Je suis désolée de cette longue attente !!! Mais mon ordi est tombé en panne, la connexion idem, et depuis, je travaille sur un autre ordi qui ne reconnaissait pas les clés USB. Il a fallu que je télécharge le driver… Si vous avez rien compris c'est normal ! Gardez juste à l'esprit que j'ai eu un mal de chien à vous mettre ce chap !!!
Je vais tenter de poster des chapitres plus régulièrement, vu que j'écris pendant mes cours… Oui, je sais, mais mes cours sont d'un ennui… Vous inquiétez donc pas !
Petit résumé qui s'impose (pour ceux qui suivraient encore ma fic) : Hermione est attaquée un soir par Voldy et est sauvée par Severus. Autre rescapée, Amélie de Chatres une adorable petite fille de 4 ans. Celle-ci parvient à conquérir tout Poudlard, et considère Sevie et Mione comme ses parents. Pansy Parkinson change de camp, Ginny et Drago folâtrent dans la salle de bains des Préfets, et Hermione devient Assistante de Severus, ce qui finit par les rapprocher peu à peu. Amélie tombe malade et transmet sa maladie à Sevie…
Je sais pas si j'ai gardé mes lecteurs, mais je vais quand même répondre à quelques questions qui reviennent régulièrement : il y a bien un couple Hermione et Severus, mais il se forme tout lentement. Laissons le temps à l'amour de faire sa sauce ! Quant à Ginny et Drago, le couple n'est pas encore formé, mais il faut que Dray change quelque peu. Vous ne croyez pas ? Bon, place à la lecture !
Chapitre 11 : Hermione Professeur
Quand Hermione vit arriver le Professeur Rogue, elle sut immédiatement qu'il était malade.
- Il a une tête de déterré, pensa-t-elle. Il a dû contracter la fièvre d'Amélie.
Plusieurs élèves le regardèrent curieusement. Hermione était quasiment sûre qu'il n'était pas en mesure de faire cours.
- Quelle tête de mule ! murmura-t-elle, furieuse.
- Qu'y a-t-il, Mione ? chuchota Harry.
- Il a dû attraper la fièvre de la petite. Et bien entendu, il n'admet pas sa maladie.
- Tu le connais. Laisse-le faire. Il ne s'en prendra qu'à lui-même s'il lui arrive quelque chose.
- Potter ! Cinq points de moins pour Gryffondor ! Taisez-vous donc !
Harry et Hermione échangèrent un regard et le jeune homme grimaça. Hermione esquissa un sourire discret. Severus s'efforçait de faire son cours normalement, mais il se sentait de plus en plus faible. Sa vue se brouillait et il frissonnait, mais il ne savait pas si c'était de froid ou d'autre chose.
Hermione était de plus en plus inquiète. Elle finit par lever la main.
- Granger. . .
- Vous êtes sûr que vous allez bien, Professeur ?
Il la foudroya du regard.
- Mêlez-vous de vos affaires ! Et si. . .
Le Professeur s'interrompit brusquement. Il vacilla et se retint in extremis à son bureau. Hermione bondit et s'avança en courant vers lui. Elle le soutint et toucha son front.
- Vous êtes brûlant de fièvre.
- A quoi tu joues, Granger ? demanda Malefoy.
- Tu vois bien que ton Directeur de Maison est malade ! Amène-le à l'infirmerie au lieu de chercher la merde !
- Tu n'as pas d'ordres à me donner, Granger !
- C'est de ton Professeur qu'il s'agit, imbécile heureux !
- Espèce de…
- Oh, la ferme, Drago ! intervint Pansy. Emmène Rogue à l'infirmerie sans discuter pour une fois !
Malefoy la fusilla du regard, mais il finit par se lever et soutint son Professeur. Ils sortirent de la classe. Hermione se tourna face à ses condisciples.
- Le Professeur Rogue étant indisposé, je vais donc le remplacer.
- Tu veux le remplacer ? s'écria Milicent Bulstrode, incrédule.
- Ça te pose un problème, Bulstrode ? répliqua froidement la Gryffondor.
- Tu n'as pas tous les droits dans cette classe, Granger, intervint Goyle.
- Au cas où tu l'aurais oublié, espèce d'armoire sans cervelle, je suis l'Assistante du Professeur Rogue, et donc totalement apte à le remplacer. D'autres objections ?
