encore un peu jeunes. Tu sais qu'un sorcier peu vivre bien au-delà des cents ans. Ils sont encore jeunes ! » Quand il vit l'expression de Harry, qui avait vraiment l'air incrédule, il ajouta, « Non, je plaisantais. En toute franchise, ces enfants leur apporteront le foyer dont ils ont besoin pour construire leur couple. »
« Merci, » Répondit simplement Harry dans un souffle.
« Alors, qu'en est-il de ta vie amoureuse ? » Charlie lui fit un clin d'œil.
« Oh non, tu ne vas pas remettre ça. Et toi ? » Dit Harry en soupirant.
« Moi ? Je n'ai rien à cacher ! Si tu veux tout savoir, je vis en ce moment avec une célébrité ! »
« Ah oui, et qui donc ? » Lui dit Harry avec un sourire.
« Ah et tu veux en plus savoir de qui il s'agit ! Harry, je ne peux rien te dire et ce pour deux raisons, » Lui dit-il les ses yeux marrons brillaient de mille feux, « D'une part tu serais jaloux. Et je ne veux pas que tu le sois. Tu sais que tu auras toujours une place dans mon cœur. » Pour accentuer ses paroles, il lui montra son cœur.
Harry avait lui aussi ses yeux verts lumineux quand il répondit, « Ah oui, et quelle est l'autre raison ? »
« Je te connais mon vieux et je ne veux pas qu'on retrouve mon histoire à la une de tous les journaux ! Enfin, je dis ça mais -»
« Tu sais très bien que la dernière fois c'était de ta faute. C'est toi qui avais crié à tout le monde que l'on sortait ensemble. » Harry avait pris un air suffisant.
« Ah oui, je me souviens de ces groupies qui m'ont suivi pendant des mois… oh bon sang, ils m'en ont longtemps voulu par ta faute ! »
« Charlie ! Alors crache le morceau, qui est-ce ? »
« Je satisferai ta curiosité à une seule condition. » Charlie leva un doigt et lui fit un clin d'œil.
« Et en plus tu oses me faire du chantage ! » Harry riait maintenant ouvertement.
« Non, pas vraiment, mais je t'avouerais que ça nous arrangerait mon fiancé et moi ! » Il lui fit un clin d'œil. « Et tu aurais toute la liberté que tu veux pour séduire qui tu veux sans avoir les médias sur le dos. »
« Tu crois ça. Moi je pense qu'au contraire, je n'arriverai plus à séduire qui que ce soit puisque tout le monde me pensera casé ! »
« Ah, tu me blesses mon cher ami. »
« Mais si ça peut te rendre service et satisfaire ma curiosité, alors pourquoi pas ? »
« Ouais, passer deux ou trois soirées avec toi ne devraient pas être trop insupportables. » Dit Charlie.
« Ah oui, mais il faut que je t'avoue quelque chose Charlie, » Dit Harry sur un ton dramatique. « Tu vas devoir me partager ! »
« Te partager ? Et puis-je connaître le nom de mon rival ? »
« Ah mon cher, ton rival n'est autre que le mari de ta sœur. Lui-aussi aura besoin d'une bonne couverture, si on ne veut pas que la presse empêche notre petit couple de vivre sa vie. Tu sais comment sont les journalistes. Ils sont presque aussi collants avec Drago qu'avec moi. Ne lui en parle pas, il n'est pas encore au courant ! »
« Donc, il va falloir que je te partage avec mon beau-frère ? »
« Ouaip. Et moi je te partage avec le bel inconnu. Alors qui est-ce ? »
« Severus Snape ! » Dit-il sérieusement. Harry perdit son sourire et devint tout blanc. Charlie éclata alors de rire. Il riait tellement qu'il avait du mal à reprendre son souffle.
« D'après ta réaction, je vois que tu ne prendrais pas très bien le fait que je fréquente notre ancien professeur de potions. Ah et moi qui croyais que vous vous étiez enfin réconciliés. Mais je plaisantais, rassure-toi. Je ne pourrais pas vivre avec une personne aussi froide et sans cœur. »
« Tu m'as vraiment fait peur Charlie. Un peu plus et je faisais une crise cardiaque, épargne-moi ça s'il te plaît. »
« En fait, je vis avec Olivier Dubois. Je ne sais pas si c'est vraiment sérieux, mais je voudrais nous laisser une chance, voir où tout ça peut nous mener. » Dit-il sérieusement.
