Bonjour à tous ! (Brandit un drapeau blanc) Je ne suis pas là pour faire la guerre, mais pour vous livrer un nouveau chapitre… Oui, je sais, je suis à la bourre ! Mais bon, quand l'inspiration décide de partir en vacances, je suis obligée d'attendre qu'elle revienne ! Et puis, bon, vous n'avez attendu que deux mois ! C'est pas la mer à boire… Je me rappelle que vous avez attendu quelque chose comme six mois pour le chapitre 15… D'ailleurs, je me rends compte que ça fait plus de deux ans que je travaille sur cette fic… Elle ne devrait pas compter plus de trente chapitres, donc on approche lentement mais sûrement de la fin !

Un petit résumé quand même : pendant une sortie à Pré-au-Lard, Severus est tué par 4 Mangemorts. Mais n'écoutant que son courage et son cœur, Hermione se lance dans un sauvetage désespéré, aidée par Harry. Et contre toute attente, celui-ci fonctionne ! Devenue le point de mire de la société sorcière, Hermione doit faire face…

Une petite précision au sujet de ce chapitre : vous allez peut-être trouver Severus bizarre, mais demandez-vous comment vous réagiriez si vous passiez à côté de la mort.

Disclaimer : tout appartient à JKR, sauf l'histoire et Amélie !

Et maintenant, bonne lecture à tous !


Chapitre 23 : Conséquences

Harry, devinant que le couple avait besoin d'intimité, proposa un chocolat chaud à Amélie qui accepta. Hermione sourit timidement à Severus.

- Tu ne m'en veux pas trop ?

- Et pourquoi, par Serpentard, t'en voudrais-je ?

- Et bien, je t'ai sauvé la vie, et tu vas devenir la deuxième personne à avoir échappé à l'Avada, après Harry. Tu seras harcelé par les journalistes, et…

- Hermione. Comme tu viens de le dire, tu m'as sauvé la vie. Le reste est secondaire. Et si tu veux mon avis, ce sera plutôt toi qui seras harcelée, par moi.

- Mais… tu as encore une fois été sauvé par Harry…

- Comme il l'a si bien fait remarqué, c'est toi qui est à l'origine de tout ça. Pour tout te dire, je ne lui en veux pas tant que ça. J'ai encore du mal à réaliser que je suis vivant, que j'ai réchappé à quatre Avada… Et ce, grâce à toi. Le Seigneur sera furieux quand il apprendra qu'une Sang-de-Bourbe a réussi à vaincre la mort elle-même.

- Je m'en fiche de sa réaction. Tu es vivant, et nous avons maintenant un moyen de réanimer une victime du sort, même si c'est encore imparfait.

- Il n'en reste pas moins que c'est une énorme innovation dans notre monde.

Hermione hocha la tête. Elle était contente d'avoir sauvé Severus. Mais il faudrait encore des mois pour que la population sorcière accède à ce moyen de sauvetage… Toute fois, elle avait redonné de l'espoir aux Sorciers, c'était le plus important.

Severus caressa doucement sa joue.

- Quelque chose ne va pas ?

- Tout va bien. J'appréhende tout simplement de sortir d'ici.

Il eut un petit rire.

- Oh, ça c'est sûr, ils vont te sauter dessus. Je te laisse affronter les fauves, moi, j'ai besoin de me changer.

- Et aussi d'un peu de repos. Je te retrouve un peu plus tard.

Severus l'embrassa et quitta l'infirmerie. Peu après, elle prit une grande inspiration et sortit à son tour. Le couloir était vide. Elle mourrait d'envie de courir s'enfermer dans sa chambre, mais choisit de se rendre à la Grande Salle. Les élèves de Poudlard avaient besoin d'explications. Elle vit Ginny à l'entrée de la Grande Salle. Celle-ci écarquilla les yeux et agrippa son amie en l'entraînant derrière une armure.

- Hermione, par Merlin ! McGonagall, Flitwick et Chourave ont fait une annonce comme quoi tu es devenue l'espoir du monde sorcier. Les journalistes sont aux grilles, mais Dumbledore les a fait fermer et a ordonné à Rusard de fermer toutes les portes. Drago a toutes les peines du monde à faire régner l'ordre et le calme. Dean a dit que tu as utilisé une technique moldue pour ressusciter Rogue.

- Ginny ! Calme-toi ! Je ne l'ai pas ressuscité, je l'ai réanimé. Et c'est bien une technique moldue.

- Tout le monde est déjà au courant que tu as arraché Rogue aux griffes de la mort.

- Quelle mise en scène, soupira Hermione. Justement, je me rendais dans la Grande Salle pour rassurer tout le monde. Tu viens avec moi ?

