Bonjour tout le monde ! Non, non pas taper l'auteur sur la tête… NON ! Rangez vos tomates et vos œufs ! Quelques petites explications pour mon retard phénoménal : panne d'ordinateur suivie d'une panne de ma connexion Internet, ça vous va ? Sans ça, ça ferait deux bonnes semaines que ce chapitre serait en ligne !
Bref, pour me faire pardonner, ce chapitre est long, 26 pages dans Word ! J'ai passé un après-midi entier pour vous le taper !
Merci à tous mes revieweurs qui m'encouragent !
Bon, assez bavardé et bonne lecture !
Chapitre 12 : La Saint – Valentin
Hermione récupéra les parchemins. Le sien était au-dessus de la pile.
« Optimal ? Vous ne m'avez jamais donné cette note.
« J'ai été plus impartial aujourd'hui. Vos devoirs méritaient toujours un O.
« Et je n'ai jamais dépassé le A.
« Il faut bien que je préserve ma réputation. Vous êtes bien plus impartiale que moi.
« Professeur Rogue, je suis peut-être Gryffondor, mais je reste juste. Je reconnais que Malefoy est intelligent, mais rien ne mérite O dans son devoir.
« Je sais. Ne leur dites pas que vous avez noté ces essais. Malefoy serait capable de monter les Serpentards contre vous.
« Je n'ai pas l'intention de me laisser faire par lui. De toute manière, ils reconnaîtront mon écriture. Ils ne sont pas stupides.
« Alors précisez – leur que vous avez mon aval.
« Bien entendu.
Quand Hermione arriva aux cachots de Potions, ses amis étaient déjà là.
« Désolée de vous avoir fait attendre. Je réglais une dernière chose avec le Professeur Rogue.
« Il n'y a pas de mal, répondit Harry. Il va mieux ?
« Oui. Il sera de retour demain.
« Déjà ? Il ne peut pas rester cloué au lit plus longtemps ? demanda Ron.
« Non Ron, rit la jeune femme. Tant pis. Allez, rentrez.
Tout le monde rentra, les Serpentards toujours réticents de l'avoir pour professeur.
« Les essais ont été corrigés. Il y a quelques erreurs mais rien de bien grave. Harry, Ron, c'est assez bien, vous arrivez à peu près à vous débrouiller, à deux sur un même devoir. Neville, je suis désolée, mais tu as encore besoin de travailler. Pansy, c'est acceptable. Malefoy… Tu t'en sors bien…
« Ne me dis pas que c'est toi qui as corrigé nos essais ! s'exclama le Serpentard.
« En quoi ça te dérange ?
« Et Rogue t'a laissée faire ?
« Oui. Et il a corrigé ma copie, comme il a vérifié vos notes.
« Oh, et puis-je savoir combien tu as eu ?
« J'ai eu un O.
« Comme par hasard !
« Je commence à en avoir assez de toi Malefoy ! cria Hermione, excédée. Tu m'en veux pour avoir obtenu ce poste, et tu ne supportes pas qu'une Sang-de-Bourbe comme moi réussisse là où tu as échoué !
« Alors là, tu rêves Granger. Tu ne m'arrives pas à la cheville !
« Ton égocentrisme est à la mesure de ta grosse tête. Cinq points de moins à Serpentard !
Malefoy se leva, et s'avança, menaçant vers Hermione. Celle – ci se réfugia derrière le bureau.
« Retourne tout de suite à ta place !
« Non.
Pansy se leva également.
« Laisse Hermione tranquille !
« Toi la traîtresse, tu la boucles !
Pansy lança un regard implorant vers Ron et Harry. Celui-ci avait sorti sa baguette et s'avança vers Malefoy.
« Tu vas trop loin, Malefoy. Laisse Hermione tranquille.
« Sinon quoi ?
« Tu as déjà fait trop de mal. Je ne te laisserai pas la toucher une fois de plus.
« Oh, tu protèges ta petite copine, Potter ?
Les deux garçons se défiaient du regard. Hermione ne savait plus quoi faire. La situation avait complètement dérapé, et elle n'avait aucune influence sur Malefoy. Si seulement le Professeur Rogue…
Les Gryffondors s'étaient levé et faisaient front contre les Serpentards. Hermione capta le regard de Pansy.
« Professeur Rogue, articula –t – elle silencieusement.
Pansy hocha la tête et sortit discrètement.
« Ça suffit ! reprit Hermione tout haut. Expell…
« Reflexio ! lança Malefoy.
Harry voulut protéger Hermione et lança un bouclier. La bagarre se déclencha, Gryffondor contre Serpentard. Malefoy ne visait qu'Hermione, et elle se défendait tant bien que mal, défendue par Harry. Mais un expelliarmus la toucha et la propulsa sur le mur à côté de la porte, au moment où Pansy revenait avec le Professeur Rogue. Celui-ci pâlit de colère en voyant Hermione inconsciente, blessée à la tête.
« CA SUFFIT ! rugit – il.
Les élèves se figèrent.
« Qui a commencé ?
Personne ne répondit, mais les yeux des Gryffondors désignaient Malefoy. Comme par hasard.
« Alors, il suffit que je m'absente deux jours pour que ça dégénère. La délégation que j'ai donnée à Miss Granger, approuvée par le Professeur Dumbledore ne vous a pas suffi. Malefoy, un mois de retenue à partir de ce soir avec Rusard. Potter, retenue avec moi pendant une semaine. Et vous, Parkinson et Weasley, emmenez donc Miss Granger à l'infirmerie. Je reprends le cours dès maintenant.
« Professeur ! protesta Malefoy.
Severus le fusilla du regard.
« Encore un mot, et je vous colle jusqu'à la fin de l'année, murmura – t – il dangereusement. Le cours est terminé.
Harry, à ces mots, fonça à l'infirmerie. Malefoy sortit rageusement. Severus soupira et rangea sa salle. Hermione n'avait aucune autorité sur les Serpentards et il le savait. Il pensait cependant que tant que Dumbledore et lui – même surveillaient les Serpentards, elle n'aurait pas de problème. Ils s'étaient trompés. Malefoy était plus vil que jamais, il faudrait se méfier de lui. Il décida d'aller voir Hermione.
Hermione avait repris conscience quand Mme Pomfresh avait nettoyé sa blessure.
« Que s'est – il passé ?
« Oh Hermione, je suis désolée, commença Pansy.
« Hey, ce n'est pas ta faute, dit Ron. Tu n'es pas responsable des actes de Malefoy.
La jeune fille le regarda.
« Nous devons assumer les actes de chaque membre de notre Maison. Tout ça se répercute sur les points que nous perdons. Ne me dis pas que tu ne l'as jamais remarqué.
« Désolé, rougit Ron.
« Dites, j'ai posé une question, rappela Hermione, vaguement amusée.
