Eh bien… aucune review pour le chap 27… Vous êtes tous en train de réveillonner ou quoi ? Une petite précision pour ce chapitre : les grands-parents d'Amélie sont copyrightés Etoile du Soir, mon adorable petite sœur !


Chapitre 28 : Les grands-parents d'Amélie

Harry et Severus voulurent accompagner Hermione en France, mais elle refusa. Aucun des deux ne parlaient la langue, contrairement à elle, ils lui seraient inutiles. Et il était indéniable qu'elle savait se défendre quand ils protestèrent et qu'elle leur lança un Silencio bien senti.

- Je voyagerai en avion. Il y a un aéroport à Lyon, et grâce à l'adresse que tu as… obtenue, Severus, le taxi n'aura pas de mal à trouver.

Severus leva les yeux au ciel. Il avait obtenu l'adresse par Légilimencie dans l'esprit des inspecteurs. Remarquant qu'Harry voulait parler, Hermione leva le sort.

- Et Amélie ?

- Je veux d'abord les rencontrer pour… voir comment ils sont. S'ils s'avèrent soucieux d'elle, je reviendrai ici avec eux. Ça ne devrait pas durer trop longtemps, je peux faire l'aller-retour en une journée. Par contre, on ne peut pas les recevoir ici.

C'était évident. Le 12 Square Grimmaurd était invisible pour les moldus. Cette fois, Severus demanda la parole. Hermione lui rendit sa voix.

- Je possède une petite maison à Londres du côté moldu. Tu les emmèneras là-bas pour que je puisse les rencontrer moi aussi. Amélie pourrait passer la journée ici, et si tout se passe bien, elle fera la connaissance de ses grands-parents dans la soirée.

- Elle les connaît déjà, avoua Hermione, mais je ne sais pas si elle se souvient d'eux.

- Si elle en a des souvenirs, elle va se douter de quelque chose, remarqua Harry. Et là…

- Ce sera la catastrophe, murmura Hermione. La solution serait que les grands-parents nous laissent la voir de temps en temps pendant les vacances scolaires.

- La question ne se poserait pas si ce sont des personnes non fréquentables, du genre des Dursley.

- Evidemment. Jamais je ne laisserai Amélie avec de tels monstres.

- Bien. Il ne te reste plus qu'à faire ce voyage. Je vais avertir Ginny, Ron et Pansy de nos plans.

Harry sortit et Severus se tourna vers Hermione, le regard noir. Elle recula d'un pas, intimidée.

- Tu m'en veux ?

- Tu as osé me jeter un Silencio ?

- Mais tu protestais avec…

Severus s'avança vers elle, menaçant, alors qu'elle reculait pas à pas.

- Tu ne m'as pas attaqué pendant ton épreuve de Maître, mais devant Potter, il faut que tu me ridiculises.

- Je suis désolée. Qu'est-ce que je peux faire pour que tu me pardonnes ?

Elle savait que Severus ne lui ferait jamais de mal. Mais en même temps, il parvenait encore à la terroriser comme quand elle était son élève et son Apprentie. Severus s'était arrêté devant elle, la fixant, sourcils froncés.

- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-elle, inquiète.

- Tu ne portes pas la bague.

Hermione tressaillit. C'était vrai, mais elle avait oublié. Elle portait toujours le bijou autour du cou, contre sa peau et n'avait pas pensé à la porter à son doigt, alors qu'elle n'avait plus de raison de la cacher. Elle tira sur la chaîne et prit la bague. Il lui ôta des mains et l'enfila lui-même à son annulaire. Il s'ajusta magiquement à ses doigts fins et elle contempla un moment sa main ornée.

- Je n'ai pas l'habitude de porter des bijoux. Pourtant… je pense que je vais apprécier de la sentir sur mon annulaire.

- Oui, et cela clame au monde entier que tu es ma fiancée.

- Suis-je pardonnée ?

- Nous en reparlerons.

Il se pencha vers elle et l'embrassa longuement.

