Chapitre 5,
Une plaque ? Comme c'est bizarre. C'est un geste sympa je pense mais ce n'est pas vraiment moi, si ? Au moins, ils n'ont fait de défilé. Pouvaient pas faire ça si je n'étais pas là, si ?C'est seulement à ce moment là qu'il vit les lettres gravées, comme si quelqu'un les avait inscrites avec une paire de ciseaux, 'Notre plus grand héros et notre meilleur ami'. Tu nous manques, Harry. Amitié Ron&Hermione.
Oh mon dieu. Vous me, manquez aussi les gars, pensa-t-il.
Il toucha presque les lettres, mais s'arrêta quand il se souvint qu'il était probablement observé. Harry combattit les larmes qui lui piquaient les yeux et la gorge. Il retourna s'asseoir.
Hermione et Ron l'avaient observé tout le temps.
« Vous étiez ses amis ? » Leur demanda Harry, plus pour mettre fin au silence qui se prolongeait que pour une autre raison.
« Ne parlez pas de lui au passé. Nous sommes ses amis. Nous sommes ses meilleurs amis. » Répondit Ron agressivement.
« Ne lui saute pas à la gorge Ron. Il ne voulait rien dire par-là. » Le défendit Hermione. « Vous n'avez jamais rencontré Harry, n'est ce pas ? » Demanda-t-elle gentiment à Jason.
« Non, j'étais loin d'ici. Mais j'ai entendu parler de lui, mais qui n'a pas, hein ? »
« Il détestait cela vous savez. » Dit Hermione doucement.
« Détestait quoi ? »
« Le fait que tout le monde sache qui il est. Il détestait l'attention. Lui et Ron s'étaient violemment disputés au cours de notre quatrième année. Harry disait que personne ne regardait au-delà de sa cicatrice et il souhaitait que les gens arrêtent de rester bouche bée devant son front. »
Le cœur d'Harry dansa dans sa poitrine. Il avait soudain très envi de ressentir à nouveau l'intimité qu'ils avaient partagée autrefois. Il savait qu'il ne l'aurait plus jamais et préféra demander, « Comment était-il ? »
Ron et Hermione devaient être très contents d'avoir quelqu'un avec qui pouvoir parler d'Harry parce que Ron répondit sans hésitation, « Vrai. Nous nous sommes rencontrés le premier jour de l'école, dans le train. J'étais plus que pauvre. On était neuf à la maison et papa n'était pas très bien payé. On se moquait toujours de moi parce que j'étais pauvre, dégingandé avec les cheveux roux et des taches de rousseurs. Je n'arrêtais pas de grandir et je n'étais pas bien proportionné. Vous savez, longs bras et longues jambes. Et j'étais le sixième enfant sur sept. Harry ne s'en souciait pas du tout. On est devenu amis tout de suite. Il pouvait regardait une personne et voir tout de suite qui elle était. Drago Malfoy, beau gosse, suffisant petit riche que tout le monde voulait connaître a offert à Harry de devenir son ami le même jour, mais il a refusé parce que Malfoy avait dit ne pas m'aimer. Le regard de Malfoy, c'était trop drôle. »
« Ron, c'est ton beau-frère, alors laisse-le tranquille. »Grimaça Hermione.
« Ouais, il a épousé ma sœur. Ca prouve qu'il avait quelque chose de bon en lui, après tout. »
« Ron ! »
« Et Jason, il n'avait pas son pareil sur un balai. Il avait du talent ! C'était un as quand il s'agissait de quidditch. Il a été le plus jeune attrapeur depuis un siècle à avoir intégré l'équipe de l'école. Il a hérité son talent de son père. »
« Et il était gentil Jason, vraiment, vraiment gentil. Il avait cet énorme pouvoir, il était spécial, célèbre et tout ce qui va avec, mais il a su demeurer gentil. Ca ne l'intéressait pas du tout. Tout ce qu'il voulait c'était être 'normal'. Mais il était très obstiné et têtu quand il voulait l'être. » Rit Hermione, « S'il voulait faire quelque chose, on ne pouvait rien faire pour l'en empêcher. Il prenait sa cape d'invisibilité, sortait en douce et allait faire ce qu'il voulait avant qu'on ait pu l'arrêter. »
Ca lui réchauffait le cœur d'entendre ses amis parler de lui. Ils lui manquaient, mais il avait voulu partir et c'est ce qu'il avait fait. Je suis aussi têtu qu'elle le dit, pensa-t-il.
« Ron a raison ; il était fabuleux sur un balai. Un talent naturel. L'été de notre quatrième année, nous sommes allés voir la Coupe du Monde de Quidditch. L'un des joueurs avait fait cette chose dangereuse sur son balai. Il a plongé comme s'il essayait de faire un piquet et à la dernière minute, il est remonté. Un des attrapeurs a essayé, c'est une très bonne technique pour attraper le vif d'or. Harry était attrapeur donc, naturellement, il a essayé et il a réussi parfaitement du premier coup. L'autre attrapeur a essayé mais il s'est fait mal parce qu'il n'est pas remonté à temps. C'était la fente de Wonsky. » S'exclama Hermione.
« La feinte de Wronsky » Etouffa Ron entre ses dents. S'il continuait, il allait grincer des dents. « Hermione, je t'aime mais tu me tues, vraiment. »
« Qu'importe Ron. Ce n'est pas vraiment important, si ? »
« Mais- c'est- oh, oublie ça. » Il abandonna. Il savait qu'il n'aurait jamais le dernier mot avec Hermione.
« Que lui est-il arrivé ? » Leur demanda Harry quand le silence retomba.
Hermione et Ron se regardèrent puis le regardèrent. « Nous ne savons pas. Après la bataille finale, nous l'avons cherché partout. Albus dit qu'il a été conduit à l'hôpital mais quand nous y sommes allés, il était parti. »
Hermione fronça les sourcils, « Il ne nous a même pas dits qu'il partait et nous étions ses meilleurs amis. Lui et 'Vous Savez Qui' avaient une histoire, et apparemment il était le seul à pouvoir nous sauver de lui. Savez-vous qu'il avait été emmené à l'âge de quinze ans pour être entraîné pour la guerre ? Je ne sais pas ce qu'il a fait après son entraînement. Tout le monde savait que nous étions ses meilleurs amis, alors nous étions considérés comme une cible évidente d'enlèvement et d'échange. La plupart des choses qu'Harry a faites, vous savez soit s'entraîner soit se battre, était tenu secret même à nous. Ainsi nous ne pouvions divulguer aucune information si nous étions enlevés et torturés. Les gens pensent qu'il est mort à la suite de ses blessures. Nous ne le pensons pas et Albus non plus. Albus ne voulait pas que tout le monde panique alors il a laissé le ministre faire le défilé qu'il avait prévu sans Harry. Nous, nous pensons qu'il a simplement disparu. Il doit certainement avoir une très bonne raison, et il doit être très intelligent parce que même Albus ne parvient pas à le retrouver et il le cherche depuis des années. » Hermione s'arrêta et regarda la table.
Oh mon Dieu, ils ont un fait un défilé. Terrible, remarqua Harry sans humour.
« Il a intérêt à avoir une sacrée bonne raison parce que s'il n'en a pas et que je le trouve, je lui mettrai mon meilleur droit dans la figure. Hermione et moi l'avons cherché pendant des années. Nous n'avons pas trouvé un seul indice. » Ron se tut.
Hmm Ron, j'ai une sacrément bonne raison. Penses-y. Il y avait une raison pour laquelle tu n'étais pas autorisé à savoir ce que je faisais. C'était tellement mal. Je n'étais pas autorisé à vous voir les gars et je devais travailler sur le terrain alors que j'étais encore officiellement en entraînement. Si tu avais été moi Ron, qu'aurais-tu fait ?
Harry, Ron et Hermione se retournèrent pour regarder la plaque. La conversation sur Harry touchait à sa fin.
« Cette plaque est si petite, ça ne semble pas suffisant, si ? Il nous a tous sauvé et nous avons une plaque toute petite sur un grand mur pour nous le rappeler. » Dit Hermione sombrement.
