Bonjour tout le monde ! Le chapitre précédent était dur à lire n'est-ce pas ? Eh ben celui-là… Enfin, vous allez me détester je crois… Mais bon, on n'a pas toujours ce qu'on veut dans la vie !

Merci à ma correctrice Lady Kassy.

Disclaimer : le monde et les personnages appartiennent à JKR, sauf Amélie.

Bonne lecture à tous !


Chapitre 20 : Culpabilité

Quand Hermione parut à la table des Gryffondor le lendemain, tous ses amis furent horrifiés de voir l'énorme bleu qui ornait sa joue. Harry et Ron l'assirent d'autorité entre eux, et l'assaillirent de questions. Amélie glissa des genoux de Harry pour se blottir sur ceux de sa mère.

- Qu'est-ce qu'il t'a fait ? demanda doucement Harry en caressant sa joue meurtrie.

- Il m'a juste giflée. Pas de quoi en faire tout un plat.

- Quoi ? Mais…

- Harry. Il a le droit de le faire. N'interviens pas s'il te plaît.

- McGonagall nous a dit aussi de quoi il retournait, avoua Ron.

- Vous savez ?

- Oui, on sait tout. McGonagall nous l'a dit.

- De quoi parlez-vous ? demanda Ginny. Hermione ! Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ?

- Rien, Gin. Je me suis cognée hier ! dit-elle avec un sourire forcé.

Elle savait que jamais la rouquine ne croirait ce mensonge, mais elle n'avait pas envie d'en parler. Ginny soupira. Elle conjura de l'eau qu'elle transforma en glaçons. Puis, elle les mit dans un mouchoir en tissu.

- Tiens, ça te fera du bien.

Harry prit les glaçons et le posa lui-même délicatement sur la joue d'Hermione. Elle posa sa main sur la sienne.

- Merci. Est-ce que tu consentirais à veiller sur Amélie quelques jours ?

- Bien sûr. Elle a dormi avec moi la nuit dernière.

Il fit un clin d'œil à la fillette.

- On s'est bien amusés hein ?

Elle rit aux éclats.

- Oui ! Il m'a fait des chatouilles, et il m'a raconté l'histoire d'un petit garçon qui devait sauver le monde avec des deux meilleurs amis. Le méssant, il s'appelle Voldie !

- Quelle histoire intéressante, ironisa Hermione.

- Mais l'histoire, elle est pas finie ! Hier soir, le gentil garçon qui s'appelle James, ben il a trouvé une pierre magique qui permet de vivre mille ans, et il l'a protégée ! Voldie, il a rien pu faire ! Et ses deux meilleurs amis, ils s'appellent Lily et Sirius !

Hermione jeta un regard à son ami. Ron rit.

- On a eu droit dans le dortoir à une version édulcorée de notre vie ! C'était assez marrant ! Harry est doué !

- Je ne connais pas énormément d'histoires, tu sais !

- Tu devrais écrire des livres sur ta vie depuis ton entrée à Poudlard ! Imagine la vie d'un Sorcier orphelin qui sauve le monde de la domination de Voldemort… Tu gagnerais une fortune !

- Ouais, et puis Hollywood adaptera les films du célèbre Sorcier, continua Hermione. Harry, Ron n'a pas tort !

- Ha ! Ha ! Très drôle !

De la table des Professeurs, Severus regardait la conversation joyeuse qui animait la table des Lions. Il ignorait royalement les regards désapprobateurs de Minerva et Albus. Tous deux avaient vu l'état de la jeune fille, et même s'ils ne pouvaient pas intervenir directement, ils n'en étaient pas moins réservés sur sa méthode d'éducation. Mais en ce moment, il brûlait de jalousie. Comment Potter osait-il toucher Hermione ? Comment osait-il jouer au père parfait avec Amélie ? C'était son rôle à lui !

Avec Ginny, ils décidèrent de confier Amélie à Mme Pomfresh. En effet, comme Ginny passait énormément de temps à l'infirmerie du fait de sa future formation de Médicomage, la Gryffondor pourrait veiller sur elle. L'infirmière examina la bleu d'Hermione. Elle ne crut pas un instant que la jeune élève se fut cognée, et elle avait vu assez de bleus infligés par des gifles pour en reconnaître un. Mais elle ne dit rien.

- Cela guérira dans quelques jours, vous n'avez pas besoin de soins, sinon d'un peu de glace. Ne craignez rien Miss Granger.

- Merci Mme Pomfresh, sourit-elle.

Puis, le trio se dirigea vers les Serres tandis que Ginny allait en Potions. La rousse savait pertinemment que le Professeur Rogue avait frappé Hermione. Elle avait vu dans quel état de fureur noire il était la veille. Et comme par hasard, Harry et Ron étaient impliqués, elle aurait pu le jurer. Elle croisa Drago dans le couloir. Il lui transmit discrètement un papier en passant près d'elle. Elle s'isola derrière une statue pour déplier le message.

« Qu'est-il arrivé à Rogue ? RV à midi dans la Serre 5. »

Ginny soupira. Tout le monde avait apparemment remarqué l'humeur massacrant du Professeur Rogue. Et elle avait cours avec lui. Vraiment génial.

………

Drago était déjà là quand elle arriva. Il remarqua son air défait.

- Quelque chose ne va pas ?

- Je sors de quatre heures de cours avec Rogue. Double Potions suivi de Double Défense. Une vraie promenade de santé !

- Je vois.

- Je suis exténuée, et la plupart des filles de ma classe est au bord de la crise de nerfs, et les garçons ne sont pas mieux. Il est d'une humeur charmante !

- Justement, que se passe-t-il ? demanda-t-il en s'asseyant près d'elle.

- Tout ce que je sais, c'est qu'il était furieux hier soir après les cours. Il nous a jetées Pansy, Amélie et moi dehors avant de s'enfermer avec Hermione. Et tu as vu la tête d'Hermione.

- Il l'a frappée.

- J'ai comme l'impression que Harry et Ron sont concernés, mais je ne sais pas de quelle façon. Je finirai par savoir.

- Tu peux te libérer ce soir ?

- Pas en ce moment, Drago. Amélie vit chez les Gryffondor en ce moment, et je veux être présente si Hermione a besoin de soutien.

- Pourquoi ne laisses-tu pas Potter et ton frère s'en occuper ?

- Parce qu'Amélie autant qu'Hermione ont besoin de douceur féminine.

- Et Parkinson alors ?

- Ce n'est pas pareil. Je connais Hermione depuis plus longtemps que Pansy. Ne t'en fais pas, le week-end sera bientôt là.

- Sans doute, mais tu me manques.

- Tu me manques aussi.

Ils s'embrassèrent longuement. Puis Ginny écarta lentement Drago, à regret.

- Nous ferions mieux de rentrer.

