Bonjour à tous ! A ce jour, mardi 31 janvier 2006, six personnes savent quelle est la forme animagus de Sev, dont trois qui ont deviné toutes seules comme des grandes. Je n'ai pas eu le temps de répondre à tout le monde, alors j'espère que vous m'excuserez. Néanmoins, j'ai eu pas mal de réponses complètement loufoques : dromadaire, papillon de nuit, vache… J'aimerai qu'on m'explique où est le rapport avec HP tout ça…

Félicitations à Galia et Akeri la Malicieuse, qui m'ont répondu par review.

Akeri, si tu lis ces mots et si tu as eu mes messages via donne-moi ton adresse e-mail ! Ou contacte-moi au plus vite !

Je profite aussi de ces quelques lignes pour vous dire que Lady Kassy est ma bêta-readeuse officielle !

Disclaimer : tout est à JKR, sauf Amélie, mais je pense que vous l'avez deviné !

Bonne lecture à tous !


Chapitre 19 : Animagus et pression

La mi-mars arriva, apportant avec elle le soleil et la fonte des neiges. Le temps se fit plus serein, et dans le Collège, les étudiants les plus studieux commençaient à réviser pour les examens de juin. Hermione révisait aussi bien sûr, mais ses cours supplémentaires lui prenaient aussi énormément de temps. Elle avait maîtrisé l'Occlumencie et la Légilimencie en dix jours, et elle avait entamé la Métamorphose Animagus en même temps que la Magie Noire. Severus avait été obligé de revoir son programme d'Etude, étant donné qu'Hermione n'arrivait pas encore à se transformer. Ce qui agaçait profondément la Disciple. La Métamorphose était un domaine où elle excellait, et elle ne supportait pas cet échec. La seule chose qu'elle réussissait à transformer, c'étaient ses yeux, qui devenaient dorés, ce qui ne la renseignait absolument pas sur l'animal qu'elle serait. Mais Severus savait pourquoi elle n'y arrivait pas, et pour une raison simple.

- Si encore je savais en quel animal je me transforme ! Même pas ! Comment puis-je avancer à l'aveuglette ?

- Hermione, du calme ! Ça ne t'avancera pas de t'énerver ainsi.

- Le manuel dit que je dois trouver ma forme Animagus dès que j'aurais transformé une partie de mon corps. Alors dis-moi ce que des yeux dorés peuvent représenter ! Ils sont intégralement dorés ! On peut difficilement les confondre avec les yeux des Dragons ou des serpents !

- C'est vrai que ce n'est pas commun…

- Toi Severus, en quoi te transformes-tu ?

- Je préfère ne pas te le dire. Mais si ça peut te rassurer, j'ai passé deux jours à m'interroger sur mon animagus.

- Ça fait une semaine que je cherche à la Bibliothèque ! Tant que je n'aurai pas trouvé mon animal, je ne pourrai pas avancer.

Severus sourit devant l'air renfrogné de sa Disciple.

- J'ai l'impression que tu n'as pas l'habitude que quelque chose te résiste.

- C'est ça, moque-toi, je ne dirai rien ! Après tout, je suis ta Disciple, et tu es mon Maître ! dit-elle d'une voix acide.

- Allons, viens, il faut que je te montre quelque chose. Mets ta cape, il fait froid où nous allons.

- Mais… Et Amélie ?

- Elle ne risque rien, elle dort. Et j'ai lancé une bulle de protection sur elle, son sommeil ne sera pas troublé.

Severus guida Hermione dans une partie du château qu'elle n'avait jamais visitée, par un chemin qui s'enfonçait profondément dans les cachots. Enfin arrivés devant des portes immenses, en argent et couvertes de runes anciennes, il prononça un mot.

- Basilic.

Les portes s'ouvrirent. La salle était deux fois plus grande que la grande Salle et elle était ronde. Les murs étaient recouverts des quatre couleurs de Poudlard, et de tapisseries représentant les blasons des Maisons. Un épais tapis moelleux vert émeraude recouvrait entièrement le sol.

- Où sommes-nous ?

- Cette salle est le seul endroit du château où je peux me transformer.

- Pourquoi une salle si gigantesque ?

- Tu vas vite comprendre. Ecarte-toi. Et au fait, pour mon pouvoir, ne t'en fais pas, je l'ai neutralisé.

Hermione cherchait à comprendre cette dernière phrase quand Severus ferma les yeux. Une aura verte émanait de lui, et ses bras et ses jambes se collèrent à son corps. Peu à peu, son corps s'allongea, et il perdit tout trait humain. Quelques instants plus tard, la Sorcière réalisa subitement en quel animal se transformait son amant : un Basilic ! Mais ce Basilic-là n'avait rien à voir avec les illustrations des livres de la Réserve ou à celui qu'Harry lui avait décrit en Deuxième Année. Ce Basilic n'avait rien d'un monstre. Il était énorme, mais son corps était vert aux reflets argentés. Sa gueule aurait pu être terrifiante, mais il la tenait fermée, et il fixait Hermione de ses yeux bleus… « J'ai neutralisé mon pouvoir ».Il avait perdu le pouvoir de tuer par son regard.

- Alors, c'est en Basilic que tu te transformes.

Elle avança une main tremblante et la posa sur le museau, juste au-dessus de la gueule. Il avait la peau froide, normal pour un animal à sang-froid, mais elle n'était pas visqueuse, ou gluante, comme elle l'aurait imaginé. Le contact était même doux.

- C'est…impressionnant… Tu n'as, de toute évidence, rien à voir avec le Basilic de Salazar Serpentard. Harry disait que c'était un monstre. Mais toi, Severus, tu es majestueux, magnifique.

Il reprit forme humaine en quelques secondes.

- Merci du compliment. Tu comprends maintenant pourquoi je ne peux pas me transformer n'importe où.

- J'étais loin d'imaginer que tu te transformais en Basilic… Comment as-tu neutralisé ton pouvoir ?

