Yattaaaaaa ! Le chap 15 de Cadeau est enfin là pour votre plus grand bonheur après plus de deux mois d'attente ! Je sais, c'est long, mais j'étais complètement bloquée, ce n'est pas faute d'avoir manqué de temps ou quoi… J'ai passé des heures sur mes feuilles sans réussir à pondre ne serait-ce que quelques lignes ! Mais finalement, j'ai débloqué mon inspiration et voici le chapitre !

Disclaimer : tout à JKR…

Merci à Akeri, Elliania, Paradise Nightwish, Isilwen, Lady Kassy et mes sœurs Golden Sun et Etoile du Soir de m'avoir soutenue pendant mes lamentations sur mon syndrome de la page blanche !

Petit résumé quand même : la Saint-Valentin est passée, et quelques couples ont vu le jour notamment Ron et Pansy, et Ginny a succombé au charme de Draco. Pendant ce temps, Hermione se rend à Londres pour l'enterrement de ses parents, et retrouve sa famille… Sa Tante Margaret qui ne l'apprécie guère et le fils adoptif de celle-ci, Daniel Granger. Severus l'accompagne à Londres, et prend tout de suite la femme en grippe… Voilà enfin la suite des tribulations d'Hermione et Severus à Londres !


Chapitre 15 : Dernières formalités

Hermione n'avait franchement pas envie d'aller dîner chez sa tante. Mais Severus l'exhortait à s'habiller.

- Ton cousin compte sur ta présence.

- Tante Margaret nous a invités à contre-cœur. Tu le sais aussi bien que moi.

- C'est la moindre des politesses de sa part. Et montre-lui qu'elle ne t'intimide pas, que tu restes forte.

- Forte ? Alors que mes parents…

Elle s'interrompit et prit une profonde inspiration pour se calmer. Elle ne craquerait pas. Mieux valait changer de sujet.

- Comment s'est passée ta visite chez les Jumeaux ?

- Rien de spécial à dire.

- Attends… sous quelle forme y es-tu allée ?

- Le Professeur Severus Rogue, celle que tout le monde connaît.

- Alors, il s'est forcément passé quelque chose. Raconte-moi.

Severus soupira. Il n'y échapperait pas.

Flash-back

Severus avait accompagné Daniel jusqu'à la sortie du Chemin de Traverse, et lui avait expliqué qu'Hermione avait besoin de se reposer, mais qu'ils seraient présents au dîner le soir-même. Puis, il se rendit à la boutique de farces et attrapes Farces pour Sorciers Facétieux des Jumeaux Weasley. Juste avant de pénétrer dans la boutique, il reprit son apparence de Maître des Potions à Poudlard. Il entra et marcha sur une sorte de pétard qui explosa. Une voix provenant de l'arrière boutique s'éleva.

- Nous arrivons tout de suite !

Puis après quelques instants, l'un des jumeaux émergea de l'arrière. Son sourire se figea quand il reconnut son visiteur.

- Prof… Professeur Rogue ? Que nous vaut cet honneur ?

- Pas la peine d'être poli, Weasley. Je venais vous avertir que vous êtes en danger.

Le roux sourit et se détendit.

- Mais nous sommes constamment en danger, Professeur. Les parents victimes des farces de leurs enfants…

- Soyez sérieux ! Le Lord Noir cherche à massacrer l'entourage de Potter. Toute votre famille est plus ou moins à l'abri sauf votre frère Charles Weasley et vous-mêmes.

Le deuxième jumeau arriva.

- Qui a été attaqué ?

De toute évidence, il avait tout entendu.

- Les parents d'Hermione Granger ont été assassinés à New-York.

Les deux frères eurent une exclamation de surprise.

- Voldemort est allé en Amérique ?

- Il semblerait.

- Sa mégalomanie n'a plus de limites. Est-ce que Charles a été prévenu ?

- Dumbledore va prendre les mesures nécessaires. Vos parents, William et Perceval sont en sécurité au QG, au Ministère et à Gringott's.

- Est-ce que Ron va bien ?

- Voyons Fred, ils sont à Poudlard, rien ne peut leur arriver, raisonna George.

Severus haussa un sourcil sceptique. Depuis l'arrivée des deux derniers à Poudlard, ils n'avaient cessé d'être en danger, la dernière catastrophe en date étant leur présence au Ministère deux ans auparavant. Sans compter que Potter a failli être enlevé l'année dernière…

- George, contra Fred, Gin a failli mourir lors de sa Première Année.

- Mais...

- La ferme, vous deux, coupa Severus. Je suis venu vous prévenir sur l'insistance de Granger. A vous de prendre les mesures nécessaires.

- Nous restons prudents, Professeur.

- J'en doute, de votre part.

Fin du flash-back

Hermione esquissa un sourire.

- Ces jumeaux ne changeront jamais. Leurs blagues et leur bonne humeur manquent à Poudlard.

Severus lui adressa un regard sceptique. Hermione rectifia.

- Sauf McGonagall et Pomfresh… et peut-être les Serpentards victimes de leurs gadgets. Alors, comment tu me trouves ? demanda-t-elle en tournoyant sur elle-même.

Pendant que Severus racontait sa visite aux Jumeaux, Hermione s'était changée dans la salle de bains tout en laissant la porte entrouverte pour écouter. A présent, elle portait un pantalon bordeaux, un chemisier blanc et un pull bordeaux à col en V par-dessus. Elle noua ses cheveux en une queue de cheval à l'aide d'un ruban noir, en marque de deuil.

- Tu es parfaite comme toujours.

- Ma tante va me reprocher de ne pas être en noir et…

- Hermione, ne te soucie pas de ce que pense cette vieille femme acariâtre.

- Je ne craquerai pas. Pas face à elle.

- Et je suis à tes côtés. N'oublie pas.

Hermione hocha la tête, une lueur déterminée dans les yeux. Elle s'enveloppa dans sa cape de laine aux armes de Poudlard et ils quittèrent l'hôtel. A l'extérieur, Severus l'entoura de ses bras et ils transplanèrent, et ils atterrirent au même endroit que le matin-même.