………

Armand et Anne de la Gacilly vivaient dans un quartier résidentiel assez chic de la ville de Lyon, en France. De toute évidence, ils était aisés, et leur immeuble donnait sur un immense parc contenant un lac artificiel. Hermione fut rassurée par la situation financière des grands-parents d'Amélie et était satisfaite de découvrir le cadre où elle grandirait. Le taxi la déposa devant un immeuble assez luxueux, et elle fut impressionnée malgré elle. Elle regretta de s'être habillée normalement d'un jean et d'un chemisier, un peu froissée par le voyage en avion. Le porter la toisa de haut en bas et lui demanda qui elle venait voir. Sans un mot, elle usa de Légilimencie pour découvrir l'étage où le couple habitait puis effaça sa présence de son esprit. Dans l'ascenseur, elle rafraîchit son apparence d'un coup de baguette et métamorphosa son jean en une jupe vert pâle un peu plus élégante. Il était onze heures du matin, elle espérait qu'ils soient là quand elle sonna à la porte portant le numéro 508.

Une femme ayant dépassé la cinquantaine ouvrit, le regard interrogateur. Elle avait les cheveux châtains striés de gris, coiffés dans une impeccable mise en plis. Elle portait un chemisier de soie blanche et une jupe bleue marine arrivant aux genoux, ainsi qu'un collier d perles. Ses yeux bleus reflétaient une grande douceur, et elle plut tout de suite à Hermione, qui sourit aimablement.

- Bonjour, dit-elle dans un français parfait sans toutefois réussir à masquer son accent anglais. Excusez-moi de vous déranger, suis-je bien chez les de la Gacilly ?

- Oui, je suis Anne de la Gacilly. Que puis-je faire pour vous, Miss ?

Hermione nota le « Miss ». La femme avait compris qu'elle était Anglaise.

- Je m'appelle Hermione Granger. Je viens vous voir à propos d'Amélie de Chatres.

Les doigts de la femme se crispèrent sur la poignée de la porte.

- Vous savez où est Amélie ? Nous la cherchons depuis si longtemps… Presque un an !

- Puis-je entrer ?

- Oh, bien sûr, où ai-je la tête ? Venez, asseyez-vous, je vais appeler mon mari.

Armand accourut avec sa femme. Il avait des cheveux blonds et les lunettes cachaient mal son inquiétude, mais aussi une lueur d'espoir. Ils s'assirent.

- Amélie va bien. Elle vivait non loin de chez moi, et j'étais sa baby-sitter. Ses parents me la confiaient souvent quand ils devaient sortir. L'année dernière, quand… cette explosion a détruit notre quartier, m'épargnant miraculeusement, j'ai trouvé Amélie dans les ruines de sa maison, indemne.

- Pourquoi ne pas avoir attendu la police ?

- Dans la panique, je n'ai pas pu réfléchir rationnellement. Elle m'a reconnue, et s'est accrochée à moi. J'ai alors décidé de rejoindre le pensionnat où je fais mes études, en Ecosse. Avec l'accord du Directeur, j'ai pu garder Amie avec moi. Ayant très peu de contact avec l'extérieur, j'ignorais qu'elle avait une famille qui la cherchait. Ce n'est qu'à la mort de mes parents que j'ai appris votre existence. La police est venue m'interroger sur les circonstances de l'explosion de gaz. Je vous présente toutes mes excuses.

- Et où est notre petite-fille à présent ?

- A Londres. Mes amis l'adorent, et elle s'est attachée à un de mes Professeurs. Je ne vous cache pas qu'elle le considère comme un père et que je suis devenue sa mère de substitution. Elle est consciente que ses parents sont morts, et s'est rapproché de mon meilleur ami, lui aussi orphelin.

- Vous dites que vous avez regagné votre pensionnat en Ecosse avec elle, alors que vous habitez à Londres.

- J'avais assez d'argent pour entreprendre le voyage.

- Et de quoi sont morts vos parents ?

- Ils étaient en voyage aux USA et ont été tués à New York.

- Ma pauvre enfant ! s'écria Mme de la Gacilly.