- Grâce à une potion de mon invention, à base de mandragore, de venin et d'une de mes écailles. C'est Albus qui m'a aidé à recueillir mon venin et une de mes écailles. Il est venu ici, et pendant que je gardais les yeux fermés, il a extrait mon poison, et a retiré une des écailles. Par sécurité, Fumseck l'accompagnait. Viens, rentrons.

- Et comment as-tu découvert ton animal ?

- Hé bien, ma main s'est recouverte d'écailles un soir. J'ai tout d'abord pensé que j'étais un simple serpent, mais la taille des écailles m'a vite fait comprendre que je n'étais pas un serpent ordinaire. J'en ai déduit que j'étais un Basilic.

- Le Basilic n'est pas un serpent, déclara Hermione. C'est un reptile, mais ce n'est pas un serpent.

- Pourquoi pas ?

- Parce que le Basilic naît d'un œuf de poulet, couvé par un crapaud. Je ne connais pas de serpents qui naissent de cette façon. Même si le Basilic est considéré comme le Roi des Serpents, c'est plus une créature magique qu'un serpent, malgré son apparence (nda : allez voir le tome 2 pour confirmation !).

Quand ils rentrèrent dans leurs quartiers, Hermione était silencieuse. Elle restait devant la cheminée, tandis que Severus vérifiait qu'Amélie dormait bien.

- Il est tard, tu viens te coucher ? demanda-t-il.

- Je n'ai pas sommeil. Je vais réfléchir et étudier un peu. Je te rejoins.

Severus s'avança vers elle, et la prit dans ses bras.

- Ne te tracasse pas trop. Tu finiras par trouver.

- Je l'espère.

Elle l'embrassa légèrement.

- Ne tarde pas trop, recommanda-t-il.

- Pas de risque. Ton lit est bien trop douillet pour que je le fasse trop attendre.

- Tu dors avec moi rien que pour mon lit ?

- Oh, l'occupant est très bien aussi.

Elle lui sourit, et il alla se coucher. Hermione s'assit et réfléchit. Une des phrases que Severus avait dite dans la salle l'avait interpellée. Et sa forme Animagus avait des yeux dorés. Elle devait essayer. Mais pas ici. Elle éteignit les lumières et tendit l'oreille. Severus devait déjà être endormi. Elle sortit discrètement de l'appartement et se dirigea vers la Tour d'Astronomie. Elle avait gardé sa cape mais le froid la saisit quand même sur la Tour. Elle contempla un moment le parc de Poudlard, paisible, et la Forêt Interdite, juste derrière la cabane de Hagrid. Elle fronça les sourcils quand elle vit une lueur orangée parmi les arbres, mais le phénomène ne se reproduisit pas.

- J'ai dû avoir une hallucination, pensa-t-elle.

Elle ferma les yeux et se concentra sur la forme probable de son Animagus. « Pourvu que ce soit ça » pria-t-elle. Elle ne vit pas que l'aura orangée qui l'entoura, mais elle sentit parfaitement que ses membres changeaient de forme. « Victoire, j'ai trouvé ! » exulta-t-elle intérieurement. Quand sa métamorphose prit fin, elle rouvrit les yeux. Wow, son angle de vue était plus étendu, elle voyait les côtés aussi. Elle bougea ses bras… ses ailes et s'envola. Elle n'éprouvait aucune difficulté pour voler, comme si c'était instinctif. Elle vola jusqu'à une fenêtre obscure et observa son reflet dans la vitre. Elle était un phénix. Un phénix rouge et doré avec quelques plumes brunes et des yeux dorés. Elle poussa un cri de joie qui résonna comme un trille harmonieux et joyeux. Elle vola en direction de la Forêt, histoire de tester ses limites. Elle avait eu cette idée de phénix quand Severus avait mentionné Fumseck. Nulle part dans les livres il n'était mentionné que les phénix avaient des yeux dorés, et Fumseck avait des yeux noirs, mais elle avait eu l'intime conviction que le phénix était sa forme.

………

Elle survolait la Forêt Interdite, insouciante, quand elle heurta quelque chose… En plein ciel ? Elle leva les yeux et se retrouva face à la gueule fumante d'un Dragon ! Les deux créatures s'observèrent un moment, trop surpris pour faire quoi que ce soit. L'esprit logique d'Hermione fonctionnait à toute allure ! Que faisait un dragon si près de Poudlard ? Elle le détailla. Il était petit, en fait, il faisait la moitié du Magyar à Pointes, et il était entièrement rouge. Ses yeux bleus la fixaient avec surprise. Soudain, il cracha un filet de flammes en direction du phénix. Elle dut s'esquiver en vitesse, même si elle ne craignait pas le feu sous sa forme actuelle. Elle poussa un cri rageur. Contre toute attente, le dragon s'enfuit et s'enfonça parmi les arbres de la Forêt. Ça n'allait pas se passer ainsi ! Elle le poursuivit. Ainsi, la lueur orangée n'était pas une illusion, c'était le feu du dragon. Elle devait élucider le mystère de la présence d'un tel animal sur les Terres du Collège, et le signaler à Dumbledore. Si Hagrid s'amusait encore à élever des dragons…

Malgré sa taille, le dragon se faufila rapidement parmi les arbres, si rapidement qu'Hermione eut du mal à le suivre. Mais il se posa soudainement dans une clairière… et il n'était pas seul. Elle se posa sur un rocher et observa l'autre animal. Une licorne. Mais pas n'importe quelle licorne. Autant qu'elle sache, les licornes étaient argentées, pas noires… et elles n'avaient pas les yeux verts. Des yeux qui lui rappelaient furieusement quelqu'un. Elle eut un mauvais pressentiment et chercha un autre signe distinctif… qu'elle trouva : une cicatrice en forme d'éclair, au-dessus de la corne. Harry ! Et ce dragon n'était personne d'autre que Ron ! Ces deux-là avaient décidé de s'entraîner sans elle, sans même lui dire un mot ! Elle leur jeta un regard furieux et s'envola en direction du Château.

