Chapitre 3

« Mon Dieu ! Il est 9h30. Je dois me dépêcher.

Harry mit rapidement quelques vêtements propres, transplana pour Prè au Lard et se dirigea vers le château en réfléchissant à un moyen de conserver son identité secrète face à cet homme intelligent qu'était le directeur de l'école.


Harry s'arrêta dans un petit pub entre le village de Prè au Lard et l'école pour aller aux toilettes et placer son charme de dissimulation. Il s'assura que la salle de bain était vide et verrouilla magiquement la porte afin de ne pas être dérangé. Il se mit devant le miroir et regarda son reflet avec attention. Que faire ? Pensa-t-il. Il ne voulait rien faire de trop drastique parce qu'il avait besoin de se souvenir comment recréer l'image. Il élargit un peu sa mâchoire et rendit son nez un peu moins anguleux. Il essaya de cacher sa cicatrice mais cette chose ne voulait pas disparaître. Une légère forme d'éclair apparaissait encore sur son front, mais il pouvait la couvrir facilement avec ses cheveux qu'il avait magiquement adoucit et aplatit. Il pensa avec amusement à ses cheveux désordonnés et lourds. Ils ajoutaient de la hauteur à sa taille et il semblait affreusement plus petit sans ses cheveux dans tous les sens. Il les avait aussi éclaircis et étaient maintenant châtains clairs, un peu comme ceux de Greg pensa Harry avec tristesse. Reprends-toi ! Ce n'est pas le moment, se dit-il en refoulant les larmes qui le menaçaient.

« Arrête-toi ! » S'admonesta t'il à haute voix en se frappant le visage. « Tu n'as pas le temps pour ça maintenant. » Il mit la main dans sa poche et en sortit un appareil photo moldu qu'il avait magiquement rétréci pour qu'il tienne dans sa poche. Il prit une photo de lui pour se rappeler à quoi il ressemblait quand il essaierait de replacer le charme de dissimulation. Il réduisit à nouveau le polaroïd et l'appareil photo puis les remit dans sa poche. Maintenant ses yeux. Il sortit l'étui qui contenait les lentilles de contact de Greg. Greg avait une très mauvaise vue, mais celle d'Harry était bien pire. Elles étaient marron. Les yeux de Greg étaient marrons clairs et il achetait des lentilles marron foncé parce qu'il n'aimait pas vraiment la couleur de ses yeux.

Ses yeux se voilèrent à leur vue. « Merde, je ne peux vraiment pas le faire. » Harry fut submergé momentanément par ses souvenirs.

« Greg, c'est dégoûtant. Comment peux-tu faire ça tous les jours ! »

« Laisse tomber, c'est juste des lentilles. Beaucoup de personnes en mettent. Tu écarquilles simplement les yeux, comme ça. »

« Oh. Eloigne-toi de moi quand tu ouvres tes yeux de cette façon, je viens juste de prendre mon petit déjeuner. Ouche ! Arrête de toucher ta pupille. C'est dégoûtant. »

« Tu es une telle fille Jason. Ca ne fait pas mal. »

« Comment peux- tu supporter d'avoir ces choses là dans tes yeux toute la journée ? »

« Ce n'est pas si mal chéri, on a juste l'impression d'avoir un grain de poussière dans l'œil. Penses-tu, j'admets que mes lunettes sont beaucoup plus confortables, mais elles s'embuaient dans la cuisine. Ainsi, je vois mieux ce que je fais quand il y a de la fumée et des objets pointus tout autour de moi. »

« Tu as raison. Mais c'est toujours dégoûtant. »

Harry aspergea son visage d'eau froide et sécha ses larmes. Il essaya de réguler sa respiration ce qui était assez difficile puisque sa poitrine était comprimée. « Laisse tomber Potter. », Se dit-il.

« Bien, maintenant je peux le faire. » Il prit l'une des lentilles et essaya de la mettre. Il tira sur la partie basse de sa paupière et laissa la lentille tomber par terre.

« Merde » Il chercha ses lunettes à tâtons, « Bien jouer Potter. C'est bon de savoir que tu es encore en forme, toi. Si tu ne te trahis pas, ta maudite maladresse le fera. » Il remit ses lunettes et passa les cinq minutes suivantes à genoux, à chercher la lentille.

« Bien » dit-il en la ramassant. Il s'assit contre le mur. « Ce ne doit pas être si difficile, Greg le faisait tout le temps. » Greg était aussi un géni culinaire et était sacrément plus coordonné que tu ne l'es.