« Eh mais ça me donne une idée et si je sortais avec vous deux, enfin trois avec Drago, ce serait sensationnel pour les journaux qui seraient complètement perdus. »
Le rouquin éclata une nouvelle fois de rire. « La mon vieux, je crois que tu en veux à quelqu'un et que tu veux vraiment le rendre jaloux. Je ne vois pas d'autre explication. »
Harry finit son verre. « Je t'assure que non. Mais il faut bien que je prépare mon retour dans le monde sorcier en grande pompe. Imagine ce que l'on dira quand on me verra avec une personne différente tous les soirs de la semaine. En plus, ta mère m'a gentiment proposé de me faire rencontrer de 'gentilles demoiselles issues de bonnes familles'. » Il fit le signe es guillemets avec ses doigts pour accentuer la citation. « Je sens que je vais m'amuser. »
« Moi aussi. »
« Imagine-moi embrasser Olivier Dubois. J'en rêvais quand j'étais dans son équipe à Poudlard. »
« Eh ne touche pas à Olivier, il est à moi. »
« Ah oui, mais l'espace de quelques soirs, il faudra bien donner le change. Un petit baiser passionné -»
« Pas question que tu embrasses Olivier Harry, je te préviens -» Charlie ne riait plus du tout.
« Et que dirait-il si je t'embrassais maintenant ? Parce qu'après tout, c'était peut-être toi que je veux rendre jaloux. » Harry se leva et s'approcha dangereusement de Charlie. Il s'assit sur ses jambes et lui caressa la joue.
« Harry, ce n'est pas drôle. Je croyais que tu ne voulais pas de moi ! » Charlie essayait de se reculer et de repousser la masse de ses jambes.
« Voyons, il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis. » Il se pencha sur lui et déposa un simple petit baiser sur ses lèvres avant de se lever pour partir. « Bon, ben Charlie, je me suis bien amusé. Je te remercie, mais il se fait tard, il va falloir que je rentre. Tu peux venir voir ton futur neveu et ta future nièce quand tu veux. Je suis sûr qu'ils seront ravis de faire ta connaissance. »
« Eh attends un peu. Tu me laisses comme ça alors que j'ai cru que tu étais tombé sous mon charme ? » Charlie se leva pour lui serrer la main. « Si tu veux on peut prévoir nos petits rendez-vous pendant les vacances. Je ne vais pas partir bien loin puisque Olivier est à Londres. Je pensais donc aller chez lui en attendant. Et puis, avec le réseau de cheminée, quel que soit l'endroit, on peut se voir rapidement. »
« D'accord. Je te contacte alors. Passe le bonjour à Olivier et parle-lui de notre petite combine. Je suis sûr qu'il en sera ravi. »
« Sans problème. Je te conseille d'aller voir les jumeaux rapidement, mais n'en parle ni à Ron, ni à Percy. Je m'occupe de Bill, mais je ne pense pas qu'il soit contre ce mariage. Il faudrait cependant éviter que ça s'ébruite. Je ne crois pas que Ginny serait heureuse d'être la cible des paparazzi. » Charlie fit un clin d'œil à Harry.
Celui-ci passa ensuite dans la cheminée sans un mot de plus. Tout s'était très bien passé, même si Ginny et Drago étaient passés avant lui.
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Le lendemain, Harry alla rendre visite à Fred et George dans leur magasin de farces et attrapes. Il ne pensait pas qu'ils seraient contre la relation de Ginny et de Drago, mais il préférait tout de même tâter le terrain. Ce serait les dernières personnes qu'il irait voir. Le reste de la communauté sorcière ne comprendrait pas. Drago était encore vu comme un traître, un mangemort et lui et Ginny voulaient rester discrets et mener leur vie sans interférences. S'ils en parlaient, ils auraient Ron contre eux ainsi que Percy pour commencer, sans oublier le Ministère où un certain Ministre était tombé sous le charme de la jeune Weasley. Et comme il était un ami de Ron, ce dernier lui avait presque promis qu'il pourrait l'épouser, sans bien entendu demander l'avis de la jeune fille.