Tandis qu'ils marchaient, Severus posa une question qui lui trottait dans la tête.

- Comment ta tante, antipathique comme elle est, a pu adopter un enfant ?

- Pour montrer à la société qu'elle était généreuse. Dans les cercles qu'elle et mes parents fréquentent, avoir une famille est signe de réussite. Tante Margaret ne s'est jamais mariée et elle est stérile. Or, même l'argent ne peut tout résoudre, alors elle a adopté Daniel. Par là-même, elle a montré à tous que non seulement, elle avait un fils, mais qu'en plus, elle était généreuse d'avoir pris un orphelin sous son aile. Daniel avait cinq ans quand Tante Margaret l'a vu à l'orphelinat. A cet âge-là, les enfants ont peu d'espoir de trouver une famille. Mais ma Tante ne voulait pas s'encombrer d'un bébé. Et Daniel avait l'âge d'aller à l'école. Voilà. Je ne me souviens pas de ma première rencontre avec Daniel, mais lui s'en souvient. J'avais deux ans, et je me cachais derrière les jambes de mon père parce que j'étais terrifiée par ma Tante. Par chance, Daniel n'est pas devenu aussi détestable que sa mère adoptive. Il n'a jamais déçu ses espoirs. Il est brillant en tout, premier de sa classe, et le voilà étudiant en médecine.

- Tu l'aimes beaucoup on dirait.

- Je l'adore. Même si mon père et ma Tante ne se parlaient plus, on se voyait l'été chez nos grands-parents à la campagne. Ils sont morts quand j'avais douze ans. Mais à l'époque, Daniel avait quinze ans, et il prétextait des rendez-vous avec ses copains pour venir chez moi. Tante Margaret ne l'a jamais su.

- Tu le considères comme ton frère alors ?

Hermione regarda Severus.

- Tu es jaloux de lui.

La perspicacité de la jeune fille laissa le professeur sans voix.

- Mais pas du tout…

- Daniel est mon cousin adoptif. Je n'ai jamais éprouvé autre chose pour lui que de l'amour fraternel. Oh, et depuis deux ans, il est fiancé. Joanna fait pratiquement partie de la famille, et est au courant de ma condition de sorcière.

- Attends, combien de moldus sont au courant de tout ça ?

- Ma Tante, Daniel et Joanna. Les domestiques et le notaire savent seulement que je suis dans un pensionnat pour jeunes surdoués. Rassure-toi, mes parents ont pensé à tout.

Ils étaient arrivés devant la maison. Hermione se raidit et se tut. Severus lui pressa la main et il frappa. Quelques instants plus tard, la porte s'ouvrit à la volée, et une jeune femme d'une vingtaine d'années, blonde avec de grands yeux verts fixa Hermione. Puis ses yeux s'emplirent de larmes et elle serra Hermione contre elle.

- Hermione ! Quelle tragédie ! Je suis si triste… Mais en même temps, quelle joie de te revoir…

- Joanna… Je ne savais pas que tu serais là ce soir…

- C'est Dan qui m'a dit pour ton retour. Comme tu as changé ! Ton école te fait du bien !

- Merci. Jo, je te présente Le Professeur Severus Rogue. Il est là pour veiller sur ma sécurité. Professeur, voici Joanna Parker, la fiancée de Daniel.

- Enchantée. Mais entrez donc, vous devez être gelés tous les deux. Daniel m'a raconté ce qu'il s'est passé cet après-midi. Franchement, je ne comprends pas l'attitude de Margaret. A sa place, je serais fière d'avoir une sorcière dans la famille…

- Joanna ! tonna Margaret du haut de l'escalier.

La jeune femme pâlit, mais elle se retourna courageusement.

- Enfin Margaret ! Hermione vient de…

- Tenez-vous un peu ma fille ! Hermione n'est qu'un déshonneur au nom des Granger…

- Cela suffit, Mère, coupa Daniel en arrivant. Nous ne sommes pas ici pour nous disputer. Et si nous passions à table ?

Daniel sourit à Hermione et l'escorta à la salle à manger. Pendant tout le repas, Tante Margaret se montra désagréable et envoya de multiples piques à l'encontre de sa nièce, malgré les regards outrés de Joanna, réprobateurs de Daniel et glacials de Severus. Hermione resta calme et souriante, mais intérieurement, elle avait envie de hurler. Tout ce dont elle avait envie, c'était de rentrer chez elle, s'enfouir sous ses draps et pleurer jusqu'à ce que le sommeil l'emporte… Le sommeil ou la mort… Comme elle voulait voir sa mère, se blottir dans les bras de son père, comme quand elle avait fait un cauchemar ! Elle ne remarqua même pas que la femme s'était tue. En effet, Severus, excédé par la méchanceté de Margaret, avait sorti sa baguette de sa poche et l'avait négligemment posée sur la table, à côté de son assiette.

- Mione ? appela doucement Daniel.

La jeune fille sortit de sa rêverie. Margaret pinça les lèvres. Cette insolente n'écoutait même pas !

- Tu disais Daniel ?

- Non rien. Tu es fatiguée ?

- Oui. Et puis demain…

- Je sais. Le notaire et les funérailles, le surlendemain, sourit doucement le jeune homme pour la réconforter. Tu veux que je vous raccompagne ?

- Non ça ira, intervint Severus. Nous transplanerons.

Daniel haussa un sourcil interrogateur, mais ne dit rien. Il se contenta de hocher la tête.

- Tâche de t'habiller en noir demain et après-demain, fille indigne ! recommanda la tante une dernière fois, sur le pas de la porte.

Hermione acquiesça vaguement et Severus la fusilla du regard. Il la prit par les épaules, et ils transplanèrent directement dans le hall de leur hôtel. Elle se laissa conduire jusqu'à sa chambre, que Severus ouvrit pour elle.

- Tu pourras te débrouiller seule ?

