Bonjour tout le monde ! Tout d'abord, merci de garder vos tomates et œufs sur vous, et de me laisser m'expliquer sur mon long silence… Oui, enfin, ma dernière update remonte au 29 mai, c'est vous dire… Première raison : un manque total d'inspiration pour cette fic, qui m'a conduite à commencer une autre fic (qui sera sous peu en ligne, je pense).

Deuxième raison, et la plus importante : j'ai retrouvé du boulot. Eh oui, maintenant, je travaille et je finis ma journée à 18 heures… ce qui fait que j'ai pas forcément envie d'écrire quand je rentre ! Je bénis le mois d'août et surtout le 15 août, jour férié !

Ce chapitre est une sorte d'interlude dans la trame de l'histoire, où je mets au point les derniers détails avant de passer à la bataille finale, dans le chap 25. Comme vous l'aurez sans doute compris, la fic approche lentement mais sûrement de la fin, il reste encore trois-quatre chapitres à tout casser !

Un petit résumé tout de même pour vous éviter d'aller lire le chap précédent : lors d'une sortie à Pré-au-Lard, 4 Mangemorts attaquent Severus et le tuent. Hermione parvient à le réanimer en utilisant le bouche-à-bouche et le massage cardiaque. Cet exploit ne passe pas inaperçu, et elle devient rapidement une petite célébrité dans le monde sorcier. Severus de son côté, est de plus en plus amoureux d'elle et la demande en mariage. Harry fait un cauchemar qui risque d'entraîner beaucoup de questions…

Disclaimer : tout appartient à JKR, je ne gagne pas d'argent en écrivant cela… vous connaissez la suite !

Bonne lecture à tous !

Chapitre 24 : Interlude

Il n'était que 4 heures du matin, mais Harry savait pertinemment qu'il n'arriverait pas à se rendormir. Sa cicatrice le brûlait, il se leva pour se passer un peu d'eau sur le visage. Puis, il prit ses affaires dans l'espoir d'avancer un peu dans ses devoirs dans la Salle Commune. Mais il vit une tête aux cheveux roux dépasser du canapé. Il s'approcha, et entendit des sanglots. Il ne voulait pas être indiscret, mais en même temps, il ne pouvait pas laisser Ginny dans sa détresse. Tant pis, elle avait besoin d'aide. Il posa ses livres sur une table et s'assit à côté d'elle. Elle sursauta.

- Harry ? Qu'est-ce que tu fais debout ? demanda-t-elle en essuyant ses larmes.

- Je te retourne la question, Gin. Et si tu veux tout savoir, la séance de torture de Voldemort m'a ôté toute envie de dormir.

- Tu étais encore dans sa tête ?

- Oui. Il a tué les quatre Mangemorts qui ont attaqué Rogue. Malefoy, Lestrange, Crabbe et Goyle. Ils sont passé de vie à trépas la nuit dernière.

Ginny se renfrogna.

- Malefoy est mort. Je me demande ce qu'il va en penser.

- Tu parles d'un Serpentard de notre connaissance ?

Elle hocha la tête.

- Ce ne serait pas lui, ton petit-ami mystérieux ?

- Il n'est plus mon petit-ami. Nous nous sommes disputés hier après-midi. Comment le sais-tu ?

- Rien qu'à voir la façon dont tu réagissais, ça me semblait évident. C'est pour ça que tu pleures ?

- Je sais que je ne devrais pas me mettre dans un tel état. Hermione m'avait prévenue. Mais je ne peux pas m'empêcher d'être malheureuse. Si tu savais comme ça fait mal d'être rejetée ainsi. Il a parlé de rejoindre son Maître…

- Il déchantera vite quand il apprendra que son Maître adoré a tué son père. Voldemort était furieux, autant contre ses sbires que contre Hermione.

- Au train où vont les choses, Hermione va finir Ministre de la Magie.

- Je ne crois pas qu'elle vise ce poste. Elle est ambitieuse c'est vrai, mais elle reste passionnée par les études et la recherche.

- Pourtant, toi et Hermione, êtes les seules personnes que j'aimerai voir à la place de Fudge.

Le silence s'installa un moment, puis Harry s'aperçut que Ginny s'était endormie. Il l'allongea doucement et la couvrit. Puis, il s'installa à table et commença ses devoirs.

Il avait terminé son devoir de Métamorphoses quand il réalisa qu'il était 8h30. Il s'approcha de Ginny et la réveilla doucement.

- Gin ?

- Mmm… Harry ?

- Il est 8h30.

- Il est tôt.

- Même si on est dimanche, il y a des matinaux, qui risquent de se demander pourquoi tu as dormi sur le canapé.

Ginny fit la grimace. Puis elle se redressa.

- Tu as raison. Je vais aller prendre une douche. Et toi, tu devrais aller prévenir Dumbledore.

- Je sais. Je comptais y aller après t'avoir réveillée.

- Franchement, Harry, trouve-toi une petite-amie. Tu feras une heureuse.

Il eut un petit sourire.

- Les filles ne m'intéressent pas.

- On va vraiment finir par croire que tu es gay.

- Je veux juste qu'on me laisse tranquille.

Puis, le jeune homme quitta la Salle Commune et prit la direction du bureau du Directeur.

………

Quand Severus ouvrit les yeux, il vit Hermione, adossée à ses oreillers, perdue dans la contemplation de la bague. Le bijou était tout simple, et l'émeraude était à peine plus grosse que les deux diamants. La jeune femme la tournait et la retournait entre ses doigts, et finalement la glissa à son annulaire gauche. Aussitôt, la bague s'ajusta magiquement à sa taille. Hermione leva sa main devant elle et jugea de l'effet produit.

- Elle te va bien, murmura Severus.

- Tu es réveillé, constata-t-elle sur le même ton.

- Le vert et l'argent te vont bien. Tu devrais les porter plus souvent.

- Arborer les couleurs de Serpentard ? Alors que je suis Préfète-en-Chef de Gryffondor ? Tu veux ma mort ?