Harry arriva au magasin en début d'après-midi, ayant passé la matinée avec les enfants à l'orphelinat. Il avait promis d'emmener David le lendemain pour qu'il puisse faire ses courses de rentrée. La première année à Poudlard était la plus intéressante et la plus fabuleuse. Harry ne voulait surtout pas que son protégé manque de quoi que ce soit. Ceci dit, il ne lui avait pas encore dit qu'il serait peut-être son professeur de Défense Contre les Forces du Mal.
« Fred, George, comment allez-vous ? » Les salua Harry.
« Oh voilà notre partenaire financier préféré qui vient chercher ses impôts ! » Commença Fred.
« Non, Forge, il vient nous parler de ses petits monstres, il a besoin de sachets pour sorciers facétieux. »
« Quoi ? David ne lui aurait pas dit que nous lui en avions donné tout un stock, avec en plus le livre le plus fabuleux de l'année, Comment embobiner les professeurs de Poudlard. »
« Vous n'avez pas fait ça ? » Harry riait maintenant.
« Bien sûr que si ! » Dirent-ils en cœur.
« Puis-je en avoir un exemplaire pour voir à quoi je vais m'exposer ! » Leur demanda Harry en croisant ses bras sur sa poitrine.
« Quoi ? Harry Potter, professeur à Poudlard ? Non, pas possible ! Il nous faudra donc créer un livre spécial pour les professeurs ! Je suis sûr qu'Harry en fera bon usage, n'est-ce pas Harry ? »
Ils lui firent un clin d'œil et lui tendirent le livre défendu. Il le lirait ce soir, ce serait un bon divertissement.
« Viens, allons dans l'arrière boutique. Nous pouvons laisser notre apprenti tout seul. » Harry s'assit sur une chaise, mais n'osa pas se servir des bonbons qui étaient sur la table. De même lorsque les jumeaux lui proposèrent une bièreaubeurre, il préféra refuser, ne connaissant pas les dernières trouvailles des jumeaux.
« Alors les gars, vous distribuez toujours des farces et attrapes aux premières années ? »
« Ce sont nos meilleurs clients. En général, ils en redemandent. Les Gryffondors surtout ! » George souriait d'un air satisfait. « Mais on ne fait pas de discrimination. Au début on a été un peu tenté -»
« -Mais pour les affaires ça n'aurait pas rapporté. Alors aujourd'hui on traite de la même façon tous les élèves, quelle que soit leur maison. » Termina Fred.
« Ah voilà qui est bon à savoir. Alors vous continuerez à vendre vos farces et attrapes à David même s'il est à Serpentard ? » Demanda Harry en souriant.
« David à Serpentard ? » Demandèrent-ils en même temps.
« Vous ne croyez pas ? Après tout, ses parents étaient Serpentards et si Drago l'adopte, il renforcera ses qualités -»
« Que dis-tu !? Malfoy corrompre notre pauvre petit David ! Et que fera Eva sans lui ? »
« Ah mais il veut les adopter tous les deux. » Harry avait un sourire un peu trop satisfait de lui qui mit la puce à l'oreille des jumeaux.
« Harry, Harry, Harry, nous te connaissons depuis suffisamment longtemps pour savoir que lorsque tu fais cette tête là, c'est que tu as fait quelque chose. Alors dis-nous quoi ? »
Harry mit ses bras devant lui comme pour se défendre.
« Mais je ne vous cache rien. Pour tout vous avouer, je pense que Drago devrait maintenant fonder une famille. Je lui facilite juste les choses. Vous savez qu'il n'est pas très apprécié par le Ministère. »
« Ouais, tu veux que notre petite sœur et ce Serpentard officialisent leur union pour qu'ils puissent adopter tes deux petits monstres. »
Harry éclata de rire. « Vous aussi vous savez ? »
Les jumeaux se regardèrent et lui dirent, « On essaie depuis longtemps d'officialiser leur union. Si tu réussis, on te tire notre chapeau. Mais si tu as besoin d'aide, tu sais où nous trouver. On est toujours prêt à aider pour la bonne cause, tu le sais. »
« Je vous remercie les gars. En fait oui, j'aurai peut-être besoin d'un coup de pouce. Pour occuper Ron et qu'il ne sache pas ce qui se passe. »
« Tu ne veux rien dire à notre petit frère ? »
« Pourtant ça lui ferait un sacré choc. Peut-être qu'il pourrait alors redevenir celui qu'il était auparavant. »
« Euhm, non, j'ai déjà essayé un truc dans ce genre-là. Je lui avais justement dit que j'entretenais une liaison avec son Serpentard préféré et j'ai cru qu'il allait le tuer. Je ne l'avais jamais vu ainsi. Il n'a pas pardonné à Malfoy senior ce qu'il a fait à Hermione. Moi non plus, mais Drago a toujours œuvré pour le bien. Ce serait donc injuste de le punir pour une chose dont il n'est pas responsable. » Harry avait un regard triste et lointain. Lui non plus n'aimait pas se rappeler ces jours sombres.