- Oui. Merci Severus.

- N'hésite pas à m'appeler en cas de besoin.

Elle acquiesça et referma sa porte. Puis, elle se déshabilla et prit une douche brûlante, enfila une nuisette et une robe de chambre et s'assit sur le rebord de sa fenêtre, dans le noir. Pourquoi avait-elle des pouvoirs ? Si elle n'avait pas été une sorcière, si elle n'était pas allée à Poudlard, elle n'aurait jamais rencontré Harry et Ron… Sa vie aurait été monotone, mais au moins, ses parents seraient en vie… Devait-elle renoncer à sa vie sorcière ? Renoncer à la magie, Poudlard, Harry, Ron, Ginny et… Severus ? Les larmes coulèrent, silencieuses et glacées, déchirant d'indécision le cœur de la jeune fille…

Severus se demandait s'il devait laisser Hermione seule. Ses parents venaient de mourir et elle ne pouvait même pas songer à faire tranquillement son deuil. Et cette horrible bonne femme ! Torturé par l'angoisse, il se résolut néanmoins à la laisse seule. Elle avait besoin de faire le point, et de se retrouver avec elle-même après cette journée remplie.

………………..

L'homme ouvrit brusquement les yeux. Il se redressa dans son lit et consulta sa montre : une heure du matin, et se demanda ce qui l'avait réveillé. Puis il tendit l'oreille. Un sanglot lointain retentit. Il sauta à bas de son lit. Hermione avait besoin de lui. Severus saisit sa baguette et déverouilla la porte de communication entre leurs deux chambres et entra dans celle de la jeune fille. Elle était toujours assise sur le rebord de la fenêtre et ses épaules étaient secouées par les sanglots. Severus s'approcha vivement et la prit dans ses bras, tout en la berçant tendrement.

- Hermione… Chut, je suis là… Tu n'es pas seule.

- Ils me manquent, Severus. Si seulement j'avais renoncé à Poudlard, si j'avais dit non à McGonagall quand elle est venue me voir il y a sept ans chez moi…

- Hermione… arrêta Severus. Ne dis pas ça. Tu es une Sorcière exceptionnelle, et notre monde peut t'apporter beaucoup plus que le monde moldu.

- Mais…

- Sans toi, Potter ne serait jamais sorti vivant de mon épreuve pour protéger la Pierre Philosophale.

Hermione esquissa un sourire.

- J'aurai été inutile si Ron n'avait pas gagné la partie d'échecs.

- Je me demande encore par quel miracle Weasley a réussi à battre McGonagall.

La Gryffondor s'écarta et regarda Severus.

- Merci de me remonter le moral.

- Mais de rien. Que fais-tu encore debout si tard ? N'oublie pas que demain…

- Je sais. Rendez-vous à dix heures chez ma tante avec le notaire. Vivement qu'on en finisse. Je ne la supporte plus.

- Je te comprends.

Puis, sans prévenir, il passa un bras sous ses genoux et la souleva sans effort. Elle laissa échapper un cri de surprise.

- Qu'est-ce que tu fais ?

- Je te mets au lit et je te borde. Tu as besoin de repos.

Il la déposa délicatement dans le lit et remonta la couette jusqu'au menton. Puis il l'embrassa sur le front.

- Bonne nuit.

La jeune fille le regarda. Severus haussa un sourcil.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- Je… Je ne veux pas rester seule. Tu veux rester ici ?

L'homme hésita mais finit par accepter.

- Je reste.

- Je me sens bien avec toi. En sécurité. Comme si rien ne pouvait m'arriver de pire que la mort de mes parents. Serre-moi dans tes bras.

Severus se glissa dans les draps aux côtés d'Hermione et la prit dans ses bras, l'enlaça étroitement. Elle posa la tête au creux de son épaule et s'endormit instantanément, épuisée. Il la regarda un moment puis soupira. Il ferma les yeux et tenta de s'endormir.

Quand le Serpentard ouvrit les yeux de nouveau, le jour se levait lentement. Il regarda sa montre : 7h00. Il était encore tôt. Il baissa son regard vers la belle endormie et sourit. Elle dormait à poings fermés, paisiblement. Il n'arriverait pas à se rendormir, l'habitude faisait qu'il se réveillait toujours aux alentours de 7h00 pour les cours. Tout à coup, Hermione se mit à remuer contre lui, et ouvrit lentement les yeux. Quand elle vit qu'elle se trouvait contre Severus, elle se redressa d'un bond.

- Quelle heure est-il ? Où sommes-nous ? Amélie…

- Hey du calme mon cœur. Il n'est que 7h00, nous sommes à l'hôtel à Londres. Tu te souviens ? Viens, rallonge-toi.

Elle se détendit et se laissa aller dans l'étreinte de son professeur.

- Désolée.

- Ne t'excuse pas. Tu es désorientée. Essaie de dormir encore un peu.

Elle secoua la tête.

- Je n'y arriverai pas. J'ai l'habitude de me lever à 6h30 à l'école.

- Comme moi. Bon, autant nous lever…

- Mmm… Puisque que nous avons le temps, pourquoi ne pas paresser un peu au lit ? Avant que les responsabilités ne me rappellent et que la journée ne commence vraiment.

- Quelle proposition tentante !

Et comme pour la remercier, il la renversa sur le lit et l'embrassa fougueusement. Elle rit et répondit passionnément au baiser. Elle lui en était reconnaissante d'être là pour elle, avec elle, sans même avoir cherché à en profiter alors qu'elle était vulnérable. Il l'aimait sincèrement, elle en était persuadée. Et il adorait Amélie. Amélie… Même si l'admettre lui déchirait le cœur, elle ne pouvait garder la petite fille. Severus la sentit pensive et la regarda.

- Un Gallion pour tes pensées.

- Si cher ? taquina-t-elle. Je pensais à Amélie. Même si nous l'adorons, nous ne pouvons pas la garder. Je crois qu'elle a des grands-parents en France. Dès que l'année sera terminée, j'irai en France pour les retrouver. Amélie leur revient de droit.