Personne n'osa la contredire, et les Gryffondors avaient un sourire ravi sur le visage. L'Assistante le remarqua et sourit intérieurement et reprit le cours où Severus l'avait laissé.
Une fois le cours terminé, elle se retrouva face à un dilemme : devait-elle continuer à enseigner aux autres classes ? Ou aller en cours ? Ce fut le Professeur Dumbledore qui la tira de ses pensées.
- Belle initiative, Miss Granger. Vous avez brillamment pris la place du Professeur Rogue.
- Je n'ai fait que mon devoir.
- Serait-ce trop vous demander d'enseigner aux autres classes pendant la maladie de Severus ?
Hermione était indécise.
- Je ne sais pas. Il y a tous mes autres cours, et je ne sais pas forcément où s'en est arrêté le Professeur Rogue dans sa progression de cours avec les autres.
- Allons, allons. Vous êtes son Assistante, vous le savez forcément. Et reférez-vous en à vos années passées. Quant à vos cours, Monsieur Potter les prendra pour vous, et vous n'avez qu'à demander au Professeur McGonagall de vous expliquer les sujets que vous ne comprenez pas.
- Dans ce cas, j'accepte volontiers.
- Bien, à midi, j'annoncerai votre remplacement. Rassurez-vous, le Professeur Rogue se rétablira bientôt.
- Je l'espère bien. Je vous avoue que je ne suis pas très rassurée.
- J'ai totalement confiance en vous.
Tout le Collège fut au courant de la maladie du Professeur de Potions et du remplacement de son Assistante bien avant midi. Cependant, Hermione se demandait comment elle allait assurer le cours de DCFM. Elle n'avait pas du tout les compétences requises pour enseigner cette matière, contrairement aux Potions, même si elle avait assuré les cours des Première Année le matin-même. Elle intercepta le Directeur avant qu'il n'entre dans la Grande Salle.
- Professeur Dumbledore ! Attendez !
- Ah, Miss Granger ! Alors comment s'est passée votre première experience de Professeur?
- C'était très intéressant mais… Je ne crois pas pouvoir assurer le cours de Défense. J'ai trop peu de connaissances !
- Je ne dirai pas ça, Miss Granger. Vous avez énormément de connaissances. Néanmoins, vous avez raison. C'est l'expérience qui vous manque en Défense. J'assurerai moi-même les cours. Cela vous laissera une heure libre à chaque fois, vous en profiterez pour rattraper les cours.
- Merci, Professeur.
L'annonce du Directeur fut bien accueillie, et donnait officiellement à Hermione son statut de Professeur remplaçante. Il annonça également qu'il assurerait les cours de DCFM pour alléger la Préfète dans ses tâches. Les Gryffondors étaient ravis que leur Préfète-en-Chef soit leur nouveau Professeur, soulagés de ne pas avoir Rogue, même pour une courte période.
La jeune fille ayant une partie de l'après-midi libre, elle décida d'aller voir Severus à l'infirmerie. Elle y entra silencieusement et vit Mme Pomfresh.
- Bonjour Mme Pomfresh.
- Miss Granger. Vous venez prendre de ses nouvelles ?
- Oui.
- Oh… Il est insupportable. Je le renvoie dans ses appartements ce soir. Il a besoin de repos. Ces derniers temps, il a beaucoup travaillé, et est très fatigué, ce qui l'a fragilisé aux virus qui circulent dans cette école.
- Je vois. A vrai dire, je m'en doutais un peu.
- C'est vous, Granger ? s'éleva la voix du concerné derrière un paravent.
Hermione sourit et s'approcha du lit.
- C'est moi. Comment allez-vous ?
- Ça ira mieux quand cette vieille chouette me laissera sortir.
- Vous ne vous êtes pas vu, vous, la chauve-souris des cachots ! répliqua l'infirmière du tac au tac.
Hermione rit.
- Allons, Professeur Rogue ! Mme Pomfresh vous laisse sortir ce soir. Mais vous avez encore besoin d'une semaine de repos.
- Fadaises ! Je vais parfaitement bien ! Qui assure mes cours ?
- Moi pour les Potions et Dumbledore en DCFM.
- Je vois d'ici la joie de vos condisciples de Gryffondor.
- Mais enfin, qu'avez-vous donc contre les Gryffondors ?
A ce moment, Ginny entra dans la pièce accompagnée d'Amélie.
- Désolée de vous déranger, mais Amélie voulait absolument voir son Sevie.
- Weasley, ne profitez pas de la situation !