- Miss Granger, je ne vous cacherai pas que je suis un peu sceptique. Votre histoire comporte de nombreuses invraisemblances, comme le fait qu'on vous ait autorisée à garder une enfant en bas âge dans un pensionnat. Mais je n'insisterai pas là-dessus pour le moment. Tout ce que je veux savoir, c'est si nous pouvons récupérer Amélie.

- C'est pour ça que je suis ici. J'ai réalisé que nous ne pouvions garder Amélie, alors que nous n'avons aucun droit sur elle. Seulement, j'espérais que vous pourriez peut-être nous laisser la voir de temps en temps.

- Cela reste à voir, répondit sèchement l'homme.

- Très bien. Si vous êtes d'accord, il y a un avion à 15 heures pour Londres.

Le couple avait fait bonne impression à Hermione. Le mari semblait plus intransigeant et méfiant envers Hermione, mais quoi de plus normal ? Elle était certaine qu'avec eux, Amélie ne pourrait qu'être heureuse. Et elle ne doutait pas que la femme accepterait un droit de visite.

Pendant tout le voyage de retour, Anne de la Gacilly harcela Hermione de questions sur les habitudes d'Amélie. Elle y répondit avec le sourire, tout en racontant quelques anecdotes soigneusement épurées de toute allusion à la magie. Dès qu'ils arrivèrent à Londres, ils prirent un taxi et Hermione lui donna l'adresse de Severus. Hermione expliqua leur destination.

- Nous allons chez le Professeur Severus Rogue, Amélie s'est énormément attachée à lui.

- Elle le considère comme un père, oui, comprit Anne.

- Amélie ne se trouve pas chez lui, elle est chez mon meilleur ami. Le Professeur Rogue tenait à vous rencontrer en privé.

- C'est intolérable ! explosa Armand. Vous n'avez aucun droit sur elle.

- Je le sais M. de la Gacilly. Cependant, nous agissons pour le bien de l'enfant. Amélie est intelligente. Elle va comprendre qu'il se passe quelque chose si elle vous voit. Or, nous lui avons promis que nous serions toujours là pour elle.

- « Nous » ? releva Anne.

- Le Professeur Rogue et moi.

- Vous voulez de l'argent c'est ça ?

- Armand, enfin !

Hermione fusilla l'homme du regard. Il osait insinuer qu'ils gardaient l'enfant pour leur extorquer de l'argent.

- Je vous rassure sur ce point, Monsieur. Je n'ai pas besoin de votre argent, mes parents m'ont mise à l'abri du besoin.

- Cela reste à prouver.

Hermione n'eut pas le temps de répliquer, ils étaient arrivés. Severus devait les guetter puisqu'il ouvrit la porte alors qu'ils descendaient du taxi. Hermione s'approcha de lui. D'un regard, Severus capta par Légilimencie toute la rencontre à Lyon. Il hocha la tête.

- M. et Mme de la Gacilly, voici le Professeur Severus Rogue. Professeur, voici les grands-parents d'Amélie.

- Enchantée, répondit la femme.

L'homme se contenta de toiser Severus qui soutint son regard sans broncher. Finalement, ce fut l'homme qui baissa son regard. Hermione se félicita que son fiancé n'ait pas usurpé sa réputation de terreur. Le Sorcier les fit entrer et Hermione annonça qu'elle allait faire du thé.

Dans la cuisine, elle soupira et contacta Harry par cheminée. Ce fut Drago qu'elle trouva dans la cuisine du Square.

- Déjà de retour ?

- Oui, et avec les grands-parents. Harry est là ?

- Il joue avec la petite avec Ginny, Pansy et Weas… Ron. Je l'appelle.

Harry arriva peu après et Hermione lui résuma la visite en France.

- Ce type risque de nous poser des problèmes non ?

- Il est inquiet, c'est tout. Enfin, il m'a insultée, mais il n'a pas réussi face à Severus.

Harry rit.

- Celui qui fera plier son Severus n'est pas encore né !

Elle se permit un bref sourire.

- Bon, prépare Amélie. Vous pourrez venir d'ici trente minutes environ.