C'est plus que suffisant, pensa Harry Pourquoi font-ils ça ? Je ne veux pas de cette maudite plaque, ou d'un défilé. Je ne veux même pas qu'on se souvienne de moi. Si je le voulais, je ne serais pas parti, hein ? Pourquoi voudrais-je une plaque ou un défilé quand tant de personnes sont mortes en combattant pour la même cause. Ils sont morts en faisant la même chose que moi. Ils m'offrent une plaque parce que j'ai été assez chanceux, ou malchanceux, pour survivre. Ce n'est pas juste.
« Qu'auriez-vous fait ? » Interrogea Harry poliment.
« Pardon ? »
« Albus a fait mettre une plaque, et le ministre a organisé un défilé. Qu'auriez-vous fait pour Harry ? »
« Je ne sais pas. Une plaque plus grande au moins, quelque chose de plus beau. C'est juste une petite plaque en métal. Elle ne brille même pas comme elle devrait. J'aurais fait mettre un portrait de lui ici aussi, avec un petit hommage inscrit en dessous. Et j'aurais définitivement fait quelque chose sur le terrain de quidditch parce qu'il l'adorait. » Répondit Ron après y avoir pensé quelques instants.
« C'est un grand geste. Vous le connaissiez bien je suppose. Mais puis-je vous demander, si vous étiez Harry et que vous aviez fait ce qu'il a fait, qu'auriez-vous voulu qu'il fasse pour vous ? » Demanda Harry. Je vais leur faire comprendre même si c'est la dernière chose que je fais, pensa Harry sérieusement.
« Euh, ben. Je crois que du moment qu'Harry et Hermione se souviennent de moi, ce que les autres font ou ne font pas, ne m'intéresse pas du tout. » Répondit Ron. « Oh ! »
Après un moment de silence, Hermione reprit la parole, « C'était une question habile, Jason. Personne ne nous l'avait posé avant. » Elle le regarda, les yeux plissés par la concentration. Hermione était intelligente. Harry avait oublié à quel point elle l'était. Je savais qu'elle était rapide, mais je ne savais pas qu'elle était aussi rapide. Harry prit une profonde inspiration et se lança dans la seule explication qu'il put trouver en si peu de temps.
« Une personne très proche de moi est morte très récemment. Je me suis occupé de ses funérailles avec ses parents. Ils sont très riches et il était leur seul enfant. Ils voulaient ériger un grand monument pour lui derrière la pierre tombale mais je les ai convaincus de ne pas le faire. Les amis savent des choses sur leurs amis que les parents ne savent pas forcément. Je savais qu'il n'en aurait pas voulu. Il était très privé. Il n'aimait pas qu'on fasse les choses en grand pour lui. Donc il me semblait qu'il n'en voudrait pas dans la mort non plus. Je savais simplement qu'il apprécierait davantage un petit geste de respect qu'une grande et ostentatoire démonstration, sans tenir compte des intentions sous jacentes. C'est ça, hein Greg ? Harry sentait le picotement des larmes retenues dans ses yeux. Il se tut. Hermione lui toucha le bras et il leva les yeux vers elle, surpris.
« Je suis désolé, Jason. Je vois ce que vous voulez dire. » Hermione regarda Ron, perdu dans ses pensées.
Albus arriva à cet instant et s'arrêta pour parler tranquillement avec Harry.
« Jason, comment trouvez-vous votre siège ? »
Harry se souvenait avoir demandé un siège en bout de table. Il n'aimait pas être coincé et aimait avoir une sortie de secours. « Merci Albus. Je n'aime être gênant. »
« Non-sens, personne n'a été gêné par votre requête. S'il y a une situation où vous devez partir, soyez libre de le faire. Vous n'avez pas besoin d'attirer l'attention sur vous, je dois tout de même savoir pourquoi vous êtes parti. Dans tous les cas, je vous laisse apprécier la conversation avec les professeurs Weasley »
Harry remarqua que Ron et Hermione le regardaient, alors, avant qu'ils ne puissent dire quoi que ce soit, il commenta, « Professeurs Weasley, hein ? Comment savez-vous de qui parlent les étudiants quand ils mentionnent 'professeur Weasley' dans les couloirs ? » Demanda Harry.
« C'est facile, Jason. S'ils maudissent le professeur Weasley, ils parlent d'Hermione. S'ils disent des choses gentilles, ils parlent de moi. » Répondit Ron en souriant. Hermione le regarda avec des yeux noirs. Oh Ron. Tu parviens encore très bien à t'attirer des ennuis. Tu n'as pas du tout besoin de mon aide. Harry gloussa.
« Vraiment ? » Demanda Hermione en entrant dans la conversation.
« Ron exagère- » Ron secoua la tête et faisait des gestes exagérés avec ses bras derrière le dos d'Hermione pour montrer qu'il ne plaisantait pas. Il s'arrêta et essaya de paraître distrait par un élève quand Hermione se retourna.
« En tout cas, comme je le disais, » Hermione se retourna rapidement pour être sûre de pouvoir continuer sans être interrompue, « La seule raison pour laquelle, ils pourraient préférer Ron en tant que professeur est que les Etudes Moldues est un sujet plus facile que l'arithmancie et il est vrai que je pousse mes étudiants pour qu'ils fassent de leur mieux. L'arithmancie est- »
« Le sujet le plus difficile. Ouais, ouais. Enfin ils m'aiment plus parce que je suis plus beau qu'elle. » Déclara Ron. Il le regretta une seconde plus tard quand Hermione lui donna un bon coup de poing. « Idiot. » Marmonna t'elle.
Harry détourna son attention des chamailleries de la paire à côté de lui. Il avait vu Hermione et Ron se disputer depuis qu'il avait onze ans et voir les vieilles habitudes continuer, était réconfortant. Il remarqua qu'Albus se promenait le long de la table pour discuter avec quelques-uns uns des professeurs avant de s'asseoir et de permettre aux anciens étudiants de s'installer avant l'arrivée et la répartition des premières années. Une fois fait, Harry fut introduit en tant que nouveau professeur de Défense Contre les Forces du Mal et le dîner fut servi. Ce fut une soirée calme et Harry ne put se plaindre de rien, mis à part le fait que le professeur Snape ait vraiment très mal déguisé son reniflement de dérision quand 'le professeur Green' fut présenté aux étudiants et qu'il lui envoya des regards hostiles pendant tout le dîner.
Une silhouette en robe noire entra dans une pièce sombre. Il répondait à la convocation de son maître. Il fit attention à bien rester au fond de la salle comme on le lui avait indiqué. S'il voulait conserver sa vie, il valait mieux qu'il ne s'approche pas de l'écran qui séparait la pièce en deux.
« Mon Seigneur. Beaucoup de personnes travaillent déjà dessus. Plus serait sûrement superflu. »
Derrière l'écran, une forme non identifiable bougea, « Ne pose pas de question. » Siffla-t-il. « Je veux plus de personnes sur cette mission. Je souhaite accélérer nos plans. »
« Je comprends mon Seigneur. » Répondit doucement le personnage en robe.
« Mais nous devons bouger avec précaution. Nous ne pouvons pas nous permettre d'être découvert prématurément. »
« Bien sûr, mon Seigneur.
« Vous pouvez disposer. »
« Merci, mon Seigneur. » La silhouette en robe se leva, exécuta une révérence et quitta la pièce.
Harry se sentait détendu ce soir. Dans sa chambre, il était prêt à aller se coucher. Il se déshabilla, ne gardant que son caleçon et réfléchit à ce qui s'était passé. La soirée s'était bien déroulée. Il attribuait son humeur à la conversation qu'il avait eue avec Ron et Hermione. Leur parler avait ramené à la surface des sentiments pour eux qu'il avait cru oublié ou enterré depuis longtemps. Il se mit dans son lit et s'installa contre son oreiller. Par habitude, il prit ses comprimés pour dormir et le verre d'eau placé sur la table de nuit. Il regarda les comprimés dans sa main. Il s'était dit qu'un fois que sa vie serait commencée à Poudlard, il essaierait de moins compter dessus pour dormir. Il devait admettre qu'il avait peur. Il avait apprécié les quinze jours passés sans rêver, induit par cette drogue. Il savait que sans eux, il aurait des cauchemars et que ses rêves seraient hantés toutes les nuits. Pourtant, quand il les utilisait constamment, les comprimés pour dormir le rendaient en général léthargique et lent. En tant que chimiste, il connaissait les dangers de tels médicaments et il se résolut à ne pas les prendre ce soir et voir ce qui se passait. Je dois commencer quelque part, pensa t-il. Il but simplement l'eau et s'installa pour dormir.