Ginny rit nerveusement.

- Tu vas être au centre de l'attention générale. Tout Poudlard est réuni là-bas : élèves, Professeurs, Elfes de Maison. Seul Dumbledore n'est pas présent, et Rogue bien sûr.

- Il sait déjà tout.

- McGonagall le représente. Poppy est arrivée il y a quelques instants, mais elle a refusé de nous éclairer.

- Bon, entrons dans l'arène.

Quand Hermione, suivie de Ginny, pénétra dans la Grande Salle, le silence le plus complet se fit. Mais quelques instants plus tard, des applaudissements nourris s'élevèrent, et tous les étudiants se levèrent. Quelques-uns sifflèrent et des « vive Hermione » fusèrent. Celle-ci rougit furieusement, et Harry et Ron s'avancèrent pour escorter leur meilleure amie.

- L'héroïne du jour, murmura Ron. Et dire que j'ai manqué ça. Harry m'a tout raconté. Tu as été géniale à ce qu'il paraît.

- C'est exagéré, Ron.

Hermione s'avança vers l'estrade, et se plaça à côté de sa Directrice de Maison. Le volume sonore baissa peu à peu.

- Je vous remercie de cet accueil chaleureux… Je ne m'y attendais pas ! Vous êtes tous au courant de ce qu'il s'est passé. Harry et moi avons réanimé le Professeur Rogue après qu'il ait reçu quatre Avada. Certains d'entre vous l'ont déjà compris : j'ai utilisé une méthode moldue. Et je suis sûre que certains élèves de Poudlard connaissent la technique du massage cardiaque et le bouche-à-bouche.

Hermione avait raison. Quelques élèves de Pouffsouffle et Gryffondor acquiescèrent.

- Dans le monde moldu, les adolescents se portent volontaires pour suivre une formation aux premiers secours. Si vous le souhaitez, dans le cadre de la lutte contre Voldemort, je peux mettre en place un système pour que vous appreniez vous aussi la méthode. Qui sait, vous pourrez peut-être sauver un proche ?

Une ovation accueillit ses paroles. Tout le monde était d'accord.

- Je vais m'organiser et je vous tiendrai au courant de ma décision.

Son discours fini, elle se tourna vers sa Directrice. Celle-ci lui souriait, émue.

- Vous êtes destinée à accomplir de grandes choses, Miss Granger.

- Je ne vise pas la renommée, Professeur. Je veux juste aider Harry contre Voldemort. Et ce que j'ai fait va faire avancer le monde sorcier vers la modernité, et peut-être à tolérer les moldus, que beaucoup considèrent comme inférieurs.

- Vous venez de faire évoluer un mode de pensée. Soyez fière de vos actes.

- Je le suis.

Elles se sourirent. Puis Pansy se leva et réclama le silence. Le calme retomba.

- Hermione, aujourd'hui, au nom de la Maison Serpentard, je te remercie. Tu as sauvé notre Directeur de Maison, et…

- Silence, Traîtresse à ton sang ! lança un Serpentard en Sixième Année.

Pansy se tourna vers lui.

- Elle a sauvé…

- Tu n'as pas le droit de parler au nom de Serpentard ! s'écria Zabini.

Si quelques Serpentard avaient applaudi Hermione, la majorité lui restait hostile.

- Je suis une Serpentard au même titre que vous tous ! riposta Pansy.

- Tu salis notre honneur ! répliqua-t-il.

- Suffit ! s'éleva la voix de Malefoy.

Depuis l'entrée d'Hermione, il restait appuyé contre un mur, les bras croisés, impassible. Mais là, l'honneur de sa Maison était en jeu. Et même si cela le tuait de l'admettre, Granger avait sauvé leur Directeur.

- Parkinson fait toujours partie de notre Maison, tant que le Professeur Rogue ne décidera pas le contraire. Et elle a parfaitement le droit de remercier Granger en notre nom. Elle a mon aval.

Si nombre de Serpentard restèrent bouche bée, ce n'était rien comparé au reste de la Grande Salle. Même Pansy n'en revenait pas. Drago Malefoy, chef de file de la Maison Serpentard, celui qui l'avait publiquement dénoncée comme Traîtresse, venait de la reconnaître comme Serpentard, et il l'autorisait à remercier Hermione ! Que s'était-il passé dans sa tête ?