- Ok, je transplanerai non loin avec Amélie. Par contre, je crois que Ginny, Ron et Pansy ne veuillent venir pour lui dire au revoir.

- Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée.

- Moi non plus. Mais ils veulent s'assurer que nous ne la confions pas à des monstres.

- Ils n'ont pas confiance en Severus et moi ?

- Tu connais Ron. Il ne croit que ce qu'il voit.

- Mmm… Bon, qu'ils viennent s'ils le souhaitent. A plus tard.

- A plus.

Dans le salon, le couple moldu interrogeait Severus sur ses activités. Pour le monde moldu, il était Professeur de Sciences. Quand ils voulurent savoir la spécificité du pensionnat, Severus leur répondit qu'il s'agissait d'un établissement pour enfants surdoués.

- Vous êtes une surdouée ? s'étonna Anne.

- Oui. Mes parents n'avaient pas d'autre choix pour moi.

Armand s'impatienta.

- Bien, où est notre petite-fille ?

- Elle sera là dans une demi-heure.

Severus lui jeta un regard interrogatif.

- Non, elle ne sait rien. Et puis, ce n'est pas à Harry de lui dire, mais à nous.

- De toute façon, elle va très vite comprendre.

- Il faut aussi que je vous dise. Tous nos amis ont décidé de venir, pour dire au revoir à la petite.

- Tous ? releva Severus, ennuyé.

- Eh bien, Ginny, Ron et Pansy oui. Surtout Ron. A croire qu'il la considère comme une autre sœur ?

- Il n'aurait pas pu se contenter de son unique sœur ?

- Si seulement tout était aussi simple. M. et Mme de la Gacilly, mes amis ont décidé d'accompagner Amélie, afin de vous rencontrer. Comprenez bien que nous l'adorons et que… enfin, j'espérais que vous permettriez que nous la revoyions de temps en temps.

- Pourquoi pas ? concéda Anne.

- Hors de question ! tonna Armand.

- Mais enfin ! s'écria Anne. Ils se sont occupés d'Amélie. Tu ne vas pas les priver de la revoir.

- Ça suffit Anne. Miss Granger, Professeur, je vous suis reconnaissant d'avoir pris soin d'elle, mais ce n'était pas à vous de le faire. Si vous aviez attendu l'arrivée de la police, rien de tout cela ne serait arrivé.

Si elle avait attendu leur arrivée, elle serait morte. De plus, l'attaque de Voldemort ce soir-là avait fait une dizaine de victimes, et sans l'intervention de Severus, qui sait ce qui se serait passé ?

- Ce n'est pas aussi simple que vous semblez le croire.

- Que nous cachez-vous ? Vous étiez sur la liste des portés disparus, tout comme Amélie. La police a cherché sans succès l'école où vous faisiez vos études. A croire que vous aviez disparu de la surface terrestre. Puis, vous nous annoncez que vos parents ont été assassinés à New York, suivie d'une histoire abracadabrante sur le fait que vous ayiez pu garder une enfant dans ce pensionnat. Je ne suis pas stupide, Miss Granger.

Hermione jeta un regard suppliant à Severus, mais celui-ci n'avait pas de réponses à lui fournir. Ce fut avec un immense soulagement qu'elle entendit la sonnette retentir.

- Je vais ouvrir, annonça-t-elle en bondissant sur ses pieds.

- Vous ne serez pas éternellement sauvée par le gong, Miss Granger, prévint le Français.

La jeune fille accueillit ses amis avec un sourire crispé.

- Tout va bien ? s'inquiéta Ginny.

- On ne peut mieux ! Bonjour mon cœur ! dit-elle en prenant Amélie dans ses bras.

- Maman ! 'Ry m'a raconté comment le méchant il a été chassé pour toujours ! Et James, il a vécu heureux et a eu beaucoup d'enfants !

L'enfant faisait allusion à l'histoire que Harry lui racontait, une histoire inspirée de leurs propres aventures. Drago eut un sourire ironique.

- Quel beau conte ! En attendant, je ne vois toujours pas pourquoi Ginny m'a obligé à venir !

- Arrête un peu ! coupa la rousse. Toi aussi, tu adores Amélie.

