Bonjour ! Je sais, je sais, je suis en retard ! Ce chapitre est écrit depuis longtemps, mais j'ai eu très peu de temps libre à moi pour penser à le taper, alors du coup, ça traîne. Le chapitre suivant est intégralement écrit, priez tous pour que j'ai le temps de le taper !

Je remercie tous mes reviewers et lecteurs silencieux de continuer à me suivre comme vous le faites !

Disclaimer : je suis obligée de passer par là ? Le monde et les persos sont à JKR, sauf Amélie bien sûr…

Bonne lecture à tous !


Chapitre 25 : La fin d'une guerre

Hermione jugeait les progrès de ses deux amis dans la Salle sur Demande.

- Vous avez fait de gros progrès tous les deux, je vous félicite.

- Nous n'y serions jamais arrivés sans toi, Mione. Et les cours de Rogue sont assez utiles, avoua Ron.

- Assez utiles ? releva la Préfète. Carrément indispensables oui ! Alors Harry, te sens-tu prêt à affronter Voldemort ?

- Je suppose que je n'ai pas le choix de toute manière. S'il ne se décide pas à attaquer dans les prochains jours, j'irai le défier dans son Manoir. Je ne compte pas passer ma vie à l'attendre.

- Voilà qui est bien dit ! approuva Ron. Et si nous allions manger ?

- Le légendaire gouffre qui te sert d'estomac a encore parlé ! se moqua Hermione.

Ils se dirigeaient gaiement vers la Grande Salle pour le banquet du soir quand la température baissa brutalement et les lampes s'éteignirent. Harry, Ron et Hermione se figèrent aux aguets, toute joie envolée.

- Il y a des Détraqueurs à l'œuvre non loin, chuchota Ron.

De la buée sortait de sa bouche. Harry se tourna vers Hermione.

- Cours vers la Grande Salle. Mets Amélie et les plus jeunes à l'abri. Organise la défense avec les Professeurs et ceux qui veulent se battre.

- Dumbledore a sûrement déjà pris les choses en main. Je reste avec vous, protesta-t-elle, déterminée.

Harry esquissa un sourire. Il était content que ses amis choisissent de rester à ses côtés, alors que la mort les guettait à tout instant. Tous trois dégainèrent leurs baguettes, bien qu'ils n'en aient pas besoin. Mais mieux valait garder tous les atouts en main, et créer la surprise dans les rangs ennemis.

- Bon, je ne veux pas me battre dans les murs du Collège, trop de vies sont en danger.

- Le danger sera plus grand dehors, remarqua Ron.

- Nous pourrons nous déployer, contra Hermione. Et pensons à nos Animagi. Nous serions plus à l'aise pour nous mouvoir.

- Alors, en route. Essayons d'atteindre le Grand Hall.

Pendant le trajet, Ron et Hermione jouèrent leur rôle de Préfets : ils envoyèrent tous les élèves retardataires à la Grande Salle, effrayés, les plus jeunes ignorant ce qu'il se passait. Hermione les rassurait au mieux, et n'hésitait pas à utiliser son ami. En effet, tant qu'Harry Potter était là, rien ne pouvait arriver. Harry grimaça, mais ne dit rien. Ron rit sous cape.

- Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle, grogna le Survivant.

- Voyons, Harry, il faut bien rassurer tous tes admirateurs… et ton fan-club, ironisa Hermione.

- Si tu le dis. Ne tardons pas.

Ils reprirent leur sérieux. Il serait bien temps de plaisanter après la bataille.

………

Par chance, la grande majorité des élèves étaient déjà dans la Grande Salle quand la présence des Détraqueurs se fit ressentir. Des retardataires arrivèrent en hâte, et deux Serdaigle avertirent leur Professeur que le Trio avait pris les choses en main. Flitwick mis ses collègues au courant. Dumbledore fronça les sourcils, et Severus sentit l'inquiétude le gagner. Maudits Gryffondor ! Avaient-ils besoin de s'exposer ainsi ? Minerva posa une main sur son épaule.

- Ne les sous-estimez pas. J'ai confiance en eux, et Miss Granger est avisée. Elle ne laissera pas ses amis se lancer dans une action inconsidérée.