- Je comprends. Je t'accompagnerai. Mais Amélie risque de souffrir. Elle nous considère comme ses nouveaux parents.

- Je sais, mais ce fut une erreur. Mais…

- Comment lui dire non ?

- Oui, comment résister à ses grands yeux bleus ? Tout le monde l'adore à Poudlard, et Ginny est sa grande copine. Elle a sûrement un faible pour Harry, et elle est ravie de vivre chez le Père Noël !

Severus était satisfait de voir qu'Hermione allait mieux. Mais il soupçonnait que cette joie de vivre ne soit qu'une façade et qu'elle cache une dépression. C'était une situation assez fréquente pour qu'il la surveille de près.

- Nous réglerons le problème Amélie quand le moment sera venu. Mais pour l'instant, je pense à une autre occupation plus intéressante, murmura-t-il en se penchant sur ses lèvres.

Elle sourit et se laissa câliner et embrasser. Il était si doux, si adorable… Avec un soupir de contentement, elle noua ses bras autour du cou de son amant, et rendit son baiser. Les mains de l'homme descendirent le long de ses hanches, et il lui caressa les cuisses, avant de remonter sur son ventre, passa entre ses seins et se posèrent finalement sur son visage. Puis, sa bouche suivit la ligne de sa mâchoire avant de dériver vers son cou. Elle gémit quand il vint mordiller le lobe de ses oreilles et lui arracher mille frissons de plaisir anticipé. Il continua à l'embrasser et la caresser, et une main se posa sur son sein droit. Elle sursauta mais ne chercha pas à l'en empêcher. Elle trouvait le contact agréable mais elle avait envie d'aller plus loin.

- Severus…

Il réalisa subitement qu'il était en train de profiter d'elle.

- Hermione… Je suis désolé…

- Non, mais pourquoi…

- Tu es vulnérable et…

- Hermione finit par comprendre. Sans doute n'était-elle pas dans son état normal.

- Tout va bien. Je ne t'en veux pas.

- Je me conduis comme le pire des crétins.

Elle secoua la tête et esquissa un faible sourire.

- Ce n'est pas ta faute. Allons, levons-nous et préparons-nous.

- On se retrouve en bas dans une demi-heure, puis on ira déjeuner, et en route pour aller chez ta tante.

Hermione agréa. Et c'est ainsi qu'à dix heures précises, elle appuyait sur la sonnette de la demeure de la femme acariâtre. Sally ouvrit.

- Bonjour Miss Hermione, Professeur. Maître Johnson est déjà là. Madame s'impatiente.

- Nous sommes à l'heure. Faites la prévenir et conduisez-nous à eux, s'il vous plaît, rétorqua la jeune femme.

La domestique s'exécuta. Quand Margaret aperçut sa nièce, elle se leva, imitée par le notaire.

- Enfin te voilà ! Maître Johnson et moi t'attendons depuis vingt minutes !

- Mme Granger, intervint le notaire, je ne suis là que depuis dix minutes. Miss Granger est à l'heure.

L'homme était âgé d'une quarantaine d'années avec des lunettes carrées et un complet noir avec une cravate bleu marine unie. Hermione l'avait déjà rencontrée à plusieurs reprises, notamment quand ses parents avaient acheté leur cabinet dentaire.

- Bonjour Maître.

- Miss Hermione, quelle joie de vous revoir, même en ces tristes circonstances.

- De même, Maître. Voici Severus Rogue, mon Professeur. Il est ici pour veiller sur ma sécurité, à la demande du Directeur de l'école. Professeur Rogue, je vous présente Maître Louis Johnson, le notaire de ma famille depuis plus de quinze ans.

- Enchanté Professeur, dit-il poliment avant de se tourner vers Hermione. Miss Hermione, je vous prie de recevoir toutes mes condoléances pour la perte de vos parents.

- Je vous remercie Maître. Assisterez-vous aux funérailles demain après-midi ?

- J'y serai. Charles et Lydia n'étaient pas seulement des clients, mais aussi mes amis.

- Pouvons-nous en finir ? coupa Margaret. Tout ceci est déjà bien assez pénible !

Le notaire fronça les sourcils. Severus la fusilla du regard, puis reporta son attention sur sa jeune assistante. Il admirait son sang-froid à toute épreuve et sa politesse envers l'homme de loi.

Maître Johnson appréciait peu Margaret Granger qu'il trouvait irrespectueuse envers Hermione. Pendant les dix minutes qu'il avait passées avec elle, il avait compris qu'elle espérait être nommée tutrice des biens d'Hermione, ou qu'elle hériterait des bien de son frère, et que son ignominieuse nièce serait mise sur la paille. Mais elle se trompait sur toute la ligne. Il avait rédigé le testament de Charles et Lydia. Et il savait qu'Hermione abritait un don spécial et que la pension qu'elle fréquentait était tout aussi spéciale, sans pouvoir déterminer de quoi il s'agissait. Et le couple Granger avait assez confiance en cette école pour leur confier leur fille bien-aimée Hermione Déméter.

Cependant, il s'exécuta et sortit une enveloppe de son attaché-case. Hermione et Margaret s'assirent. Celle-ci représentait également Daniel Granger, couché sur le testament, mais il était absent à cause d'un examen important à l'université. Severus resta debout au fond de la pièce. Normalement, il aurait dû lui demander de sortir, mais c'était le seul représentant du Collège présent, et de plus, il était là pour la sécurité de la jeune fille. Lentement, il ouvrit l'enveloppe et en sortit un feuillet où figuraient trois signatures. Charles, Lydia et lui-même. Il adressa un sourire rassurant à la jeune fille et commença sa lecture :

« Je soussigné Charles Henry Granger, sain de corps et d'esprit,

Je soussignée Lydia Mary Powell, épouse Granger, saine de corps et d'esprit,

Déclarons léguer tous nos biens et avoirs financiers à notre fille adorée Hermione Déméter Granger.