- Maman, 'Ry il m'a dit qu'on allait dans la maison à Papa ! C'est vrai ?

- Oui, ton Papa habite ici. Mais avant, j'ai deux personnes à te présenter.

Le petit groupe entra dans le salon, et le couple se leva aussitôt. Les yeux de la femme s'emplirent de larmes et elle courut vers la petite fille qui recula de peur et se cacha derrières les jambes d'Hermione.

- Amélie ! Je suis tellement heureuse de te voir ! Tu me reconnais ?

Hermione s'agenouilla.

- Mon ange, tu reconnais ta grand-mère ? C'est la Maman de ta vraie Maman.

- C'est vrai ?

- Oui, et ce Monsieur, c'est ton grand-père. Tu les as déjà rencontras, tu t'en souviens ?

- Je sais pas… Ils sont gentils ?

- Bien sûr que oui. Ils t'ont longtemps cherché tu sais.

- Mais… Ils sont pas venus aider ma Maman quand les méchants hommes ils ont fait du mal !

Hermione se mordit la lèvre.

- Qu'est-ce que c'est que cette histoire encore ? rugit Armand. Qui a fait du mal à notre fille et gendre ?

- Les méchants en noir ! répondit Amélie, en commençant à pleurer. Papa et Maman, ils ont crié, et puis après, mon autre Papa, il est venu !

- Amélie… voulut intervenir Hermione.

- Maman ! Après les hommes en noir, ils ont voulu t'embêter. Et Papa, il t'a sauvée.

- J'en ai assez de ces affabulations. Amélie vient avec nous en France, et je vous interdis de la revoir !

Il voulut s'approcher, mais elle se cacha derrière Harry.

- T'es méchant aussi ! Papa et Maman, ils ont dit qu'on sera toujours ensemble ! Papa, il a promis !

- Ce ne sont pas tes parents ! Tes vrais parents sont morts !

- Oui, mais ils sont devenus des anges ! Comme les parents de Harry et Maman !

- C'est ridicule. Anne, on prend l'enfant et on s'en va loin de cette maison.

- Je ne saurai trop vous conseiller de ne pas la brusquer, intervint Severus.

- Je n'ai pas de leçon à recevoir de vous. Anne ! Prépare-la !

Hermione tentait de raisonner la petite de son côté.

- Voyons, Amie. Tu dois aller chez tes grands-parents.

- Non ! Tu m'as promis !

- Je sais. Mais tu ne peux pas rester avec nous. Nous ne sommes pas tes vrais parents.

- Alors, je reste avec mon amoureux 'Ry !

- Harry ! Aide-moi !

De leur côté, Drago était mort de rire, sous le regard furieux de Ginny.

- Amélie ne manque pas de toupet ! Tenir tête au Survivant et à Granger ainsi relève du grand art !

- Dray !

- Je te signale que c'est toi qui m'a obligé à venir !

Quant à Ron, à côté de Pansy, il évaluait le couple français alors que le mari se disputait avec Severus.

- Je pense qu'il n'est pas méchant. Juste un peu sur les nerfs.

- On peut leur confier Amélie sans crainte alors.

- Oui. Mais je doute qu'il accepte qu'on la revoie.

- Amélie ne va pas accepter ça. Elle est trop attachée à ses parents de substitution ;

- C'est à Hermione et Severus de la convaindre.

- Cela ne se fera pas sans mal.

Ron acquiesça. Amélie n'allait jamais accepter cette trahison.

………

Hermione et Harry tentaient sans grand succès de convaincre Amélie. Cette dernière pleurait, à la grande exaspération de son grand-père. Anne tentait aussi de l'amadouer, en vain.

- Mais faites la taire ! s'écria-t-il au comble de la fureur.