- J'en doute, Minerva. Je pensais que vous connaissiez mieux vos élèves, et surtout ces trois-là.

- Vous connaissez Hermione, vous aussi. Elle est un Maître, et par conséquent capable de faire face. Faisons confiance à ces jeunes. Albus n'a jamais douté d'Harry Potter.

- Tout ce que je vois, c'est qu'une trop grande pression pèse sur les épaules de ce pauvre garçon. Vous oubliez trop souvent que ce n'est qu'un adolescent.

- Sa destinée est toute tracée, et il a deux amis dévoués à ses côtés.

Severus renonça à discuter. La quasi-totalité des Septième et Sixième Année se portaient volontaires pour aller se battre, et tous connaissaient le danger. Enfin… sauf les Serpentard. Ceux-ci restaient impassibles à leur table. Le Professeur sentit que sa Maison était divisée. D'un côté, il y avait ceux qui rejoindraient leur Seigneur, et de l'autre, ceux qui choisiraient de le combattre. Parmi ces derniers, se trouvaient Pansy Parkinson et Drago Malefoy. Vincent Crabbe et Gregory Goyle hésitaient encore sur la conduite à tenir. Leurs pères avaient été tués par Voldemort, et ils ne tenaient pas à rejoindre leur meurtrier, mais pouvaient-ils s'exposer à la fureur du Maître sans danger ?

Il fut interrompu dans ses réflexions par Ginny, accompagnée d'Amélie qui pleurait doucement. L'enfant s'agrippa à lui dès qu'il la souleva dans ses bras. Ginny était morte d'inquiétude. Bien sûr, trois élèves de Gryffondor manquaient à l'appel.

- Ayez confiance en eux, Miss… Ginny, tenta-t-il de rassurer.

- J'ai confiance. Mais j'ai également peur. N'avez-vous pas peur pour Hermione ?

- Bien sûr que si. Mais il est trop tard pour se lamenter. Dès que Dumbledore aura sécurisé cette Salle, nous pourrons sortir pour les aider.

- Et Amélie ?

- Je la confierai à Mme Pomfresh.

- Non ! protesta l'enfant. Papa… Veux rester avec toi…

- Ecoute-moi, ma puce. Papa doit aller aider ta Maman. Sinon, des gens méchants l'embêteront.

- Elle va mourir ?

- Peut-être. Tu veux bien rester ici et être sage avec Poppy ?

Amélie hésita, puis hocha la tête.

- Tu promets de revenir avec Maman ?

- Je ferai de mon mieux.

Le cœur de Ginny se serra. Il ne pouvait même pas promettre qu'il reviendrait. Sans qu'elle le réalise, son regard chercha un certain Serpentard. Drago la fixait, une expression indéfinissable dans les yeux. Elle se détourna de lui. Il soupira. Ce soir, il se battrait pour elle. Et il la protègerait du mieux qu'il pourrait. Elle méritait de vivre heureuse. Elle ne ferait certainement pas sa vie avec lui, mais il lui offrirait un avenir.

Dumbledore avait distribué les rôles. Mme Pomfresh et les Professeurs Chourave et Flitwick tenaient la Grande Salle avec une partie des Sixième Année pour protéger les plus jeunes. Le Professeur d'Enchantements fabriquaient des Portoloins avec tout ce qui lui tombait sous la main pour envoyer les Première et Deuxième Année au QG de l'Ordre. Minerva devait quérir l'aide du Ministère et de Sainte-Mangouste, et prévenir tous les membres de l'Ordre du Phoenix. Le reste des Professeurs et élèves volontaires iraient aider le Trio. Tout cela n'avait duré que quelques minutes, mais cela avait semblé durer une éternité pour Severus. Alors que les portes de la Grande Salle s'ouvraient juste assez pour les laisser sortir, il se surprit à prier pour qu'Hermione soit toujours en vie. C'était la dernière ligne droite. Une fois sortis, Flitwick et Chourave verrouilleraient les portes, ce qui ralentirait les Mangemorts si ces derniers parvenaient à s'introduire dans le Château.