Après plusieurs minutes de lutte et d'essai infructueux, il finit, avec une large dose de chance, par les mettre.

« Merde, j'aurais dû y penser un peu plus. »

Greg avait peut-être une mauvaise vue, mais la prescription des lentilles de Greg n'était pas assez forte pour Harry. Il pouvait voir, en quelque sorte, s'il se concentrait sur les formes devant lui.

« Bon, j'aurais acheté mes propres lentilles si Dumbledore m'avait laissé un peu plus de temps avant l'entretient. En parlant de ça, je vais être vraiment en retard. »

Il regarda son reflet une nouvelle fois, pour autant qu'il puisse voir de toute façon, et dit, « Tu vas devoir faire quelque chose au sujet de cette habitude de te parler à toi-même. C'est perturbant ! »


Harry approchait les limites de l'école, essoufflé et avec appréhension. Tout semblait pareil. Tout paraissait exactement comme dans ses souvenirs. Bon, à quoi t'attendais-tu ? Il fut accueilli par Minerva MacGonagall qui était aussi imposante que ce dont il se rappelait, mais cela était tempéré par le sourire chaleureux et amical avec lequel elle le salua.

« M. Green, merci d'être arrivé aussi vite. Je me rends compte que le directeur vous a laissé très peu de temps pour vous préparer, mais, eh bien, il était, simplement heureux de recevoir une candidature. Je suis le professeur MacGonagall, mais s'il vous plait, appelez-moi Minerva. Nous sommes tous amis. Oh, bonté divine, vous boitez. Vous auriez dû nous en informer, nous nous serions arrangés pour aller vous chercher. »

« Non, non, ma cheville va bien. C'est une vieille blessure. Elle n'est ne me fait pas du tout souffrir mais elle n'a jamais eu la chance de guérir correctement. Mais dites-moi, il n'y a eu qu'UNE seule candidature ? Comme seulement une ? »

« Oh, non. Les candidatures. Il en a eu plusieurs, beaucoup. Par ici, s'il vous plait. »

Harry trébucha sur la première marche. Maudites lentilles. « Uhm, vous êtes sûr de ne pas avoir besoin d'aide. Votre cheville- »

« Non, merci Minerva. Je ne regardais pas où j'allais. »

Hmm, ouais, le poste est toujours maudit, pensa Harry. Je ne sais pas si c'est une bonne ou une mauvaise chose. Improvise, tu le fais souvent.

Dans une crise de paranoïa, Harry pensa, Maudit Malfoy ! Ma cheville va-t-elle me trahir ? Il soupira. Ne sois pas ridicule, Potter. Harry avait entre autre reçu cette blessure, lors la bataille finale entre le bien et le mal. Lucius Malfoy était resté aux côtés de son maître et Harry avait dû se battre avec lui avant de pouvoir atteindre Voldemort. La forme de Lucius, s'était effondrée devant lui, sous l'effet d'un sort douloureux. Harry le pensait au mieux inconscient, au pire mort. Il les avait surpris tous les deux, quand l'homme mourant avait rampé silencieusement jusqu'à lui et poussé sa baguette à travers la cheville d'Harry, en lui jetant un sort. Harry avait été distrait pendant son combat contre Voldemort. La baguette s'était logée dans sa cheville et avait fracassé l'os. Le sort s'était libéré à l'intérieur de son corps et avait provoqué des dommages irréparables aux muscles et tendons de sa cheville et de son pied. Harry avait réussi à arracher la baguette, mais les dommages étaient déjà faits.

Quand Dumbledore avait trouvé Harry, après la bataille, il était inconscient, sur le sol. Dumbledore l'avait transporté à Sainte Mangouste, il n'était donc pas au courant qu'il boitait. Bien, c'est une chose de moins à s'inquiéter de toute façon.

Minerva le sortit de sa rêverie, en prononçant le mot de passe qui mène aux quartiers du directeur, « cacahouète à la praline » et lui dit de monter les escaliers. Le directeur l'attendrait à la porte.

Harry n'avait pas besoin de ce conseil. Il savait parfaitement bien comment atteindre le bureau du directeur. Après tout, il avait passé suffisamment de temps là quand il était étudiant puis en tant que membre de l'Ordre du Phoenix pendant la guerre.

En s'approchant de la porte, il entendit des voix venant du bureau.

