Chapitre 6
Cela faisait environ trois mois et demi qu'il était arrivé à Poudlard. Il lui avait été assez facile de tomber dans la routine : préparer ses cours, ses études privées et ses loisirs. Le fait qu'il soit si occupé au château aidait immensément Harry à panser la perte de Greg. Il y avait encore des moments où il pensait se noyer dans sa douleur, mais ils étaient moins fréquents depuis qu'il se tenait occupé. Il portait sa lourde douleur dans son cœur, mais elle ne le submergeait plus, ni ne menaçait de l'immobiliser.
Il était sorti avec Tony. Ce dernier était inquiet et voulait être sûr qu'Harry guérissait. Ils s'étaient tous les deux rendus au pub qui était devenu leur préféré, depuis environ un mois.
« Comment vas-tu ? » Lui demanda Tony sérieusement.
Harry s'arrêta puis répondit, « Je pense que je vais aller mieux, Tony. »
« Tu as intérêt parce que Greg se serait mis en colère sinon. »
Harry acquiesça avec son verre dans la main. « Ouais, peut-être. » Tony avait raison. Greg mordait la vie à pleines dents et avait l'esprit joyeux, amusant et ouvert. Il aurait détesté qu'Harry ne puisse jamais se remettre.
Tony commanda un autre verre et regarda attentivement Harry. Ce dernier prit une profonde inspiration et expira lentement, puis regarda Tony avec un regard perçant de sincérité et de tristesse. Tony sentit son cœur se serrer.
« Au début, j'avais l'impression de ne plus pouvoir respirer. J'ai cru perdre l'esprit. Vois-tu ce que je veux dire ? » Harry s'arrêta et regarda Tony, « J'ai même songé à le rejoindre. »
« Je ne t'aurais pas laissé faire, mais continue. » Dit Tony d'une voix égale en regardant Harry attentivement.
« Maintenant je passe du temps ailleurs et je fais en sorte d'être vraiment occupé. J'ai toujours quelque chose de prévu ou quelque chose que je dois faire. Tiens, tout à l'heure, j'ai remarqué que plusieurs heures s'étaient écoulées sans que j'ai eu le temps de m'arrêter et de penser à Greg. » Ce n'est pas surprenant. Entre préparer mes cours, enseigner et être interrogé par la moitié du personnel enseignant, je me demande comment je trouve encore du temps pour moi, Harry éclaircit, « Je peux encore le sentir si tu vois ce que je veux dire. Mais je n'ai pas vraiment arrêté de penser. » Harry s'arrêta pour boire une nouvelle gorgée. Tony resta silencieux pour lui permettre de dire ce qu'il avait sur le cœur, sans interruption. « A plusieurs reprises, il s'est passé quelque chose et j'ai ri, je me suis amusé et je me suis souvenu de Greg et je me suis rattrapé parce que je me suis senti coupable d'être heureux alors que Greg est parti…il y a seulement trois mois et demi. »
« Pourquoi, pour l'amour du ciel te sentirais-tu coupable de t'être amusé? » Lui demanda Tony. Il devait être sûr que Jason ne se noierait pas dans son chagrin et son ami venait juste de lui procurer l'opportunité de le faire.
« Eh bien, Greg signifiait plus pour moi que cela. C'est une insulte- »
« Jason, j'admets que tu ne paraisses jamais plus heureux que quand tu étais dans la même pièce que Greg, mais laisse-moi te poser une question : Greg était-il la seule chose qui te rendait heureux ? »
« Et bien, non mais-»
« Pas de mais. Je sais que ça ne fait que quatorze semaines, Jason. Je ne dis pas que tu ne devrais plus rien ressentir pour Greg, mais tu n'as aucune raison de te sentir coupable quand tu t'amuses. Par contre, tu dois te sentir coupable de laisser le souvenir de Greg te couler et de ne plus vouloir être à nouveau heureux. Il n'aurait pas été d'accord. Il t'aimait. Il aurait détesté penser que tu étais malheureux par sa faute. »
« Je pense- Peut être que tu as raison- »
« Bien sûr que j'ai raison. J'ai toujours raison. » Répondit Tony avec un large sourire. Harry étouffa un rire. « Alors promets-moi d'aller doucement, d'accord ? » Ouais, ce sera facile : ils sont tous sur mon dos à Poudlard.
« J'essaierai. »
« Tu as intérêt autrement, je devrai…-De quoi Greg te menaçait-il tout le temps? Ah ouais, je trouverai un moyen de- »
« -te faire souffrir d'une façon qu'un homme ne devrait jamais avoir à souffrir. » Termina Harry affectueusement. Il se tourna vers Tony et dit simplement, « Merci. » Aucun autre mot n'était nécessaire. Harry était un survivant. Il survivrait à cela.
Il parvint finalement à se passer des comprimés pour dormir et des comprimés pour la tête. Il était suffisamment honnête avec lui-même pour admettre qu'ils étaient devenus une béquille quand son chagrin menaçait de le submerger. Mais il commençait à cicatriser maintenant et il appréciait encore d'aller dans le Londres moldu quand il était libre le week-end, comme c'était le cas aujourd'hui. Parfois il se laissait aller à faire des folies dans les magasins moldus, claquer son argent dans des bonbons moldus et du matériel sportif, mais le plus souvent, il faisait un saut dans sa pharmacie pour voir si tout aller bien. Si Tony était de service, il s'arrangeait pour déjeuner avec son ami.
Depuis qu'il avait perdu Greg, Harry passait plus de temps avec Tony que par le passé. Tony savait que son ami recherchait un support et une stabilité émotionnels. Il n'avait aucune objection à jouer ce rôle pour lui. Ils étaient proches amis depuis le jour où ils se s'étaient rencontrés, le premier jour de classe et il savait que son ami ferait la même chose pour lui.
« Alors, c'est une sorte de remède alternatif, c'est ça ? » Lui demanda Tony sur un ton léger en tendant à Harry une tasse de thé et en s'installant dans la chaise en face de lui. Ils étaient dans la salle de repos du personnel de la pharmacie.
Harry avait passé de nombreuses heures dans cette pièce à faire des recherches sur des potions et à comparer ses cours de potions et ses cours de pharmacologie. Il avait été un excellent élève en cours de potions pendant son entraînement et maintenant qu'il avait étudié l'équivalent moldu (la pharmacologie), il comprenait les potions sous un jour complètement nouveau. Différentes voies de recherches s'ouvraient d'elles-mêmes. Il essaya d'expliquer en terme vague ce qu'il faisait à Tony.
« Ouais, on peut dire ça. » Eh bien pour un moldu, on ne fait pas beaucoup plus 'd'alternatives' que de potions, n'est-ce pas ? Se justifia-t-il.
« Pourquoi trafiques-tu dans ce genre de choses ? Les remèdes à base de plantes et l'homéopathie ont certainement leur place, mais les médicaments agissent plus rapidement et plus efficacement, Jason. »
Les remèdes à base de plantes et l'homéopathie. Ouais, bien. Les potions seront les 'nouveaux remèdes' quand je reviendrai, mon ami, au moins si j'ai mon mot à dire là dedans, pensa HarryIl avait passé de nombreuses soirées à réfléchir à un moyen convenable de stocker des potions dans sa pharmacie, quand il reviendrait, sans éveiller les soupçons. Certaines potions ressemblaient à des remèdes à base de plantes et passeraient inaperçues sur les étagères de sa pharmacie, mais d'autres, les plus puissantes, celles qu'il voulait le plus introduire dans le Londres moldu fumaient dans leur flacon et cela pourrait faire hausser quelques sourcils. Et il s'était rendu compte qu'après son année à Poudlard, il ne voulait pas disparaître du Londres moldu et laisser derrière lui tout le travail qu'il avait réalisé depuis la fin de la guerre. Il retourna son attention à la conversation.
« Mais cela ne serait-il pas fantastique si nous pouvions faire quelques médicaments plus sains pour le corps ? Ne serait-il pas merveilleux que les patients atteints du cancer puissent prendre des médicaments sans avoir en plus à gérer les effets secondaires ? » Demanda Harry.
« Ce serait merveilleux, mais ce n'est pas possible, Jason. Tu le sais aussi bien que moi. » Il s'arrêta et plissa les yeux en regardant son ami. « Tu n'essaies pas de me faire devenir un herboriste parce que tu sais que je ne veux pas entendre parler de cela jeune homme. » Contra Tony en prenant le timbre de voix étrange qui appartenait à leur professeur préféré à l'université.
« Aucune chance. Nous n'utilisons que des drogues dures à la pharmacie » Le taquina Harry.
« Sacré Jason ! » Rit Tony en lui donnant son accord. « C'est une bonne chose que nous soyons d'accord. Pendant une minute, j'ai cru que tu te ramollissais ! »
« Je suis blessé ! » S'exclama Harry en feignant l'outrage. Il s'arrêta. « Mais sérieusement, si nous pouvions contrôler –»
«Tony, peux-tu venir s'il te plait. C'est assez urgent. Nous avons un… euh… problème. » Plaida l'un des assistants. Tony regarda Jason d'un air désolé.
« Désolé. Veux-tu rester et attendre ici ou revenir un peu plus tard ? Où veux-tu m'aider à gérer cela ? Après tout, c'est ta pharmacie. » Lui proposa Tony. »
« Ca va Tony. Je suis vacances, tu t'en souviens ? Je vais simplement aller faire un tour. Je n'ai pas encore fait toutes mes courses de Noël. Je repasse tout à l'heure. » Dit Harry plaisamment.
Empêcher les altercations entre les élèves faisait partir de son travail de professeur à Poudlard. Il n'avait donc aucune intention de s'impliquer volontairement dans la résolution d'un conflit pendant son jour de congé.
Harry quitta la pharmacie et regarda des deux côtés de la rue. Ce qu'il vit le fit s'arrêter net. De l'autre côté de la rue se trouvaient les professeurs MacGonagall, Snape, Weasley et Weasley tous habillés de vêtements moldus. Harry trouva bizarre de voir Minerva et Severus habillés ainsi. Severus portait une longue chemise grise et un pantalon noir alors que Minerva portait un chemisier couleur pêche et une jupe mi-longue noire qui lui arrivait au niveau des genoux. Severus semblait, et bien, presque normal. Harry ne l'avait jamais vu porter une autre couleur que le noir et sans ses robes il avait l'air bizarre. Minerva avait l'air tout aussi étrange. Il ne l'avait vu qu'en longues robes noires de cérémonie, robes noires et robes de sorcier. Alors c'est ainsi qu'elle s'habille sous ses robes ! pensa Harry effrontément et avec amusement. Il avait vu Ron et Hermione en vêtements moldus de nombreuses fois quand il était plus jeune, ils ne paraissaient donc pas bizarres aux yeux d'Harry.
Qu'est ce qu'ils font ici ? Pensa t'il perplexe. Je croirai qu'Albus est une pin up et s'amuse avec les filles avant de croire qu'ils sont tous bons amis et font leur course de Noël à Londres ensemble, pensa Harry sous le choc. Il quitta la rue où il était visible et les regarda d'un coin de la rue. Il avait enlevé son charme de dissimulation, il devait donc faire attention. Après tout, il ne pouvait pas leur permettre de voir Harry Potter de l'autre côté de la rue, si ?
« Oh arrête de grommeler Severus. » Claqua Minerva, énervée.
« Nous ne devrions pas avoir besoin de faire ça tous les week-ends. Je peux comprendre qu'Albus soit inquiet de cette vague de violence déclenchée autour de Londres et je peux comprendre qu'il suspecte autre chose qu'une simple montée de la violence moldue. Mais nous avons déjà enquêté. Et des mois plus tard nous sommes encore à enquêter sur la situation pour Albus. Nous pourrions faire autre chose. C'est une perte de temps. » Marmonna Snape à ses compagnons.
« Albus est inquiet parce que la violence continue et que la police moldue n'a pas été capable de faire quoi que ce soit. Il pense qu'ils sont peut-être confus parce que la magie y est mêlée et nous savons que les moldus ne la prendront pas en compte. Ca ne peut pas faire de mal de garder un œil ouvert. Au bout du compte, il vaut mieux être sains et saufs que désolé, Severus. » Répondit Minerva avec sagesse.