Elle reprit forme humaine sur la Tour et regagna la Salle Commune de Gryffondor pour attendre ces deux soi-disant amis. Amis qui ne tardèrent pas à se arriver.

- Ce phénix m'a terrifié ! disait Ron. Tu as vu le regard qu'il nous a lancé ?

- Il me rappelait quelqu'un, dit pensivement Harry.

- Je peux savoir où vous étiez ? demanda froidement Hermione.

Ils sursautèrent.

- Mais… Hermione… bafouilla Ron. Tu dors chez Rogue… Que fais-tu ici ?

- Je n'ai plus le droit de rendre visite à mes meilleurs amis ? Or, je ne vous ai trouvés nulle part dans le Château. J'ai droit à quelques explications non ?

Les deux Sorciers se regardèrent, indécis. Puis Harry secoua discrètement la tête. Geste qu'Hermione intercepta.

- Qu'est-ce que je ne dois pas savoir Harry ?

- Hermione, ce n'est pas ce que tu crois ! Nous étions… dans les cuisines. Avec Dobby.

- Arrête de mentir ! coupa-t-elle, glaciale.

Ils frissonnèrent. Leur amie était furieuse.

- Pourquoi ne me dis-tu pas que vous étiez tous les deux dans la Forêt Interdite ? Pourquoi ne m'avez-vous pas dit que vous vous entraîniez à la Métamorphose Animagus ? Que toi Harry, tu étais une licorne noire ?

- Comment le sais-tu ? demanda Ron, effaré, alors que Harry commençait à comprendre.

- Comment je le sais ? Peut-être que le dragon que tu es, a failli carboniser un phénix ! J'étais ce phénix, imbécile ! Faut-il que vous ayiez si peu confiance en moi pour vous entraîner en me laissant de côté !

Elle pleurait à présent, devant les garçons, mal à l'aise !

- Toi, Harry, tu m'as fait croire que tu ne t'entraînais pas, que tu laissais les choses aller à leur rythme. Tous les deux, vous vous entraînez dans votre coin, sans même m'en dire un mot ! Sept ans d'amitié ne signifient donc rien pour vous ? Ou alors je n'étais là que parce que mes devoirs vous étaient utiles ? Je vous déteste !

Elle voulut courir hors de la Salle Commune, mais Harry et Ron l'attrapèrent au passage et la forcèrent à s'asseoir sur le canapé, entre eux deux, et l'empêchèrent de se lever.

- On peut parler maintenant ? demanda Ron.

- Nous ne cherchions pas à t'exclure de notre projet, continua Harry. Quand nous avons décidé de commencer à augmenter notre puissance, peu après Halloween, nous voulions t'en parler. Mais tu étais submergée entre toutes tes tâches. Tu es Préfète-en-Chef, Assistante de Rogue, et tu dois prendre soin d'Amélie. Nous ne pouvions pas te demander de rajouter cet entraînement sur ton emploi du temps déjà surchargé. Et crois-moi, ce ne fut pas facile. Pour la première fois, tu n'étais pas là avec tes conseils et tes connaissances. Pour la première fois, nous avons dû passer des heures à la Bibliothèque pour nous renseigner. Par chance, la Salle sur Demande nous fournissait des tas de livres sur les sujets voulus. Avec Ron, nous avons longuement étudié la Magie Noire et la Magie sans baguette. Et ce soir, nous avons réussi à nous transformer ! Nous avons découverts nos formes il y a deux nuits.

- Alors le jour où vous avez oublié le devoir de Métamorphoses…

- Oh, nous comptions le terminer, mais nous nous sommes endormis dans la Salle sur Demande, termina Ron. Tu ne nous en veux pas trop de t'avoir caché tout ça ?

- Vous auriez pu m'en parler ! Mes parents venaient de mourir, et toi Harry, j'étais persuadée que tu ne faisais rien pour vaincre Voldemort. Et quand je vous ai reconnus dans la Forêt, j'ai eu un choc !

- Mais au fait, toi aussi, tu t'entraînes sans rien nous dire ! réalisa Harry.

Elle rougit, mais elle n'avait pas le droit de leur révéler qu'elle était Disciple.

- Je ne suis pas toute seule. C'est Severus qui m'a enseigné la Métamorphose.

- Tu appelles Rogue par son prénom maintenant ? remarqua Ron

- Vu que nous sommes collègues, et qu'Amélie trouverait bizarre que je l'appelle Professeur, alors que je suis censée être sa « femme », il m'a autorisé à l'appeler comme ça. Il m'enseigne aussi l'Occlumencie et la Magie Noire. C'est moi qui lui ai demandé, puisque j'étais convaincue que tu ne faisais rien Harry.

- Je suis désolé de t'avoir tout caché, Hermione.

- Et moi de m'être mise en colère sans raison. Mais à présent, promettez-moi de venir me voir si vous avez besoin de renseignement, d'accord ? C'est vrai que je suis trop occupée, et puis Severus se charge de mon éducation, donc on ne s'entraînera pas ensemble, mais je reste disponible pour vos questions. D'accord ?

- OK, ce sera plus simple si tu nous aides, même à distance, convint Harry.

- Bonne nuit, les gars. A demain.

- A demain, Mione.

Ils l'embrassèrent sur la joue, et elle quitta la Salle Commune de Gryffondor.

………

Le lendemain, Severus réveilla Hermione en douceur en lui caressant les cheveux. Elle lui fit un sourire radieux en ouvrant les yeux.

- Eh bien, que me vaut ce sourire ?

- Je suis heureuse, c'est tout. J'ai enfin découvert mon animal.

- Vraiment ? Et qu'est-ce que c'est ?

- Il vaudrait mieux que je te montre.

Elle se leva et se planta face à lui. Elle prit une grande inspiration et ferma les yeux. Le Maître l'observa attentivement quand une aura orangée tournoya autour de sa Disciple. Quelques instants plus tard, un phénix se tenait devant lui. Il écarquilla les yeux.