« Oh, la bagarre s'est déclenchée, tu as reçu un Expelliarmus, et Pansy est arrivée avec Rogue, résuma Ron. Malefoy s'est pris une retenue d'un mois avec Rusard, Harry une semaine avec Rogue, et celui – ci est furieux. La joie, en somme.
« Rogue ne va plus jamais me confier un travail… J'ai trahi sa confiance.
Harry arriva. Il fut soulagé de voir son amie réveillée.
« Hey, Mione…
« Salut ! Alors, une semaine de retenue…
« M'en parle pas. Il s'en prend toujours à moi. Mais mince consolation, Malefoy s'est pris un mois.
« Celui – là, si je le rencontre hors Poudlard, je lui casse la figure ! s'exclama Ron.
A peine eut – il prononcé ces mots que le Professeur Rogue entra dans la pièce, le regard sombre. Hermione se mordit la lèvre.
« Professeur Rogue, je suis désolée…
« Ce n'est pas de votre faute Granger. C'est moi qui aurait dû prévoir les événements.
« Mais vous aviez confiance en moi et…
« C'est Malefoy qu'il faut blâmer. Je crois qu'il va falloir que j'aie une discussion sérieuse avec lui.
« Alors vous ne m'en voulez pas ?
« Je vous ai déjà dit que non. Rétablissez-vous vite.
Il sortit sans un regard en arrière. Ginny arriva.
« Ça va Hermione ? J'ai vu Rogue sortir d'ici.
« Ça va, merci Ginny. Je n'ai rien de grave.
« Tant mieux alors.
L'infirmière autorisa la jeune fille à sortir, à condition que celle-ci reste dans sa chambre et se repose. Hermione accepta, mais elle décida qu'elle passerait l'après-midi avec Amélie. Harry et Ron l'accompagnèrent jusqu'à leur Salle Commune.
« Harry, tu pourras me prendre les cours cet après – midi ?
« Bien entendu, Mione. Je trouve que cette année, tu loupes beaucoup de cours.
« Oui, je sais, soupira – t – elle. Je n'ai pas bien le choix.
« Mais tes notes restent excellentes, remarqua Ron.
« Heureusement pour moi ! Je déteste négliger mes cours.
« Tu es trop sérieuse, rit Harry. Amélie te détendra cet après – midi.
« Oui. Elle est adorable.
Une pensée soudaine lui traversa l'esprit.
« Dites, la semaine prochaine, c'est la Saint – Valentin. Vous avez trouvé votre Valentine ?
Les deux garçons rougirent.
« A vrai dire… commença Ron.
« En fait… dit Harry en même temps.
Hermione éclata de rire.
« Détendez – vous. Moi non plus je n'ai pas mon Valentin. On a encore une semaine devant nous. Et puis, ce n'est pas une catastrophe si nous n'avons personne.
La Saint – Valentin était au cœur de toutes les conversations. Chaque fille se demandait si elle allait se faire inviter par l'élu de son cœur. De plus, Dumbledore espérait que cette soirée permettrait aux Maisons de s'unifier, ne serait – ce que le temps d'une soirée. Cependant, quelques filles n'y pensaient pas du tout. Hermione, Ginny et Pansy n'en parlaient pas du tout. Hermione était accaparée par toutes ses responsabilités, tandis que Ginny passait la majeure partie de son temps à l'infirmerie. Et Pansy ne se faisait pas d'illusion. Elle était mise à l'écart des Serpentards, et aucun garçon d'une autre Maison n'était assez fou pour inviter une Serpentard, même repentie.
A cinq jours du Bal, Pansy travaillait à la Bibliothèque quand on s'assit à sa table. Elle leva les yeux et haussa un sourcil.
« Ron ? Que fais – tu là ?
« Je viens travailler pour le devoir de Métamorphoses.
« D'habitude, tu te contentes de jeter un coup d'œil sur le devoir d'Hermione, non ?
Ron rougit.
« Pas toujours. Et Hermione est trop occupée pour que je l'ennuie en ce moment.
« C'est vrai. Elle est débordée.
« Sur quoi travailles – tu ?
« Les Potions. Tout simplement. Je préfère travailler ici que dans ma Salle commune.
« Malefoy te crée des ennuis.
« Je suis tout simplement devenue invisible. Mais je n'aime pas l'hostilité que je sens.
« La Saint – Valentin devrait changer les choses.
« Ça m'étonnerait.
« Tu n'as pas de cavalier ?
« Pas un garçon ne m'inviterait. Traîtresse à Serpentard, et qui inviterait justement une Serpentard ?
« Moi.
Pansy cilla.
« Toi ?
« Pansy, acceptes – tu d'être ma cavalière au Bal ?
La jeune fille n'en revenait pas. Ron avait été le plus sceptique quand elle était devenue amie avec Hermione et Ginny. Cependant, elle devait avouer qu'elle n'était pas indifférente au dernier garçon Weasley avec ses cheveux roux et ses yeux bleus, perpétuellement rieurs.
« J'accepte avec plaisir, Ron. J'en serai même honorée.
Ron sourit, heureux.
« Imagine un peu la tête des Serpentards quand ils te verront avec un Gryffondor, surtout moi.
« Ce sera un spectacle à ne pas manquer, en effet.
Severus coinça Drago Malefoy à la sortie d'un cours un mercredi soir.
« Dans mon bureau, Malefoy.
Drago soupira. Il devinait presque ce que son Directeur voulait lui dire sur son comportement. Il reconnaissait qu'il avait peut-être été trop loin en attaquant la Sang – de – Bourbe. Mais il ne pouvait supporter que Granger le surpasse en tout. Le fait, qu'en plus, elle se mette à corriger leurs copies avait été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Il se retrouva dans les cachots, face à Rogue assis derrière son bureau.
« Votre comportement ces derniers temps est inadmissible. Surtout envers Granger.
« Mais Professeur, c'est une Sang…
« Pas un mot de plus ! J'ai nommé Granger en toute connaissance de cause à ce poste. C'est la meilleure élève de ce Collège, et elle a les meilleurs résultats obtenus depuis plus d'une cinquantaine d'années. Vous êtes intelligent Malefoy, mais vous n'avez pas les compétences nécessaires pour enseigner, alors que Granger est trois fois plus pédagogue que vous. Je vous ordonne à partir de maintenant de changer votre comportement en conséquence, ou je prendrai d'autres mesures plus drastiques contre vous. Est – ce clair ?
« Parfaitement, Professeur, murmura Malefoy, blême.
« Profitez de la Saint – Valentin pour commencer, et invitez une fille autre que Serpentard.
« Mais…
Severus lui jeta un regard qui le réduisit au silence. Drago sortit du bureau, furieux. Mais en fait, il avait déjà décidé qui il inviterait. Restait à savoir si la personne accepterait. Rien de moins sûr. D'ailleurs, l'objet de ses pensées traversait le couloir et se rendait à l'infirmerie.