- J'aurais essayé, soupira-t-il en souriant. Quelle heure est-il ?

- Bientôt 9 heures. Je ne me suis jamais levée si tard.

- Tu as veillé tard hier.

- J'ignorais que nous aurions tant de volontaires pour enseigner le secourisme. Et ce n'est pas fini. Aujourd'hui, je vais recueillir des noms des personnes intéressées pour apprendre.

- Demande l'aide de Malefoy. Cela fait partie de ses responsabilités.

Hermione lui adressa un regard sceptique.

- Ces nouveaux cours sont mon initiative. Et Malefoy n'a pas encore décidé de quel côté se ranger. Je préfère compter sur les autres Préfets et mes amis.

- Comme tu voudras.

- En attendant, je ne sais pas comme je vais réussir à tout concilier : Amélie, mes devoirs, les révisions, l'Apprentissage, mes responsabilités d'Assistante et de Préfète…

- On peut confier Amélie à tes amis, et je peux me passer de ton aide pour mes cours. Concentre-toi sur les études. Quant à l'Apprentissage, tu apprends tellement vite que tu auras bientôt fini. Tu maîtrises l'Occlumencie et la Légilimencie, ainsi que quelques sorts non négligeables de Magie Noire. Tu n'es pas loin de maîtriser la Magie sans baguette, et tu as un niveau supérieur à tous tes camarades en Potions. A mon avis, Dumbledore te fera bientôt passer l'examen.

- Si tu le dis. Je ne suis pas très sûre de moi. J'ai toujours l'impression que j'ai encore beaucoup à apprendre.

- C'est bien de viser l'excellence, mais n'en fais pas une obsession.

- Et concernant Harry et Ron ?

- Ils connaissent quelques sorts utiles dans un combat contre des Mangemorts, et Potter maîtrise déjà la magie sans baguette. Weasley n'est pas loin derrière. Il est du même niveau que toi.

- Cela me rassure un peu.

A ce moment, on frappa à la porte de leurs appartements. Hermione se leva.

- Je vais aller voir.

Elle enfila une robe de chambre et sortit de la pièce.

………

Harry avait averti Dumbledore. Celui-ci n'avait pas semblé inquiet outre mesure, et n'avait même pas été surpris de l'acte de Voldemort. Cependant, il avait conseillé à Harry d'aller en avertir le Maître des Potions. S'il n'en avait pas été enchanté, il savait qu'Hermione serait présente. Ce fut celle-ci en robe de chambre qui lui ouvrit. Il haussa un sourcil en découvrant une marque pourpre bien visible sur son cou et une bague à son doigt quand elle voulut dissimuler la marque. Il eut un sourire moqueur.

- Eh bien… On dirait qu'être passé près de la mort a réveillé ses instincts…

- Harry ! protesta-t-elle gênée.

- Heureusement que ce n'est que moi ! Imagine si ça avait été Dumbledore…

Hermione s'empourpra. Elle avait complètement oublié son apparence.

- Jolie bague. Je suppose que des félicitations s'imposent.

- Je n'ai pas encore donné ma réponse, mais il m'a… ordonné de garder la bague. Mais entre donc. Tu dois avoir quelque chose à me dire.

- Pas à toi, mais à ton futur mari.

- Je n'ai pas encore…

- Et tu en doutes encore ? Voyons, ça crève les yeux que vous êtes amoureux fous l'un de l'autre. Dis-lui oui, on se demande ce que tu attends.

- Etait-ce si visible que ça ? se demanda Hermione. Mais Severus, déjà habillé, pénétra dans la pièce.

- Cessez d'importuner Hermione, Potter, et dites-nous ce qui vous amène un dimanche matin.

- Un cauchemar. Dumbledore est déjà au courant, et il m'a conseillé de vous mettre au courant.

- Encore lui ? Le mot « Occlumencie » évoque-t-il quelque chose pour vous ? demanda Severus de mauvaise humeur.

- Il n'en reste pas moins que j'apprends des choses utiles sur notre ennemi.

- Sauf quand il décide de vous tendre un piège !

- Severus, Harry, ça suffit ! coupa Hermione, désireuse de ne pas envenimer la situation. Harry, dis-nous ce que Voldemort a fait.

Le Survivant inspira profondément plusieurs fois.

- Il a appris l'attaque de la veille, et ton sauvetage. Il était furieux contre Malefoy, Lestrange, Crabbe et Goyle. Il les a tués.

- Il a supprimé quatre de ses Mangemorts les plus efficaces ? sursauta Severus. C'est insensé !

- Je doute qu'il s'agisse d'un piège, cette fois, raisonna Hermione, soucieuse. Mais pourquoi avoir fait ça ? Voldemort n'est pas du genre à agir si impulsivement.

- Je peux t'assurer qu'il était hors de lui, notamment parce que tu as découvert un moyen de neutraliser l'Avada, bien que ce soit imparfait. La question qui se pose maintenant, c'est si Voldemort va rendre ces exécutions publiques.

- Il n'y qu'un moyen de le savoir : la Gazette.

- Ce serait idiot de sa part, interrompit Severus. Les forces du Seigneur ne sont plus ce qu'elles étaient, et il vient d'éliminer les plus dangereux et les plus forts. Si la mort de ses lieutenants est connue, il révèle l'affaiblissement de ses troupes, ce qui n'est pas en sa faveur.

- Alors, il a quelque chose derrière la tête, conclut Hermione.

- Ils restèrent silencieux, quand Harry sentit quelque chose qui tirait sur sa robe. Il baissa les yeux et vit Amélie. Il la souleva dans ses bras.

- Bonjour mon cœur ! Tu as bien dormi ?

- Oui ! Tu veux bien me raconter la suite de ton histoire ?

- Pas tout de suite, mais cet après-midi si tu veux !

Hermione rit.

- La suite des aventures du grand Harry Potter ! Tu ne risques pas d'être à court d'inspiration !