………

Les trois jeunes adultes avaient atteint le Grand Hall sans encombre. Tout était silencieux, et il faisait sombre, bien que la nuit ne fut pas encore tombée. Et malgré qu'ils soient en été, la température était glaciale, ce qui signifiait que les Détraqueurs étaient nombreux.

- Comment allons-nous sortir ? demanda Ron dans un murmure. Il ne faut pas qu'ils rentrent.

- On fonce dans le tas, décida Harry, tandis qu'Hermione sécurise l'entrée. Il faut les surprendre assez longtemps pour qu'elle puisse refermer les portes derrière elle.

- Je ferais de mon mieux, mais il existe d'autres entrées. Et puis, nous ne sommes que trois.

- Nos Patroni sont puissants. Ce sont les Mangemorts que je redoute.

- Les Professeurs ne vont pas tarder à nous rejoindre. Pourquoi ne pas les attendre ? suggéra Ron.

- Chaque seconde qui passe peut nous être fatale. Hermione, Ron, soyez prudents.

- Toi aussi, Harry. Je suis prête.

Le regard brillant de détermination, ils échangèrent un dernier regard. S'ils devaient mourir ce soir, ce ne serait pas sans avoir chèrement défendu leurs vies.

Hermione leva sa baguette et entrebaîlla la lourde porte, juste assez pour les laisser passer. Harry et Ron jaugèrent rapidement la situation et lancèrent derechef leur Patronus, un cerf et un dragon. Hermione referma la porte derrière elle et la verrouilla de l'extérieur, tout en s'assurant que les Professeurs n'auraient pas de mal à sortir. Puis, elle posa une barrière sur le seuil : toute personne de l'extérieur cherchant à passer serait expulsée, tout en permettant la sortie des personnes venant de l'intérieur. Puis, elle reporta son attention sur le parc. Des centaines de Détraqueurs étaient présents, une partie mise en fuite pas les Patroni de ses amis. Elle joignit ses efforts aux leurs, et produisit un immense Basilic argenté. Elle ne put s'empêcher de sourire. Elle ne manquait pas de souvenirs heureux, et Severus en faisait partie. Elle rejoignit ses amis, qui avaient lancé deux autres Patroni. Elle les imita.

- Joli, Hermione, félicita Harry.

- Pourquoi un Basilic ? s'étonna Ron. Tu as beau apprécier Rogue…

- Ce n'est pas le moment, Ron, coupa Hermione, embarrassée.

Ron savait que Severus était un Basilic, mais pas qu'elle avait une liaison avec lui. Harry fronça les sourcils.

- Pas de Mangemort en vue.

- Ils espèrent que les Détraqueurs fassent le boulot, répondit Hermione.

- Alors détruisons ces créatures ! lança Ron.

- Ils lancèrent leurs Patroni à l'assaut, cerfs et dragons piétinant sans états d'âme, et Basilics dévorant sans pitié. En quelques instants, le nombre de Détraqueurs fut réduit aux trois-quarts.

- Les choses sérieuses commencent, murmura Harry.

Ron et Hermione suivirent le regard de leur ami. A l'orée de la Forêt Interdite, s'alignaient une centaine de Mangemorts, Voldemort à leur tête. C'est à ce moment que Professeurs et Elèves sortirent de Poudlard, baguettes en main, tendus par l'appréhension, mais déterminés à se battre jusqu'au bout. Ils rejoignirent les trois Gryffondors et Dumbledore se plaça à côté de Harry.

- Enfin, vous voilà.

- Je ne t'aurai jamais laissé seul, Harry. Tes amis et toi avez brillamment repoussé les Détraqueurs.

- La routine quoi.

Pansy prit la main de Ron et Ginny s'approcha d'Hermione.

- Pas de mal ?

- Non, ce n'étaient que des Détraqueurs. Qu'as-tu fait d'Amélie ?

- Elle est avec Mme Pomfresh. Rogue l'a convaincue de rester sage. Il ferait un bon père.

La brune regarda son amant. Celui-ci lui rendit son regard mais resta où il était, c'est-à-dire à côté de Drago. Elle lui sourit et reporta son attention sur leurs ennemis.

Ron pressa la main de sa petite-amie.

- Sois prudente mon cœur. Tu fais une cible privilégiée pour eux.