- Sevie ! Tu es là !
La petite grimpa sur le lit aidée d'Hermione et se blottit dans les bras de Severus. Les deux Gryffondors échangèrent un regard et faillirent éclater de rire.
- Amélie ! Alors, comment vas-tu ? demanda Severus, radouci.
- Zinny m'a lu une histoire, mais tu n'étais pas avec moi !
- Je te lirai la suite de l'histoire ce soir. D'accord ?
- Oh oui ! Avec Maman ?
- Avec elle, hésita Severus.
- Tu veux bien être mon Papa ?
Severus s'étrangla, Hermione s'empourpra et Ginny et l'infirmière furent prises d'un fou rire incontrôlable.
- Mais enfin… bafouilla Severus.
- Dis oui ! Mione est ma Maman et tu es mon Papa !
Severus regarda Hermione qui finit par hausser les épaules. Amélie finissait toujours par avoir ce qu'elle voulait. Et elle ne lâchait pas prise.
- Bon, si tu veux, se résigna Severus.
- Ouaiiiiiiiis ! On est une famille !
Amélie prit la main de sa « Maman » et la mit dans celle de son « Papa ». A ce contact, tous deux sursautèrent et Hermione voulut retirer sa main, mais Severus la retint dans la sienne. Il lui adressa un regard d'avertissement. Si elle retirait sa main, Amélie ne comprendrait pas et serait blessée si ses « parents » n'avaient aucun contact.
Severus regarda Ginny, effondrée de rire.
- Weasley !
- Oui, Professeur ? répondit-elle, en essayant de se calmer.
- Ramenez donc Amélie dans sa chambre. Granger vous rejoindra.
La Gryffondor regarda Hermione et son Professeur, amusée, puis tendit la main à la petite fille.
- Tu viens, Amie ? Harry viendra te garder cet après-midi.
- Oh oui ! A ce soir, Papa !
Ginny quitta la pièce sur un éclat de rire. Hermione voulut retirer sa main, mais Severus ne la laissa pas faire. Il soupira.
- Cette gamine va me rendre fou. Elle profite de ma fièvre.
- Il s'agit d'Amélie, ne l'oubliez pas. Euh… Puis-je récupérer ma main ?
Severus baissa les yeux sur leurs doigts entrelacés. La peau d'Hermione était incroyablement douce malgré les gants rêches qu'elle devait porter en Botanique, et les ingrédients qu'elle devait manipuler en Potions.
- Non. Laissez-moi profiter encore un peu de votre présence… Votre main est douce…
La jeune fille rougit.
- Vous ne pensez pas ce que vous dites. La fièvre vous fait délirer.
Il la lâcha.
- Sans doute. Allez donc rejoindre Weasley. Vous avez une heure de libre avant d'aller accueillir les Quatrième Année de Serdaigle et Pouffsouffle.
Hermione se hâta de quitter l'infirmerie, mal à l'aise. L'homme se radossa à ses oreillers une fois qu'elle eût quitté la pièce et soupira. Il était de plus en plus sensible aux efforts qu'elle faisait dans son travail et dans ses études, en plus d'Amélie. Il savait parfaitement qu'il n'avait pas un caractère facile, mais Hermione gardait son sang-froid, sans jamais se mettre en colère, et obéissait aux ordres sans rechigner. Elle souriait même quelquefois. La jeune fille prenait une place importante dans sa vie, tout comme sa protégée. Parfois, il souhaitait que la petite et la Gryffondor constituent vraiment sa famille. Il étouffa un juron. Pas de doute : la fièvre le faisait délirer.
Hermione ne pensait pas que le métier de Professeur fut si fatigant. Elle n'eut pas le loisir de repenser à ce qu'il s'était passé dans l'infirmerie avec Severus, mais une fois de nouveau seule dans son bureau – le bureau de Severus – le comportement de son Professeur lui revint en mémoire. Se pouvait-il qu'il éprouvât quelque chose pour elle… Ou commençait-il à l'apprécier ? Il restait civilisé… Mais quelquefois… Elle se souvint d'une séance de travail avec lui, peu avant Noël. Ce soir-là, il lui avait massé les épaules, alors que son dos était raidi par plusieurs heures d'études. Il y avait aussi la fois où il l'avait embrassée après son agression. Son cœur s'emballa, ses joues la brûlèrent. Severus l'avait serrée contre lui et embrassée passionnément, annihilant toute pensée consciente en elle.