« Vous vous méprenez sur mes paroles, Remus. Je n'ai pas du tout dit ça. Tout ce que je dis, est que nous le cherchons depuis des années, Remus, des années. Sept ans en fait. Laissez tomber. Harry est parti et nous n'avons aucune idée de l'endroit où il peut être. Il s'est extrêmement bien caché. »

« Et si cette fois c'était la bonne Albus ? Et si-»

« Pourquoi pensez-vous que cette piste pourrait mener quelque part alors que toutes les autres n'ont rien donné ? Remus, ça fait sept ans. Nous avons fait tout ce que nous avons pu. Harry ne veut pas être trouvé. Nous devons respecter sa décision. Pourquoi ramener cela aujourd'hui Remus ? »

« C'est son anniversaire aujourd'hui, Albus. Il doit avoir vingt six ans. C'est un jeune homme maintenant. » Un reniflement se fit entendre du bureau.

« Je sais Remus. Il me manque aussi. » Dit Albus doucement. « Allez vous reposer. Je passerai ce soir, vers l'heure du dîner. Pour l'instant, j'attends quelqu'un pour un entretient, pour le poste de Défense Contre les Forces du Mal, rien de moins. Voyons voir si celui-ci durera. »

« Vous avez raison, Albus. Je vous quitte. Je vous attends vers dix-neuf heures alors ? »

« Ca me semble parfait, Remus. » Sur ces paroles, Remus disparut de la cheminée.

Harry se sentait mal élevé d'avoir écouté une conversation privée, mais été aussi choqué que les gens le cherchent toujours. Il s'était attendu à ce qu'on le recherche quelque temps mais pas autant. Il était heureux d'avoir pris toutes ces précautions. Il savait qu'Albus avait un large réseau moldu, qui pouvait suivre la trace d'un acte aussi simple qu'un changement de nom. Tout ce qu'il aurait eu à faire était d'examiner le nom Harry Potter et il aurait été facile de le retrouver.

Aussi rusé qu'Albus puisse l'être, Harry était fier de lui. Il avait été plus futé que son vieux mentor sur cette affaire. Il s'était arrangé pour avoir les papiers légaux et changer de nom dans un petit registre où il y avait peu de papiers à suivre. Il avait ensuite effacé, subtilement et avec talent, l'incident de la mémoire de tous ceux avec qui il était entré en contact au journal et s'était également arrangé pour que les papiers soient envoyés directement au bureau central afin de s'assurer que personne ne se souvienne de l'évènement. Il a été si loin, qu'il avait même placé un sort de dissimulation sur le journal. De cette manière si une personne le lit, il verra que Neville Black est devenu John Smith. Cependant, si un jour il avait besoin du document original, il pourrait alors retourner au bureau central, retirer le document et enlever le charme. Il n'était pas bête au point de détruire la copie originale d'un document légal. L'une de tes meilleures trouvailles Potter. Ca impressionnerait même Snape, pensa-t-il et c'était important, si l'on considérait que Snape était l'espion des espions et était imbattable dans les jeux d'intrigue et de ruse.

Albus a-t-il dit que je lui manquais aussi ? Ha, il regrette de ne plus avoir un puissant sorcier à ses côtés qui puisse s'occuper de ce qui arrive, pensa Harry amèrement. Et c'est vrai pensa-t-il avec surprise, c'est mon anniversaire aujourd'hui.

Il eut l'impression qu'Albus était soudain sorti et le saluait, « M. Green, jeune homme, s'il vous plait, entrez. Voulez-vous du thé ? Un gâteau ? Je suis sûr que vous devez avoir faim. »

« Non, merci Monsieur et s'il vous plait, appelez-moi Jason. »

« S'il vous plait appelez-moi Albus. Asseyez-vous, voulez-vous ? »

Harry boita jusqu'à la chaise et s'assit confortablement. Albus le regarda attentivement tout le temps.

« Nous avons une excellente infirmière dans notre personnel Jason, voulez-vous qu'elle regarde votre cheville ? Je suis sûr que ça ne la dérangera pas. » Lui proposa Albus.

« Non, non. Merci Monsieur. C'est une vieille blessure que je me suis faite en faisant du sport. Il ne faut pas s'inquiéter. Je ne la sens plus. Je boite simplement parce qu'elle n'a pas guéri correctement. Les moldus guérissent, c'est tout. »

Albus s'installa dans le chintz mou et se servit une tasse de thé. Il en but une gorgée et dit, « J'étais très heureux de recevoir votre candidature. Que faites-vous exactement ? »

« Je suis chimiste, Albus, dans le Londres moldu. Je possède en fait, ma propre pharmacie. »

« Aimez-vous ce que vous faites ? »

« Oui, énormément. »

« Alors, si vous le permettez, pourquoi voulez-vous changer de profession ? »

Harry se débattit pour lui donner une réponse. Les larmes lui piquaient déjà les yeux. Il serra les dents et contracta sa mâchoire. Il se concentra pour réguler sa respiration. Il ne devait pas s'effondrer ici. C'était une innocente question. Tout le monde l'aurait posé, mais Harry ne s'y était pas préparé et il fut pris par surprise.