« Bonjour Weasley.
Ginny soupira et se retourna.
« Encore toi Malefoy. Tu ne te lasses jamais ?
« Jamais quand quelqu'un m'intéresse.
« Je te le dis tout de suite. Je ne t'accompagne pas au Bal.
« Parce que tu crois que je vais t'inviter ?
« Venant de toi, ça ne m'étonnerait pas.
« Tu as peur de m'accompagner. Tu ne veux pas que ton frère nous voie.
« Ron n'a rien à voir avec ça.
« Alors, je dois en déduire que tu as peur de moi.
« Peur de toi ? rit – elle. Tu prends tes rêves pour la réalité !
« Alors prouve-moi que tu n'as pas peur, dit – il en s'avançant vers elle.
Elle fit un effort pour ne pas reculer.
« Qu'est – ce que tu veux exactement ? défia – t – elle.
« Moi ? Mais rien.
Il tendit la main, et enroula une mèche de cheveux autour de son doigt.
« Viens au bal avec moi.
Ginny se dégagea, et sortit sa baguette qu'elle pointa sur sa gorge.
« Je viendrai, mais uniquement pour te prouver que je n'ai pas peur de toi. Mais je te préviens : un geste déplacé ou une parole maladroite, et je pourrai malencontreusement te lancer un sort.
« Tes menaces ne me font ni chaud, ni froid, Virginia.
Une étincelle passa dans les yeux bleus de Ginny. Elle abaissa sa baguette qui se retrouva pointée sur le bas – ventre du Serpentard. Malefoy blêmit considérablement.
« Cet autre argument pourrait – il te convaincre, Drago ? Change ton attitude pendant le Bal ou tu pourras faire une croix sur tes bijoux de famille. C'est clair ?
Il hocha la tête, les yeux brûlant de haine.
« Bien. Je vois que tu es plus intelligent que tu ne le parais. A vendredi pour le Bal !
Elle continua son chemin sans se soucier de lui. Quand elle eût disparu au coin du couloir, il esquissa un sourire cruel. Elle ne perdait rien pour attendre. On ne menaçait pas un Malefoy sans s'attendre à de graves conséquences.
Ginny se demandait ce qu'il lui avait pris de s'en prendre à Drago Malefoy. Elle l'avait délibérément défié. Mais elle en était plutôt satisfaite que contrariée, et voir Malefoy terrifié était une chose rare. Le Bal serait intéressant.
A deux jours du Bal tant attendu, Hermione ne pensait qu'à une chose : la correction des Septième Année sur la Potion Tue – Loup. Elle – même maîtrisait le sujet, mais ses condisciples, c'était autre chose. Seul Malefoy s'en sortait correctement avec un A. Harry, Ron et Neville affabulaient totalement, alors que Pansy s'emmêlait dans ses explications.
Elle était assise à la table dans les appartements de Severus en train de corriger les parchemins tout en grignotant distraitement des bonbons dans un bol à côté d'elle quand Severus entra. Elle leva les yeux tout en jetant un coup d'œil machinal à Amélie qui jouait à la poupée dans un coin.
« Bonsoir Hermione. Que faites – vous ?
« Je suis sur la correction de nos essais sur la Tue – Loup. Et ce n'est pas très brillant.
« Ça ne m'étonne guère. Tous les étudiants se cassent les dents sur cette Potion. Même moi à 17 ans, je n'ai eu qu'un A, alors que j'excellais dans cette matière. A ma connaissance, personne n'a jamais eu un O.
« Malefoy a eu un A… Enfin, je lui ai mis un A.
« Je regarderai votre copie. Que mangez – vous ?
« Oh, ce sont des bonbons moldus. Des fraises Tagada. Amélie les adore. Vous en voulez ?
« Volontiers.
Hermione sourit. Le Professeur Rogue mangeait des sucreries ! Elle réalisait qu'elle ne connaissait rien de lui, hormis ce Sortilège de Dissimulation posé sur lui.
« Professeur, je peux vous poser une question ?
« Vous le faites déjà. Mais posez donc la deuxième question.
« Pourquoi ce Sortilège de Dissimulation ?
Severus soupira. Il s'assit à côté d'elle.
« Je pense que je vous dois une explication. C'est la moindre des choses.
Il s'interrompit. Hermione ne dit rien.
« J'avais 17 ans quand ma mère est morte, tuée par mon père. Il la battait, et la dernière fois était la fois de trop. Quand je suis sorti de Poudlard, anéanti par la mort de ma mère, mon père m'a présenté au Seigneur des Ténèbres. Quand j'ai réalisé ce qui m'attendait, j'ai jeté ce Sortilège sur moi, me réservant une porte de secours au cas où. Mon père ne l'a jamais su parce que nous portions des cagoules. Après six mois d'activités maléfiques, j'étais écoeuré par ce que… Voldemort faisait. Ce soir-là, pour la première fois, j'ai participé à un raid meurtrier sur le Chemin de Traverse. Après ça, je suis allé directement voir Dumbledore, et je lui ai tout dit, j'ai même ôté le Sortilège. Voldemort ne connaissant pas ma véritable apparence, Dumbledore m'a proposé de rejoindre l'Ordre pour participer à des missions de sauvetage, et en même temps, j'espionnais Voldemort sous mon autre apparence. Quand Potter a mis fin temporairement à ses activités, j'ai gardé le Sortilège pour enseigner ici, sur conseil du Directeur. Et à chaque fois qu'il y a des missions à effectuer un peu délicates, je reprends ma vraie apparence pour que personne ne me reconnaisse. Vous savez tout.
« Je comprends mieux. Mais le soir où vous m'avez sauvée…
« Est – ce que vous vous seriez laissée sauver par un inconnu ?
« Non, admit – elle. Mais votre père a forcément vu que vous aviez changé votre apparence au moment de votre présentation non ?
« Non, parce que les futurs Mangemorts sont toujours présentés individuellement à Voldemort. Et je me suis débrouillé pour ne plus jamais revoir mon père. Je le haïssais.
« Je suis désolée pour votre mère.
« Ce n'est rien. Ma mère était faible. Son mariage avec mon père était arrangé par leurs parents respectifs. Elle n'a pas eu le courage de refuser, de s'opposer à ses parents.
Hermione restait silencieuse. Le silence s'éternisa, mais Severus finit par le rompre.
« Le Bal est dans deux jours. Vous avez un cavalier ?
« Non. Je suis trop occupée pour ça. Et puis, personne ne m'a demandé de l'accompagner.
« Comment ? Vous n'avez pas de Valentin ? Vous n'aimez personne ?
Elle s'empourpra.
« Ce n'est pas ça… Enfin… J'apprécie beaucoup quelqu'un, mais… Oh, et puis, ce ne sont pas vos affaires, Professeur Rogue.
Il rit, amusé.