Il hocha la tête. Ils se séparèrent et prirent deux chemins différents pour se rendre à la Grande Salle. Ginny arriva la première.

- Où étais-tu ? demanda Ron.

- J'avais quelques recherches à faire. Et j'avais besoin de calme après cette matinée épouvantable.

- Ah oui, tu avais quatre heures de cours avec ce… ce… bâtard.

A leur grande surprise, Hermione ne protesta pas. Ginny acquiesça.

- Un vrai cauchemar ! Il n'y a que Luna qui est restée calme, alors que nous frôlions tous la dépression nerveuse.

- Il pourrait au moins oublier ses soucis personnels quand il enseigne, marmonna Harry.

Hermione était on ne peut plus d'accord.

Minerva convoqua le trio dans son bureau juste avant la reprise des cours de l'après-midi.

- Est-ce que tout va bien Miss Granger ? Severus vous a frappée, n'est-ce pas ?

- Oui. Mais il était furieux, je le comprends.

- Il peut recommencer, Mione, intervint Ron.

- S'il recommence, venez tout de suite m'en avertir, ou avertir le Professeur Dumbledore. Disciple ou pas, vous restez une élève de Poudlard. Il n'a pas à lever la main sur vous.

Hermione hocha la tête. Elle savait qu'il ne servait à rien de discuter.

- Je voulais également vous rappeler vos cours de Magie Noire ce soir.

Les deux garçons pâlirent.

- Et si nous demandions à Dumbledore d'annuler ? suggéra Ron.

- Feriez-vous preuve de couardise, M. Weasley ? demanda sévèrement le Professeur.

- Euh… je…

- En fait, je voudrais que vous veilliez sur Miss Granger. Même si c'est une protection incomplète, ce sera toujours deux heures de gagnées, jusqu'à ce qu'il se calme.

- Oui, Professeur.

- De plus, je voulais vous dire que nos cours de Magie sans baguette auront lieu le mardi soir à 20 heures, et le samedi matin à 10 heures.

- Le samedi ? s'insurgea Ron.

- Eh bien, vous préférez le samedi matin ou le vendredi soir ? C'est votre seule soirée de libre que je sache.

- Le samedi sera très bien, Professeur, répondit Harry.

- Une dernière chose, Miss Granger, ne laissez pas Severus voir vos sentiments. Sous aucun prétexte. Il sait profiter de la faiblesse des autres.

- Je sais, Professeur. Je ferai attention.

………

Harry et Ron se rendirent au cours de Magie Noire à reculons. Ils n'avaient aucune envie d'affronter leur Professeur et son attitude polaire. Ce fut Hermione qui leur ouvrit. Elle leur fit un sourire fatigué.

- Restez calme surtout, leur murmura-t-elle discrètement.

- Enfin vous voilà, jeta Rogue. De toute évidence, la ponctualité n'est pas une de vos qualités.

- Les trois élèves restèrent debout devant leur Professeur, dans le bureau.

- Bien, que pouvez-vous me dire sur le Sortilège de Lacération, Potter…

Le cours fut un cauchemar. Tout d'abord, il s'était acharné sur Harry et Ron, dont les connaissances théoriques n'égalaient pas celles d'Hermione. Et bien entendu, les insultes volaient. Il avait fait une démonstration du Sortilège de Lacération sur une souris. Ce qui restait de la pauvre bête ne valait même pas la peine d'être décrit.

- Les trois Gryffondors sortirent de l'épreuve blêmes, épuisés et dégoûtés de la Magie Noire. Hermione voulait aller à la Tour des Gryffondor avec ses amis, mais Severus la retint.

- Où comptez-vous aller ainsi Granger ?

- Euh… A la Tour des Gryffondor, pour voir Amélie, Professeur.

- Vous n'irez nulle part. Vous avez du travail ici.

- Oh…

Harry était sur le point de protester, mais la jeune fille lui posa une main apaisante sur le bras.

- Puis-je au moins accompagner Harry et Ron sur un bout de chemin, Professeur ?

- Non.

Hermione soupira et poussa les deux Sorciers vers la porte.

- Hermione ! protesta Ron dans le couloir.

- Ça ira. On se voit demain. Bonne soirée.

- Fais attention.

Quand elle retourna dans le bureau, le Professeur lui désigna deux piles énormes de parchemins.

- Je veux ces copies pour ce soir.

- Oui, Professeur.

Elle songea qu'elle en avait pour plusieurs heures. Elle n'était pas près d'aller se coucher ! Elle attacha ses cheveux et se plongea dans son travail. Vers minuit, Severus leva les yeux et vit Hermione concentrée sur sa tâche. Il l'admirait pour sa force de caractère et sa ténacité, alors qu'il était odieux avec elle. Et à présent, elle se rapprochait de Potter ! Alors qu'elle était censée l'aimer ! Et non, il n'était pas jaloux !

Quand Hermione termina sa correction, il était deux heures du matin. Elle grimaça. Et dire qu'elle avait cours dans à peine six heures. Elle empila les copies sur le bureau de Severus et alla se coucher. Elle régla son réveil au préalable car elle savait que son horloge interne lui ferait défaut.

A sept heures, une sonnerie stridente la tira du sommeil. Elle se redressa dans son lit pour éviter de se rendormir et alla prendre une longue douche chaude pour se réveiller. Quand elle arriva dans la Grande Salle, elle s'affala entre ses deux amis.

- Hé bien, Hermione ! sourit Ron. D'habitude, quand Harry et moi faisons ça, tu nous grondes !

- Je jure que je ne vous ferai plus jamais de telles réflexions… Je peux avoir du café ?

- Je croyais que tu détestais ça ? remarqua Harry.

- Oui, mais là, j'en ai besoin. Je me suis couchée à deux heures du matin. Je n'en peux plus.

- Il n'a pas à te traiter comme ça, reprocha Ron. Quel fils de…

- Ron, coupa la Préfète. Où est Amélie ?

- Avec Ginny, répondit le brun. Elles ne vont pas tarder.

En effet, deux minutes plus tard, les deux amies pénétrèrent dans la Salle. La fillette courut s'installer sur les genoux de sa mère.

- Maman ! Tu me manques !

- Toi aussi, tu me manques, mon cœur. Tout le monde s'occupe bien de toi ?

- Oui ! Tu sais quoi ? James, il a sauvé une princesse d'un méchant serpent et il a été aidé par un phénix comme Feu de Glace ! Il a même rencontré une araignée géante et…

Hermione mit un moment à comprendre de quoi Amélie parlait. Il s'agissait de l'histoire qu'Harry racontait à la petite, tirée de leurs propres aventures. Apparemment, c'était leur deuxième année…

- Feu de Glace ? releva Ron.

- Oui ! répondit Amélie. C'est le phénix de Maman !

- Depuis quand tu as un phénix ? demanda Ginny.

- Je t'expliquerai, murmura la brune.