- Mais non Maman ! protesta l'enfant. Le héros, il s'appelle James !

- Oui, j'avais oublié, rit-elle.

Harry s'adressa au Professeur Rogue.

- J'aimerai parler à Hermione en privé, si vous le permettez.

Severus hocha la tête, et prit Amélie pour aller l'habiller dans sa chambre. Quelques instants plus tard, Amélie était dûment coiffée et habillée, et courut embrasser sa mère.

- Hermione, on se retrouve dans la Grande Salle.

Elle hocha la tête, et il les laissa seuls.

- Je vais m'habiller dans ma chambre, mais je laisse ma porte ouverte pour que tu puisses me parler.

- OK.

Harry s'adossa au mur à côté de la porte pour laisser son amie s'habiller.

- Quand je me suis réveillé ce matin, à 4 heures, j'ai trouvé Ginny dans notre Salle Commune en train de pleurer. Elle s'est disputée avec Malefoy.

- Ah, tu es au courant. J'ai déjà eu des soupçons hier soir quand Ron a dit que Ginny était dans son dortoir. Malefoy était absent hier au dîner, j'ai pensé qu'ils s'étaient disputés.

- Tu sais à quel propos ?

- Malefoy n'a pas encore décidé de son camp, mais il parle encore de rejoindre son Maître.

- Il ne sait pas que son père a été tué par son cher Maître. Ce serait intéressant d'observer sa réaction.

- C'est ce que je pense.

Hermione reparut, habillée de pied en cape, un foulard en tissu autour du cou. Elle avait également rangé sa bague. Harry haussa un sourcil.

- A mon avis, ce foulard va enflamment les imaginations. Il est trop innocent.

- Je n'ai pas d'autre solution, un Sortilège de Dissimulation devrait être renouvelé toutes les heures.

- Tu as pensé au fond de teint ?

Hermione fixa son ami, interloquée.

- Non, je n'y ai pas pensé. Mais une telle suggestion venant de toi…

- Ginny m'a proposé cette solution pour camoufler ma cicatrice. Elle m'a dit que les poudres magiques sont plus efficaces que les poudres moldues. Je n'y connais rien, mais je suppose que ce doit être vrai.

- Eh bien, j'irai lui emprunter sa poudre. Je n'ai pas de maquillage dans mes affaires.

- Et moi qui croyais que toutes les filles dignes de ce nom se devaient d'avoir au moins une boîte de poudre dans leurs affaires !

- J'arrive pas à croire que je parle maquillage avec mon meilleur ami…

Ils se rendirent dans la Grande Salle, où les conversations bruissaient joyeusement. La quasi-totalité de Poudlard se trouvait là, et apparemment, la Gazette n'était pas encore arrivée. Celle-ci était toujours livrée aux environs de 10 heures le dimanche. Au moment où Harry et Hermione s'assirent, une multitude de hiboux pénétrèrent dans la Salle. En plus du journal, la jeune Sorcière recevait aussi plusieurs lettres, la plupart venant des Weasley qui avaient appris son exploit la veille. Ils la félicitaient chaleureusement qu'elle ait sauvé la vie d'un membre important de l'Ordre. Mais l'événement du jour était sans aucun doute le titre de la Gazette. « Quatre Mangemorts assassinés ! » Hermione mit ses lettres de côté pour se concentrer sur la lecture de Harry.

- « Très tôt ce matin, les corps de quatre Mangemorts ont été retrouvés dans une ruelle de l'Allée des Embrumes. Selon l'Auror Shacklebolt, il s'agit de Lucius Malefoy, Bellatrix Lestrange, Brutus Crabbe et Rufus Goyle. L'enquête préliminaire montre qu'ils ont été touchés par le Sortilège mortel. Il semblerait que ces Mangemorts soient les responsables de l'attaque hier du Professeur Rogue, sauvé par l'élève Hermione Granger. La première hypothèse avancée serait que Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom aurait été furieux de l'échec de la mission, et dans sa rage, se serait débarrassé de ses sbires. Et hélas pour eux, il n'y a personne sur place qui aurait pu les sauver comme l'aurait fait Miss Granger. »

La table des Serpentard était comme foudroyée. Vincent Crabbe et Gregory Goyle ne semblaient pas encore avoir réalisé que leurs pères étaient morts. Drago Malefoy était encore absent. Les élèves des autres Maisons chuchotaient entre eux, et le trio de Gryffondor réfléchissait.

- Ça ne rime à rien, déclara Ron. Pourquoi a-t-il éliminé ses quatre meilleurs éléments ?

- Il était furieux, vraiment hors de lui, murmura Harry.

- Je crois savoir pourquoi, intervint calmement Pansy.

Ils tournèrent leur attention sur la Serpentard.

- Depuis quelque temps, ces quatre-là lui créent de plus en plus problèmes. Malefoy, devenu le bras droit du Maître se croit tout permis, et ses échecs répétés usent la patience du Seigneur. Cette attaque hier a dû être la goutte d'eau qui fait déborder le vas. Il les a tués pour pouvoir les remplacer par des jeunes recrues plus malléables, et je suis certaine qu'il a jeté son dévolu sur les fils de ses victimes.

- A savoir Malefoy, Crabbe et Goyle junior, conclut Harry.

A ce moment, le Prince des Serpentard pénétra dans la Salle. Tout le monde se tut et riva son regard sur lui. Conscient de cette soudaine attention, Drago Malefoy haussa un sourcil et s'assit à côté de Blaise Zabini. Celui-ci lui tendit le journal sans rien dire, blême. Drago jeta un coup d'œil au titre et pâlit brutalement. Ses mains se crispèrent sur le quotidien et il marmonna un juron avant de se relever et de quitter la Salle à grands pas rageurs.

Hermione et Harry regardèrent Severus qui comprit le message. Il confia Amélie au Directeur, lui murmura quelques mots et sortit par la porte du fond.

………

Severus rattrapa vite son élève.

- Puis-je vous voir un instant, Malefoy ?