Elle sursauta quand on frappa à la porte.
- Entrez !
- Ah, Miss Granger, je pensais bien vous trouver ici.
- Professeur Dumbledore… Harry ?
- J'ai croisé Harry en venant ici.
- J'ai tes cours.
- Oh, merci Harry.
- Par contre… Il manqué Histoire de la Magie, comme nous n'avons plus ces cours avec Ron.
- Je demanderai à Parvati ou à Neville. Ne t'en fais pas. Et en ce qui concerne Arithmancie… Hannah de Pouffsouffle acceptera de me les prêter.
- Tant mieux si tu arrives à te débrouiller.
Hermione sourit et se tourna vers le Professeur.
- Que puis-je faire pour vous, Professeur Dumbledore ?
- Je voulais juste vous demander si votre journée s'était bien passée.
- A merveille. J'ai juste collé une interrogation écrite aux 5ème Année de Serpentard et Gryffondor pour turbulence. Comment le Professeur Rogue fait-il pour garder le silence ?
- Avec sa tête de zombie, sans doute, murmura Harry.
- Harry… réprimanda Hermione en regardant discrètement le Directeur.
Celui-ci regardait innocemment le plafond.
- Je n'ai rien entendu. Rendez-vous dans la Grande Salle ce soir.
- A ce soir, répondirent en chœur les deux Gryffondors.
Le vieil homme les quitta. Harry se tourna vers son amie.
- Alors, ça fait quoi d'être Prof ?
- C'est épuisant. Maintenant je comprends Rogue quand il nous traite d'ignorants.
- Mione, tu exagères…
- Non, je t'assure. Un Pouffsouffle de 4ème Année m'a demandé à quoi servait la racine de mandragore. Harry, on apprend les propriétés de la mandragore en 2ème Année.
- Tu parles d'un Pouffsouffle, là, contra Harry.
- Bon, alors comment tu expliques qu'un Serpentard de 5ème Année a fait exploser sa Potion de Sommeil ? Sachant que je n'ai fait qu'une révision, et que cette Potion est enseignée en 2ème Année. Et tu sais aussi bien que moi que les Serpentards sont aussi intelligents que les Serdaigles dans cette école.
- Pas aussi intelligents que toi, Mione.
La jeune fille sourit.
- Arrête de dire des bêtises. Quoi qu'il en soit, je ne critiquerai plus Rogue sur sa manière d'enseigner.
- Libre à toi de faire ce qui te plaît, mais ne te mets pas Gryffondor à dos.
- Ne t'en fais pas. Allons dîner, tu veux ? Je meurs de faim.
Le Professeur Rogue était revenu dans sa chambre, après avoir rendu Mme Pomfresh à moitié folle. Ginny avait rendu Amélie à son Sevie, et les laissa. Amélie se blottit contre son « père » et s'endormit. Severus, épuisé et fiévreux, ne tarda pas à s'assoupir. Ce fut dans cette position qu'Hermione les trouva un peu plus tard. Elle sourit, attendrie. Amie était absolument adorable. Même Severus avait cédé à son charme.
Hermione prit précautionneusement la petite fille dans ses bras et la porta dans son lit. Amélie ouvrit les yeux.
- Maman…
- Chut, rendors-toi mon petit ange.
Rassurée, la petite se rendormit. Puis, Hermione retourna dans la chambre de Severus. Elle réajusta les couvertures, mais il se réveilla.
- Pardon de vous avoir réveillé, murmura-t-elle.
- Ce n'est rien. Où est Amélie ?
- Elle dort dans sa chambre. Comment vous sentez-vous ?
- Fiévreux.
- Je vais préparer votre Potion.
- Inutile.
Hermione se retourna, les poings sur les hanches, le regard étincelant.
- Professeur, dois-je vous rappeler que vous êtes malade ? Si vous voulez rapidement guérir et retrouver vos classes…
- Qui vous dit que j'ai envie de les revoir ? A ce que m'a dit Dumbledore, vous vous débrouillez à merveille.
- Vous n'allez pas vous en tirer si facilement ! Je ne suis pas Professeur, seulement Assistante. Alors faites-moi le plaisir de boire cette fichue Potion !
Ils s'affrontèrent du regard. Hermione n'allait pas capituler. Severus se demandait s'il allait la laisser faire, mais il se sentait trop faible pour s'engager dans une joute verbale avec la jeune fille, têtue de surcroît. Il soupira.