« Voilà une bonne façon de m'envoyer promener, remarqua-t-il. Mais appelez-moi Severus. Après tout, nous sommes collègues.
Ils sourirent ensemble. Hermione finit par se lever et se dirigea vers Amélie. Celle-ci les regardait discuter depuis bientôt dix minutes.
« Tout va bien, ma chérie ?
« C'est quoi Valentin, Maman ?
« Tu nous as écoutés ? Je vais t'expliquer. Dans deux jours, ce sera la Saint-Valentin. C'est la fête des Amoureux. Quand un garçon aime une fille, il profite de ce jour pour lui avouer son amour. La jeune fille peut également offrir des chocolats à son amoureux. Un Valentin est le chéri d'une fille et la fille est une Valentine.
« Oh, c'est trop beau ton histoire !
« Dans deux jours, il y a un bal ici, et il y aura plein de couples d'amoureux !
« Alors, tu iras avec Papa ?
Severus en train d'avaler un bonbon s'étouffa, et Hermione piqua un fard monumental.
« Cette gamine a le chic pour poser des questions embarrassantes, marmonna Severus, en essayant de retrouver son souffle.
« Tout à fait d'accord avec vous, murmura Hermione.
« Ma Maman et mon Papa, ils s'aimaient, continuait Amélie. Ils s'embrassaient tout le temps. Pourquoi vous ne vous embrassez pas ?
Hermione, pour une fois, n'avait aucune réponse à donner à la petite fille. Elle se tourna vers Severus, désespérée et fut surprise de le voir retenir un fou rire.
« Severus ! cria – t – elle indignée, mais étonnée que le nom vienne si facilement à ses lèvres.
Il se leva et se dirigea vers elles, quelque peu calmé.
« Amélie n'a pas tort. Nous sommes censés être ses parents non ?
« Uniquement des remplaçants. Mais enfin… commença – t – elle en se levant.
Sans prévenir, Severus l'enlaça et l'embrassa passionnément, la bâillonnant de ses lèvres. Elle se raidit, mais se laissa bientôt aller sous la douce pression des lèvres qui l'assaillaient. Inconsciemment, elle rêvait de la fois où Severus l'embrasserait la seconde fois. Le premier baiser lui avait laissé un goût d'inachevé. Mais ce baiser – là était plus profond, il la retournait complètement. Elle posa doucement ses mains sur son torse et sentit les muscles rouler sous sa paume. Il avait enfoui ses doigts dans ses cheveux et la décoiffait allègrement, emmêlant ses boucles entre elles. Très lentement, comme à regret, il cessa le contact, et se recula juste assez pour la regarder.
« Venez avec moi au Bal. Comme une vraie famille avec Amélie.
A ce nom, Hermione reprit ses esprits et baissa les yeux sur la petite fille. Celle-ci fixait le couple, un sourire radieux aux lèvres. Ses « parents » s'aimaient ! La Gryffondor reporta son attention sur Severus. Il la couvait tendrement du regard, un léger sourire aux lèvres. Elle se sentit rougir.
« Pourquoi avez-vous fait ça ?
« Ai – je besoin d'une excuse pour vous embrasser ? J'en avais envie, vous êtes terriblement désirable, Hermione. Vous n'avez pas répondu à ma proposition.
« Serait-ce prudent ? Toute l'école…
« Alors disons – leur que nous le faisons pour Amélie. Croyez – moi, même Dumbledore ne trouvera rien à y redire.
« J'accepte dans ce cas, Severus.
Il ne se décida pourtant pas à la relâcher. Elle l'interrogea du regard.
« Puis-je poser une question indiscrète ?
Elle hocha la tête, intriguée.
« Vous aviez dit que vous appréciez quelqu'un tout à l'heure…
« Oh…
Elle était franchement amusée. Severus serait – il jaloux ?
« Je vous ai dit que ce n'étaient pas vos affaires. Mais… je vous le dirai peut-être un de ces jours, taquina – t – elle.
Hermione s'échappa de ses bras et éclata de rire devant son air déçu. Elle ne s'en formalisa pas et s'adressa à Amélie.
« Tu viens prendre ton bain ?
« Toi et Papa, vous vous aimez ?
« Eh bien… Je crois qu'on peut dire ça comme ça.
Puis, sur un dernier éclat de rire, elle quitta la pièce. Severus s'assit, quelque peu déboussolé. Il adorait la fraîcheur et la spontanéité de sa jeune Assistante. Il était content qu'elle se laisse aller à son véritable caractère avec lui, plutôt qu'une soumission aveugle ou une servilité écoeurante, comme Malefoy ou la majorité des Serpentards. Finalement, Albus Dumbledore avait raison de lui imposer Hermione Granger, autant pour Amélie que pour ses indéniables compétences. Il entendait Amélie crier de joie dans la salle de bains. Cette enfant adorait l'eau. Chaque bain se finissait inévitablement en bataille d'eau. Et Hermione en ressortait trempée. Il sourit. Il venait de réaliser qu'il avait maintenant deux femmes dans sa vie, et il était déterminé à le faire savoir à la jeune Gryffondor.
Ginny enroula une mèche de cheveux autour de sa baguette, murmura un sort et relâcha le tout. La mèche bouclée à l'anglaise retomba souplement sur son épaule. Elle hocha la tête, satisfaite. Pansy, elle, se bagarrait avec sa robe, dont elle n'arrivait pas à remonter la fermeture. Hermione vint à son secours.
« Voilà, fit Ginny, en vaporisant un nuage de laque sur sa chevelure flamboyante. Qu'en pensez – vous ?
Ses cheveux raides étaient agrémentées de quelques mèches bouclées et quelques minuscules paillettes de strass étincelaient ça et là. Etant rousse, seul le vert lui allait bien, et elle avait alors opté pour une robe vert pastel avec des broderies en noir qui dessinaient des arabesques sur le tissu soyeux.
« Tu es très belle, Gin, apprécia Pansy. Et pour qui te fais – tu aussi belle ?
Ginny rougit.
« Tout d'abord, je tiens à vous dire qu'on m'a lancé un défi.
« Et tu ne peux pas y résister, réalisa Hermione.
« Non. C'est Malefoy.
Hermione bondit, et Pansy écarquilla les yeux.
« Après tout ce qu'il a fait ? s'écria Hermione, presque hystérique.
« Ne t'en fais pas pour moi. J'ai pris mes précautions. Il n'osera pas faire quoi que ce soit ce soir, j'ai posé mes conditions.
« Tu es inconsciente, déclara Pansy. Malefoy ne se laissera pas faire. Il te détruira.
« A condition qu'il soit en état de le faire, murmura Ginny d'une voix inquiétante.
« Ginny est une manipulatrice née, indiqua Hermione à Pansy.
« J'ai été élevée parmi des garçons, je ne suis pas si innocente que ça.
« Surtout si on pense aux jumeaux Weasley, acquiesça Pansy, rassurée.