- Tu es un phénix…

L'oiseau lança une note joyeuse, et vola à travers la pièce. Elle se posa sur le lit quand elle entendit un petit coup frappé à la porte. Amélie entra. Severus se redressa et sourit.

- Amélie !

Celle-ci semblait fascinée par l'animal.

- Ooooh… Qu'est-ce que c'est ?

- Viens là, Amélie. Il s'agit d'un phénix. C'est un animal légendaire, qui renaît de ses cendres. Tous les 1000 ans, il se consume, et un bébé phénix naît du tas de cendres.

- Ze peux le caresser ?

- Hermione chanta une douce mélodie et s'approcha de sa protégée. Celle-ci tendit une main timide et le posa sur la tête de l'oiseau. Elle ouvrait de grands yeux émerveillés. Elle se tourna vers son père.

- Comment il s'appelle ?

- C'est une femelle. Euh… Je ne connais pas son nom, et il n'est pas à nous, on ne peut pas lui donner un nom.

- Alors à qui est-elle ?

- Elle est à Hermione, révéla Severus avec un regard en direction du phénix.

Hermione lui jeta un regard glacial et s'envola hors de la chambre par la porte. Amélie voulut suivre l'oiseau, mais Severus la retint, le temps qu'Hermione revienne dans la pièce. D'ailleurs, la fillette sauta sur sa mère dès qu'elle la vit.

- Maman ! Ton oiseau, il est super beau !

- Oh, tu as vu le phénix ? demanda-t-elle en feignant la surprise.

- Comment il s'appelle ?

- Elle s'appelle Feu de Glace. Mais je le laisse vivre en liberté. Elle est venue un beau jour sur ma fenêtre.

- Alors, elle est pas à toi ?

- Pas vraiment. Les phénix ne sont pas faits pour vivre en captivité. Je lui ai juste donné un nom. Si un jour, elle veut partir, je ne l'en empêcherai pas.

- Il viendra quand même me voir hein ?

- Oui, bien sûr…

- Ouaaaaaaaais !

La petite repartit dans sa chambre en sautillant de joie.

- Feu de Glace, hein ? se moqua Severus.

- Il fallait bien que j'invente quelque chose par ta faute !

- Oh, ma pauvre chérie ! ironisa le Serpentard.

Hermione haussa les épaules et fit mine de sortir. Mais Severus bondit et l'attrapa par la taille.

- Où crois-tu aller comme ça ?

- M'habiller ! J'ai cours et toi aussi, si je ne m'abuse !

- Sans même m'embrasser ?

- Non, fit-elle avec une moue boudeuse.

- Non ?

- Il l'avait adossée au mur, prisonnière entre ses bras, appuyés de chaque côté de son corps.

- Alors, il faut que je te le prenne de force, ce baiser…

Elle n'arrivait pas à détourner son regard de ses prunelles noires. Il se pencha lentement sur ses lèvres et…

- Maman !

Ils sursautèrent tous les deux, et Hermione repoussa Severus.

- Je suis sûre que tu as hérité d'une partie du pouvoir du Basilic… marmonna-t-elle.

Elle quitta la pièce sur un dernier sourire moqueur.

- Je me rattraperai ce soir !

- J'y compte bien.

Ce matin-là, Hermione rejoignit ses amis à la table de Gryffondor avec Amélie.

- Bonjour tout le monde !

- Bonjour Hermione, lui répondirent ses amis.

Ron et Pansy étaient assis côte à côté, et Harry prit Amélie sur ses genoux. Hermione se glissa entre ses deux meilleurs amis, juste en face de Ginny.

- Tu as l'air de bonne humeur, Hermione, remarqua Ginny.

- Je suis en pleine forme !

- Ça fait plaisir à voir.

- Y'a de quoi ! renchérit Ron. Pas de cours de Potions aujourd'hui !

Les Gryffondor de Septième Année rirent et approuvèrent. Même Hermione se joignit à la bonne humeur générale. Ils déjeunèrent gaiement et se levèrent tous en même temps pour aller en cours de Botanique. Hermione confia Amélie à Severus juste avant de partir pour les serres avec ses amis.

La journée se déroula calmement, et se clôtura avec un double cours de Métamorphoses. Hermione resta à la fin du cours. Harry et Ron attendirent leur amie au fond de la classe, mais ils s'approchèrent finalement.

- Professeur McGonagall, je peux vous parler ?

- Bien sûr, Miss Granger. Messieurs Potter et Weasley, avez-vous besoin de quelque chose ?

- Ils peuvent rester, Professeur. Ça les concerne aussi.

Le Professeur regarda un moment ses trois élèves favoris. Elle aurait parié tout ce qu'elle avait qu'ils allaient aborder la Métamorphose Animagus.

- Bien, allons dans mon bureau, nous y serons tranquilles.

Elle fit apparaître une théière et quatre tasses quand ils furent installés et ouvrit une boîte de biscuits au gingembre. D'un geste de la main, la théière lévita et servit elle-même les tasses du liquide brûlant et aromatisé. Ron émit un sifflement admiratif.

- Vous êtes vachement douée !

La vieille femme haussa un sourcil, et Hermione et Harry pouffèrent de rire devant le langage de Ron.

- Euh.. je veux dire… rougit Ron.

- Je comprends ce que vous voulez dire, M. Weasley, et je vous remercie. A présent, Miss Granger, je vous écoute.

La jeune fille regarda ses deux amis, qui hochèrent la tête. Elle se lança.

- Nous avons découvert nos formes Animagus.

- Tous les trois ? Mais, Miss Granger, vous suivez les cours du Professeur Rogue, non ?

- Oui. Je me suis métamorphosée la première fois hier soir, et j'ai rencontré Harry et Ron sous leurs formes.

- Dans la Forêt Interdite, je sais.

- Vous saviez ?

- Vous n'avez pas cru bon de prêter attention à une chouette la nuit dernière. Et puis un dragon, un phénix et une licorne noire passent difficilement inaperçus, surtout quand la licorne en question a une cicatrice en forme d'éclair sur le front.

