Note de l'Auteur : Je poste rapidement le chapitre suivant. Cette fic est finie depuis quelque temps, mais j'oublie souvent de poster les chaps. '

Merci à Barna qui laisse pas mal de petits mort sympatoches en ce moment ! 

Chapitre 7

L'odeur du sang… de la mort… Cela emplit ses narines, lui montant à la tête. Il ne parvint plus respirer. Il s'appuya sur le mur, les jambes tremblantes. Le peu de couleurs encore présentes sur ses joues acheva de disparaître. Un haut de cœur le souleva soudainement, et il détourna précipitamment la tête. Non, il ne vomirait pas ici. C'était hors de question. Pas devant…

« Charlie ? Est-ce que ça va ? » demanda la voix inquiète de Megan.

Bien sûr que non qu'il n'allait pas bien. Cela n'était pas évident ?

« Oui très bien.

- Tu es sûr ? » insista Megan sceptique en le dévisageant.

Charlie se contenta d'un simple hochement de tête, incapable d'émettre le moindre son. Bien conscient qu'il devait afficher une mine particulièrement pathétique, il tenta de reprendre contenance. Il envoya un sourire crispé à la jeune femme qui le reçut sans faire de commentaire. Le jeune Eppes détourna les yeux et s'éloigna du mûr. Il s'approcha de la fenêtre et joua un instant avec les rideaux, la mâchoire plus que serrée. Megan le suivit du regard puis, haussant les épaules, rejoignit David qui interrogeait le mari de la victime.

Charlie resta face à la fenêtre pendant deux longues minutes mais lorsqu'il se retourna son regard se posa tout naturellement sur le cadavre au milieu de la pièce. La gorge avait été tranchée d'une extrémité à l'autre et la victime baignait littéralement dans son sang. Elle n'avait pas du mourir immédiatement car la traînée rouge que l'on pouvait voir sur le tapis laissait penser qu'elle s'était traînée sur quelques mètres avant de perdre définitivement connaissance.

C'en était plus que n'en pouvait supporter Charlie. Ses jambes, qui lui semblaient lestées depuis plusieurs minutes, reprirent brusquement vie et il se rua hors de la chambre, bousculant au passage David qui s'apprêtait à rentrer.

« Charl… »

Le mathématicien ne se retourna pas. Fuir… Fuir cet endroit. Fuir la mort. Fuir l'horreur de cette vision qu'il n'arrivait pas à enlever de son esprit malgré ses efforts.

.oO+Oo.

Je m'appelle Don Eppes. Je suis Agent au FBI. J'ai un frère, un père… Et je suis dans le coma. Et oui, j'ai enfin compris ce que signifiait tout ceci. Cette lueur blanche qui s'approche et s'éloigne tour à tour… Ces voix si familières mais si lointaines… Tout cela. Chaque jour. Comment m'en sortir ? Je ne sais pas… De toute manière peut-être que je ne le souhaite pas vraiment. Ohhh, je sais ce que vous pensez : comment peut-il dire cela ? Mais j'avoue que je suis un peu fatigué. Ce repos forcé m'est bien utile en fin de compte. Hmmm, certes je suis aux portes de la mort. Ce n'est bien sûr pas négligeable mais… On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre comme on dit !

Je fais le point. Je réfléchis sur mon existence. Problèmes abstraits qui prennent pourtant toutes leur importance en cet instant…

Pourquoi devrais-je continuer à vivre ? Donner moi une seule bonne raison… Une seule.

.oO+Oo.

Charlie ouvrit enfin les yeux. Il porta la manche de son pull à son visage et s'essuya la bouche lentement. Ce n'était guère esthétique mais Charlie n'en avait cure. Expirant difficilement, il laissa échapper un sanglot. Serrant les points, il s'appuya contre le muret du jardin. Il était détruit… mentalement. Il partait en miettes. Il resta une longue minute ainsi à essayer de contrôler la tornade de sentiments contradictoires qui l'envahissait : peine, colère, désespoir, incompréhension… Tout cela se mélangeait, pêle-mêle, le rendant affreusement malade…

Une main secourable se posa alors sur son épaule.

« Charlie ? » murmura la voix de Megan à son oreille.

La jeune femme obligea le frère de Don à se tourner vers elle. En voyant son visage émacié et son regard fuyant, elle eut un gémissement :

« Oh Charlie… »

Telle une grande sœur voulant consoler son jeune frère, elle l'attira contre elle et l'enserra de ses bras réconfortants. Le jeune homme, qui était terriblement crispé, ne tarda pas à se laisser aller sur la poitrine de Megan en sanglotant.

« Ca… Ca aurait pu être Don, là haut ! » fit-il entre deux hoquets.

Megan, le serra davantage contre lui.

« Mais ce n'est pas lui… Charlie, il faut que tu te mettes bien ça dans la tête ! Ton frère n'est pas mort ! Et les médecins font tous leur possible pour lui… »

Charlie opina doucement du chef et reniflant légèrement. Il avait piètre mine ainsi. L'image du brillant mathématicien était bien loin en cet instant…Oui, bien loin… Megan le berça encore un instant avant de le remettre d'aplomb. L'obligeant à la regarder, elle lui dit fermement.

« Maintenant, Charlie, tu vas m'écouter. Ta place n'est pas ici. Tu te rends malade pour rien !

- Mais, Megan…, protesta t-il.

- Tais-toi, lui ordonna t-elle. Je disais donc que ta place n'était pas ici. En aucun cas. Tu ferais mieux d'être auprès de ton frère… Combien de fois es-tu aller le voir depuis qu'il est à l'hôpital ? Hein ? »

Charlie resta silencieux, et sa tête se baissa lentement vers le sol. Deux fois… Deux malheureuses fois… Elle avait parfaitement raison. Il avait préféré rester avec David, Colby et elle pour tenter d'être utile. A quoi avait-il servi en réalité ? A rien. Il n'avait strictement rien fait pour les aider… Il ne pouvait pas. C'était impossible. Mais il pouvait aider Don. Il pouvait aider son père dont l'espoir partait jour après jour… Et ça, il ne le faisait pas. Pourquoi ? Parce ce qu'il était plus facile de courir après quelqu'un d'inaccessible que de regarder le visage blafard de son frère aîné aux portes de la mort.

« Je vais à l'Hôpital », murmura t-il finalement.

Il redressa la tête et croisa les yeux clairs de Megan posés sur lui.

« Je suis désolé, Megan… Vraiment. »

Sans un mot de plus, Charlie tourna les talons et se mit à courir en direction de la jeep qui attendait près de la route.