Le fil du rêve

Auteur : Lenvy.

Titre : Le renard orange.

Disclaimer : Belongs to Masashi Kishimoto.

Fait en écoutant : Muse – Exo-Politics / Nightwish – 10th Man Down.

Note : Bonjour tout le monde, j'espère que vous avez passé un bon Noël :)Oui, je sais, je suis en retard, pardon. Mais voilà j'ai passé les fêtes dans un petit chalet au centre de l'Ile, à l'écart de la civilisation on va dire, donc je n'avais pas accès à mon PC durant plusieurs jours. Je suis rentrée hier mais j'ai effacé tout ce que j'avais écrit avant de partir, j'étais pas satisfaite. J'ai recommencé ce chapitre neuf fois, ce qui explique mon retard, j'espère qu'il vous plaira…

Le renard orange…

Chacun ses drogues. Lui, c'était les odeurs. Une, peut-être plus particulièrement, et c'était dans ce genre d'aube livide, alors que la pureté de l'air rendait toute leur netteté aux effluves, qu'il pouvait vraiment les apprécier dans toute leur ampleur. Durant toutes ces années à s'entraîner, la puissance de son odorat s'était décuplée, jusqu'à atteindre un niveau que personne ne pourrait imaginer. Sous un prétexte quelconque, il s'attarda devant la porte close de la chambre qui abritait les odeurs tant désirées. Il inspira à plein poumons, profitant du mieux qu'il pouvait de ce trésor proscrit, qui lui était offert pour quelques secondes. Il ferma lentement les yeux, et les odeurs lui parvinrent alors, mêlées, se dévoilant petit à petit, timides. D'abord, l'odeur du bois de la pièce, de l'ébène, une douce odeur qu'il rejeta rapidement, se concentrant sur les autres, ce n'était pas celle-ci qu'il recherchait. Il la distingua alors, celle-, la seule odeur à le mettre dans cet état de panique doublée d'un plaisir inquiétant, l'odeur de son corps endormi. Ce parfum là ne ressemblait à aucun autre, et le jeune homme la respirait avec avidité, concentré sur cette effluve qui n'appartenait qu'a lui, celle qu'il pouvait repérer de loin, de beaucoup plus loin que toutes les autres. Cet arôme chaud et musqué, qui venait si souvent contredire son air froid et lointain. Grâce à son odorat, le corps de l'autre ne pouvait plus lui mentir. Le jeune homme sourit malicieusement, les paupières toujours closes, si jamais il apprenait qu'il avait accès à tant d'informations sur lui, par les simples émanations qu'il dégageait, il ne donnait pas cher de sa peau. Quand il était soumis à une émotion forte, il le savait, malgré le contrôle impressionnant qu'il imposait à son corps, les glandes sudoripares(1) ne mentaient pas. Quand il mentait, paniquait, désirait, frissonnait, quand il était heureux, quand il était en colère, à chaque fois il le savait. Les phéromones(2) qu'il émettaient en sa présence n'étaient qu'un livre qu'il se plaisait à feuilleter avec convoitise, consultant tout ce que l'autre ne voudrait pas que l'on sache, toutes ses émotions cachées, les états d'âme qu'il n'avoueraient jamais, dussent-on le torturer. Et lui, il savait. Durant toutes ces années il avait appris à le connaître, aux dépens de l'autre, obtenant les informations odorantes avec d'autant plus de précision que son odorat s'affinait. Des odeurs plus fragiles comme le discret parfum de ses cheveux ou celle, plus froide, du kunaï où demeurait un peu de sang glissé sous son oreiller lui arrivaient. Parano, hein, pensa-t-il, moqueur.

« Kiba, que fais-tu planté comme ça devant la chambre de Neji ?

Kiba tressaillit, se tournant vers Shino. Il devait faire attention, le maître des insectes était exactement le genre à percevoir de petits détails insignifiants pour d'autres, comme les narines un peu trop dilatées de l'Inuzuka et son air un vague, comme saoulé par le trop-plein d'émotions antonymes que provoquaient ces odeurs en lui. Il haussa les épaules d'un air indifférent et rejoignit l'Aburame qui l'attendait, sur le pas de la porte d'Hinata. Parfois il se demandait si Shino n'avait pas remarqué quelque chose, ce qui était flippant chez ce mec, pardon, de plus flippant chez lui, était de ne jamais savoir ce qu'il regardait, la direction de son regard protégée par les verres de ses lunettes noires, comme deux forteresses impénétrables. Après des années à être dans la même équipe que la jeune Hyûga et à venir la chercher pour s'entraîner presque tous les matins, ils avaient finis par être tolérés dans le domaine de ceux que le jeune homme se plaisait inconsciemment à appeler les scanners sur pattes. Mais il y avait une limite à la bonté et Akamaru lui devait se contenter d'attendre à l'extérieur, les longues plaidoiries enflammées du jeune Inuzuka n'y ayant rien changé. La porte s'ouvrit doucement et une Hinata chaudement habillée sortit, traînant son sac.