Le cabinet dentaire sera vendu par Maître Louis Johnson ici présent, et le produit retiré de cette vente sera versé à Mme Margaret Hillary Granger qui le gérera et le fera fructifier au profit de son fils adoptif Daniel Richard Granger. Cet argent lui reviendra en totalité dès la fin de ses études de médecine.

Nous confions le soin au Professeur Albus Dumbledore, directeur du Collège Poudlard, de la gestion du compte de notre fille jusqu'à sa sortie du Collège.

Nous espérons qu'Hermione aura une vie heureuse et que sa vive intelligence lui permettra de faire le métier qu'elle aura choisi.

Nous t'aimons Hermione. »

Le notaire se tut. Hermione retenait à grand-peine ses larmes. Elle respira profondément et sourit à l'homme.

- Donc, j'hérite des biens et avoirs financiers de mes parents…

- Une minute ! coupa Margaret. Qu'est-ce que ça veut dire ? C'est moi qui devrait être la tutrice légale d'Hermione !

- Pardon de vous contredire, Madame, répondit Johnson, mais M. Granger a jugé bon de la confier au Directeur de son Collège, étant donné les circonstances.

- Quelles circonstances ?

- Miss Hermione passe dix mois sur douze dans ce Collège, et elle est en dernière Année, ce qui signifie qu'elle sera bientôt majeure. Et vous ne pouvez aller à l'encontre des dernières volontés de votre frère.

- Et combien estimez-vous que la vente de son cabinet dentaire me rapportera ?

Johnson pinça les lèvres devant la cupidité manifeste de la femme.

- Le cabinet est situé dans un immeuble dont tous les bureaux sont maintenant des cabinets médicaux et des études d'avocats. Il a donc pris énormément de valeur. Je l'estimerai à cinq cent mille livres. Cependant, cet argent doit revenir à votre fils…

Margaret éclata d'un rire satisfait. Hermione s'assombrit. Mais elle ne pouvait pas croire que ses parents l'avaient laissé sur la paille, alors qu'elle voulait continuer ses études. Elle adressa un regard à Maître Johnson.

- Maître, à combien s'élèvent mes nouveaux biens et avoirs ?

Le notaire sourit. Margaret allait être folle de rage.

- Votre maison a été détruite, mais l'assurance vous a versé un remboursement de deux cent mille livres. De plus, vos parents ont souscrit une assurance-vie en votre faveur, vous allez donc toucher une somme de cent mille livres.

- Donc trois cent mille livres en tout. C'est suffisant pour payer mes frais d'université si je demande une bourse en complément…

- Je n'ai pas fini. Depuis plusieurs années déjà, douze ans en fait, Charles Granger a placé son argent dans des actions et a spéculé en bourse, me donnant des instructions précises à suivre. Ses intuitions et sa connaissance du marché lui ont permis de récolter de l'argent qu'il a placé sur un compte d'épargne rémunéré à votre nom, Miss Hermione.

Margaret avait pâli et Hermione le fixa, bouche bée. Johnson eut un large sourire.

- Miss Hermione, vous êtes aujourd'hui à la tête d'une fortune estimée à plus de cinq millions de livres.

Margaret eut un hoquet de stupeur. Quant à Hermione, elle le dévisageait.

- Vous plaisantez, n'est-ce pas ?

- Non, Miss. De plus, ce compte est alimenté régulièrement par les dividendes et rentes, sans oublier les intérêts. Vous avez de quoi vivre confortablement toute la vie sans travailler.

- Cette fortune aurait dû me revenir ! tonna Margaret. Cette petite garce n'est qu'un monstre qui ne mérite pas d'hériter de mon frère ! C'est inadmissible ! Je réclame la nullité du testament ! Maître Johnson ! Hermione est une véritable Sorcière, et Poudlard est une école de Sorcellerie !

Hermione se leva et lui lança un regard noir.

- Ça suffit ma Tante. Je ne tolérerai pas plus longtemps vos insultes à mon égard. Je découvre aujourd'hui votre véritable visage : vous êtes une femme cupide et avide, et vous ne méritez même pas la compassion de Daniel. Maintenant que mes parents sont morts, je suis libre de couper tout lien avec vous, même si Daniel me supplie de ne pas le faire. Vous n'avez jamais aimé ma mère, et vous me détestez. Sachez que c'est réciproque. Maître Johnson, je suppose qu'il y a des papiers à signer ?

- Oui. Vous devez apposer votre signature sur le testament attestant que vous l'avez entendu. Cependant, il me faudrait aussi la signature de votre tuteur légal, le Professeur Dumbledore.

- Je le représenterai, intervint Severus pour la première fois depuis longtemps. Le Professeur Dumbledore m'a donné carte blanche en ce qui concerne les affaires familiales de Miss Granger.

- Dans ce cas, votre signature fera l'affaire. Mme Granger…

- Je refuse de signer ! Ce testament est nul ! Je t'attaquerai en justice, Hermione Déméter, et je révélerai ta vraie nature au monde…

- Qui risque de vous croire ma Tante ? Je ne suis pas une Sorcière, sinon, je vous aurai jeté un sort sans plus attendre pour vous faire taire !

- De toute manière, aucun tribunal ne vous donnera raison, déclara Johnson. Hermione est la fille de Charles et Lydia Granger, cet héritage est le plus légitime qui soit. Vous devez même vous estimer heureuse qu'ils vous aient laissé quelque chose, et encore ce n'est que pour votre fils adoptif.

- Comment osez-vous ? C'est une Sorcière ! Elle a ensorcelé ses parents !

- Mme Granger, vous devenez ridicule, dit calmement le notaire.

Il sourit à Hermione.

- Voilà, tout est réglé. Je vous souhaite de tout cœur de réussir votre vie, et de trouver le bonheur.

La jeune fille sourit.

- Je pense que je l'ai déjà trouvé, murmura-t-elle en regardant Severus.

Celui-ci était trop occupé à fusiller Margaret du regard pour remarquer Hermione. Le notaire suivit son regard, et s'il était surpris, il n'en manifesta rien.