A ce moment, Amélie se mit à hurler de plus belle, et à la grande surprise de toute l'assemblée, un vent violent se leva dans la pièce, et tout ce qui était en verre se brisa. Les objets se mirent à voler à travers le salon, et Severus évita un projectile de justesse. Les réflexes des Sorciers prirent le dessus. D'un geste, Harry, Ron et Hermione créèrent des boucliers de défense autour des Moldus et d'Amélie. Drago et Ginny déviaient les meubles de leur trajectoire et tentaient de les reposer à leur place. Severus tenta de raisonner l'enfant. Mais celle-ci n'écoutait pas. Elle hurlait et pleurait, mettant le pièce à sac par sa magie en colère.

Les Moldus, à l'abri, observaient la scène avec ahurissement. Severus interpella Hermione et Harry.

- Hermione ! Potter ! Essayez de la calmer !

- Elle n'écoute pas ! protesta la Gryffondor.

- On peut la stupéfixer ? proposa Malefoy.

- C'est toi que je stupéfixe qui tu répètes tes âneries, Malefoy ! répliqua Harry.

- C'est pas le moment vous deux ! gronda Ron. Hermione ! Que faisons-nous ?

- Je ne sais pas ! Attendre qu'elle se calme ? Sa magie va vite s'épuiser, surtout à cet âge-là.

Pansy se pencha et murmura à l'oreille de Ron.

- N'oublie pas les Moldus.

- Zut !

D'un regard, le roux lui désigna le couple. Hermione haussa les épaules.

- Le plus important, c'est de calmer Amélie. Si elle ne se calme pas très vite, elle va démolir la maison de Severus.

- Alors Malefoy avait raison ! Un Stupéfix…

- C'est une enfant de quatre ans, pas un Mangemort !

- Tu vois une autre solution ?

Severus sentait son sang-froid le déserter à toute allure. Lui aussi songeait sérieusement à stupéfixer Amélie, mais Hermione lui en voudrait.

- Amie, s'il te plaît, calme-toi ! exhortait Harry.

Puis, comme l'avait prévu Hermione, la tempête s'apaisa en même temps que la magie d'Amélie s'épuisait. Elle s'effondra à terre, ses sanglots déchirants emplissaient le silence revenu. Pansy et Ginny soupirèrent de soulagement. Contre toute attente, ce fut Drago qui prit les opérations en main.

- Granger, Professeur, allez dans la cuisine avec M. et Mme de la Gacilly, et tentez de leur expliquer la situation. Potter et Ginny, calmez Amélie par n'importe quel moyen. J'ai bien dit n'importe lequel, servez-vous de vos baguettes si besoin.

- Mais Dray… commença Ginny.

Drago lui lança un regard glacial, et elle n'osa pas insister. Le « naturel Malefoy » revenait au grand galop en situation de crise ! Le Serpentard se tourna enfin vers Ron et Pansy.

- Tous les deux avec moi, nous rangeons cette pièce. Qu'est-ce que vous attendez pour bouger ! La résurrection du Roi Arthur ?

Tous s'empressèrent d'obéir. Une fois dans la cuisine, Hermione refit du thé dans lequel elle versa quelques gouttes d'un Philtre de Calme pour le couple. Et de fait, Armand explosa bientôt.

- Qu'est-ce que c'était ? Qu'avez-vous fait à ma petite-fille ?

- M. de la Gacilly… tenta Hermione.

- Non, Hermione, coupa Severus. Je vais lui expliquer. Inutile de cacher quoi que ce soit à présent.

Elle se résigna, malgré la peur qui lui nouait l'estomac. Si le couple décidait de rendre l'affaire publique, le Ministère leur tomberait dessus, Héros de Guerre ou pas.

- M. et Mme de la Gacilly, vous venez d'être témoins d'une manifestation de magie d'Amélie.

- Comment est-ce possible ? souffla Anne. La magie n'existe pas.

- Voilà la preuve du contraire. Hermione, moi-même et les personnes dans la pièce d'à côté… Nous sommes des Sorciers. Nous avons emmené Amélie dans une école de Sorcellerie, étant donné qu'elle était en danger. Votre fille et votre gendre ont été tués par des Sorciers Noirs, à la poursuite d'Hermione Granger. Dans notre monde, entourée de magie, celle d'Amélie s'est réveillée, et le choc émotionnel d'aujourd'hui n'a fait que la déchaîner. Il ne fait aucun doute que si elle vous avait suivi sans difficulté, elle aurait fini par recevoir une lettre l'informant qu'elle est une Sorcière.

