Note de l'Auteur : Voilà la suite. Et ce rapidement, comme promis.
Chapitre 8
La chambre n'avait pas bougé. Pourquoi l'aurait-elle fait d'ailleurs ?! Charlie se rendit compte de la stupidité du pseudo étonnement qu'il manifestait là. Il secoua légèrement la tête, faisait voler ses boucles brunes autour de sa tête. Il pénétra finalement entièrement dans la pièce. Il ne fut guère surpris d'y voir Izzie, toujours assise au chevet de Don. Etait-elle seulement sortie de la chambre ? Un élan de culpabilité le prit à la gorge. Il s'approcha du lit de son frère et s'installa à ses côtés. Il se saisit de sa main, et sans se préoccuper de la jeune femme, il murmura, les yeux embués :
« Pardon, Don… »
Les yeux bleus d'Izzie rivés sur sa nuque, il se laissa glisser et cala sa tête contre le torse de son grand frère. Se mordant la lèvre jusqu'au sang, il se mit à pleurer doucement, souillant de sa tristesse le drap blanc. Mais Don n'était pas en état de le lui reprocher…
Le serait-il seulement un jour ?
.oO+Oo.
La jeune femme porta le gobelet à ses lèvres. Elle but une gorgée de café puis le reposa sur son bureau. La main qui tenait le récipient retrouva sa jumelle sur le clavier.
« Toujours rien ? » s'enquit la voix de David derrière elle.
Megan secoua la tête en signe de dénégation. Non… Rien. Elle avait beau fouiller, elle ne parvenait pas à trouver la moindre information qu'ils n'eussent déjà en leur possession, sur Peter Johnson. Elle soupira et se laissa finalement aller sur le dossier de sa chaise.
« Comment allons-nous nous y prendre… » murmura Colby qui regardait la photo de Johnson accrochée au tableau.
Il se tourna vers David et Megan comme si ces derniers avaient la réponse. Mais ceux-ci tournèrent les yeux vers lui, la mine déconfite. Sans Don… L'équipe semblait bien démunie. Tous baissèrent les yeux presque simultanément, comme si la même pensée les avaient tous frapper.
Peut-être allait-il falloir s'habituer à travailler ainsi. Sans lui. Sans leur supérieur. Sans leur ami…
.oO+Oo.
Izzie continuait de masser la main de Don, sans interruption. Elle n'y pensait même plus. Cela devenait un automatisme. Sa peau contre la sienne… C'était tout ce qui comptait. Elle posa son regard sur le visage blême mais en paix de l'agent du FBI et esquissa un léger sourire. Il ressemblait à un ange. Un ange aux cheveux d'ébène. Son ange…
Izzie était détendue. Son visage exprimait la fatigue mais également une certaine confiance. Pourquoi aurait-elle été anxieuse ? Don ne la laisserait pas tomber. Elle le savait. Ses yeux lâchèrent Don un moment pour parcourir l'ensemble de la chambre. Ils s'arrêtèrent sur la silhouette de Charlie, lovée sur sa chaise, près de la fenêtre. Le mathématicien avait fini par sombrer dans le sommeil.
Lorsqu'il était entré dans la pièce tout à l'heure, Izzie avait bien vite remarqué les cernes noirâtres qui s'étendaient sous les yeux du jeune homme et le regard éteint qu'il avait porté sur son frère. Charlie était épuisé. Moralement et physiquement. Il ne tiendrait pas bien longtemps ainsi. La tension était trop forte. Izzie humidifia ses lèvres un peu sèches avant de reporter son attention sur Don.
Elle accentua la pression sur sa main et se pencha légèrement.
« Don… Je sais que tu m'entends », murmura t-elle doucement.
Ses doigts effleurèrent les cheveux bruns de Don, délicatement, amoureusement…
« Tu sais tu manques à beaucoup de monde… Peut-être est-il temps que tu reviennes parmi nous qu'en dis tu ? »
Izzie jeta un coup d'œil à Charlie en l'entendant marmonner dans son sommeil. Elle soupira et continua son monologue.