- Donnez-moi cette Potion, qu'on en finisse !
Elle esquissa un sourire satisfait, et lui tendit un gobelet. Ce faisant, la manche de sa robe se releva, et Severus put voir son poignet strié de marques violacées. Il se souvint que le matin-même, il lui avait fait mal.
- Je suis désolé.
Hermione suivit son regard et découvrit son poignet. Elle haussa les épaules.
- Ne vous en faites pas pour ça. Vous n'étiez pas vous-même. Maintenant, essayez de dormir, je vais corriger quelques copies. Je crois que vous n'avez pas encore corrigé nos essais sur le Veritaserum. Je vais m'y mettre.
- Vous n'êtes pas qualifiée pour corriger les 7ème Année.
- Je vous laisserai noter ma copie !
Elle sortit avant qu'il n'ait eu le temps de répondre. Il la maudit silencieusement, mais la Potion faisait effet et il ne tarda pas à s'endormir.
Ginny était dans la pièce quand Hermione sortit de la chambre.
- Ah Ginny, j'allais te voir justement.
- Je m'en doutais. Tu vas t'installer ici pendant deux ou trois jours, n'est-ce pas ?
- Comment l'as-tu deviné ?
- Eh bien, tu as voulu rester ici quand Amie est tombée malade, mais Rogue n'a pas voulu. Et maintenant, c'est lui qui est KO. Et comme tu dois t'occuper de ses cours, de tes cours à rattraper, et d'Amélie, il sera plus simple pour toi de rester au lieu de faire des allers-retours dans le Château en pleine nuit.
- En effet. Si tu pouvais me ramener quelques vêtements de rechange et mes affaires de cours…
- J'y vais.
- Tu pourras également demander à Neville ses cours d'Histoire ?
Ginny haussa un sourcil.
- Tu penses sérieusement que quelqu'un a suivi le cours d'Histoire ? Hermione, tu es la seule élève de Poudlard qui prend les cours de Binns en note.
- Ce cours figure aux BUSE et aux ASPIC, je te signale.
- Je sais, mais personne ne se soucie des révoltes de Gobelins… Surtout qu'il suffise que tu inventes des noms de Gobelins du genre… Urgh le Barbare pour que ça passe. Ron le fait bien.
- Je ne suis pas Ron.
- Heureusement pour toi ! Bon, je vais chercher tes affaires.
Ginny se dirigea vers la chambre de son amie et rassembla rapidement ses cours et des vêtements ainsi que des sous-vêtements de rechange. Mais en sortant de la chambre, elle tomba sur la dernière personne qu'elle souhaitait voir.
- Tiens, Weasley ! s'éleva la voix glaciale.
Elle se raidit, et tenta de passer sans lui faire attention, mais il se mit devant elle.
- Que veux-tu, Malefoy ?
- Te parler. Nous n'avons pas fini la conversation de l'autre jour.
- De quoi tu parles ?
- Allons, ne me force pas à te rappeler notre interlude dans la salle de bains des Préfets.
- Ce fut un regrettable incident que je préférerais oublier.
- Regrettable ? Pas pour moi en tout cas.
Drago se gifla mentalement pour cette phrase qu'il n'avait pas préméditée. Mais il perdait tous ses moyens devant Ginny. Depuis l'épisode de la salle de bains, il gardait ses distances avec la bande à Potter, et particulièrement Ginny Weasley. Il était hanté par son corps de rêve et le souvenir de ses baisers prodigués par ses lèvres sucrées.
Celle-ci était excédée. Elle soupira.
- Ecoute Malefoy. Je n'ai pas le temps pour tes petits jeux. Hermione m'attend, et elle va s'inquiéter si je ne reviens pas.
- Tu es le larbin de Granger, maintenant ?
Les yeux de la Gryffondor étincelèrent.
- Tu es complètement à côté de la plaque, Malefoy !
Puis sans rien ajouter, elle le contourna et rallia les cachots pour retrouver Hermione. Elle était encore furieuse quand Hermione récupéra ses affaires.
- Que s'est-il passé ? C'est Malefoy ?
- Qui d'autre ?
- Franchement, ne fais pas attention à lui. Depuis ma 1ère Année, je l'ignore. Il se fatiguera tout seul.
- Mmm… S'il se fatigue un jour. Je n'ai jamais vu un fils à papa aussi insupportable !
Elles rirent toutes les deux. Hermione reprit son sérieux.