Greg tendait une truelle à Harry, « Et que suis-je censé faire avec ça ? » Demanda Harry innocemment.
« Je te répondrais que c'est évident. Tu vas arrêter de me regarder travailler dans le jardin, et tu vas venir m'aider. » Répondit Greg sur un non loin d'être raisonnable.
« Je dirais que tu t'occupes très bien de ces mauvaises herbes. On ne peut pas se tromper : on sait qui est le chef ici. » Harry sourit. Avant qu'il ne comprenne ce qui lui arrive, Greg jetait des touffes de mauvaises herbes et de terre sur lui. Harry se battait pour éviter d'en avoir plein la bouche. En riant, il se fraya un chemin jusqu'à Greg, l'attrapa et le tint serré étroitement contre lui pour ne plus être attaqué par la végétation.
Greg se débattit contre la puissante poigne d'Harry, « Hé Jason, je ne peux plus respirer. Lâche-moi, je crois que tu es en train de me briser les côtes ! » Haleta Greg, « Si tu blesses le cuisiner, tu ne manges pas. Et en plus- » Harry coupa Greg avec un long et profond baiser. Il ne lâcha pas Greg avant que ses genoux ne faiblissent et qu'il doive se tenir à lui pour rester debout. Harry recula et regarda Greg dans les yeux dans une question silencieuse. Greg lui rendit son regard et répondit, « D'un autre côté, le jardin peut attendre. Il est très bien dans l'ensemble, non ? » Et avec ça, il attrapa la main de d'Harry et le tira vers l'appartement.
Soudain l'air se rafraîchit et il eut froid dans le dos, « Jason ? »
Ses instincts lui permirent de passer en mode combat. Ses défenses étaient à leur point culminant et ses sens cherchaient à déterminer ce qui se passait. « Greg, reste derrière moi. »
« Uhm uhm. » Répondit Greg. Il était confus et acquiesça sans prononcer un mot.
Harry se rapprocha de la porte pour la fermer et vit Voldemort, le sorcier Ténébreux lui-même, entrer lentement dans la pièce.
« Que fais-tu ici ? Tu es censé être mort ! Greg, cours! Sors d'ici ! » Cria Harry »
« M. Potter, je ne ferais pas ça si j'étais vous. Vous voyez, mes fidèles vous encerclent. Vous ne pouvez pas vous échapper, M. Potter et votre ami non plus. »
« M. Potter ? » Répéta Greg, toujours immobile, derrière Harry.
« Euh… »
« Avada Kedavra ! » Cria Voldemort. Harry vit une lumière verte aveuglante et entendit Greg crier. Il était mort avant de toucher le sol.
« Non ! Greg ! Nonnnnnnn ! Espèce de salaud ! Je t'ai déjà tué ! Oh Greg ! NONNNNNN ! »
Harry s'agita et se réveilla. Il était par terre, emmêlé dans ses couvertures, frissonnant et trempé jusqu'aux os. Il s'assit et essaya de retrouver son souffle. Il expira en tremblant et passa sa main dans ses cheveux. Il se déplaça pour s'appuya contre sa table de nuit. Il mit sa tête dans ses mains et laissa les larmes couler le long de son visage. Son corps était secoué de sanglots. C'était si réel. Il se souvenait très bien de cet incident dans le jardin. Harry vivait dans son appartement depuis environ huit mois. Il n'avait pas négligé son jardin mais ne s'y était pas appliqué non plus. Il avait fait suffisamment de jardin chez les Dursley et bien qu'il appréciait avoir un beau jardin, il ne passait pas tous ces week-end à planter des fleurs.
Quand Greg avait emménagé, il avait immédiatement pris cela en charge. Il avait grandi avec de très beaux jardins autour de lui et il voulait que leur jardin soit spectaculaire. Il n'avait jamais pu convaincre Harry d'être aussi enthousiaste que lui.
Mais ce jour là, Voldemort n'était absolument pas apparu dans le jardin. Ses mangemorts ne les avaient pas cernés et il n'avait pas tué Greg. Il s'attendait à être hanté par Greg dans son sommeil, mais il ne s'était pas attendu à rêver aussi de Voldemort. Il faisait fréquemment des cauchemars au sujet de Voldemort. Il fut surpris de ne pas être un paquet de nerfs, avec toutes les choses qu'il avait vues. Mais Voldemort et Greg dans un même rêve ? Merde, pensa-t-il. Il se releva et regarda l'heure. Il était seulement quatre heures du matin. Il grogna et prit l'aspirine. Il avait l'habitude des maux de tête quand il se réveillait après un cauchemar, aujourd'hui, il avait une migraine et il ne pensait pas qu'elle disparaîtrait avant son premier cours.
Il soupira, reprit ses couvertures et les jeta n'importe comment sur le lit. A moitié chancelant, il se recoucha et s'installa contre l'oreiller. Greg lui manquait et à cet instant c'était particulièrement douloureux. Greg lui donnait ses comprimés pour la tête quand il avait un de ces cauchemars. Après il embrassait Harry jusqu'à ce qu'il s'endorme. Harry entoura ses bras autour de son corps et essaya de se rendormir. Il n'avait pas cours avant onze heures. La codéine avait le temps d'agir sur son organisme. Il concentra la magie et fit savoir à son réveil qu'il apprécierait d'être réveillé à dix heures, ce qui lui laissait suffisamment de temps pour se reposer avant de se préparer pour son premier cours.
Ils se hâtèrent de répondre à la convocation de leur maître. Pas un n'osait le faire attendre. Ils arrivèrent, entrèrent dans la pièce sombre, s'agenouillèrent et gardèrent le regard sur le sol devant eux et non sur l'écran qui les séparait de leur maître.
« Mon Seigneur, tout se passe comme prévu. » L'un des hommes en robe parla.
L'écran bougea et la forme derrière lui, se déplaça. « Ceci me fait plaisir. Y-a-t-il encore beaucoup à faire ? »
« Nous avons presque fini, mon Seigneur. » Répondit en hésitant, une autre silhouette.
« Et notre objectif à court terme ? »
Il y eut un moment de silence avant que l'un ne réponde avec tact, « Ah, une opportunité ne s'est pas encore présentée, mon Seigneur. »
La forme non visible derrière l'écran siffla et parla avec une impatience évidente, « Si une opportunité ne s'est pas encore présentée, créez là. » La pièce sembla refléter la froideur de la voix de leur maître.
« Bien sûr, mon Seigneur. » Murmura chacune des silhouettes en robe avant de sortir de la pièce.
Harry s'habilla avec attention pour son premier jour d'enseignement. Il ne voulait paraître trop détendu mais pas trop rigide non plus, comme un certain maître des potions, siffla-il. Il ne se sentait à l'aise que dans des vêtements moldus. Il prit donc un pantalon en cuir de Greg (un peu trop long, mais le plissa de manière attrayante au-dessus de ses chaussures) et mit au-dessus une longue chemise d'un vert profond (il roula les manches plusieurs fois). Il chaussa les bottes en cuir préférées de Greg. Bien Potter, tu n'as pas à t'inquiéter, ce sont seulement des enfants. Ce n'est rien. Tu te souviens, tu as tué Voldemort. « Ouais, mais je ne peux pas faire à des enfants ce que j'ai fait à Voldemort. » Se plaignit-il. Il attrapa sa robe de professeur, restée sur le canapé, la mit pardessus et parti en direction de la salle de classe. La robe était noire mais légère. Il la boutonna jusqu'au cou mais la laissa ouverte dans le bas pour qu'elle tourbillonne autour de lui quand il marche et ne cache pas ce qu'il portait en dessous. Il avait presque quitté la pièce quand il se souvint qu'il devait mettre des lentilles.