- Mais… nous ne sommes pas…

- Anne, remarqua la Gryffondor, semblait plus réceptive, et acceptait l'existence de la magie et des Sorciers.

- J'ai une théorie, dit-elle. Amélie est dans la même situation que moi. Mes parents sont dépourvus de pouvoirs magiques. Cependant, pour une raison inconnue, ma magie s'est éveillée dans mon enfance. Je pense que chaque individu possède la magie en lui, magie qui se réveille beaucoup plus facilement chez un enfant dont les parents sont Sorciers. Amélie a passé une année dans notre monde, environnée de magie. Sa magie s'est déclenchée aujourd'hui… et comme vous pouvez le voir, si elle n'est pas contrôlée, elle peut faire des ravages.

- Tout ceci n'est qu'une manipulation pour garder Amélie avec vous ! gronda Armand.

Severus et Hermione le fixèrent. Anne prit leur défense.

- Armand, tu es ridicule. Tu as vu comme moi ce qu'il s'est passé. Ce n'était pas une mise en scène. De même, nous avons été protégés, sinon Dieu sait ce qui se serait passé si un meuble nous avait heurtés. La magie existe.

- Anne, tu as toujours eu une imagination débordante !

- Faut-il que tu sois sourd et aveugle pour ne pas admettre la vérité ! Je crois que Miss Granger et le Professeur. Amélie ne serait pas heureuse avec nous. Elle ne nous connaît pas. De plus, nous ne connaissons rien à la magie. Nous ne saurions pas l'élever convenablement.

- Anne ! Tu perds la tête !

La femme secoua la tête.

- Tu n'es pas si obstiné d'habitude. Depuis la mort de Laura, notre fille, tu es devenu insensible. Maintenant, pour le bien d'Amélie, je te demande de redevenir l'homme que j'aime, celui qui a été un père merveilleux pour notre fille.

Armand parut décontenancé par les paroles de sa femme. Puis, comme si une digue se rompait en lui, il fondit en larmes.

- Suis-je devenu un monstre insensible ?

Sa femme l'enlaça.

- Non, bien sûr que non, mon chéri. Mais maintenant, il faut penser au bien-être d'Amélie.

Il acquiesça en silence, et Anne se tourna vers Hermione et Severus.

- Il semblerait que ce soit à nous de vous demander une faveur, Miss Granger.

- Non Madame, c'est à vous de décider.

- La solution semble pourtant simple. Amélie sera en sécurité avec vous. Mais si nous ne pouvions la voir de temps en temps…

- Nous ne saurions la priver de ses grands-parents ! A vrai dire, si sa magie ne s'était pas déclenchée, nous vous l'aurions confiée. Après tout, nous ne sommes pas sa vraie famille.

- Elle vous considère comme telle, c'est plus que suffisant. Et elle semble très attachée à ce jeune homme…

- Harry Potter, mon meilleur ami. Je vous propose une chose. Amélie va rester avec nous pendant l'année scolaire, et elle passera ses vacances en France, avec vous. Qu'en pensez-vous ?

- Ceci est une excellente idée, Miss Granger. Il me reste quand même une question.

- Je vous écoute.

- Vous et le Professeur Rogue êtes ses parents de substitution. Pourtant, vous êtes bien fiancée à quelqu'un, si je me fie à votre bague.

Le couple Sorcier échangea un regard, Hermione clairement gênée, mais Severus passa un bras autour de sa taille.

- Hermione est ma fiancée.

Anne les dévisagea bouche bée, et même Armand les fixa, la voix semblant les déserter. Severus reprit.

- Amélie nous a peu à peu rapprochés, sans que nous nous en apercevions.

- Eh bien… des félicitations s'imposent… balbutia Anne. Après tout, personne ne décide de ses sentiments.