« Et toi Pansy ? attaqua Ginny. Pour qui est cette belle robe rose pâle ?
Pansy parut gênée.
« Suis – je obligée de répondre ?
« Oui ! s'écrièrent les deux Gryffondors en chœur.
La Serpentard soupira.
« Ronald Weasley, avoua – t – elle en regardant Ginny.
Celle – ci en resta bouche bée.
« Il t'a invitée ? Mon empoté de frère a fait le premier pas ? J'arrive pas à y croire !
« Eh bien il l'a fait, et j'ai accepté. Point à la ligne.
« C'est drôle comme tu es devenue rose… assortie à ta robe, taquina Ginny. Je te préviens tout de suite, Ron est un danseur exécrable. Charlie n'a jamais réussi à lui apprendre quelques pas de danse. Surtout quand on sait qu'il a toujours eu un faible pour Hermione.
« Je t'arrête tout de suite Ginny. Ron m'a toujours considérée comme une sœur et rien d'autre. Nous avons eu une discussion en Quatrième Année après le Bal de Noël, et nous avons mis les choses au clair. Il est incroyablement protecteur, autant avec moi qu'avec toi.
« Ça, je veux bien te croire. Enfin, je te souhaite de t'amuser avec Ron ce soir.
« Merci Ginny.
Finalement, Hermione qui espérait se faire oublier, finit par se faire interroger.
« Personne ne m'a invitée, sûrement parce que je suis l'Assistante du Professeur Rogue. Mais bref, Amélie a jugé bon de faire remarquer à ses parents remplaçants qu'ils devaient s'aimer. En gros, elle ne comprenait pas pourquoi son père et sa mère ne s'embrassaient pas. Du coup, Severus m'a proposé de venir au Bal avec moi pour faire plaisir à la petite.
« Donc, tu y vas avec lui, résuma Pansy. C'est plutôt original. Le Directeur de Serpentard et son Assistante Gryffondor.
« Et depuis quand tu l'appelles Severus ? intervint Ginny.
« Comme nous sommes collègues, il a suggéré d'utiliser nos prénoms. Ce n'est pas plus mal comme ça, on essaie de ne pas perturber Amélie.
« Quelle bonne excuse, murmura moqueusement Pansy, approuvée par Ginny.
« Mais c'est vrai !
« Et bien sûr, cette adorable petite robe bleu nuit…
« Je n'ai pas le droit de porter des jolies robes maintenant ?
« Si, si, acquiescèrent joyeusement les deux jeunes filles.
« Et au fait, où est Amélie ? demanda Ginny.
« Avec son « père ». Elle a tenu à y aller avec lui. Nous y allons ?
Toutes les trois sortirent de la chambre d'Hermione et se retrouvèrent face à Drago, dans la Salle commune des Préfets. Celui-ci se leva du canapé où il était assis, et sa robe de sorcier vert foncé retomba sans un pli. Ginny soupira.
« Pourquoi j'ai accepté ce fichu pari ?
« Tu regrettes ta décision Weasley ? se moqua Malefoy.
« Dans tes rêves. Je suis plutôt ravie de t'avoir à mes pieds toute la soirée. Je vous laisse les filles !
« On se retrouve dans la Grande Salle ! lança Pansy.
Le couple sortit.
« Je ne serai pas à tes pieds, grinça Malefoy.
« C'était ce qui était convenu. On va commencer par se mêler aux Gryffondors…
« Et pourquoi pas l'inverse ?
« Je ne tiens pas à être en infériorité parmi de vils Serpentards.
« Ce sera pourtant mon cas parmi de stupides Gryffondors.
« Toi, tu es un garçon. Tu t'adapteras.
Et sans lui laisser le temps de répondre, elle s'avança vers ses amis comme ils arrivaient dans la Grande Salle. Il la suivit du regard. Elle était ravissante dans sa jolie robe vert eau qui s'harmonisait à merveille avec sa chevelure cuivrée. Il réprima une grimace quand il vit qu'elle se dirigeait vers Potter et son crétin de frère. Mais il n'avait pas le choix et se décida à rejoindre sa Valentine d'un soir.
« Bon, j'y vais, déclara Pansy. Ron m'attend dans la Grande Salle.
« Il aurait pu te proposer de venir te chercher.
« C'est moi qui ait insisté. Je voulais éviter tout formalisme.
« Si tu veux. Moi, je dois récupérer Amélie chez Severus. Ensuite, direction la Grande Salle.
« A tout à l'heure, alors, Hermione.
« A tout à l'heure.
Quand Hermione arriva aux cachots, la porte était déjà ouverte, Amélie l'attendant impatiemment. Celle-ci s'émerveilla dès qu'elle vit sa mère.
« Oh, comme tu es belle !
« Merci mon cœur. Toi aussi, tu es très jolie.
« C'est Papa qui m'a offert la robe ! s'exclama l'enfant en tournant sur elle-même.
C'était une robe toute blanche avec des volants et des petits nœuds roses. Severus avait tressé ses cheveux blonds et attachés avec des rubans de la même nuance de rose. Hermione eut un sourire attendri en imaginant Severus en train de s'occuper d'une petite fille surexcitée.
« Où est ton père ?
« Il s'habille. Papa ! cria soudain Amélie. Maman est là !
« Laisse, il ne va pas tarder…
« Il m'a dit de l'appeler quand tu seras là.
A ce moment, Severus s'encadra sur le seuil de la chambre. La Gryffondor se retourna et se figea. L'homme avait revêtu une robe de sorcier vert sombre, si foncé qu'il en était presque noir, en velours. Hermione se surprit à l'imaginer avec sa véritable apparence, et s'empourpra au souvenir de la séduction qui émanait de lui.
Pendant ce temps, Severus avait inspecté Hermione de la tête aux pieds et l'avait trouvée magnifique avec sa robe bleu nuit.
« Vous êtes très belle.
« Merci… Vous aussi.
Amélie les regardait tous les deux, des étoiles dans les yeux. Elle était heureuse. Elle avait de nouveaux parents qui l'adoraient et qui formaient un très beau couple. Elle prit sa nouvelle mère par la main.
« On y va ?
« Oui, on y va, répondit Severus en lui souriant.
Il croisa le regard de la jeune fille, hocha la tête et sortirent de la pièce, Amélie entre eux deux, leur tenant la main.
Les conversations allaient bon train dans la Grande Salle. Ron avait failli s'étouffer de colère quand il vit le cavalier de sa sœur. Mais l'arrivé de Pansy avait détourné son attention. Cependant, l'ambiance restait tendue au sein du cercle de Gryffondor. Ginny soupira.
« Est-ce qu'on peut faire une trêve pour ce soir ?
Harry la regarda.
« Gin, tu oublies qu'il s'agit du membre le plus influent de Serpentard.
« Jaloux, Potter ?