« Tu manques affreusement à Charlie. J'ai peur qu'il finisse par faire une bêtise. Et ton père est de plus en plus… éteint. Don, revient. Ils ont besoin de toi ! J'ai besoin de toi… »
Elle se baissa alors, telle une princesse de conte de fée, ses cheveux blonds encadrant son visage. Ces derniers effleurèrent le nez de Don et Izzie, qui avait marqué une pause, reprit sa lente progression. Elle ferma les yeux au moment où ses lèvres se posèrent délicatement sur la bouche de Don. Croyait-elle à un miracle ? Peut-être bien…
Mon prince… Réveille-toi.
.oO+Oo.
La voix. Sa voix. La voix de ma conscience peut-être. Qui sait ? Tout se mêle. Revenir ? Est-ce envisageable ? Je m'apprête à répondre que non. Mais le nom de Charlie arrive à mes oreilles. Charlie… Petit frère. Ici je ne peux pas te protéger. Ici, il n'y a que moi que je protège. Est-ce suffisant ? Je finis par en douter.
Papa… Toi aussi tu n'es pas là. Je ne peux pas te rassurer. Te dire que tout va bien. Que je vais bien.
Et toi. Toi qui est là. Ta présence flotte autour de moi, embaumant l'air d'un parfum délicat et perceptible seulement par moi. Dois-je me contenter de ce parfum ? Je sais que je veux plus. Tes yeux couleur de l'océan me manquent. J'ai l'impression que ton image s'efface, petit à petit.
Perdrais-je la mémoire en restant ici ? Oublierais-je le rire de Charlie ? Oublierais-je l'étreinte paternel ? T'oublierais-je… Toi ?
Non, je ne peux m'y résoudre. Pas encore. Pas tout de suite. Jamais…
.oO+Oo.
Izzie rompit finalement le contact, à regret. Elle se dégagea lentement, les yeux toujours fermés. Elle récita une prière muette dans son cœur. Prière sans grande signification… Prière désespérée.
Et elle ouvrit finalement les yeux pour se perdre dans un regard chocolaté. Elle esquissa un sourire. Pas de cri. Pas de pleurs. Elle resta quelques secondes à sourire avant de se baisser et de serrer l'homme qu'elle avait veillé tant de nuits, dans ses bras.
« Tu m'as manqué, Don… »
.oO+Oo.
Suis-je au paradis ? Aucune explication ne serait plus probable à mes yeux. Quelle est donc cette quiétude qui m'emplit ? Cette femme est sûrement une fée… Ses longs cheveux blonds me chatouillent le nez, mais je ne bouge pas pour autant, tout à la douceur de cet instant. Enfin, elle s'écarte de moi, et je peux observer plus librement son visage aux traits si familiers. J'attends qu'elle daigne ouvrir les yeux pour revoir le regard si envoûtant qui m'a tant manqué. Ca y est. Nous ne parlons pas. Nous n'avons pas besoin de mots pour nous comprendre. Une étreinte et nous voilà de nouveau complices comme jamais.
« Toi aussi, Izzie, toi aussi… » murmure-je la voix rauque d'avoir si peu parler ces derniers jours.
.oO+Oo.
Une porte qui s'ouvrait à la volée. Une exclamation.
« Mr Eppes ! Vous êtes conscient ! »
Il n'en fallait pas plus pour tirer brusquement Charlie du sommeil. Eppes ? Conscient ? Deux mots clés, qui lui firent tourner la tête vers le lit de son frère, les yeux pleins d'espoir.
Il rêvait… Il avait tellement souhaité voir Don ouvrir les yeux qu'il se représentait la scène jusque dans ses rêves. Mélancolique, il regarda l'agent du FBI se redresser avec l'aide d'Izzie qui lui souriait. Les médecins s'affairaient autour d'eux, posant des questions en tout sens, sans même attendre les réponses. Si seulement cela pouvait se passer ainsi…
Don tourna soudain la tête vers Charlie. Il eut un léger sourire qui tira agréablement ses traits.
« Et bien alors ? Tu ne viens pas dire bonjour à ton grand frère ? »