« Je n'aurais jamais pensé dire ça un jour, » Ajouta Ron, « mais je suis d'accord avec Severus. Nous faisons cela tous les samedis matins et après midis depuis des mois. Les moldus ont des personnes qualifiées pour se charger de ce genre de chose, pour l'amour du ciel. De toute évidence, tous les incidents dont nous avons été témoin n'étaient que des actes commis par des moldus. Alors pourquoi sommes-nous encore ici ? » Dit Ron, très énervé.
« Ron, je suis d'accord avec Minerva, nous ne sommes jamais trop prudents. » Dit Hermione sévèrement.
« Si nous le sommes. » Marmonna Ron suffisamment doucement pour que sa femme ne puisse pas l'entendre.
Leur attention fut soudainement attirée vers un petit café, un peu plus bas dans la rue. Les gens couraient plus ou moins vite, selon leur peur et leur détresse. Les quatre professeurs profitèrent de la confusion pour entrer dans le café et surveiller la scène devant eux. Plusieurs jeunes hommes attaquaient le personnel du café. Ils criaient aux personnes travaillant là d'aller se mettre dans un coin de la pièce et les menaçaient avec différentes armes, couteaux, barres de fer, battes de cricket et autres. La scène était vraiment affreuse.
Le choix des armes suggéra aux quatre professeurs que c'était un incident entièrement moldu et en tant que tel, ils ne devaient pas utiliser leur magie pour aplanir la situation. Mais ils allaient les aider sans poser de questions. Aucun d'eux ne voulait voir de blessés. Albus le savait et leur avait fourni des outils moldus pour « maîtriser » ces incidents et se protéger s'ils étaient menacés et dans l'impossibilité d'avoir recours à la magie. Mais il les avait prévenus, très clairement qu'on ne devait pas découvrir qu'ils étaient des sorciers et sorcières. La magie ne devait être utilisée que s'il n'y avait pas d'autres moyens.
Ils avaient déjà maîtrisé plusieurs de ces incidents en patrouillant dans cette zone. Ils étaient donc devenus des experts dans ce genre de chose. Pendant la confusion, Ron et Hermione jetaient des bombes miniatures de gaz soporifique dans le café. Albus les leur avait donnés pour gérer ce genre de situation, pour qu'ils n'aient pas besoin de se servir de la magie. Minerva et Severus gardaient un œil sur la foule, prêts à créer une diversion pour éloigner l'attention de la foule ou sur ce qu'ils faisaient. Les gens dehors, voyaient la fumée et étaient trop effrayés pour entrer. Il ne fallait pas longtemps avant que la police n'entre en scène et prennent les auteurs des méfaits dans leur filet. Ils étaient un peu perplexes quant à l'origine des bombes qu'ils trouvaient dans le café mais personne ne pouvait leur dire d'où elles venaient.
Ils sortirent du café, « Ne dis rien Severus. » Soupira Minerva. Les quatre professeurs continuèrent à patrouiller dans le quartier, très énervés et frustrés. Ils auraient voulu que la journée avance plus rapidement.
Si les quatre professeurs avaient vu ce qu'Harry avait vu, ils n'auraient pas baissé leur garde aussi rapidement.
Quand l'animation dans le café avait commencé, Harry avait couru le long de l'allée, de son côté de la rue pour avoir une meilleure vue. De sa position, il pouvait voir les gens sortirent du café en courant ou être poussés dehors. Mais il vit aussi ce qui s'était passé dans une ruelle étroite un peu plus bas. Quelqu'un était poussé dans cette ruelle. Ses réflexes de combats prirent le dessus. Il pensait avoir oublié son entraînement puisqu'il n'avait pas compté dessus depuis longtemps, mais il se réveillât.
De l'extérieur, il avait l'air calme, mais à l'intérieur, presque par réflexe, son esprit réfléchissait très rapidement et son corps s'était tendu, prêt à agir.
Il avait été entraîné pour être capable de s'occuper de lui-même, sans avoir besoin d'utiliser sa baguette. Il maîtrisait plusieurs formes de combat à mains nues et était capable de pratiquer la magie sans baguette.
Cependant, il se demandait encore s'il devait y aller et les arrêter ou non. La voix de l'un de ses instructeurs raisonnait encore dans sa tête,
« Parfois, ce n'est pas parce que tu peux faire quelque chose, que tu dois nécessairement le faire. Fais fonctionner ton cerveau avant de faire fonctionner ton corps.
Il étudia la situation devant lui. Dans ce cas, il y avait trop de personnes dans le voisinage et il attirerait trop l'attention sur lui s'il agissait. La dernière chose dont il avait besoin était d'être arrêté à cause d'un malentendu. Dans n'importe quel cas, la police devait être capable de gérer la situation. Pendant qu'il réfléchissait à ce qu'il devait faire, il se déplaçait pour avoir une meilleure approche de ce qu'il se passait dans la ruelle et vit les deux hommes maintenir le jeune homme contre le mur pendant qu'un autre pointait quelque chose sur lui. Harry tituba sous le choc, quand il reconnut l'objet : une baguette.
Une baguette ! Que fait un sorcier par ici ? Et que fait-il à cet homme ? Harry se résolut à prendre l'affaire en main. Il était déterminé à éviter que le sorcier ne blesse le moldu. Beaucoup de moldus avaient été tués et torturés par des sorciers noirs qui voulaient s'amuser, pendant la guerre et ça faisait bouillir le sang d'Harry. Toute son attention se concentra sur le café. Il voulait créer un charme de dissimulation sans attirer tous les regards.
Avant qu'il n'ait le temps de bouger, il vit le sorcier murmurer un sort contre le jeune garçon et les deux hommes lâchèrent ses bras. Merde, c'est trop tard. S'il n'y avait pas cette maudite foule…pensa Harry avec regret.
S'il s'attendait à ce que le moldu soit torturé ou tué, il s'était trompé. Après avoir été frappé par le sort, la victime ne bougea plus. Que se passe-t-il ? Se demanda Harry. Il souhaitait que le jeune homme se dégage des deux hommes. Mais il ne bougeait pas. Il restait debout, et regardait avec attente le sorcier qui avait sa baguette pointée sur une manche de la chemise de la victime et murmura un sort. Qu'est-ce que c'était ? A-t-il un problème avec ses vêtements ? Etes-vous vraiment si difficile ? Le sorcier donna ensuite à la victime une longue barre de fer et lui demanda de partir. Le garçon la prit et courut vers le café. Il bouscula la foule et entra dans le café, en faisant tournoyer son arme. Quand il regarda dans la ruelle, les hommes n'étaient plus là et ne semblaient pas à côté. Ne sachant pas quoi faire d'autre, il resta où il était et garda un œil sur le café.
Peu de temps après la police arriva et arrêta les jeunes hommes qui avaient provoqué l'incident. Ils étaient assis à l'arrière du fourgon de police.
Harry secoua la tête pour s'éclaircir les idées. Il avait besoin de réfléchir à ce qu'il venait de voir. Il se tourna pour aller vers le café, mais du coin de l'œil, vit le sorcier de la ruelle se tenir près de la porte arrière du fourgon de la police. Il avait sa baguette pointée sur les occupants du fourgon. Un instant plus tard, il y eut un éclair de lumière et le sorcier s'enfuit dans la rue.
Harry avait un mauvais pressentiment. Personne n'a rien vu ? Sont-ils tous aveugles ? Mais personne n'était aveugle, leur attention était simplement tournée vers le café. Les propriétaires assurèrent à tous que le commerce rouvrirait ses portes dans quelques heures et plusieurs personnes leur offrirent leur aide à remettre le café d'aplomb.
Il se dirigea vers un autre café un peu plus bas dans la rue, mais n'enleva pas son charme de dissimulation. Minerva, Severus, Ron et Hermione se promenaient encore dans la rue et il ne voulait pas qu'ils reconnaissent Jason ou Harry. Il avait juste besoin de réfléchir à ce qui venait de se passer. Il commanda un capuccino et s'installa à une petite table pour réfléchir. La scène entière lui rappelait une pièce comique qu'il était allé voir avec Greg dans un théâtre de quartier. Un grand nombre de personnes étaient montées sur scène et avaient été hypnotisées. On leur avait demandé d'accomplir des taches bizarres, ridicules et embarrassantes. Il prit une cuillère de capuccino dans sa bouche, mais s'étouffa et envoya la cuillère voltigeait sous la table. Il venait de comprendre la signification de cette similitude.
Il sourit penaud à la serveuse qui lui apporta immédiatement une autre cuillère. Il y eut un peu de confusion quand ils tâtonnèrent tous les deux pour trouver la cuillère et quand tous les deux l'attrapèrent et virent l'autre, en même temps. Tous deux se reculèrent puis la reprirent en même temps et se cognèrent la tête et les mains. Oh pour l'amour de Dieu, puis-je sortir un jour sans me conduire comme un idiot ? Il rougit d'embarras, la remercia et s'excusa de sa maladresse. Elle lui sourit et repartit.
Oh mon Dieu, pensa Harry¸ il a jeté l'imperium. Eh bien, on aurait dit qu'il jetait l'imperium. Il plissa le front pour se concentrer. Donc si c'est le cas, tous les hommes qui ont provoqué des dégâts dans le café, étaient-ils sous l'influence de ce sort ? Harry secoua la tête pour s'éclaircir les idées et but une gorgée de son cappuccino. Et le pire de tout, est que la serveuse pense maintenant soit que je m'intéresse à elle soit que je suis fou à lier, songea-t-il.
Allons Potter, tu as l'habitude de ce genre de chose. Bien, supposons que c'était l'imperium. Ca n'explique pas pourquoi le sorcier s'intéressait aux vêtements de ce gars. N'était-il pas à la mode ou était-ce juste la couleur qu'il n'aimait pas ? Pensa Harry facétieusement. Et que faisaient Minerva, Severus, Ron et Hermione?
Harry regarda quelques temps par la fenêtre en ressassant l'incident puis se rappela qu'il était censé retrouver Tony. Harry avala son capuccino, paya la note et sortit rapidement pour aller voir Tony.
Il enleva son charme de dissimulation avant d'arriver à la pharmacie. « Jason, où étais-tu ? J'ai cru que tu avais été dans ce café et que tu avais été attaqué, ou quelque chose comme ça. » Lui dit Tony alors que tous les deux se dirigeaient dans la salle de repos.
« Ca alors, je ne savais pas que tu te t'intéressais à moi. » Le taquina Harry en frappant gentiment son ami, « Je n'étais pas impliqué, mais j'étais un peu plus loin dans la rue et j'ai vu ce qui s'est passé. » Dit-il plus sérieusement.
« Tu ferais mieux de rester loin de ces histoires Jason, parce que ce genre de choses arrivent souvent par ici, ces derniers temps. » Lui dit Tony en secouant la tête. Harry écarquilla les yeux. Il était inquiet pour la sécurité de son ami. Tony le vit et ajouta rapidement, « Eh bien, non, pas forcément ici, mais dans toute la ville. »
Harry se servit une tasse de thé et s'assit en face de Tony, « Pourquoi, est-ce la folie des crimes d'avant Noël ? » Souffla-t-il en buvant son thé.
« Non. En tout cas, personne ne semble le penser. Les journaux disent que tous ces gens font parti d'un gang. Ils ont tous une sorte de symbole quelque part sur leurs vêtements. » Répondit Tony en prenant un gâteau.
« Sur leurs vêtements ? Les gangs ne se font-ils pas tatouer leur symbole sur eux ? » Demanda Harry.
« Et bien, je ne sais pas, mais les symboles de ce gang se retrouvent partout sur les habits, poches arrières de jeans, casquettes de base-ball, manches de chemises…peut-être que ce gang n'aime pas la douleur. Se faire tatouer est vraiment douloureux Jason. Je sais de quoi je parle. » Lui assura Tony en se frappant la poitrine. Il se souvenait de sa propre expérience. Harry rit avec lui en s'en rappelant. Tony avait voulu un tatouage : le nom de sa grand-mère marquée d'une jolie écriture cursive sur son bras. Il l'avait voulu après sa mort. Harry trouvait que c'était un beau geste et lui avait proposé de l'accompagner. Il n'avait pas prévu que Tony serait si douillet. Il s'était évanoui quand le tatoueur n'était encore qu'à la moitié du nom, ce qui était drôle, puisque le prénom de sa grand-mère ne comportait que trois lettres. Son prénom était Amy.