- Une chouette ? releva Harry. Mais… vous êtes un chat, non ?

- Le chat est ma forme enregistrée au Ministère, M. Potter. Mais j'ai trois autres formes inconnues des autorités. Et la chouette est une autre de mes formes.

- Trois formes ? C'est possible ça ? demanda Ron. D'après les livres que nous avons lus, les Sorciers ne possèdent qu'un seul animal.

- La Métamorphose Animagus est un sujet vaste et complexe. Les Sorciers qui s'y sont risqués et ont écrit ces livres n'ont qu'une seule forme. Les Sorciers dotés d'une grande puissance magique ont réussi à avoir deux formes Animagi, voire plus. Et ils se sont bien gardés de le crier sur les toits.

- Alors, ça veut dire que vous êtes une Sorcière exceptionnelle ! réalisa Ron.

McGonagall eut le bon goût de se sentir flattée.

- Merci M. Weasley.

C'est de cela dont je voulais vous parler, Professeur, reprit Hermione. Vous conviendrez qu'un phénix, un dragon et une licorne sont des animaux rares et légendaires, qui se font facilement remarquer. Comment avoir une autre forme ?

- Il faut savoir, Miss Granger, que le premier animal est souvent celui qui vous caractérise le plus. Ce n'est pas vous qui choisissez votre forme initiale. Le phénix symbolise la loyauté, le dragon, l'impulsivité, et la licorne, une grande noblesse d'âme. Le fait que ces trois créatures sont vos formes originelles dénote une destinée hors du commun, notamment pour vous, M. Potter. Miss Granger, le Professeur Rogue vous a-t-il montré sa forme initiale ? Son Animagus symbolise la ruse et une intelligence quasi-humaine. En plus, il a réussi à maîtriser son pouvoir, Merlin sait comment.

- Il a été aidé par son Maître, Professeur.

Harry et Ron se regardèrent. Ils n'avaient pas compris la dernière phrase de leur amie, mais la forme du Professeur retenait leur attention.

- Quelle est sa forme ? demanda Harry à Hermione.

Celle-ci hésita.

- C'est… Un Basilic.

- Quoi ? sursautèrent les deux garçons.

- Franchement, oubliez tout ce que vous avez vu dans la Chambre des Secrets, les gars. Son Animagus est fabuleux.

- Et très impressionnant, compléta le Professeur.

- Ce que j'aimerai savoir, c'est comment procéder pour avoir d'autres formes, continua Hermione.

- Vous avez le choix pour vos autres Métamorphoses, mais ce n'est pas aussi simple qu'il n'y paraît, parce qu'il faut connaître l'apparence exacte de l'animal. De plus, la quantité d'énergie magique requise est phénoménale parce que ce n'est pas une Métamorphose naturelle.

Les deux garçons étaient largués depuis longtemps, et cette fois-ci, même Hermione afficha des signes d'incompréhension. La Directrice sourit.

- Je vais vous expliquer. Votre première forme est intégrée en vous, et n'attend que vos efforts pour se manifester. Votre corps est habitué à sa présence, et la Métamorphose est de ce fait naturelle. Par contre, quand vous choisissez un animal, vous forcez votre organisme à se transformer en quelque chose d'inconnu, et il résiste de toutes ses forces. Si vous ne possédez pas la volonté nécessaire, vous échouerez.

- Un peu comme quand un corps humain rejette une greffe ?

- Exactement Miss Granger. Dans ce cas, la Métamorphose n'est pas naturelle, c'est pour ça que peu de Sorciers y sont arrivés.

- Mais vous, Professeur, intervint Ron, vous y êtes arrivée, et en plus, vous avez trois autres formes Animagi en plus du chat.

- Mais le chat n'est pas ma forme initiale. C'est juste la forme la plus pratique et la plus discrète pour espionner. C'est celle que je prends le plus souvent. Une fois qu le corps est habitué, il n'y a plus de problème.

- Dans ce cas, nous pouvons continuer à nous entraîner alors, conclut Harry.

- Pas si vite. Miss Granger suit un entraînement intensif avec l'accord du Directeur sous la tutelle du Professeur Rogue. Mais vous deux, Messieurs Potter et Weasley, vous vous entraînez en secret, n'est-ce pas ?

Les deux Sorciers commencèrent à avoir des sueurs froides.

- J'ai reçu l'ordre du Directeur de vous surveiller. Ce qui veut dire qu'il approuve vos initiatives. De toute façon, on ne peut pas dire que vous restez discrets. Depuis un certain temps, on vous voit de plus en plus souvent à la Bibliothèque, ce qui n'es pas votre endroit favori. Et si vous me disiez précisément où vous en êtes ?

- Nous nous entraînons en Magie Noire et Magie sans baguette, exposa le brun. Mais nous sommes encore loin de ce que vous êtes capable de faire, Professeur. En fait, nous avons un peu de mal à appliquer la théorie, et Hermione n'est plus là pour nous aider.

Il eut un sourire d'excuse et Hermione leva les yeux au ciel.

- Si vous ne m'aviez pas caché votre projet, j'aurais été là, au lieu d'aller demander de l'aide aux Professeurs Dumbledore, McGonagall et Rogue.

- Vous avez besoin d'aide. Les deux matières que vous avez choisi ne sont pas accessibles pour des étudiants seuls. Miss Granger a l'appui du Professeur Rogue. Je peux vous enseigner la Magie sans Baguette. Et le Professeur Rogue peut vous prendre en charge en Magie Noire.

- Vous êtes sérieuse, Professeur ? s'écria Ron. Vous prendriez part à notre entraînement ?

- Je le suis, M. Weasley. Reste à savoir si le Professeur Rogue sera d'accord de vous prendre en charge en plus de Miss Granger.

- Je peux toujours lui demander, proposa Hermione. De toute façon, nous nous sommes toujours débrouillés seuls jusqu'à maintenant, le Professeur Rogue ne peut nous refuser ce privilège. Harry et Ron se sont entraînés seuls pour l'apprentissage Animagus et y sont arrivés en quelques mois. Nous n'avons pas de temps à perdre en tâtonnements.