Ils finirent par se lever de table. Harry prit Amélie sur ses épaules, ce qui la fit rire aux éclats, et voulut l'amener à Mme Pomfresh. Hermione décida de l'accompagner, et Harry glissa un bras autour de sa taille, pour pouvoir lui parler à l'oreille.

- Tout va bien ?

- Oui, ne t'en fais pas pour moi.

- Reviens dormir dans notre Tour. Tu y serais mieux.

- J'adorerai ça ! Malheureusement…

- Alors n'hésite pas à revenir dans notre Salle Commune. Nous réviserons nos ASPIC ensemble.

- Oui, bonne idée.

Severus crut qu'il allait hurler quand il vit Potter prendre Hermione par la taille, Amélie sur ses épaules. Il n'avait pas perdu de temps pour le remplacer dans les cœurs d'Amélie et d'Hermione.

Les cours se terminant à 15 heures le vendredi, Hermione se réfugia directement dans sa Salle Commune avec ses amis et Amélie. Pendant une heure, ils bavardèrent et se distrayèrent, avant d'attaquer les révisions.

- En Défense, Rogue nous a montré les Patronus, rappela Harry, ce que nous savons déjà faire. Reste les sorts d'attaque de niveau 7 et l'Imperium et le Doloris.

- Je ne crois pas que les examinateurs nous demanderont de lancer un Impardonnable, raisonna Hermione. Par contre, nous serons peut-être amenés à livrer un Duel magique contre eux.

- En Métamorphose, nous connaissons le processus Animagus par cœur, dit Ron. Reste à savoir transformer des objets en animaux.

- Alors, il faut que nous nous focalisions sur les Enchantements, la Botanique et les Potions, conclut Hermione.

- Trois matières liées entre elles : les sorts de guérison, les plantes médicinales et les potions de guérison, même si ce ne sont que les bases, résuma Harry.

- Très bien, nous concentrerons nos révisions sur trois axes, organisa Hermione. Demain, vous aurez un planning pour réviser même si je ne suis pas là.

Ron soupira.

- Rien que d'y penser, ces exams me dépriment.

- Voyons le bon côté des choses : si je meurs avant, il n'y aura plus d'examens du tout.

- Non mais ça va pas ? protesta Hermione. Je t'interdis de mourir Harry ! Je ne veux pas réviser pour rien ! Et tu vaincras.

- Oui, je vaincrai, parce que j'ai deux Sorciers exceptionnels à mes côtés.

Hermione et Ron échangèrent un regard, avant de sauter sur leur ami pour l'étreindre, fortement émus.

- Nous ne sommes pas si exceptionnels que ça, murmura Ron.

- Mais nous ferons de notre mieux, compléta Hermione.

Le reste de l'après-midi se déroula calmement, jusqu'à ce que la jeune fille doive rejoindre son Maître. Elle remit ses barrières en place, se composa un visage impassible et entra dans le bureau de Severus.

- Où étiez-vous ? claqua aussitôt une voix glaciale.

- Chez les Gryffondor, Maître. Pour les révisions des ASPIC.

- Je vous prierai de m'en avertir à l'avance ! Pour la peine, vous resterez enfermée ici ce week-end. Nous en profiterons pour confectionner quelques Potions utilisées en Médicomagie, et qui nécessitent 48 heures de travail intensif.

Hermione retint un soupir. Quand allait-elle trouver le temps de faire ses devoirs ?

………

Nul ne revit la Gryffondor avant le dimanche soir. Dans un accès de générosité, Severus lui avait donné quartier libre à 18 heures, avec ordre de revenir à 22 heures. Elle trouva naturellement refuge chez ses amis.

- Hermione ! Où étais-tu ? demanda Harry.

- Rogue m'a consignée dans nos appartements. Et nous avons travaillé sur des Potions d'un niveau élevé. Je n'ai presque pas dormi.

- Alors allonge-toi ici, proposa Ron.

Je ne peux pas. Je n'ai pas encore fait le devoir de Métamorphoses à rendre pour demain à 8 heures.

- Ce type est inhumain, pesta le brun. Allonge-toi quand même une heure. Nous t'apporterons de quoi manger, tout à l'heure.

- Merci les gars, sourit la Sorcière.

Elle était si épuisée qu'elle s'endormit instantanément. Pendant deux jours, même la nuit, le Maître lui avait enseigné trois Potions utilisées en Médicomagie : celle pour faire repousser les os, celle pour régénérer le sang, et celle pour coaguler les hémorragies internes. En même temps, il lui avait lancé plusieurs attaques mentales qu'elle avait repoussées en maintenant sa barrière, et elle avait même dû lever un bouclier devant un Imperium.

Harry et Ron la laissèrent dormir jusqu'à 21 heures. Quand elle se réveilla enfin, elle trouva un plateau de charcuterie, du pain, des crêpes à la confiture, un verre de jus de citrouille et un verre de lait.

- Pourquoi ne m'avez-vous pas réveillée ? Je n'aurai jamais le temps de faire la dissertation…

Pour toute réponse, les deux garçons lui tendirent un rouleau de parchemin. Perplexe, elle le déroula. C'était le devoir, à son nom. Elle en resta bouche bée.

- Vous l'avez fait pour moi ?

- Il était temps qu'on te rende la monnaie de ta pièce, expliqua Ron. Combien de fois nous as-tu fait les nôtres, ou nous as-tu prêtés les tiens ?

- Oh, les garçons, souffla-t-elle, les larmes aux yeux.

Elle se jeta dans leurs bras, et pleura longuement, se libérant de la tension accumulée pendant les deux derniers jours.

Severus la laissa tranquille quand elle revint, et elle put se coucher tôt. La journée du lundi se passa rapidement, hormis les classes de Potions et DCFM qui étaient toujours aussi tendues à cause de l'humeur du Professeur. McGonagall haussa un sourcil quand elle découvrit que le devoir rendu par son élève favorite ressemblait étrangement à des devoirs écrits par Potter et Weasley, mais elle ne dit rien. Elle sourit même intérieurement en constatant que les deux garçons soutenaient leur amie à leur manière.

Puis vint le cours de Magie Noire à 20 heures. Cette fois-ci, ils se présentèrent à l'heure et Severus ne put rien dire. Pour cette leçon-là, ils durent mettre en pratique les sorts invoqués le jeudi dernier, et Severus lança plusieurs sorts sur Harry, que celui-ci dut éviter en catastrophe. Il tenta de prendre Hermione par surprise, mais celle-ci lui opposa un bouclier résistant et Ron réussit même à lui renvoyer son attaque. Ce qui ne mit pas le Professeur de meilleure humeur. Quand il les renvoya sèchement deux heures après, ils encouragèrent leur amie. De retour dans le bureau, il désigna à Hermione trois piles de parchemins.

- Corrigez-moi ça. Je dois aller surveiller et achever une Potion pour l'infirmière.