Serait-ce ce que l'homme de la ruelle a fait quand il a pointé sa baguette sur la manche de la chemise ? Pourquoi s'ennuierait-il à faire ça ? Harry était perplexe mais calme en apparence. Il commença à boire son thé.
« Les gangs n'ont jamais été aussi actifs. Est-ce qu'on sait pourquoi il y a une telle recrudescence ? »
« Je suis d'accord. Je ne me souviens pas qu'ils aient été une menace pour ceux qui ne les cherchaient pas. Je ne veux pas dire que je les ai déjà cherchés. Mais maintenant ils harcèlent les propriétaires des magasins et les vieilles femmes, plus personne n'est protégé d'eux. » Tony s'arrêta pour boire son thé. « Et les journaux rapportent que les personnes arrêtées et interrogées jurent qu'ils ne se souviennent pas de ce qu'ils ont fait -»
« Ils ne se souviennent de rien ? » Demanda Harry avec attention.
« Non, en tout cas, c'est ce qu'ils disent mais beaucoup disent cela pour éviter de se confesser, non ? »
« Ouais. » Acquiesça Harry faiblement. Intérieurement, son cerveau fonctionnait à toute allure. Il enregistrait toutes les informations et les combinait à celles qu'il avait déjà.
Après une pause, Harry demanda avec inquiétude, « Mais tu n'as jamais été attaqué, n'est-ce pas ? Ils n'ont pas frappé ici, hein ? » Il se faisait du souci pour son ami et pour son personnel. Il ne voulait pas qu'ils soient blessés.
« Non, nous avons eu de la chance. » Lui assura Tony.
« Bien. »
Harry déjeuna avec Tony dans un petit restaurant à quelques rues de la pharmacie. Avant de retourner à l'école, il plaça quelques sorts sur sa pharmacie qui l'alerteraient s'il y avait une attaque. Il fit quelques gestes de la main et partit avec Tony.
Une fois de retour dans ses quartiers, il plaça un certain nombre de charmes sur la porte : un charme d'insonorisation, un qui reflète les sorts jetés sur la porte et un autre, prit par habitude, qui lui fait savoir si on s'approche de ses quartiers. Il replaça le sort compliqué qui verrouillait la porte puisqu'il l'avait déverrouillé quand il était entré. Ils les laissaient plus ou moins de façon permanente pour décourager ceux qui essaieraient de déverrouiller sa porte magiquement pour pouvoir entrer dans ses quartiers sans autorisation. De plus, c'était de la plus grande impolitesse et il ne pouvait pas, pour des raisons évidentes, permettre aux gens de tomber sur certaines choses qui étaient laissées, bien visibles dans l'une ou l'autre pièce.
Ses yeux étaient un peu fatigués. Il prit ses lunettes et alla à la salle de bain pour enlever ses lentilles de contact. Il s'installa ensuite dans son fauteuil et repensa à ce qu'il avait vu. Il était presque sûr d'avoir vu le sorcier jeter le sort de l'imperium, sort illégal dans le monde sorcier et justifiait une condamnation à vie à Azkaban. Mais ce n'était pas le point pour l'instant.
On avait certainement modifié les vêtements des personnes impliquées dans l'incident d'aujourd'hui pour qu'ils portent sur eux le symbole. Si c'était le cas, ça apparaîtrait sans aucun doute dans le monde moldu, comme un gang composé de jeunes hommes décidés à commettre toutes sortes de crimes dans les rues de Londres.
Il y avait plus. Tony lui avait dit qu'aucun d'eux ne se souvenait de ce qu'ils avaient fait quand ils avaient été interrogés par la police. Harry suspectait leur mémoire d'avoir été effacée. Il paraissait évident que le sorcier devait avoir lancé le sort d'Oubliette sur les jeunes hommes aujourd'hui quand il leur a jeté un sort pendant qu'ils se trouvaient à l'arrière du fourgon de la police. Ca expliquerait la confusion de la police. De plus, ainsi, les jeunes hommes n'attirent pas la suspicion des sorciers en orchestrant ces faits dans le monde moldu.
Il se frotta le bout du nez et se leva pour faire du café. Il commençait à avoir mal à la tête à force de se concentrer et l'expérience lui avait appris que le café l'aidait. Penses-tu, si je bois plus de café aujourd'hui, on risque de m'envoyer à l'hôpital pour overdose de caféine, pensa-t-il pince sans rire. Il prit une tasse fumante et se réinstalla confortablement dans son fauteuil. Il souffla sur son café et regarda la photo de lui et de Greg qu'il avait placée au-dessus de la cheminée. Il sourit. Greg riait plaisamment au nombre de maux de tête qu'Harry avait à force de se concentrer.
« J'ai entendu dire que penser pouvait être douloureux, pour les personnes qui n'en ont pas l'habitude Jason, mais tu as cette tendance à l'extrême ! Disait-il en riant. Et Harry ne pouvait s'empêcher de rire lui aussi.
« Tu as toujours été doué pour les charades et les puzzles Greg. » Dit-il au portrait, « Mais je pense que celle-ci te résisterait à toi aussi. » Harry observa la photo. Il se sentait en sécurité à montrer ses photos si ouvertement parce qu'il savait que personne ne pouvait contourner les sorts qu'il avait placés sur sa porte.
En plus de cela, le directeur donnait à ses professeurs le choix de nettoyer leur quartier eux-même ou de le faire faire par les elfes de maison. Certains professeurs comme le professeur d'astronomie qui avait des modèles fonctionnels compliqués du système solaire et des cartes très détaillées, éparpillées un peu partout dans ses quartiers préférait que les elfes de maison n'y mettent pas les pieds. Le professeur Snape avait des fioles délicates et de dangereuses potions et substances éparpillées également un peu partout dans certaines pièces, et il préférait lui-aussi que ces pièces ne soient pas nettoyées. Soumis à l'option, Harry avait choisi de s'occuper du nettoyage de ses quartiers lui-même. Mais la semaine avant de mettre les photos, il avait placé un sort pour savoir si on essayait d'entrer dans ses quartiers, juste pour être sûr que les elfes de maison se soient souvenus qu'ils ne devaient pas venir chez lui. Il n'avait jamais été prévenu d'une violation de ses appartements, il considéra donc qu'il pouvait placer ses photos en toute sécurité.
Soupirant, il revint à son problème. Les journaux moldus ont reporté ces incidents comme faisant parti de la recrudescence de la violence. Apparemment, ce n'était pas ça. Donc, ils voulaient induire en erreur. Mais pourquoi ? Harry but une gorgée de café et regarda la cheminée vide devant lui. C'était vraiment bizarre. Il but une nouvelle gorgée de café mais comme il avait oublié d'enlever la cuillère, elle heurta ses lunettes, qui se penchèrent. Seigneur, je suis plus dangereux pour moi-même que Voldemort ne l'était. C'est une bonne chose que je porte des lunettes, sinon, comment aurais-je pu expliquer cela à Mme Pomfresh.
Harry rit de lui-même. Il essayait de se crever un œil avec sa cuillère depuis que son instructeur en tactique et stratégie l'avait introduit au café les premiers mois de son exténuant entraînement.
Son entraîneur se moquait souvent de lui pendant ses premiers mois d'entraînement. Il avait fait un calcul rapide et conclut qu'Harry se blessait plus souvent en buvant son café qu'en affrontant Voldemort. Après ces trois premiers mois, évidemment, il avait commencé le travail sur le terrain et son entraîneur ne faisait plus ce genre d'humour bien souvent. C'était, un homme d'âge moyen, dont le nom était David Weatherly. C'était un tacticien de talent. Ses stratégies étaient toujours aussi infaillibles que possible parce qu'il pensait très loin et il pouvait et essayait de considérer toutes les possibilités et toutes les conséquences de ses plans. Il avait été un très bon professeur et avait fait entrer dans la tête d'Harry qu'un bon stratège pouvait sauver un grand nombre de vies, et c'est ce qui l'avait en fin de compte motivé à réfléchir à ses plans très attentivement. Il aurait aimé que son professeur soit là. Il aurait probablement été capable de deviner ce qui se passait ou du moins, tous les deux auraient pu trouver une théorie.
Et si je faisais quelque chose que je voulais garder secret et que j'utilisais la violence pour attirer l'attention ailleurs, comme une façade ou une couverture ? Cela était possible et ce ne serait certainement pas la première fois que ce genre de chose se ferait. Et si j'augmentais la violence liée à ces gangs pour pouvoir commettre mes propres crimes au milieu de la confusion et de la panique ? Un mauvais pressentiment se glissa au creux de son estomac. L'histoire lui avait appris que les moldus avait fait cela de nombreuses fois entre les deux guerres. Il laissa sa tasse sur la table à côté de son fauteuil. Et si je me remets dans un contexte totalement moldu ? Et si j'étais un sorcier et que je commençais à perpétrer mes crimes à Londres au milieu du remue-ménage qui a déjà été crée ? Personne ne me remarquerait. Ils me remarqueraient quand il serait déjà trop tard. Harry frissonna face aux implications auxquelles le conduisaient ses pensées.
Donc qui fait ou pourrait faire ça ? Harry remua son café. La subtilité de cette idée lui rappelait les plans et les pièges que Voldemort avaient mis en place pendant les années de guerre. Mais Voldemort était mort. Penses-tu, Voldemort n'avait pas le monopôle de la ruse et de l'intelligence. Harry secoua la tête. Il n'avait pas été en contact avec le monde sorcier pendant huit ans et n'était pas assez intime avec les gens actifs dans le monde sorcier pour pouvoir ne serait-ce que deviner qui était derrière ces activités. Il avait besoin d'informations mais il n'était pas vraiment en position d'avoir des informations de nature aussi sensible.
Harry fut interrompu quand on frappa à sa porte. Merde. Bon sang, qui peut venir aussi tôt ? Ses sorts l'avaient prévenu qu'une personne s'approchait mais il ignorait souvent l'avertissement parce que la plupart du temps les gens passaient tout droit. Il avait rarement de visiteurs. Quand il regarda l'heure, il vit à son grand étonnement qu'il était déjà un peu plus de seize heures. « Je viens ! » Cria-t-il. Il alla dans la salle de bain, replaça le charme de dissimulation et remit ses lentilles. Il parvint à se donner une demi-douzaine de coups dans l'œil dans sa hâte de les mettre et jura en allant ouvrir la porte. Il vérifia la pièce pour être sûr qu'il n'y ait rien de suspicieux en vu et s'arrêta quand il vit la photo sur la cheminée. Comme chaque fois qu'il le faisait avant d'ouvrir la porte, il fit un petit geste de la main et utilisa sa magie pour renverser la photo de lui-même et de Greg, qui était sur son bureau. Il ne pouvait pas laisser de photos d'Harry Potter dans son salon mais une photo semblait suffisamment innocente. Satisfait, il ouvrit la porte.
Harry ouvrit la porte et trouva Ron, l'air fatigué et grincheux. « Ron, entre. » Je vois qu'il est revenu de Londres, pensa Harry.
Ron était en fait la seule personne qui venait le voir chez lui. Le manque de visiteurs ne l'inquiétait pas. En fait, il préférait qu'il en soit ainsi. Les professeurs de Poudlard l'avaient accepté comme l'un des leurs, même s'ils ne lui faisaient pas entièrement confiance. Cependant le professeur Snape et Harry s'évitaient mutuellement autant que possible. Les autres professeurs n'étaient pas vraiment ravis de cette hostilité, mais étaient heureux qu'il n'y ait pas d'hostilité ouverte. Pour son plus grand plaisir, les professeurs Weasley ne l'avaient pas seulement accepté, ils étaient devenus amis. Depuis que Ron avait découvert que 'Jason' partageait sa passion pour le Quidditch, il l'invitait fréquemment à aller voir des matches avec lui. Hermione ne les accompagnait en général pas, mais elle avait toujours été intéressée par la Défense Contre les Forces du Mal depuis l'école et aimait discuter de sujets variés avec 'Jason'. Elle était heureuse qu'il partage son intérêt pour les potions et la métamorphose et ils passaient des heures à parler des différents développements découverts sur le terrain.