« La ferme, Malefoy, lança Ginny.
Le Gryffondor haussa un sourcil.
« Si tu traites ton Valentin comme ça, en effet…
« Ce n'est pas mon Valentin. C'est plutôt le résultat d'un défi.
« N'empêche que Ron…
Ginny jeta un regard à son frère qui discutait avec Pansy.
« De toute évidence, il est subjugué par Pansy. Il ne fera pas attention à moi.
« Si tu le dis, répondit Harry dubitatif.
« Harry ! cria une petite voix aiguë.
Une masse se jeta dans les jambes de Harry. Celui – ci baissa les yeux et vit Amélie. Il la souleva dans ses bras.
« Tu es bien jolie !
« Merci. Je suis ta Valentine !
« Euh…
Un rire s'éleva.
« On dirait qu'Amélie s'est entichée de toi Harry.
« Bonsoir Hermione ! Tu es ravissante !
« Merci Harry. J'avais expliqué justement à la petite le concept de cette fête. Et apparemment, elle a le béguin pour toi.
« Ça tombe bien, je n'ai pas de cavalière.
Dumbledore demanda le silence quand il vit que tout le monde était présent.
« Bienvenue ce soir pour fêter la Saint – Valentin ! Ce soir, l'Amour sera l'invité d'honneur, et Cupidon errera parmi nous, touchant de ses flèches enchantées les cours solitaires. Et la Déesse Aphrodite ne sera que folle de joie de renforcer l'Amour existant entre deux personnes.
En prononçant ces derniers mots, le Directeur braqua son regard malicieux sur Hermione et Severus, mais personne ne sembla le remarquer, hormis les deux intéressés. Hermione s'empourpra et baissa les yeux. Severus marmonna un juron.
« Ce vieillard sénile mériterait une bonne leçon !
« A qui le dites – vous ?
Mais le Directeur continuait.
« Et je demanderai à nos deux Préfets – en – Chef d'ouvrir le Bal avec leurs cavaliers !
« Pourquoi est – ce que j'ai l'impression de m'être fait avoir ? demanda Severus.
« De toute façon, nous n'avons plus vraiment le choix…
Malefoy présentait déjà son bras à Ginny, qui réprima une grimace et finit par l'accompagner sur la piste de danse aménagée. Severus en fit de même avec Hermione qui lui sourit doucement. Le Directeur agita sa baguette, et une valse débuta. Les deux hommes guidèrent leurs cavalières. En se croisant, Ginny et Hermione échangèrent un regard surpris. Apparemment, Drago Malefoy et Severus Rogue étaient d'excellents danseurs.
« Vous dansez très bien, murmura Hermione.
« Je n'ai peut – être pas eu un père parfait, mais l'éducation que j'ai reçue l'était. L'héritier de la famille Rogue se devait d'être le meilleur dans tous les domaines, y compris la danse.
« Je vois.
Drago lisait la surprise dans le regard de sa cavalière.
« Etonnée, Weasley ?
« Un peu, je dois l'avouer Malefoy. Tu danses bien, pour un vil Serpentard.
« Arrête un peu de me considérer comme un vil Serpentard, Virginia.
« A condition que tu cesses de me traiter comme une méprisable Gryffondor, Drago.
« Très bien, faisons une trêve pour ce soir.
« Marché conclu.
Peu à peu, la piste se remplit de couples, et Harry dansa même avec Amélie, la faisant rire aux éclats. La petite dansa aussi avec son père, le Père Noël, et même Drago consentit à lui accorder une danse, mais uniquement parce que Ginny lui adressa un regard d'avertissement, malgré leur trêve. Hermione et Ginny furent très sollicitées, et la Préfète accorda même une danse au Professeur Dumbledore, alors que Pansy dansa presque exclusivement avec Ron, sauf quand celui-ci invita sa sœur et Hermione. Harry s'aperçut de sa solitude.
« Pansy, tu sembles bien seule ce soir.
« Tu connais beaucoup de garçons qui oseraient m'inviter ?
« Ron l'a bien fait.
« Et je me demande bien pourquoi. Je n'ai rien d'extraordinaire, et je suis une Serpentard pour compliquer les choses.
« Tu te trompes. Je vois autre chose, et Ron aussi.
« Et quoi donc ?
« Une jeune fille intelligente, très jolie, et très sensible. Tu es différente de l'image que tu donnes depuis la Première Année.
« J'essayais d'être fidèle à l'image de Serpentard… Et à ce que mon père voulait. Je l'aime beaucoup et je voulais correspondre à son idéal.
« Et en faisant ça, tu as étouffé ta véritable personnalité. Le Choixpeau ne t'aurait pas envoyé à Serpentard sinon.
Pansy eut un petit sourire.
« Je n'étais pas censée être à Serpentard. Il a failli m'envoyer à Serdaigle. Mais il s'est ravisé au dernier moment. Depuis la Répartition, et conformément au vœu de mon père, j'ai tenté par tous les moyens de me rapprocher de Drago. Nos pères ont alors parlé de fiançailles. Je me rappelle de l'époque où je le collais en hurlant Draky-chou d'une voix aiguë.
« Mon Dieu, comme tu nous as cassé les oreilles, reconnut Harry.
« C'était un stratagème pour le faire fuir, même s'il a été franchement blessant depuis la rentrée.
« Le faire fuir ?
« Je ne voulais pas être la future Mme Malefoy, ne surtout pas ressembler à Narcissa Malefoy qui a gâché sa vie en épousant Lucius Malefoy. Drago ressemble trop à son père, et je plains sincèrement la future femme. Sauf si elle arrive à le changer, notamment en ce qui concerne Voldemort.
« Tu as bien raison. Mais je trouve que nous donnons trop d'importance à Malefoy, ce soir. Tu m'accordes cette danse ? invita soudainement Harry.
« Volontiers, rit la jeune fille.
L'invitation d'Harry fut le signe que Pansy était officiellement acceptée dans le cercle des Gryffondors et depuis, nombre de Gryffondors et Serdaigles l'invitèrent. Ron se sentit rapidement délaissé. Ginny vint le taquiner à ce sujet.
« Tu vas finir par la perdre.
« De quoi tu parles ?
« De Pansy. Elle a un franc succès ce soir…
« Ginny, occupe – toi de ton Serpentard… Encore que je me demande ce que tu lui trouves…
« Je t'ai déjà dit que c'était un défi.
A ce moment, les lumières baissèrent et la musique rythmée fit place à un slow. Drago vint la chercher et l'entraîna sur la piste où il lui enserra la taille. Ron se retint pour aller tirer Ginny de son étreinte, mais son regard se posa sur Pansy, qui se faisait inviter par Dean. Il s'interposa.
« Tu permets, Dean ? C'est ma cavalière.
« Pas de souci, Ron, recula Dean, ne voulant surtout pas provoquer la jalousie légendaire des Weasley.