Ginny retint à grand-peine un cri de victoire. Sur ces mots, le blond sortit de la Salle, laissant planer un silence stupéfait. Puis le brouhaha reprit. Des groupes se formèrent, discutant soit de la prouesse de la Préfète-en-Chef, soit de l'éclat de Malefoy. Hermione échangea un regard avec son amie. La brune lui sourit et Ginny hocha la tête avant de sortir elle aussi. Hermione profita elle aussi de ce répit pour prendre la fuite par la porte du fond. Harry, Ron et Pansy la rejoignirent. Amélie s'agrippait toujours à la robe de Harry. Ron avait le visage sombre. Il n'avait guère eu le temps de défendre Pansy que Malefoy avait parlé, lui coupant l'herbe sous le pied. Sa petite-amie le regardait, inquiète, la main dans la sienne.

- Ron, calme-toi.

- A quoi joue ce bâtard décoloré ?

Harry et Hermione échangèrent un regard amusé. Ron était manifestement jaloux.

- Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle ! fulmina-t-il en voyant des deux amis sourire.

- Ne sois pas aussi jaloux, Ron, tenta Pansy.

- Je ne suis pas jaloux ! Il… Il…

Pansy l'embrassa pour le faire taire. Hermione sourit. Elle se tourna vers Harry.

- Bon, je vais aller retrouver Severus. Il doit avoir besoin de moi.

- Tu as peur qu'il soit traumatisé ? demanda Harry avec une pointe de sarcasme.

- Il a échappé à la mort, alors qu'il a vu quatre Avada se diriger vers lui, ce n'est pas rien, répliqua gravement la Gryffondor.

Harry hocha la tête. Hermione se pencha et s'adressa à Amélie, qui restait silencieuse et s'accrochait à la robe du Sorcier.

- Tu viens ? On va retrouver Papa.

La petite fille hocha la tête. Toutes deux quittèrent la Grande Salle par la porte du fond.

………

Ginny savait qu'elle retrouverait Drago dans sa Salle Commune. Elle entra et demanda au tableau de ne laisser personne d'autre. Le jeune homme se tenait devant une des fenêtres, plongé dans ses pensées. Elle s'approcha et glissa ses bras autour de sa taille.

- Dray ?

- Gin…

- Qu'est-ce qui ne va pas ?

- Rien ne va. Comment Granger a-t-elle pu ramener Rogue ? C'est impossible… un Impardonnable…

- Les techniques moldues sont plus avancées que les méthodes sorcières dans ce domaine. Hermione a eu la présence d'esprit de…

- Tu ne comprends donc pas ? Tout va changer ! Notre Maître…

- Votre Maître ? répéta Ginny, incrédule. Enfin, Dray, tu n'envisages pas sérieusement de rejoindre ses rangs !

- Je ne t'ai jamais rien promis ! Je n'ai pas non plus caché mes opinions.

- Alors pourquoi as-tu pris la défense de Pansy ?

- Parce qu'elle a osé faire ce que tout Serpentard aurait dû faire. Remercier Granger pour avoir sauvé notre Directeur de Maison.

- Je vois. Tu places l'honneur avant tout. En fait, ça t'arrange bien que ce Pansy qui l'ait fait, parce qu'aucun d'entre vous ne se serait abaissé à remercier une Gryffondor…

- Et de surcroît une Sang-de-Bourbe.

Ginny secoua la tête, découragée.

- Je ne te comprends pas, Dray…

- Ne m'appelle pas comme ça !

Ginny plissa les yeux.

- Je t'appellerai comme je veux, Malefoy ! Ce que nous vivons en ce moment ne compte pas ? Notre couple…

- Couple ? se moqua le Serpentard. Il n'y jamais eu de couple ! Je te le répète, Weasley, je n'ai jamais fait de promesse.

La Gryffondor ignora la douleur qui l'envahissait peu à peu et refoula ses larmes.

- Très bien, fais ce que tu veux, je m'en moque. Tu es furieux parce qu'une Sang-de-Bourbe a réussi à réduire l'Avada Kedavra à une vague menace, tu es furieux parce que Voldemort est constamment tenu en échec par le Survivant, et tu es furieux parce que les Gryffondor surpasseront toujours les Serpentard ! Va donc lécher les bottes de ton Maître, je ne te retiens pas. Où est donc passé l'honneur et la fierté des Malefoy ? Tu m'as pourtant dit et répété qu'un Malefoy ne s'inclinait devant personne, et pourtant, ton misérable père rampe comme un ver de terre devant Voldemort, qui est lui-même un sang-mêlé !

- Tu mens !

- Vraiment ? Alors, je te conseille de vite aller te renseigner sur un dénommé Tom Elvis Jedusor !