- Je pense que c'est un homme bien. J'espère juste que vous savez ce que vous faites. Mais je sais que vous avez la tête sur les épaules. Sorcière ou pas, vous êtes une personne spéciale, et vos parents le savaient.

- Maître Johnson, mon père vous estimait beaucoup. Est-ce que vous accepteriez d'être mon homme de loi ?

- Quelle question, Miss Hermione. Bien entendu que je reste à votre service, vous n'avez même pas à me le demander. Dès votre sortie du Collège, contactez-moi pour me faire part de vos souhaits.

- Si je suis toujours vivante. J'aimerai malgré tout vous faire part d'une chose : s'il devait m'arriver malheur avant la fin de ma scolarité, je lègue tout mon argent à Daniel. Et uniquement à lui. Je ne veux pas que Tante Margaret y touche.

- Entendu Miss. Mais qu'est-ce qui vous fait croire que vous allez peut-être mourir ? Vous êtes encore jeune…

- Simple précaution Maître.

Il finit par prendre congé, assurant Hermione de sa présence le lendemain aux funérailles. Dès le départ du notaire, Severus sortit sa baguette e la pointa sur Margaret.

- Vous êtes allée trop loin ! Que vous a donc fait Hermione pour que vous la détestiez autant ?

- Severus ! appela Hermione. Arrête !

- Non. Cette femme est malfaisante. Tu m'as expliqué qu'elle détestait ta mère parce que celle-ci n'était pas du même milieu que ton père. Et elle te hait encore plus parce que tu es une Sorcière qui a hérité de cinq millions de livres. Or, toute personne sensée trouverait cet héritage légitime. Cette… vipère ne mérite pas de vivre.

Hermione s'interposa entre sa Tante et Severus, la baguette levée.

- Ne fais pas ça. Tante Margaret est malgré tout quelqu'un de ma famille. Après l'enterrement demain, je n'aurai plus aucun contact avec elle.

- Hermione ! Elle a révélé notre secret au notaire !

- Il ne l'a pas crue ! Severus, ne m'oblige pas à t'attaquer.

- Que pourrais-tu me faire ? se moqua-t-il.

Elle s'assombrit. Severus mettait en doute ses capacités à l'attaquer, et elle détestait ça. Depuis sa première Année, quand elle avait compris qu'être amie avec Harry Potter impliquait la lutte contre Voldemort, elle s'entraînait pour être capable d'épauler efficacement son ami lors de l'affrontement final. Ses yeux s'étrécirent dangereusement.

- N'oublie pas à qui tu parles Severus !

- Oh, non, je ne risque pas. Hermione Granger, courageuse Gryffondor, meilleure élève du Collège et amie avec Harry Potter, membre du Trio d'Or de Gryffondor. Ce que tu peux être présomptueuse !

- Tu oublies que je suis l'instigatrice de l'AD, que j'ai confectionné du Polynectar en Deuxième Année… Je n'ai pas honte d'être fière de ce que je suis, une Miss-Je-Sais-Tou comme tu m'appelles si bien. J'ai suivi les cours de Défense de Harry, je pense que je peux tenir un Duel contre toi sans mal.

- Les cours de Potter ! railla Severus. Tu ne tiendrais pas dix secondes contre moi.

- Tu veux parier ?

Ils s'observaient, baguettes levées. Hermione n'hésiterait pas à se défendre s'il l'attaquait. Puis, elle capta un mouvement du coin de l'œil et tourna la tête. Sur le seuil de la pièce, se tenait Daniel, qui apparemment, revenait de son examen.

- Daniel ? Tu es là depuis longtemps ?

- Assez longtemps pour comprendre que vous êtes tous devenus fous. Qu'est-ce qu'il se passe ici ?

- Juste un petit désaccord, répondit Hermione en baissant sa baguette. Daniel, s'il te plaît, tu veux bien me raccompagner à l'hôtel ?

- Bien sûr, mais…

- Sans poser de questions. Merci.

Elle sortit de la maison sans un regard de plus pour Severus ou sa tante. Mais Severus la suivit.

- Hermione, tu es ridicule !

- Je suis ridicule ? JE suis ridicule ? Dans ce cas-là, vous ne verrez pas d'inconvénient à ce que je sois ridicule seule, Professeur ? Fichez-moi la paix ! Allons-y Daniel.

- Mais…

- J'ai dit : allons-y !

Elle s'installa dans la voiture, et Daniel, sur un dernier regard désolé au Professeur, démarra le véhicule et ils s'éloignèrent. Severus pesta sur l'inconscience d'Hermione, mais il décida de la laisser seule un moment et transplana à l'hôtel.

Dans la voiture, Hermione gardait un silence obstiné.

- Tu veux bien me dire ce qu'il s'est passé ?

- Tante Margaret est furieuse des dispositions testamentaires de mes parents, et elle a révélé au notaire que j'étais une Sorcière, mais il ne l'a pas crue. Et Severus a cru bon de vouloir lui lancer un sortilège pour la punir.

- Un Sortilège ?

- Probablement un Oubliette. Il est ridicule.

Daniel ne comprenait rien au jargon de sa cousine, alors il préféra l'interroger sur la lecture du testaments. Hermione lui résuma l'héritage.

- Alors comme ça, ces cinq cent mille livres me reviennent, murmura-t-il. C'est énorme, que veux-tu que je fasse avec tout cet argent ?

- Finis tes études… et ouvre ton cabinet médical.

- Sauf que je préfère travailler dans un hôpital.

- Alors achète une maison pour vivre avec Joanna.

Daniel rougit.

- Pourquoi pas ? Mais nous n'avons pas encore abordé la question de vivre ensemble.

- Ecoute, ce serait plus simple pour vous deux de vivre ensemble. Et plus pratique que ta chambre à l'université.

- Je le reconnais volontiers. Mais parlons de toi. A combien est estimée la fortune de tes parents.