« Il est arrivé quelque chose. et j'ai besoin d'un changement. quelque chose qui puisse devenir une routine après un certain temps. Je cherchais un nouveau défi. »

Il tâtonnait pour donner une réponse plausible et espérait vivement que ce serait suffisant.

Albus continua à siroter son thé. « Oh oui, je suis tout à fait d'accord. Je ne pensais pas rester aussi longtemps directeur mais ce travail et cette école en particulier, offre d'uniques défis. Une chose pour chacun, je dirai. » Il but une nouvelle gorgée de thé. « Vous avez reçu un entraînement sorcier ? »

« Oui. »

« Où êtes-vous allez à l'école Jason ? Je ne me souviens pas vous avoir eu en tant qu'étudiant. »

Harry avait prévu cette question. Il avait passé le temps entre Prè au Lard et l'école à répéter les réponses qu'il pourrait donner à ce genre de question.

« Eh bien, j'ai été formé dans une petite école du sud. Nous n'étions qu'une trentaine et ce n'était pas vraiment une école mais un petit groupe de personnes. Un sorcier supervisait notre enseignement. Je vous assure que je suis qualifié pour enseigner le sujet. En fait, je serai heureux de vous faire une démonstration si vous voulez tester mes capacités, si vous le jugez nécessaire. »

« Je ne pense pas que cela soit nécessaire, Jason. Vous dites avoir été élevé dans le sud ? »

« Oui. »

« Mais votre accent vient de Londres. »

« Oui. Je suis né ici, mais je suis parti dans le sud très jeune. Je viens de revenir et comme vous pouvez le constater, je n'ai pas perdu mon accent. Ou peut être l'ai-je repris. Les accents britanniques sont assez forts et assez faciles à avoir, n'êtes-vous pas de mon avis ? »

Mon vieux, pensa Harry, c'était plus que légèrement boiteux. J'ai porté des pulls en laine moins filandreux que cette histoire. Bon, il n'a pas l'air de douter de moi, mais avec Albus, on ne sait jamais.

« Bien dit. Moi-même, j'adore les distractions moldues. Je crois me souvenir d'une jeune artiste, Miss Keylie Minogue. Ma nièce l'adore. Je crois qu'elle est australienne, mais maintenant elle me parait plus britannique qu'australienne. Je pense personnellement que ça doit être ça. Je vois ce que vous voulez dire. »

Whew, pensa Harry. Il rit avec Albus. « Puis-je vous offrir une autre tasse de thé ? » Lui demanda Albus.

Harry venait de remarquer qu'il était si nerveux qu'il avait déjà fini son thé et essayait de boire dans une tasse vide. « Oui, s'il vous plait, Albus. »

Harry prit la tasse et la lui tendit. Il parvint à renverser le thé sur le tapis.

« Albus, je suis désolé. Je vais-. » Merde. Merde. Merde.

Albus gloussa. « Ne vous inquiétez pas, mon garçon. » D'un geste de sa baguette, la tache disparut. Il remplit à nouveau la tasse d'Harry et cette fois, celui-ci se concentra et la repris avec succès.

« Quel genre de chose enseignerez-vous cette année, Jason ? »

Harry fut surpris, « N'avez-vous pas besoin de voir mes références ou mes expériences antérieures avant de me proposer le poste, Albus ? »

« Non, je ne pense pas que ce soit nécessaire, Jason. »

« Vous ne savez rien à mon sujet. Pour ce que vous en savez, je pourrai être le prochain 'Vous Savez Qui'. »

Albus gloussa. Que serait-il arrivé, s'il ne lui avait pas offert le poste ? Se demanda-t-il silencieusement. A voix haute, il dit, « Je suis sûr que vous ne l'êtes pas Jason. Si vous l'étiez Fumseck ne vous aurez pas laissé en ma compagnie. Vous voyez, les phoenix sont extrêmement loyaux. Et il est un excellent juge de caractère. Alors, qu'allez-vous enseigner Jason ? »

Harry tournait sa tasse de thé dans sa main,« Eh bien, je ne sais pas ce qu'ils ont abordé les années précédentes, mais je pensais commencer en leur enseignant à se défendre correctement. Ensuite, nous verrons les sorts et les contre sort les plus courants. Je pensais aussi qu'il leur serait avantageux d'étudier à la fois la théorie et la pratique. Alors… »

« Pourquoi cela ? » L'interrogea Albus.