La rousse partit en claquant le portrait qui protesta vainement. Elle se réfugia dans sa chambre et pleura longuement. Elle avait mal comme jamais auparavant. Drago Malefoy venait de lui arracher le cœur et de le piétiner sans ménagement. Elle était profondément malheureuse, et se sentait trahie, alors qu'elle était éperdument amoureuse…

Drago se sentait comme frustré, et en colère contre le monde entier, à commencer par Granger, puis Ginny, et lui-même. Il savait que les paroles qu'il avait adressées à la jeune fille étaient cruelles, mais les révélations qu'elle lui avait jetées à la figure étaient comme des accusations, et dangereusement proches de la vérité. Les Malefoy ne s'inclinaient devant personne, et encore moins devant un Sang-Mêlé. Si Voldemort était vraiment Tom Elvis Jedusor… Comment la situation avait-elle pu déraper à ce point ? Le matin-même, il faisait l'amour à Ginny…

………

Hermione franchit la porte des appartements de Severus avec Amélie dans les bras. Celle-ci restait étrangement silencieuse, et Hermione l'amena à sa chambre.

- Tu vas faire une sieste, mon cœur.

- Mione ? appela-t-elle d'une petite voix.

Hermione fronça les sourcils. L'enfant devait être sérieusement perturbée pour l'appeler ainsi. Elle s'assit sur le lit et lui sourit.

- Oui, mon cœur ?

- Papa et Maman sont morts n'est-ce pas ?

La Préfète se figea et eut envie de se gifler pour sa négligence. Amélie avait assisté à la mort de ses parents et avait dû faire le rapprochement avec les événements du jour. Elle opta pour la vérité.

- Hélas oui. Mais je ne t'ai pas menti Amie. Tes parents sont au ciel et veillent sur toi, en compagnie des parents d'Harry et des miens.

Severus entra dans la pièce. Il avait entendu Hermione entrer et il avait voulu rejoindre les deux femmes qui comptaient le plus pour lui. Puis, il avait surpris la question d'Amélie. Aussitôt, le souvenir de cette nuit d'été lui revint en tête.

Flash-back

Severus n'avait absolument pas ravi de la mission qui lui avait confiée le Directeur. Le Ministère avait été attaqué, et les Aurors étaient débordés. Albus, craignant une diversion du Seigneur sombre avait chargé Minerva d'aller au Terrier, et lui avait demandé d'aller voir si Granger était en sécurité. Cependant, quand il arriva, il s'avéra que les craintes de Dumbledore était justifiées : le quartier était à feu et à sang. Il repéra rapidement son étudiante, en équilibre précaire sur un balai qu'elle avait sans doute transformé. Il jura intérieurement. Rapidement, il se lança un sort d'Invisibilité, enchaîna avec un Sort d'Illusion et de lévitation. Il rattrapa aisément son élève et vit les Mangemorts et leur Maître transplaner. Il leva l'Illusion et l'Invisibilité et se posa en douceur, Granger toujours serrée contre lui.

- Reprenez-vous donc, Granger !

Elle leva ses yeux et le regarda, tout en posant des questions stupides. Il exposa la situation et elle comprit quel sort il avait utilisé. Même s'il ne l'admettrait jamais, Granger était une élève brillante et exaspérante quand elle posait des questions tellement pertinentes qu'un Professeur expérimenté passait pour un ignorant à côté d'elle.

Il la vit qui regardait autour d'elle. Il lui ordonna d'aller chercher ses affaires s'il en restait quelque chose pendant que lui-même ferait un tour du quartier. Il entra dans l'une des rares maisons encore debout. Un couple gisait dans le salon, apparemment torturé avant d'être achevé. Il allait repartir quand il entendit un sanglot étouffé, provenant d'un placard dans la pièce. Il s'approcha et ouvrit la porte de l'armoire. Un hurlement de terreur s'éleva. Une enfant d'environ trois ans se cachait là, blonde comme les blés. Il s'agenouilla devant elle, exaspéré. Elle pleurait sans discontinuer, et releva son visage vers lui. Il plongea son regard dans celui, bleu, de l'enfant, et fouilla dans son esprit. Il vit la scène. Son père l'avait cachée ici quand il avait entendu les premiers cris, et quelques secondes plus tard, des Mangemorts pénétraient dans la pièce. Le père s'était placé devant sa femme, mais un Doloris l'atteignit. S'ensuivit quelques minutes de torture qui s'achevèrent sur un éclair vert. L'enfant avait tout vu par les interstices de l'armoire. Elle avait étouffé ses cris du mieux qu'elle pouvait, elle sentait confusément qu'elle ne devait pas crier. Mais que faisaient ces méchants à son Papa et sa Maman ? Les cris de sa mère couvraient ses pleurs. Severus rompit le contact, il en avait assez vu. Il contempla la fillette. Que devait-il en faire ? La solution la plus simple serait l'orphelinat. Sans un mot, il la souleva. Avec surprise, il constat qu'elle se serrait contre lui, toujours pleurant à chaudes larmes.