Quand les quatre quittèrent la cuisine pour regagner le salon, Harry et Ginny avaient réussi à calmer Amélie et celle-ci se cramponnait à la robe d'Harry. Ron et Drago se fusillaient de regard de chaque bout de la pièce, au grand désespoir de Pansy et Ginny. Hermione et Anne se dirigèrent vers Harry.

Ginny interrogea son amie du regard.

- Tout va bien Gin.

- Alors tant mieux.

Hermione s'agenouilla devant l'enfant.

- Amie…

- Tu as promis.

- Je sais mon cœur. Et je vais tenir ma promesse.

Tous les Sorciers présents la fixèrent avec attention, surpris.

- Tu vas passer l'été avec tes grands-parents. Je suis sûre…

- Non !

- Ecoute-moi Amie ! trancha Hermione, fermement.

- Tu vas partir !

- Non. Tu vas passer seulement l'été en France. Après, je viendrai te chercher. Je te le jure et Severus aussi.

- Je te crois pas.

- Je sais. Alors on va sceller cette promesse.

Devant le regard intrigué de la fillette, elle défit sa boucle d'oreille, une simple créole en or, la referma et la passa autour de sa chaîne, celle qui avait autrefois contenu sa bague. Puis, elle passa la chaîne au cou d'Amélie.

- Je te prête ma boucle d'oreille. Garde-là toujours sur toi, car je reviendrai la chercher.

L'enfant leva ses grands yeux bleus sur sa mère.

- Alors c'est vrai ? Tu viendras me chercher ?

- Croix de bois, croix de fer…

- Si tu mens, tu vas en enfer.

- Oui.

Avec un sourire radieux, Amélie se jeta au cou de sa mère.

Plus tard, alors que la petite faisait connaissance avec ses grands-parents, Hermione expliqua à ses amis l'accord passé avec le couple français. Et elle apprit par la même occasion la raison du désaccord entre Ron et Malefoy.

- Finalement, cette explosion arrange tes affaires, Granger.

- Eh bien oui et non. Bien sûr, je suis contente qu'Amélie reste avec nous, mais en même temps, je suis triste pour ses grands-parents. Ils ont perdu leur fille…

- Tu es trop sentimentale.

- Et toi, trop Serpentard. Et merci pour ton aide tout à l'heure.

- Heureusement que je suis là pour garder le contrôle en main. Vous les Gryffondor, vous paniquez à la moindre crise !

- Hé ! s'indigna Ron.

- Qu'est-ce que je disais ? se moqua le blond.

Pansy dut retenir Ron pour éviter que celui-ci ne saute à la gorge de son ennemi. Ginny jeta un regard désapprobateur à son petit-ami.

- Dray, arrête cela !

- Ce n'est pas ma faute si ton frère ne sait pas se contrôler !

- Allons bon, qu'est-ce qui se passe encore ? intervint Severus.

- Ron n'a pas accepté que Drago lui donne des ordres, répondit Pansy.

- Ron, quand grandiras-tu ? soupira Hermione.

- Mione ! Tu pourrais prendre ma défense !

- Pas quand tu te conduis ainsi. Drago a réagi efficacement alors que nous étions sous le choc.

Devant le raisonnement de son amie, Ron ne put que s'incliner et il s'enferma dans un silence boudeur. Pansy secoua la tête, navrée.

- Désolée pour lui.

- Tu n'as pas à t'excuser de ses erreurs, reprocha Ginny.

Ils rirent et chahutèrent. Severus les observa, tandis qu'Hermione s'amusait avec eux. Merlin qu'il l'aimait ! Pour la première fois depuis longtemps, un sentiment de plénitude l'envahit. Il avait l'impression qu'une nouvelle vie s'ouvrait à lui, après un long passage dans l'ombre. A ce moment, Hermione croisa son regard et lui offrit un sourire radieux. A ce moment, Amélie se jeta dans ses jambes et il la souleva dans ses bras en riant. Oui, cette fois, les ténèbres étaient loin, et avec sa famille à ses côtés, elles ne seraient que de vagues menaces sans importance.


Voilà, c'est la fin de la fic, l'épilogue arrive le 31 à minuit, pour la nouvelle année !! Bisous à tous !