Drago soupira et hocha la tête. Contrairement à ses habitudes, Severus l'emmena dans ses appartements au lieu de son bureau. Aujourd'hui, Drago avait besoin de parler à son parrain, pas à son Professeur. Severus lui offrit une tasse de thé et des biscuits, étant donné qu'il n'avait pas pu prendre son petit-déjeuner.

- Pourquoi a-t-il fait ça ? demanda Drago.

- Le Maître avait ses raisons. Drago, je pense qu'il va bientôt te contacter…

- Pour remplacer mon père ? Comment peut-il penser que j'ai la moindre envie de servir l'assassin de mon père ?

- Dois-je comprendre que tu n'as plus l'intention d'entrer à son service ?

Drago hésita.

- En fait… je n'ai jamais été sûr de devenir Mangemort, et encore moins depuis que j'ai appris certaines choses… Voldemort est-il vraiment un Sang-Mêlé ?

Severus sursauta. Comment diable Drago avait-il appris cela ? Rien ne servait de cacher la vérité, à présent.

- Il s'appelle en réalité Tom Elvis Jedusor, et son père était un moldu, alors que sa mère était une descendante de Salazar Serpentard. Il a toujours renié ses origines moldues et tué son propre père.

- Je vois, souffla Drago. Severus, tu étais un Mangemort, et un traître. Comment se fait-il que tu sois toujours en vie ?

- Les réponses à tes questions sont secrètes, mais je vais te les révéler. J'espère juste que mon filleul ne s'en servira pas pour provoquer ma mort.

- Je te le jure sur mon sang.

- Bien. L'année dernière, Remus Lupin a été enlevé.

- Lupin ? Le Loup-Garou ?

- Lui-même. J'ai découvert que Bellatrix Lestrange avait profité de sa faiblesse due à la pleine lune pour le capturer. Profitant de ma position de bras droit du Seigneur, j'ai tenté de le libérer. Mais ça s'est mal passé. Bellatrix n'avait pas confiance en moi et m'avait fait surveiller à mon insu. Ma couverture a volé en éclats et il s'en est fallu de très peu pour que je meure, et Lupin avec moi. J'ai été sauvé par l'Ordre du Phoenix.

- Ta couverture ?

- J'espionnais le Seigneur pour le compte de Dumbledore et l'Ordre du Phoenix. Depuis, je me soustrais à l'influence du Lord en restant ici à Poudlard.

Drago s'adossa à sa chaise. Severus lui laissa le temps de digérer ces révélations. Et cela ne sera pas facile. Puis, il reprit.

- Drago, il faut que tu choisisses ton camp. Le jour approche, et il ne te sera pas possible de rester neutre.

- En gros, c'est avec ou contre Potter.

- Oui.

- Tout cela ne me plaît guère.

- Il ne s'agit pas seulement de Potter, mais de la liberté. Si le Seigneur gagne, la liberté se réduira à une utopie. Malheureusement, il semblerait que Potter soit le seul à vaincre Voldemort.

- Est-il prêt pour cela ?

Severus ne répondit pas. Potter n'était pas prêt. Mais il était puissant. Restait à prier que la chance soit de leur côté…

………

Hermione récupéra Amélie des bras du Directeur et la confia aux bons soins de Harry et Ron, et décida d'aller voir Ginny. Elle monta dans le dortoir et bloqua la porte pour ne pas être dérangée. Puis, elle s'approcha du lit aux tentures fermées. Elle écarta lentement les rideaux. Ginny lui tournait le dos.

- Ginny…

- Laisse-moi Mione.

- Non, nous devons parler. Harry m'a dit que tu es au courant pour la mort de Lucius Malefoy.

- Oui, il me l'a dit ce matin.

- J'ai aussi appris que tu t'étais disputée avec Malefoy. Tu devrais aller le voir.

- A quoi bon ? Il veut rejoindre Voldemort.

- Rejoindre le meurtrier de son père ? Tu veux rire ? Severus parle avec lui, mais il n'en reste pas moins que son père est mort. C'est un Malefoy, il ne montrera jamais son désarroi ou sa tristesse. Mais si tu es à ses côtés, peut-être que…

- Non. Il m'a dit des choses horribles. Il m'a insultée, s'est moqué de moi et de mes sentiments. Je ne ferai pas le premier pas.

- Il ne le fera pas non plus.

- Alors tant pis. Je n'ai pas envie de m'offrir en spectacle, et de dépendre de son bon vouloir. J'ai ma dignité !

- Hermione dut convenir qu'elle avait raison. Il ne servait à rien d'essayer de la raisonner.

- Bon, OK, ne t'énerve pas.

Ginny soupira et se retourna enfin.

- Parlons d'autre chose. Les journaux ont appris la nouvelle comment ?

- Les quatre corps ont été trouvés dans l'Allée des Embrumes. On n'en sait pas plus. Laissons les choses se dérouler maintenant. J'ai une dernière question…

Elle hésita, embarrassée.

- Oui ? encouragea Ginny.

- Est-ce que aurais du fond de teint ? lança la brune d'une traite.

Ginny ouvrit de grands yeux ronds.

- Par Merlin, Hermione Granger me demande du fond de teint ! Et pourquoi faire je te prie ?

- A ton avis ? Je dois masquer…

- Une marque indésirable ? taquina la rousse.

Avec un soupir, Hermione enleva son foulard. Ginny émit un sifflement.

- Wouah… Ton amant doit être sacrément passionné ! Je me demande où tu trouves le temps de batifoler avec ton copain avec toutes tes…

Ginny s'interrompit, la bouche ouverte.

- Rogue…

Hermione gémit, et hocha la tête.

- J'arrive pas à y croire ! C'est lui ! Quelqu'un d'autre est au courant ?

- Harry… Amélie n'a pas la langue dans sa poche.

- C'est aussi à cause d'elle que tu as découvert pour Drago et moi. Hermione, être avec Rogue n'est pas ce que tu as fait de plus intelligent. Il est adorable avec la petite, mais… ça ne peut pas être sérieux. Il a 20 ans de plus que toi…

- Il m'a demandée en mariage.