Fin Flash-back

Severus s'assit à côté d'Amélie sur son lit. Il lui sourit tendrement.

- Mon cœur, tes parents ne t'ont jamais vraiment quittée, tu sais. Et Hermione et moi sommes là pour les remplacer, même si nous ne sommes pas tes vrais parents.

- Mais je t'aime comme mon Papa, et j'aime Mione aussi.

- Alors nous sommes heureux comme ça. Fais en sorte que tes parents soient fiers de toi. Et nous le serons également.

- D'accord. Je serai courageuse, et ils seront contents. Merci Mione. Merci Sevie.

- Essaie de dormir un peu, mon ange, proposa Hermione.

Amélie s'allongea, et ses deux parents quittèrent la pièce. Hermione soupira.

- Elle s'en sortira. Je commençais à avoir peur, déclara-t-elle avec soulagement.

- C'est une petite fille exceptionnelle. Elle surmontera le traumatisme de la mort de ses parents.

La Gryffondor alla s'asseoir et renversa sa tête sur le dossier du canapé, les yeux fermés.

- Tu es fatiguée, constata Severus.

- Oui.

Il s'assit à côté d'elle.

- T'ai-je déjà remerciée de vive voix, mais je le vois dans ton regard.

Severus la serra contre lui.

- Merci, Hermione. J'ai une dette envers toi, et…

- Severus… Tu m'as toi-même sauvé la vie plusieurs fois depuis notre entrée à Poudlard, comme tu as sauvé celle de Harry pour rembourser ta dette envers son père. Cesse de te torturer pour ça.

- Mais…

Elle posa un doigt sur ses lèvres pour le faire taire.

- Chut. Je te libère de ta dette envers moi. Et considère-toi libéré de celle envers James Potter. A présent, je veux juste finir mon Apprentissage avec toi, et prendre soin d'Amélie avec toi, si tu me le permets.

- L'Apprentissage… Notre lien a été rompu.

- Comment ça ? s'inquiéta Hermione.

- Normalement, ce lien est inaltérable, cependant si l'une des parties meurt avant l'examen, ce lien est rompu pour éviter que l'autre ne souffre de cette mort. Or, je suis mort pendant quelques secondes avant que tu me réanimes, n'est-ce pas ?

- Oui… Alors… Il faut procéder à un autre rituel ?

- Eh bien… Je ne sais pas. Ce cas ne s'est jamais produit auparavant. Quand quelqu'un meurt… c'était irréversible. Il faudra poser la question à Dumbledore.

Hermione hocha la tête, et s'appuya contre Severus à nouveau.

- Peu m'importe. Je veux juste finir mon Apprentissage… et vivre avec Amélie, et toi si tu m'acceptes dans ta vie.

- Si ce n'était pas le cas, tu ne serais pas ici. Hermione, quand comprendras-tu que tu m'es indispensable ?

La jeune fille s'écarta et examina l'homme dont elle était amoureuse. Severus était étrangement loquace ce soir. Jamais il ne lui avait manifesté ouvertement ses sentiments jusqu'à maintenant. L'homme dut deviner ses pensées car il sourit et entreprit de donner des explications.

- Hermione… Je suis mort aujourd'hui… Pendant quelques secondes, mais je suis bien passé de l'autre côté. Et j'ai subitement réalisé à quel point la vie est courte et fragile. J'ai eu le temps de réfléchir quand tu était dans la Grande Salle. Je veux vivre à présent.

- Vivre ? répéta-t-elle, emplie d'incompréhension.

- Je ne veux plus me cacher. J'ai envie de crier au monde entier que je t'aime.

- Mais…

- Je sais, interrompit-il. Tant que tu seras élève ici, nous ne dirons rien. Je ne veux pas compromettre ton avenir. Mais dès que tu seras diplômée, j'ai bien l'intention d'officialiser notre relation.

- Que veux-tu dire ? demanda-t-elle, effrayée malgré elle, par l'enthousiasme de Severus.

Il la regarda, soudain grave. Puis, sans prévenir, il s'agenouilla devant elle.

- Hermione Déméter Granger, veux-tu m'épouser ?

- Hermione resta sans voix. Une foule d'émotions se pressait en elle : la joie, l'étonnement, l'indécision, la peur, l'espoir…

- Je… Je ne sais que dire… C'est assez inattendu…

- Je te prends au dépourvu. Tu n'es pas obligée de répondre tout de suite. Et puis, il faut retrouver la famille d'Amélie. Nous ne pourrons pas la garder éternellement avec nous.

- Je t'avais dit que je m'en chargeais. Cependant, Amélie a été l'élément déclencheur de notre relation.