- La fortune de mes parents ? répéta Hermione, qui ne voulait pas dire à Daniel le montant que lui laissaient ses parents.

- Ne me prends pas pour un imbécile. Ils laissent cinq cent mille livres à ma mère pour moi, alors tu dois être encore plus riche. Un million ?

- Cinq.

Daniel émit un sifflement admiratif.

- Comment ils ont fait pour accumuler une telle somme ?

Hermione lui expliqua les placements de son père.

- Ton père était un homme avisé. Tu es à l'abri du besoin pendant quelques années encore. Ça ne m'étonne pas que Maman soit furieuse contre toi. Elle touche à peine un demi-million et tu hérites de dix fois plus !

- Mmm… Comme toi, je ne sais pas ce que je vais faire de cet argent… A ma sortie de Poudlard, j'achèterai une maison, et je ferai des études. Au moins, ça m'évitera de travailler pendant mes études pour les financer.

- C'est une bonne chose.

Hermione se tut.

- Je peux te poser une question indiscrète ?

- Pose, et je verrai si je peux répondre.

- Qu'y a-t-il entre Rogue et toi ? Je vous ai entendu vous disputer, et vous vous tutoyiez. Or, c'est ton Professeur, non ?

La jeune fille s'empourpra.

- Il n'y a rien… Ou si peu. Tu sais que je suis son Assistante. Nous nous sommes rapprochés. Et comme nous sommes les parents de remplacement d'Amélie, nous avons dû tenir un rôle à la Saint-Valentin.

- Rien que ça. Les relations professeurs-élèves ne sont-elles pas interdites ?

- Je ne suis pas une simple élève. Je suis Assistante en Potions. Dumbledore s'est débrouillé pour que j'ai un statut de professeur.

- Tu es donc l'égale des Professeurs. Je trouve ça plutôt gratifiant.

- Ça l'est. Et je ne sais pas ce que je ressens pour lui. Il me dit qu'il m'aime… et il s'est attaché à Amélie.

- Demande-toi si tu l'aimes vraiment. Je l'ai observé hier soir. Je crois qu'il tient beaucoup à toi. Il te couvait du regard, comme s'il avait peur que tu te brises en morceaux à tout instant.

- Je ne suis pas une poupée de porcelaine. Et il a douté de mes capacités magiques.

- Oh… Tu es blessée dans ton orgueil ? Hermione, tu as beau être une Sorcière intelligente, crois-tu vraiment que tu arriverais à tenir tête à ton Professeur, un Sorcier expérimenté ?

Elle se renfrogna. Daniel avait raison. Severus l'avait bien sauvée des griffes de Voldemort, l'été précédent. Sans lui, elle serait morte.

- Quoi qu'il en soit, il n'avait pas à s'en prendre à ta mère.

- Il a eu tort sur ce coup-là, reconnut le jeune homme.

- Et j'ai eu tort de m'emporter.

Daniel acquiesça de la tête. Hermione resta songeuse. Ils étaient arrivés devant le Chaudron Baveur.

- Tu veux que je vienne avec toi ? proposa-t-il.

- Non ça ira, merci. On se voit demain ?

- Oui. Rendez-vous à la maison. Nous sommes sensés aller à l'église avec Mère.

Elle fit la grimace.

- Je crois qu'on se retrouvera directement là-bas. Au revoir Daniel.

- Au revoir Mione.

Elle entra seule à l'hôtel, décidée à s'excuser. Mais à peine avait-elle entrouvert la porte de sa chambre qu'elle se retrouvait enveloppée dans une chaude étreinte, la bouche de Severus chuchotant à son oreille :

- Pardonne-moi, Hermione. Excuse-moi… Je me suis emporté. S'il te plaît…

Et il l'embrassa. Hermione se laissa faire, heureuse qu'il reconnaisse son tort. Elle s'écarta lentement.

- Moi aussi, je me suis emportée. Je te prie de m'excuser, Severus.

Il la regarda.

- Je n'aurai pas dû menacer ta tante, ni sous-estimer tes capacités.

- Et je surestime mes pouvoirs. C'est toi qui avais raison.

- J'ai cru te perdre à un moment. Je t'aime Hermione.

- Je t'aime aussi.

………

Le lendemain, ils se rendirent directement à l'église à 14 heures. Ils repérèrent vite la foule au centre de laquelle Margaret recevait les condoléances. Quand ils virent Hermione, ils se dirigèrent vers elle, et renouvelèrent leurs regrets. La plupart était des confrères dentistes ou des anciens amis de l'université. Le notaire était présent, ainsi que quelques-uns de leurs plus anciens clients. La jeune fille s'efforçait de rester souriante et de remercier tout le monde, mais Severus était conscient qu'elle aurait préféré se trouver ailleurs. Ils pénétrèrent peu à peu dans la chapelle quand il remarqua deux hommes en imperméable un peu plus loin. Il attira l'attention d'Hermione.

- Mione, qui sont ces deux hommes ?

Elle suivit son regard.

- Je ne sais pas, je ne les ai jamais vus.

Les deux hommes s'approchèrent. Severus se mit derrière elle, sa main agrippé à sa baguette dans sa poche.

- Bonjour, vous êtes Miss Hermione Granger ?

- Oui. A qui ai-je l'honneur ?

- Inspecteur Smith, et Inspecteur Dylan. Nous souhaiterions vous poser quelques questions.

- Cela ne peut-il pas attendre la fin de l'enterrement ? demanda Severus, agacé.

- Si, bien évidemment. Nous vous attendrons au cimetière.

Ils se retirèrent, et les deux Sorciers échangèrent un regard inquiet.

- Qu'est-ce que la police me veut ? demanda Hermione.

- Aucune idée, mais nous le saurons tout à l'heure. Ne t'en fais pas.

Ils entrèrent à l'église, et la messe commença. Daniel resta aux côtés de sa cousine et le prêtre lui demanda si elle voulait dire quelques mots. Elle hésita mais finalement hocha la tête et se leva pour s'avancer derrière le pupitre. Du coin de l'œil, Severus vit Margaret s'agiter, et il lui lança un sortilège de Silence pour prévenir tout esclandre. Hermione prit une grande inspiration.