L'amitié qu'il avait formée avec Ron et Hermione atténuait un peu la peine qu'il ressentait. Elle n'avait cependant pas effacé la culpabilité qu'il ressentait de les avoir quittés sans explication cette nuit là, tant d'années auparavant. Il avait songé, un certain nombre de fois, à leur dire la vérité et leur révéler son identité. Il ne pouvait pas le faire. Il savait qu'ils garderaient son secret, mais il savait aussi qu'ils ne le laisseraient jamais retourner dans le monde moldu. Il ne pouvait pas vivre ici, caché sous un charme de dissimulation et entouré de secrets et de suspicions le reste de sa vie. Le monde sorcier ne l'avait jamais compris et n'avait pas jamais été gentil avec Celui Qui a Survécu. Il pouvait être lui-même de différentes façons dans le monde moldu et avait une liberté qu'il ne trouverait jamais dans le monde sorcier. Il gardait donc son secret même si ça le peinait de savoir qu'il ne pourrait jamais retrouver avec eux la franche camaraderie qu'ils avaient autrefois partagée.
« Salut Jason, j'ai simplement pensé que je pourrais faire un saut. J'ai passé la journée avec des personnes grincheuses et j'ai pensé passer voir un visage amical. » Harry fit entrer Ron dans le salon et lui proposa de s'asseoir. « Veux-tu du café ? » Lui demanda Harry.
« J'accepte volontiers, merci. Noir avec deux sucres, s'il te plaît. »
Pendant qu'Harry préparait le café pour Ron, et du jus d'orange pour lui, il se sentait à la limite de l'overdose avec la caféine qu'il avait ingurgitée aujourd'hui, il pensa à rajouter un peu de veritaserum dans le café pour avoir des réponses concrètes. Il avait de nombreuses questions et il avait besoin d'en connaître les réponses. Ron, il le savait, était en position de répondre à certaines. Mais il décida de ne pas le faire, à la dernière minute. Il ne pouvait pas briser ainsi la confiance de son ami. De plus le veritaserum avait un léger goût amer qui pouvait ou non être déguisé par le café. Ron et Hermione avaient aidé les aurors pendant la guerre et avaient été entraîné à reconnaître les effets du veritaserum sur le corps et à reconnaître le léger arrière goût qui restait dans la bouche. Harry ne savait pas si Ron avait été doué parce qu'on ne lui avait pas permis de les voir pendant qu'il était en formation. Il ne voulait donc pas courir le risque.
Il apporta les boissons, les déposa sur la table à café et invita Ron à se servir.
« Qu'as-tu fait toute la journée ? » Lui demanda Ron poliment.
« Oh, pas grand-chose. J'ai déjeuné avec un ami mais c'est tout. » Répondit Harry. Ron lui avait donné l'ouverture parfaite pour pêcher des informations. Il but une gorgée et se demanda comment il pourrait poser ses questions.
« Et toi ? » Lui demanda Harry.
« Rien non plus. J'ai juste passé la journée à faire les magasins pour les achats de Noël avec des amis. Je pense que nous avons passé trop de temps ensemble. Tout le monde était grincheux à la fin. Ca peut aussi venir du temps, on ne sait jamais vraiment. » Répondit Ron évasivement en buvant son café. Harry regarda attentivement le visage de son ami et le langage de son corps. Il rit presque. Wow, Ron est presque parvenu à être à moitié convainquant cette fois. Il était incapable de mentir avant. Certaines choses ont vraiment changé. Cela l'attrista. C'étaient les circonstances qui avaient obligé son meilleur ami à changer.
« Oui, moi non plus, je n'ai pas fini mes courses de Noël. C'est une bonne chose que la plupart des élèves soient rentrés chez eux pour les vacances et que nous n'ayons pas de cours pendant un certain temps. Je pourrai les finir dans peu de temps. » Harry s'arrêta innocemment et ajouta, « J'ai pu en faire un peu aujourd'hui en fait, avant d'aller déjeuner à Londres avec un ami moldu. »
« Oh, est-il aussi pharmacologiste ? » Interrogea Ron.
« En effet, oui. » Harry s'arrêta et ajouta sur le ton de la conversation, « Il m'a dit qu'il y avait une recrudescence du crime autour de la zone dans laquelle il vit. Quelque chose liée à la violence des gangs. »
« Vraiment? » Demanda Ron, qui essayait de réagir comme s'il n'était pas au courant de ce dont parlait Harry, mais ce dernier connaissait très bien Ron et il pouvait dire qu'il était nerveux. Harry continua sans merci.
« Oui. Il a dit qu'il ne semblait pas avoir de cible particulière. On dirait que les acteurs agissent au hasard. Il était assez inquiet. » Déclara Harry d'un ton innocent. Il but son jus de fruits et regarda Ron attentivement.
« Tout à fait compréhensible, je serais moi-même inquiet. En fait, parce que je suis un sorcier, j'aime à penser que je serais capable de m'occuper des délinquants avant qu'ils aient le temps de me faire quoi que ce soit ; mais si je n'étais pas un sorcier, je serais effrayé, donc c'est tout à fait compréhensible, vraiment. » Harry observa Ron bafouiller, silencieusement.
« Je sais que tu enseignes les Etudes Moldues et tu m'as laissé entendre que tu étais en contact avec des moldus. As-tu entendu quelque chose sur la recrudescence du crime ? J'ai dit à mon ami que ce genre de chose passe en général après un certain temps, mais tu ne saurais pas si ça va bientôt se terminer ou non ? » Lui demanda Harry, peut-être un peu au-dessus de l'innocente routine, mais Ron ne sembla pas le remarquer.
« Non, j'ai entendu dire qu'il y avait une recrudescence du crime, mais rien de bien précis, désolé. Mais ça m'amène à la seconde raison pour laquelle je suis venu te voir aujourd'hui. Je me demandais si tu voulais bien intervenir dans mon cours d'Etudes Moldues. Je n'avais jamais rencontré de pharmacologiste avant et je voulais savoir si tu serais d'accord pour faire une intervention sur les médicaments et la pharmacologie. Euh, je sais que ça veut dire qu'il te faudra préparer plus de cours et je m'en veux un peu de te demander cela, mais j'espérais vraiment que tu accepterais. Ce serait vraiment très intéressant. » Lui demanda Ron avec espoir. Et Harry perdit sa chance de pêcher des renseignements.
Il parlèrent de choses légères pendant quelques temps : Quidditch, Noël à Poudlard, de tout et de rien. Après environ quarante minutes, Hermione frappa à la porte. Elle était venue chercher Ron et semblait assez fâchée, mais elle se réjouit quand Harry ouvrit la porte.
« Entre Hermione. Ron est là lui là lui aussi. Nous étions en train de discuter. Tu as l'air un peu fatigué. Veux-tu du café ? » Lui proposa Harry.
« Oui, s'il te plait. Au lait avec un sucre, merci. » Hermione s'assit à côté de Ron. « Pourquoi es-tu parti si tôt Ron ? Tu étais censé rester avec nous un peu plus longtemps. » Siffla Hermione doucement après avoir vérifié qu'Harry était dans sa kitchenette et ne pouvait pas les entendre. Ce qu'elle ne savait pas était qu'Harry avait une ouie très aiguisée, et il s'était rapproché pour entendre ce qu'ils disaient.
« Chut, Hermione. Jason est juste là. » Murmura Ron, en lui désignant Jason.
« Il ne peut pas nous entendre d'où il est, et ce n'est pas comme si je hurlais, si ? » Siffla t-elle.
« Bien. J'étais de mauvaise humeur, fatigué, et j'en avais marre de faire la même chose inutile semaine après semaine. Nous avons tout vérifié, il n'y a rien. Alors pourquoi continuons-nous à le faire ? Je ne suis pas un putain de policier moldu ! » Dit Ron doucement. Il était frustré et serrait et desserrait sa mâchoire.
« Parce que nous nous sommes portés volontaires pour aider Albus. Il nous a donné l'ordre de marcher dans ce quartier et nous le faisons parce que nous savons que quand Dumbledore fait quelque chose, il le fait pour de bonnes raisons. » Dit Hermione, exaspérée.
Que suspecte-il ? Se demanda Harry, en entrant dans le salon avec une tasse de café pour Hermione.
« Comment s'est passé ta journée, Jason ? » Lui demanda Hermione en soufflant sur son café.
Parfait. Maintenant, je me demande si elle va dévoiler quelque chose. « Bien, merci Hermione. Je disais justement à Ron que j'ai déjeuné avec un ami à Londres, aujourd'hui. » Harry s'arrêta pour regarder Hermione et fit semblant de boire une gorgée de jus d'orange frais. Hermione s'arrêta de boire mais il n'eut pas d'autres indications montrant qu'elle était surprise.
« Il a mentionné qu'il y avait une recrudescence du crime en ce moment. Il est un peu inquiet. Je lui ai dit que ce genre de choses passait rapidement et qu'on pouvait espérer que c'est ce qui se passerait ici. Je lui ai demandé de faire attention à lui, on ne sait jamais. On ne peut pas être trop prudent quand on a à faire avec ce genre de personnes, n'est-ce pas ? » Dit Harry.
« Tu as raison, Jason. Mes parents m'ont parlé de cette montée de la violence à Londres et je leur ai dit la même chose. Tu sais, ne sortez pas le soir ou tout seul, fermez la porte et les fenêtres tout le temps, ce genre de choses. J'espère que ça se terminera bientôt. » Hermione s'arrêta pour boire son café. « La police les attrapera. Ca dure depuis un moment maintenant, ils doivent avoir de bonnes pistes et tout se terminera. » Dit Hermione, peut-être un peu trop rapidement.
« Mon ami m'a dit qu'il était écrit dans les journaux que la police était complètement dans le noir et que tous ceux qui ont été interrogés niaient savoir quoi que soit. » Dit Harry. Hermione ne savait pas quoi répondre à cela, Harry lui évita la nécessité de répondre, « Mais je suis sûr que la police ne peut pas dire à la presse s'ils ont des pistes parce que ça les gêneraient, non ? Je suis sûr que se sera bientôt terminé. » Dit Harry aimablement.
« Oui. » Hermione était d'accord avec lui. Elle posa sa tasse et fit le tour de la pièce du regard. Elle n'était en fait, jamais venue dans les quartiers de Jason, avant. Elle était venue lui transmettre des messages sur les réunions du personnel, mais c'était la première fois qu'elle était invitée à entrer. Elle adorait le décor bleu. Le bleu était également sa couleur préférée. Ses yeux tombèrent sur la photo de Greg sur le manteau de la cheminée. Hermione était curieuse mais ne savait pas comment demander poliment qui il est. Harry leva les yeux de sa boisson et remarqua qu'elle regardait la photo. Il lui évita de poser la question.
« Vous vous souvenez quand je vous ai dit lors de la cérémonie de répartition qu'une personne proche de moi était morte récemment ? C'est lui. » Harry posa son verre et se leva pour aller chercher la photo pour qu'Hermione puisse la voir de plus près.
« Il a l'air vraiment très gentil. » Observa t-elle, « Il a un regard très doux. »
Harry sourit affectueusement. Il avait remarqué la même chose la première fois qu'il avait rencontré Greg, il y avait tant d'années. « C'était un homme très gentil. Il avait très bon caractère et était très généreux. Et tu as raison, il était très, très gentil. »
« Etait-il pharmacologiste comme toi ? » Demanda Ron. Il semblait faire une fixation et pensait que toutes les connaissances d'Harry devaient être pharmacologistes.
Harry sourit et secoua la tête. « Non, il était chef. Un très bon chef. Il travaillait dans un restaurant très apprécié de Londres. Et je l'ai rencontré là-bas, la première fois que je suis allé y manger. Le repas était vraiment très bon, je suis donc allé féliciter le chef et c'est ainsi que j'ai fait sa connaissance. »
Hermione regarda à nouveau la photo. « Il était vraiment très séduisant. » Observa-t-elle.