Ginny resta bouche bée. Hermione lui montra sa bague.

- C'est… plus sérieux que je ne le pensais. Tu as répondu ?

- Pas encore. Mais il insiste pour que je garde la bague. Elle appartenait à sa mère, et elle doit revenir à celle qu'il aime. Quelle que soit ma réponse, il veut que je porte cette bague. Il a failli mourir hier, et cela a changé sa manière de voir la vie. Il ne veut plus se cacher. Dès que Voldemort sera défait, il veut se marier et fonder une famille avec moi.

Ginny resta silencieuse un moment.

- J'avoue que j'ai désapprouvé son attitude, mais Rogue a l'air d'être fou amoureux de toi. Si tu es heureuse avec lui, alors fonce. Peu importe ce que disent les gens. Et je serai la première à prendre ta défense. Bon, maintenant, viens par là que je cache cette marque dans ton cou.

Elle installa Hermione devant une coiffeuse et prit une boîte de poudre.

- Ce qui est bien avec le fond de teint magique, c'est que tu n'as pas besoin d'en mettre des tonnes. Il prend automatiquement la couleur de ta peau en cachant les imperfections. Et il ne tache pas les vêtements.

- Je n'y connais absolument rien en maquillage. Et j'avoue que je n'écoutais pas les conversations de Lavande et Parvati.

- Tu aurais dû, elle en connaissent un rayon. Et puis, avec ta beauté naturelle, un peu de gloss ou du mascara seraient du plus bel effet.

- Je ne sais pas…

- Essayons pour aujourd'hui. On verra ce qu'en dit ton Severus.

Hermione renonça à protester. Ginny avait besoin de s'occuper l'esprit, et elle aimait bien l'idée de se faire maquiller. La jeune fille lui dessina un fin trait de khôl noir sur la paupière, puis appliqua un très léger voile de fard rose pour finir avec un peu de mascara. Pour terminer, elle déposa une fine couche de gloss brillant au goût de pêche.

- Voilà, tu es jolie comme un cœur.

Hermione dut convenir que cela lui allait bien.

- Merci Ginny, mais je ne vois pas l'intérêt de me maquiller à l'école.

- Si tu te mettais plus en valeur, tu attirerais les regards des garçons…

- Alors oublie ça, Severus n'apprécierait pas.

- Mais c'est que notre Professeur de Potions est jaloux en plus ! rit la rousse. Sortons d'ici. J'ai hâte de voir comment vont réagir les garçons. Mais avant, je t'offre cette boîte de fond de teint.

- Mais… tu en auras besoin, non ?

- J'en ai une autre, t'inquiète.

Elles descendirent dans la Salle Commune. Ron essayait d'apprendre à Amélie à jouer aux échecs.

- La Tour se déplace toujours en ligne droite. Tu vois ?

- Oh là là, Ron, intervint Hermione, tu ne crois pas qu'elle est trop jeune pour ça ?

- Non, puisque j'ai appris à jouer au même âge avec notre grand-père. Tu te souviens Gin ?

- Je me souviens. Il m'a aussi appris à jouer, mais je n'ai jamais réussi à devenir aussi douée que toi.

Ron regarda Hermione plus attentivement.

- Tu as changé Mione.

- Ah, et en quoi ?

- Je ne sais pas… Tu as l'air plus jolie qu'avant.

- Ça veut dire qu'il te trouvait laide avant, traduisit Ginny avec un sourire.

- Hé, mais non ! C'est pas vrai ! Tu as toujours été très belle, Mione !

- Elle te taquine, apaisa la Préfète. Mais merci du compliment, il me va droit au cœur.

Pansy et Harry s'approchèrent. Celui-ci aidait la Serpentard sur un devoir en DCFM.

- De quoi parliez-vous ? demanda-t-il.

- De la beauté d'Hermione, répondit Ron.

Pansy la regarda, surprise.

- Tu t'es maquillée ?

- Ah, je savais bien qu'il y avait un changement ! s'écria le roux.

Sa sœur lui décocha un regard moqueur.

- Les hommes sont incapables de détecter le moindre changement chez une femme. Ça en devient désespérant.

- A qui le dis-tu ? renchérit Pansy. En tout cas, cela te va très bien Hermione.

- Merci. Maintenant, veuillez m'excuser, mais mes devoirs de Préfète m'appellent.

- Ah oui, réalisa Ron. Les cours de secourisme. Tu veux de l'aide ?

- Volontiers. Merci.

- Eh bien, nous sommes les premiers inscrits à tes cours. Et je suis Préfet moi aussi.

- Tu prends enfin tes devoirs au sérieux ! Ginny, Pansy, je vous confie Amélie.

- Compte sur nous !

………

Quand Hermione confia Amélie à Severus en début d'après-midi, il resta interloqué devant sa métamorphose.

- Tu… Tu es très belle ainsi.

- Merci. Ginny a insisté pour me maquiller. J'avoue que ce n'est pas déplaisant d'être devenu le centre d'attention des garçons de Poudlard.

Celui-ci n'apprécia pas la remarque, mais n'en laissa rien paraître.

- Bien sûr. Tu es jeune, tu…

- Severus. Ne joue pas la comédie avec moi.

- Hermione, tu as 17 ans, et toute la vie devant toi. Je comprendrais que tu puisses être flattée par l'attention que te portent les autres garçons.

- Flattée, certes, mais pas le moins du monde intéressée. La seule opinion qui m'importe est la tienne. J'ai eu une conversation avec Ginny ce matin, et elle m'a fait réaliser une chose. Pendant qu'elle me maquillait, j'ai subitement pensé que je veux te plaire, et je veux que tu me regardes ainsi jusqu'à la fin de mes jours. Je t'aime Severus, et j'accepte de t'épouser.

La joie envahit le cœur de Severus. Il serra Hermione dans ses bras.