- Ah, vous êtes déjà là ? Pardon de vous avoir fait attendre.

- Ce n'est rien, Neji n'est pas encore réveillé ?

- Je ne pense pas Shino, il est rentré après le couvre-feu hier soir, je crois qu'il est resté assez tard chez Shikamaru. Ca vous dit un petit déjeuner ?

- Volontiers.

Quelques minutes plus tard Kiba se ruait avec appétit sur les boulettes de riz que sa coéquipière leur avait amenés, pendant que Shino et Hinata discutaient un peu plus calmement de leurs missions respectives. Une porte coulissa alors, les faisant se tourner d'un seul mouvement.

- Yo, Neji.

- Ohayou Neji nii-san.

-…(3)

- Ohayou.

Ce fut un Neji à l'esprit encore embrumé par le sommeil qui s'avança vers les trois compères, lorsque qu'une ombre orange lui passa dans les pieds, faisant trébucher son corps encore ensommeillé(4).

- Ah, je t'avais oublié toi.

Il s'accroupit à hauteur de l'animal constitué d'une énergie rayonnante, oubliant momentanément qu'il n'était pas seul. Le renardeau orange se dressa sur ses pattes arrières, posa les deux membre antérieurs sur sa cuisse et entreprit de lui lécher affectueusement la joue. Neji le laissa faire, quelque peu hébété. Le commentaire moqueur de Kiba le ramena à la réalité :

- C'est que le Chakra d'Ino t'a adopté on dirait.

- C'est celui de Naruto, le bleu est celui d'Ino.

Il prit l'animal sous le bras et s'avança vers les trois autres, puis le fourra sans ménagement dans les bras de Kiba :

- Tiens, puisque tu sais y faire avec les animaux, occupe-toi en, je vais me préparer. »

De si près Kiba ne pouvait que voir les figures asymétriques qu'avaient formé les plis de son oreiller sur sa peau pâle, la marquant temporairement, et respirer son odeur entêtante qui le prenait aux tripes. Comme un toxicomane se prendrait trop de sa drogue préférée d'un coup, trop vite, trop près, il se sentit défaillir, en suspens entre deux réalités qui se contredisaient. L'air si profondément irrité de sa présence qu'il arborait sans retenue aucune, et cette odeur tiède et accueillante qui émanait de lui et qui lui emplissait les narines. Neji disparut dans sa chambre et ne revint que quelques minutes plus tard, habillé, chaussé et fin prêt. Appuyé sur la porte, il essaya de ne pas sourire devant un Kiba qui tentait vainement d'éloigner le petit renard qui s'essayait obstinément à fourrer son museau dans son oreille, chatouillant le garçon qui lui l'insultait copieusement. L'animal, espiègle, fut finalement relégué à Hinata dans les bras de laquelle il se calma, faisant mine de dormir. Les quatre ninjas sortirent du domaine sous les premières lueurs de l'aube. Shino les quitta, devant rejoindre son équipe de l'autre côté du village, il leur souhaita bonne chance et promit de transmettre leurs encouragements au groupe de Shikamaru. Hinata le regarda s'éloigner, préoccupée. Les deux missions comportaient pas mal de dangers, et elle espérait revoir les six autres compagnons entiers. Sortant de sa rêverie, elle adressa une rapide et muette prière au ciel qui commençait à s'éclaircir et rejoignit les deux garçons qui avaient continué à avancer dans les ruelles du village. Arrivée à leur niveau, elle tapota machinalement la tête d'Akamaru qui jappait, jaloux de ne plus être celui que tout le monde prenait dans ses bras.

Ils passèrent l'immense porte du village en silence, adressant un bref signe de tête à Raidou et Genma qui avaient été mis dans la confidence par Tsunade et continuèrent à marcher, passant les premiers arbres de la forêt. Peu après l'orée du bois, ils parvinrent à un vieux chêne centenaire à moitié déraciné où les trois autres membres de l'équipe les y attendaient. Naruto trépignait d'impatience en donnant des coups de pieds dans une racine sortant du sol, les mains dans les poches en regardant les rainures qui parcouraient le bois comme s'il ne les voyait pas. Lee était assis, plus calme, sur le tronc qui penchait dangereusement vers le sol en regardant Sakura qui se rongeait les sangs en face de lui. Leur arrivée fut saluée par les cris de Naruto qui les accusaient d'être en retard et le soupir de soulagement de sa coéquipière. Un instant, elle s'était demandée si elle n'avait pas rêvé la scène, s'ils allaient vraiment partir pour chercher Sasuke, mais l'air renfrogné de Neji qui appréciait peu de se faire engueuler de bon matin par un Genin hystérique la rassura sur ce point.