« Merde ! » C'est vraiment embêtant, c'est une véritable épine dans le pied. Il gardait son charme de dissimulation pendant qu'il était à Poudlard. Il avait prévu de le garder jusqu'à ce qu'il retourne à Londres. Par contre, ses lentilles étaient une autre histoire. Elles étaient trop inconfortables pour qu'il puisse les garder, il les enlevait donc après ses cours et remettait ses lunettes dans ses quartiers le soir. Personne ne venait le voir en soirée, il n'avait donc pas à s'inquiéter que l'on s'interroge sur des yeux d'un vert profond derrière une paire de lunettes.
Il se dépêcha d'aller dans la salle de bain et mit une lentille sur son doigt. « Je déteste cela. » Marmonna-t-il. Ce n'est pas comme s'il était impressionné par la vue des orbites, il n'avait aucune objection à voir des globes oculaires en général, après tout, il avait vécu pendant une guerre. Il avait vu plus que des globes oculaires à ce moment-là. Mais il ne supportait pas de toucher un globe oculaire nu. Il avait en son fort intérieur été écoeuré chaque fois que Maugrey avait enlevé son œil. Erk. Une fois qu'il les eut mis, il quitta la pièce.
Puisqu'il avait raté le petit déjeuner ce matin, il s'arrêta dans la salle des professeurs pour prendre un café et lire le journal avant son cours. Il était si absorbé par sa lecture qu'il aurait été en retard s'il n'avait pas regardé l'heure et découvert qu'il ne lui restait que dix minutes. « Bien, je suis le professeur. Le cours ne commencera pas sans moi, donc ce n'est pas grave si je suis en retard, n'est ce pas ? » Se rassura-t-il.
« En fait, si vous êtes trop en retard Jason, vos élèves vont penser que vous n'êtes pas là et vont partir. Vous n'avez pas eu de cours ce matin, si ? Vous n'avez pas encore besoin de caféine, si ? » Observa Minerva du pas de la porte.
Harry était mortifié. Tu te parles encore ? Un jour on va t'enfermer et je ne suis pas sûr qu'ils auraient tort ! Harry se maudit silencieusement et ne remarqua pas que Minerva avançait silencieusement vers la cafetière. « Moi, d'un autre côté, j'ai besoin de café. En fait, je pense que je mérite de garder celle-ci toute l'heure. L'un de mes sixième année, zélé, a accidentellement activé un paquet entier de Farces pour Sorciers Facétieux dans ma classe. » Dit Minerva d'un ton fatigué.
« Il voulait être amusant, c'est ça ? » Interrogea Harry poliment.
« Seulement si vous êtes un élève. » Minerva frissonna et rajouta du sucre à son café.
Harry haussa les épaules et quitta la salle commune. Il avait déjà cinq minutes de retard.
Sur le chemin, deux jeunes filles de troisièmes années à Pouffsouffle le heurtèrent alors qu'elles tournaient à un couloir. Elles aussi étaient en retard pour leur cours. Harry ne sembla pas trop affecté. Il se releva et aida les jeunes filles à faire de même.
« Je suis désolé, Monsieur, nous n'aurions pas dû courir dans les couloirs, nous sommes juste, whow- » La fille qui parlait s'arrêta pour fixer Harry, incapable de terminer sa phrase.
« Nous n'aurions pas dû courir dans les couloirs, Monsieur. » Termina l'autre jeune fille. Elle fit un sourire crispé à Harry, tira son amie qui le regardait toujours et partirent.
« Whow, tu l'as vu ? Il est cool ! Il sent bon et porte un pantalon en cuir- et je l'ai heurté alors je peux te dire que ce n'est que du muscle. Il est si mignon ! Et il a l'air jeune. Je me demanda quel âge il a. »
« Tiens ta langue Merryl. Nous sommes déjà en retard. »
Harry rit intérieurement. Greg rirait bien de cela. Tu as de la concurrence Greg, il y a deux sorcières adolescentes qui pensent que ton partenaire gay est mignon ! N'est-ce pas ironique ?
Harry s'arrêta. Il savait comment il allait faire son cours. Il retourna brièvement à sa chambre, s'esquiva rapidement en dehors du château puis se rendit dans sa classe.
Harry se dépêcha. Il passa devant le professeur Snape alors qu'il se dirigeait rapidement vers sa classe en essayant de ne pas faire tomber les objets qu'il avait dans les bras.
« Professeur. » Harry lui fit un signe de tête poli quand il passa devant lui.
« Euh, professeur Green, n'avez-vous pas un cours ? »
Harry s'arrêta et se tourna vers le professeur Snape. « Oui, j'en ai un. J'y vais de ce pas. »
« Avec tout ça ? » Lui demanda le professeur Snape en désignant les différents outils qu'Harry transportait.
« Oui. »
« Je croyais que vous étiez censé enseigner la Défense Contre les Forces du Mal. On dirait que vous allez leur montrer comment faire une salade ou comment cultiver un jardin. » Commenta le professeur Snape sournoisement. Harry leva les yeux au ciel. Sarcastique, comme toujours.
Harry n'avait pas le temps de jouer pour l'instant. Il repoussa simplement le professeur, « Je ferai mes cours comme je l'entends, Professeur. Bonne journée. » Sur ce, il partit à toute vitesse, jusqu'à sa classe. Il arriva avec un retard de dix minutes. Il avança jusqu'à son bureau et posa les objets en ligne. Il se tourna pour faire face à ses élèves. Il avait une classe de Poufsouffle de quatrième année.
« Bienvenue en Défense Contre les Forces du Mal. Je suis le professeur Green. » Harry s'éloigna du bureau et se promena dans la pièce. « Vous vous demandez probablement pourquoi il y a une banane, une pêche, un bâton, une pierre, une fleur et une chaussure sur le bureau. Ca va être très important pour notre leçon d'aujourd'hui. »
Harry regarda sa classe et fut récompenser par des haussements de sourcils et des regards confus.
« Euh, il est dingue. » Murmura l'un des garçons, à son ami.
« En fait, je ne le suis pas. » Harry rit plaisamment, ha ! Objecta son subconscient. Minerva ne vient-elle pas de me surprendre en train de me parler en salle des professeurs ? Le jeune élève fut stupéfié et embarrassé d'avoir été entendu. Il marmonna une excuse pour Harry, et ce dernier la balaya.
« Je sais que ça a l'air étrange, mais il y a une raison à tout ceci. Tout d'abord, puisque je suis nouveau dans cette école, je veux savoir ce que vous avez étudié jusque là. » Demanda Harry à sa classe. Il engagea une discussion et fut déçu de découvrir qu'il n'avait pas prévu qu'ils puissent ne rien avoir appris de vraiment important. Ils avaient seulement vu quelques animaux rares et potentiellement dangereux et même alors, ils n'avaient rien appris sur les epouvantards et les détraqueurs.
Je sais que la guerre est terminée, mais Albus ne peut pas être aussi confiant et permettre à un professeur de Défense Contre les Forces du Mal qui ne connaît apparemment pas son sujet d'enseigner, se raisonna Harry. Mais peut-être avait-il encore du mal à trouver une personne pour le poste. Ca expliquerait au moins pourquoi le dernier professeur n'a rien appris aux enfants.
« D'accord. Je vois maintenant quel est votre niveau. » Ouaipe, au mieux, dans un combat, ils seront meilleurs que ma pantoufle…peut-être. « Alors, concentrons-nous sur ce que j'ai sur mon bureau. Comme je l'ai déjà dit, il y a une raison pour que ces objets soient devant vous. Je suis ici depuis peu de temps, mais j'ai pu constater qu'il y a pas mal de mépris entre certaines maisons de cette école. » Certains élèves remuèrent inconfortablement sur leur siège.