- Tu viens de faire de moi l'homme le plus heureux de la terre.

Leurs lèvres se joignirent dans un baiser passionné. Quand ils se séparèrent, Severus fronçait les sourcils de perplexité. Hermione éclata de rire.

- Tu n'as pas aimé le goût du gloss ?

- C'est de la pêche ?

- Oui. Il existe plusieurs arômes et Ginny m'a appliqué celui à la pêche.

- Je crois que je vais t'offrir du gloss aromatisé alors…

Ils s'embrassèrent à nouveau. Severus était heureux. La femme qu'il aimait l'aimait en retour, et elle avait des lèvres délicieusement sucrées….

………

Hermione avait instauré des cours de secourisme le samedi après-midi, et même si elle n'enseignait pas, elle assurait la gestion des groupes et des « Professeurs », c'est-à-dire des élèves volontaires pour enseigner. Ces cours avaient énormément de succès, et Pansy avait même réussi à enrôler quelques Serpentard favorables à leur cause. La quasi-totalité des élèves avaient souhaité s'inscrire, et Hermione dut recourir aux élèves de Cinquième Année comme Professeurs supplémentaires. Personne ne se plaignait de ce cours supplémentaire et le Directeur et les Professeurs étaient enchantés de constater la réussite de la Préfète-en-Chef.

Ginny oublia un peu ses problèmes et se concentra sur ses cours. Mais elle éprouva le besoin de prendre l'air et monta sur la Tour d'Astronomie, où elle savait qu'il ferait un peu plus frais que dans le Parc. Elle avait déboutonné les premiers boutons de son chemisier et laissé sa robe dans sa chambre, décidée à oublier un peu tout ce qui lui rappelait l'école et les cours. Elle eut la mauvaise surprise d'y trouver Malefoy. Leurs regards se croisèrent, et elle résista à la tentation de se jeter dans les bras. Elle s'apprêtait d'ailleurs à rebrousser chemin quand la voix de Malefoy s'éleva.

- Non, attends.

Elle se retourna, les bras croisés sur sa poitrine, l'air impassible.

- Qu'est-ce que tu veux,

- Je suppose que tu sais, pour mon père.

- Oui, je le sais. De la bouche-même de Harry. Il a vu la mort de ton père en direct.

- Ah, sa fameuse connexion au Maître…

- Si tu veux me parler de ton Maître, tu perds ton temps. Va donc rejoindre le meurtrier de ton père, puisque tu l'aimes tant.

- Comment peux-tu penser ça ? Ecoute, Ginny, j'ai des raisons de penser qu'il veut que je remplace mon père à ses côtés.

- Pourquoi me dis-tu tout ça ?

- Peut-être parce que j'ai personne d'autre à qui en parler.

- Oh, vraiment. Je crois savoir que tu en as parlé à ton cher parrain Severus Rogue. Ecoute, n'espère pas de compassion de ma part. Dois-je te rappeler tes propres paroles ? Il n'y a jamais rien eu entre nous, tu ne m'as jamais rien promis.

- Ginny…

Elle pleurait à présent. Au diable la dignité. Tout ce qu'elle avait sur le cœur devait sortir.

- Tu m'as brisé le cœur, tu as joué avec mes sentiments. C'est toi qui l'as voulu, tout est terminé entre nous. Tout ce que je veux à présent, c'est aider Harry à vaincre Voldemort, afin que tu voies enfin que ton cher Maître n'est pas invincible. Je m'étonne que tu n'aies pas encore rejoint ses rangs. Qu'attends-tu pour quitter l'école ?

- Je n'ai pas encore décidé…

- Le temps n'est plus à l'hésitation, Drago Malefoy. Choisis ton camp. Celui de Harry, ton ennemi, ou celui de Voldemort, le meurtrier de ton père. Quel choix cornélien ! Je te souhaite bien du plaisir, je ne suis plus concernée par tes actes.

Sur ces mots durs, elle quitta la Tour. Drago, resté seul, murmura pour lui-même.

- Tu te trompes Ginny, car je vais faire ce choix pour toi…

Peu après, il se dirigeait vers le bureau de Dumbledore.

………

Les examens approchaient, et Hermione se sentait de plus en plus stressée. Elle était débordée, et elle était certaines qu'elle n'aurait jamais le temps de tout réviser. Severus supportait ses crises de panique stoïquement et lui préparait un philtre apaisant pour qu'elle puisse dormir tranquillement sans cauchemar. Il se chargeait d'Amélie à sa place, et l'avait déchargée d'une partie de ses responsabilités. Cela n'empêcha pas Dumbledore de la convoquer un soir dans son bureau, en présence de McGonagall et Severus.

- Comment vous en sortez-vous en ce moment, Miss Granger ? demanda-t-il avec bienveillance.

- Bien, je crois. J'ai beaucoup de travail, mais j'arrive à m'organiser. Les cours de secourisme ont pris fin il y a quelques jours, et la majorité des élèves de Poudlard maîtrisent le processus. Maintenant, tout le monde se concentre sur les examens de fin d'année. Je peux vous faire un rapport sur…

- Cela ne sera pas nécessaire. Et comment se déroule votre Apprentissage ?

Elle jeta un discret coup d'œil à Severus, qui hocha la tête.

- Bien. Le Professeur Rogue m'a appris tout son art, et je m'entraîne régulièrement avec lui. Je pense pouvoir dire que l'Apprentissage est en bonne voie.

- Pensez-vous être prête à subir l'examen ?

Hermione écarquilla les yeux.

- C'est-à-dire que…

Aussitôt, elle sentit une attaque de Légilimencie contre ses barrières, provenant de Dumbledore. Elle sourit.

- Inutile de m'attaquer, Maître. J'ai travaillé dur sur ces barrières. Même Maître Rogue n'arrive pas à les ébranler.

- Alors voyons si tu arrives à résister à cela, Disciple Hermione.