- Dois-je tout faire ce soir, Professeur ?

Il hésita un instant. Mais il savait que lui-même, il ne se serait jamais amusé à corriger ça en une soirée.

- Seulement les Première et les Troisième Année.

- Oui, Professeur.

Elle sourit faiblement en voyant le sujet. Les propriétés et les dangers du sang de licorne en première année, et les Loups-Garous en troisième année. Cela lui rappelait de bons souvenirs. Elle manqua s'endormir sur les parchemins. Elle était fatiguée physiquement et mentalement, et plusieurs fois, un vertige la prit, alors qu'elle était assise. Encore une fois, elle finit très tard, et quand elle se leva, elle dut s'agripper au bureau pour ne pas tomber. Elle prit lentement la direction de sa chambre, et se déshabilla rapidement pour se réfugier sous les draps. Elle soupira de lassitude, et faillit pleurer de désespoir. Quand cela finira-t-il ?

Quand son réveil sonna, elle l'éteignit péniblement et resta un moment allongée. Elle ne se sentait pas bien du tout. Elle avait affreusement mal à la tête, et tout tournait autour d'elle. A gestes lents, elle se redressa et quand elle voulut se lever, ses jambes la trahirent et elle s'effondra à terre. Puis, tout devint noir, et elle perdit connaissance sur le sol glacé de sa chambre.

………

- Où est Hermione ? demanda nerveusement Ron à Harry.

- Comment veux-tu que je le sache ? répondit celui-ci.

Ils étaient tous deux devant les serres, alors que le cours de Botanique était sur le point de commencer. Hermione n'avait pas paru au petit-déjeuner, et le Professeur Rogue semblait s'en moquer comme d'une guigne. Le Professeur Chourave arriva et les pria de prendre place. Elle s'étonna cependant.

- Miss Granger est absente ?

- Elle doit être souffrante, Professeur, répondit Harry.

- Bien… Vous lui prendrez les cours, M. Potter.

- Evidemment.

- A midi, toujours pas de signes de la jeune fille. Ginny commença à s'inquiéter.

- Où est Hermione ? Amélie la réclame à cors et à cris.

- Nous n'en savons pas plus que toi, Gin, répondit Ron. Et je dois avouer que ça m'inquiète.

- Vous croyez qu'on peut aller voir Rogue ? demanda Harry.

Les deux Weasley le regardèrent, éberlués.

- Tu te portes volontaire ? rétorqua Ron. Depuis mercredi dernier, il est d'une humeur massacrante, je suis peut-être Gryffondor, mais pas au point d'affronter le Directeur de Serpentard en rogne.

- Vous voulez que j'y aille ? demanda Pansy en arrivant. J'ai entendu votre conversation.

- Tu le ferais ? demanda Ron.

- Rogue est mon Directeur, il ne me fera rien.

- Ce n'est pas une bonne idée, objecta Ginny. Depuis que tu fricotes avec les Gryffondor, tu as perdu quelques-uns de tes privilèges…

- Oui, mais il reste mon Directeur…

A ce moment, Drago Malefoy arriva à leur table, passablement énervé.

- Potter ! Si tu vois Granger, tu pourras lui dire qu'elle néglige ses devoirs de Préfète-en-Chef ?

- Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda doucement Ginny.

Il lui adressa un regard neutre, mais la Gryffondor y décela de la tendresse.

- Il se passe qu'on devait se voir pour organiser la sortie à Pré-au-Lard du mois d'avril.

- Sauf que personne ne sait où elle est, déclara Pansy.

- Elle n'est même pas venue en cours, apprit Harry.

Le blond fronça les sourcils.

- Elle n'est pas allée en cours ? Voilà qui est étonnant de la part de Miss-Je-Sais-Tout.

- En fait, on se demandait qui se dévouerait pour aller interroger Rogue, révéla Ron.

Quatre paires d'yeux se rivèrent sur Drago, qui frissonna imperceptiblement. Cela ne lui disait rien qui vaille.

- Tu… Tu pourrais y aller ? demanda timidement Ginny.

Il lut la supplique muette dans ses yeux. Comment lui résister ? Il croisa les bras sur sa poitrine.

- Et pourquoi j'accepterai d'aider la bande à Potter ?

- Eh bien… parce que l'absence d'Hermione te porte aussi préjudice, répondit Harry.

- Je peux très bien organiser cette sortie tout seul… et tout le mérite me reviendra.

- Alors pourquoi étais-tu si contrarié tout à l'heure ? répliqua Harry.

Drago sourit. Le Gryffondor n'était pas si stupide que ça. Pour toute réponse, il s'avança vers la table des Professeurs et s'adressa à Rogue. Ils étaient trop loin pour comprendre ce qu'ils se disaient, mais ils virent le Professeur froncer les sourcils et regarder dédaigneusement dans leur direction. Puis, il finit par hocher la tête et quitta la table. Malefoy revint vers eux.

- Alors ? demanda anxieusement Ginny.

Il va voir si Granger est dans sa chambre. Il est contrarié par son comportement de gamine, m'a-t-il dit. Bon, quand vous la verrez, rappelez-lui cette sortie. Elle est dans trois semaines, et McGonagall m'a demandé le programme pour la fin de la semaine.

- OK, nous lui transmettrons le message, acquiesça Ron.

Malefoy quitta la Grande Salle, et Ginny l'imita quelques instants plus tard.

- Si vous voyez Hermione, envoyez-là à l'infirmerie, recommanda-t-elle.

- Où tu vas ? demanda Pansy.

- J'ai deux heures de Métamorphoses dans trente minutes et j'ai besoin de me reposer un peu.

Elle rejoignit Drago dans sa Salle Commune. Elle se réfugia dans ses bras et l'embrassa.

- Merci pour tout à l'heure.

- De rien, Ginny. Granger a vraiment disparu ?

- Oui. Ron et Harry sont inquiets. Enfin, ils l'ont vu hier soir, mais ce matin, elle n'a pas paru au petit-déjeuner, et elle a raté les cours.

- C'est inhabituel de sa part, en effet. Je suis sûr qu'elle va bien. Elle doit être en train de dormir tranquillement dans sa chambre.

- Tu sais que ce n'est pas son genre. Enfin, merci d'être allé voir Rogue. Aucun de nous ne l'osait, surtout qu'il est d'une humeur massacrante.

- D'où les avantages d'être à Serpentard, et d'être apprécié par son Directeur… et puis, Rogue est mon parrain.

- Il est ton parrain ?

- Oui. Mon père et lui se connaissaient du temps de leur scolarité. Severus a été témoin au mariage de mes parents et est devenu parrain de l'Héritier Malefoy.

- Je vois, ironisa Ginny. Le parrain de l'illustre héritier Malefoy… Quel honneur !