« L'une des raisons pour lesquelles vous êtes séparés en maisons est de promouvoir la compétition et la rivalité amicale. Rivalité amicale. »
« Mais, Monsieur, les Serpentards s'en prennent à nous tout le temps. » Lança un élève.
« Je ne dis pas non plus que c'est un comportement acceptable. Je ne tolérerai pas ce genre de préjudice entre les maisons. Bien, passons maintenant à des choses plus importantes. Qui peut me dire quelles sont les similitudes entre les différentes choses sur mon bureau ? » Demanda Harry en se frottant les mains.
Plusieurs mains se levèrent. «Que pouvez-vous me dire ? » Demanda Harry à une jeune fille.
« Monsieur, deux sont semblables parce que ce sont des fruits et deux autres appartiennent au domaine du jardin. La chaussure, par contre est étrange. »
« Très bien, et quel est votre nom ? »
« Anna Louise, Monsieur. »
« Merci Miss Louise. Vous avez raison, mais si je vous disais que deux des objets sont semblables parce qu'on peut les porter, comment les regrouperiez-vous ? Quelqu'un d'autre s'il vous plait ? »
Les étudiants réfléchirent un peu puis un jeune garçon leva la main. « Monsieur, je suis Lewis Black. On peut porter la chaussure et parfois des gens portent des fleurs. C'est une stupide habitude de fille, si vous voulez mon avis, Monsieur. »
Harry rit. « Oui, vous avez raison. Et je suis d'accord, je ne porterai jamais de fleurs, même si on me payait pour cela. »
« Monsieur, la pêche et la fleur sont semblables parce qu'elles sont de la même couleur. »
Pendant ses études de médecine, Harry avait pris un cours de psychologie et c'était la première leçon qu'il avait eue. Quand il avait vu les objets apportés par son professeur, il avait aussi pensé qu'il était dingue. Mais la leçon avait été utile. Il était content de la manière dont le cours se déroulait. Après dix minutes, les élèves s'amusaient de plus en plus dans leur effort :
« Monsieur, la banane et la chaussure sont semblables parce que ma sœur me jette les deux quand je l'embête. » J'aimerais jeter une chaussure sur Snape, pensa Harry menaçant.
Harry demanda le silence. « D'accord, c'était bien. Vous avez très bien réagi. Maintenant, sérieusement, qu'avez-vous appris de cela ? Avez-vous appris quelque chose ? »
« Que la sœur de Brian a pour arme de prédilection une chaussure. » Cria un élève. Ce serait aussi mon arme de prédilection si je rencontre à nouveau Snape dans les couloirs. Mais en y pensant bien, ce serait gâché une très bonne chaussure. La chaussure n'a pas mérité ça, vraiment…
« A part ça, je veux que vous pensiez à ce que vous essayez de faire. »
« Monsieur, je suis Eloise Hancock, les choses ne sont pas toujours ce qu'elles semblent être quand on les regarde de l'extérieur, c'est ça ? »
« Excellent, Miss Hancock. Cinq points pour Poufsouffle. Autre chose ? »
« Monsieur, que l'on peut voir toutes sortes de choses quand on regarde bien ? »
« Cinq autres points pour Poufsouffle. Très bien. Vous avez compris ça rapidement. Maintenant, comment peut-on appliquer cela à la rivalité entre les maisons ? »
« Monsieur, nous devrions regarder plus loin que ce que nous voyons ? »
« Excellent. Dix points pour Poufsouffle. » Harry était généreux avec les points si ça leur permettait d'avancer la leçon.
« Monsieur, que même si nous sommes séparés dans des maisons différentes et que nous paraissons tous différents au premier abord, si l'on regarde bien, nous verrons des similitudes entre nous et les personnes des autres maisons ? »
« Oui, vingt points pour Poufsouffle. C'était le point de la leçon. Vous êtes tous un peu jeunes pour vous souvenir de la guerre. » Harry s'assit sur le bord de son bureau, et regarda la classe avec un visage sérieux. « Vous Savez Qui était un sorcier maléfique. »
Harry s'arrêta parce que la plupart des étudiants sursautèrent. Seigneur, ne me dites pas que les gens font encore ça. C'est une bonne chose que je n'ai pas prononcé son nom. Mais si je le faisais, on découvrirait probablement qui je suis vraiment, puisque Harry Potter est l'une des seules personnes à appeler Voldemort par son nom, pensa Harry, « Nous pouvons parler de lui, il est parti. Il ne va pas apparaître dans la salle de classe parce que nous avons parlé de lui. De toute façon, il a essayé de faire croire à tout le monde que seuls les sorciers et sorcières dignes de ce nom sont les sang-purs. » Il s'arrêta et regarda ses étudiants très sévèrement, « Si j'entends une personne dire qu'il avait raison, je déduirai cent points à sa maison et il aura droit à une détention tous les soirs avec moi. » Harry dit cela à ses étudiants d'une voix soyeuse et froide. L'effet ne fut pas perdu. Plusieurs déglutirent mais quelques-uns hochèrent la tête pensivement. Harry se demanda s'il devait ou non leur révéler l'information suivante. Il décida que ça ne pouvait pas faire de mal. « Savez-vous qu'il était seulement un sang-mêlé ? »
« Vous plaisantez ! »
« Pas du tout. Je suis parfaitement sérieux. Il l'était vraiment. Pourtant, c'était un sorcier très puissant. Très puissant. Mais l'une des raisons de sa puissance réside dans le fait que beaucoup se sont volontairement mis à son service. Quelqu'un veut-il me dire comment il est parvenu à convaincre tant de personnes de le suivre ? »
« Leur avait-il promis de l'argent ? » Demanda une jeune fille.
« Eh bien, parfois oui. Mais la plupart d'entre eux n'en avaient pas besoin. Quelqu'un d'autre ? »
« Les menaçait-il ? »
« Parfois. Mais en général, ceux qui travaillaient pour lui, le voulaient. Vous voyez, ce qu'il a fait n'était pas très intelligent, ni très subtile. La plupart, sinon tous ceux qui travaillaient pour lui étaient des sang-purs, qui pensaient être supérieurs aux sang-mêlés ou aux enfants nés de parents moldus. Il jouait avec ça. Il a traité avec eux et les a convaincus que s'ils le rejoignaient, ils auraient une place de 'leader ' dans la communauté sorcière, dirigée par lui, bien entendu, et les sang-mêlés et les enfants nés de parents moldus ou tous ceux qui s'opposaient à lui seraient tués, torturés ou mis en esclavage.
« Il a traité avec des sorciers et sorcières qui étaient très étroits d'esprit en ce qui concerne les personnes appartenant à la communauté sorcière. Les préjugés sont vraiment obscurs et dangereux. Si vous avez besoin d'une preuve, prenez comme exemple les raisons pour lesquelles la guerre a eu lieu : les préjugés. Les gens ont laissé leur étroitesse d'esprit les consumer et c'est dangereux. Et c'est une ancienne et très mauvaise habitude.
« Bien, notre heure est presque terminée. Pour les devoirs, je veux que vous écriviez un essai sur les comportements dont nous avons discuté et que vous cherchiez autour des vous des cas et essayez de voir comment ils auraient pu être résolus différemment. Vous pouvez partir. Je vous verrai la prochaine fois. »
Harry regarda ses élèves ranger leurs affaires et partir. La plupart semblaient pensifs et distraits en sortant. C'est un succès je pense, pensa-t-il en croquant dans la pêche.
Plusieurs semaines plus tard, Harry était assis, l'air découragé à la table des professeurs et poussait son petit déjeuner dans son assiette. Il n'était toujours pas capable de dormir correctement. Les cercles noirs sous ses yeux et la pâleur de sa peau en témoignaient. Ses rêves étaient alternativement hantés par Greg, Voldemort et parfois les deux en même temps. Il était surpris de pouvoir encore fonctionner. Il ne prenait plus de comprimés pour dormir mais il prenait des médicaments pour la tête et des potions plutôt rapidement. Il remarqua qu'Hermione plaçait encore des baisers sur la plaque en entrant dans la salle et Ron la touchait gentiment également. C'était réconfortant.
