Note de l'Auteur : Voilà le chapitre 4, écrit rapidement pour Izzie. Merci à elle d'ailleurs, elle sait pourquoi.
Chapitre 4
Dans son fauteuil, Charlie regardait le feu qui brûlait dans le foyer de la cheminée, l'air absent. Ses pensées étaient bien loin de cette pièce, et il n'y était que physiquement. Il revoyait la mine blafarde de Don, qui se détachait à peine de l'oreiller sur lequel sa tête reposait. La mâchoire de Charlie se crispa sans que celui-ci ne paraisse s'en apercevoir. Ses doigts tapotaient le bras du fauteuil, d'un geste nerveux et répétitif.
Peter Johnson… Johnson… Peter… Ses deux mots l'obsédaient, tournant dans sa tête sans relâche, attisant le feu de sa colère. Ses yeux, plus noirs que de coutume, ne cillaient pas devant la lumière violente provenant du feu. Le boule habitant sa gorge ne semblait pas vouloir s'en aller, et Charlie déglutissait régulièrement, tâchant de se détendre un peu.
Chose impossible.
Charlie ferma finalement les yeux, se laissant vaincre par le sommeil qui le menaçait depuis quelques heures déjà. Sa tête retomba sur le côté, et sa respiration s'apaisa… Morphée l'avait vaincu.
.oO+Oo.
Toujours ce noir si oppressant. Il ne parvient toujours pas à regagner la lumière… Celle-ci semble s'éloigner au fur et à mesure que Don tente de s'en approcher. Ce dernier passe des heures à appeler sans cesse… Mais personne ne lui répond, mise à part le silence. Il n'a pas réellement consciente de son corps. Tout ce qu'il sait, c'est qu'il aimerait atteindre la lumière.
Sa lumière…
.oO+Oo.
Le soleil était déjà haut dans le ciel lorsque Charlie ouvrit les yeux. Il resta un moment désarçonné, ne parvenant pas à rassembler ses idées. Mais lorsque les derniers événements lui revinrent en mémoire, son visage se décomposa, perdant le peu de gaîté qui habitait son expression. Il se pencha et se frotta les tempes, d'un geste lent.
« Charlie ? Tu es réveillé ? » lui demanda une voix.
Surpris, le cadet des Eppes leva la tête pour faire face à son père.
« Tu es rentré ? s'étonna t-il.
- Oui, ce matin.
- Tu as passé la nuit avec Don ? »
Alan hocha la tête doucement, et Charlie aperçut les cernes qui s'étendaient sous ses yeux.
« Comment va t-il… ? s'enquit-il anxieusement.
- Le docteur m'a dit que son état était stable… » répondit Alan d'une voix lasse.
Charlie baissa la tête, songeur, puis se leva de son fauteuil. Il jeta un coup d'œil à l'horloge du salon. Déjà près de midi… Il comprenait mieux la raison de la douleur lancinante qui traversait son estomac.
« Je t'ai préparé ton déjeuner… l'informa Alan et enfilant sa veste.
- Et toi ? Tu vas où ?
- Je rejoins Don… »
Charlie hocha la tête, et l'accompagna jusqu'à la porte.
« Je passerais dans l'après-midi… Appelle moi s'il y a du nouveau surtout »
Alan le lui promit et passa la porte. Charlie s'adossa au chambranle et regarda la voiture de son père s'éloigner.
Qu'allait-il faire, lui, à présent… ?
.oO+Oo.
La jeune femme descendit de son véhicule. Elle observa un instant le bâtiment qui s'élevait devant elle. Remettant ses cheveux derrière ses oreilles, elle ferma sa voiture et se dirigea vers l'entrée. Une fois dans le hall, elle chercha des yeux l'accueil.
« La chambre de Don Eppes, je vous prie… » demanda t-elle à la secrétaire qui mâchait un chewing-gum, l'air peu concerné.
Après avoir pianoter sur son ordinateur pour trouver l'information, celle-ci releva la tête et lâcha de façon négligente :
« Chambre 216… »
Sans demander son reste, la personne qui venait de s'informer s'éloigna, s'engouffrant dans les couloirs de l'Hôpital. Alors qu'elle parcourait le chemin qui la séparait encore de Don, elle se demandait ce qu'elle allait trouver une fois arrivée.
Finalement, elle ne tarda pas à rejoindre le couloir des chambres 201 à 218. « Soins Intensifs » lut-elle sur une pancarte accrochée au mur. Elle déglutit nerveusement. Une fois devant la porte elle hésita un instant, puis l'ouvrit d'un geste un peu brusque. Immédiatement, l'interne qui avait accueillit Charlie quelques jours plus tôt, leva la tête et vint à sa rencontre, essayant de la faire reculer.
« Vous êtes de la famille ? s'enquit-il.
- Oui…, répondit la jeune femme sans hésitation. Je suis la femme de Don. »
Bien sûr, elle mentait, mais elle espérait secrètement qu'un jour, cette phrase deviendrait réalité…
« Dans ce cas… » fit l'interne en s'effaçant.
Elle rentra donc, et resta un moment à regarder Don à quelques pas, essayant d'accepter ce qu'elle voyait. L'agent du FBI était si… diminué ! Cela ne correspondait absolument pas à ce qu'elle connaissait de lui. L'interne ferma la porte et les laissa seuls.
Elle se décida finalement à s'approcher du lit, et s'installa sur la chaise mise à la disposition des visiteurs. Elle se saisit fébrilement de la main de Don, et caressa d'un geste emplie de douceur les cheveux de son ami. Ses yeux, qu'elle était parvenu à garder secs depuis qu'elle avait appris la terrible nouvelle, s'emplir de larmes. Ses dernières ne tardèrent pas à déborder et tombèrent sur les draps, créant une petite auréole.
Elle se pencha, ses mèches blondes effleurant la joue de Don. Elle l'embrassa doucement sur la joue et murmura à ses oreilles, la voix remplit d'émotion :
« C'est Izzie, Don… Je suis là… Ne m'abandonne pas s'il te plait… Ne m'abandonne pas. »
Elle serra la main du malade et se laissa aller contre sa poitrine, ses épaules secoués de sanglots.
.oO+Oo.
« Ca y est ! » s'exclama Colby.
Megan et David, qui se trouvaient également face à leurs ordinateurs, levèrent la tête.
« Tu as trouvé quelque chose ? demanda David en s'approchant.
- L'adresse de sa petite amie ! Elle a déménagé de nombreuses fois après que Johnson ait été incarcéré et j'ai donc eu un peu de mal à la retrouver mais j'y suis enfin parvenu !
- Qui est-ce ?
- Jill Carter… Elle n'habite pas très loin d'ici.
- Si elle a déménagé autant c'est peut-être parce qu'elle en voulait pas que Johnson la retrouve, fit remarquer judicieusement Megan.
- C'est possible mais elle doit savoir des choses que l'on ignore, fit David en regardant la photo de la dite Jill.
- Alors on a la voir, décida Megan en se dépêchant de prendre sa veste.
- On appelle Charlie ? » demanda Colby.
Megan et David échangèrent un regard. La jeune femme eut une légère grimace et répondit d'une voix lente.
« Non… Il ne vaut mieux pas je crois. »
David hocha la tête l'approuvant.
« On le tiendra au courant plus tard… » déclara t-il.
Tous trois s'empressèrent de quitter le bureau. Même si personne ne le disait à haute voix, tous espéraient que Johnson serait arrêter avant qu'il ne recommence les atrocités qu'il avait l'habitude de commettre, une fois libre…