- Ils sont tous les deux les lieutenants de notre Maître, pas étonnant… Enfin, Rogue l'était.

- Ne me parle pas de lui, s'assombrit-elle.

- OK, ne parlons pas de choses qui fâchent, dit-il d'un ton conciliant.

Ils avaient tous deux autre chose à faire que de discuter de Voldemort, pendant le temps qui leur restait avant la reprise des cours.

………

Severus Rogue parcourait le couloir d'un pas rapide. Qu'arrivait-il encore à cette petite peste ? Depuis quand ratait-elle les cours ? Il refusait d'admettre qu'il était inquiet pour Hermione. Il arriva à ses appartements et tambourina à la porte de sa chambre.

- Granger ! Ouvrez !

Pas de réponse. Etait-elle dans cette pièce au moins ? Ou alors, elle était là, mais refusait de répondre.

- Granger ?

Aurait-il le courage d'ouvrir cette porte et d'entrer ? Il risquait de la surprendre dans une situation délicate… Depuis la semaine dernière, il évitait toute intimité avec elle, se montrant même glacial, voire hostile. Au fond de lui-même, les sourires de la jeune fille, et les rires d'Amélie lui manquaient terriblement. Mais Hermione s'était alors rapprochée de Potter, et cela l'avait rendu fou de jalousie. Et dire qu'il avait cru, naïvement, qu'elle l'aimait !

Il abaissa la poignée de la porte. Elle n'était pas verrouillée. Quand il découvrit la pièce, il se figea sur le seuil, blême. Puis, il reprit ses esprits et accourut vers la forme gisant par terre.

- Hermione !

Il la souleva et la redéposa sur le lit. Comme elle était blanche ! Et elle avait maigri, il le voyait dans son pyjama qui ne moulait plus son corps. Elle était glacée.

- Hermione ! C'est moi, réveille-toi…

Elle respirait, et son cœur battait, mais faiblement. Complètement paniqué, il la prit dans ses bras et courut à l'infirmerie où il entra en trombe. Mme Pomfresh fronça les sourcils. Elle était en train d'expliquer un point très important à Ginny, et n'aimait pas que les gens entrent ainsi dans son antre. Elle tut ses récriminations quand elle vit la forme inerte dans ses bras.

- Miss Granger ! Qu'attendez-vous pour la déposer sur un lit ?

Severus obéit, tandis que Ginny se précipitait vers son amie.

- Hermione ! Que lui arrive-t-il ?

- Je l'ai trouvée évanouie par terre dans sa chambre. Qu'est-ce qu'elle a ? demanda Severus.

- Elle n'était pas en cours ce matin, apprit la Gryffondor à l'infirmière, et j'ai cru comprendre qu'elle était très fatiguée ces derniers temps.

Mme Pomfresh fusilla Severus du regard.

- Ce n'est pas parce qu'elle est votre Assistante qu'il faut l'épuiser au travail. Elle a aussi des devoirs et des révisions !

- Harry et Ron m'ont révélé qu'ils ont rédigé le devoir de Métamorphoses pour elle le week-end dernier parce qu'elle n'a pas pu le faire. Dimanche soir, à 18 heures, elle s'est effondrée de fatigue dans notre Salle Commune.

- Maman ? s'éleva une petite voix timide.

Les regards convergèrent vers la porte du bureau de l'infirmière. Amélie se tenait sur le seuil. Ginny lui sourit.

- Viens là, ma chérie. Ta maman a besoin de toi.

La fillette obéit, et Ginny la souleva pour la déposer au bord du lit, à côté d'Hermione.

- Qu'est-ce qu'elle a ?

- Elle est extrêmement fatiguée, et elle dort pour récupérer. Elle travaille trop.

Amélie regarda sa mère, puis celui qu'elle considérait comme son père. Mais il l'avait grondée alors qu'elle n'avait rien fait l'autre jour. Et elle avait entendu Pompom qu'il avait été méchant avec sa Maman.

- C'est toi qui a fait du mal à Maman, accusa-t-elle.

- Mais non…

- Je te déteste ! s'écria-t-elle, les larmes aux yeux.

- Amélie… tenta-t-il, désespéré.

- Ça suffit, intervint l'infirmière. Severus, nous vous avons assez vu, sortez d'ici. De plus, vous avec des cours à donner.

- Mais…

- Dehors ! Je ne veux plus vous voir ici, espèce de monstre sans cœur !

Vaincu, il sortit de l'infirmerie et regagna sa salle de classe. Ginny écarta Amélie pour que l'infirmière puisse examiner la jeune fille.

Elle lança quelques sortilèges pour vérifier ses fonctions vitales.

- Elle respire normalement, même si son cœur est ralenti… elle est dans le coma.

La rousse sursauta.

- Quoi ? Mais…

- Rassurez-vous, Virginia. C'est un coma très léger. Son corps et son esprit sont très fatigués, et son subconscient a alors décidé de la plonger dans un état de veille pour qu'elle puisse se régénérer. C'est comme si elle dormait, mais elle ne se réveillera que quand son esprit l'aura décidé. Ses réserves magiques sont au plus bas. Je ne sais pas ce que Severus lui a fait, mais il va avoir de mes nouvelles ! Et pour commencer, je vais avertir Albus et Minerva de la situation.

Elle se dirigea vers son bureau où Ginny l'entendit activer la cheminée. Elle se tourna vers Amélie.

- On va s'occuper de ta Maman jusqu'à ce qu'elle aille mieux, d'accord ?

- C'est de la faute à Papa, hein ?

- Sans doute. Il l'a fait trop travailler.

- Il est méchant.

Ginny ne put que se rendre à l'avis de l'enfant. Elle se rendit compte qu'elle avait aussi perdu son zézaiement. Elle sourit. A ce moment, Albus et sa Directrice de Maison arrivèrent.

- Comment va-t-elle ? demanda Minerva.

- Comme je vous l'ai dit, annonça Mme Pomfresh en sortant de son bureau. Elle va bien. Elle a juste besoin de repos.

- Je vais toucher un mot à Severus, déclara Albus.

- Ce serait judicieux, en effet, acquiesça l'infirmière avec acidité.

- Miss Weasley, dit McGonagall, vous préviendrez vos amis de ne pas trop s'inquiéter pour Miss Granger.

- Bien entendu, Professeur McGonagall.

Harry et Ron sortaient d'Enchantements à 16 heures, et ils trouvèrent Ginny et Amélie qui les attendaient. La jeune rousse échangea un regard avec Drago et hocha imperceptiblement la tête. Elle le rejoindrait un peu plus tard.

- Que fais-tu ici, Gin ? demanda Ron.

- Venez à l'infirmerie. Hermione y est.

- Qu'est-ce qu'elle a ? s'affola Harry.

- Une fois à l'infirmerie, elle leur expliqua la situation.