« Alors voilà ce qu'il faudrait faire -»
hpsshpss
Le soir, il contacta Drago et Ginny et les invita à déjeuner le lendemain midi. Ils iraient ensuite ensemble faire les boutiques.
Il ouvrit ensuite le livre de Fred et George. Il était très complet. De larges chapitres étaient consacrés à la vie à Poudlard. Une carte, semblable à celle des maraudeurs, montrait le plan de Poudlard ainsi que les passages menant à Pré-au-Lard. Dans la même veine, un chapitre expliquait comment se rendre aux cuisines sans croiser Rusard ou comment perdre Miss Teigne si elle vous poursuivait. Par ailleurs, Rusard avait un chapitre qui lui était consacré, comme tous les autres professeurs. Ces chapitres expliquer comment séduire un professeur, créer des désordres mineurs dans la classe, insulter intelligemment un professeur. Les deux chapitres les plus conséquents étaient dédiés à Snape et à Rusard. Et il y avait bien entendu un chapitre consacré aux maisons, donnant les caractéristiques de chacune, leurs forces mais aussi leurs faiblesses. Ils proposaient également de simples sorts pour teindre les cheveux de son adversaire ou provoquer une éruption cutanée.
Harry riait aux éclats quand il referma le livre. Il se dit qu'effectivement, il pourrait essayer deux ou trois petites choses.
hpsshpss
Le couple arriva le lendemain de bonne heure, « Alors quelles nouvelles ? » Lui demanda Drago dont les yeux gris étaient rieurs.
« Ah, mais je pense que tu le sais déjà. D'après ce que j'ai compris tu m'as devancé assez souvent. »
« Ouais, il fallait que j'aille voir Charlie, j'en ai profité pour lui en parler. Et j'ai pensé que ce serait drôle de te faire un peu marcher. »
« Et j'ai vu maman, » Ajouta Ginny, « Elle est absolument ravie et veut qu'on lui amène les enfants le plus vite possible pour qu'elle puisse commencer à jouer son rôle de grand-mère rapidement. Je suis vraiment contente qu'elle prenne aussi bien les choses. Mais je crains sa réaction quand on va lui dire que l'on est marié depuis presque deux ans, ça risque de ne pas être beau. »
« Elle comprendra. »
« Alors, acceptez-vous ? »
« Je ne sais vraiment pas Harry. Je ne veux pas que les médias nous poursuivent. J'aime la vie que nous menons actuellement- »
« J'ai une solution pour ça. » La coupa-t-il gentiment.
Harry leur expliqua son plan de séduction. A la fin, Drago riait de bon cœur. « Si c'est ce que tu as prévu, je crois qu'effectivement, les médias seront obligés de laisser tomber tant ils seront confus. »
« Mais Ron saura que nous avons adopté des enfants, Harry. Nous ne pourrons pas le tromper indéfiniment. »
« Non, Gin. Il saura que tu as adopté Eva et il saura que Drago a adopté David. Il n'est pas nécessaire qu'il en sache plus. On peut tromper le Ministère de cette manière. Après tout, vous êtes mariés depuis presque trois ans et personne n'est au courant. Pas même Molly. Et avec du temps, j'espère que Ron en viendra à apprécier Drago. Sans quoi, je crains qu'il ne se coupe de vous. »
Drago prit la main de sa femme. « Dans ce cas, nous serions ravis d'adopter Eva et David. »
« Merci. » Murmura Harry, visiblement soulagé. « J'accompagne David sur le Chemin de Traverse pour qu'il puisse commencer ses courses de rentrée. Voulez-vous nous accompagner ? Ce serait le moment idéal pour lui demander s'il est d'accord. Qu'en pensez-vous ? »
« D'accord. »