- Très bien Miss Granger. Vous me donnerez la réponse du Professeur Rogue, et s'il refuse, j'essaierai de voir avec le Professeur Dumbledore. Messieurs Potter et Weasley, je vous contacterai pour vous donner nos horaires. Comptez sur moi.

Ils prirent congé. Dans le couloir, Harry se tourna vers Hermione.

- Tu crois que Rogue acceptera ?

- Ses sentiments à ton égard ont changé. Severus… est différent. Les cours particuliers que j'ai avec lui se font dans une ambiance détendue, amicale. J'essaierai de le convaincre. On se voit au dîner.

- A tout à l'heure.

Quand elle entra dans ses appartements, Severus leva les yeux.

- Où étais-tu ?

- Chez le Professeur McGonagall. Elle a plus ou moins deviné que nous étions des Animagus. Enfin moi, elle le savait, mais c'était plus pour Harry et Ron.

- Ces deux incapables sont Animagus ?

- Oui, je les ai vus dans la Forêt la nuit dernière en phénix.

- Et quelles sont leurs formes ?

- Une licorne noire et un dragon rouge.

- Eh bien avec un phénix, le trio est au complet.

- Pourquoi es-tu si sarcastique ? Tu devrais être content que Harry fasse de tels progrès.

- Plus Potter reste loin de moi, mieux ce sera.

- Eh bien, il semblerait que ton vœu ne soit pas exaucé. McGonagall a pensé que tu pourrais leur enseigner la Magie Noire…

- Non.

- … tandis qu'elle leur enseigne la Magie sans baguette.

Il la foudroya du regard.

- J'ai dit non.

- Severus ! Tu me l'enseignes déjà, pourquoi ne pas accepter deux autres élèves ! Ils apprendront mieux et plus vite avec un bon Professeur que tous seuls.

- Tu me demandes d'enseigner à Potter les fondements de la Magie Noire ! Est-ce que tu te rappelles comment se sont passés les cours d'Occlumencie ?

- La situation est différente ! Ron et moi serons présents…

- Parlons-en de Weasley ! Il serait incapable de faire la différence entre sa main gauche et sa main droite !

- Tu es injuste, Severus ! Sais-tu qu'en faisant ça, tu condamnes Harry face à Voldemort ?

- Tu n'es pas obligée d'entrer dans le registre dramatique, ironisa-t-il.

Elle pinça les lèvres.

- Très bien !

Elle sortit de la pièce en trombe et se dirigea d'un pas furieux vers le bureau de Dumbledore. Elle savait qu'elle y trouverait le Professeur McGonagall. Elle prononça le mot de passe à la gargouille et monta. Elle frappa à la porte.

- Entrez ! fit la voix de Dumbledore.

Comme elle s'y attendait, sa Directrice de Maison était présente.

- Il refuse, annonça-t-elle sombrement sans préambule. Il refuse catégoriquement, et il s'est moqué de moi et des efforts d'Harry. Il a également dit que Ron était stupide.

Minerva échangea un regard avec Albus. Elle lui avait tout raconté, et le vieil homme se doutait que son protégé accepte encore une fois de prendre en charge l'adolescent, sur la requête de Miss Granger. Il fallait encore qu'il mette son grain de sel, et Severus serait forcé d'accepter, ce qui n'allait pas arranger son humeur. Il en plaignait Hermione et Amélie qui allaient en faire les frais. Surtout Hermione.

- Je m'y attendais Miss Granger, déclara-t-il en se levant. Je vais intervenir. Il semblerait que de tout ce Collège, je suis le seul capable de plier Severus à ma volonté.

Il se tourna vers Minerva, qui était la plus proche de la cheminée.

- Veuillez convoquer Severus, s'il vous plaît, Minerva.

Elle s'exécuta et l'appela par cheminette.

- Je vais me retirer, annonça Hermione.

- Non, restez. Vous êtes concernée.

Le cœur d'Hermione manqua un battement. Si Severus savait qu'elle était allée voir le Directeur, sa colère serait terrible. Elle était fichue. Mais son courage de digne Gryffondor reprit le dessus. Il n'était pas question qu'elle montre sa peur devant Severus. Et s'il voulait la punir, en tant que Disciple, elle accepterait son sort.

Le Maître des Potions arriva quelques minutes plus tard, une veine battant sur sa tempe. Mauvais signe. Quand il darda son regard glacial sur Hermione, celle-ci comprit qu'il savait déjà ce qui allait lui être imposé. Elle posa une main sur sa poitrine, tentant de calmer les battements désordonnés de son cœur.

- Severus… commença Albus.

- Je sais ce que vous allez me demander, Albus. Enseigner à Potter et Weasley la Magie Noire, en même temps que… ma Disciple.

Il prononça le mot avec un tel mépris qu'Hermione frissonna.

- En effet, Severus.

- Je refuse.

Les deux Sorciers se défiaient du regard. Albus avait perdu toute malice, il semblait sérieux, comme s'il s'apprêtait à affronter Voldemort en personne.

- Vous avez toujours haï ce garçon, Severus. Il faudra que vous m'en donniez les raisons un jour.

- Je n'ai pas à me justifier devant vous. Plus depuis que je suis devenu un Maître.

- Pourquoi me contraignez-vous à agir contre vous ? Si vous étiez plus coopératif, tout serait tellement plus facile.

- Coopératif ? Vous rêvez, Dumbledore ! Toute ma vie, je n'ai suivi que vos ordres, comme les leçons d'Occlumencie il y a deux ans !

- Très bien, s'il n'y a que l'autorité que vous comprenez… Je vous ordonne d'enseigner la Magie Noire à Harry Potter et Ronald Weasley en même temps que votre Disciple Hermione Granger.