- Le bâtard ! s'énerva le Survivant. Hermione nous a dit qu'elle n'a pratiquement pas dormi le week-end dernier, et en plus, elle est obligée de veiller tard pour corriger des copies.

- Quoi ! s'insurgea Mme Pomfresh. Personne n'est capable de tenir un tel rythme, et encore moins une enfant de 17 ans !

- Elle n'a même pas eu le temps de faire ses devoirs, confia Ron. Nous les avons faits à sa place.

- Je m'en doutais, M. Weasley, déclara Minerva en arrivant.

Les deux garçons pâlirent.

- En fait, Professeur… Nous voulions juste l'aider…

- Je sais, ne vous inquiétez pas. Je ne vous pénaliserai pas. J'ai reconnu vos deux styles, et même s'il ne mérite pas un O, il est d'une meilleure qualité que ce que vous me rendez habituellement.

Harry et Ron rougirent. Ginny rit.

- A croire qu'avec vos deux cerveaux, vous arriverez peut-être à quelque chose de bien finalement !

- Quoi qu'il en soit, Hermione va bien. Elle se réveillera quand elle aura reconstitué ses forces et ses réserves magiques, conclut Ron.

- Oui, mais Rogue ne le sais pas, révéla Ginny. On n'a qu'à faire croire qu'elle est atteinte d'une maladie grave, pour qu'il culpabilise un peu !

- En temps normal, Miss Weasley, je n'approuverai pas, intervint leur Directrice, mais là, vous avez tout mon aval. Qu'il apprenne l'humilité !

Harry et Ron avaient du mal à croire leur Directrice de Maison. Elle leur donnait son accord pour tourmenter Severus Rogue. Ils allaient s'en donner à cœur joie !

………

Le Professeur Rogue eut la surprise de trouver le Directeur Dumbledore dans son bureau à la fin de ses cours.

- Professeur Dumbledore…

- Severus. Je suppose que vous savez pourquoi je suis là.

- Encore à propos de Granger, grommela-t-il, masquant son inquiétude.

- Oui. Même si elle est votre Disciple, je ne tolérerai pas que vous traitiez une élève de Poudlard comme vous l'avez fait. Miss Granger a sombré dans le coma par votre faute.

Severus sursauta. C'était si grave que ça ? Son comportement lui revint en mémoire. Il avait été odieux avec elle, voire inhumain, lui refusant le moindre repos. Et Amélie le détestait à présent… Qu'avait-il fait ?

Albus rentrait inconsciemment dans le jeu d'Harry et Ron, il continua sur sa lancée.

- Je ne permettrai pas que tout ceci continue.

- C'est ma Disciple !

- Oui, mais elle est aussi sous ma responsabilité tant qu'elle est élève à Poudlard. Si vous ne changez pas de comportement, j'interromps son apprentissage jusqu'à l'obtention de son diplôme de Sorcellerie. Vous perdrez également votre Assistante, et je vous retirerai la garde d'Amélie de Chatres. Réfléchissez bien, Severus. Je sais que vous ne voulez pas tout perdre, je ne crois pas me tromper en affirmant que cette enfant et cette jeune fille ont trouvé le chemin de votre cœur.

Severus releva vivement la tête. Comment diable savait-il… Albus esquissa un sourire malicieux.

- N'oubliez pas que rien ne m'échappe dans cette école. Allons, pardonnez à Miss Granger une faute qu'elle n'a pas commise. A vrai dire, avant même qu'elle ne vienne me trouver, je pensais déjà vous demander de prendre en charge Messieurs Potter et Weasley en Magie Noire. Miss Granger n'y est pour rien. Tout ce que vous lui infligez est sans fondement et inexcusable.

- Je… je lui parlerai dès qu'elle sera réveillée.

- Si elle se réveille un jour, enfonça le Directeur.

Il se retira, laissant Severus se morfondre dans ses pensées. Quel épouvantable gâchis ! Il avait tout détruit, aveuglé par sa haine contre Potter. Contre James Potter. Harry, son fils, ne lui avait rien fait. Rien, à part se montrer révolté par une haine qui ne le concernait même pas. Et à présent, il risquait de perdre… non, il avait perdu Hermione et Amélie. Il n'aurais jamais dû se laisser attendrir par cette petite fille, ni se mettre à courtiser Hermione. Qu'est-ce qui lui avait donc pris ? Elle avait 20 ans de moins que lui, elle méritait mieux qu'un ex-Mangemort aigri. Quand elle se réveillerait, il lui présenterait ses excuses, et il laisserait Potter prendre sa place, autant comme petit-ami, que comme père d'Amélie. C'était la meilleur décision à prendre. Il envisagea un moment de ne pas assister au dîner du soir, mais il se ravisa. Il essaierait d'entendre les conversations des trois Gryffondors restants et se renseigner discrètement sur l'état de santé d'Hermione.

………

Ginny profita de l'heure juste avant le dîner pour s'esquiver et rejoignit Drago dans ses quartiers. En un rien de temps, elle se retrouva dans une chaleureuse étreinte, une bouche impérieuse écrasant la sienne. Quand il s'écarta, elle sourit.

- Eh bien, moi aussi, je suis heureuse de te voir !

Il lui sourit en retour.

- Quelles nouvelles ? Pourquoi es-tu venue chercher Potter et ton frère cet après-midi ?

- Hermione est à l'infirmerie, dans un coma léger. Rogue l'a découverte comme ça dans sa chambre.

- Qu'est-ce qu'elle a fait pour se retrouver dans cet état ?

- D'après ce que j'ai compris, Rogue la surcharge de travail, à tel point qu'elle n'a même plus le temps de faire ses devoirs. Harry et Ron ont rédigé le dernier devoir de Métamorphoses pour elle.

- Sa moyenne va baisser si elle les laisse faire ses devoirs.

Ginny lui donna une petite tape sur le bras.

- Arrête de te moquer. McGonagall a dit que ça ne valait peut-être pas un O, mais c'était un bon essai. Quoi qu'il en soit, l'infirmière a dit que c'était bénin. Son corps et son esprit ont besoin de repos et ses réserves magiques sont au plus bas. Son esprit a alors décidé tout seul de se plonger dans un coma léger pour se protéger. Elle se réveillera quand elle se sera régénéré. Ce qui m'étonne, c'est que Rogue avait l'air paniqué quand il a déboulé à l'infirmerie, et il a eu l'air défait quand Amélie lui a annoncé cash qu'elle le détestait parce qu'il avait fait du mal à sa « Maman ».

- Il s'est peut-être rendu compte qu'il avait dépassé les bornes cette fois. Enfin, cela n'arrange pas mes affaires, ce coma.

- Pourquoi ?

- N'oublie pas que j'ai une sortie à planifier moi, pour le mois prochain.

- Eh bien, je ne suis pas Préfète, mais je peux peut-être remplacer Hermione.