- Pas autant que toi. Ne te fais pas tuer. Je t'aime.

- Je t'aime.

Drago regarda autour de lui. Ça se présentait mal. Les Mangemorts étaient deux fois plus nombreux que leur petit groupe hétéroclite, et surtout inexpérimenté. De plus, les Serpentard traîtres à la cause de Voldemort seraient les premières cibles des Mangemorts. Il le savait. Pansy, Gregory, Vincent et lui seraient particulièrement visés. Et s'ils ne mourraient pas pendant le combat, le Survivant aurait tout intérêt à vaincre ou il ne donnait pas cher de leur peau, une fois entre les mains de Voldemort. Quoi qu'il en soit, il protégerait Ginny Weasley. C'était la seule raison qui l'avait poussé à se joindre au camp de Harry Potter.

Voldemort avança lentement à la rencontre de son ennemi de toujours, suivi de ses hommes. Quel petit groupe pathétique ! Ils étaient à peine une quarantaine, majoritairement composée de jeunes. Ils ne faisaient pas le poids. Sauf peut-être Potter et ses deux fidèles gardes du corps. Jamais il ne comprendrait pourquoi Potter s'encombrait de sorciers inutiles, rebuts de la société tels que Weasley ou Sang-de-Bourbe tels que Granger. Tant pis pour eux, ils seraient les premiers à mourir.

Un cri mélodieux les fit lever la tête. Un Phoenix volait au-dessus d'eux. Il lâcha un objet que Potter attrapa au vol. L'Epée de Gryffondor. S'il croyait pouvoir le battre ainsi…

- Merci, remercia le jeune homme.

- Fumseck avait pour mission de te l'apporter, informa Dumbledore.

- Voldemort, cette nuit verra ta fin.

- Cela reste à voir, Potter.

Les premiers sorts fusèrent. Harry se focalisa d'emblée sur son ennemi, aidé de Dumbledore, et Hermione et Ron assurèrent leurs arrières. Il ne fallait pas que des Mangemorts trop zélés n'aient la fantaisie d'attaquer Harry dans le dos.

Comme ils s'y attendaient, de nombreux Sorciers prirent les Serpentard traîtres à leur sang pour cible. Drago, Vincent et Crabbe étaient submergés par le nombre, et sans Severus pour les aider, ils auraient été très vite tués. De même, Pansy était épaulée par Ginny et quelques Gryffondors.

Hermione et Ron voyaient la situation dégénérer peu à peu. Si les Aurors et les membres de l'Ordre n'arrivaient pas très vite, ils allaient droit à l'hécatombe. Les Mangemorts gagnaient du terrain, les éclairs verts fusaient, et de nombreux corps jonchaient l'herbe.

- On ne va pas y arriver comme ça, réalisa Hermione.

Ron acquiesça.

- Métamorphosons-nous. Le Dragon que je suis fera quelques dégâts, et toi, avec l'aide de Fumseck, soigne nos blessés.

- D'accord.

Ils se métamorphosèrent. Hermione était contente de recevoir des directives de Ron. Il s'affirmait de plus en plus chaque jour, et son sens inné de la stratégie était un atout précieux.

Quand le Dragon apparut, Sorciers et Mangemorts restèrent pétrifiés. Ils ne comprenaient pas d'où la créature venait, et l'espoir renaquit chez les Sorciers quand il commença à piétiner et brûler les Mangemorts. Seules Ginny et Pansy avaient vu Hermione et Ron se métamorphoser. Si Pansy souriait de fierté, Ginny restait complètement hébétée.

- J'arrive pas à y croire… Mon frère…

- … est un Dragon Animagus.

- Tu le savais.

- Oui. Il me l'a avoué parce qu'il n'aime pas me cacher des choses.

- Incroyable… C'est mon grand frère !

Le phoenix Feu de Glace les survola en lançant un trille mélodieux et alla s'occuper du groupe de Serpentard blessés.

- Et Hermione est un phoenix, soupira Ginny. Ils vont m'entendre tous les trois !

- La bataille n'est pas terminée. Hâtons-nous d'en finir !

- Avec joie !