« Hermione, eh, veux-tu que je sorte pour que tu puisses parler librement. » Cria Ron, en s'étouffant dans son verre. Harry rit, tout d'abord de l'expression de Ron puis de celle d'Hermione. « Eh bien, c'est vrai. » Dit-elle sans se sentir embarrassée « La photo a été prise en France, non ? J'y ai été pendant des vacances avec mes parents, il y a plusieurs années maintenant, et je me souviens avoir vu l'arc de triomphe. J'ai une photo quelque part avec maman et papa se tenant devant, comme Greg. »
« Oui. Nous sommes allés en France il y a un an et demi pour des vacances. Il avait un oncle qui y vivait, nous sommes donc restés chez lui environ un mois. Greg ne savait pas parler un mot de français. En fait, moi non plus, mais il insistait pour prendre son dictionnaire avec lui et il sortait une phrase à chaque fois qu'il le pouvait. C'était vraiment embarrassant d'être avec lui au milieu de la foule quand il voulait pratiquer son français. Une fois il a essayé de demander son chemin et il a en fait dit un truc dans ce genre là, 'Vos bananes sont très belles, mais je préfère vos gorilles.' Quelque chose dans ce genre là. Il n'avait aucune honte pour ce genre de chose. » Hermione et Ron éclatèrent de rire. Il sentit sa poitrine se serrer et ses yeux le piquer mais il savait qu'il ne pleurerait pas. Ca lui faisait du bien de parler de Greg. Il n'avait pas pu parler de Greg très souvent.
« Etait-il un sorcier ? » Demanda Ron.
« Non, il était moldu. Mais il était vraiment doué dans ce qu'il faisait. » Je dirai, pensa t-il avec malice.
« Je ne voulais rien dire par-là, Jason. J'étais simplement curieux. » Harry laissa tomber les excuses de Ron.
« Tu as dit qu'il était mort récemment, » Dit Hermione gentiment.
« Hermione ! » Siffla Ron « Ne penses-tu pas être légèrement insensible ? »
« Ce n'est rien, Ron. Un jour, il y a environ quatre mois, il faisait le petit déjeuner et il s'est aperçu que nous n'avions plus de lait. Il est sortit rapidement pour aller en chercher dans un magasin du coin. Il m'a dit qu'il revenait d'ici une demi-heure. Il a été la victime piétonne d'un accident de voiture. Il a été renversé et la personne qui a fait ça ne s'est même pas arrêté pour voir s'il allait bien. » Harry déglutit et sentit la douleur se déplacer dans sa poitrine.
« Je suis désolé. Ton partenaire semblait être un homme merveilleux et j'aurais vraiment aimé le rencontrer. » Dit Hermione simplement.
« Merci. Je suis sûr qu'il aurait- l'as-tu appelé 'mon partenaire' ? » Demanda Harry.
« Oui, ne l'était-il pas ? »
« Comment le sais-tu ? »
« Tu veux dire qu'il l'était ? » Demanda Ron avec incrédulité.
« Oh Ron, tais-toi, » Le réprimanda Hermione. Elle se tourna pour faire face à Jason. « Ce ne sont que de petites choses, Jason. Tu as une photo de lui sur le manteau de ta cheminée. Ron ne laisse pas de photos de ses amis hommes dans la maison ou dans notre chambre. Tu as été en vacances avec lui et vous viviez ensemble. J'aurais pensé que vous étiez simplement des colocataires si tu n'avais pas mentionné autre chose que le fait que vous viviez ensemble. Mais la photo et les vacances suggéraient quelque chose de plus pour moi. Ai-je eu tort de dire quelque chose ? » Demanda Hermione. Elle fut soudain consciente qu'elle avait peut-être embarrassé Jason. « Je ne voulais pas te mettre dans l'embarras. Je me rends compte que ce n'est pas forcément une chose dont tu as envie de parler. »
« Non, ça va. Certaines personnes sont un peu comiques quand je parle de mes préférences et je suis assez réservé sur ce sujet. Je suis content que vous ne vous soyez pas enfuis de la pièce, même si Ron semble décidément mal à l'aise. » Observa Harry en souriant à Hermione.
« Oh Ron, pour l'amour du ciel, Jason n'est pas intéressé à toi de cette façon là. »
« Euh, je sais, mais, euh, comment le sais-tu Hermione ? » Demanda Ron nerveusement en regardant partout tout en évitant Jason et Hermione et en se tortillant sur sa chaise.
« Parce qu'il vient de perdre son partenaire et qu'il ne te regarde pas de la même façon que moi je te regarde, bien que pour l'instant je te regarde comme si je pensais à te frapper, espèce de niais suffisant ! » Fulmina Hermione.
« Désolé Jason, je ne savais plus quoi penser pendant une minute. Mais bien sûr, c'est ton mode de vie et ton choix et ça ne me dérange pas. » Après une pause, il releva la tête et ajouta avec magnanimité « Tu auras toujours des invitations pour venir voir les matchs de Quidditch avec moi. »
« Gee, merci Ron. » Dit Harry sèchement. La diplomatie n'a jamais été ton fort, n'est ce pas Ron ? D'après l'expression d'Hermione, elle pensait la même chose.
Ils passèrent le reste de l'après midi à discuter plaisamment et ils parlèrent si longtemps qu'ils partirent dîner dans la grande salle en discutant encore.
Sur le chemin pour aller dîner, le trio passa devant deux étudiants, un Gryffondor et un Serpentard qui avaient l'air de se battre et de se jeter mutuellement des sorts. Ils ne faisaient aucun effort pour être discrets et ils étaient si préoccupés par ce qu'ils étaient en train de faire qu'ils n'entendirent pas Harry, Ron et Hermione approcher d'un côté du couloir et le professeur Snape de l'autre, qui entraient dans la salle de classe. Le maître des potions arrêta rapidement le combat.
« Expelliarimus ! » Cria-t-il et il attrapa la baguette des étudiants. Celles-ci volèrent vers lui et les deux élèves levèrent les yeux. Ils furent réellement surpris de se voir entourés par tant de professeurs.
« M. Brown, je n'ai aucune patience pour ce genre de comportement. Vous aurez une détention ce soir dans ma classe, à 20h. Ne soyez pas en retard. » Dit-il fielleusement au jeune élève de Gryffondor pendant que l'élève de Serpentard souriait avec jubilation.
« Mais Monsieur -» L'étudiant protesta mais fut coupé.
« Pas de mais. Et ne recommencez pas ça devant moi. Maintenant ne devez-vous pas aller quelque part? » Demanda-t-il aux deux élèves en haussant un sourcil. Ils se retournèrent tous les deux pour se dépêcher d'aller dîner, mais Harry les arrêta.
« Attendez. Revenez par ici. » Dit-il aux deux élèves, qui firent demi-tout et vinrent prudemment vers lui. Le professeur Snape le regarda simplement, en haussant un sourcil.
« Attendez, revenez. » Dit-il aux élèves qui se retournèrent prudemment vers lui. Le professeur Snape le regarda simplement les sourcils levés.
Quand les deux élèves furent devant leur professeur, Harry leur demanda sérieusement, « Etait-ce une dispute entre M. Brown et M. Wallace ou était-ce une dispute entre un Gryffondor et un Serpentard ? »
« Euh… »Bégaya le Gryffondor.
« Eh bien, vous voyez professeur, » Commença le Serpentard pour trouver une explication, « Peter et moi étions simplement en train d'étudier. »
« Etudier ? » Répéta Harry, peu convaincu.
« Oui, Monsieur. Vous voyez, on était simplement en train de réviser les sorts que vous nous avez appris en classe. » Reprit le Serpentard, en jetant un bras autour des épaules de l'autre élève et en le rapprochant de lui, en un geste de franche camaraderie.
« Vraiment ? » Demanda Harry sarcastiquement.
« Bien sûr Professeur, » Répondit le jeune Serpentard avec une expression légèrement trop sincère. « Vous voyez, je respecte tous mes camarades de classe sans prendre en compte leur maison. Je crois vraiment qu'il y a beaucoup plus que -»
« Oui, merci M. Wallace. J'en ai suffisamment entendu. » Il regarda durement les deux élèves. « Vous savez tous les deux ce que je ressens pour ce genre de préjugé gratuit entre les maisons. Puisque le Professeur Snape est votre directeur de maison, il ne serait pas tout à fait juste que vous ayez une détention avec lui, donc, M.Wallace, vous viendrez me voir ce soir dans ma classe tout de suite après le dîner. Vous avez apparemment oublié ce que nous avons vu en classe lors du premier cours, je pense donc que ce soir nous reverrons ce cours pour être sûr que vous vous en souveniez cette fois. Je pense que vous ferez un essai sur ce que je vous ai appris. Apportez des bouteilles d'encre et du parchemin avec vous. M. Brown, » Dit Harry en se tournant pour faire face à l'autre étudiant, « puisque vous avez une détention avec le Professeur Snape, je n'ai pas besoin de vous voir à ce sujet. Je ne veux plus vous revoir faire ce genre de chose. » Dit-il en se dirigeant vers la grande salle.
Il n'avait fait que quelques pas quand il se tourna à nouveau pour regarder à nouveau ses étudiants, « A propos M. Wallace, vous avez encore beaucoup de travail si vous voulez être capable de mentir de façon convaincante. Vous embellissez beaucoup trop votre histoire. Ce n'était pas très crédible, vous devez toujours faire en sorte que le mensonge soit simple. Vous avez exagéré votre expression faciale et vous avez également besoin de moduler la tonalité de votre voix. Elle ne doit pas être plus aiguë qu'à l'ordinaire quand vous essayez de donner votre explication. » Mentionna Harry, « Maintenant n'êtes vous pas censé aller dîner ? »
« Oui, Monsieur. » Ils prononcèrent les mots en même temps et se dépêchèrent de se diriger vers la grande salle.
Harry tourna la tête dans la même direction, mais fut appelé par le Professeur Snape.
« Professeur Green, » Commença-t-il en avançant à grands pas vers Harry qui se tenait à côté de Ron et d'Hermione. « Vous n'aviez aucune raison d'interférer dans cette affaire. J'avais la situation en main. »
Harry ne tressaillit pas quand le professeur s'approcha de lui mais le regarda avec surprise, « Je ne pensais pas être en train d'interférer, Professeur. »
« Vous n'aviez aucune raison de rappeler les élèves une fois que j'avais réglé la situation. » Dit froidement et calmement le professeur de potions.
« Vous n'avez pas du tout réglé la situation, Professeur, parce que vous n'aviez pas l'air d'avoir vu qu'il y avait deux garçons impliqués dans la bataille, et pas un seul. Vous n'avez donné de détention qu'au Gryffondor, alors qu'un Serpentard était également impliqué. »
Le professeur Snape était plus grand qu'Harry, et regarda froidement vers son nez, les yeux plissés en dédain. « Ne saper plus jamais pas mon autorité devant les étudiants, Professeur Green. »
Harry fit un pas en avant et rencontra son regard, « Ne me donnez pas de raison de le faire. Vous êtes un professeur de Poudlard. Vous êtes censé être au-dessus des rivalités qu'il y a entre les maisons. »
Les professeurs se regardèrent encore quelques instants et Harry se tourna lentement pour aller dans la grande salle. Ron et Hermione échangèrent quelques mots avec le professeur Snape puis suivirent Harry pour aller dîner.
Cette nuit-là, alors qu'il était allongé dans son lit et regardait le plafond, il repensa à ce qu'il avait vu plus tôt dans la journée et se demandait ce qu'il devait faire. Une part de lui ne voulait pas s'impliquer dans cette histoire.
Je ne vais pas m'impliquer ! Ca devait être une année sans rien, une année pour que je me remette sur pied. Je suis ici pour enseigner. C'est tout. Il renifla. Je ne trompe personne, je suis toujours impliqué, que je le veuille vraiment ou non. Il savait que ce serait égoïste de sa part de ne rien faire alors qu'il était en position d'aider. Mais ils n'ont plus besoin de moi. Ce n'était peut-être rien. Ils sont capables de se débrouiller sans moi. Ils l'ont fait jusque là. Il soupira profondément et se raisonna, qui est-ce que je trompe ? C'est comme s'il y avait quelque chose d'important là-dessous. Harry plissa ses sourcils et se tourna sur le côté. Et si c'était quelque chose de vraiment important et qu'ils ne puissent pas gérer la situation ? Pensa-t-il. Je ne veux pas qu'il y ait des blessés et je ne veux laisser personne mourir, pensa-t-il. Son sens des responsabilités le frappa, AOUUHHH ! Cria-t-il silencieusement. Il se mit sur le ventre et frappa son oreiller. Je n'ai pas eu à m'inquiéter pour ce genre de choses depuis mes dix-huit ans. Soyez tous maudit !
Il se tourna de l'autre côté. Il décida finalement de garder un œil sur ce qui se passe pendant quelques temps. Ca ne devrait pas être si difficile puisqu'il n'avait pas de cours avant plusieurs semaines. S'il découvrait quelque chose de vraiment menaçant, il donnerait les renseignements à Dumbledore et lui proposerait son aide s'il le pouvait. Il ne savait pas comment il pourrait faire cela, mais il trouverait bien. Après avoir décidé de ce qu'il devait faire, il essaya de dormir.