- Il est évident que sans elle, tu ne serais pas devenue mon Assistante. Mais sache que je ne te fais pas cette proposition à la légère. Je veux vraiment passer le temps qui me reste à vivre avec toi, Hermione. Et qui sait… avoir nos enfants…

- Tu parles comme si tu allais mourir d'un jour à l'autre.

- Nous sommes en guerre. Et je fais partie des cibles privilégiées. En cas de défaite, je serai parmi les premiers tués par le Seigneur des Ténèbres.

- Ne dis pas ça. Rien n'est encore joué.

Le silence retomba. La jeune fille était tourmentée. La question de Severus tournait dans sa tête. Elle l'aimait, de cela elle en était certaine. Alors pourquoi hésiter ? Etait-elle celle qu'il lu fallait ? Ils avaient vingt ans d'écart. Il était son Professeur, et son Maître de surcroît. Elle soupira.

- Sev…

Ne dis rien. Pas maintenant. Tu me donneras ta réponse quand tu seras prête, je ne te force à rien.

Elle hocha la tête. Encore une fois, elle se demandait comment un homme comme Severus pouvait receler tellement de facettes différentes. Un jour, il était froid et cruel, et le lendemain, il était tendre et charmant. Elle accueillit son baiser avec un soupir de contentement et lui autorisa l'accès quand il lécha sa lèvre inférieure. Elle lui donnerait sa réponse plus tard, pour l'instant, elle était occupée à autre chose.

………

Hermione ouvrit les yeux. Il ne faisait pas encore nuit, le dîner n'allait pas tarder à être servi dans la Grande Salle. Un coup d'œil à sa montre confirma son intuition, il était 18h45. Elle fit mine de se lever, mais un bras la retint dans le lit.

- Où vas-tu ?

- Je vais m'habiller. C'est l'heure du repas.

- Sommes-nous obligés d'y aller ? grommela Severus.

- Tu sais bien que oui. Dumbledore ne manquera pas de parler de ce qu'il s'est passé cet après-midi.

L'homme soupira.

- Tu as raison comme d'habitude.

- Je vais prendre une douche.

Une fois dans la salle de bains, elle gémit devant les dégâts. Ses cheveux étaient dans un désordre indescriptible, et Severus avait laissé tout un tas de marques sur son corps, dont un magnifique suçon sur son cou. Même le plus efficace des sortilèges de dissimulation ne le cacherait pas longtemps, d'autant qu'il faudrait le renouveler toutes les heures. Tant pis, elle porterait un col roulé pendant quelques jours. Elle prit une douche rapide, démêla ses cheveux avec un sort et revint dans la chambre. Severus s'était rhabillé et l'attendait sagement. Il sourit quand il vit la marque bien visible au-dessus du col du peignoir de bain. Hermione leva les yeux au ciel.

- Il n'y a pas de quoi être fier.

- Au contraire, mon cœur. Avant que tu n'ailles t'habiller, j'aimerai te donner ça.

Il lui tendit une petite boîte en velours vert. La couleur était délavée et le tissu était élimé par endroits, Hermione était intriguée. Elle l'ouvrit et en eut le souffle coupé. Sur un lit de satin noir, une bague en argent reposait, une émeraude ronde de taille moyenne était encadrée de deux diamants plus petits.

- Elle appartenait à ma mère. Je voudrais que tu la portes.

- Severus… c'est trop… Je ne t'ai pas donné ma réponse et…

- Peu importe. Ma mère m'a dit de la donner à la personne que mon cœur aura choisi. Et c'est toi, Hermione.

La Gryffondor contempla la bague, indécise. Elle était magnifique.

- Je ne peux pas la porter à mon doigt, on se poserait des questions.

Severus sourit.

- J'ai pensé à ça.

Il prit une fine chaîne en argent dans le tiroir de sa commode, et enfila la bague.

- Tu peux la porter comme ça, contre ton cœur.

- Tu as pensé à tout, n'est-ce pas ? soupira Hermione.

- Oui, et je n'aurai pas toléré un refus.

- Tu es trop sûr de toi, répliqua Hermione dans un doux sourire.

- Et c'est pour ça que tu m'aimes.

La jeune fille le laissa avoir le dernier mot, et alla s'habiller dans sa chambre. Elle choisit un pull à col roulé et mit sa robe de sorcier par-dessus. Puis elle sortit la bague et la contempla un moment. Elle était heureuse et flattée que Severus la considère comme la femme de sa vie, et elle n'était pas loin de se dire qu'il était l'homme qui lui fallait. Finalement, elle rangea la bague sous son pull et rejoignit Severus.