- Et bien sûr, je suis obligé de me plier à votre ordre. Vous informerez vos protégés que mes cours se déroulerons les lundis et jeudis soir à 20 heures dans les cachots. Quant à vous, Disciple Granger, retour dans nos appartements. Exécution !

Hermione se hâta à sa suite, après avoir échangé un regard désolé avec les deux autres Maîtres.

- La pauvre, soupira Minerva. Elle va faire les frais de sa colère.

- Je ne pense pas qu'il la maltraitera, pas avec Amélie à côté, murmura soucieusement Albus.

………

Ginny et Pansy étaient avec la petite fille quand Severus entra dans la pièce, Hermione sur ses talons. Elles remarquèrent tout de suite que Severus était dans une humeur noire et qu'Hermione était au bord des larmes.

- Weasley, Parkinson, dégagez le plancher, et emmenez cette gamine avec vous !

Amélie sursauta quand elle entendit le ton chargé de colère de son père de substitution.

- Papa ? tenta-t-elle timidement.

- DEHORS !

Les deux jeunes filles se hâtèrent d'obéir, et Pansy prit l'enfant dans ses bras. Ginny voulut croiser les yeux de son amie, mais celle-ci évita son regard. La porte se referma sur le Maître et sa Disciple. Le bruit d'une main qui s'abat sur une joue retentit dans la pièce. La tête d'Hermione avait basculé sur le côté, et elle posa une main sur sa joue meurtrie.

- Je vous saurai gré de vous mêler de vos affaires, Disciple.

Il s'avança vers elle et prit durement son menton entre ses doigts. Il plongea son regard dans ses yeux baignés de larmes.

- Faites en sorte qu'il n'y ait de prochaine fois, ou vous risquez de ne jamais voir votre évaluation arriver. Est-ce clair, Disciple ?

Elle hocha faiblement la tête. Il resserra la prise.

- Est-ce clair ? répéta-t-il froidement.

- Oui, Maître. Très clair.

Elle sentit alors un contact dans son esprit. Il usait de Légilimencie, c'était une des attaques surprises dont il lui avait parlé. Mais dans son état, la joue douloureuse, et sa peur croissante, elle n'était pas en état de lui opposer son Occlumencie. Il fouilla les moindres recoins de son esprit, violant son esprit. Il finit par se retirer, alors qu'elle pleurait à chaudes larmes.

- Vous n'êtes même pas fichue d'utiliser votre Occlumencie, vous avez lamentablement échoué à votre test. Vous êtes privée de dîner. Et à 20 heures, nous reverrons les bases de l'Occlumencie. Quelle perte de temps ! Vous êtes consignée dans votre chambre jusqu'à l'heure de la leçon.

Il la traîna jusqu'à sa chambre et l'y jeta, l'enfermant à clé. Elle s'effondra sur son lit, en pleurs.

………

Ginny et Pansy s'étaient réfugiées dans la Tour des Gryffondor avec Amélie, qui pleurait. Aucune ne comprenait pourquoi l'humeur de leur Professeur s'était si gravement détériorée, ni pourquoi Hermione semblait si abattue. Elles avaient peur pour leur amie. Harry et Ron revenaient de la Bibliothèque, et ils furent surpris de les trouver toutes les trois là.

- Qu'est-ce que vous faites là ? Vous étiez sensées être chez Rogue… commença Ron.

- On en vient, répondit Pansy. Il était vraiment en colère, et nous a chassées toutes les trois de ses quartiers. Il n'y a qu'Hermione avec lui.

Les deux garçons échangèrent un regard lourd de sens. C'était à cause de cette histoire de cours, à coup sûr. Bon sang, leur amie était dans les problèmes ! Ils étaient prêts à foncer chez Rogue quand un Préfet de Cinquième Année leur annonça que McGonagall les convoquait dans son bureau. Ils s'y rendirent en hâte.

- Professeur, qu'arrive-t-il à Hermione ? attaqua Harry sans préambule.

Le regard de la Sorcière confirma ses craintes. Hermione était en danger (nda : je sais, c'est exagéré, mais dans la tête de Harry et Ron, Rogue reste Rogue !).

- Asseyez-vous tous les deux, ordonna-t-elle. Vous aurez cours avec le Professeur Rogue dans les cachots de Poudlard tous les lundis et les jeudis soirs à 20 heures.

- Hermione a réussi à le convaincre ? demanda Ron, surpris.

- Non, elle est venue trouver le Directeur. Celui-ci a ordonné au Professeur de vous enseigner la Magie Noire. Il est furieux contre elle.

- Allons dans les cachots, décida Harry. Je ne veux pas de ses cours si cela doit porter préjudice à Hermione.

- Non Potter ! Si vous intervenez, vous aggraverez la situation pour Miss Granger. Il ne lui fera pas de mal tant que Miss de Chatres sera à portée de vue…

- Mais Professeur, interrompit Ron, Amélie est dans la Tour de Gryffondor. Rogue l'a mise dehors avec Ginny et Pansy !

Minerva blêmit, mais elle n'avait pas le droit d'intervenir. Severus était le Maître d'Hermione, personne n'avait l'autorité nécessaire pour intervenir. Harry et Ron s'étaient déjà élancés vers la porte, mais d'un geste, elle referma la porte et la verrouilla.

- Potter, Weasley, vous ne pouvez pas vous interposer.

- Nous n'allons pas le laisser faire du mal à Hermione ! gronda Harry.

- Taisez-vous et écoutez-moi. Ce que je vais vous révéler ne doit pas sortir de ce bureau, compris ?

Les deux Sorciers hésitèrent, puis acquiescèrent.

- Miss Granger a demandé à être Disciple.

Ron émit un hoquet de surprise.

- Rogue est Maître ? souffla-t-il. J'avais pas réalisé…

- Vous semblez savoir de quoi il retourne, M. Weasley.