Harry garda un œil, les quelques jours qui suivirent sur la petite rue dans laquelle se trouvait sa pharmacie. Il utilisait le charme de dissimulation pour avoir différents visages et ne pas être reconnu ni par les professeurs de Poudlard, qui continuaient à patrouiller dans cette zone pour Albus, ni par les gens qui travaillaient dans sa pharmacie. Il était vraiment inquiet pour les amis qu'il avait dans sa pharmacie. Il restait donc à proximité, parfois, il s'asseyait dans un café, parfois il regardait des livres dans un magasin, et parfois, il s'asseyait simplement sur un banc, dehors. Il voulait être sûr qu'ils soient en sécurité. Mais il était aussi inquiet par le fait que des sorciers soient impliqués dans ce qui apparaissait être une affaire entièrement moldue.
Il avait remarqué que différents groupes de professeurs de Poudlard patrouillaient la rue chaque jour et il aurait aimé savoir quelle était leur implication dans cette histoire. Mais il préféra se concentrer sur d'éventuels signes de troubles dans la rue.
Il suspectait fortement les sorciers de jeter l'Imperium et le sort d'Oubliette mais il y avait trop de spéculations dans ses suppositions pour être entièrement certain et l'expérience lui avait appris que les hypothèsesmêmes si elles semblaient correctesne sont toujours que des hypothèses et qu'il valait mieux vérifier ce que l'on savait ou croyait savoirDonc, quand il eut l'occasion de vérifier ses hypothèses, il n'hésita pas. L'incident se déclencha près d'un magasin de bonbons. Harry se déplaça rapidement à travers la foule et se dirigea délibérément vers une petite ruelle dans laquelle les sorciers seraient susceptible de se cacher.
Il se trouva soudainement tiré dans la ruelle et épinglé dos et bras contre le mur. Quatre hommes se tenaient dans la ruelle avec lui. Il fut surpris de constater qu'ils étaient tous des mangemorts ou des anciens mangemorts. Ses ravisseurs n'étaient autres que Ms Crabbe et Goyle seniors et juniors. Goyle senior lui lança le sort de l'Imperium et lui ordonna de courir jusqu'à la foule qui s'était rassemblée un peu plus bas et de frapper la première vieille femme qu'il rencontrerait avec la batte de cricket que lui tendait Crabbe senior. Harry se demanda pourquoi on lui confiait une mission aussi puérile et sans originalité. Mais il se raisonna. Les quatre personnes en face de lui n'avaient jamais tiré les meilleures cartes du jeuet il se concentra à nouveau sur la situation.
Il était capable de contrer l'Imperium facilement, mais prétendit tomber sous son influence. Il était capable de résister à ce sort depuis qu'il avait 15 ans. Cela ne lui demandait donc pas beaucoup d'efforts. Il n'avait aucune intention de faire ce qu'on lui demandait, il attendit donc patiemment que Goyle senior jette le sort qui créerait le symbole appartenant soit disant à un gang. Harry passa en revu les options sur la manière dont il pourrait intervenir. Il pouvait prendre les sorciers par surprise en les stupéfiant ou il pouvait les assommer avec la batte qu'il tenait toujours. Voilà une idée très attrayante et ils recevraient ce qu'ils méritent, pensa Harry sans amusement. Il pouvait également courir jusqu'à la foule sans blesser personne puis changer de déguisement et il n'y aurait pas de plus malin.
Il se décida pour la première option, parce qu'il avait, assez franchement, envie de les frapper. Ils s'en prenaient à des moldus et il n'avait jamais pu tolérer ce genre de comportement. En plus, avec de la chance, on trouverait leurs corps et cela attirerait l'attention sur eux. S'il avait vraiment de la chance, les professeurs de Poudlard qui patrouillent dans la zone, viendraient voir ce qu'il se passait et reconnaîtraient les mangemorts pour ce qu'ils étaient. Ainsi, Albus serait informé et pourrait s'occuper des démarches à entreprendre. Harry n'aurait pas besoin de tenir Albus informé et ce dernier serait capable de découvrir qui avait organisé cet étalage du crime. C'est un plan parfait, pensa Harry avec satisfaction.
Lui était-il venu à 'esprit qu'il ne serait pas capable de battre ces quatre armoires à glace ? Jamais. Il avait de son côté deux atouts : la surprise et une grosse batte de cricket. Il se retourna et le combat se termina rapidement. Il parvint à donner un grand coup de batte sur la tête de l'aîné des Goyle qui était en train de vérifier le symbole qu'il avait placé sur la manche de la chemise d'Harry et n'avait pas vu le coup venir. Les trois autres au lieu de réagir immédiatement, se regardèrent, surpris et choqués par ce qui venait de se passer. Les réflexes rapides et l'agilité d'Harry lui permirent d'intervenir rapidement alors que les autres se rétablissaient lentement.
Ce fut un travail facile. Goyle Junior plongea sur lui mais Harry se décala pour éviter l'attaque, le frappa à la tempe et l'assomma. En même temps, il bloqua le poing de Crabbe junior qui visait sa tête, avec sa batte, et quand son assaillant cria de douleur, il agrippa sa tête et le frappa contre le mur. Les yeux de Crabbe roulèrent et il s'effondra contre le mur. Crabbe senior avait dés lors compris qu'il devait se méfier du jeune homme et avait astucieusement sortit sa baguette de sa botte. Harry le vit et lui donna un coup dans la tête quand il se fut suffisamment penché pour prendre sa baguette. Idiots. C'était simplement embarrassant. Vous avez eu de la chance que je n'étais pas trop sérieux. Je ne vous ai pas fait trop mal, cette fois. Les réprimanda Harry.
Il enleva le symbole de sa chemise d'un geste de la main. Il n'essaya même pas d'utiliser sa baguette. Il quitta ensuite en courant la ruelle pour alerter les gens dans la rue principale. Ce fut une tache un peu plus difficile. La foule était plus inquiète pour les personnes âgées qui avaient été attaquées et qui étaient couchées par terre. Elles étaient gravement blessées. Quand il put enfin convaincre un policier qu'il ne lui faisait pas perdre son temps, les quatre hommes avaient disparu. Le policier se tourna lentement vers lui pour lui jeter un regard noir. Harry toussa, penaud.
« Ils étaient ici, Monsieur l'agent, je vous le jure. » Essaya de s'expliquer Harry.
« Hum, hum. Bon. Allez-vous en, j'ai des choses importantes à faire. Des gens ont été blessés. Avez-vous pensé à cela ? » Grogna l'officier.
« Désolé, Monsieur, ils ont dû se lever tout seuls. » Dit Harry en se retirant de la scène. Il retourna dans la rue principale et s'assit sur un banc. Merde. J'aimerais que les évènements se déroulent comme je le veux, juste une fois... Au moins, je sais qu'ils ont bien utilisé l'Imperium. Je sais maintenant que les moldus ont été manipulés… est-ce une coïncidence que des mangemorts soient impliqués ? Est-ce que les mangemorts se rallient à nouveau, ou une personne a-t-elle simplement engagé des mangemorts pour travailler pour elle ? Ceux qui n'ont pas été tués ou arrêtés ont bien dû aller quelque part, non ?
Harry se massa les temples. Il avait suffisamment d'informations pour sérieusement penser à en parler à Albus. Le directeur avait les contacts nécessaires pour obtenir davantage de renseignements. Il avait également l'intelligence et la sagesse de comprendre certaines choses qu'Harry ne pouvait pas. Il détenait aussi des renseignements dont Harry était privé et qui pourrait bien éclairer la situation sous un jour nouveau. Harry savait qu'il n'avait aucune chance d'obtenir cette information en obligeant quelqu'un à parler. Il n'avait la confiance d'aucun professeur. Il avait pu établir des liens amicaux avec Ron et Hermione, mais il savait qu'ils ne lui faisaient pas confiance au point de lui divulguer des informations qu'Albus leur avait demandées de garder privées. Il était presque certain de ne pas avoir la confiance d'Albus. Il avait été trop vague pour inspirer sa confiance. Il ne pensait pas que créer une distance entre lui et les autres professeurs se retournerait ainsi contre lui. Il ne regrettait pourtant pas sa décision de l'avoir fait.
Il était certain de ne pas pouvoir faire irruption dans le bureau du directeur pour lui raconter ce qu'il avait vu. Ils n'auraient aucune raison de le croire. De plus, il serait difficile d'expliquer comment lui, a pu voir quelque chose que ses professeurs ont manqué pendant leur patrouille. Utiliser un ami moldu comme source d'informations serait tout aussi convainquant. Son ami n'aurait aucune raison de penser que c'était autre chose que la vague de criminalités liée aux gangs. Et il serait difficile d'expliquer de quelle manière il était parvenu à reconnaître un sorcier jetant un sort. Les moldus rationalisaient ce genre de choses et les catégorisaient en tant qu'hallucinations, sauf s'ils connaissaient l'existence du monde sorcier. Et ce qu'Harry avait dit au directeur suggérait qu'il avait vécu comme un moldu londonien. Son ami n'aurait donc eu aucune raison de suspecter qu'il puisse exister des personnes telles que des sorciers.
Je pourrais en parler à Ron et à Hermione… peut-être. Il décida de continuer à réfléchir à son problème en retournant à Poudlard.
Harry retourna à Poudlard à temps pour le dîner. Il alla dans ses quartiers, se rafraîchit la figure avec de l'eau froide, se dirigea vers la grande salle et s'assit. Puisque la plupart des étudiants étaient rentrés chez eux pour les vacances de Noël, une seule table avait été dressée pour les professeurs et pour les élèves. Le reste de la salle avait été décoré de façon stupéfiante et les professeurs Dumbledore et Flitwick avaient enchanté les décorations pour qu'elles prennent vie la nuit.
Il salua Ron et Hermione, s'assit, remplit son assiette et commença à manger. Il se demandait depuis un certain temps s'il devait ou non leur révéler ce qu'il savait. Il décida de prendre la températureet de leur parler. Comme pendant les vieux jours, pensa Harry avec nostalgie.
« Hermione, Ron, je me demandais si je pouvais vous parler, » Murmura Harry.
« Bien sûr, est-ce important ? » Demanda Hermione avec surprise.
« Oui. J'espérais pouvoir vous parler après dîner. »
« Nous ne serons pas là, après le dîner. Le frère de Ron a été blessé au travail et nous allons passer quelques jours avec sa famille pendant qu'il est à l'hôpital…ce n'est rien de bien grave, » se hâta d'ajouter Hermione, qui avait vu les yeux de Jason se plisser d'inquiétude, « Il élève des dragons, tu vois, c'est un boulot assez dangereux. Il sera à l'hôpital en observation quelques jours. Nous voulons le voir avant d'aller chez sa famille, nous partons donc après dîner. » Lui expliqua Hermione.
« Bien sûr. » Dit Harry. Il n'aura qu'à attendre qu'ils reviennent.
« Mais si tu n'as rien à faire pour l'instant, nous pouvons y aller maintenant » Lui proposa Hermione. Jason n'avait pas très faim de toute façon. Il avait beaucoup trop de choses auxquelles penser pour avoir faim. Dans tous les cas, il avait pas mal de choses dans sa cuisine s'il voulait manger plus tard. Il acquiesça et les trois professeurs quittèrent la table et se dirigèrent vers les quartiers de Ron et d'Hermione.
Leur quartier était un peu plus grand que celui d'Harry et était décoré de différentes nuances de bleu, crème et blanc. Leur salon était crème et blanc et ça donnait un effet très « country » et très intime. Ron prépara le thé et Harry s'assit en face d'Hermione. Quand Ron revint, il s'assit à côté d'elle et attendit patiemment qu'Harry s'explique. Il décida de leur dire ce qu'il avait vu le jour où il avait vu les professeurs Snape, MacGonagall et eux-même dans la rue. Il fallut une bonne demi-heure pour leur expliquer et il fit attention de ne leur dire que ce qu'il avait vu, pas ce qu'il pensait que ça pouvait signifier. Il voulait leur faire croire qu'il venait juste de voir quelque chose de suspicieux et qu'il voulait le porter à l'attention des bonnes personnes.