………

Drago avait aussi compris que les deux créatures soudainement apparues étaient les acolytes de Potter, vu qu'il avait constaté leur disparition. Finalement, ces trois-là se montraient plus qu'imprévisibles. Le Phoenix se posa devant eux et pleura des larmes pour les soigner. Severus les recueillit soigneusement et soigna ses trois élèves.

- Merci Feu de Glace.

- C'est son nom d'Animagus ? demanda le blond.

- Oui, c'est Hermione.

- Eh bien murmura-t-il, malgré tout impressionné. Félicitations Granger.

Elle lui lança un cri moqueur et s'envola de nouveau. Drago soupira. Pour la première fois, il entrevoyait un espoir. Rien n'était encore définitif, mais il allait tout faire pour le rendre concret. Il s'assura que Ginny s'en sortait et se remit au combat.

………

Voldemort n'apprécia pas de voir un Dragon semer le chaos dans ses rangs. Harry eut un sourire narquois.

- Tu ne t'y attendais pas, pas vrai ?

- Ne te réjouis pas trop vite, Potter. Tu n'as pas encore gagné.

- Juste une question, quand même. Pourquoi avoir tué tes quatre fidèles serviteurs ? Sans eux, tu es démuni. Tu as beau avoir été furieux de leur initiative…

- Je vois que notre lien t'a informé. Leur sacrifice n'a pas été totalement inutile… Puisque leur Marque a drainé leur force vitale pour la transférer vers moi.

Ainsi, c'était donc ça, comprit Dumbledore. Les forces de Voldemort décroissaient, et il avait tué ses quatre plus puissants Mangemorts pour rétablir son niveau de magie. L'attaque contre Severus n'avait été qu'un prétexte.

Le Survivant aussi avait compris. Son ennemi perdait de l'assurance. Ses attaques combinées à celles de Dumbledore devaient être parées avec un Bouclier, et il devait aussi se protéger de l'Epée. Car Harry se battait avec l'Epée dans la main droite et la baguette dans la main gauche Celui-ci ne tenait pas à dévoiler trop vite son aptitude à maîtriser la magie sans baguette. De plus, Harry cherchait à épuiser Voldemort, et le provoquait pour le pousser à l'erreur. Il remercia intérieurement Ron et Hermione d'avoir réussi à déconcentrer le Mage Noir. Il repassa à l'attaque, après un regard de concertation avec le Directeur.

……….

Ron avait réussi à réduire le nombre de Mangemorts d'un tiers quand ils s'organisèrent pour tenter de le neutraliser. Il prit de l'altitude pour reprendre son souffle. Feu de Glace le rejoignit. Elle l'interrogea du regard, et Ron hocha la tête. Il allait bien. Mais ça ne pouvait pas continuer. Il balaya le champ de bataille du regard et tressaillit en voyant Ginny et Pansy en difficulté. Sans réfléchir, il fonça vers le sol tout en reprenant forme humaine dès qu'il posa le pied sur la terre ferme. Un rayon lumineux jaillit de sa main et expulsa les trois Mangemorts qui menaçaient sa sœur et sa petite-amie. Il se tourna vers elles.

- Ça va ?

- Oui, grâce à toi, répondit Pansy, soulagée.

Hermione reprit elle aussi forme humaine à leurs côtés.

- Ils vont comprendre que nous n'avons plus besoin de baguette.

- Peu importe, répliqua-t-il. Ginny et Pansy étaient en danger.

- Merci, Ron, dit Ginny, éprouvée. Plus jamais je ne douterai de tes capacités.

- Heureux de te l'entendre dire.

Ils s'apprêtaient à reprendre la lutte quand des cris s'élevèrent. Les renforts arrivaient, Minerva à leur tête. Une vingtaine d'Aurors et l'Ordre au total débarquaient en force, éliminant les Mangemorts sur leur chemin.

Pour la première fois, l'issue du combat penchait du côté de la Lumière, malgré les nombreuses victimes.

………

Voldemort enrageait, et Harry le savait. Le rapport de forces venait de s'inverser, et cela ne lui plaisait guère. Cette fois, Harry était plus que confiant. Il n'était plus question de tergiverser. Et pour cela, une seule solution : forcer son avantage, acculer Voldemort et le tuer sans état d'âme.