Ce matin-là, un petit groupe de professeurs conduit par Albus, approcha les professeurs Weasley. Albus gratifia Harry d'un bonjour et prit rapidement Ron et Hermione à part, loin de la table et loin d'Harry. Harry ne fit pas attention. Il ne s'en offensa pas non plus. Il n'était à l'école que pour un an et n'avait pas l'intention de s'impliquer dans les affaires du personnel plus que nécessaire. Il préférait être seul avec ses pensées et son chagrin. Harry regarda quand il entendit le professeur Snape, qui faisait partie du groupe, siffler d'une façon peu douce au reste du groupe :
« Ce qu'il nous a dit peut être utile, mais j'ai des raisons de croire qu'il nous trompe depuis le début et je trouve donc difficile de croire les renseignements qu'il nous a donnés. »
Toutes les personnes qui entendirent la conversation pensèrent qu'il était allé trop loin, même venant du professeur Snape. Albus le regarda sévèrement.
« Severus ! »
« Réglons ça dans mon bureau, voulez-vous. » Proposa Albus. Un peu plus fort, il ajouta, « S'il vous plait, joignez-vous à nous, professeur Green. Après tout, nous ne pouvons pas laisser planer le doute au-dessus de nos têtes, d'accord. On doit discuter de ce genre de choses. »
Terrifiant, pensa Harry méchamment en ajoutant, où est la chaussure quand j'en ai besoin ? Avec un soupir, il abandonna son petit déjeuner, suivit le groupe hors de la grande salle et entra dans le bureau du directeur. Albus conjura des chaises pour tout le monde et les invita à s'asseoir. Harry s'assit dans la chaise la plus proche de la porte. Et c'était aussi la plus éloigné du maître des potions. Je serai maudit, si je m'assois au milieu de la pièce comme si c'était mon procès.
« Professeurs, je- ». Albus ne put aller plus loin parce que le professeur Snape l'interrompit immédiatement.
« Monsieur le directeur, j'ai des raisons de croire que le professeur Green, nous a tous trompés depuis le début. »
« Je suis insulté, professeur. » Se moqua Harry d'un air exagéré en passant en revu et en réfléchissant sur quoi le professeur Snape avait pu tomber. Il savait qu'il devait être prudent. Le professeur Snape avait survécu de nombreuses années en tant qu'agent double et espion pour la lumière. C'était un homme très intelligent et calculateur. Harry savait qu'il devait regarder où il allait.
« Le professeur Green est arrivé ici sans recommandation, ni référence ni renseignements sur son passé. J'ai mené une enquête et le ministère de la magie n'a pas de registre au nom de 'Jason Green'. C'est comme s'il n'avait jamais existé. » Expliqua le professeur Snape.
Merde. Maintenant qu'il prenait le temps d'y penser, c'était logique qu'une personne qui le suspecte commence ses recherches par là et il se frappa mentalement pour ne pas avoir pensé à couvrir ses traces. Encore une fois, je n'étais pas en position de penser clairement. Je n'avais même pas l'intention de revenir ici, alors pourquoi aurais-je dû couvrir mes traces ici aussi. Bien, essayons de contrôler les dommages.
« Professeur Green, voulez-vous répondre à cela ? Je vous demanderai d'être honnête avec nous. C'est un sujet qui nous inquiète réellement et on ne peut pas le laisser passer, à moins que nous soyons honnêtes les uns avec les autres aujourd'hui. » Le prévint Albus. Tous les yeux se tournèrent vers Harry.
« Je suis déconcerté et j'aimerais savoir pourquoi le ministère n'a pas connaissance de votre existence. »
Merde. Ca tourne rapidement à l'interrogatoire. Bien, voyons voir qui sera le meilleur à ce jeu, Snape.
Il devait réfléchir très rapidement. Pour s'accorder plus de temps, il se leva et alla jusqu'au bureau d'Albus pour se servir un verre d'eau. Il regagna ensuite son siège. En faisant cela, son esprit fonctionnait à toute vitesse. Il ne pouvait pas admettre qui il était vraiment. Il devait trouver quelque chose de crédible. On l'avait formé dans l'art de la dissimulation et l'art du mensonge, pendant ses années d'entraînement. Il pouvait mentir comme un champion et savait par expérience que les meilleurs mensonges contenaient un subtil mélange de vérité et de fiction. Il avait été aussi formé à gérer un interrogatoire et était plus que capable de se débrouiller tout seul. Il avait appris à contrôler l'expression de son visage, le langage de son corps et à garder son pouls régulier. Il avait même été torturé pour des renseignements, à l'occasion, pendant la guerre, quand il avait été assez malchanceux pour se faire prendre pendant une mission sur le terrain. Il était un pro à ce jeu. Cette cession avec le professeur Snape, n'était rien.
Pourtant, même avec ses talents, il savait qu'il devait être très prudent.
Il ne parvint pas à trouver un mensonge convainquant pour répondre à la question. Il dit donc, « Professeur Snape, le ministère doit avoir connaissance de mon existence. » Il savait que ça paraîtrait étrange et plus que simplement suspicieux de sa part. La plupart des professeurs savaient qu'il était arrivé à son entretient avec Albus sans référence, ni recommandation ou sans lettre de motivation. Ils devaient être suspicieux depuis le début. Pensez-vous, je n'étais pas vraiment en position de me préparer correctement à mon arrivée ici, alors je ne pouvais pas vraiment m'attendre à moins.
« Donc, vous maintenez que votre nom est vraiment Jason Green ? » Interrogea le professeur Snape.
« Oui. »
« Et le ministère doit avoir une trace de votre existence ? »
« Oui. »
« Et vous êtes complètement honnête ? »
« Oui. » Le professeur Snape haussa les sourcils et Harry savait qu'il commençait à se sentir frustré. Il en obtenait beaucoup de satisfaction. Le professeur s'arrêta pour réfléchir à la situation.
« Ce n'est pas possible. » Dit le professeur d'astronomie. Elle s'arrêta alors pour faire le tour de la pièce du regard comme si elle était embarrassée d'avoir dit tout haut ce qu'elle pensait tout bas. Ca l'est si vous êtes né dans le monde sorcier et avez changé de nom dans le monde moldu, pensa Harry d'un air suffisant.
« En fait, c'est possible. » Dit le professeur Snape. « Si vous avez changé de nom. » Harry ne commenta pas. Il but simplement un peu d'eau. Il savait que le professeur Snape passerait les prochains jours à essayer de trouver une trace de changement de nom, s'il ne l'avait pas déjà fait. Il était presque certain, qu'Albus avait déjà cherché ces registres lui-même. En tout cas, ces recherches supplémentaires ne révèleraient rien et la colère du professeur Snape atteindrait des proportions volcaniques. Oh, honte, pensa Harry avec un sourire.
« Les circonstances m'obligent à vous poser la question : pourquoi était-il nécessaire de changer de nom ? » Interrogea le maître des potions, de façon factuelle.
Ce n'est pas le professeur Snape que je connais. Il n'est habituellement pas si retenu et si poli. Je me demande ce qui l'empêche de me traiter de menteur. Il a pourtant l'air de vouloir le faire, songea Harry. Bien sûr, il est trop intelligent pour sortir l'artillerie lourde. Il est certainement subtil. Je parie qu'il essaie de me piéger avec son ton poli et ses airs de vouloir discuter, pour que je sois négligent. Désolé de gâcher votre journée Snape, mais je ne suis pas un amateur. Jouons, pensa Harry.
Harry réfléchissait toujours au moyen de répondre quand Albus lui épargna cet effort, « Si c'est vrai, les raisons de ses actes sont les siennes, Severus. »
Le professeur savait reconnaître une réprimande quand il en entendait une. Il s'arrêta donc pour réfléchir au meilleur moyen de continuer. « Vous avez dit que vous étiez né ici, mais n'avez pas été élevé ici. » Observa le professeur Snape. Le professeur lui avait déjà posé la question à ce sujet lors de la première réunion du personnel. Il fut un peu surpris qu'Albus lui permette de pêcher ainsi des informations, mais Harry savait qu'il était lui-même intéressé par la réponse, donc aussi longtemps que le professeur Snape n'était pas trop impoli, il n'arrêterait pas la réunion. Harry soupira intérieurement et tourna son attention pour répondre à l'observation.