« Es-tu certain qu'il s'agissait d'un sorcier ? » Demanda Ron.
« Oui. Il avait sorti sa baguette. »
« Pourquoi nous en parler à nous ? » Lui demanda Hermione. Harry s'attendait à cette question.
« Je ne savais pas à qui en parler. Je pense que le Ministère gère ce genre de choses, mais je ne savais pas si j'en avais vu suffisamment pour avertir le Ministère. Ce n'est peut-être rien, vous ne croyez pas ? Je ne voulais pas perdre leur temps. Je voulais d'abord en parler à quelqu'un et avoir une autre opinion. Qu'en pensez-vous ? » Leur demanda Harry.
« Je ne pense pas que tu doives en parler au Ministère. » Dit Hermione en choisissant ses mots avec précaution, « Ils mettront le dossier de côté. Il se peut que ce ne soit pas important, mais il se peut aussi que ce soit une histoire sérieuse. Comme tu l'as dit, pourquoi des sorciers jetteraient-ils des sorts sur des gens dans le Londres moldu ? » Elle regarda Harry, qui était toujours immobile et buvait son jus d'orange, « Albus est conseiller au Ministère. Nous devrions lui soumettre le problème. Il saura avertir les bonnes personnes. »
« Je lui en parlerai demain matin, alors. » Dit Harry en se préparant à partir.
Ron et Hermione échangèrent un regard rapide et Ron lui dit prudemment, « Peut-être devrions-nous aller lui en parler maintenant. »
« Vous ne pensez pas que ça peut attendre ? » Demanda Harry légèrement surpris.
« Si, c'est possible, mais tu auras probablement besoin que l'on se porte garant pour toi. Euh. Certains professeurs… ne seront peut-être pas porté à…te croire, Jason…et puisque nous ne serons pas là demain matin.. .» Expliqua Ron, un peu embarrassé.
« Je comprends. » Dit Harry perplexe. Ron conduisit Hermione et Harry près du siège du directeur dans la Grande Salle. Le professeur Snape était assis en bout de table quand Harry était entré dans la salle un peu plus tôt dans la soirée. Il était en ce moment, assis à côté d'Albus. Ils étaient tous les deux penchés sur un livre, en pleine conversation. Ron s'excusa et se pencha pour parler à l'oreille d'Albus.
« Dans mon bureau, je pense que ce sera mieux. Devons-nous y aller ? » Demanda-il à Ron, Hermione et Harry.
« Excusez-moi, Monsieur le directeur. Je m'en vais si vous avez des choses plus importantes à voir. » Le professeur Snape renifla et Harry leva les yeux au ciel. Albus dit simplement, « En fait, professeur Snape, j'avais espéré que vous et Minerva, vous joindriez à nous. » Le professeur cligna des yeux deux fois, ce fut le seul signe extérieur qui montra qu'il était pris par surprise. Il acquiesça simplement et se tourna pour parler à Minerva. Si Harry n'avait pas su que Minerva et Severus faisaient parti du cercle de confidents d'Albus et qu'ils avaient bien gentiment patrouillé dans Londres pour réunir des informations, telles que celles qu'avaient découvertes Harry, il se serait demandé pourquoi il avait invité tant de monde pour ce qui devait être une affaire personnelle.
Le groupe s'assit dans les confortables chaises qu'Albus avait fait venir pour eux et Harry expliqua au directeur ce qu'il avait vu.
« En êtes-vous sûr ? » Lui demanda Albus quand Harry eut terminé son explication.
Harry soupira. « Oui, Albus. Je n'ai rien à gagner à fabriquer une telle histoire. » Le commentaire de Ron était encore frais dans son esprit et il pensait donc qu'Albus remettait en question son honnêteté puisque Ron lui avait fait remarquer que les autres professeurs ne lui faisaient pas confiance.
« Je suis désolé d'avoir impliqué une telle chose, je me demandais simplement s'il était possible que vous vous soyez trompé. » S'expliqua Albus.
« Je ne pense pas, mais peut-être, après tout. Personne n'est parfait. Mais toute l'affaire est vraiment très étrange, si vous suggérez que ce n'était pas un sorcier qui était dans cette ruelle. C'est bizarre pour un moldu de sortir un bâton et de faire de grands gestes avec, non ? » Répondit Harry.
« Comment se fait-il que vous ayez vu cela alors que d'autres personnes qui étaient dans la même rue n'ont rien vu ? » Demanda le professeur Snape, avec une trace évidente d'incrédulité dans la voix.
Harry savait que le professeur lui demandait en fait, d'expliquer comment il avait vu cela, quand lui, Minerva, Ron et Hermione l'avaient manqué. Avec un visage sérieux, il regarda le professeur Snape et répondit, « Je n'en ai aucune idée. J'étais de l'autre côté de la rue quand ça s'est passé et je l'ai juste vu dans un angle de ma vision. » Le professeur Snape haussa un sourcil mais ne dit rien.
Harry regarda le directeur, « J'ai voulu l'aider. Il aurait pu lui arriver n'importe quoi mais je ne pensais pas être de taille contre ces quatre armoires à glace sans ma baguette. Je ne voulais que l'on découvre que je suis un sorcier. J'allais appeler quelqu'un pour m'aider quand j'ai vu ce gars sortir une baguette. Je ne pouvais donc plus impliquer de moldus après avoir vu cela. J'ai pensé me mêler à la bataille, au cas où il arrivait quelque chose de terrible au gars. Mais je ne pensais pas pouvoir l'aider dans cette situation et comme les choses étaient déjà allées assez loin, je suis resté en dehors. »
« C'est bien, Jason. Vous n'avez pas besoin de vous expliquer. Personne ne vous accuse de quoi que ce soit. » Le rassura Albus. Je le parierai, pensa Harry en voyant l'expression sur le visage du professeur Snape, « Pourquoi avez-vous décidé de m'en parler ? » Demanda Albus avec curiosité.
« Je ne savais pas s'il fallait s'inquiéter de ce que j'ai vu ou non. Voir des sorciers dans le Londres moldu, n'est pas vraiment inhabituel, mais ils paraissaient jeter des sorts sur les gens, probablement des moldus et j'ai pensé que je devrais en parler à quelqu'un. » Dit Harry.
« Oui, mais pourquoi moi ? »
« En fait, j'en ai parlé à Ron et à Hermione juste pour voir ce que d'autres personnes penseraient de ce que j'ai vu, j'ai aussi joué avec l'idée d'en parler au Ministère de la magie et laisser les autorités s'en charger, mais les professeurs m'ont convaincu que puisque vous êtes conseiller au Ministère, je devrais vous en parler en premier. Ils ont dit que vous seriez capable de décider si l'information était valable ou non. Je ne pensais pas que tant de personnes auraient besoin d'être mis au courant. » Dit Harry.
« Severus et Minerva sont mes conseillers sur les sujets importants et M. Weasley m'a dit que ce que vous aviez à me dire pourrait être important. » Répondit Albus calmement.
« Je vois. » Acquiesça Harry. Après un long silence, Albus le remercia pour le renseignement et lui suggéra poliment de retourner dîner ou d'aller dans ses quartiers. Harry quitta tranquillement le bureau du directeur et retourna dans ses quartiers.
Au lieu de retourner directement dans ses quartiers, Harry décida d'aller chercher quelque chose dans un vieux placard caché du château. Il contenait des objets très rarement utilisés de nos jours, mais conservés au cas où ils soient à nouveau utile un jour. On avait montré ce placard au jeune professeur lors des premiers jours qu'il avait passé au château. Il avait vu plusieurs objets qui pourraient lui servir pour ses cours. Il s'était fait la remarque d'y revenir quand il aura un peu de temps libre.
Il n'avait pas vraiment faim et ne savait pas quoi faire d'autre pour l'instant. Ca avait été une longue journée et bien qu'il soit fatigué, il était encore tôt. Il remarqua qu'il y avait de vieux détecteurs de magie noire qu'il voulait sortir pour pouvoir regarder de plus près mais il n'avait jusque là eu ni le temps ni l'envie de le faire. N'ayant rien d'autre d'urgent à faire pour l'instant, l'idée de passer quelques heures de détente à bricoler de vieux mécanismes de magie noire lui paraissait attrayant. On venait rarement dans cette partie du château, comme il n'y avait qu'une zone de rangement, et il fut surpris d'entendre des cris venant d'un couloir poussiéreux. On aurait dit que quelqu'un cognait ou frappait dans quelque chose.
Il sortit sa baguette et la tint professionnellement bas, ses instincts de combats avaient une fois de plus repris le dessus. Rapidement et silencieusement, sa silhouette leste se rendit à la source du bruit. Il fut surpris de trouver une élève allongée sur le sol dur et ayant ce qui ressemblait à des convulsions.
Il se précipita vers la jeune fille pour voir s'il pouvait l'aider et vérifier son état. Il voulait l'emmener à l'infirmerie mais elle était secouée de violents spasmes. Il ne pouvait donc pas la porter. Il la mit sur le côté et tint sa tête pour qu'elle ne se fasse pas plus mal en se frappant contre le sol. Il resta ainsi quelques temps et quand les convulsions diminuèrent, il la souleva et l'emmena rapidement à Pompom. Elle la mit simplement dans un lit et resta à ses côtés en attendant que le corps de la jeune fille se détende.
« Pourquoi ne faites-vous rien Pompom ? Il y a sûrement quelque chose ici qui pourrait l'aider ? »
« Jason, connaissez-vous cette jeune demoiselle ? »
« Theresa Chan ? Elle est en quatrième année à Serdaigle. »
« Oui. Saviez-vous que Theresa est épileptique ? Ce n'est qu'un cas léger et elle dit que ses crises ne sont pas fréquentes. Elle m'a dit qu'elle pouvait ne pas en avoir pendant plusieurs années mais que parfois, elle en avait une ou deux par an. Elle dit qu'elle les sent venir. Elle fait en sorte de s'allonger quand ça arrive. Je dois admettre ne pas en savoir plus sur son état de santé. C'est en général contrôlé par une potion, donc en toute franchise, je n'ai vu de crise qu'une seule fois.
« La potion ne marche pas sur elle ? »
« Elle ne prend pas la potion. En, fait, elle ne peut pas la prendre. La racine de tonga est l'un des ingrédients majeurs de cette potion et elle y est allergique. Puisque qu'elle fait peu de crise, elle peut vivre sans. » Pompom caressa les cheveux de la jeune fille.
Harry absorba l'information et dit prudemment, « Pompom, je l'ai trouvé par terre dans un couloir près des vieux placards qui servent d'entrepôt. Avait-elle quelque chose à faire par-là ? »
« Non. Les élèves ne sont en général par autorisés à se rendre dans cette partie du château. Certaines des choses que contiennent ces placards peuvent être dangereuses, surtout pour des élèves. » Dit l'infirmière en plissant le front.
Il y eut un court silence. Les deux adultes essayaient de déterminer les implications de cette déclaration. Harry fut le premier à parler, et il parla lentement, et sur un ton monocorde « Je sais que vous avez dit qu'elle ne souffrait que d'un cas léger, mais êtes-vous sûre qu'elle n'a pas plus de crises que celles que vous connaissez ? Peut-elle se cacher quand elle fait une crise ? Est-elle venue vous voir avec des coupures et des bleus suspicieux ? »
Pompom s'écarquilla les yeux, « Oh Mon Dieu. Vous avez peut-être raison. Mais on ne l'avait jamais trouvé avant. » Elle regarda la jeune fille allongée sur le lit de l'hôpital, « Pourquoi n'a t-elle rien dit ? »
« Je ne sais pas. Peut-être que puisqu'elle ne peut pas prendre la potion, elle ne veut pas attirer l'attention sur elle. J'imagine que ce doit être embarrassant d'être vu au milieu d'une crise. »
Sa compassion pour la jeune fille prit le dessus. « Avez-vous essayé des médicaments moldus pour contrôler sa maladie ? Je sais qu'ils n'empêchent pas les crises à 1OO mais elles arrêtent la plupart. » Lui expliqua Harry en continuant à regarder fixement son élève.