- Vous êtes tous au courant du drame qui frappe ma famille aujourd'hui. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé, et j'espère que la police arrêtera vite les coupables. C'étaient des parents extraordinaires, et en tant qu'Hermione Granger, leur fille unique, je jure de faire en sorte qu'ils soient fiers de moi où qu'ils soient maintenant. Je vous remercie tous d'être présents en ce jour pour les accompagner dans ce dernier voyage.

Tout le monde applaudit poliment, et la messe prit fin. La procession funèbre prit la route du cimetière pour l'inhumation. Hermione se retenait de toutes ses forces pour ne pas pleurer, elle serrait les poings si fort que ses jointures en étaient blanches. Severus la couvait d'un regard inquiet, comme si elle allait s'effondrer d'un instant à l'autre.

L'enterrement fut bref. Hermione se contenta de jeter une poignée de terre sur les cercueils côte à côte de ses parents, tout en restant impassible.

- Severus, je veux rentrer maintenant.

- N'oublie pas les inspecteurs.

- Ah oui…

- Ecoute, contente-toi de dire que tu ne sais rien. Je m'occupe du reste.

La jeune fille le regarda un moment, puis ajouta :

- Tant que tu y es, essaie d'avoir l'adresse des grands-parents d'Amélie.

- Entendu, sourit Severus devant l'intelligence de sa jeune élève.

Ils s'éloignèrent de la tombe du couple Granger, et les deux policiers s'approchèrent de la Sorcière.

- Toutes nos condoléances, présenta Smith.

Elle hocha la tête.

- Miss Granger, nous avons interrogé votre tante la semaine dernière. Elle a dit que vous étudiez dans un pensionnat en Ecosse. Est-ce exact ?

- Oui.

- Quel est cet établissement ?

- C'est un établissement inconnue du public car très sélectif. Nous ne pouvons vous en dévoiler le nom, intervint Severus.

- Et vous êtes ?

- Le Professeur Severus Rogue. J'enseigne là-bas, et Miss Granger est sous ma responsabilité. Le nom du Collège est tenu secret.

- Pour quelle raison ?

- Comme je vous l'ai dit, il est très sélectif. C'est le Directeur qui contacte lui-même les familles des étudiantes qu'il souhaite avoir. Miss Granger fait partie de ces surdoués.

- Oui, nous savons déjà que Miss Granger est une surdouée. Bien, reprenons. Vos parents étaient à New-York quand ils ont été tués. Leur connaissiez-vous des ennemis ?

- Non. Tout le monde les appréciait.

- Nous avons également appris que votre quartier a été victime d'une explosion de gaz l'été dernier. Il y eu énormément de victimes à déplorer mais vous avez été portée disparue, ainsi qu'une fillette de quatre ans, Amélie de Chatres. Où étiez-vous ?

- Ainsi, les autorités avaient trouvé une explication plausible pour qualifier l'attaque des Mangemorts.

- J'étais chez une amie à ce moment. Quand j'ai appris ce qu'il s'était passé, j'ai contacté le Directeur de mon école pour y retourner un peu plus tôt.

- Pourtant, des témoins affirment vous avoir vue en compagnie de l'enfant.

- Je n'y étais pas, répéta-t-elle fermement. Quant à Amélie, je ne sais pas où elle est.

- Vous connaissez Amélie ?

- Oui ! J'étais sa baby-sitter quand ses parents sortaient. Ecoutez, je ne sais rien, rien du tout ! Je passe dix mois sur douze à l'Ecole, sans contact avec le monde extérieur, et j'apprends il y a à peine deux jours que mes parents ont été tués par un psychopathe, ou que sais-je ? Que voulez-vous que je vous dise de plus ?

- Votre tante ne sait rien non plus.

- Que voulez-vous qu'elle sache ? Elle est furieuse parce qu'elle n'a pas touché l'héritage qu'elle convoitait. Elle tentera de me discréditer par tous les moyens. Tout ce que je vous demande, c'est de retrouver les coupables le plus rapidement.

- Comment pouvons-nous vous contacter ?

- Vous ne pouvez pas. C'est moi qui vous contacterai dès que l'année scolaire serai terminée, en juillet prochain.

- Votre école est bien stricte, Miss Granger.

- C'est cela qui fait d'eux des gens d'élite, déclara Severus.

- Au revoir, Inspecteurs, salua Hermione.

- Au revoir Miss Granger.

Pendant tout l'entretien, Severus avait fouillé l'esprit des inspecteurs pour tenter de déterminer ce qu'ils savaient. En vérité, ils se doutaient déjà que le paranormal était à l'œuvre au vu de la manière dont les parents d'Hermione étaient morts. L'attitude d'Hermione, et son école coupée du monde avaient renforcé leurs soupçons, mais sans aucune preuve. De même, les grands-parents maternels d'Amélie étaient morts d'inquiétude pour la petite, ils envisageaient même de venir en Angleterre pour être rapidement informés. Cependant, la police leur avait conseillé de rester en France, et d'être rapidement joignables. Les deux détectives ne croyaient pas une seconde à la version de l'explosion de gaz qui avait dévasté le quartier d'Hermione, mais le Premier Ministre en personne était intervenu pour présenter ses condoléances aux familles des victimes, et la police ne pouvait mettre en doute les paroles de l'homme influent.

- Alors ? demanda Hermione.

- Ils soupçonnent quelque chose de bizarre, mais n'ont aucune preuve. Et j'ai l'adresse des grands-parents d'Amélie.

- Parfait.


Wouah ! 21 pages en format Word ! Heureusement que je tape vite ! Le chap 16, intitulé Retour à la vie, devrait arriver plus vite que le 15, maintenant que notre couple est revenu à Poudlard… et que ma muse est revenue ! Je vous embrasse tous, et je vous dis à la prochaine !