« Non, je suis né en grande Bretagne, mais j'ai été élevé ailleurs. »
« Si nous devons vous croire, vous avez été élevé dans le 'sud'. » Ajouta le professeur Snape.
« Oui. »
« C'est assez vague. Ce lieu a-t-il un nom ? » Renifla le professeur Snape.
« Je ne souhaitais pas révéler le nom la première fois que vous me l'avez demandé et je ne le souhaite toujours pas. » Répondit Harry fermement.
« Je crois qu'une telle information ne ferait de mal à personne, n'êtes vous pas d'accord, professeur Green ? Ca aiderait à juguler la suspicion qui pèse sur vous, j'en suis sûr. » Suggéra Albus prudemment.
Harry soupira et y réfléchit. Il était coincé avec « élevé dans le sud » et devait faire de son mieux avec ça. Il remplit son verre et retourna à s'asseoir. « J'étais très jeune quand ma famille a déménagé. Nous sommes partis en Australie. » C'est certainement dans le sud. « Pour vivre avec des parents pendant un certain temps. L'un de mes grands-oncles est mort et nous sommes restés pour aider ma tante le temps qu'elle se remette sur pieds. Je ne suis revenu qu'ici récemment. »
Hm… une demi-vérité. Je suis bien parti vivre avec des parents quand j'étais jeune. Et je suis vraiment revenu vivre dans le monde sorcier très récemment.
« Australie. » Répéta le professeur Snape sèchement, en haussant un sourcil à Harry.
« Oui. »
« Bien sûr. » Commença le professeur, apparemment il n'était pas sûr de croire une telle histoire.
La pièce tomba dans le silence. Il était évident qu'Harry n'était pas disposé à parler. Les professeurs présents n'étaient pas sûrs de savoir comment poursuivre. Après une courte pause, Harry soupira théâtralement. « Est-ce que ce sera tout pour aujourd'hui, professeur ? Bien que j'apprécie le temps que nous passons ensemble ici, il me semble que nous ne faisons que répéter ce qui a déjà été dit, ce qui me fait vraiment perdre mon temps, si ça ne fait perdre celui de personne d'autre. » Commenta Harry ostensiblement.
« Je ne continuerai pas cet interrogatoire. Vous cachez quelque chose et vous nous trompez tous, cela est certain. Je suis sûr que malgré le nombre de questions que l'on vous posera, vous ne divulguerez aucune information. » Commenta le professeur Snape d'un ton détaché. Il regarda ensuite Harry dans les yeux et plissa les siens. Il parla doucement et lentement. « Vous savez, dans des périodes telles que celles-ci, quand la guerre est encore fraîche dans les esprits, la confiance est une denrée rare. Je dis seulement que si un jour vous avez besoin de la confiance des autres, ne soyez pas surpris s'ils hésitent à vous faire confiance et à vous aider si vous leur donner des raisons de douter de votre honnêteté. »
Harry n'était pas intimidé. Il avait des poignards dans les yeux quand il regarda le professeur. Un silence tendu enveloppa la pièce jusqu'à ce qu'Albus l'interrompe. « Severus, cela est allé suffisamment loin. » Ordonna-t-il. Ils ne détachèrent pas leur regard.
« Professeur Snape, je suis surpris que vous, entre tous, puissiez me faire ce genre d'observation. » Dit Harry légèrement en croisant les bras sur sa poitrine.
« Et pourquoi cela ? »
« Si je dois en croire les rumeurs qui circulent parmi les étudiants, vous étiez un mangemort, un partisan du Seigneur Noir lui-même. En fait, si on en croit les rumeurs votre rôle en tant que mangemort a été découvert et vous avez été obligé de travailler des deux côtés. Certaines histoires racontent que vous étiez plus effrayé par Albus que par le Seigneur Noir. Vilaines histoires, toutes. » Harry s'arrêta pour boire une gorgée d'eau et laissa l'information faire son chemin. La mâchoire du professeur Snape se tendit mais il ne fit aucun mouvement pour suggérer qu'il avait été pris par surprise. Harry continua implacablement. « Mais je ne place pas beaucoup de foi dans de telles spéculations. Ce n'est jamais agréable et rarement vrai. Je dois pourtant admettre être que je suis curieux. »
« Pourquoi n'avez-vous pas demandé au professeur, alors ? Ou à Albus si vous étiez inquiet à ce sujet ? » Demanda Minerva.
Il s'arrêta délibérément et se tourna pour donner au maître des potions un regard lourd de sens. « Parce qu'il me semblait que c'était personnel et que ce n'était aucunement mes affaires. » Sans quitter le regard du professeur, il dit, « Albus, j'ai été retenu suffisamment longtemps. Je peux vous assurer ainsi qu'à toutes les personnes présentes dans cette pièce que je n'ai pas d'autres intentions que d'enseigner la Défense Contre les Forces du Mal. Je ne sais pas si vous le croyez ou non, mais je peux vous assurer que je ne suis pas le prochain Seigneur des Ténèbres. Nous avons tous des secrets dans des périodes telles que celles-ci. Et mes secrets sont les miens et sont personnels. Ils ne font de mal à personne. Je crois que vous n'avez pas d'autres questions. Si ce n'est pas le cas, je vous demanderai de déverrouiller la porte pour que je puisse sortir.
La pièce entière fut stupéfiée et silencieuse, « Oui, bien sûr. » Albus enleva le charme qu'il avait placé sur la porte. « Merci Monsieur le directeur. » Il se dirigea vers ses quartiers, le sang bouillonnait dans ses veines, mais il était satisfait de la manière dont c'était déroulé l'entretient.
Les professeurs étaient encore sous le choc de ce qui venait de se passer. Ils regardèrent silencieusement Harry quitter le bureau et refermer doucement la porte derrière lui.
« Severus, vous êtes allés trop loin. » Commença Albus.
« Il cache quelque chose Albus. »
« C'est certain, mais vous n'êtes pas en position de le juger. Nous avons presque tous des secrets. Si vous connaissiez les miens, j'ose dire que vous seriez si choqué que vous ne pourriez plus me regarder dans les yeux. » Les yeux d'Albus pétillaient en disant cela.
Les personnes présentes n'avaient pas manqué l'implication contenue derrière cette innocente remarque et ils se demandaient s'il était sérieux, parce que si c'était le cas, c'était assez perturbant.
« Vous ne pouvez certainement pas lui faire confiance Albus. » Récupéra le professeur Snape.
« Il n'est peut-être pas disposé à divulguer des informations le concernant, mais il ne m'a donné aucune raison de ne pas lui faire confiance. » Répondit Albus. « Je ne souviens d'un jeune homme, il y a quelques années qui avait un obscur secret. Si je ne lui avais pas accordé la confiance qu'il méritait, il aurait peut être très mal tourné. Mais il est devenu quelqu'un de bien, même s'il a besoin d'être prudent en laissant échapper des opinions non fondées, surtout quand le sujet de ses accusations est à porter d'oreilles. » Albus donna à Severus un regard entendu.
Albus et le professeur Snape se rassirent.
« Bien. Je vous ai fait venir parce que je veux une équipe pour un travail de terrain. J'ai entendu des rumeurs de certaines activités à Londres. Les journaux moldus ont décrit une montée de la violence perpétrée par des membres d'un gang. J'ai pensé que nous devrions jeter un œil, juste pour être sûr qu'il n'y a rien de plus. On ne peut pas être trop prudent, n'est ce pas ? »
« N'ont-ils pas des autorités qui s'occupent de ce genre de chose, Albus ? » Dit le professeur Snape hargneusement.