- Abandonne, tu as perdu.

- Jamais !

- Tant pis pour toi.

Harry rangea sa baguette et ne garda que son Epée. Voldemort sourit cruellement.

- As-tu perdu la tête, Potter ?

- Nos baguettes ne peuvent pas se combattre, et tu le sais. Alors, j'ai décidé de te tuer d'une autre manière. Stupéfix !

Le rayon qui sortit de la main de Harry obligea Voldemort à se protéger d'un bouclier in extremis. Le Mage Noir était plus qu'étonné. Depuis quand… Harry ne laissa pas son ennemi reprendre l'avantage. Il attaqua sans relâche, l'obligeant à reculer, l'obligeant à céder du terrain. Dumbledore se retira du combat, Harry seul était concerné à présent.

Les deux Sorciers étaient absorbés dans leur Duel. Ron, Hermione, Ginny, Pansy, Drago et Severus tentaient de mettre hors d'état de nuire les Mangemorts restants. Les Aurors étaient fascinés par le Duel qui se déroulait sous leurs yeux, et Minerva et Dumbledore recensaient les blessés et tués, afin d'établir un bilan provisoire.

Hermione cessa un instant de se battre, et observa son amis livrer son Duel. Voldemort était en difficulté. Harry semblait déchaîné. Il attaquait sans répit, enchaînant coups d'Epée et Magie Noire, passant de l'un à l'autre sans faiblir. Finalement, il réussit à désarmer Voldemort et dans le même mouvement, lui plongea l'Epée dans le cœur et l'enfonça profondément jusqu'à ce qu'elle ressorte dans le dos.

A ce moment, l'Epée s'enflamma brutalement, brûlant tout sur son passage. Les organes du Mage Noir furent réduits en cendres, et sans que rien ne l'annonce, le corps sans vie explosa, projetant chair brûlée, sang et tripes sur Harry, souillant l'herbe à ses pieds sur une surface de plusieurs mètres de diamètre.

Harry baissa son Epée, la lame dégoulinante de sang noir. Il se serait effondré si deux membres de l'Ordre, Remus Lupin et Nymphadora Tonks n'étaient venus le soutenir.

Aussitôt, ce fut la panique parmi les Mangemorts. Ceux-ci refusaient de se laisser prendre aussi facilement. Une partie transplana, et ceux restants commencèrent à lancer des Sortilèges mortels à tout vent, sans même viser. Les Sorciers réagirent quelques secondes trop tard, et les plus rapides ne purent que conjurer un Bouclier. Severus, Hermione et quelques Aurors tentèrent de les maîtriser.

Ron conjura un bouclier une seconde trop tard, un rayon vert venait de frapper Ginny au cœur. Elle s'effondra sans un cri, presque gracieusement. Ron jura et se laissa tomber à ses côtés, suivi de près par Malefoy, qui était accouru vers elle.

- Non, pas ça, murmura le Serpentard. Sauve-la, s'il te plaît.

Ron lui jeta à peine un regard.

- Fais-lui le bouche-à-bouche. Je m'occupe de faire repartir son cœur.

Drago le fixa, perdu.

- Je ne sais pas faire !

Ron eut un soupir exaspéré. Pourquoi ce type se souciait-il tant de sa sœur tout à coup ? Mais il demanderait des réponses plus tard. Pour l'instant, il fallait réanimer Ginny.

- Pince le nez, ouvre-lui la bouche et souffle. Au même rythme que ta respiration, Malefoy, ou tu vas t'essouffler inutilement.

Tout en expliquant le procédé, Ron compressait la poitrine de sa sœur en priant Merlin et toutes les divinités qu'il connaissait d'épargner sa Ginny.

- Allez, Gin, bats-toi ! exhortait-il sans faiblir.

Pansy et Harry étaient arrivés à leurs côtés, et les regardaient faire, anxieux. Ils étaient même prêts à prendre la relève en cas de défaillance de l'un des deux.

Malefoy semblait de plus en plus désespéré. Il respirait difficilement et mettait toute son âme dans la réanimation de celle qu'il aimait. Quand finalement, au bout d'un temps qui avait semblé des siècles, la jeune fille toussa violemment, tous poussèrent un soupir de soulagement. Pansy l'aida à se redresser. Ginny se laissa faire, hébétée, mais elle comprit très vite en voyant son frère et Drago essouflés.