En quelques fractions de seconde, les meubles de bureau disparurent et les Maîtres Dumbledore, McGonagall et Rogue entourèrent la Disciple. Dumbledore lança un sortilège de Magie Noire d'un simple geste de la main et Hermione dut le bloquer ; elle comprit qu'elle n'aurait pas l'occasion de dégainer sa baguette. Les sortilèges s'enchaînaient sans répit, elle dut les bloquer, les esquiver ou les renvoyer sur l'expéditeur. Les trois Maîtres l'attaquaient en même temps, et Dumbledore et Rogue tentaient en même temps de percer ses barrières mentales. Il ne s'agissait pas de gagner, mais de les mettre en difficulté, au moins l'un des trois. McGonagall enchaînait les sorts les plus vicieux d'attaque, même si ce n'était pas de la Magie Noire, elle n'eut pas de mal à répliquer. Ses barrières mentales étaient solidement en place et ses boucliers anti-Magie Noire tenaient bon. Mais les Maîtres l'encerclaient, et elle savait qu'elle ne tiendrait pas éternellement ainsi. Un Sortilège de Lacération la toucha au bras et elle cria de douleur, le sang coulant abondamment. Déconcentrée, elle ne vit pas tout de suite qu'ils l'entouraient. Elle entendit vaguement trois sorts lancés simultanément, et elle se transforma en phoenix pour s'évader par la voie des airs. La douleur s'estompa pendant qu'elle était sous forme animale et elle fonça en piqué sur le Maître McGonagall pour l'attaquer de ses serres. Celle-ci se métamorphosa en lionne et tenta de la griffer, mais le phoenix esquiva. D'un coup d'aile, elle fit jaillir des flammes qui forcèrent Maître Dumbledore à conjurer un bouclier d'urgence, mais elle réussit à lui brûler la main. McGonagall, blessée au flanc, s'était retirée du combat, et Dumbledore, avec sa main brûlée n'était plus en mesure de lancer des sorts correctement.

Elle reprit forme humaine devant les trois Maîtres.

- Beau combat, déclara Dumbledore.

- Merci. Vous m'avez prise par surprise. Etait-ce un simple contrôle ou l'examen ?

- C'était l'examen en lui-même. Maître Severus m'avait averti que vous étiez prête. Et vous avez réussi à blesser deux d'entre nous. Félicitations, Maître Hermione.

Elle ressentit une bouffée de joie, ainsi que de la satisfaction. Elle était enfin parvenue à son but.

- Cependant, même si vous êtes parvenue au rang de Maître, il vous faudra encore beaucoup travailler et étudier par vous-même pour être au maximum de vos capacités.

- J'en suis tout à fait consciente. Mais vous me connaissez, cette recommandation est inutile.

- Encore toutes mes félicitations. Vos barrières sont terriblement efficaces, et vos réflexes sont surprenants. Puis-je néanmoins vous poser une dernière question ?

- Faites.

- Pourquoi n'avez-vous pas attaqué Maître Severus ?

- Justement parce que c'est mon Maître. Toute considération personnelle mise à part, je trouve ingrat d'attaquer celui qui m'a tout appris.

Les yeux de Dumbledore pétillèrent.

- Toute considération personnelle à part, n'est-ce pas ?

Hermione et Severus se raidirent. Il était au courant. Comment, ils ne savaient pas, mais il savait.

- Je ne vous retiens pas Miss Granger. Vous devez être épuisée. Severus, occupez-vous bien d'elle.

Une fois dans le couloir, Hermione faillit s'effondrer, mais Severus la retint.

- Tu es blessée. Tu as mal.

- C'est supportable.

- Ce stupide courage Gryffondor ! Ne peux-tu pas dire ce que tu ressens véritablement ?

- Si, je souffre atrocement, mais je ne veux pas t'inquiéter.

Severus soupira, la souleva dans ses bras et la porta jusqu'à leurs appartements. Elle ne protesta pas et se blottit dans les bras de son amant. Arrivés à destination, il la déposa dans le canapé.

- Enlève ta robe que je soigne ta blessure.

Hermione obéit et vit l'état de sa chemise. La manche était en lambeaux et tachée de sang.

- Je crois que je vais d'abord prendre une douche, et tu me soignerais une fois que je me serais débarrassée de tout ce sang.

Severus hocha la tête et continua à préparer son matériel. Hermione fila dans la salle de bains et ôta ses vêtements en grimaçant. Son bras la faisait souffrir, et loin du regard de Severus, elle pouvait se laisser aller. Quand l'eau chaude nettoya ses blessures, elle serra les dents. L'hémorragie n'avait pas arrêté, et si elle continuait à perdre son sang ainsi, elle allait s'évanouir. Elle se lava en vitesse, et s'enroula dans une serviette propre. On frappa à sa porte, et son amant passa la tête par l'entrebaîllement.

- Tu as besoin d'aide ?

- Oui, pour enfiler mon pyjama.

- Je m'en doutais.

Il avait apporté des sous-vêtements et une nuisette et aida la jeune femme à s'habiller. Hermione étouffa un rire.

- Qu'est-ce qu'il y a ? s'étonna-t-il.

- Eh bien, d'habitude, tu enlèves mes vêtements au lieu du contraire.

Il sourit.

- En effet. Mais pour l'instant, c'est l'état de ta blessure qui m'inquiète. Cependant, je ne peux rien te promettre quand à la suite des événements.

Il la mena dans le salon et l'assit sur le canapé, tout en lui tendant une potion.

- C'est une potion anesthésiante, elle contribuera aussi à stopper l'hémorragie.

- Merci. Où est Amélie ? s'enquit-elle soudain.

- Je l'ai laissée avec Potter. Elle passera la nuit chez les Gryffondor.

- Pourquoi ne pas m'avoir prévenue de l'examen ?

- Pour éviter que tu ne paniques sans raison. Dumbledore pensait que tu saurais agir dans l'urgence. Alors que si tu avais été avertie, tu aurais stressé plus que de raison.

- Je dois être insupportable en ce moment, non ? réalisa-t-elle.