- Ce n'est pas dans le règlement… mais je pense que je peux faire une exception pour toi.

- Tu n'as pas à le dire à McGonagall, tu sais, tant que ça nous permet de passer du temps ensemble.

Sa voix était devenue un murmure, et elle avait passé ses bras autour de son cou. Il ne se fit pas prier pour l'embrasser, et promener ses mains sur son corps, trouvant un moyen agréable de passer le temps…

Quand Ginny rejoignit ses amis et frère à la table, tout à son euphorie, elle remarqua leurs mines graves, et se rappela la comédie qu'ils étaient censés jouer. Elle effaça son sourire et se composa un masque de circonstance. Elle remarqua que Rogue les fixait avidement. Elle s'assit calmement à sa place, Pansy jouait la même comédie, mise au courant par Ron.

Rogue nous regarde, les gars, avertit-elle. Donnons-lui un beau spectacle.

- Aussitôt, Ron tapa du poing sur la table.

- Pourquoi a-t-il fallu que ça tombe sur Mione ? Elle avait toutes les chances de réussir, et maintenant…

- Ses chances de passer des ASPIC sont compromises, compléta lugubrement Harry.

Pansy laissa couler ses larmes.

- Pauvre Hermione !

Les autres Septième Année de Gryffondor semblaient aussi ébranlés, mais eux n'étaient pas au courant de la véritable situation, donnant un peu d'authenticité à la comédie.

- Si seulement le Professeur Rogue n'avait pas été si dur avec elle, se lamenta Parvati.

Pansy se cacha le visage dans les mains, comme pour pleurer, mais Ginny soupçonna qu'elle était prise d'un fou rire. Rogue était de plus en plus livide.

- Que va devenir Amélie ? ajouta Ginny, à voix haute.

Severus tentait d'oublier les regards franchement hostiles que lui lançait Minerva, mais c'était comme si elle voulait le clouer sur place. Albus tentait de dissimuler sa gaieté, comprenant le jeu que jouaient les Gryffondor. Ne pouvant plus en supporter davantage, le Professeur de Potions se leva brusquement et quitta la Salle. Peu après, Harry et Ron échangèrent un regard complice et pouffèrent de rire, s'attirant l'incompréhension de leurs compagnons de tablés.

Les quatre amis quittèrent la Grande Salle et se réfugièrent dans la Salle sur Demande pour rire à leur aise.

- Vous avez vu la tête de Rogue ? demanda Ron, en s'asseyant sur un canapé à côté de Pansy.

- Un peu qu'on l'a vue, répondit Harry. Il y réfléchira à deux fois avant de s'en prendre encore à notre Hermione.

- N'empêche qu'il m'a fait de la peine, compatit Pansy.

- Tu défends ton Directeur ! accusa gentiment Ginny.

Ils discutèrent encore un peu quand la Gryffondor annonça qu'elle allait récupérer Amélie à l'infirmerie.

- Je viens avec toi, dit Harry. On en profitera pour voir Hermione.

Ron resta seul avec Pansy. Elle se blottit contre lui.

- Ce n'est pas très gentil de vous moquer du Professeur Rogue.

- Il l'a bien cherché. En fait… Dumbledore lui a demandé de nous enseigner la Magie Noire à Harry, Hermione et moi, et ce, sur une intervention d'Hermione. Il n'a pas vraiment apprécié.

- Je comprends. Alors comme ça, tu étudies la Magie Noire…

- Pas tout seul. Tu connais le fardeau qui pèse sur les épaules de Harry. Nous faisons de notre mieux pour l'aider. Je ne suis pas aussi intelligent qu'Hermione, ni aussi doué que Harry, mais…

Pansy l'interrompit en posant un doigt sur ses lèvres.

- Ne te déprécie pas ainsi. Tu es courageux, comme un Gryffondor doit l'être. A vous trois, vous formez une équipe redoutable. La détermination d'Harry, l'intelligence d'Hermione, et ton indéfectible loyauté. Ta force physique surpasse celle d'Harry, et même si tu fonces toujours dans le tas avant de réfléchir, je sais que tu seras un atout dans la lutte contre Vol… Vol…

- Voldemort, acheva Ron sans hésiter. Harry a énormément insisté pour que nous le prononcions sans crainte.

- Voldemort, répéta doucement la jeune fille.

- J'ai suivi Harry dans toutes ses aventures depuis le début. Il a vraiment un don pour se trouver dans les ennuis. Quand ce n'est pas lui qui les cherche, ce sont eux qui le trouvent. Et depuis plusieurs mois déjà, nous nous entraînons à devenir des Animagi.

Pansy retint son souffle, s'écarta et le regarda.

- Vous avez réussi, n'est-ce pas ?

- Oui. Et Hermione a appris de son côté avec Rogue.

- Je vois. Quand comptais-tu me mettre au courant ?

- Ne te fâche pas, mon cœur. Nous avons pris cette résolution depuis Halloween. Les choses se sont un peu précipitées vers Noël, puis vers la Saint-Valentin, quand je suis tombé amoureux…

- N'essaie pas de m'amadouer ! dit-elle, faussement sévère. En quoi te transformes-tu ?

- En dragon. Un dragon rouge, un peu plus petit que le Magyar à Pointes, mais de taille non négligeable, annonça-t-il fièrement.

Elle se sentit fondre devant son sourire.

- Et Harry et Hermione.

- Une licorne noire et un phénix.

Il lui raconta leur mésaventure dans la Forêt Interdite. Elle rit ; elle lui avait pardonné ses cachotteries. Il se rappelait encore qu'il avait craché du feu sur un phénix, alors qu'il ignorait que c'était Hermione. Après avoir pris la fuite, il s'était insulté intérieurement. Cracher du feu sur un phénix, et puis quoi encore ! Autant lancer de l'eau sur un poisson !

- Je m'excuse, dit Ron pour conclure. Je n'avais pas l'intention de te cacher tout ça.

Elle secoua la tête.

- Ce n'est rien. C'est tout à fait normal. Hermione, Harry et toi êtes tellement soudés que vous partagez tout. Même Ginny ne fait pas partie du cercle, même si c'est ta sœur. Je suppose qu'elle n'est pas au courant.

- Non.

- Alors je comprends que tu aies attendu avant de me considérer comme digne de confiance, moi, une Serpentard.

- Ne crois pas que je ne te fais pas confiance, Amour. Je te confierai volontiers ma vie, alors que tu possèdes déjà mon cœur.