- Oui… Charlie m'en a parlé. Sur son lieu de travail, en Roumanie, il a rencontré un guérisseur qui avait un Disciple. Seul un Maître peut avoir un Disciple, et il lui enseigne tout ce qu'il sait, tout son art. Le Disciple passe ensuite une évaluation avec un autre Maître, pour en devenir un à son tour. Le hic, c'est que le Disciple n'a pas le droit d'échouer. S'il échoue, il meurt, et le Maître avec. C'est pour ça qu'un Maître choisit toujours son Disciple.

- Exact M. Weasley. Miss Granger a compris que Severus est un Maître. Après une longue hésitation, le Directeur a accepté qu'elle devienne sa Disciple, parce qu'il est persuadé qu'Hermione n'échouera pas. Maître et Disciple sont liés magiquement, personne n'a le doit d'intervenir dans leur relation.

- Hermione a perdu l'esprit pour se lier à ce bâtard ! s'écria Harry.

- M. Potter ! coupa McGonagall, choquée.

- Professeur ! Est-ce que vous réalisez qu'Hermione est en danger ? Il me déteste tellement qu'il va s'en prendre à elle !

- Je sais, mais nous n'avons pas à intervenir. Le Directeur savait ce qu'il faisait en confiant Miss Granger à Severus. Il peut la punir, la battre, mais elle ne mourra pas… J'espère juste qu'il aura assez de compassion pour ne pas la briser à jamais…

- Est-ce que vous vous entendez parler, Professeur ? s'indigna Ron. Il la bat ! Comment pouvez-vous accepter une telle chose ?

- Je vous conjure de me croire. Si Severus était indifférent envers elle, jamais il ne serait venu demander l'avis du Directeur au sujet de la requête de Miss Granger. Contrairement à ce que vous pensez, il éprouve des sentiments, sinon, il aurait laissé Amélie à son triste sort l'été dernier. Et il n'aurait jamais accepté la présence de votre amie en tant qu'Assistante.

Harry et Ron sortirent du bureau, à peine rassurés. Mais ils ne pouvaient rien faire, sinon attendre de voir leur amie, et constaté de leurs propres yeux qu'elle allait bien.

Hélas, celle-ci ne se présenta pas au dîner, et le Professeur non plus. Ils n'osèrent pas aller frapper à sa porte – le courage des Gryffondor a des limites – et se résignèrent à attendre le lendemain. Elle ne raterait pas les cours. Ils expliquèrent à Ginny et Pansy qu'Hermione avait contraint Severus à leur donner des cours supplémentaires pour expliquer sa colère. Elles n'insistèrent pas, et Ginny décida de garder Amélie chez les Gryffondor. Celle-ci exprima le souhait de dormir avec Harry.

- Tu veux dormir avec moi ? s'étonna-t-il.

- Oui. Tu es zentil. Plus zentil que mon Papa.

- Il est un peu en colère, mais pas contre toi, tenta-t-il de la rassurer.

- Où est Maman ?

- Elle est avec lui. Ne t'en fais pas, d'accord ?

- Mais Harry, intervint Ginny, si tu fais un cauchemar cette nuit ?

- Ne t'en fais pas Gin, je vais fermer mon esprit cette nuit. Voldemort ne m'atteindra pas.

- D'accord, fit-elle, dubitative. Mais si tu as un problème, promets-moi de m'appeler.

- Bien sûr, et je m'offrirai un tour de toboggan sur les escaliers du dortoir des filles ! ironisa Harry.

- Tu as un balai, sers-t-en pour survoler les marches, crétin !

- Tiens, c'est une bonne idée ça, rit Ron. Tu viens de résoudre le plus grand problème des garçons de Poudlard, Ginny.

- Utilise cette solution pour autre chose, et je t'assure que tu vas sentir ma vengeance, Ronald Weasley !

Ils rirent, un peu plus détendus.

………

Hermione s'était calmée, et avait mis à profit les deux heures qui lui restaient pour se construire une solide muraille. Elle s'était barricadée derrière une puissante barrière, et s'acharna à garder sa concentration derrière un masque inexpressif et un regard vide. Quand Severus vint la chercher pour le cours d'Occlumencie, elle lui suivit sans discuter. Il se heurta à un mur infranchissable. Il lui envoya de puissantes attaques mentales, cherchant une faille, mais en vain. L'esprit d'Hermione demeurait hors d'atteinte. Intérieurement, il était fier d'elle. Elle était devenue pratiquement invulnérable en Occlumencie, retranchée derrière un mur de briques. Mais extérieurement, il enrageait de ne pouvoir percer sa défense. Ce coup bas qu'elle lui avait porté en allant voir Dumbledore… mais il devait admettre que Minerva aurait fini par intercéder en faveur des deux Gryffondor et Dumbledore lui aurait quand même ordonné de leur donner ces fichus cours ! Il cessa toute attaque.

- Je vois que vous êtes capable d'utiliser l'Occlumencie finalement. Vous me faites perdre mon temps.

Elle restait immobile, comme indifférente à son discours.

- M'écoutez-vous, Disciple ?

- Oui, Maître, répondit-elle sans le regarder, d'une voix atone.

- Retournez dans votre chambre, ordonna-t-il, soudain las.

Elle obéit sans broncher. Ce ne fut qu'une fois dans sa chambre qu'elle s'autorisa à se détendre. Il ne réussirait pas à la briser, ni à la soumettre. Son indifférence était plus difficile à supporter. Où était passé l'amant tendre et attentionné ? Elle fut soulagée de savoir qu'Amélie dormait en sécurité chez les Gryffondor. Ginny, Pansy, Harry et Ron prendraient soin d'elle.


Voilà, c'est fini ! J'espère que vous avez aimé, parce que c'est l'un des mes chapitres préférés ! Et c'est aussi l'un des plus longs… 19 pages sur Word !

Pour ceux et celles qui se demanderaient pourquoi je n'ai pas accepté le serpent pour la forme Animagus de Severus, allez relire le passage où Hermione parle du Basilic, et vous pouvez aussi aller trouver confirmation dans le tome 2 !

Le chap 20 s'intitule Culpabilité, et il est plus long que le 19 !

Bizous à tous et à bientôt !