- Retourne à la Tour. C'est bientôt l'heure du couvre-feu.
- Tu as raison. Bonne nuit, Mione.
- Bonne nuit, Gin.
Hermione ne se coucha pas tout de suite. Elle vérifia qu'Amélie dormait bien, puis alla dans la chambre de Severus. Lui aussi dormait à poings fermés. Elle resta là à le contempler un moment, puis elle sourit. Severus donnait un visage différent quand il dormait. Il était plus détendu et semblait moins sévère. La jeune fille détaillait les traits familiers : le front haut, les sourcils bien dessinés, les pommettes saillantes, les lèvres fines et douces… Oh là, ses réflexions prenaient un fil dangereux. Puis, elle s'attarda sur le nez crochu… Elle fronça les sourcils. Quelque chose clochait. Le nez… Il semblait transparent… comme si…
Hermione sortit sa baguette.
- Finite Incantatem, murmura-t-elle.
Elle écarquilla les yeux. Ce n'était plus Severus Rogue devant elle. Le même front haut, mais des traits plus doux, moins froids et anguleux. Elle sortit précipitamment de la pièce. Pourquoi le Professeur Severus Rogue éprouvait-il le besoin de se cacher derrière un Sortilège de dissimulation d'apparence ? Et depuis tant d'années ? Et si elle lui demandait ? Elle se gifla mentalement.
« Mais oui Hermione ! Il va t'envoyer bouler si vite que tu vas rien comprendre ! » Cependant, une petite voix lui dit que Severus allait sûrement se rendre compte que son Sortilège avait été enlevé. « Et s'il mettait ça sur le compte de sa fièvre ? » Elle secoua la tête. « Ce n'est pas un imbécile ! » Hermione soupira. Autant l'affronter. De toute façon, elle n'avait pas l'habitude de fuir devant les problèmes.
Elle alla se doucher dans la salle de bains attenante à la chambre d'Amélie, enfila un pyjama en flanelle et s'installa devant les parchemins de ses amis. Elle sourit quand elle vit la copie de Neville. Celui-ci craignait tellement Rogue que son écriture en tremblait. Elle la parcourut rapidement.
- Oh Neville… murmura-t-elle. Tu n'es vraiment pas doué en Potions.
Elle fut obligée de mettre un D. « Désolant », à son grand malheur, c'était tout ce que méritait Neville. Quand elle tomba sur l'essai de Malefoy, elle fut tentée de mettre un T pour Troll, mais elle reconnut qu'il était très intelligent, et lui attribua un A pour Acceptable.
La jeune femme continua sa correction jusqu'à tard dans la nuit. Les copies de Ron et Harry se ressemblaient étrangement, mais elle savait qu'ils avaient travaillé ensemble, et leur attribua un E pour Effort exceptionnel. Ça les changerait du D. Elle se rendit compte que Rogue n'était pas très objectif dans sa notation. Il faudrait qu'elle lui en touche un mot. A condition qu'il ne l'ait pas tuée avant.
Vers une heure du matin, elle prit une couverture dans l'armoire d'Amélie, sans la réveiller, et s'installa sur le canapé. Celui-ci était confortable, ce qui était étonnant si on connaissait l'austérité du Maître des Potions. Elle s'endormit très vite.
Hermione se réveilla à 6h30, comme à son habitude. Elle n'avait jamais eu besoin de réveil, et son horloge interne la réveillait à 6h30, sauf le week-end, ou quand elle était très fatiguée, comme la fois où elle avait dormi jusqu'à 11 heures, avant les vacances de Noël. Elle s'assit et s'étira longuement. Puis, d'un coup de baguette, elle ranima le feu et alla dans la chambre d'Amélie. La petite dormait toujours. La jeune fille rajusta la couette et passa dans la chambre de Severus. Elle eut un choc quand elle le vit, et se remémora la découverte de la veille. « Bon sang, Mione ! Reprends-toi ! C'est Rogue, pas un inconnu ! »
Elle s'approcha et le borda, la couverture ayant glissé pendant la nuit. Puis, elle toucha son front. La fièvre avait baissé. Elle retira sa main, mais Severus lui attrapa le poignet sans serrer, les yeux toujours fermés. Elle ne manifesta pas sa surprise.
- Je vous ai réveillé ?
- Non, murmura-t-il. Je le suis depuis un moment déjà.
- Pourquoi ne me l'avez-vous pas dit ?