« Et bien, mieux ils comprennent le fonctionnement des sorts et mieux ils comprendront la manière la plus efficace pour les bloquer. Ils ne vont pas simplement apprendre par cœur les mots pour lancer le sort ou le contre sort. Ils devront comprendre et ils devront être capables de les utiliser quand ils auront oublié les mots exacts. »

« C'est très bien pensé. Continuez s'il vous plait. »

« Pour être honnête, je n'ai pas réfléchi au-delà de cela. Je n'ai vu l'annonce qu'hier et je vous ai écrit dans le même temps. Je dois regarder quelques livres et voir ce que les étudiants ont déjà appris avant de pouvoir prendre une décision. »

« Bien sûr. »

Harry et Albus passèrent les deux heures suivantes à bavarder de sujets légers tels que leurs bonbons moldus préférés et les différences entre la vie sorcière et la vie moldue.

« Bien, Jason, notre premier conseil de classe aura lieu lundi prochain. L'école reprend quinze jours après, le lundi premier septembre. Bienvenu parmi nous. Vous pourrez emménager dans vos quartiers, lundi prochain à 9h du matin. La réunion est à 12h, vous aurez un peu de temps pour vous installer. Nous discuterons des programmes, mais vous n'avez pas besoin d'en prévoir un pour chaque classe, simplement les grandes lignes. Nous nous verrons alors. »

Albus conduisit Harry à l'escalier et le regarda descendre, une main sur le mur, comme s'il cherchait à sentir où il allait. Etrange, mais je suis mal placé pour en parler je crois. Sur ces mots, il ferma la porte et se demanda ce qu'il voulait manger à midi.

Harry fit lentement son chemin à travers l'escalier en spiral. Il pouvait à peine voir le nombre de marches et se tenait au mur, parce qu'il ne voulait pas tomber et se briser le cou.

« Jason, comment ça s'est passé ? »

« J'ai le poste Minerva. Je rejoins le personnel enseignant. »

« Toutes mes félicitations, mon cher. » S'écria-t-elle enthousiaste en le conduisant hors du château. « Je vous verrai à la réunion de prérentrée alors. Souvenez-vous simplement de- Ah, professeur Snape. »

« Professeur MacGonagall. Et qui est notre invité ? »

« Voici Jason Green, notre nouveau professeur de Défense Contre les Forces du Mal. »

Harry lui fit un signe de tête. Il n'avait pas pu voir le professeur Snape pâlir au dernier commentaire mais sentit monter la tension et l'air se refroidir alors que le professeur se dirigeait avec raideur vers le bureau du directeur en marmonnant des choses comme « Un autre idiot de professeur. Il n'aurait pas de problème s'il me laissait enseigner cette matière. »

Harry avait presque oublié que le professeur Snape postulait pour le poste depuis aussi longtemps qu'il pouvait s'en souvenir. Il se demanda paresseusement pourquoi il ne l'avait jamais eu. Il mit cette pensée de côté et se concentra à suivre Minerva sans se balafrer le visage en tombant sur une pierre.

« Voilà Jason, nous y sommes. Je vous verrai le jour de la réunion. »

Après s'être éloigné du château et avoir marché un peu, il enleva ses lentilles et remit ses lunettes. Il avait très mal à la tête parce qu'il avait utilisé toute la matinée, des lentilles dont la prescription était mauvaise. S'il parvenait à conserver son histoire toute l'année, ce serait un miracle. Voyons voir, j'étais Harry Potter, prétendant être Jason Green. Maintenant, je suis Harry Potter prétendant être Jason Green, prétendant ne pas être Harry Potter. J'ai mal à la tête, pensa-t-il en se dirigeant vers Prè au Lard. Arrivé là, il transplana pour atterrir chez lui.

A son appartement, il trouva de l'aspirine et s'installa sur le canapé. Il laissa l'aspirine agir sur son organisme et entendit presque la voix de Greg lui murmurer, « Dors, homme fatigué. Je serai là quand tu te réveilleras. » Il put presque sentir une douce main caresser son front douloureux et put presque sentir un baiser fantôme sur sa tempe. Harry s'endormit, les larmes trempant le coussin sur lequel sa tête reposée.