- Laissons Amélie dormir, annonça-t-il. J'ai posé un sort sur sa chambre qui m'avertira si elle se réveille.

- Oui, tu as bien fait. La journée a été difficile, et encore plus pour elle. Allons-y.

………

La Gazette avait sorti une édition spéciale du soir. La Grande Salle bruissait de conversations animées quand elle y pénétra. Severus était déjà installé, et elle alla s'asseoir avec ses amis. Le journal était ouvert devant eux.

- Tu es célèbre, Hermione, lança Ron.

- Je m'en doutais, vois-tu ! Que raconte le journal ?

- « L'Avada Kedavra enfin contré ! » lut Harry. « Cet après-midi, lors d'une sortie à Pré-au-Lard, quatre Mangemorts ont fait irruption et s'en sont pris au Professeur Severus Rogue, chargé de la sécurité des élèves. D'après les témoins, ils n'ont pas attaqué Harry Potter, également présent. Après un combat acharné, les quatre Mangemorts ont lancé en même temps le Sortilège mortel et transplanent. C'est à ce moment qu'Hermione Granger intervient. Celle-ci a déjà démontré son énorme intelligence et son immense talent qui ont maintes fois servi à sauver la vie de son meilleur ami, Harry Potter. Toujours d'après les témoins, elle s'est précipitée sur le corps du Professeur, en larmes, et découvrit son thorax. C'est là qu'elle a commencé à faire une chose très étrange : elle fit des pressions à l'endroit du cœur et à lui souffler dans la bouche. Son ami Harry Potter l'a vite rejointe et s'est joint à ses efforts. Leur manège dura environ vingt minutes et, contre toute attente, le Professeur toussa et se réveilla. Inutile de vous décrire la stupeur des villageois et des élèves témoins du miracle. Le Professeur Dumbledore a alors pris les choses en mains et a renvoyé tout le monde au château, fermant les grilles en même temps, empêchant les journalistes d'interroger Miss Granger. A la demande de la jeune fille, il s'est constitué porte-parole et a donné une conférence au Ministère, relatée en page 3 ».

Hermione soupira.

- Et dire que je n'ai écouté que mon instinct en sauvant le Professeur Rogue.

- Tu l'as sauvé de quatre Avada ! déclara Ron. Crois-tu que ça allait passer inaperçu ?

- Bien sûr que non ! Cependant, la technique n'est pas au point, moi-même, je considère que le retour à la vie du Professeur Rogue est un miracle !

Sur ces mots, elle se saisit du journal et lut le compte-rendu de la conférence donnée par le Directeur. Elle en résuma vite l'essentiel. De par ses origines moldues, elle avait tout simplement utilisé une technique de réanimation qui avait fait ses preuves dans le monde moldu. Cependant, la technique n'était pas encore très au point et présentait de nombreux inconvénients, dont la nécessité d'agir dans les secondes suivant la mort. Le Professeur Rogue avait eu la chance qu'Hermione se soit trouvée sur place, et devait la vie à sa vivacité d'esprit. De même, il annonçait que ni le Professeur Rogue, ni Miss Granger, ni Harry Potter ne souhaitaient donner d'interviews pour le moment, et qu'il se chargerait de transmettre leurs paroles si besoin était.

- Bon, nous avons un bref répit pour le moment, annonça Hermione.

- Et je ne vois strictement pas ce que je viens faire là-dedans, dit Harry.

- C'est simple, mon cher, se moqua Ron. Tu es le Survivant, tu as forcément ton mot à dire ! Et maintenant qu'Hermione a trouvé le moyen de contrer l'Avada, Voldemort est sûrement furieux, et les journalistes veulent avoir ton avis sur l'événement.

- Ils vont nous sauter dessus quand nous sortirons du Collège, constata Hermione.

- Il faudra bien les affronter un jour. On ne peut pas se terrer ici éternellement, énonça calmement Harry.

La jeune fille acquiesça. Puis elle regarda autour d'elle.

- Où est Ginny ?

- Elle a dit qu'elle avait mal à la tête, répondit Ron. Ses camarades de dortoir l'ont laissée dormir.

Hermione fronça les sourcils et regarda discrètement vers la table des Serpentard. Drago Malefoy était absent aussi. Mais si Ginny était dans son dortoir, alors il s'était passé quelque chose entre ces deux-là. Elle n'eut pas le temps de s'apesantir sur la question, le Directeur se leva et réclama le silence.

- Chers élèves, vous savez tous ce qu'il s'est passé cet après-midi à Pré-au-Lard. Je ne vous cache pas que le Ministère et les journalistes cherchent à contacter Miss Granger par n'importe quel moyen.

A ces mots, celle-ci eut une grimace.