« Bonjour tout le monde, content de voir que vous êtes tous là. Naruto tu te calmes où je te vire de la mission. »

La phrase calma immédiatement le blond qui se tut. Neji s'adoucit un peu, remarquant l'état harassé de son compagnon. Est-ce que Naruto avait dormi hier soir ? Il en doutait, certain qu'il avait passé la nuit les yeux grands ouverts, fixés sur le plafond, comptant les heures le séparant du départ de Konoha. Il s'assit par terre, bientôt imité par les autres. Neji fouilla brièvement les sacs, enlevant ce qu'il jugeait inutile à la mission et demanda à Lee de les cacher sous l'arbre, ils auraient l'occasion de revenir les chercher à la fin de celle-ci. Naruto déglutit à ces mots, il avait du mal à imaginer la fin de la mission. Pour lui, tout s'arrêtait a l'instant où il retrouverait Sasuke, il ne parvenait pas à se projeter au-delà de ce moment fatidique.

« Voilà, dit Neji en leur rendant leurs sacs, je n'ai gardé que l'essentiel, on voyagera léger. J'ai conservé un peu de nourriture pour chacun, on va traverser des contrées fertiles, on aura l'occasion de se réapprovisionner à ce moment-là.

Ils acquiescèrent, attendant la suite.

- Durant toute la mission, il faudra rester groupés, c'est très important, s'il y a des adversaires à affronter, on demeure ensemble, quoi qu'il arrive. Et si on parvient à retrouver Sasuke, et que le combat est inévitable, pareil, récupérer Uchiha est la priorité de tout le monde ici, mais la prérogative absolue est de rester en vie. Tsunade-sama a été claire sur ce point, les choses ont changé, il s'agit de retrouver un déserteur, pas un coéquipier. Je sais que nous devons, en tant que ninjas, nous tenir prêts à risquer nos vies pour assurer la réussite d'une mission mais celle-ci est particulière, et il s'agit de revenir vivants au village, que ce soit avec ou sans Sasuke. Compris ?

- Oui.

Le « oui » de Sakura et de Naruto avait été moins affirmatif, eux se sentaient prêts à tout risquer, c'était leur dernière chance, et ils comptaient bien la jouer jusqu'au bout. Neji le sentit et ne dit rien, mais se rappela de garder un œil sur ces deux-là. Ils se relevèrent et Hinata posa avec délicatesse le renardeau par terre. Il commença par vouloir jouer avec Naruto, qu'il reconnaissait à son Chakra, puis devant le refus de celui-ci il entreprit de flairer le sol. Akamaru, amusé par son manège, en fit de même, ne sachant que chercher.

- Tu sembles pensive Hinata, ça va ?

- Oh euh oui Sakura, merci, mais je réfléchissais aux problèmes que risquaient d'avoir Hokage-sama si l'un de nous était gravement blessé durant cette mission, après tout elle n'a rien d'officiel, c'est quand même un gros risque qu'elle prend.

- Ne t'inquiètes pas, mon rôle est de veiller à ce que tout le monde puisse être soigné si les choses tournent mal. »

Hinata acquiesça, un peu rassurée par le ton confiant de la jeune kunoichi. Sakura, elle, la regardait. C'était la première mission qu'elle avait avec Hinata, et elle se rendait compte que cela faisait des années qu'elle fréquentait la jeune Hyûga sans jamais lui parler ou même la remarquer. Certes, elle avait entendu parler comme tout le monde de ses récents progrès ou de son affection pour Naruto mais ça s'arrêtait là. Elle ignorait tout d'elle, comme elle ne connaissait que très peu Tenten, et pourtant elles vivaient dans le même village. Elle se promit silencieusement de profiter de la mission pour y remédier, comme elle allait devoir apprendre à mieux connaître Lee, Neji et Kiba, sans oublier Akamaru, pensa-t-elle en regardant le chien qui observait le petit renard d'un air perplexe. Son regard tomba sur Naruto, concentré sur la matérialisation de son souvenir, espérant de tout cœur qu'elle retrouve la trace de son coéquipier. Il croisa son regard et s'efforça de lui adresser un sourire éclatant. La mission commençait, ce n'était pas le moment de perdre espoir. Pas ici, pas maintenant.

« Oh, regardez, on dirait qu'il a trouvé quelque chose ! s'écria Lee. »

En effet, la créature orange avait commencé à s'éloigner de quelques mètres, la truffe toujours collée au sol. A cette vision le cœur de Naruto et Sakura s'accéléra, menaçant de déborder d'un immense espoir qui leur collait un air visiblement réjoui sur un visage illuminé d'un grand sourire pour le premier, et d'une esquisse plus discrète pour la deuxième. Même Neji ne put s'empêcher de se sentir soulagé que le renardeau turbulent ait trouvé une piste. D'un geste de la main il convia tous les autres à se rassembler autour de lui.