« Albus a contacté des médecins moldus, mais ils ont dit que si elle n'avait pas de crises dans l'année et qu'elle en avait peu, ils lui recommandaient de ne pas prendre de médicaments préventifs. Comme vous l'avez dit, ils n'empêchent pas toutes les crises et elle peut en avoir autant que maintenant. De plus, les médicaments ne sont pas bons pour le foie et ça pourrait lui provoquer des lésions. Comme le cas de Theresa était léger, tout le monde était d'accord. Il valait mieux ne pas risquer sa vie pour quelque chose qui ne changerait rien à sa vie.
« Mais il est clair maintenant, qu'elle n'a pas dit la vérité, je pense donc qu'il faudrait qu'elle prenne les médicaments préventifs. » Pensa Harry.
Theresa remua. Le professeur et l'infirmière la regardèrent attentivement se réveiller. Pompom lui expliqua qu'elle avait été trouvée par le professeur Green et qu'il l'avait emmené à l'infirmerie. Theresa se mit à pleurer à cause de la fatigue, de la douleur et de l'embarras. C'était trop pour elle. Pompom lui demanda gentiment de lui décrire sa situation et fut choquée de découvrir que Theresa souffrait de crises régulières. Elle expliquait ses absences en classe en prétendant avoir des migraines, ce qui était vrai, puisqu'elle venait souvent voir Pompom pour lui demander des potions pour la tête. Et puis, il y avait de nombreux couloirs et corridors dans lesquels elles pouvaient se cacher sans que personne ne la trouve quand elle disparaissait et personne ne l'interrogeait sur ses absences puisqu'elle s'était plainte de maux de tête.
Harry demanda à Theresa de se reposer encore un peu et il poussa Pompom un peu plus loin, « Savez-vous que je suis pharmacologiste, Pompom ? »
« Oui, c'est ce qu'on m'a dit. »
« La fraternité m'a donné l'autorisation de faire des recherches et des expérimentations, j'ai donc quelques ingrédients dans mes quartiers que je peux mélanger et qu'elle peut prendre pour l'instant. » C'était un mensonge, mais il ne voulait pas que Pompom s'inquiète qu'il ait des ingrédients de chimistes et des médicaments dans ses quartiers. C'est à moitié vrai. Je fais quelques recherches… « Je ne dois normalement pas préparer des médicaments sans ordonnance, strictement parlant, mais si vous ne le dîtes pas à ma fraternité, je le ferai. Je dois juste regarder rapidement dans quelques-uns uns de mes livres. Les médicaments et les dosages moldus sont spécifiques à chaque individu, mais je peux préparer un médicament préventif général qui pourra l'aider jusqu'à ce qu'elle puisse voir un médecin moldu qui pourra la conseiller. Je reviens dans une heure. » Harry se leva rapidement et quitta la pièce. La seule raison pour laquelle Harry avait des ingrédients dans ses quartiers était parce qu'à chaque fois qu'il faisait un tour dans sa pharmacie, il volait un certain nombre d'ingrédients qu'il ramenait à Poudlard. Et c'était strictement pour des recherches, même s'il s'agit de recherches privées, et comme il s'agissait de sa pharmacie, il ne se sentait pas trop coupable.
Harry revint avec une petite fiole qui contenait environ une semaine de médicaments pour Theresa. Normalement il lui aurait fallu plus d'une heure pour préparer les ingrédients et les mélanger, mais il n'avait aucune aversion à utiliser la magie pour accélérer le processus. Il donna le médicament à sa jeune élève qui le remercia avec embarras. Harry prit un siège et lui expliqua de quoi il s'agissait. A la fin, elle était si excitée à l'idée de prendre un médicament qui préviendrait son mal qu'elle oublia qu'il avait découvert son secret le mieux gardé et la seule chose qu'elle trouva à dire fut,
« Je parie que le goût est aussi mauvais que les potions de Mme Pomfresh. »
Harry rit, « Je ne sais pas. J'ai eu ma part de potions et je dois dire qu'elles sont le niveau juste au-dessus des médicaments moldus. »
« Pourquoi prenez-vous des médicaments moldus quand vous pouvez prendre des potions ? » Demanda-t-elle à Harry. Mme Pomfresh était, elle aussi, intéressée d'entendre la réponse.
« Je pense que les potions sont mieux pour certaines choses, mais je pense que les médicaments le sont pour d'autres. Dans votre cas, les médicaments sont mieux. » »
Elle sourit et prit les médicaments qu'elle devra prendre le reste de sa vie. Harry discuta avec elle de choses sans intérêts pour qu'elle se sente plus à l'aise. Elle était encore embarrassée que son professeur l'ait découvert.
« Je vous laisse vous reposer. Je serai occupé plusieurs jours avec Albus à préparer les décorations de Noël, mais je prendrai le temps de venir vous parler. Il vous faut une prescription personnalisée, d'accord ? »
« Oui, Monsieur. Euh Monsieur. » Demanda-t-elle alors qu'Harry se levait, « Monsieur, puis-je vous poser une question ? »
« Bien sûr. » Répondit Harry en se rasseyant.
«Je ne sais pas si c'est le bon moment pour vous poser la question, mais puisque vous êtes ici, euh, je trouve la Défense Contre les Forces du Mal difficile. Vraiment difficile. J'ai été absente plusieurs fois, comme vous le savez, et je traîne. Je ne pense pas pouvoir rattraper le niveau. J'ai toujours du mal avec le sort du bouclier que vous nous avez enseigné il y a deux semaines ! Je me demandais si ça ne vous ennuie pas et si vous avez le temps, parce que je sais que vous êtes occupé et tout -»
« Je suis sûr que je peux m'arranger pour vous donner des cours supplémentaires. Si vous voulez vraiment apprendre alors ça ne me pose aucun problème »
« Pouvons-nous commencer pendant les vacances ? » Demanda-t-elle avec enthousiasme.
Harry fit semblant d'y réfléchir, « Si vous voulez. »
« D'accord, et merci encore, Monsieur. » Le remercia la jeune fille.
« De rien Miss Chan. Reposez-vous. » Dit-il gentiment avant de quitter l'infirmerie.
« Vous partez, Jason ? » Lui demanda Pompom.
« Oui, Theresa a besoin de dormir, je pense donc que c'est mieux que je m'en aille. »
« Merci encore, Jason. Vous ne savez pas ce que cela signifie pour elle »
« Il s'agit seulement d'un médicament générique pour l'épilepsie, Pompom, » Rappela gentiment Harry à l'infirmière.
« Oh, mais c'est une telle amélioration pour elle. Ne serait-il pas merveilleux si les médicaments étaient aussi efficaces que les potions ? »
« Oui, ce le serait. » Dit Harry en lui souhaitant bonne nuit. En fait, ce serait vraiment formidable. Je me demande ce qui rend la potion si efficace ? Et je me demande si le médicament peut être modifié pour correspondre avec la potion… Ce genre de questions l'occupa le reste de la nuit. Il jeta quelques idées sur un bloc notes pour pouvoir commencer des recherches et examiner les solutions aussi vite qu'il le pourrait.
Severus et Minerva patrouillaient la grande rue deux jours avant Noël alors que Ron et Hermione n'étaient plus à Poudlard.
« Pensez-vous vraiment qu'il est sage de compter implicitement sur les renseignements que le Professeur Green nous a fournis, Minerva ? »
« Il semble vraiment vous déranger, non ? »
« Je dis simplement qu'il fait beaucoup d'effort pour être très mystérieux et que nous devrions faire attention. »
« Severus, nous avons tous des raisons pour être mystérieux. Je me souviens d'un temps, où votre vie toute entière était un secret suivi d'une autre. » Le professeur Snape ne trouva rien à redire à cela, il avança donc en silence, baguette en main, les yeux sur la rue à la recherche de troubles.
Ils parcouraient la rue depuis des heures, contents, mais aussi frustrés qu'il n'y ait pas eu d'incident pendant leur ronde. Alors que leur patrouille était presque terminée un petit groupe d'hommes et de femmes encercla soudain un couple de personnes âgées au milieu de la rue. L'un d'eux attrapa la femme. Il la frappa, elle tomba par terre et il lui arracha son sac pour le lancer à un autre membre du groupe. La vieille femme essaya de se lever, mais elle ne le put pas. Le jeune homme lui donna un coup dans les côtes pour qu'elle reste au sol. Plusieurs cracks résonnèrent dans la rue. Elle criait et essayait de se protéger avec ses mains. L'une des jeunes femmes s'approcha et la frappa à la tête avec un grand bâton en bois. La vieille femme s'évanouit.
Le vieil homme était maintenu de force et était obligé de regarder sa femme se faire battre sans pouvoir l'aider. Une fois évanouie, la jeune femme qui avait frappé la dame âgée, se tourna vers lui et le frappa rapidement à la poitrine avec le bout du bâton. Il ne pouvait rien faire à part souffrir et grogner. Ses mains étaient toujours maintenues de force.
« S'il vous plait, aidez-moi. » Cria-t-il. Mais personne n'alla l'aider. Personne n'osait. La foule autour d'eux était tenue à distance par les assaillants qui faisaient tournoyer leurs armes d'un air menaçant, défiant quelqu'un d'oser s'approcher et d'aider le couple. Quelques courageux spectateurs avaient essayé de les aider mais avaient été attaqués par les assaillants, ce qui a dissuadé toutes les personnes auraient voulu faire la même chose.
Un jeune homme donna plusieurs puissants coups de poings sur le torse du vieil homme, le visage et la tête. Le vieil homme ne pouvait rien faire d'autre que de rester debout, faible. Sa tête pendait d'un côté puis de l'autre et il se battait pour rester conscient. Il perdit finalement conscience quand le jeune homme lui donna un coup dans le menton. Il tomba dans les bras des gens qui lui tenaient les bras et les fit tomber. Les jeunes assaillants se relevèrent et enlevèrent la poussière de leurs vêtements. Mais le vieil homme resta à terre.
Les professeurs n'étaient pas arrivés à temps pour les aider, mais ils ne leur permettraient pas de s'en prendre à quelqu'un d'autre. Puisqu'ils ne pouvaient pas utiliser les méthodes moldues pour résoudre cette situation, ils se résolurent à utiliser la magie. Severus se tint d'un côté de la foule et stupéfia subrepticement tous les attaquants. C'était presque un exploit. La foule était dense et il devait faire attention à ne pas toucher accidentellement la mauvaise personne.
Minerva s'éloigna de la foule qui se demandait pourquoi les assaillants s'étaient évanouis sans raison apparente et vérifia les ruelles aux alentours. Ses recherches ne furent pas vaines. Elle vit des hommes, tenant leurs baguettes, rassemblés dans une ruelle. Quand ils remarquèrent qu'elle s'approchait, l'un d'eux se tourna vers l'autre et lui dit d'un ton proche de la panique, « Merde ! C'est l'un des professeurs. Quelle est son nom…MacGonagall. » Il y eut des jurons marmonnés et le groupe transplana.
Le professeur MacGonagall ne savait pas quoi penser. Elle retourna auprès du professeur Snape, qui était maintenant à côté de l'un des assaillants, prétendant vérifié son pouls et être sûr qu'ils allaient bien. En vérité, il les réanimait subtilement et effaçait leur mémoire pour éviter qu'ils ne révèlent l'existence du monde sorcier aux moldus. Il jeta aussi un simple sort contre la douleur pour guérir les pires blessures du couple âgé. Minerva l'aider à terminer sa tache, ses lèvres resserrées en une fine ligne pour essayer de contrôler sa colère face à la brutalité des évènements. Quand la police arriva et qu'ils eurent fini, ils retournèrent rapidement à Poudlard faire leur rapport à Albus.
« Ca veut dire que le professeur Green avait raison. » Observa Minerva.
« Cela rend les choses un peu plus intéressantes, non ? » Demanda Albus d'un ton modéré, « tout ce que nous pouvons faire est de continuer à surveiller les zones visées. Je ferai quelques enquêtes sur le sujet. » Il s'arrêta et dit, presque pour lui-même, « Ca nous aiderait de pouvoir interroger l'un de ces sorciers, n'est ce pas ? »
« Il faudrait que l'on soit suffisamment, proche pour les interroger, Albus et ils transplaneraient certainement dès qu'il verrait qu'on les approche. Et l'un d'eux m'a reconnu comme professeur de Poudlard. Ils regarderont s'ils nous voient maintenant »Dit Minerva.
Le trio s'assit en silence. Les deux professeurs burent leur thé et continuèrent à réfléchir à la situation. Le directeur caressait sa barbe et essayait de comprendre.