- J'étais morte ?

A peine eut-elle prononcé ces mots que Ron la serrait dans ses bras.

- Ne me refais plus jamais une peur pareille, Gin. Et rappelle-moi de vouer un culte éternel à Hermione.

Il venait tout juste de la lâcher qu'elle se retrouva dans l'étreinte de Drago, ses lèvres sur les siennes.

- J'ai cru mourir d'angoisse pour toi. Ne me quitte plus jamais.

- C'est toi qui m'as quittée, je te signale, reprocha-t-elle doucement.

- Ote tes mains de ma sœur, Malefoy, gronda Ron.

Le blond lui jeta un regard noir. Pansy s'interposa et tenta de calmer son petit-ami.

- Il t'a aidé à sauver Ginny. Cela mérite un petit effort, non ?

- Ginny ? demanda Ron.

- Tout va bien Ronald. Je l'aime.

Le jeune homme dut admettre que Malefoy l'avait pratiquement supplié de la réanimer. Quelque part, il remontait dans son estime. Juste un peu. Il soupira.

- Je crois que je n'ai pas voix au chapitre de toute manière. Mais le jour où il te fera souffrir, il fera mieux de courir se cacher à l'autre bout du monde.

Ginny cria de joie et sauta au cou de son frère pour l'embrasser.

- Je t'adore ! Et je suis fière de mon grand frère.

Hermione s'approcha d'eux.

- Je vois que vous vous amusez bien. Bien joué Harry. Et ravie de voir que Ginny a été réanimée grâce à toi Ron. Malefoy, je suis contente que tu sois toujours parmi nous.

Malefoy se contenta de hocher la tête. Harry se tourna vers ses deux meilleurs amis.

- Je n'y serais jamais arrivé sans vous deux. Merci.

Hermione se jeta dans ses bras sans hésiter, malgré le sang qui le recouvrait.

- C'est toi qui as tout fait. Nous t'avons seulement épaulé.

- Ce qui est déjà la plus précieuse des aides à mes yeux.

………

L'aube se levait sur Poudlard quand les Mangemorts devenus fous furent tous arrêtés. Toutes les personnes touchées par le Sortilège Mortel à ce moment furent réanimées avec succès, mais pas celles touchées au début de la bataille. Albus et Minerva dénombrèrent 51 morts dont 25 élèves de Poudlard.

Dès que les premiers journalistes arrivèrent, le groupe d'amis se réfugia au Château où tous rêvaient de prendre une douche chaude et prendre un peu de recul pour analyser calmement la situation. Ils convinrent de se retrouver dans la Salle sur Demande.

Hermione prit une longue douche brûlante pour se débarrasser du sang et de la boue et se résigna à dêméler ses cheveux avec un Sortilège. Severus était encore à l'extérieur, en train d'aider les Aurors et les Professeurs à juguler les Mangemorts et à identifier les cadavres. Pour rien au monde, elle n'aurait voulu être à sa place. Enfin propre et changée, elle alla récupérer Amélie dans la Grande Salle. Elle trouva cette dernière profondément endormie dans un petit lit de camp que l'infirmière avait fait apparaître.

- Miss Granger, heureuse de vous voir saine et sauve.

- Bonjour Mme Pomfresh. Je remercie Merlin, mes amis et moi sommes indemnes. Ginny a dû être réanimée, mais elle se porte à présent comme un charme.

- Votre méthode a sauvé beaucoup de vies, j'espère que vous le savez Miss Granger.

- Je le sais, et c'était le but recherché quand j'ai entrepris de l'enseigner à tous les jeunes.

- Ron Weasley, Harry Potter et vous-mêmes êtes des bénédictions de la nature.

Hermione rit.

- N'exagérez pas, Mme Pomfresh. Nous ne faisons que notre devoir.

Sur ces mots, elle se dirigea vers l'enfant qui commençait à s'agiter, réveillée par le bruit qui envahissait la Grande Salle à cause des blessés qui affluaient. L'infirmière la suivit des yeux. Ces trois-là iraient loin, très loin.