- J'ai décidé de fermer les portes de Poudlard et de restreindre l'accès des gens du Ministère. Et je vous demanderai d'être vigilants. Si vous apercevez des personnes étrangères, avertissez directement un membre du corps professoral ou vos Préfets. De plus, j'ai appris que notre héroïne du jour avait proposé des stages d'initiation au sauvetage. Miss Granger, veuillez me rejoindre s'il vous plaît.

Intriguée, Hermione obéit, et grimpa sur l'estrade aux côtés de Dumbledore.

- Miss Granger, acceptez-vous d'enseigner cette technique aux élèves de l'école ?

Celle-ci sourit mais secoua la tête.

- Non, Professeur Dumbledore.

Des cris surpris s'élevèrent. Hermione leva la main.

- Laissez-moi finir. J'ai déjà énormément de travail, aussi je ne vois absolument pas où caser une nouvelle plage horaire dans mon emploi du temps. Ce que je propose par contre, c'est que tous les élèves d'ascendance moldue connaissant cette technique se portent volontaires pour l'enseigner à leurs condisciples, sous ma supervision. L'idéal serait des élèves de Septième et Sixième Année, qui prendraient en charge des groupes de cinq à six étudiants.

Aussitôt, une dizaine d'élèves, majoritairement des Pouffsouffle et Gryffondor, se levèrent. Hannah Abbott, Préfète de Pouffsouffle, prit la parole.

- Nous sommes volontaires. J'ai pris des cours de secourisme, et mes camarades aussi.

- Merci Hannah, sourit la Préfète-en-Chef. Je suggère que les élèves volontaires pour jouer les professeurs viennent me voir dans mon bureau après le repas. Demain matin, ceux intéressés pour apprendre seront priés de s'inscrire auprès des Préfets de leur Maison, qui me transmettront les listes. A partir de là, je constituerai les groupes de travail et les horaires. Professeur Dumbledore, pourriez-vous ouvrir des salles de classe inutilisées ?

- Bien entendu, Miss Granger, répondit Dumbledore avec un grand sourire.

Après le dîner, le bureau d'Hermione fut pratiquement pris d'assaut. Ron et Harry, qui l'accompagnaient, ignoraient que tant d'élèves connaissaient le secourisme. Il n'y avait pas que des Septième et Sixième Année, mais également des Cinquième Année qui se proposaient pour enseigner. Hermione décida de faire appel à ces derniers si ceux qui désiraient apprendre étaient trop nombreux. Ron, également Préfet, fut désigné volontaire pour aider son amie à prendre tous les noms. Harry, ne voulant pas gêner le travail des deux Préfets, regagna son dortoir. La journée avait été épuisante, et il n'aspirait plus qu'à trouver son lit.

………

Assis dans son trône, Harry lisait l'édition spéciale de la Gazette. Ainsi, cette Sang-de-Bourbe avait découvert un moyen de contrer l'Avada. Mais il y avait plus grave. Malefoy, Lestrange, Crabbe et Goyle avaient décidé d'agir de leur propre gré. Et cela, il ne pouvait le tolérer. Il les convoqua par le biais de la Marque. Harry comprit soudain qu'il était dans la tête de Voldemort. Et les quatre Mangemorts allaient passer un très mauvais quart d'heure. Ces derniers arrivèrent bien vite et s'agenouillèrent devant leur Maître. Voldemort leur jeta le journal aux pieds.

- Comment expliques-tu ceci, Lucius ? demanda-t-il d'une voix glaciale.

Harry put voir Malefoy blêmir le temps qu'il prenait connaissance de la nouvelle.

- Mm… Maître… Nous estimions judicieux de punir le traître…

- Endoloris !

Malefoy se tordit de douleur sur le sol.

- Et depuis quand punis-tu les traîtres à ma place ? J'aurai pu fermer les yeux sur cet acte d'insubordination si Severus était mort, mais vous avez échoué sur toute la ligne !

- Maître, protesta Bellatrix, Rogue s'est pris quatre Avada combinés ! Il est mort !

Visiblement, la Sang-de-Bourbe s'est encore montré ingénieuse. Une méthode moldue a réussi à contrer l'effet mortel de l'Avada.

- Pardon, Maître… gémit Lucius.

- Suffit ! Votre désobéissance ne me crée que des ennuis ! Avada Kedavra !

L'éclair vert jaillit. Harry se réveilla en sursaut, la cicatrice douloureuse.


Voilà ! Ne me tuez pas ! Le prochain chapitre est en cours d'écriture et s'intitule Interlude… en espérant qu'il sera moins long à venir ! Croisez les doigts pour moi !

Gros bisous à tous et à bientôt !