Il ouvrit les yeux. Elle sursauta quand elle vit ses yeux bleu nuit et non noirs, comme elle les connaissait. Severus fronça les sourcils devant sa réaction.
- Quelque chose ne va pas ?
- Tout va bien, nia-t-elle. Votre fièvre a baissé, mais il vaudrait mieux que vous vous reposiez encore une journée.
- Je suis en forme.
- On peut demander l'avis de Mme Pomfresh si vous désirez. Vous risquez une rechute.
Severus soupira.
Hermione, vous êtes redoutable.
- Je sais, sourit-elle. Et maintenant, je sais que vous êtes vraiment Severus Rogue, et non un inconnu !
Elle sortit, le laissant interloqué.
- Mais qu'est-ce qu'elle raconte ? se demanda-t-il tout haut.
Puis, pris d'un sombre pressentiment, il se leva, et alla dans la salle de bains.
Hermione se demandait si elle avait raison de prendre les devants ainsi. Et puis, le connaissant, autant le faire tout de suite que d'attendre qu'il le découvre de lui-même. Elle se mit à compter à rebours en sortant de la chambre.
- … Cinq, quatre, trois, deux, un…
- Granger ! hurla Severus en sortant comme une furie.
- Tiens, c'est Granger, maintenant ! s'amusa-t-elle.
- Je n'ai pas envie de rigoler ! Qu'avez-vous fait ?
- Rien du tout ! Votre sort d'illusion s'estompait, et j'ai lancé un Finite. Le plus dur sera de l'expliquer à Amélie. Bien sûr, vous pouvez me donner une explication aussi.
- Vous n'êtes qu'une sombre imbécile ! Ce camouflage…
- Camouflage ? Ne me sortez pas cette histoire d'espion ! Vous êtes grillé devant Voldemort !
- Et les missions pour l'Ordre ?
Hermione se tut. Il avait raison. Elle se calma.
- Quoi qu'il en soit, votre sort s'estompait. Je ne me trompe pas en affirmant qu'il était lié à votre état de santé ?
Severus se calma également.
- Oui. Tant que je ne suis pas malade, le sort reste en place.
- Vous pouvez le relancer. Je ne vois pas pourquoi ça vous dérange tant que j'ai découvert votre secret.
Il se mit à grogner quelque chose. Hermione sourit.
- Vous ne voulez pas qu'on voie votre véritable apparence ! Vous êtes tellement différent ! Et franchement beau !
Elle éclata de rire devant sa tête. Puis un bruit lui fit tourner la tête.
- Amélie !
- Maman ! C'est qui le monsieur ?
- C'est ton Sevie.
- Papa ?
- C'est moi.
- Tu te déguises ?
La Gryffondor éclata de rire. Severus la fusilla du regard.
- Euh, pas vraiment. Mais je vais arranger ça.
- Et moi, je vous laisse. J'ai corrigé les copies, mais je vous laisse la mienne. Si vous pouviez y jeter un coup d'œil pour que je les rende cet après-midi…
- Je regarderai. J'espère que vous n'avez pas surnoté vos amis…
- J'ai donné la note qu'ils méritaient. Je n'ai pas distribué des D et des T à la pelle.
- Dois-je me sentir visé ?
- A vous de voir.
Elle quitta la pièce. Severus regarda Amélie.
- Tu as faim ?
- Oh oui ?
- Bon, je vais commander un petit-déjeuner aux Elfes.
Il réfléchit toute la matinée. Il avait replacé le sort d'Illusion sur lui. Ça l'ennuyait qu'Hermione ait découvert son secret, mais il ne pouvait s'empêcher de se sentir plus léger. Depuis quelques semaines, l'avis de la Gryffondor comptait de plus en plus pour lui. Non, c'était inexact. Sa présence et son esprit prenaient de plus en plus de place. Hermione était intelligente, drôle, et investie dans ce qu'elle faisait. Et elle était merveilleuse avec Amélie. Il restait qu'elle était trop Gryffondor à son goût.
La petite avait vu en elle et Severus des parents de remplacement, sans oublier le fait qu'elle adorait Potter. Il faudrait compter avec lui s'il décidait de l'adopter. Adopter Amélie… Pourquoi pas ? Hermione serait sans doute d'accord pour tenir le rôle de la Maman…
Le prochain chapitre s'intitule la Saint-Valentin. Je sens qu'il va vous plaire ! Bisous tout le monde !!!