« Severus, j'avais cru que la guerre nous avait à tous appris, que nous devons être sûrs qu'il n'y a rien de plus que la violence de gang. » Il s'arrêta pour regarder le professeur Snape, qui devait être fatigué d'être « regarder par » Albus. La vérité est qu'il était encore un peu perturbé par l'admission d'Albus que s'il connaissait ses secrets, il ne pourrait plus le regarder en face…
Albus continua, « Monsieur Weasley a suggéré que Jason pourrait être une source d'informations valable puisqu'il a travaillé jusqu'à très récemment dans le Londres moldu et pourrait nous donner des renseignements pour que l'on sache si ces faits sont communs dans ce quartier et voir s'il a quelques contacts que nous puissions utiliser. Mais ne vous inquiétez pas, tout va bien. Maintenant, pour les volontaires…
Si un professeur avait choisi de le surveiller, il aurait vu Harry quitter le bureau, descendre doucement les escaliers et trébucher de façon embarrassante contre les trois dernières marches. La réunion avait duré un certain temps et Harry avait supposé qu'on avait dû remplacer ou annuler son dernier cours. Il lui restait vingt minutes avant le début de son prochain cours et il alla dans ses quartiers se faire du café. Il s'assit dans son fauteuil et repensa à la réunion.
Il avait divulgué plus d'informations qu'il ne l'avait souhaité, mas ça avait été inévitable, vu les circonstances. Les professeurs sauront maintenant qu'il n'était pas celui qu'il clamait être, mais Harry était satisfait de savoir qu'aucun document ne trahirait sa véritable identité (qu'il voulait garder secrète). Il était sûr de cela.
Il nourrissait maintenant la peur que si on savait qu'il n'était pas qui il proclamait être, on ferait le lien entre son arrivée soudaine et les circonstances suspectes qui l'entouraient, avec la disparition de Harry Potter. Mais il rejeta cette inquiétude. Il n'y avait pas de raison logique pour faire ça. Avec le charme de dissimulation et les lentilles de contact, il ne ressemblait pas à Harry Potter. Il y avait eu suffisamment de rapports concernant des disparitions et l'arrivée d'étranges évènements pendant la guerre pour que son apparition puisse tout aussi bien être liée à l'un d'eux. La guerre venait de se terminer. Beaucoup de sorciers et sorcières avaient des secrets, il ne serait donc pas trop étrange qu'il en ait quelques-uns uns.
Harry était sûr qu'Albus n'avait pas pu découvrir son identité avec les maigres informations qu'il avait. On ne pouvait pas nier qu'Albus était un homme intelligent et avait beaucoup de contacts, mais il était toujours humain. Un humain extraordinaire, mais un humain quand même et ça voulait dire qu'il était faillible. Il pouvait faire des erreurs. C'était la seule chose qui empêchait Harry d'être découvert.
Quand Harry était plus jeune, il avait cru qu'Albus était capable de tout. Qu'il n'y avait rien d'impossible pour lui et qu'il savait tout. Mais Harry se rappelait les évènements liés à sa première année à Poudlard. Albus n'avait pas été conscient que Voldemort résidait dans le corps de Quirrel et manipulait ses actions pendant la plus grande partie de l'année scolaire. Lors de sa troisième année à Poudlard, Albus avait admis à Harry ne pas avoir su que son père et ses amis étaient des animagi non déclarés. Lors de sa quatrième année, Albus ne savait pas que Maugrey avait été kidnappé et remplacé par Barty Crouch Junior, que celui-ci avait joué un rôle clef dans la résurrection de Voldemort de l'intérieur même de l' école.
En effet, Albus pouvait être trompé, mais il fallait se lever de bonne heure pour réussir. C'était difficile mais non impossible.
Harry sirota son café. Il avait mis les fauteuils devant la cheminée, un peu comme à l'appartement. Il tourna son attention sur la photo de Greg et de lui qu'il avait posée sur le manteau de la cheminée, quelques jours plus tôt. Il avait mis une autre photo de Greg et lui sur la table de nuit et une autre de Greg sur l'étagère dans son bureau. La photo qu'il regardait avait été prise, il y a un an seulement. Lui et Greg se tenaient dans le jardin, le bras entourait la taille de l'autre et ils posaient devant l'appareil photo. Harry avait mis une minuterie pour qu'il puisse quitter l'appareil et poser avec Greg.
Ses yeux commençaient à le piquer. Il pleurait encore, mais ça ne faisait qu'un mois qu'il était parti et son chagrin s'était installé comme une profonde douleur dans son âme. Il avait pris la décision le week-end précédent de mettre certaines photos dans ses quartiers qui étaient aussi confortables que possible, mais dans lesquels il semblait y avoir peu de chaleur. Quand il était élève ici, il adorait s'asseoir dans la salle commune de Gryffondor parce qu'elle était chaleureuse et accueillante.
Ses émotions étaient proches de la surface depuis la mort de Greg et il avait dû faire un effort conscient pour ne pas étrangler le professeur Snape dans le bureau du directeur. Même s'il avait l'air de contrôler parfaitement la situation, il ne l'avait pas ressenti de cette façon là. Il avait été très bien entraîné à gérer les situations comme celles-ci et même si cela faisait des années qu'il n'avait pas compté sur les talents de base de sa formation, celle-ci avait refait surface pendant son interrogatoire et il avait contrôlé la situation.
Alors, ça fait quoi, Snape ? Deux-zéro pour moi ? Tu aurais dû voir la manière dont je lui ai répondu, Greg, pensa-t-il avec un peu de nostalgie. Greg aurait été fier et aurait beaucoup ri de l'expression du professeur Snape. Harry se souvenait de la première fois qu'il avait dîné avec les parents de Greg. Ils lui avaient posé à son avis au moins cent questions sur son enfance et son passé. Il était mal à l'aise de leur répondre avec des détails, parce qu'il était lui. Il ne pensait pas que dire, « Je suis Harry Potter, j'ai tué Voldemort, le sorcier ténébreux qui menaçait l'existence de monde moldu et du monde sorcier. », aurait été une bonne approche avec les parents de Greg et il était presque certain qu'ils l'auraient enfermé s'il l'avait mentionné.
Greg savait qu'il était mal à l'aise à parler de son passé. Très tôt dans leur relation, il lui avait dit qu'il avait eu une enfance malheureuse et Greg ne l'avait jamais poussé à en parler. Il avait divulgué aux parents de Greg le moins d'informations possibles sur son passé et avait fait en sorte de détourner la conversation sur un autre sujet.
« Jason, » Rit Greg quand ils furent seuls après le dîner, « la manière dont tu as esquivé ces questions était incroyable. Tu es un pro. Si je suis un jour accusé d'un crime, je te veux en tant que témoin. »
Harry se secoua et sortit de sa rêverie. Il regarda l'heure. C'était l'heure de son prochain cours. Avec un soupir il se leva à contrecoeur et rassembla ses notes préparatoires pour son cours.
Le petit groupe arriva dès qu'ils furent convoqués et se mirent à genoux devant leur Seigneur, comme à leur habitude. La pièce était perpétuellement sombre et la seule lumière semblait venir de derrière l'écran. La petite quantité de lumière plongeait les silhouettes présentes dans l'ombre. La forme non visible derrière l'écran, siffla, menaçante. « Je m'impatiente. »
« Mon Seigneur, nous devons préparer … » Bégaya l'une des figures agenouillées.
« Je suis fatigué de vos excuses. » Déclara la voix derrière l'écran d'un ton hostile et tranchant. Les silhouettes au fond de la salle sursautèrent
« Mon Seigneur- »
« Mais je comprends que nous ne devons pas être suspectés. » Leur concéda leur Maître. Les silhouettes agenouillées relâchèrent le souffle qu'ils avaient inconsciemment retenu. Ils avaient appris, très douloureusement, qu'il ne fallait pas mécontenter leur Maître.
« Oui, mon Seigneur. » Murmurèrent les voix au fond de la pièce.
« Où en est notre projet à court terme ? »
« Une opportunité s'est présentée. » Déclara une silhouette agenouillée, visiblement soulagée d'apporter de bonnes nouvelles à son maître.
« La discrétion est la clef. »
« Bien sûr, mon Seigneur. »
« Laissez-moi maintenant. » Le maître les libéra. Les figures en robes se levèrent et se courbèrent bien bas avant de partir.