« Bon, écoutez-moi bien, voici notre formation. Elle sera constituée de trois lignes de deux individus et formera précisément un parallélogramme, sous aucun prétexte vous ne devrez la rompre. La ligne de tête comportera Kiba et moi. Naruto et Sakura seront derrière nous et couvrirons chacun un de nos flancs, Hinata et Lee vous serez les derniers. La difficulté à maintenir cette formation résidera dans le fait qu'elle se déroulera sur plusieurs niveaux. Kiba, tu seras placé à ma droite, et tu garderas le renard avec toi, comme tu avais l'habitude avec Akamaru quand il n'étaient encore qu'un chiot. Je compte sur ton flair pour nous prévenir d'éventuelles rencontres. Nous sommes les éclaireurs, et avec mon Byakugan je vais moi aussi m'assurer que le terrain sur lequel nous nous avancerons est sûr.

Neji laissa passer un petit temps, et Kiba hocha la tête pour montrer qu'il avait compris.

- Sakura, tu devras te maintenir à la même hauteur que Kiba dont tu suivras la sillage. Naruto tu avanceras un peu plus bas qu'elle, pour empêcher toute attaque venant d'en bas. Ton rôle sera de couvrir le flanc gauche, comme Sakura couvrira le flanc droit. Lee, toi tu demeureras sur la même ligne que Naruto et moi mais plus haut que Sakura, et tu devras t'assurer que personne ne tente de s'en prendre à elle de par en haut, c'est notre ninja médical, plus que quiconque dans cette équipe elle ne doit pas être blessée. Hinata, tu restes derrière Sakura et tu couvres nos arrières ainsi que ta ligne avec le Byakugan. Ton rôle est difficile et je compte sur toi pour t'en acquitter du mieux possible.

Hinata s'empressa de répondre par l'affirmative, heureuse de voir que son cousin la considérait comme étant sur le même pied d'égalité que tous les autres. De la part de quelqu'un qui l'avait traitée de perdante par le passé, c'était une preuve de confiance énorme. Une fois de plus, Neji reprit la parole.

- La ligne droite sera constituée d'individus alignés alors que la ligne gauche comportera des shinobis placés à différents niveaux. Pour éviter que ceux-ci soient plus vulnérables, Kiba restera un peu en retrait par rapport à moi, ce qui fera que chaque élément de la ligne de droite pourra garder un œil sur son compagnon légèrement plus avancé que lui. Akamaru se charge de notre sécurité au sol, il nous suivra tout en conservant le contact avec Kiba. Vous avez tous compris votre place ? »

Kiba et Lee demeurèrent un instant stupéfaits, l'un par les qualités de leader de Neji, l'autre par la structure qu'il avait mise en place. De la façon dont il les avaient positionnés, il serait très difficile pour un ennemi de les attaquer par surprise ou de leur tendre une embuscade. A tous les niveaux, ils étaient protégés, et Neji avait transformé le défaut de leur nombre en un avantage qui leur permettrait de progresser en assurant leur sécurité. Même Naruto semblait impressionné. Kiba prit le renard qu'il glissa sous sa veste et se plaça aux côtés de Neji. C'était assez étrange comme sensation, le corps de la créature était chaud et pulsait faiblement contre sa peau. D'un seul mouvement, ils quittèrent tous le sol, chacun à leur position, suivant la direction que pointait le museau du petit renard qui flairait l'air froid du matin avec envie, sentant au loin comme quelque chose qui l'appelait. Sasuke.

\Fin du cinquième chapitre/

(1) glandes sécrétant la sueur.

(2) substances chimiques produites dans le but de transporter un message codé de façon moléculaire à d'autres représentants de l'espèce que celui qui l'a émise. Le message, parfois transporté sur plusieurs kilomètres peut-être volatile, et donc perçu par l'odorat, ou agir par contact, perçu au toucher. Les animaux comme les chiens ou même les insectes communiquent beaucoup avec les phéromones. Les phéromones humaines sont produites par la sueur et les sécrétions génitales.

(3) Traduction : « Salut, ça va ? Ravi de te revoir. Tu as bien dormi on dirait. Tu as vu comme il fait beau aujourd'hui ? » Alala Shino, heureusement que je suis là pour traduire, sinon tu pourrais passer pour un glaçon froid et insensible, qu'est-ce que tu ferais sans moi :p

(4) Oui, grande nouvelle, Neji trébuche, le beau Neji, l'inaccessible statue d'or blanc peut perdre l'équilibre, comme il doit aussi se rétamer la gueule parfois. Pourquoi, parce que JE le veux :) (l'auteur part dans ses délires mégalos)