Amélie se jeta dans les bras de sa mère quand elle la vit.

- Maman ! Papa a dit qu'il allait t'aider parce que des gens méchants voulaient t'embêter.

- Oui, et il les a tous punis.

La petite fille resta pensive un moment.

- Ces gens… ils ont fait du mal à mes vrais Papa et Maman, n'est-ce pas ?

- Oui, répondit-elle doucement. Mais c'est fini maintenant. Ils ne feront plus jamais de mal à personne.

- Alors, je suis contente. Où est Papa ?

- Il a encore plein de choses à faire. Il nous rejoindra bientôt. En attendant, on va aller voir Harry et les autres.

- D'accord !

………

Ron et Pansy étaient déjà là quand Hermione et Amélie arrivèrent. La Salle sur Demande ressemblait à un immense dortoir avec quatre lits à baldaquin, et le couple était blotti dans l'un d'eux.

- J'espère que je n'interromps rien, annonça la Préfète.

- Non, nous attendions, répondit Ron.

- Pourquoi ces lits ?

- Je crois que je pensais à mon lit, avoua Pansy.

- Ne te blâme pas, nous sommes tous épuisés, sourit Hermione.

A ce moment, Ginny et Drago arrivèrent main dans la main. Le Serpentard haussa un sourcil en voyant l'agencement de la pièce.

- Très original, commenta-t-il.

- Ne recommence pas à jouer les désagréables, reprocha la rousse.

- C'est de ma faute, déclara Pansy.

- Nous sommes tous épuisés, intervint Harry qui avait surpris les dernières paroles en pénétrant dans la pièce. Hey ! Salut ma belle !

Amélie lui sauta dans les bras et il la fit tournoyer dans les airs. Ginny et Drago prirent possession d'un lit, Harry et Amélie d'un troisième, et Hermione s'assit sur le quatrième. Le silence régna un moment. Hermione se décida à le briser.

- Mme Pomfresh nous considère comme des héros. Et je crois que ce n'est pas fini.

- Il fallait s'y attendre, grimaça Harry. Les journalistes vont nous harceler, d'autant que nous n'allons pas tarder à quitter l'Ecole.

- Il faudrait donner une conférence de presse ou un truc du genre, annonça Malefoy. Comme ça, vous répondrez à toutes les questions d'un coup, et ça évite de répéter.

- N'oublions pas qu'Hermione est toujours sollicitée par sa méthode, rappela Pansy. Et maintenant que Harry a tué Voldemort et que de nombreuses vies ont été sauvées… sans oublier le rôle d'un certain Dragon… Vous n'allez plus être tranquilles.

- A qui le dis-tu ? gémit Hermione. Il nous faudrait un porte-parole. Dumbledore ne pourra pas toujours parler pour moi.

- Et moi, j'en ai assez des journalistes, déclara Harry. J'en suis entouré depuis mes onze ans, j'aimerai qu'on me fiche la paix. Désolé d'être si égoïste.

- Ne t'en fais pas, on comprend, rassura Ginny.

- Je le ferai, décida Ron.

Tous les regards convergèrent vers lui.

- Plutôt courageux, murmura Malefoy avant de recevoir un coup de coude de Ginny.

- Tu es sûr de toi ? s'inquiéta Hermione.

- Qui mieux que moi connaît notre Trio ? Toi et Harry refusez de parler aux journalistes. Il ne reste plus que moi pour devenir notre porte-parole officiel. Dès qu'on sera tous un peu mieux reposés, on mettra au point un discours que je lirai aux journalistes, et je répondrai à leurs questions. Je demanderai aussi à Dumbledore de m'aider parce que je ne sais pas tout.

- Tu sais que je t'aime toi ? taquina Harry.

- Je sais que je suis indispensable.

Ils rirent, et finalement décidèrent de dormir un peu. Les lits étaient confortables, aussi restèrent-ils tous ensemble, chacun dans son lit.


Ouf ! Ce chapitre est moins long que les précédents, mais assez actif je dois dire. Le chap 26 s'intitule : Une nouvelle ère. Il est déjà achevé sur papier ! Vous ne devriez pas trop attendre en principe…

Bises à tous, et à bientôt !