- Juste un peu plus que d'habitude, taquina-t-il.

- Hé !

- Félicitations, mon amour. Tu as réussi avec brio. Je suis fier de toi. Pourquoi ne pas m'avoir attaqué ?

- Parce que tu es celui qui m'a tout appris. Je connais ton niveau et ta manière de te battre. Et puis, comment aurais-je pu attaquer l'homme que j'aime ?

Ils se sourirent. Severus termina de bander le bras d'Hermione.

- Il est tard.

- Je ne vais pas dormir tout de suite, il faut que je calme mon excitation. Je vais lire un peu.

- Comme tu voudras. Je vais prendre une douche.

Quand Severus revint quelques minutes plus tard, Hermione était profondément endormie, son livre tombé à terre.

………

Ron et Harry apprirent dès le lendemain le nouveau statut de leur amie, et ils la félicitèrent chaudement. La Préfète fut bien entendu radieuse pendant deux jours. Dans les jours qui précédèrent les examens, Pansy et Ginny s'associèrent pour révéler tous les secrets du maquillage à leur amie. La Serpentard avait été mise au courant de la relation entre la Préfète et son Directeur, et elle s'était contentée de sourire, disant qu'elle s'en doutait un peu ; Par contre, les trois filles s'étaient mises d'accord pour cacher le fait à Ron. Il le prendrait très mal.

Puis, vinrent les examens. Tous les Septième Année étaient tendus, et Hermione était au bord de la crise de nerfs. Le matin-même, elle était si agitée que Severus avait dû recourir à une méthode radicale : il l'avait embrassée. Bien entendu, elle s'était calmée et lui avait rendu un doux baiser. Il avait confiance en ses capacités. Les examinateurs du Ministère étaient arrivés en avance, mais uniquement pour rencontrer celle qui avait su neutraliser les effets mortels de l'Avada. Bien que flattée, Hermione resta modeste et leur promit de leur parler plus longtemps après les examens.

Pendant une semaine, Ginny soutint ses amis, Pansy passa ses soirées dans la Salle Commune de Gryffondor et Hermione dirigeait les révisions sans pour autant épuiser ses amis. Severus faisait son possible pour empêcher Amélie de déranger sa mère et Harry, mais elle constituait un divertissement agréable.

A la fin de la semaine, tous étaient épuisés. Hermione goûta au repos de la Salle Commune des Préfets. Jamais elle n'avait autant apprécié le silence et la solitude. Les examinateurs l'avaient accaparée sitôt les épreuves achevées et lui avaient posé une multitude de questions sur sa méthode révolutionnaire. Dumbledore, voyant sa détresse, était venu à son secours, se chargeant de répondre aux questions à sa place et l'avait envoyée se reposer. Elle s'était effondrée sur le canapé et renversé sa tête sur le dossier et ferma les yeux. Sa main toucha sa bague à travers ses vêtements et elle sourit. Oui, bientôt tout serait terminé. La porte de la Salle s'ouvrit et elle se redressa.

- Bonsoir Malefoy.

- Granger.

Il semblait tout aussi fatigué qu'elle.

- Viens donc t'asseoir. Tu es épuisé.

- Je n'ai même plus la force de t'insulter, avoua-t-il en souriant à moitié. Que fais-tu ici ? Je croyais que tu avais déménagé chez Rogue.

- Il n'y a qu'ici que je peux trouver un peu de repos. Les examens se sont bien déroulés ?

Il haussa les épaules.

- Comme d'habitude. Et puis, il est trop tard pour changer quoi que ce soit. Il ne reste plus qu'à attendre les résultats.

- Je suppose que tu as raison.

- Ne me dis pas que tu doutes encore de tes capacités.

- A vrai dire… Qu'as-tu répondu à la question 3 de l'épreuve d'Enchantements ?

Ils rirent ensemble, toute tension envolée.

- Je peux te poser une question ? demanda-t-elle.

- Ça concerne Ginny, n'est-ce pas ?

- Oui. Pourquoi avoir rompu avec elle ? De manière blessante qui plus est. Si j'en crois mon instinct, tu l'aimes non ?

- Granger, soupira-t-il, tu connais ma position.

- Justement, je ne te comprends pas. Voldemort a tué ton père. Et tu ne partages plus son point de vue, sinon tu ne serais pas ici à discuter avec moi.

- J'ai parlé à Dumbledore, avoua-t-il. Je serai des vôtres quand Il attaquera.

- Ginny le sait-elle ?

- Non. Et je ne tiens pas à ce qu'elle le sache. Et tu as intérêt à tenir ta langue.

- Je ne dirai rien, sois-en sûr. Tu veux faire tes preuves, tu penses qu'elle mérite mieux que toi non ?

- Elle était bien amoureuse de Potter, non ? C'est un héros, lui.

Il avait prononcé ces derniers mots sur un ton méprisant.

- Elle l'était oui, mais elle ne l'est plus. Harry est comme un de ses frères. Ce n'était qu'une amourette de jeunesse. Harry et moi faisons partie de la famille Weasley, et Pansy n'est pas loin de suivre le même chemin, vu sa relation avec Ron. Il ne tient qu'à toi de nous rejoindre. Ginny t'aime vraiment tu sais ;

- Un Malefoy parmi des Weasley, on aura tout vu.

- Tu es le dernier Malefoy en vie. Tu n'as plus aucun compte à rendre à personne.

Hermione se leva et s'étira.

- Pense à ce que je t'ai dit. Et bienvenue dans l'Ordre du Phoenix.

Elle quitta la pièce, laissant Drago songeur.

Voilà ! Je ne vous cache pas que ce chapitre m'a donné du fil à retordre ! Et en plus, il est très long ! Le chap 25 et écrit et terminé, il ne nécessite que quelques remaniements, et j'ai dans l'espoir de vous le poster assez rapidement… Enfin, je n'attendrais pas trois mois ! Rendez-vous au prochain chapitre dont le titre sera : La fin d'une guerre !

Bises à tous !