Ron se tourna vers la jeune fille.
« Tu danses ?
« Oui.
Il l'enlaça tandis qu'elle mit ses bras autour de son cou.
« Tu as beaucoup dansé ce soir.
« C'est grâce à Harry. Il a montré qu'il m'acceptait. Et si le grand Harry Potter m'accepte, c'est que je suis digne de confiance.
« Je suis désolé.
« De quoi ?
« De t'avoir négligée.
« Tu dansais avec ta sœur et Hermione. Je n'allais quand même pas…
« Hermione est avec Rogue, et Ginny avec ce serpent visqueux de Malefoy.
« Ron, je n'étais pas seule. Harry…
« Je suis ton cavalier ce soir. C'est à moi de veiller à ton bien – être.
« Mais…
« Chut Pansy.
Il replaça une mèche de cheveux derrière son oreille et l'embrassa sur le front. Elle cala sa tête sur son épaule et sourit. Elle était bien avec Ron. Il ne la brusquait pas, et la laissait aller à son rythme.
Ron sentait qu'il développait de tendres sentiments pour la jeune fille, mais il ne voulait pas précipiter les choses. Et Pansy n'était pas encore prête, il le sentait et la respectait.
Le Bal s'acheva sur quelques derniers slows, et les adolescents commencèrent à quitter la Salle, les plus jeunes étant fatigués. Les Professeurs et les Préfets s'attardèrent, le temps de vérifier que tout le monde regagnait sa Salle Commune et ranger un peu la Grande Salle, pour alléger le travail des Elfes de Maison. Amélie s'était endormie dans les bras de Harry, et celui-ci la confia à Severus. Il alla la coucher, Hermione le rejoindrait dès qu'elle aurait terminé sa ronde dans Poudlard avec Malefoy.
Ron raccompagna Pansy à sa Salle Commune.
« Bonne nuit Pansy.
« Bonne nuit Ron, et encore merci pour cette soirée.
« Y'a pas de quoi. J'ai beaucoup apprécié moi aussi.
« Et moi, plus que tu ne le penses.
Elle se mit sur la pointe des pieds et l'embrassa sur la joue. Et sur un dernier bonsoir, elle disparut dans sa Salle. Un sourire rêveur aux lèvres, le jeune homme regagna la Tour des Gryffondors. Il croisa Harry dans le Hall, alors que celui-ci venait de confier la petite à Severus. Ils remontèrent ensemble.
« Bonne soirée ? demanda Harry.
« Oui. Je ne regrette pas d'avoir invité Pansy.
« Elle est adorable. Ne la fais pas souffrir.
« J'en serai incapable, tout comme je ne pourrai pas faire du mal à Ginny ou Hermione.
« Oui, mais Pansy n'est ni ta sœur, ni ta meilleure amie.
« Je sais Harry. Je sais.
Harry ne répondit pas. Ron avait beaucoup changé. Il n'avait plus rien du garçon indécis, incapable de remarquer que sa meilleure amie était une fille. Ron avait admis qu'il avait eu un faible pour Hermione, mais ce n'était qu'un amour de jeunesse, amour qui s'était transformé en profonde amitié, proche de l'amour fraternel. Harry lui – même adorait Ginny et Hermione, mais contrairement à Ron, il n'avait pas encore trouvé une fille qui lui donnerait l'envie de décrocher la lune pour elle. Il repensa à Amélie et eut un sourire attendri. Elle s'était spontanément déclaré sa Valentine, et il n'avait pas eu le courage de refuser, autant parce que cela ne le dérangeait pas, que parce qu'il ne souhaitait pas affronter Rogue. Si le Professeur se décidait à l'adopter, il plaignait sincèrement les soupirants qu'Amélie pourrait avoir à l'avenir. Sauf si Hermione était là pour arrondir les angles. Amélie était très attachée à sa mère de substitution, et il était hors de question que Rogue les sépare, même s'il l'adoptait. Mais tout ceci n'était pas encore à l'ordre du jour.
Drago Malefoy avait ramené Ginny à sa Tour.
« Je suis surprise, commença Ginny. Tu as été presque poli ce soir.
« Je suis parfaitement capable de me comporter de manière civilisée. Et puis, nous avions conclu un marché.
« C'est vrai. Dois – je comprendre que tout redeviendra normal demain ?
« Tout dépend du sens que tu donnes à « normal », Virginia.
« Que veux-tu dire ?
« C'est à toi de trouver la réponse à ta question. Bonne nuit.
« En tout cas, merci. Contrairement à ce que je pensais, j'ai passé une bonne soirée.
Un sourire joua sur les lèvres du Serpentard. Un vrai sourire, pas ce sourire moqueur qu'il arborait sans cesse à l'encontre des Gryffondors en général et Harry en particulier. Ginny était fascinée par la personnalité complexe du jeune homme. Il ne cessait de la surprendre, et elle réalisa qu'elle le connaissait mal, si tant est qu'elle le connaissait.
« Tu es quelqu'un de mystérieux, Drago Malefoy.
« Tu n'as qu'un mot à dire pour tout connaître, Virginia Weasley.
Il se pencha et effleura ses lèvres d'un léger baiser, aussi aérien qu'une plume, si léger que Ginny se demanda si elle n'avait pas rêvé.
« Fais de beaux rêves, lança – t – il en s'éloignant.
Il croisa Ron et Harry, les ignora royalement et se dépêcha pour aller retrouver Granger pour sa ronde. Il avait hâte de se retrouver dans l'intimité de sa chambre pour réfléchir aux événements de la journée.
Hermione n'avait pas eu le temps de se changer, elle avait juste échangé ses escarpins contre des ballerines plus confortables et s'était enveloppée dans une cape en velours noir pour éviter de prendre froid dans les couloirs de Poudlard. Elle attendait Drago devant le grand escalier.
« Tu en as mis du temps, Malefoy.
« Je raccompagnai Weasley. Tu ne vas pas me reprocher d'être galant pour une fois !
« Tu ignores ce que signifie le mot galanterie.
« Tu ne sais pas de quoi tu parles Granger.
« Allons-y. J'ai hâte d'en finir.
« Moi aussi. Pour une fois que nous sommes d'accord sur quelque chose.
« C'est vrai. Faisons donc la paix pour ce soir. Comme tu l'as fait avec Ginny.
« Si tu le souhaites. La journée a été longue.
« La mienne est loin d'être terminée. Je dois voir le Professeur Rogue après ça.
« Dis-moi Granger, est – ce que tu prends le temps de te reposer parfois ?
« Me reposer ? Que veut dire ce mot barbare ? plaisanta – t – elle. Tu sais Malefoy, entre Amélie, mes rôles de Préfète – en – Chef et d'Assistante, les cours et les devoirs, crois – moi, je n'ai pas le temps de me reposer.
« Tu es inhumaine de t'imposer tout ça.