- Oh Ron…

Depuis quand était-il si romantique ? se demanda-t-elle. Hermione et Ginny l'avaient toujours décrit comme une brute sans cœur, dénué de tact et de sentiments. Or, le jeune homme qu'elle avait devant elle, et qui l'embrassait si tendrement n'avait rien à voir avec le monstre made in Hermione et Ginny. Avec un soupir de bien-être, elle s'abandonna aux lèvres et aux mains de celui dont elle était amoureuse. Il l'avait renversée sur le canapé, et avait pris possession de sa bouche, tout en lui caressant les hanches et les cuisses. Quand il remonta vers sa poitrine, il se recula légèrement, assez pour quêter son approbation. Elle lui sourit, et elle lui prit la main qu'elle posa elle-même sur son sein gauche, où Ron put sentir pulser son cœur. Il la regarda, fasciné, tandis qu'il caressait doucement sa poitrine, le sein épousant parfaitement sa paume. Elle était si belle ! Il rougit fortement quand il réalisa dans quelle position ils étaient. Il était à moitié allongé sur elle, leurs jambes étaient entremêlées, et Pansy avait posé une main sur son torse.

- Tu n'as pas à avoir peur, Ron, murmura-t-elle.

- Je ne veux pas aller trop vite, de peur de tout gâcher. Je veux prendre le temps de te connaître parfaitement avant de franchir une étape de plus. Je te respecte trop pour te brusquer.

Elle sentit des larmes lui monter aux yeux. Jamais personne ne l'avait traitée avec autant de respect. A part son père peut-être. Elle ne le méritait pas.

- Hey… souffla-t-il en séchant une larme. Qu'est-ce qu'il y a ?

- Tu es le premier à me témoigner du respect.

Elle se leva et s'éloigna de Ron. Ce qu'elle allait dire ne serait pas facile pour elle, ni pour lui. Après ça, s'il voulait la rejeter, elle accepterait. Elle comprendrait…

- Ron… Je ne suis plus vierge. Mon père est… était un Mangemort. Même s'il était gentil avec moi, ce n'est pas le cas de ses amis. Pendant les étés, Lucius Malefoy organisait des fêtes où il conviait les Mangemorts et leurs familles. Au cours de ces fêtes, je fis la connaissance de jeunes Sorciers étudiant à Durmstrang, ou des Mangemors encore célibataires. Ces fêtes se terminaient le plus souvent en orgies… Drago Malefoy a perdu sa virginité à 15 ans, tout comme moi pendant une de ces orgies. Les Mangemorts avaient décidé qu'à 15 ans, nous devions faire partie du monde des adultes. Drago, Milicent, Vincent, Gregory, Blaise, moi-même, et quelques jeunes de Durmstrang, nous avons été livrés à des hommes et femmes payés pour nous déniaiser. Nos pères trouvaient cela normal. Après cette soirée, plus rien n'a été pareil. Je reçus la visite d'hommes, de Mangemorts, mariés ou non…

- Tu as été violée ? coupa durement Ron.

- Non Ron. J'étais consentante. Je n'ai jamais été une petite fille sage comme Hermione ou Ginny. A vivre entourée de Mangemorts, promise à un avenir semblable, j'ai fini par devenir comme eux, même si Drago m'a soumise à une douche froide qui m'a fait changer.

Le silence s'abattit. Pansy n'osait pas regarder Ron, mais elle savait qu'elle le dégoûtait. Elle savait qu'elle n'avais pas droit au bonheur, même si elle avait voulu y croire pendant quelques semaines. A présent, tout était terminé. Elle quitta la Salle sur Demande en courant, les larmes aux yeux, ne remarquant même pas que Ron avait tenté de la retenir.

………

Harry et Ginny avaient récupéré Amélie à l'infirmerie. Celle-ci restait à côté de sa Maman, en lui parlant de tout et rien. Hermione dormait toujours, mais elle semblait moins pâle, et les deux Gryffondor restèrent un moment avec elle et Amélie. Puis, ils retournèrent dans leur dortoir, et Amélie alla dormir avec Harry. Il lui racontait sa troisième Année, sous le regard émerveillé de la fillette, quand Ron rentra dans le dortoir, le regard sombre.

- Ça va Ron ? s'inquiéta Harry.

- Oui, ça va. Raconte plutôt ton histoire à Amélie.

- Tu t'es disputé avec Pansy ?

Ron se tourna vers son meilleur ami.

- Oui et non. Je ne sais pas. Harry… si tu aimes follement quelqu'un, mais que tu découvres un passé peu glorieux…

- Peu importe le passé, c'est le présent qui compte. Et un futur à construire avec cette personne. Je me doute que Pansy n'a pas eu un passé idyllique, mais si tu l'aimes, tu devrais foncer sans hésiter.

- Mais elle a… fui. Elle a honte.

- Alors c'est à toi de la convaincre de sa valeur à tes yeux, sourit Harry.

- Et depuis quand tu es expert en fille, Harry ?

- Tu sais, en côtoyant Hermione et Ginny pendant sept ans, on apprend des choses en psychologie féminine. Le plus efficace, c'est de laisser parler son instinct.

- Merci Harry.

- Mais de rien, Ron.

- Et quand te décideras-tu à trouver ta perle rare ?

- Si tu crois que c'est le moment, avec Voldemort…

- Justement ! Un peu de douceur ne fait de mal à personne…

- Idiot, va !

Harry referma ses rideaux d'un geste sec après avoir tiré la langue à son ami. Il se tourna vers Amélie.

- On reprend. J'en étais où ?

- James, il apprenait à détruire les méchants avec un cerf argenté avec son Professeur.

- Ah oui. James maîtrisait bien le sort…

- Ron s'est fâché avec Pansy ? coupa la fillette.

- Harry soupira. Il n'arriverait pas à finir son histoire ce soir, il se sentait.

- Oui, ils se sont un peu disputés, mais rien de grave.

- Alors, ils ne s'embrassent plus ?

- Euh… mais ils vont se réconcilier rapidement.

- Comme Papa et Maman ? Ils vont se réconcilier, hein ?

- De quoi elle parle ? se demanda Harry. Ron et Pansy ? Hermione et Severus ?

- J'ai dit à Papa que je le détestais. Mais c'est pas vrai. Et il s'est fâché avec Maman. Pourquoi ils ne s'embrassent plus comme avant ?

Un instant, Harry crut mal entendre.

- Tu veux dire ton vrai Papa et ta vraie Maman…

- Non ! Sevie et Mione ! Ils se sont fâchés et ils s'embrassent plus comme avant ! Mais moi, je veux qu'ils s'aiment encore !

Harry ne savait que dire. Hermione et Rogue avaient-ils poussé la comédie jusqu'à s'embrasser devant Amélie ? Non, Hermione ne serait jamais allée aussi loin… Pas avec Rogue. Il esquissa une moue dégoûtée. Une conversation avec sa meilleure amie s'imposait, dès qu'elle serait réveillée.


Voilà ! A bientôt pour le prochain chapitre ! Un réveil, une réconciliation, une sortie… Ce sont les mots-clés du chap 21. Rassurez-vous, il est fini, il ne me reste plus qu'à le taper ! Vous l'aurez dans moins d'un mois ! Bisous à tous !