« Mais c'est mon choix. Le Professeur Rogue est très exigeant, c'est plutôt stimulant.
« Et je réalise que j'ai de la chance de ne pas être son Assistant. Etre avec lui en dehors des cours me rendrait fou, même si je l'admire pour ses connaissances.
« Nous avons tout de même un point commun en fin de compte : notre admiration pour le Professeur Rogue.
« Toi, une Gryffondor, tu admires le Directeur de Serpentard ?
« Severus Rogue n'es pas seulement le Directeur de Serpentard. C'est aussi un homme extrêmement intelligent, complexe et fascinant. Même s'il est horriblement têtu.
« Ça je te l'accorde volontiers.
Ils terminèrent leur ronde en silence. Ils avaient interrompu un couple dans la Tour d'Astronomie, et surpris un autre dans une salle de classe inutilisée. Après quelques points enlevés, et la promesse de ne jamais recommencer, les élèves regagnèrent leur dortoir. Les deux Préfets se séparèrent sur un bonsoir neutre.
Hermione regagna les cachots. La pièce était brillamment éclairée, et un feu brûlait dans la cheminée, baignant le bureau dans une agréable chaleur. Elle détacha sa cape et s'approcha de la table, où Severus relisait sa copie sur la Potion Tue – Loup.
« Vous êtes un bourreau de travail. Il est bientôt une heure du matin.
« Je terminais de noter votre copie.
Il lui tendit le parchemin.
« Un O ? s'exclama Hermione.
« Vous maîtrisez le sujet à la perfection. Tout comme les autres potions au programme. A croire que vous les avez déjà étudiées.
« Vous n'avez pas tout à fait tort, révéla la jeune fille. Le Polynectar en Deuxième Année, et le Véritasérum et la Tue – Loup l'année dernière.
Severus bondit.
« Vous avez étudié le Polynectar en Deuxième Année ?
« Etudié et confectionné. Que voulez – vous ? Il fallait bien découvrir l'identité de l'Héritier de Serpentard.
Severus était sidéré. Comment une gamine de 12 ans avait – elle réussi à…
« Vous mériteriez… Mais attendez, c'est vous qui m'avez volé les ingrédients de ma réserve il y a cinq ans !
« Vous avez une bonne mémoire ! C'était moi.
« Hermione…
« Ne vous fâchez pas. C'était pour la bonne cause. Amélie est couchée ?
Severus abandonna la bataille. Les faits remontaient à cinq ans, ça ne servirait à rien de lui faire la morale maintenant.
« Elle dort paisiblement. Vous pouvez regagner votre chambre.
« Très bien. Bonne nuit alors, Severus.
Il ne répondit pas. Il regardait la jeune femme. Elle ne s'était pas changée. Il la trouvait tout simplement ravissante.
« Vous êtes très belle.
« Merci.
Il s'approcha d'elle. Hermione sentit son cœur s'accélerer. Elle avait adoré cette soirée passée en sa compagnie. Ils avaient dansé une valse et un slow ensemble, mais c'était tout. Il l'avait serrée contre lui, pendant le slow, et elle avait eu la folle envie de l'embrasser. Et là, à présent, il lui caressait la joue, doucement, tendrement, plongeant son regard sombre dans ses yeux noisette. Elle se rappela qu'il avait des yeux bleu nuit au naturel. Elle fit un pas en arrière. Severus laissa retomber sa main, et il eut un regard interrogateur quand elle sortit sa baguette de sa poche.
« Finite Incantatem, murmura – t – elle.
Il comprit, et la laissa examiner son vrai visage. Elle se rapprocha de lui, et posa une main sur sa joue.
« Vous êtes tellement différent ainsi. Vous avez l'air plus humain, plus accessible que l'image que vous donnez du Professeur Severus Rogue, l'implacable Maître des Potions.
« Vous savez bien qu'il s'agit d'un masque. Même ma personnalité est fabriquée de toutes pièces.
« Quelle est votre vraie personnalité alors ? Quelqu'un a – t – il déjà eu le privilège de connaître le vrai Severus Rogue ?
« Uniquement ma mère dans de rares moments. Et vous aussi Hermione ?
« Moi ?
« Comme ce soir, en ce moment…
Il captura ses lèvres dans un baiser impatient, mais passionné. Il la fit reculer jusqu'à la porte où elle s'adossa, prisonnière de ses bras. Elle l'enlaça, et se souleva sur la pointe des pieds pour mieux répondre à sa bouche exigeante. Sa langue douce et chaude taquinait la sienne. Soudain, il la souleva et elle noua ses jambes autour de sa taille. Hermione sentit alors clairement son désir pour elle, et reprit brutalement ses esprits. Elle s'arracha à son baiser, essouflée.
« Attendez… Je ne peux pas… Vous…
Severus ouvrit les yeux. Ils s'étaient assombris par le désir, à tel point qu'ils en paraissaient noirs. En voyant l'air décomposé d'Hermione, il se calma. Il la reposa lentement à terre.
« Je suis désolé. Je me suis laissé emporter.
« Nous nous sommes tous les deux laissés emporter. Ecoutez…
« Je sais ce que tu vas dire Hermione. Tu te considèrent comme mon étudiante, mais ce n'est pas tout à fait exact. Tu es majeure, et tu es aussi mon Assistante, ce qui fait que tu es ma collègue. Or rien n'interdit les relations entre collègues.
« Il n'en reste pas moins que je suis encore votre élève et Préfète – en – Chef…
« En cas de cumul de poste, c'est le poste le plus élevé qui prédomine. Maintenant, si tu as des réticences du fait de notre différence d'âge, tu peux me le dire, je comprendrai parfaitement.
« Notre différence d'âge n'a aucune importance ! Ecoutez Severus…
« Tu peux me tutoyer, vu ce qu'il vient de se passer.
Elle baissa le regard, gênée. Il se reprocha sa maladresse.
« Je suis désolé. Tu as besoin de temps pour réfléchir. Je te raccompagne à ta chambre.
« Non, ça ira, Severus. Je ne risque rien. Il n'y a personne dans les couloirs.
« Comme tu voudras. Bonne nuit, et fais de beaux rêves.
« Bonne nuit.
Elle sortit sans le regarder. De beaux rêves ? Elle imaginait d'ici la nature de ses rêves si elle continuait de penser à ce baiser torride !
Voilà ! Le chap 13 s'intitule Seule et il est en cours d'écriture ! Et pour vous donner un avant-goût, voici un extrait !
« Un hibou inconnu se posa devant Hermione. Elle haussa un sourcil étonné, mais détacha néanmoins la lettre. Elle fronça les sourcils quand elle vit qu'il s'agissait d'une lettre moldue et non d'un parchemin. Elle ouvrit l'enveloppe, parcourut les premières lignes… et pâlit brutalement. »
Ça vous a plu ?
Gros bisous à tous !
